Disclaimer : les personnages apparaissant dans cette fic son l'entière propriété de JK Rowling

Notes : post tome 6 - Léger slash Harry/Severus - Sujet principal déjà traité par d'autres auteurs mais que j'aime beaucoup même si je m'en tire sûrement avec beaucoup moins de dextérité...

GOMEN !

Vraiment désolée TT

Je sais que j'avais dit que ce chapitre ne tarderait pas trop mais… disons que j'ai plus de mal à me plonger dans le monde de JKR en ce moment… (d'ailleurs, j'ai une TONNE d'alertes pour toute une série de fics que j'aime beaucoup dans ma boîte e-mail et que je n'ai pas encore pris le temps de lire…) J'écris beaucoup moins également…

J'espère malgré tout qu'il me reste quelques lectrices (j'ai un gros doute là XD)

Merci pour toutes vos reviews et un grand merci aussi à Lyly, Soleil du Matin (Merci !) et Oriane à qui je n'ai pas pu répondre directement !

En tous cas, si vous passez par ici (et que vous avez le courage de lire ce chapitre), j'espère que vous passerez un agréable moment !

Bonne lecture :°)

« Sacrifices et sacrifiés »

Chapitre 11 : Mises au point

Harry sentit l'air qui emplissait à nouveau ses poumons. Il ouvrit les yeux et su qu'il s'était effondré contre le mur, se trouvant à présent au sol. Rogue l'observait, debout devant lui, droit comme un i.

- Potter… Je…

Il vit passer du regret et du doute dans le regard orangé du vampire. Le jeune homme se contenta simplement d'un faible sourire.

- Vous teniez à paraître convaincant il me semble, dit-il la voix enrouée.

Le survivant tenta de se remettre sur ses jambes mais il n'y parvint pas.

- C'est assez réussi, parvint-il à ajouter d'un ton qui se voulait amusé.

- Cela n'a rien de drôle, grogna l'ancien professeur en entourant sa taille pour le redresser en douceur.

Ils se dirigèrent ensemble vers le canapé mais, lorsque Rogue voulut l'y poser, il retint le bras de l'homme pour qu'il s'y installe également. Etrangement docile, il se laissa faire.

- Vous n'avez pas l'intention de lâcher prise, n'est-ce pas ?

Le maître des potions le maintenait dans ses bras et Harry se réjouissait de cette proximité. C'était presque trop beau pour être vrai.

- Non. J'ai vraiment besoin de vous.

Il leva les yeux vers le visage pâle qui se trouvait à quelques centimètres du sien.

- Je…

Le survivant se sentait littéralement absorber par le regard de la créature qui semblait de plus en plus écarlate.

- Qu'y a-t-il, Harry ?

L'utilisation de son prénom accéléra le rythme cardiaque du jeune homme.

- Je vous…

L'instant ne lui avait jamais paru plus opportun.

- Je vous aime, avoua-t-il enfin en sentant la chaleur envahir son visage.

A son plus grand étonnement, Harry vit un sourire semblable à celui qu'il lui avait révélé dans les geôles de Voldemort se peindre sur ses traits. Il se sentit plus fébrile encore et eut du mal à réaliser que son aîné approchait réellement ses lèvres des siennes. Mais le baiser eut bien lieu, aussi doux et aimant que durant leur enfermement. Le jeune homme crût entendre du bruit derrière eux mais n'y prêta pas attention.

- Euh… Harry ?

Rogue le relâcha immédiatement et le survivant tourna la tête pour croiser le regard de ses deux meilleurs amis.

Il devint aussi rouge que Ron n'était blanc. Hermione avait le teint écarlate sans doute assez similaire au sien. Le roux réagit pourtant le premier et lâcha tout ce qu'il avait à dire d'une traite.

- On ne savait pas où tu étais alors on a pensé que t'étais peut-être ici et, euh, la porte n'était pas fermée à clé… enfin, bref, je m'excuse pour ce que je t'ai dit tout à l'heure, euh, on en reparlera plus tard… On… on va vous laisser, je pense.

Il attrapa la main de sa petite amie, à présent aussi rouge de gêne qu'elle et l'entraîna derrière lui.

Il y eut un instant de flottement avant que Rogue ne prenne la parole, plus amusé qu'agacé.

- Je vois qu'entrer chez les gens sans invitation est bien une habitude de gryffondors.

L'ancien professeur eut un rictus qui se transforma bientôt en léger sourire.

- Ils l'ont su avant moi, je suppose ?

Il hocha la tête bien qu'il sache qu'il n'était pas vraiment utile de lui confirmer que ses amis connaissaient déjà ses sentiments à son égard.

- Ca ne vous dérange pas qu'ils sachent ?

Harry attendit la réponse avec une certaine appréhension mais les doigts caressant sa joue firent disparaître ses craintes.

Il n'aurait pas pu rêver mieux.

Bien que la situation paraissait surréaliste, que son raisonnement logique semblait anesthésié, il était enfin parfaitement heureux. A leurs réactions, il était clair que ses amis ne le laisseraient pas tomber. Et il était dans les bras de l'homme qu'il aimait et qui semblait l'aimer en retour.

Pourtant ces comportements… le sien, celui de Rogue et de ses amis… Il y avait quelque ch…

- Harry ? Tout va bien ?

- Oui, excusez-moi.

Non, il cherchait des incohérences là où il n'y en avait pas.

- Alors, pouvons-nous reprendre là où nous en étions resté ?

Le regard affamé, et toujours aussi éclatant, que lui lança son aîné effaça tout doute. Il apprécia seulement l'instant. Les lèvres froides contre les siennes, la langue rejoignant la sienne. Son cœur reprenait une course effrénée qui s'accéléra encore lorsque la main froide s'égara contre la peau de son ventre.

La bouche de Rogue finit par abandonner la sienne et il laissa échapper un gémissement de mécontentement qui, en d'autres temps, l'aurait fait rougir de gêne. Il le sentit sourire contre sa peau et poser un nouveau baiser dans son cou en le poussant à s'allonger sur le canapé.

- Je peux ?

Harry n'eut pas besoin de demander pour comprendre la question.

- Allez-y.

Il sentit les dents s'enfoncer dans sa chair et se laissa griser par la sensation à présent familière. Rogue buvait, buvait sans fin. Il était si bien, plongeant dans cette douce torpeur. Son odeur, sa peau se réchauffant au même rythme que son sang coulait dans ses veines…

Le vampire le relâcha puis souffla quelques mots à son oreille.

- J'ai encore soif.

Les canines se replongèrent immédiatement dans son cou.

Et il eût mal.

Harry sentit son cœur se rebeller contre cette soudaine demande insatiable, ses vaisseaux sanguins semblant brûler sous cette circulation de sang soudain beaucoup trop rapide. Le survivant sentait le froid l'envahir. Il n'avait plus de souffle et sa gorge irradiait de douleur.

Il le sentit se retirer une nouvelle fois et ses poumons furent parcourus d'un mal atroce lorsqu'il tenta d'avaler un peu d'air. Son regard était trouble mais il voyait encore parfaitement les yeux pourpres et le rictus cruel.

- Je le savais. Je savais que je me délecterai de cet instant ; vous voir rendre l'âme sous ma domination est d'un jouissif ! Adieu, Potter.

Rogue plongea une dernière fois sur lui alors qu'il était paralysé, brisé tant physiquement que mentalement, trahi encore une fois. Il lui arracha la dernière gorgée de son sang, celle qui aurait dû mettre fin à son calvaire. Harry le vit passer sa langue rougie sur ses fines lèvres et il ferma les yeux sur l'image de ce faciès repoussant.

- Mmh… Vos amis ne sont pas loin, la famille Weasley non plus…

Il sut à cet instant que les derniers mots qu'il entendrait le plongeraient dans une douleur indicible et qu'il ne pourrait jamais reposer en paix.

- Je meurs de soif…

Le monde s'écroula brusquement autour de lui et il ouvrit les yeux.

Il savait qu'il se cachait depuis longtemps déjà. Après avoir fui devant leur corps en putréfaction, il s'était enfermé dans son placard dans le vain espoir de ne plus entendre leur voix – il était responsable de leur perte à tous. Pourtant, il avait beau se couvrir les oreilles, il les entendait toujours.

- Viens, viens Harry. Ne me laisse pas seul. Tu nous dois au moins ça !

- Allez Potter, on t'attend…

- S'il te plaît, Harry…

- Je suis seul, ne m'abandonne pas encore une fois !

Les voix connues et distinctes semblaient l'appeler depuis des heures.

Il se recroquevilla encore un peu plus sur lui.

Parfois, ils pleuraient et gémissaient, le suppliaient même.

- Non, laissez-moi, je vous en prie.

Il répétait ces mots dans une litanie perpétuelle.

- C'est de ta faute, accusèrent-elles soudain en un même hurlement. Nous nous sommes sacrifiés par toi !

- Je suis désolé, je suis désolé, je suis désolé, je suis désolé…

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- … suis désolé…

Il se réveilla au son de sa propre voix.

Restant immobile, il essaya de se dégager lentement de ces angoissantes images qui finalement disparaissaient de ses souvenirs pour ne plus lui laisser qu'un profond malaise dont il ne parvenait même plus à comprendre l'origine. Pourquoi…?

- Ma potion de sommeil, grommela-t-il.

Pourquoi ne l'avait-il pas prise la veille ? Il savait pourtant parfaitement que, pour le moment, seule cette mixture lui permettait de passer des nuits calmes. Quand bien même il ne se réveillait qu'avec des fragments de ses cauchemars encore à l'esprit, les sentiments de terreur, d'amertume ou de culpabilité restait toujours présents. Et cette fois… sa mort en tant que proie d'un certain vampire était encore bien présente dans sa tête.

Sa réflexion n'alla pas plus loin lorsqu'il prit conscience du lieu où il était et qu'il réalisa qui se tenait sur le fauteuil en face du canapé où il s'était endormi – évanoui – le fixant avec impassibilité.

- Vous ne m'avez pas tué, dit-il d'un ton neutre en se redressant lentement.

Harry n'avait jamais était doué pour cacher ses sentiments mais il trouva néanmoins que sa voix était teintée d'une certaine assurance. Il était pourtant assez confus, encore affecté par ses cauchemars – avait-il parlé en dormant ? Rogue l'observait-il depuis longtemps ? - mais sachant parfaitement qu'ils n'étaient que de pures illusions, et trop conscient des évènements de la veille.

- J'aurais pu. Je pourrais encore, déclara Rogue d'un même ton.

Mais il ne l'avait pas fait ; il avait donc réellement une chance, songea-t-il en passant une main sur sa gorge douloureuse.

Le jeune sorcier ferma un instant les yeux en sentant la chair à vif. Cette attaque avait néanmoins tout d'un avertissement.

- Je vais quitter Poudlard.

Son regard revint directement sur le maître des potions.

- Pourquoi ?

L'homme souleva un sourcil. Oui, il y avait mille réponses justifiant ce départ mais il sentait qu'il n'y était pas totalement étranger.

- La réponse me semble pourtant, évidente. Je suis un vampire et je n'ai absolument aucun droit de vivre entre les murs de cette école. Minerva à d'ailleurs déjà pris toutes les dispositions nécessaires pour…

- Et moi ? coupa-t-il sentant qu'il essayait encore de le repousser.

S'il avait donné plus de crédit à ses rêves, il aurait sans doute trouvé là une bonne occasion de s'éloigner de lui. Mais la réalité était là : il ne voulait pas le quitter.

- Vous ? Je ne suis pas irresponsable, Potter, et j'ai préparé un antidote si l'on puit dire, se renfrogna-t-il. Si votre volonté à briser cette dépendance est suffisante…

Il désigna la fiole qu'il tenait maintenant entre les mains.

- Cette potion devrait la réprimer. En prenant une gorgée par semaine, vous n'aurez plus que de rares périodes où vous ressentirez ce besoin. Mais je vous le répète, vous devez vouloir briser ce lien.

- Et si ce n'est pas le cas ?

Il vit quelques plis assombrir son front comme-ci il se doutait que le cours de la conversation se dirigeait vers un terrain qu'il préférait éviter.

- Alors elle sera inefficace, finit-il par répondre.

- Pourquoi ne me l'avez-vous pas donné avant ?

L'ancien professeur ferma les yeux un instant. Harry se dit que, s'il avait été certain que sa potion n'avait pas besoin de sa collaboration pour fonctionner, il l'aurait déjà obligé à l'ingurgiter.

- Très bien, Potter, se décida-t-il. Je travaille dessus depuis que nous avons quitté notre prison ; le résultat final n'était, jusqu'à aujourd'hui, pas garanti. J'aurais commencé cela plutôt si le temps entre votre capture et la mission que je devais accomplir avait été de plus que quelques heures. Je l'ai terminée hier. Allez-vous boire cette potion à présent ? demanda-t-il avec impatience.

- Vous en avez une identique pour vous ?

- Non, Potter, ça ne fonctionne pas sur moi. Maintenant, cessez de poser des questions inutiles et prenez-là !

- Non. Je crois que vous pouvez la remettre dans votre réserve.

- Potter, prévint-il.

- Désolé mais je vous ai déjà dit que je ne renoncerai pas.

Il savait bien qu'il n'y avait que peu de lien entre la potion et cela mais il sentait que, s'il pliait sur ce point, à ce stade, il perdrait toute chance d'atteindre son but.

- Voulez-vous vraiment que je termine ce que j'ai commencé hier ? demanda-t-il d'un ton menaçant.

- Si vous le deviez, vous l'auriez déjà fait hier soir, dit le jeune sorcier avec assurance.

- Ai-je besoin de vous rappeler ce que je pense de vous, Potter ? dit-il en haussant le ton. Il me semble avoir été assez clair !

- Et moi je crois vous avoir dit que j'avais besoin de vous !

Rogue plissa les yeux.

- Vous ne pouvez pas pensez une pareille idiotie. Pourquoi « le sauveur du monde sorcier » aurait-il besoin d'un vampire ? Est-ce un goût du risque trop prononcé qui vous pousse à affirmer de telles choses ?

- Non ! Je ne cherche absolument pas à mettre ma vie en danger ! s'énerva-t-il parce que ce reproche lui avait trop souvent été fait. Je m'intéresse à vous, Severus Rogue. Je vous respecte ! Je vo-

Le survivant rougit légèrement et se tut. Ce genre de chose était toujours plus facile à avouer à quelqu'un qui vous regardait avec bienveillance qu'avec cet air froid. Il crut un instant, à l'air décontenancé de son aîné, qu'il avait comprit ce qu'il avait presque dit mais il reprit trop rapidement une expression neutre pour croire qu'il en était arrivé à cette conclusion.

- Alors ? Quelle stupidité vous apprêtiez-vous encore à dire ?

Harry préféra détourner la question en en posant une autre.

- Vous avez préparé la potion adéquate alors nous pourrions rediscuter de notre marché, non ?

L'ancien professeur lui jeta un regard noir.

- Non. Je vais vous donner la potion capable de défaire ce lien. Utilisez-là ou non, faites comme bon vous semble, cela ne me concerne plus. J'ai eu à supporter le gamin capricieux que vous êtes pendant de trop nombreuses années déjà alors soyez sûr que cette « séparation » définitive me sera des plus salvateur.

Le jeune sorcier ne se laissa pas atteindre par ce nouveau retour à l'indifférence et ne lâcha pas prise.

- Je croyais que la créature que vous étiez devenue avait besoin de mon sang, non ?

Il vit un muscle se contracter au dessus de la mâchoire de Rogue et se prépara à une nouvelle contre attaque.

- Une fois de plus, vous n'avez choisi d'entendre que ce que vouliez. Cela n'est qu'un désir et guère un besoin. De plus, contrairement à certains hybrides de votre connaissance, je sais garder le contrôle de moi-même car, si ce n'était pas le cas, vous ne seriez pas si orgueilleusement assis sur ce canapé à me montrer toute l'étendue de votre opiniâtreté.

Le jeune sorcier commençait à en avoir assez. Quoi qu'il dise, il semblait toujours faire face à un mur… mais il savait parfaitement qu'il désirait ardemment ce qu'il gagnerait en le franchissant. Et il se sentait prêt à faire beaucoup de choses pour y parvenir même si cela signifiait reconnaître sa faiblesse.

Après tout, ne devait-il pas son image de roc inébranlable qu'à quelques évènements qu'il avait affrontés comme il le pouvait et, surtout, à une masse sorcière qui ne le connaissait même pas ?

Durant les premiers temps de son adolescence, il avait dû se montrer d'une force rare – même chez un adulte – pour surmonter les épreuves. Aujourd'hui, sa personnalité – endurcie et plus réfléchie – pouvait tolérer d'être réprimée si ce sacrifice ne se révélait pas inutile.

- Bien. Vous n'avez pas besoin de moi. Ne pouvez-vous pas alors m'accorder une faveur ? Simplement un peu de temps ?

- Je ne crois pas, Monsieur Potter, répondit-il d'un ton sérieux et peut-être moins agressif.

Le cœur du survivant se serra ; il ne pouvait pas perdre cela. Il n'avait aucune certitude sur ce que cet homme pourrait lui offrir mais cela était différent de tous ce qu'il avait pu connaître, il le savait, c'était ce qu'il avait besoin.

- Six mois. Non, un mois seulement, je ne vous demande pas plus. Est-ce trop demandé sur votre éternité ?

- Là n'est-ce pas le problème, contra-t-il stoïquement. Je suis un vampire et je ne vous aime pas.

Harry observa son ancien professeur.

Etait-il vraiment sincère lorsqu'il prononçait ces paroles sans permettre à son regard de vaciller ?

Il souhaitait, avec tout l'espoir dont il était capable, que ce n'était là que des mots et non le reflet de sa pensée profonde.

- J'aimerais… Je vous demande seulement de me laisser le temps de vous connaître, je ne vous oblige pas à vous montrer aimable avec moi. Même si vous quitter Poudlard, laissez-moi au moins vous rendre visite pendant le mois à venir. Si au bout de ce délai ma présence vous est toujours aussi désagréable, alors je vous promets de ne plus jamais prendre l'initiative de me présenter devant vous.

Cette fois le survivant avait baissé la tête. Il avait honte de se montrer si suppliant et il sentait que, si Rogue refusait, il pourrait se montrer plus pitoyable encore.
La réponse tardait à venir ; il ne savait pas si ce silence était de bon augure ou non.

- Je ne comprends pas pourquoi vous vous obstinez à ce point, déclara-t-il finalement. Mais, réjouissez-vous, la perspective de vous voir définitivement quitter mon entourage me permettra sans doute de vous supporter un mois de plus. Une précision cependant : vous ne boirez jamais cette potion inutile pour supporter d'éventuelle morsure car je n'ai plus l'intention de vous extraire la moindre goutte de sang.

Harry sourit légèrement. Finalement, il n'était peut-être pas si inapte à trouver les bons arguments pour traiter avec cet homme.

- Néanmoins, reprit-il, cela ne se fera pas sans conditions.

Le jeune homme hocha la tête prêt à l'écouter et se sentant également prêt à obéir à certaines règles si cela pouvait lui permettre de gagner du temps.

- Premièrement, j'exige que vous consommiez cette potion pour atténuer le lien et que vous vous efforciez de vouloir le défaire.

Le survivant fronça légèrement les sourcils ; le regard de son aîné devint plus perçant.

- Que se passe-t-il, Monsieur Potter ? Ne venez-vous pas de m'affirmer que ce n'était pas ma nouvelle nature qui éveillait votre intérêt ?

- C'est d'accord, céda-t-il rapidement. Ensuite ?

Harry n'avait pas menti, c'était l'homme qui l'intéressait bien plus que le vampire – bien qu'il regrettait déjà de ne plus avoir droit à cette sensation étrange que lui provoquait ce désir. L'ancien professeur le connaissait sans doute suffisamment pour savoir, qu'une fois acceptée, il ferait au mieux pour respecter cette promesse – et ce malgré ce qu'il pouvait affirmer.

- Je vous interdis de parler de mon état à toute personne l'ignorant. Minerva sait. Et ce satané lycanthrope semble l'avoir deviné, pesta-t-il. Je ne tiens pas à ce que cela devienne de notoriété publique.

- Très bien, je n'en parlerai pas.

Il songea qu'il aurait pourtant aimé se confier à Hermione, et peut-être à Ron s'il parvenait un jour à se faire à l'idée qu'il était attiré par Rogue, cependant ce secret ne l'empêcherait pas de leur dévoiler l'évolution de leur relation.

- Et surtout, termina-t-il, je vous demanderai d'être discret sur vos éventuelles visites. J'emménage à Pré-Au-Lard et je ne tiens pas à voir plus de journaliste que nécessaire envahir mon espace. Ainsi, à l'exception des personnes ayant réellement besoin d'avoir connaissance de vos escapades, je ne tolèrerais pas que qui que ce soit soit au courant. J'entends bien évidemment que vous ne vous présentiez pas à mon domicile en attirant toute l'attention des habitants.

- Entendu, j'accepte toutes vos conditions.

Finalement cela n'était guère contraignant. Il n'avait jamais eu l'intention de dévoiler sa vie à plus de personnes que nécessaire et il était le premier à fuir la presse. Le survivant gardait néanmoins une certaine inquiétude. Ne venait-il pas de lui donner de nouvelles armes pour le blesser en acceptant ces conditions si facilement ?

Rogue continuait de le fixer avec attention.

- Dans ce cas, commencez d'abord par avaler une gorgée de cette potion, conclut-il.

L'homme se leva et déposa la fiole devant son cadet.

Malgré ses pensées, Harry n'hésita pas, prit le breuvage et en avala une partie. Il se concentra sur une puissante volonté de couper cette attache de sang. Le jeune sorcier eu un léger vertige et ferma les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, son attention se reporta sur Rogue, debout à ses côtés, qui l'observait avec impassibilité.

Cet homme n'était définitivement pas très beau, au moins cette mixture infecte lui avait rendu cette lucidité. Mais ses sentiments étaient toujours présents, tout comme son envie de se réfugier dans ses bras ou tout simplement se contenter de le contempler.

Le vampire semblait attendre quelque chose, peut-être une réaction particulière – de rejet, de dégoût ? – ou une parole insultante, car il se tenait droit, devant lui, haussant un sourcil, les lèvres pincées. Il était visiblement préparé à riposter à la moindre remarque désobligeante.

Harry sourit légèrement – mais pas trop pour ne pas paraître moqueur – et reposa la fiole.

- Quand devez-vous vous installer à Pré-Au-Lard ?

Surprise. Soulagement ou déception ?

Il ne sut réellement définir ce que reflétait son expression avant que Rogue ne récupère d'un geste sa potion et ne pénètre dans sa chambre.

Il revint dans le salon au bout de quelques secondes.

- Je quitte Poudlard ce soir, dit-il sans le regarder tandis qu'il posait un verre et une bouteille de whisky pur feu – pas plus entamée que la veille – sur la table. Il se servit une rasade d'alcool puis, après en avoir avalé une gorgée, revint à son hôte.

L'ancien professeur paraissait perplexe et peut-être légèrement déstabilisé. Harry n'était même pas certain d'avoir déjà vu pareille expression sur son visage ; il eut envie de se montrer plus audacieux.

- Puis-je vous accompagner, ce soir ?

L'homme se figea, son verre à mi-chemin entre la table et ses lèvres. Cela ne dura guère plus d'une seconde avant qu'il n'avale une nouvelle gorgée.

- Cela vous permettra au moins d'éviter de me voir errer à Pré-Au-Lard à la recherche de votre domicile, précisa-t-il en se demandant s'il n'avait pas soudain fait preuve d'un excès de confiance.

Le sorcier s'était, depuis son réveil, montré assez réticent mais il gardait encore son calme ; à trop pousser, il risquait de le voir une nouvelle fois perdre son contrôle. Car pour lui c'était bien de cela qu'il s'agissait, quoique son aîné en dise. Sa transformation n'avait eu lieu que quelques mois auparavant ; tout homme qu'il soit, il aurait été étonnant qu'il maîtrise tous ses instincts et toutes ses capacités.

En l'observant bien – et depuis qu'il avait ingurgité cette potion – Harry prenait d'autant plus conscience de sa pâleur excessive, de ses mouvements précis mais légèrement trop rapides. Toutefois, si jusqu'alors ces détails et autres sensations avaient semblé faire partie intégrante de son charme, il arrivait maintenant à percevoir le danger qu'il représentait. Et à présent qu'il avait l'esprit clair, il ressentait à nouveau cette peur – bien que diffuse – qu'il avait éprouvé dans la prison de Voldemort, et dans son cauchemar également...

La voix de l'homme le ramena à l'instant.

- Bien. Si cela vous amuse, capitula-t-il, surprenant par la même occasion le jeune sorcier qui ne s'était pas attendu à obtenir une réponse positive si rapidement. Et cessez de me regarder de cette manière je vous prie !

Il se reprit, cessa de le dévisager. L'homme était agacé et lui passablement gêné.

- A présent que vous avez obtenu gain de cause, peut-être pourriez-vous vous décider à me laisser quelques heures de répit ?

En d'autres termes, il le chassait de ses quartiers.

Mais Harry ne s'en offusqua pas, au final il venait bien d'enfin avancer dans cette étrange relation et il s'interdisait de lui permettre de faire marche arrière pour de l'obstination mal placée.

Il se refusa également à prêter caution aux bribes de ses songes déplaisants qui l'avaient hanté dans son sommeil ; leur relation ne finirait pas de cette manière.

Le jeune homme se leva et adressa un léger sourire à son aîné. Celui-ci détourna les yeux et se servit un nouveau verre d'alcool.

Bon, il devait se faire à l'idée que pouvoir parler avec lui de manière civilisée – sans que l'un d'eux ne prenne la porte au plus vite ou se retrouve à moitié mort – était déjà un grand pas en avant.

- Je quitte le château à 22 heures, l'informa-t-il sans lever le regard. Si vous n'êtes pas aux portes de l'école à cette heure, soyez sûr que je ne perdrai pas mon temps à vous attendre.

- Très bien, j'y serai.

Il se décida enfin à quitter le petit appartement sans omettre d'observer une dernière fois Rogue qui ne lui prêtait plus attention.

Depuis qu'il avait avalé cette potion, il comprenait d'autant moins pourquoi il s'obstinait de la sorte. Malgré cela, quoi qu'il en dise, il savait qu'il aimait cet homme puisqu'il n'avait même plus l'excuse qu'il soit sous le joug du vampire pour le nier et qu'il regrettait déjà de devoir le quitter… alors qu'il savait qu'il allait le revoir dans quelques heures à peine.

Une fois la porte refermée, il la fixa un instant avec incertitude. Seule une parcelle tragique de son rêve était encore fraîche dans sa mémoire.

Et si son cauchemar devenait réalité ?

Non, il ferait tout pour que cela n'arrive pas. Et puis, aussi étrange que cela paraisse, Harry faisait confiance au maître des potions. Bien sûr, il sentait qu'il se lançait encore dans une histoire difficile – d'ailleurs il n'était même pas toujours certain qu'il choisissait la meilleure voie – mais au final il avait plus à y gagner qu'à y perdre.

Le survivant passa une nouvelle fois sa main sur sa gorge. Et il songea malgré tout qu'il serait préférable que personne ne voie ces marques rouges sur sa peau, parce qu'il doutait beaucoup que quelqu'un d'autre puisse être en mesure de comprendre pourquoi la personne qu'il aimait avait presque failli l'étouffer…

A suivre…

Alors ? Qu'en pensez-vous ? J'ai encore pas mal d'idées (ne reste plus qu'à trouver le courage ET le temps de les coucher sur papier…) et aussi une image assez précise de la fin. Mais le prochain chapitre ne sera sans doute pas publié avant les grandes vacances (exams dans un mois et pour un mois TT)

J'espère que l'attente ne vous paraîtra pas trop longue -.-'
Sinon, pour vous faire patienter, j'essaierai de publier le chapitre 4 de « Si longtemps » et, si certains aiment Smallville, le premier chapitre d'un CLex…
J'attends vos reviews avec impatience !

A bientôt !