Disclaimer : les personnages apparaissant dans cette fic sont l'entière propriété de JK Rowling

Notes : post tome 6 - Léger slash Harry/Severus - Sujet principal déjà traité par d'autres auteurs mais que j'aime beaucoup même si je m'en tire sûrement avec beaucoup moins de dextérité...

Merci pour toutes vos reviews : )
Pour être certaine de pouvoir publier ce chapitre aujourd'hui je vais exceptionnellement y répondre ici, gomen --'
Dès le chapitre suivant je vous répondrai à nouveau via reply...

Merci à Nepheria, Jenni944, Ariane Malfoy Shinigami, Lyly, Viescale et Zaika pour leurs reviews régulières ; )
Adénoide : j'espère que ce chapitre te plaira même si les bons jours ne semblent peut-être pas encore proches...
Ys Melmoth : Merci bicoup : ) Je me suis un peu inspirée de ton comm pour ce chapitre, j'espère que tu aimeras !
Maeve : Merchi :') Je suis vraiment très heureuse de te voir présente à chacune de mes fics :) C'est vrai que ce passage particulier m'a vraiment été très agréable à écrire é.è Merci pour tes encouragements !
(Et au passage, bon courage pour tes partiels ; ) )
Et un très grand merci aussi aux nouveaux arrivant : Blueyeshot3, Xodom,Xshizurux,Xenane,Peps42 (ravie d'être parvenue à te faire apprécier le genre é.è) et Gab.ryel (j'espère que l'attente n'aura pas été trop longue, lol! Merci bicoup!)

Bonne lecture !

« Sacrifices et sacrifiés »

Chapitre 10 : Aveux

Le roux s'approchait, menaçant.

Il commença sérieusement à s'inquiéter lorsqu'il avisa la baguette présente dans sa main serrée.

- Ron, calme-toi. Laisse-le au moins s'expliquer…

- Ah ! Mais il a intérêt à avoir une TRES bonne explication pour justifier son état !

Harry se tendit au ton accusateur mais n'en resta pas moins interloqué. Il sentit même une pointe d'anxiété pour Ginny naître en lui.

- Attends, Ron. Qu'est-ce qui se passe avec Gin…

- Et tu oses faire l'innocent ?

Malgré le ton dur, il put voir un doute dans les yeux bleus du jeune Weasley. Néanmoins, devant l'air perdu du survivant, il laissa Hermione le débarrasser calmement de sa baguette. Cette dernière s'assit aux côtés du châtain et il lui adressa un léger sourire reconnaissant.

- Harry, nous avons croisé Ginny ce matin. A vrai dire, hier soir elle n'est pas sortie de sa chambre pour souper. Madame Weasley était inquiète mais a préféré la laisser se reposer.

Elle le scrutait pour trouver une quelconque réponse ; Ron restait obstinément debout face à eux, l'air furieux.

- Puis ce matin, quand Ron l'a vue au petit déjeuner, elle ne semblait pas aller très bien. Il lui a simplement demandé comment s'était passée votre journée…

- Et elle a fondu en larmes ! explosa le rouquin. Qu'est-ce que tu lui as fait, Harry ? Je ne l'ai jamais vu dans cet état ! Au nom de notre amitié, réponds-moi !

Il resta un instant sans réaction puis détourna les yeux. Il n'en fallut pas plus pour que Ron ne l'attrape par le col et ne l'oblige à se lever, fulminant.

- Tu vois, Hermione, j'avais raison. C'est de sa faute !

Harry ne dit pas un mot ; il ne s'était pas imaginé qu'elle serait tant affectée par son silence de la veille.

- Lâche-le, Ron. Tu m'avais assurée que tu garderais ton calme, le réprimanda la jeune femme.

Il resta immobile quelques instants puis le libéra avec dégoût.

- Je t'ai toujours fait confiance, Harry, mais… tu sais à quel point je tiens à ma sœur. J'exige une explication, dit-il le regard noir.

La réponse lui vint presque trop naturellement.

- Nous avons juste parlé, enfin, elle m'a parlé et je crois que nous allons sans doute nous séparer, avoua-t-il en fuyant le regard du jeune homme.

Le survivant pensa que sa réponse était assez honnête mais il se demanda pourtant s'il n'avait pas été trop direct lorsqu'il vit l'air estomaqué du roux. Hermione se reprit plus vite que son petit ami et parla la première.

- Tu es certain de ce que tu dis, Harry ? Ce n'était sans doute rien de plus qu'un malentendu, tu ne crois pas ?

Son ton se voulait doux et rassurant.

Ils risquaient de ne pas comprendre.

Il vit Ron prendre une inspiration puis le fixer ; il était toujours en colère mais semblait néanmoins un peu plus apte à la discussion.

- Très bien, Harry, que s'est-il passé ?

Son meilleur ami prenait sur lui pour lui parler calmement, il ne pouvait pas en douter. Si le survivant voulait régler ce trouble, ou mieux, prendre enfin une décision, c'était la meilleure occasion. Il le savait mais ça n'en était pas moins difficile.

Le jeune homme allait devoir présenter sa situation sous le meilleur jour possible. Ca n'allait pas être évident.

- Ces deux dernières années n'ont pas été simples pour nous, se lança-t-il. Mais on peut dire que notre sixième année nous a permis de mettre en avant certains… sentiments.

Harry observa ses amis qui n'avaient pas pu s'empêcher de grimacer aux souvenirs de leurs déboires sentimentaux. Cependant, Hermione leur en rappela la finalité.

- Nous nous en sommes pourtant sortis. Ron et moi. Et Ginny et toi, ajouta-t-elle avec un sourire d'encouragement.

- C'est également ce que j'ai pensé. Jusqu'à ce que nous nous retrouvions.

Il évita de croiser les yeux du roux dont il voyait les jointures des doigts blanchir tant ses poings se serraient.

- Ron, continua-t-il en dépassant son appréhension et en rencontrant son regard perçant, j'ai réellement pensé l'aimer, je t'assure, pendant toute cette année je songeais à elle chaque jour…

- Et ce n'est plus le cas ? interrogea son ami d'un ton neutre.

- Non. Et je ne l'ai pas dit à Ginny, avoua-t-il encore dans un murmure parfaitement perceptible.

- Mais il y a une raison, n'est-ce pas ? Quelqu'un d'autre ? hésita-t-il semblant soudain moins hostile que résigné, comme s'il venait à peine d'envisager cette possibilité.

Harry se demanda même un instant ce qu'il avait pu imaginer pour lui porter tant de colère. Il vit le regard tendre que posa la jeune sorcière sur lui et se permit de sourire très légèrement. S'il acceptait le fait qu'il s'était toujours montré sincère envers sa sœur et également qu'il s'était attaché à quelqu'un d'autre, peut-être pourrait-il encore espérer avoir un meilleur ami à la fin de cette journée.

- Oui, il y a quelqu'un, admit-il.

Ron sembla sur le point de parler mais se ravisa. Soudain, une expression perplexe se peignit sur ses traits.

- Euh, Harry… Enfin, nous avons passé l'année à rechercher les horcruxes… Où et comment as-tu eu le temps de trouver une fille et d'en tomber amoureux ? lâcha-t-il.

S'il n'était pas si centré sur l'explication qu'il allait devoir fournir, il se serait sans doute fait la remarque que la brune aurait dû poser cette question, en termes certainement différents, la première – et non avoir cette légère expression de surprise et d'indignement qui aurait pu le faire sourire.

Le survivant prit quelques secondes pour choisir ses mots. Il ne s'était pas montrer lâche devant Voldemort, il n'allait pas l'être devant ses amis. Il n'était pas prêt à tout leur dire mais l'essentiel serait avoué.

- Je crois… que j'aime Rogue, déclara-t-il en se laissant retomber sur le canapé et en cachant son visage entre ses mains.

Le penser de manière fugace, sans vraiment considérer ce sentiment comme tout à fait primordial, le laisser se confondre avec d'autres sensations, ou même proposer d'étranges marchés à son ancien professeur, pouvait paraître fantasque et surréaliste. Mais le dire à haute voix semblait appuyer la réalité de ce fait.

Ce n'était pas un rêve – ou un cauchemar selon les interprétations que l'on pouvait lui donner – mais bien sa vie. Il venait consciemment de laisser tomber Ginny pour cet homme, ce vampire, et il n'en ressentait presque aucune culpabilité puisqu'il croyait réellement à ce qu'il venait de dire.

- Tu aimes Rogue, répéta platement le roux. Tu veux dire que tu as compris son geste, que tu le … respectes peut-être ou bien, je ne sais pas moi, tu le considères un peu comme un membre de l'Ordre ou comme Remus, c'est ça ?

- Allons, Ron, ne te fait pas plus bête que tu ne l'es, lui rétorqua sa petite amie d'un ton assez sec.

Harry releva la tête ne sachant pas vraiment s'il pouvait en dire plus. Après tout, il n'avait jamais eu plus conscience qu'à cette heure des difficultés qu'engendrerait ce simple aveu.

- Harry, je te jure que c'est une blague de très mauvais goût.

- Ron ! insista la jeune sorcière.

- Tu ne peux pas parler sérieusement, continua le roux sans lui prêter attention. Tu nous parles du bâtard graisseux, de l'ASSASSIN de Dumbledore ! Un type qui te hait depuis des années, qui hait même le monde entier à l'exception de ses copains mangemorts et de son « Seigneur des ténèbres » !

Le gryffondor était passé d'un blanc cadavérique à un visage rouge de rage en prononçant ces mots. Le survivant n'hésita pourtant pas à répondre.

- Cela ne l'a pas empêché de me protéger durant toutes ces années. Et surtout, il m'a aidé à vaincre Voldemort, il a toujours…

- J'n'arrive pas à croire que tu défendes ce bâtard.

Le roux prit une profonde inspiration puis continua.

- Ce type est mauvais Harry, quoi que tu en dises, et je n'arrive pas à comprendre comment tu en es arrivé là, reprit-il plus calme.

Il scruta le jeune homme aux yeux verts avec attention puis se détourna.

- Tu devras parler à Ginny, ajouta-t-il en se dirigeant déjà vers la porte. Moi, j'en ai assez entendu pour aujourd'hui.

Personne n'eut le temps de prononcer un mot que la porte claquait déjà derrière lui.

--------------------

Harry se tenait une nouvelle fois dans l'encadrement de la porte, Rogue face à lui, le regard froid. En somme l'opposé d'un homme accueillant.

Quand bien même, il n'allait pas renoncer maintenant.

- Bonsoir, tenta-t-il.

Le maître des potions ne répondit pas mais se détourna pour avancer dans le salon et lui ouvrir le chemin.

Ca ne commençait pas réellement comme il se l'était imaginé.

Le jeune sorcier avait passé sa journée à osciller entre le souvenir des paroles de Ron, Hermione et l'appréhension qui le gagnait alors qu'il allait bientôt rejoindre le vampire. D'ailleurs, il s'était présenté à deux reprises devant ces quartiers pour ne trouver que porte close. En fait, ce n'était qu'à présent, alors que la soirée était déjà bien avancée, qu'il avait l'occasion de le revoir.

Seulement, Rogue semblait tout aussi inaccessible que durant la période où il était son élève.

Assis l'un en face de l'autre, l'ancien professeur le fixait, le visage tout aussi inexpressif que ses yeux.

Le survivant, comme il l'avait précisé un peu plus tôt à son amie, n'avait pas choisi l'être aux attitudes les plus compréhensibles et décida donc d'entrer directement dans le vif du sujet.

- Avez-vous pu créer une potion pour permettre de subir ce genre de morsure ?

- Ce n'était pas compliqué. Au risque de vous décevoir, je travaille depuis quelques mois sur de multiples potions liées au vampirisme. Et, contrairement à ce que vous avez pu vous imaginer, vous n'avez pas non plus eu la primeur de cette idée.

Le ton n'était pas agressif pourtant il n'était définitivement pas aimable.

Harry ne se montra pas aussi enthousiaste qu'il l'était véritablement – il sentait qu'autrement la remarque cinglante suivrait de près.

- C'est une très bonne nouvelle.

Le sourire mauvais qu'il redoutait se peignit sur les traits du plus âgé.

- Et pouvez-vous me dire en quoi cela est une nouvelle réjouissante ?

- Eh bien, dit-il hésitant légèrement, ça nous laisse une possibilité…

Le sourire goguenard resta en place.

- La possibilité de faire quoi Potter ? J'ai créé cette potion ; je n'ai absolument pas l'intention de vous la donner.

Harry sentit une boule se former dans son estomac.

- Mais… enfin, je croyais que ma proposition…

- Que dire de plus sinon que vous avez eu tort ? Comme toujours finalement. Cependant, avant que vous ne laissiez votre imagination débordante prendre le dessus sur cette mise au point, je vais vous le dire de manière suffisamment simple pour que même vous puissiez le comprendre…

La lueur de méchanceté qui brillait dans ses yeux était la même que dans toutes les occasions où il avait fait preuve de pure injustice envers lui. Il ne se sentait pas prêt à entendre le venin qu'il allait déverser mais en même temps il avait besoin de savoir.

- Vous me rebutez, Potter, petit être faible et pathétique que vous avez toujours été. Vous n'êtes qu'un piètre gamin arrogant. Quand cela vous arrange, vous vous persuadez d'avoir les meilleures solutions sans jamais songer aux conséquences de vos actes. Vous êtes un individu parfaitement inintéressant. J'imagine à votre expression que vous voudriez protester. C'est inutile, j'envisage déjà vos vaines paroles. Pour la créature que je suis devenu, seul votre sang pourrait encore représenter un certain attrait et votre mort serait sans doute une agréable distraction.

Harry se crispa un peu plus qu'il ne l'était déjà, sa baguette à portée de main.

Pourquoi cet homme se montrait si mauvais en sa présence ? Pourquoi rien ne pouvait jamais être aussi simple qu'il l'espérait ?

La détresse qu'il ressentait devait certainement pouvoir se lire dans ses yeux. C'est sans doute ce qui poussa le maître des potions à prononcer les mots plus blessant encore qui suivirent.

- Je devine que vous devez penser que je vous hais. Et bien détrompez-vous : ce serait vous donnez trop de crédit et d'importance. J'ai haï votre père, j'ai haï Black ; vous, vous n'êtes qu'un gosse insipide uniquement capable d'augmenter le fardeau d'autrui. Je ne suis pas votre protecteur, Potter, je n'ai agi ainsi que par devoir envers d'autres. Vous n'êtes qu'une gêne sur mon chemin et, si cela ne tenait qu'à moi, je vous aurais déjà envoyé rejoindre vos parents depuis longtemps.

Harry tremblait, totalement dépassé par la situation, les yeux rougis par des larmes qui ne coulaient pas, sa baguette fermement serrée contre sa paume et les ongles de son autre main profondément enfoncées dans le tissu doux du canapé. Les paroles de Rogue, prononcées sur un ton doucereux, tournoyaient dans son crâne. A elles se mêlaient nombres d'images, à commencer par le visage de la créature qui lui faisait face.

Un fardeau.

C'est ce qu'il avait été pour tous, n'est-ce pas ?

Ses parents, Sirius, Dumbledore, et tant d'autres, sacrifiés et étouffés par sa seule existence…

- Mais peut-être est-ce cela ?

La voix du maître des potions le ramena au présent.

Comme il haïssait cet homme à cet instant !

- Quelle meilleure décision que celle-ci ? Vous avez décidez de me confier votre vie, à moi, un vampire, peut-être voudriez-vous que j'y mette fin ? demanda-t-il avec une expression de pure exaltation tandis que ses iris prenaient une teinte plus chaude.

Ce fut la provocation de trop.

D'un mouvement vif, Harry souleva sa baguette.

Les mots du sort informulé n'atteignirent jamais son cerveau.

Sans qu'il ne puisse suivre son déplacement, Rogue se jeta sur lui et le releva en enserrant sa gorge d'une seule main. Lorsque que ses pieds ne touchèrent plus terre, il se sentit voler à travers à travers la pièce et ne comprit clairement l'action que lorsque que son dos heurta le mur.

L'air passait à peine dans ses poumons et Rogue ne semblait pas décidé à relâcher sa prise, le tenant à bout de bras il semblait même se délectait de cette position.

- Je vous avais déjà prévenu que ce genre de geste était inutile contre moi, le réprimanda-t-il. En plus d'être un poids pour tous, vous êtes d'une stupidité affligeante.

Il ferma les yeux pour ne plus voir son visage où flottait ce désagréable rictus tandis que ses mains s'agrippaient désespérément à la sienne – la griffant presque – pour tenter de lui faire lâcher prise.

Le survivant repensa confusément – et avec amertume – aux espoirs qu'il portait encore en cet homme le matin même.

Le plus fou était qu'il espérait encore.

Qu'il pouvait être naïf !

Le vampire allait le tuer.

--------------------------

- Plus tôt dans la journée –

Harry baissa la tête, blessé par les réactions du jeune Weasley – qui venait de quitter la pièce – mais les comprenant aisément.

- Tu dois lui laisser du temps.

Il releva les yeux vers son amie qui serrait sa main entre les siennes et venait de s'asseoir à ses côtés ; il fit une grimace à cette remarque. Même avec du temps, il doutait que Ron puisse réellement accepter cette nouvelle situation.

Soudain, il fixa Hermione des yeux.

- Que penses-tu de tout ça ? interrogea-t-il avec appréhension.

Le jeune sorcier se demandait pourquoi son amie si rationnelle n'avait pas encore tenté de le raisonner.

Elle enserra un peu plus sa main.

- Sincèrement, Harry, je ne sais pas. Tu ne nous as jamais expliqué clairement ce qui s'est produit après ta capture. Attends, continua la brune alors qu'il allait réagir, je sais, tu nous as dit que Voldemort avait tenté d'utiliser Rogue pour te soutirer des informations sur ses horcruxes. Puis que notre ancien professeur a dupé ce serpent et t'a aidé à le vaincre. Oui, en fait, à part quelques autres détails de moindre importance, tu n'as rien révélé de plus. Tu ne nous as même pas expliqué ce qui a pu te convaincre de lui faire confiance – à part le traitement semblable au tien qui lui a été infligé, bien entendu. Alors, je crois que la seule chose que je peux dire c'est que je suis stupéfaite par l'évolution de votre… euh… relation…

Elle lui fit un léger sourire par lequel il perçut toute le souci et le doute qu'elle ressentait. Il y répondit malgré tout.

- Et pour ce que Ron… Enfin, Rogue ne doit pas être quelqu'un de mauvais. Si tu avais plongé dans la pensine – tu devrais le faire d'ailleurs avant que d'autres ne te rapportent de ces souvenirs que des fragments trompeurs – tu aurais pu le voir. Notre cher Ron était d'ailleurs de mon avis avant ce matin, finit-t-elle avec un certain agacement.

A dire vrai, Harry ne se fiait guère à la pensine – pour les raisons auxquelles il avait déjà songées – mais il se promit néanmoins d'en découvrir le contenu. Cependant cela ne changerait sans doute pas grand-chose à son opinion puisqu'il s'était décidé à accorder à nouveau sa confiance au maître des potions.

- Si je comprends bien, intervint le jeune homme un peu dépité, en parlant de ma position à Ron, j'ai brisé la maigre confiance qu'il accordait à Rogue ?

L'ancienne préfète fronça légèrement les sourcils.

- Je ne crois pas qu'on puisse vraiment parler de confiance. Il a juste comprit certains de ses actes et a sans doute fini par accepter qu'on fasse parti du même camp. En tous cas, pour moi c'est le cas.

Elle fit une pause puis reprit.

- De toute façon, on ne peut que lui laisser du temps, il finira par se calmer.

Il hocha la tête tout en ignorant les craintes qu'il gardait encore malgré les paroles de la brune. Dont la plus grande restait sans conteste de finir par perdre son meilleur ami.

Harry observa la sorcière qui sembla comprendre ce qui le tourmentait. Cependant, elle aussi dégageait un certain malaise. Il comprit dès qu'il la vit se mordiller légèrement la lèvre que les explications n'étaient pas encore terminées. Il attendit quelques minutes qu'elle parle mais devant son mutisme il prit les devant – même s'il sentait qu'il risquait de regretter ses paroles.

Il soupira.

- Tu voudrais me poser quelques questions, n'est-ce pas ?

Le survivant espéra sans trop y croire que la réponse serait négative.

Il n'eut pas cette chance.

- Eh bien, hésita-t-elle, es-tu certain de ressentir ce genre de chose pour Rogue ? Enfin, je n'aurais jamais imaginé… Ah ! Et lui, comment l'a-t-il pris ? interrogea-t-elle soudain. Euh, excuse-moi, Harry, je n'aurais pas dû te demander une telle chose…

Un silence gêné tenta de s'installer mais Harry décida de ne pas lui cacher plus de faits que nécessaire – et ce quitte à paraître ridicule.

- Pour être honnête, je ne lui ai pas… Je dirais que c'est compliqué, se rétracta-t-il. On ne peut pas dire que j'ai choisi la personne la plus simple à comprendre, dit-il dans un sourire un peu crispé mais dans l'espoir de détendre l'atmosphère.

- Tu veux dire que c'est toi qui va faire – ou a fait ? – le premier pas ? dit-elle d'une voix plus aigue.

- Pas vraiment, répondit-il un peu trop vite. Enfin, si. J'ai eu un geste inapproprié. La situation était étrange et je n'ai pas très bien compris à ce moment-là, clarifia-t-il.

Hermione fronça une nouvelle fois les sourcils.

- Bon, si j'ai bien interprété ce que tu as dit jusqu'à présent, ça s'est passé durant votre emprisonnement, affirma-t-elle. C'est-à-dire, il y a une semaine tout au plus.

Son amie l'observa avec attention quelques secondes.

- Je comprends que tu ne souhaites pas en exposer les… les détails. Cependant, même si je me doute que tu as dû y penser souvent durant ces derniers jours, tu devrais continuer à y réfléchir. Quoi qu'il se soit passé, c'est encore très récent mais, aujourd'hui que la guerre est terminée, tu as du temps. Le meilleur conseil que je puisse te donner est de ne pas te précipiter.

Sur ce point là, il se fit la remarque qu'il était déjà un peu tard.

Harry se dit que c'était un bon conseil, il aurait sans doute dû attendre un peu et éviter les décisions prises sur des coups de tête. Le problème était qu'elle n'avait pas connaissance de la nature vampirique de l'homme pas plus que de la dépendance qui les liait. Dans ces conditions, le facteur temps lui semblait bien l'élément le plus hors de sa portée. Et surtout, il prenait conscience que plus il songeait au maître des potions et plus il réalisait que ses sentiments étaient loin d'être une passade – pour preuve, malgré sa peur de perdre Ron, le survivant n'imaginait pas renoncer au vampire pour lui.

- Merci Hermione, dit-il enfin avec reconnaissance.

- Nous sommes amis, c'est normal que j'essaie de comprendre tes choix et de t'aider. Et puis, ne t'inquiète pas pour Ron, il est ton meilleur ami et le restera. J'y veillerai.

Elle passa d'un sourire tendre à son air de détermination le plus farouche.

Harry laissa échapper un petit rire auquel la sorcière répondit rapidement. Après cette conversation, il se sentait beaucoup moins angoissé par l'avenir.

- Bon, je crois que je vais essayer de retrouver Ron, il est temps que je m'occupe de son cas. Je suis certaine que les choses rentreront vite dans l'ordre ; maintenant que la guerre est achevée, nous avons tous le droit à un peu de bonheur, toi y compris.

La jeune femme, confiante, se leva, libéra sa main qu'elle n'avait pas encore lâchée et passa le pas de la porte.

- Dis, Harry, demanda-t-elle avant de quitter totalement la pièce, essaie de ne pas attendre trop longtemps avant d'en parler à Ginny. Plutôt tu clarifieras votre relation et plus vite elle pourra passer à autre chose, continua-t-elle avec une pointe de regret dans la voix.

Il acquiesça bien que assez mal à l'idée de la blesser encore une fois.

- Et surtout, termina-t-elle presque à contrecœur, sois prudent. Rogue à certaines qualités mais les évènements nous ont prouvé qu'il pouvait se montrer redoutable voir dangereux. A bientôt, Harry.

Elle lui sourit avant de refermer la porte mais cela ne masqua pas totalement l'inquiétude qu'il put percevoir dans ses yeux. Cette mise en garde lui fit presque imaginer qu'elle devinait d'une certaine façon le changement radical qui s'était produit chez l'ancien directeur de serpentard. Ou peut-être était-ce une intuition, le pressentiment que leur relation promettait d'être orageuse ?

Harry repoussa cette pensée aussi loin qu'il le put.

Ils avaient passé trop de temps à se haïr et il était persuadé que les choses ne pourraient qu'aller en s'améliorant.

-------------------------

Le jeune sorcier souleva à nouveau les paupières.

- Alors, Potter, ne tentez-vous même pas de me supplier ? Ah ! Mais j'oubliais votre pauvre fierté mal placée, s'exclama-t-il en secouant légèrement la tête. Au moins je n'aurai pas à subir vos jérémiades avant de vous voir rendre l'âme, déclara-t-il presque avec ennui tout en le fixant d'un regard mauvais.

Harry inspira l'air qu'il put.

Non, il n'était pas encore prêt à abandonner. Durant ce qui ne devait être au départ qu'une simple conversation, l'attrait physique qu'il avait ressenti pour le vampire avait été la même mais il n'y avait guère porté d'attention. Tout ce qu'il avait souhaité c'était qu'il se taise, qu'il n'essaie pas de briser à tout prix cette confiance qu'il lui portait. Car c'était ce qu'il recherchait, n'est-ce pas ?

Il y avait bien trop de contradiction dans les comportements lunatiques de cet homme pour que chacun des mots prononcés fut un réel reflet de ses pensées.

- Je ne suis pas tel que vous le définissez. Et vous le savez.

Il s'arrêta pour inspirer de nouveau ; Rogue se rembrunit quelque peu.

- Je suis désolé de m'être montré si égoïste en m'efforçant de me persuader que vos attentes étaient identiques aux miennes.

Sa poitrine était douloureuse mais il continua.

- Pourtant, je suis persuadé que vous ne croyez pas à tout ce que vous m'avez dit ce soir – même si j'y reconnais une part de vérité – et surtout que vous n'avez pas l'intention de me tuer.

Le jeune homme tenta d'esquisser un léger sourire mais il échoua misérablement tandis que la prise se resserrait autour de sa gorge.

- Je ne vous permets pas de penser que vous me connaissez ou que vous pouvez me comprendre ! grinça-t-il. Tuer est dans ma nature mais, lorsque vous l'aurez enfin accepté, il sera trop tard, imbécile !

Le maître des potions semblait écumer de rage.

Bientôt, la vue du gryffondor commença à se troubler et le manque d'oxygène devint plus grave encore.

Harry n'était pas prêt à mourir, pas après avoir enfin vaincu Voldemort. Pas après avoir éprouvé de tels sentiments.

C'était pourtant ce qui semblait l'attendre.

Un voile recouvrant déjà ses yeux, il poussa une dernière fois sur sa voix.

- Je ne renoncerai pas… J'ai… besoin de… vous…

Il ne sut si l'air envahit ses poumons ensuite ou s'il relâcha son dernier souffle ; un rideau noir tomba seulement sur sa conscience.

A suivre…

Non, non, on ne tue pas l'auteur pour avoir encore donnés de faux espoir sur notre futur (éventuel ? XD ) couple...
Plus sérieusement, ce chapitre me plaît moins que les précédents mais j'essaierai (mais partiels étant enfin terminés!) de poster le suivant dans 2 semaines, au plus tard 3 (dans l'intervalle, je posterai la suite de "Si longtemps")
Dîtes-moi ce que vous en avez pensé !

A bientôt !