Disclaimer : les personnages apparaissant dans cette fic son l'entière propriété de JK Rowling
Note : post tome 6 - Slash Harry/Severus - Sujet principal déjà traité par d'autres auteurs mais que j'aime beaucoup même si je m'en tire sûrement avec beaucoup moins de dextérité...
Ah ! Et une update de plus pour ce week-end o.O
(J'espère au moins que vous en êtes heureux XD)
Mais, malheureusement, pour ceux qui s'attendaient à un plus long chapitre (comme j'avais dit que j'essaierai de faire -.-"), celui-ci n'est pas très long... J'avais averti que leur longueur pouvait devenir très variable aussi :'S
J'espère qu'il vous plaira malgré tout !
Et merci encore pour vos reviews :') (merchi aussi à Nakaria et Nepheria !)
Bonne lecture !
« Sacrifices et sacrifiés »
Chapitre 14 : Prémices
Son souffle contre sa peau.
Il se réveillait lentement, reprenant au fur et à mesure conscience de son environnement. Et ce qui avait d'abord attiré son attention était sa respiration régulière, cet effleurement tiède, presque froid, contre sa nuque. Une sensation apaisante, nouvelle mais ô combien agréable.
Petit à petit, il se rendit compte qu'il le serrait dans une tendre étreinte, son dos maintenu contre sa poitrine solide et sa main droite posée sur la sienne.
Harry ouvrit les yeux et se demanda un instant pourquoi il se trouvait dans l'obscurité. Mais il eut ainsi la certitude que l'homme dormait encore puisque aucun éclairage magique ou non ne venait contrebalancer l'absence de fenêtres.
Il entendait toujours sa respiration lente et, maintenant qu'il avait complètement émergé des brumes du sommeil, il profitait d'autant mieux de l'émotion qui l'envahissait. C'était tellement paisible, si différent de ce qu'il avait vécu pendant des mois et bien différent aussi de ces derniers jours. Simplement les premiers échos de ce que pouvait devenir leur relation mais un moment si agréable déjà.
Et il n'était pas encore prêt à le briser.
Harry resta là, immobile, dans le noir, et le silence qui n'était entrecoupé que par leur respiration, pour profiter de cette étreinte protectrice.
Il ne compta pas les minutes qui s'écoulèrent avant le réveil du plus âgé et, pourtant, même s'il savait que ça n'avait pas été le cas, cela ne lui avait semblé durer que quelques instants trop courts.
Le gryffondor le sentit bouger contre lui. Son nez effleura ses cheveux en désordre et l'ancien professeur le serra un peu plus contre son torse.
Le jeune homme ne fit pas un mouvement lui permettant de deviner qu'il était déjà réveillé ; le vampire ne sembla pas se rendre compte de ce fait. Ses sens surdéveloppés étaient-ils, comme un moldu ou un sorcier normal, moins performant à la sortie de son sommeil ? Ou bien était-ce dû à ce dont lui avait parlé Remus, son manque de contrôle ? Toutefois, Harry ne s'attarda pas sur ces questions.
Il voulait savoir de quelle façon allait réagir le maître des potions. Même si l'envie de se tourner vers lui était tentante, il préférait savoir ce qu'il déciderait de faire de lui-même.
L'ancien espion restait blottit contre lui, semblant presque aussi désireux que lui de prolonger ce moment.
Au bout de quelques minutes, pourtant, sans qu'un quelconque sort ait été prononcé à voix haute, une lumière tamisée envahit la pièce – du moins, était-ce ainsi qu'il interpréta le léger rougeoiement qui se marqua sur ses paupières closes. Le plus âgé se redressa lentement, comme pour éviter de déranger son sommeil, puis s'éloigna, relâchant sa main qu'il avait gardé dans la sienne. Néanmoins, il défit son étreinte mais ne quitta pas le lit.
Ce réveil était très révélateur pour Harry : l'homme appréciait sa proximité.
Le gryffondor profita de cette perte pour se tourner vers ce dernier ; il n'eut même pas besoin de faire semblant de se réveiller puisque ses yeux, qui venaient de quitter l'obscurité, avaient besoin de s'habituer à l'éclairage de la chambre.
- Bonjour, murmura-t-il en posant son regard sur le visage pâle.
Rogue était assis, une jambe repliée sous l'autre, et l'observait simplement.
- Bonjour… Harry, répondit-il avec douceur.
Douceur dont il n'avait peut-être même pas conscience puisqu'il semblait plutôt plus l'étudier avec attention que chercher à mesurer ses attitudes. Déjà en train de statuer sur leur devenir, sans nul doute.
- Est-il déjà temps de retourner à Poudlard ? dit-il en étouffant un bâillement.
- Non. Mais nous avons d'abord une conversation à terminer, déclara le vampire d'un ton neutre.
Et, pour une fois, il ne lui semblait pas que le serpentard avait déjà arrêté une décision avant même qu'il ne puisse émettre son avis. Enfin, il s'agissait juste d'une impression qu'il espérait correcte.
- Eh bien, par où commençons-nous ? demanda le plus jeune, en s'étirant puis en s'asseyant les jambes croisées, le drap repoussé loin de lui. Allez-vous encore me dire que je ne ressens rien pour vous ou que mon sang vous est totalement inutile ?
Bien qu'il regrettait déjà la paix à laquelle il avait eu droit un peu plus tôt, il était prêt à faire face à une nouvelle épreuve de force avec son aîné. Il n'était définitivement pas décidé à abandonner.
- Ni l'un ni l'autre. Je ne perdrais pas mon temps à lutter contre l'opiniâtreté avec laquelle vous croyez en vos sentiments. Je vous ai d'ailleurs aussi affirmé clairement de ce qu'il en était d'une éventuelle réciprocité.
Le survivant afficha un sourire un peu crispé en se souvenant de ses paroles.
- Et, en ce qui concerne ma… dépendance, grinça-t-il comme si avouer cela lui était relativement pénible, il est vrai que ma soif devient plus contrôlable lorsque je goûte plus régulièrement à votre sang, termina-t-il presque avec dégoût.
Dégoût de lui-même ou de la dure réalité des choses ? Il n'aurait pas su le dire.
- Que voulez-vous dire par « plus régulièrement » ?
- Tous les deux ou trois jours, tous les jours même. Etes-vous satisfait de l'entendre ? dit-il dans un grognement.
C'était pire que ce qu'il ne l'avait imaginé et ça risquait bien de poser problème lorsque les cours reprendraient.
- Lorsque vous m'avez dit que vous pouviez tenir une semaine, c'était un mensonge donc.
- Non, juste une supposition qui s'est révélée en partie inexacte.
- En partie ?
Rogue fronça les sourcils et son regard devint plus dur ; c'était un point qu'il n'avait visiblement pas voulu aborder.
- Suis-je devenu fou ou totalement incontrôlable durant ces derniers jours ? Non. Toutefois, je suis passé de l'unique victime d'un soir, de ces derniers mois, à deux ou trois par nuit. Et ma soif devient de plus en plus insatiable. Parce que j'ai consommé votre sang. De plus, les substituts que j'ai pensé pouvoir utiliser ne fonctionnent pas, c'est tout juste si les potions calmantes ont un effet sur cette envie dévorante.
- Donc vous affirmez que c'est ma faute ? s'irrita-t-il presque.
- Non, Potter, personne n'aurait pu prévoir cela, fit-il, apaisant. Cependant votre proximité est loin d'en endiguer les conséquences, finit-il d'un ton calme mais beaucoup plus froid.
C'était une façon encore plus cruelle de l'instituer en responsable ; il essayait encore de refuser son aide et Harry arrivait au bout de sa patience sur ce sujet.
- Vous n'avez aucune preuve que l'éloignement puisse avoir un effet contraire sur vous. Alors que vous savez très bien que ma solution vous évitera ce genre de problème !
- Et je serai dépendant de vous !
- Vous l'êtes déjà ! s'énerva le gryffondor. Au moins, cela vous donnera du temps pour trouver une autre solution.
S'il ne pouvait pas l'amener à réellement accepter la situation, il fallait qu'il parvienne au moins à le faire plier devant certaines concessions. Ce n'était pas que pour lui-même mais aussi pour le bien de son ancien professeur.
- Je peux me passer de votre sang, dit Rogue aussi buté qu'il pouvait l'être.
Néanmoins, il continua avant que son cadet ne se laisse vraiment gagner par la colère.
- Mais il n'est pas faux que vous – qu'il pourrait m'être… utile, dit-il très certainement à contre cœur.
Et, avec lui, c'était déjà un aveu inestimable.
- Inutile de sourire de cette façon parce que vous pensez avoir pu imposer votre volonté. Cela ne sera que provisoire.
- Si ça peut vous aider alors ça me convient tout à fait.
Qu'il était difficile de faire accepter quoi que ce soit à cet homme ! Pourtant, malgré son expression agacée, le jeune sorcier avait compris qu'il s'était enfin fait à la logique de ce raisonnement. Et, dans le fond, il était bien un vampire à présent, non ? Alors ça ne devait sans doute pas le déranger autant qu'il le laissait croire. Enfin, s'il oubliait que son côté humain en ressentait toujours de la culpabilité et un certain mépris de lui-même…
- Ce point étant réglé, reprit le maître des potions ne s'attardant pas sur sa « défaite », je dois vous parler de la potion que vous prendrez. Bien qu'elle permette de supporter les morsures, dans une certaine mesure, elle n'est qu'un dérivé de celle que vous avez consommée mardi matin. Et elle en a presque les mêmes caractéristiques.
- Donc, toujours pas de potion de sommeil, termina-t-il à sa place.
Il s'était un peu attendu à cette conclusion mais, après la nuit paisible qu'il venait de passer, cela lui semblait de moindre importance. Après tout, si sa simple présence pouvait permettre qu'il ne cauchemarde plus, son inconscient se déciderait bien, de lui-même, à comprendre que la fin de cette guerre lui apportait bien plus que ce qu'il avait perdu. Et qu'il avait tout fait pour rester juste et fort dans ses choix.
- Bien. Tout ceci étant à présent clair, je vais vous reconduire à Poudlard.
Harry retint le « déjà ? » qui allait franchir ses lèvres. Le serpentard ne semblait pas trop satisfait de la conclusion à laquelle ils étaient arrivés mais tentait vraisemblablement de se faire à l'idée.
L'homme se leva et il en fit de même.
Après s'être débarbouillé rapidement dans la salle de bain, il rejoint son aîné dans le salon.
- Une chose encore, reprit Rogue en le retenant par l'épaule alors qu'il allait ouvrir la porte. Nous ne nous reverrons pas avant dimanche soir. J'ai des choses à régler et vous avez besoin de reprendre des forces.
- Mais je ne…
- Ce point n'est pas discutable. Ce n'est pas en dormant quelques heures par nuit que vous récupérerez de six mois de cavale. De plus, vous m'avez dit vous-même que vous aviez un dîner chez les Weasley ce samedi. Et ne me regardez pas de cette façon, je vous au déjà dit que je n'y assisterai pas. Nous pouvons y aller à présent.
L'homme en noir, affichant un léger rictus, passa le premier suivi par un gryffondor pour le moins contrarié. Et il eut beau exposer nombre d'arguments, le plus âgé se tint à sa décision. Malheureusement, bien qu'il pouvait encore s'opposer au fait que l'ancien professeur ne voulait pas le voir « s'évanouir dans ses bras » à la moindre goutte de sang qu'il lui prendrait « à cause d'une trop grande faiblesse », le survivant ne pouvait rien contre la prudence dont il voulait faire preuve dans la consommation de deux potions différentes, bien qu'aux effets très semblables, dans des délais si rapprochés.
- Trois soirs, très bien, céda-t-il. Mais vous n'avez pas intérêt à faire marche arrière entre temps ou à tout simplement disparaître !
Le maître des potions lui jeta un regard dédaigneux tout en continuant d'avancer dans la neige.
- Je ne suis pas un lâche, Potter, répondit-il avec un sérieux certain. Je vous ai fait la promesse d'accepter votre compagnie durant un mois et j'ai bien l'intention de m'y tenir. Vous n'avez donc pas à vous inquiéter, termina-t-il en redevenant légèrement sarcastique.
- Ce n'est pas ce que je cherche à affirmer. Mais vous savez très bien que ce ne serait pas la première fois que vous n'accorderiez que peu de crédit à mes paroles et que vous décideriez vous-même du chemin à suivre.
Ils continuèrent à marcher dans un lourd silence pour finalement se retrouver à quelques pas du château.
- Cela n'arrivera pas cette fois, Harry, lui affirma finalement Rogue en fixant ses yeux noirs sur les siens un court instant.
Il se retourna pour le quitter mais le jeune sorcier le retint par le bras.
- Attendez.
Le serpentard leva vers lui un regard interrogateur auquel il ne répondit qu'en ôtant ses lunettes, en franchissant la distance entre leur deux corps et en posant ses lèvres sur les siennes. Harry chercha à approfondir le baiser et, étonnamment, il ne l'en empêcha pas. Le plus âgé sembla même simplement répondre à son souhait en le laissant diriger cet échange.
Harry ne se détacha de lui que lorsqu'il fut à bout de souffle, les joues un peu rougies par le froid et l'émotion.
Séparés l'un de l'autre, le survivant observait à présent le visage anguleux, presque semblable à du marbre, sous la pâle lueur de la lune amplifiée par son reflet sur la neige.
- Vous devriez éviter ce genre geste.
- Pourquoi ? Je voulais juste savoir si…
Il eut un très léger sourire.
- J'aime vous embrasser, vous savez. Au moins, je ne l'oublierai pas.
- Que diable essayez-vous de dire ? dit son compagnon en fronçant les sourcils.
- Ce n'est pas très important. Mais merci de ne pas m'avoir repoussé, sourit le gryffondor que ce fait rendait plus heureux que certaines vérités y étant liées qui l'attristaient.
Après tout, ce ne serait plus tout à fait pareil une fois qu'il serait à nouveau sous l'emprise du vampire. Une part de lui, de sa volonté, de ses désirs, de ses sentiments, se transformerait à nouveau, il verrait les choses autrement.
- Vous n'avez pas oublié ce que je vous ai dit, n'est-ce pas ? interrogea Rogue qui n'arrivait sans doute pas tout à fait à comprendre ce que cachait son comportement.
- Oh ! Ne vous en faîtes pas, j'ai bien compris que vous ne ressentez peut-être pas la même chose pour moi que ce que je ressens pour vous, dit-il en gardant enfoui en lui la petite pointe de douleur qui se réveillait à nouveau dès qu'il y pensait. Mais, au niveau physique du moins, je suis certain que je ne vous laisse pas indifférent.
L'homme souleva un sourcil et Harry s'empêcha de penser qu'il était ouvertement en train de le « draguer » pour ne pas se laisser envahir par la gêne qu'il commençait à ressentir.
- Et, avec un peu de persévérance de ma part, je suis certain que je pourrai vous aider à prendre conscience de vos sentiments, finit-il bravement mais aussi dans l'espoir d'alléger un peu l'atmosphère.
- Encore vos certitudes de gryffondor d'un optimisme insensé, j'imagine, dit-il en levant les yeux au ciel. Bien qu'écouter vos brillantes analyses pourrait être certainement très divertissant pour certains, je pense qu'il est temps pour moi de vous laisser, termina-t-il, son ton ne se voulant cependant pas méprisant.
- Bonne journée à vous aussi Severus, rit-il.
Le maître des potions, qui avait déjà repris sa route et lui faisait dos, leva juste un instant sa main en signe de salutation et continua son chemin dans l'épais manteau de neige qui recouvrait le sol.
Harry se rappela un instant de son réveil, un peu plus tôt, et sourit avec un rien de mélancolie. Mais il n'avait pas de doute sur ce fait, après tout, sacrifier une partie de son être pour rester auprès de cet homme n'était pas un si grand prix à payer.
A suivre…
Un chapitre plus doux donc... (quoi, qui a dit le calme avant la tempête ? XD)
J'espère que vous avez aimé !
La suite vous intéresse toujours ? N'hésitez pas à me laisser vos avis !
A la prochaine !
