Disclaimer : les personnages apparaissant dans cette fic son l'entière propriété de JK Rowling

Notes : post tome 6 - Léger slash Harry/Severus - Sujet principal déjà traité par d'autres auteurs mais que j'aime beaucoup même si je m'en tire sûrement avec beaucoup moins de dextérité...

Kikoo :°)

Comme promis, me voici en ce début de vacances d'été avec un nouveau chapitre de cette fic :)
Un grand merci à tous ceux qui m'ont laissé des reviews, me mettent dans leur favoris et leurs alertes ou même prennent le temps de lire cette fanfic !

J'espère que ce douzième chapitre vous plaira :')

Bonne lecture !

« Sacrifices et sacrifiés »

Chapitre 12 : Omission

Le survivant se dirigeait d'un bon pas vers les cuisines de Poudlard. Il avait d'abord songé à passer par ses appartements pour prendre une douche et appliquer un baume cicatrisant sur gorge mais, à mi-chemin, Harry n'avait plus supporté d'entendre son estomac grogner d'impatience.

Il aurait pourtant mieux fait de l'ignorer.

- Ah ! Monsieur Potter. J'allais justement envoyer quelqu'un vous chercher.

- Madame la directrice ? s'étonna-t-il en la voyant se hâter vers lui.

Arrivée à sa hauteur, elle soupira.

- Vous n'avez pas oublié, j'ose espérer, la conférence de presse qu'a organisé le ministre Scrimgeour, ici même, à dix-sept heures, c'est-à-dire il y tout juste cinq minutes ?

Le survivant écarquilla légèrement les yeux en se souvenant de ce que McGonagall n'avait cessé de lui rappeler durant les derniers jours. Et bien sûr, il avait oublié. Et évidemment, il fallait que ça tombe à ce moment-là.

- Allons, venez Monsieur Potter, vous êtes attendu dans la grande salle.

Il obtempéra et la suivit.

Au moins, il n'aurait que peu de temps pour s'inquiéter de la manière dont cette assemblée se comporterait avec lui. Heureusement que la nouvelle directrice avait passé des heures à lui exposer le déroulement logique de cette conférence ; même s'il n'était pas ravi d'y assister – d'en être le centre d'attention, plus honnêtement – il était un minimum préparé.

A peine entra-t-il dans la grande salle qu'il fut aveuglé par les flashs et assommé par le grondement de la petite foule.

- Mesdames, messieurs, s'il vous plaît, permettez à cette conférence de se dérouler dans l'ordre et le calme.

Harry put enfin voir les dizaines de journalistes qui l'observaient presque comme des chiens devant leurs os à moelles. Si la directrice ne se tenait pas derrière lui, il aurait depuis longtemps cédé à son envie de quitter les lieux.

Il avança encore et ce n'est que lorsqu'ils se retrouvèrent au centre de cette masse sorcière qu'il aperçut ses amis et quelques membres de l'ordre. Le survivant se décontracta légèrement. Il fut même soulagé de voir Hermione lui accorder un léger sourire et Ron un regard hésitant mais néanmoins pas hostile.

Comme McGonagall tentait toujours de mettre de l'ordre dans le raffut et l'impatience des journalistes – elle avait déjà menacé de renvoyer ceux qui ne garderaient pas un minimum de savoir-vivre, il se glissa entre les quelques personnes – qu'il ne connaissait que de vue – pour rejoindre ses amis.

- Ca va, Harry ?

- Pour l'instant, oui, Hermione, mais je suis heureux de ne pas devoir leur faire face seul. Quoique, à choisir, j'aurais préféré ne pas être ici du tout.

- C'est la rançon du succès, mon p'tit Harry, lança George qui apparut soudain à leurs côtés.

- Il va falloir t'y faire, renchérit Fred.

- T'inquiète pas Harry, on est avec toi et on te laissera pas tomber.

Le survivant observa le rouquin qui lui avait adressé ces mots et ne put empêcher un sourire de s'épanouir sur ses lèvres. Il voyait bien qu'il était encore un peu fâché pourtant ces simples paroles étaient plus révélatrices que tout autre chose. Le jeune sorcier se doutait aussi que la brune ne devait pas y être totalement étrangère, il devrait songer à la remercier.

- Merci, Ron, je ne sais pas ce que je ferais sans vous.

Le jeune Weasley lui adressa un léger sourire et ce fut suffisant pour lui donner tout le courage nécessaire pour affronter ce qui allait suivre.

- Harry ?

Il se retourna vers sa meilleure amie alors que les jumeaux venaient de trouver un nouveau moyen de se moquer de leur jeune frère.

- Tu as des marques sur ton cou. On dirait…

Le gryffondor referma brusquement le haut de sa robe.

- Ce n'est rien.

- Harry…

- J'essaierai de t'expliquer plus tard. Mais ne t'inquiète pas, ce n'est pas grave.

Elle ne parut pas très satisfaite pourtant elle n'en demanda pas plus. Ou plutôt, la jeune femme ne put en demander plus car la directrice venait enfin de mettre au point les derniers détails de la conférence et le ministre venait de faire son entrée se dirigeant directement vers lui. Le « show » commençait enfin.

Cela dura près de deux heures.

Il eut d'ailleurs l'impression de ne faire que se répéter durant ce qu'il lui sembla être une période interminable. Et pour preuve, les informations à présent entre les mains des journalistes étaient pour le moins réduites face à la réalité.

Tous savaient à présent que Harry avait vaincu Voldemort d'un expelliarmus lors d'un duel final, que Severus Rogue était toujours resté un espion à la solde de l'Ordre, que les membres de ce même Ordre – accompagnés des meilleurs aurors du ministère, avait précisé Scrimgeour – avaient défait les derniers partisans du seigneur noir et que Harry Potter n'avait finalement pas des pouvoirs dignes de Merlin mais juste un profond désir d'aider les gens qui avaient besoin de son aide. Cette dernière partie était bien sûr les propos du ministre. Néanmoins, Harry n'avait protesté.

Peut-être cela diminuerait-il ne serait-ce qu'un peu cette seconde vague de célébrité qu'il sentait déjà affluer ? Il pouvait toujours espérer, non ?

Le silence avait été gardé sur les horcruxes – bien trop dangereux de révéler leur existence – tout comme sur la composition exacte de l'Ordre du Phénix.

Aux questions posées aux autres personnes présentes, il n'y avait eu que réponses assez similaires :

« - Quel rôle avez-vous joué auprès de notre sauveur ?

- Comme nos compagnons, j'ai affronté avec eux la menace, et sans eux nous n'y serions pas arrivés. »

Ou encore :

« - Je ne faisais que protéger mes compagnons de l'assaut des mangemorts, nous étions toujours solidaires les uns des autres. »

En fait, ils s'étaient tous rangés à une idée : « Nous nous sommes battus ensemble et avons vaincu ensemble. »

Et ça convenait parfaitement au gryffondor.

Finalement, ce n'est qu'après que ces sorciers eurent compris qu'il ne saurait rien de plus, qu'ils ne verraient pas arriver d'autres témoins comme, par exemple, Severus Rogue – apprendre qu'il avait eu un rôle prépondérant dans la victoire avait attisé la curiosité – ou toute autre personne prête à raconter d'éventuelles anecdotes sur ce combat, ils quittèrent enfin les murs du château. Ou, plus simplement, l'autorité et la sévérité de la directrice les y avaient vivement encouragé.

Le même soulagement se marqua sur chacun des visages lorsque les portes de la grande salle se refermèrent enfin sur Scrimgeour, et sa clique d'aurors, qui avait jugé bon pour son image de rester quelques minutes encore avec « Les Héros du Jour ».

- Bon sang, Harry, je te plains ! Ces journalistes sont pires que des scroutts à pétard…

- J'aurais pas pu trouver meilleur comparaison, dit-il en songeant à ces créatures assez repoussantes et se montrant souvent agressives. Mais maintenant vous êtes vous aussi célèbres, Hermione et toi, il va falloir vous y faire. Vous faîtes partie du « fameux trio héroïque des gryffondors » après tout, termina-t-il en se rappelant qu'un journaliste avait lancer ce « nom » et que ses collègues s'étaient empressés de le reprendre sur leurs carnets.

Ca en devenait vraiment ridicule.

- Ah ! Ne dis pas ça, rien que d'y penser ça me donne faim…

Le survivant sourit devant l'air dépité du roux – et se demandant aussi comment il parvenait à en revenir toujours à la nourriture – mais il devait avouer que lui était plus fatigué qu'autre chose. Il avait assez mal dormi la nuit – matinée – dernière et cette conférence lui avait paru plus usante que tout.

- Ne vous inquiétez pas, les garçons, nous allons bientôt reprendre les cours et l'influence de la directrice nous permettra d'être tranquille.

- Hermione…, se lamentèrent les deux gryffondors d'une même voix.

Si le jeune Weasley ne pensait qu'à remplir son estomac, la brune, elle, ne semblait guère trouver plus d'attraits que dans les cours. C'était à se demander vers quoi elle se tournerait après Poudlard. De nouvelles études ?

Harry eut un léger rictus à cette idée qui s'effaça pourtant bien vite lorsqu'il songea qu'il n'avait encore aucun projet d'avenir. Mais ce n'était définitivement pas le moment d'y songer. Il avait suffisamment de choses à gérer.

A commencer par cette nouvelle célébrité qui n'allait pas le lâcher.

Puis Ron qui n'allait sans doute pas oublier totalement leur dernière conversation. Donc Ginny aussi, à qui il ne savait toujours pas ce qu'il allait dire. Et Hermione à qu'il devait parler. Même Remus Lupin l'observait assez bizarrement depuis le début de la soirée – Rogue ne lui avait-il pas dit qu'il connaissait sa nature ? – et qui avait sans doute, lui aussi, des questions à lui poser…

Mais surtout, Harry devait, pour arriver à son but, s'investir au maximum dans sa « relation » avec le maître des potions.

Le jeune sorcier soupira.

Il avait hâte de le revoir.

Et il avait besoin de dormir aussi.

- Harry ? Tu… Harry, tu m'écoutes ?

- Euh, excuse-moi, j'étais ailleurs.

Ron lui jeta un regard étrange mais se reprit malgré tout.

- Ma mère voulait te proposer de venir dormir à la maison mais, comme tu peux le voir…

Il indiqua ses parents en grande conversation avec Kingsley Shacklebolt, Fol œil, Remus et Tonks.

- Donc, je me fais porteur de l'invitation à leur place.

Le roux lui fit un grand sourire, sans doute assez heureux à l'idée de recevoir à nouveau, après cette longue année, son meilleur ami chez lui. Harry s'en voulu de ses paroles avant même de les avoir prononcées.

- C'est une excellente idée mais… je suis vraiment fatigué, alors je préfère rester encore un peu ici. Je vais dormir un peu. Et puis, ce soir, j'ai déjà… enfin, ça ne s'arrange pas. Je suis vraiment désolé. Tu vois… J'aurais…

Le visage du rouquin redevint plus sérieux et Harry se sentit encore plus mal.

- Ca a avoir avec lui, n'est-ce pas ?

Devant le silence du brun, il soupira.

- Bon, je vais le dire une fois et j'espère que je n'aurais pas à le répéter. Si tu comptes continuer dans cette voie, je ne te dirais rien mais fais en sorte que notre amitié n'en pâtisse pas. Mais puisqu'il s'agit de ce bâtard graisseux, j'ai de sérieux doutes sur ta capacité à arriver, termina-t-il sur un ton assez irrité.

- Ron, il n'est pas…

- Mouais, on verra, le coupa-t-il. Et t'as intérêt à parler à Ginny, lui rappela-t-il.

- Ne t'inquiète pas, je tiens beaucoup trop à elle pour l'oublier.

Harry risqua un léger sourire malgré son malaise. Ron le fixa pendant quelques instants puis revint à une expression plus joviale.

- Mais pour en revenir à des sujets plus importants, fit-il avec beaucoup de sérieux malheureusement gâché par un petit air espiègle, nous allons fêter la victoire en famille d'ici quelques jours ! Maintenant que tout le monde est remis…

Il jeta un œil à Hermione qui parlait à Remus.

- … et que nous ne sommes pas encore en cours, ajouta-t-il, nous allons enfin pouvoir célébrer ça dignement ! Le repas et les desserts seront énormes alors ta présence est abso-lu-ment requise !

Harry ne put s'empêcher de rire devant l'enthousiasme du roux – et son expression gourmande – et acquiesça vivement.

- Ne t'inquiète pas, je ne manquerai ça pour rien au monde !

Ron, sur sa lancée, commença la liste des plats qu'il espérait y voir, et ceux qu'il savait y trouver, et le survivant le suivit avec plaisir dans cette conversation légère, aussi insouciantes qu'il les aimait.

Lorsque Hermione les rejoint, ils parlaient des fameux gnomes du jardins des Weasley – il n'aurait pas fallu demander à Harry comment ils en étaient arrivés à ce sujet – et Ron racontait avec plaisir les déboires de Percy avec ces créatures facétieuses durant leur enfance ; Harry n'avait plus autant ri depuis longtemps. La brune essaya de prendre un air contrarié lorsqu'elle sembla comprendre qu'ils se moquaient encore de l'ancien préfet mais pourtant elle ne parvint que difficilement à cacher son sourire. Elle les rappela cependant à l'ordre lorsque Molly vint vers eux.

- Les enfants ? Nous rentrons au Terrier. Tu viens avec nous, mon petit Harry ?

- Désolé, M'man, ce ne sera pas pour ce soir, répondit Ron à sa place. Harry manque un peu de sommeil alors…

Madame Weasley ne le laissa pas terminer et s'approcha un peu plus de celui qu'elle considérait comme son fils. Du coin de l'œil, il vit Hermione froncer les sourcils.

- Mmh, c'est vrai que tu sembles fatigué mon chéri, constata-t-elle la mine inquiète. Et je suis certaine que cette conférence a dû te peser plus encore qu'à nous. Ah ! Ces journalistes ! Mais tu es sûr que tu préfères rester seul ici ? Tu sais que nous serons toujours ravi de t'accueillir au Terrier ?

- Ne vous inquiétez pas, je sais que je pourrais toujours considérer le Terrier comme ma seconde maison. Mais j'aimerais pouvoir profiter encore un peu du calme de Poudlard.

La femme fronça légèrement les sourcils – et il se fit la remarque que Molly et Hermione avait parfois des expressions bien similaires. Apparemment, l'idée de le laisser une nuit encore dans ce château ne l'enchantait guère. Craignait-elle qu'il se referme sur lui-même après les derniers évènements ? Très certainement.

- Allez, M'man, on devrait y aller, Papa nous attends, dit son meilleur ami en désignant les jumeaux et leur père près des portes de la grande salle. Et puis, Harry ne sera pas seul, ajouta-t-il d'un air sombre.

- Ron ! le réprimanda sa petite amie.

La brune semblait y avoir perçu le même sous-entendu que lui.

- Ben quoi ? finit-il d'un air un peu trop innocent. La directrice et quelques professeurs restent encore dans l'école, non ?

- Tu as raison, mon chéri, intervint sa mère. Mais, Harry sache que nous t'attendrons tous avec impatience à la maison, termina-t-elle avec un sourire maternel qui parvenait toujours à apaiser le jeune sorcier.

- J'ai moi aussi hâte de vous rejoindre. Merci.

Ses amis – sa famille – prirent congé et il les regarda partir le cœur léger. Il avait vraiment une chance inouïe de pouvoir se sentir si aimé par ses proches.

Le gryffondor se décida finalement à annoncer à McGonagall qu'il irait aider Rogue à « s'installer » à Pré-au-lard et celle-ci, bien que assez surprise, n'émit pas d'objection.

Enfin, il s'éclipsa de la salle – en saluant de loin Hagrid qui lui avait accordé un sourire – ne laissant pas à la directrice le temps de lui poser des questions supplémentaires et profitant que Remus parlait encore avec Tonks pour ne pas l'affronter immédiatement.

Lorsque le survivant revint finalement dans ses appartements, il prit quelques gouttes de potion de sommeil pour pouvoir dormir environ deux heures. A son réveil, il aurait ainsi le temps de prendre sa douche et souper avant de rejoindre le vampire.

En quelques jours, les évènements n'avaient cessé de s'enchaîner mais il lui semblait qu'il parvenait enfin à en suivre le rythme. Si sa vie n'était peut-être finalement vouée qu'à être ponctuée de situations dont il se serait bien passé, au moins, l'impression qu'il pourrait la diriger comme il l'entendait commencé à s'ancrer en lui. Peut-être même n'aurait-il plus à franchir beaucoup d'obstacle avant d'obtenir ce qu'il souhaitait.

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Mal à la tête.

Harry n'avait pas encore soulevé les paupières qu'il sentait déjà cette douleur dans le crâne.

Il ouvrit les yeux en grognant. Vraiment, quel agréable réveil…

D'un pas lent, il se dirigea vers sa douche en emportant au passage ses vêtements de rechange. Même sous le jet d'eau tiède qui lui détendit les muscles, la douleur ne diminua pas. Il avait déjà connu pire avec sa cicatrice mais ce n'en était pas moins dérangeant.

Le gryffondor revint au salon, un baume à la main – en passant devant le miroir il s'était souvenu des marques sur sa gorge – tout en se demandant combien de temps il lui restait avant de devoir quitter Poudlard. Il posa la robe de sorcier qu'il avait passé sous son bras puis se figea.

Le survivant vérifia que ses lunettes étaient bien sur son nez puis referma sa bouche qu'il n'avait pas eu conscience d'avoir ouverte.

- … trois… minutes ?

Il quitta la pendule des yeux, lâcha le baume et récupéra sa robe de sorcier qu'il enfila sans prendre le temps de se vêtir convenablement puis sortit de son appartement en trombe.

- Je suis mort, se lamenta-t-il en courant dans les couloirs de Poudlard.

Il avait mal dosé cette satané potion et ne lui restait maintenant plus que trois – deux – minutes avant que Rogue ne s'en aille.

Mais pourquoi fallait-il que ce genre de chose lui arrive à chaque fois ? En plus, il savait que l'homme était réglé comme une montre suisse et ne supportait pas les retards. Et encore, il avait une certaine chance que ses appartements n'étaient pas trop profondément enfoncés dans le château. Mais parviendrait-il pour autant à traverser la cour et atteindre les portes de l'école à temps ?

Il en doutait sérieusement.

Néanmoins, comme cette pensée ne l'aida pas vraiment à accélérer sa course, il se décida à ne se concentrer que sur son chemin.

Rapidement, Harry se retrouva à l'extérieur, il évita de justesse de glisser sur une plaque de neige et arriva enfin aux portes de Poudlard.

Personne.

Il avait beau regarder autour de lui, aucune silhouette noire ne semblait à portée de vue. Le gryffondor était finalement arrivé trop tard. Il se sourit à lui-même. Il avait peut-être été idiot d'y croire. En fin de compte, Rogue s'était-il même présenté ici à l'heure convenue ?

Il se résigna à ne jamais avoir de réponse à sa question.

- Satané potion, ne trouva-t-il qu'à pester, la tête basse.

- Je vois, Potter, qu'être ponctuelle ne fait définitivement pas partie de vos aptitudes.

Il sentit ses robes le frôler au moment où Rogue le dépassait et l'observa s'éloigner.

Etait-il finalement arrivé à l'heure ou bien le maître des potions l'avait-il attendu ?

Tandis qu'il se posait la question, l'homme continuait sa route et il eut enfin le bon sens de le suivre.

Harry avait encore le souffle court après sa course mais il se mit au rythme du pas rapide de son ancien professeur. Il se rendit également vite compte qu'il commençait à trembler de froid. Le jeune sorcier referma correctement sa robe pourtant, avec cette neige qui tombait à nouveau en flocons légers, ce n'était pas suffisant. Et bien sûr, dans sa hâte, il avait oublié sa cape à Poudlard.

- Tenez.

Il se tourna vers son aîné qui lui tendait sa cape sans s'arrêter pour autant.

- Merci, dit-il en essayant de chercher son regard qu'il ne parvint pas à croiser.

Le gryffondor plaça la cape sur ses épaules et sourit légèrement. Cette simple attention lui faisait réellement plaisir.

Il porta le tissu à son visage pour se réchauffer tout en en humant discrètement l'odeur. C'était très léger mais il pouvait reconnaître le parfum suave de l'homme, c'était agréable.

Ils marchèrent quelques minutes, le temps d'être assez éloignés de l'influence magique du château, puis Rogue posa la main sur son épaule et les fit transplaner.

Ils se retrouvèrent ainsi à quelques mètres d'une maison modeste, semblable à d'autres qu'il avait déjà remarquées au cours des quelques moments qu'il avait passés dans le village. Il s'agissait d'une vingtaine de petits domaines un peu l'écart de Pré-au-lard.

Sous cette neige, la maison ne semblait pas vraiment attrayante s'en en être pour autant effrayante. Avec ses murs de pierre grise et ses tuiles qu'il devinait brunes, elle n'était finalement que très banale. Si l'on omettait l'absence de fenêtres.

Il suivit le serpentard qui avait directement repris son chemin. Sans un mot, il pénétra dans sa demeure, Harry à sa suite. D'un mouvement de baguette, il alluma les quelques chandelles et candélabres disséminés dans la pièce.

Il vit deux canapés et deux fauteuils dans un coin, une table et quelques chaises entassées un peu plus loin puis deux ou trois meubles dans le coin opposé. Le manque d'ornements et la banalité du mobilier donnaient à l'ensemble un aspect très sobre – pour ne pas dire austère. Cependant, la présence d'une cheminée et d'un feu ouvert lui laissait croire qu'avec quelques efforts ce lieu pourrait paraître agréable.

- Amplificatum.

Il se tourna vers son hôte qui avait rendu à une partie de ses valises leur taille normale.

- Prenez ceci, dit-il en désignant quelques malles encore réduites, et sortez les ustensiles sur la tables de cette pièce.

Rogue désigna l'une des cinq portes qu'il avait remarquées – celle là plus à droite.

- Et ne touchez pas aux potions. Puisque vous êtes ici autant que vous me soyez utile, affirma-t-il en ouvrant déjà ses premiers bagages pour en extraire quelques livres.

Le survivant ferma les yeux un instant puis les rouvrit. Il n'y avait pas à dire, ce ton froid et professoral l'agaçait profondément.

- Très bien, répondit-il pourtant simplement en ôtant la cape.

Il prit ce qu'il lui avait indiqué, entra dans la pièce aux murs nus et rendit aux malles leur aspect premier.

On pouvait dire que l'homme ne se montrait pas particulièrement chaleureux. Mais, bon, il devait éviter de déjà perdre patience. Après tout, c'était lui qui avait demandé à l'accompagner.

Le gryffondor accompli son petit travail rapidement. En somme, il vida les coffres de pas mal de chaudrons – assez lourds d'ailleurs, de fioles vides et de nombreux autres ustensiles utiles à la préparation de potions. Il se trouvait sans aucun doute dans le futur laboratoire de Rogue.

Une fois qu'il eut fini, il laissa les malles qui contenaient décoctions et ingrédients contre le pied de la table et réduit à nouveau les autres. Harry se passa une main sur le front. Il avait trop chaud maintenant, et toujours aussi mal à la tête. Il retira sa robe sorcier pour revenir en t-shirt dans la pièce principale.

Le feu était allumé, la douce chaleur qui s'en dégageait n'en était pas désagréable.

L'ancien professeur avait un peu aménagé le lieu. Bien que les murs de pierres étaient toujours les mêmes, l'endroit paraissait confortable. Il n'avait pas prêté attention au sol à son entrée mais il s'agissait maintenant d'un parquet sombre, un meuble servait à présent de bibliothèque alors que le reste des livres étaient abandonnés sur la table – qui n'était plus à la même place mais toujours près d'un mur – entourées de trois chaises. Et puis, si les canapés n'avaient pas été bougés, les deux fauteuils bleu nuit - n'étaient-ils pas gris à leur arrivée ? – étaient à présent au coin du feu.

Le maître des potions était notamment assis dans l'un d'eux observant les flammes d'un air absent. Il le rejoignit puis s'installa calmement lui faisant ainsi presque face. Le regard de Rogue se leva enfin vers lui et le gryffondor sourit légèrement. Ces yeux noirs lui plaisaient vraiment, il ne pouvait – et ne voulait – pas le nier.

Un léger froncement de sourcils lui fit cependant interrompre sa contemplation.

- Vous n'avez rien fait pour votre gorge, remarqua son aîné d'un ton neutre. Je vais chercher un baume.

Il se leva, l'abandonnant déjà.

Etait-ce son imagination ou bien Rogue ne semblait plus savoir comment réagir face à lui ?

Le maître des potions revint et lui tendit le baume. Seulement, au moment où il l'accepta, son estomac émit un grognement fort peu à propos.

Harry baissa la tête et se sentit rougir de gène ; ce n'était vraiment pas sa soirée.

- Excusez-moi, souffla-t-il. Je n'ai pas encore mangé aujourd'hui et…

- J'imagine qu'il faut aussi que je remédie à cela.

Cette fois, le serpentard paraissait réellement agacé.

Parfait. Vraiment parfait. L'image qu'il se faisait de lui ne devait déjà pas être particulièrement glorieuse et il fallait maintenant que ces oublis successifs le fassent passer pour un véritable imbécile.

Pendant qu'il se lamentait sur le sort qui s'acharnait sur lui, sa propre stupidité et cette migraine qui ne le lâchait pas, le vampire jeta un peu de poudre de cheminette dans le feu. Il passa la tête dans l'âtre durant quelques minutes avant d'en sortir visiblement irrité. Toutefois, semblant se rappeler qu'il n'était pas seul, Rogue repris son air froid.

Au regard qu'il lui lança il ne manqua pas de comprendre que la situation commençait à le peser.

L'homme en noir s'éloigna finalement à nouveau.

- Vous aurez de quoi vous restaurer d'ici une dizaine de minutes, lança-t-il par-dessus son épaule.

Harry l'observa s'enfoncer dans son laboratoire puis refermer la porte derrière lui.

Il soupira.

L'ambiance n'était déjà pas franchement détendue, elle était maintenant assurément lourde. Il n'était visiblement pas dans l'intention de son ancien professeur de faire le premier pas. Enfin, malgré tout, il se montrait plus prévenant que le survivant ne s'y était attendu.

Maintenant, restait à entamer le dialogue.

Il songea aux sujets qu'ils pourraient aborder et se retrouva rapidement avec une liste de sujets à ne pas aborder. Entre autres, leur passé commun à Poudlard, l'époque des maraudeurs, les potions – Harry n'avait définitivement aucun goût pour cette matière, son père et son parrain, la guerre…

Le jeune sorcier fut sorti de son énumération mentale, de cette liste qui s'allongeait à vue d'œil, par un bruit contre la porte. Au moment où il allait se lever pour savoir de quoi il s'agissait, Rogue refit son apparition et se dirigea directement vers l'entrée.

Pratiques les sens de vampire.

Il entendit le hululement d'un hibou puis l'homme referma la porte pour ensuite poser le paquet qu'il avait récupéré sur la table.

- A défaut d'avoir un personnel serviable, leurs plats sont assez appréciés dans la région.

Le survivant s'était approché dès qu'il avait sentit l'agréable fumet et, sans être exceptionnel – simplement de la viande, des pommes de terre, des légumes, une pomme et un verre d'eau, le plat lui semblait particulièrement bon. Il remercia son aîné et s'installa à la place qu'il lui indiqua avant de débuter son souper. Rogue, quant à lui, prit l'un des livres qu'il avait déplacé sur les chaises et retourna à son fauteuil.

Question atmosphère, ce n'était toujours pas ça.

Quelques minutes passèrent encore.

- Comment se fait-il que vous n'ayez pas mangé au château ? questionna le serpentard en lui jetant un vague coup d'œil par-dessus son livre ouvert.

Finalement la soirée avait peut-être encore des chances d'être sauvée.

- La conférence de presse de Scrimgeour a eu lieu juste après que je vous ai quitté. Vous ne le saviez pas ?

- Cette fameuse conférence, répéta-t-il avec un rictus dédaigneux. Minerva m'en a vaguement parlé. Une nouvelle stupidité de notre bon ministre de la magie.

- Votre présence aurait pourtant plu à pas mal de journalistes. Beaucoup étaient impatients de vous voir y arriver. Vous faîtes partie des « sauveurs » du monde sorcier après tout.

Il entama sa pomme pendant que le maître des potions refermait son bouquin.

- Je ne tiens pas à ce que mon nouvel état soit étalé dans tous les journaux du pays. Et j'ai mieux à faire que de jouer les pantins de bois devant ces imbéciles, dit-il d'un ton méprisant.

Le gryffondor sourit.

- Vous ne donnez pas l'impression d'aimer plus que moi le monde de la presse, ou le ministère.

Rogue garda un léger rictus.

- Effectivement, vous semblez moins les apprécier aujourd'hui.

- Contrairement à ce que vous pouvez croire, je ne les ai jamais appréciés, contra-t-il avec une légère grimace.

Il aurait bien ajouté qu'il n'avait jamais voulu de sa célébrité mais il préférait éviter une réaction un peu trop insultante du plus âgé. Ce dernier le scrutait d'ailleurs comme pour savoir s'il pouvait vraiment croire ce qu'il lui disait.

- Selon Hermione, reprit-il en quittant la table, la directrice pourra faire en sorte que nous n'ayons pas à trop souvent les voir durant les six prochains mois. Ces deux heures avec le ministre ont été plus suffisantes pour moi.

Au moment où il allait s'asseoir, il eut l'impression d'avoir un léger vertige mais cela disparut. Par contre, sa tête lui semblait plus douloureuse.

- Et vous vous êtes endormi après ces interviews si éreintantes, continua-t-il à sa place avec une évidente raillerie dans le ton. Ce qui explique, entre autre, votre retard de ce soir.

Harry préféra faire l'impasse sur la façon dont il avait tourné en ridicule sa situation ; il était bien arrivé en retard finalement.

- En fait, j'ai pris quelques gouttes de potion de sommeil mais j'ai mal dosé, je pense.

- Vous continuez à prendre cette potion ? interrogea-t-il sans faire grand cas de son embarras.

Un pli amer se forma sur ses lèvres.

- Madame Pomfresh surveille les quantités que je lui demande. Je sais qu'il faut éviter d'en prendre durant de trop longues périodes. C'est juste le temps que mes cauchemars soient… moins fréquents.

Un silence s'installa alors que le survivant avait détourné les yeux. Il préférait vraiment éviter de parler de ça.

- Potter.

Le gryffondor releva la tête interpellé par un élément qu'il ne savait définir dans la voix de son aîné. Il croisa ses yeux qui n'étaient définitivement plus noirs.

C'était mauvais signe.

- Qu'y a-t-il ? demanda-t-il en s'efforçant de taire l'inquiétude dans son ton.

Ce vampire, même s'il n'était plu censé le craindre, était toujours capable d'éveiller un dérangeant sentiment de peur en lui.

- Vous saignez.

Il fronça les sourcils.

- Votre oreille droite.

Harry porta sa main à son oreille et sentit un liquide chaud lui couler le long de la joue. Lorsqu'il releva les yeux, il vit que le regard de Rogue avait encore rougit et qu'il observait le liquide carmin qu'il avait sur les doigts avec une étrange fixité. Ce n'était vraiment pas bon.

- Monsieur ?

Il ne réagit pas.

Le sorcier éleva légèrement la voix.

- Monsieur, où se trouve la salle de bain ?

Le maître des potions sembla reprendre pied et il lui indiqua une porte.

- C'est la première à gauche.

- Merci.

Il se leva en s'évertuant à paraître calme et, avec des mouvements qu'il n'espéra pas anormalement pressés, poussa la porte puis s'enferma dans la salle de bain. Il se dirigea vers le lavabo, prit la première serviette qu'il trouva et, après l'avoir laissée quelques secondes sous le robinet, effaça le sang sur sa peau.

Apparemment il ne saignait plus. Mais sa situation n'était pas brillante. D'une part, il perdait son sang sans raison apparente et, de l'autre, le comportement de cet homme semblait dangereusement altéré dès qu'il en voyait la moindre goutte.

- Un vampire, Harry, se murmura-t-il. C'est un vampire.

Ca ne l'avançait pas pour autant. Et il ne s'en sentait pas plus à l'aise.

Déjà, tenter de faire du maître des potions son compagnon dans des circonstances à peu près normales était pour le moins… original mais si, en plus, il fallait que Rogue se laisse guider par ses instincts de créature de la nuit, le survivant n'était pas au bout de ses peines.

- Harry, depuis…

La voix qui venait de s'adresser à lui de l'autre pièce se tut.

Harry ? Pas que ça le dérangeait mais c'était assez inattendu.

- Monsieur Potter.

Ah. Il se disait aussi…

Le gryffondor s'empressa de passer un peu d'eau sur son visage puis quitta la salle de bain.

- J'aimais assez bien « Harry », vous savez, tenta-t-il.

Il avait perçu une pointe d'agacement sur le visage de son aîné – et ses yeux rouges – en passant devant lui pour rejoindre son fauteuil. Bon, ce n'était peut-être pas encore ça mais au moins cette expression lui était assez familière pour qu'il se sente un peu plus à l'aise.

L'homme finit à son tour par réintégrer sa place toutefois il l'observait à présent avec beaucoup de sérieux.

- Y a-t-il eu d'autres effets secondaires depuis que je vous ai donné cette potion ?

Il n'avait pas songé à cette possibilité.

- Non. Enfin, si, rectifia-t-il. Quand je me suis réveillé, ce soir, j'avais une sorte de migraine assez dérangeante et, depuis ce qui vient de se passer, réalisa-t-il, elle a disparue.

Rogue avait deux doigts posés sur la tempe et il réfléchissait.

Harry de son côté était un peu déçu, bien qu'il ne considérait pas le maître des potions comme infaillible, il avait apparemment commis une erreur dans la potion qui lui était destinée…

L'ancien professeur releva soudain les yeux vers lui et fronça les sourcils.

- C'est incompatible, lâcha-t-il. J'aurais dû le prévoir.

- Pardon ?

- La potion de sommeil et celle que je vous ai donnée. Vous ne devez plus en prendre. Du moins jusqu'à ce que les effets de ma potion disparaissent.

- Mais… vous êtes sérieux ? Je ne peux pas ! commença-t-il à s'emporter. Avez-vous la moindre idé-

- J'en ai une assez précise, contra-t-il.

Le survivant baissa la tête.

Oui, en tant qu'ex-mangemort il devait avoir une idée de quoi étaient peuplés ses cauchemars. Mais si le plus âgé avait l'habitude de vivre avec, lui ne pouvait pas encore se faire à l'idée de supporter leur récente violence – depuis qu'il avait tué Voldemort. Il aurait mille fois préféré que l'homme ait vraiment fait une erreur dans l'élaboration de sa potion.

- Cela est bien trop dangereux pour votre organisme, reprit-il, si quelques gouttes ont déjà de pareils effets, je ne saurais prévoir ce que plusieurs fioles pourraient produire. Je ne pense pas qu'une seule vous tuerez cependant, à la vue de vos symptômes, je ne pourrais rien vous garantir de plus.

Le gryffondor était inquiet, de plus en plus inquiet. Il n'avait pas eu l'intention de compter encore longtemps sur ces breuvages mais c'était maintenant qu'il en avait besoin.

- Harry, ces rêves ne sont pas insurmontables, lui assura-t-il d'une voix dure mais en posant néanmoins une main sur son épaule.

Pourtant, le jeune sorcier n'arrivait pas à se raccrocher à ces mots face à la réalité de ces cauchemars.

Rogue s'approcha encore alors que son cadet avait toujours la tête baissée, ses mèches brunes cachant presque les verres de ses lunettes.

- Vous êtes plus fort que cela.

Il allait relever les yeux vers lui mais il sentit son souffle dans son cou.

Harry se rendit soudain compte de leur position et les battements de son cœur accélérèrent. Il sentit les dents longues contre sa jugulaire ; il eut mal lorsqu'elles égratignèrent sa peau et s'enfoncèrent à peine dans sa chair. Mais il frissonna lorsque la langue râpeuse recueillit quelques gouttes de son sang.

Le vampire s'arrêta.

Il pouvait entendre sa respiration contre son oreille ; Rogue paraissait loin d'être calme.

Il s'écarta finalement, le privant de sa chaleur malgré son corps à peine tiède, et s'assit à nouveau dans son fauteuil, pinçant l'arête de son nez et fermant les yeux.

- Vous devriez aller dormir un peu. Vous avez l'air fatigué. Il y a une chambre d'ami, c'est la porte du centre. Demain, un peu avant l'aube, je vous raccompagnerai à Poudlard, il est encore un peu tôt pour que vous parcouriez ce chemin en pleine nuit sans escorte. J'essaierai de trouver quelque chose pour la potion.

Il avait dit tout ceci sans relever la tête.

Harry hésita quelques instants puis suivit son conseil.

A cet instant, c'était son côté vampirique qui l'attirait et il n'aimait pas ça. Oh ! bien sûr, ces sensations mêlées de plaisir et de douleur paraissaient séduisantes mais ce n'était pas ainsi qu'il souhaitait voir une relation s'établir entre eux, le survivant voulait que Rogue comprenne qu'il y avait plus que ça. Et puis, il devait l'avouer, en dépit de ce qu'il avait affirmé plus tôt à l'homme, voir ce dernier se laisser guider par ses instincts de vampire l'effrayait plus qu'un peu.

Harry s'allongea sur le lit et garda les yeux ouverts ; il n'avait pas envie de dormir, il savait que ce n'était pas cette nuit qu'il pourrait fermer les yeux en paix avec lui-même.

Le silence envahit les lieux.

Rogue était-il toujours prostré dans son fauteuil ?

Il eut sa réponse lorsqu'au bout d'un certain temps – une demi-heure, une heure peut-être – il entendit comme une chute de pierre puis une porte claquer. Curieux, le gryffondor quitta la chambre et revint au salon. Il avança vers l'entrée et resta quelques instants à l'observer.

Une partie du mur était marquée, il y avait un impact d'une quarantaine de centimètres de diamètre dans la pierre grise, du sang aussi, un peu sur la porte également.

Harry sentit quelque chose se serrer dans son estomac. Il espérait vraiment que le maître des potions allait bien, dans tous les sens du terme.

Il retourna enfin à sa chambre.

Le jeune sorcier n'y avait pas songé avant mais… y avait-il la moindre chance qu'il faisait souffrir cet homme en s'accrochant ainsi à lui ?

Il ferma les yeux et s'efforça de dormir. Après tout, il lui faisait confiance, le serpentard avait raison, il pourrait surmonter cette période. N'était-ce pas ce qu'il avait toujours fait ?

Cela ne l'empêcha pas pour autant, dans cette maison vide, alors qu'il était tiré vers l'inconscience, de sentir la peur germer en lui. Et ce, malgré le souvenir éphémère d'un sommeil paisible, dans un cachot sombre, dans les bras d'un homme en noir.

A suivre…

Et voilà, cette fic s'allonge à vue d'oeil -.-"
Je me rend compte que j'ajoute de plus en plus d'éléments et j'espère que ça n'alourdit pas trop l'histoire...
(Personnellement, je trouve qu'il y a dans tout ça quand même quelques améliorations pour Harry... Non ?)
Enfin, finalement je me suis décidée sur ce qui permettra à Harry de pouvoir faire face à son Severus avec plus d'assurance, grâce à... ce sera pour le prochain chapitre é.è

Alors, j'essaie de vous pondre 1 ou plusieurs chapitres pendant ces vacances ou je me concentre sur mes autres fics ? Dîtes-moi ce que vous pensez de tout ça :')

A très bientôt j'espère !