Disclaimer : les personnages apparaissant dans cette fic son l'entière propriété de JK Rowling
Note : post tome 6 - Slash Severus /Harry - Sujet principal déjà traité par d'autres auteurs mais que j'aime beaucoup même si je m'en tire sûrement avec beaucoup moins de dextérité...
wOw
Merci pour toutes vos reviews, je ne m'attendais pas en avoir autant sur ce petit chapitre ! (J'espère juste avoir bien répondu à tout le monde... Merciiiii !)
J'espère que l'attente n'aura pas été trop longue (-.-") et que vous aimerez ce chapitre :')
Bonne lecture !
« Sacrifices et sacrifiés »
Chapitre 15 : Rupture
Harry passa sa journée à tenter de « reprendre des forces » mais il se révéla que, pour un jeune homme de dix-sept ans, il était particulièrement en forme. Il commençait même à s'ennuyer.
Bien sûr, profiter de quelques heures de vol au-dessus de Poudlard ou parler avec Hagrid avait été plus qu'agréable. Mais il en avait tout simplement assez de passer le reste de son temps libre à réfléchir. Si on lui avait posé la question, le sorcier aurait tout simplement dit que ces derniers jours plongé dans ses pensées avaient été plus que suffisants pour toute une vie…
Somme toute, ça manquait beaucoup d'objectivité. Néanmoins, il fallait aussi dire qu'il était allé jusqu'à relire quelques-uns des cours qu'Hermione avait eu la gentillesse de placer dans ses appartements pour la rentrée prochaine. Mais, en vérité, outre le fait de rêvasser sur son ancien professeur, il essayait d'oublier qu'il avait encore quelque chose d'important à régler.
Plutôt quelqu'un à aller voir, à vrai dire.
Il reconnaissait même, de mauvais gré, que Rogue avait raison sur un point : ces trois jours loin de lui n'auraient rien d'inutile. Tout d'abord parce que c'était enfin l'occasion pour lui de donner à ses proches l'attention qu'ils méritaient – et ce n'était pas parce que Ron et Hermione étaient loin durant quelques jours qu'il n'avait pas du temps à rattraper avec ses autres proches.
Et puis aussi parce qu'il se devait de se montrer honnête avec Ginny.
Pour être sincère, il s'en voulait même d'être allé si « loin » dans sa relation avec le vampire avant d'avoir mis les choses au clair avec la rousse. Il s'était tout simplement montré lâche et il n'y avait rien qui le rendait plus coupable à l'heure actuelle.
C'est ainsi qu'après une nuit moins agitée qu'il ne l'aurait pensé – finir par adhérer à la pensée générale, qu'il avait agi comme il le fallait pour sauver sa vie et celle des autres, etsonger plus que de raison à Rogue avait semblait-il eu un certain impact sur son mental – il se retrouva, le vendredi matin, au Terrier, à demander à Ginny s'ils pouvaient parler.
Le survivant n'attendit que quelques minutes, en terminant le chocolat chaud que Molly Weasley avait insisté pour lui préparer, avant que la jeune élève de Poudlard ne fasse son apparition dans la salle à manger. Elle essaya d'esquisser un sourire en le saluant mais il ne resta en place que quelques secondes avant qu'elle ne parvienne qu'à garder une expression, qu'elle devait sans doute espérer, neutre mais qui cachait mal sa tristesse.
Harry sentit son cœur se serrer alors qu'un sourire crispé était resté sur son visage.
Ils s'observèrent quelques instants dans un silence inconfortable avant que la réapparition de la maîtresse de maison ne la fasse se décider à l'inviter à discuter dans sa chambre.
Elle s'assit sur le lit et lui indiqua une place à ses côtés.
- Alors, Harry, qu'avais-tu à me dire qui ne puisse pas attendre demain soir ? finit-elle par demander visiblement nerveuse.
La jeune femme avait été plus courageuse que lui pour briser ce dérangeant silence.
Il se força à la regarder dans les yeux, il lui devait au moins ça.
- Ginny, je…
Il se racla la gorge en espérant parvenir à donner plus d'assurance à sa voix. Le survivant vit la main de la rousse se détacher un instant des draps mais elle se figea et, quelqu'ait pu être le mouvement qu'elle avait souhaité faire, elle y renonça.
Par égard pour elle, il fallait vraiment qu'il cesse d'hésiter.
- Je tiens beaucoup à toi, ça, ça ne changera jamais, se décida-t-il. Mais pas – plus de la manière dont je m'imaginais que c'était le cas. Je… j'aime quelqu'un d'autre.
Il se refusa à détourner le regard ; pour ne pas lui avoir dit les choses clairement dès qu'il en avait eu l'occasion, il méritait tous les reproches qu'elle pourrait lui faire. Cependant, la cadette des Weasley soupira simplement et fuit ses yeux d'elle-même.
- C'était bien ce qu'il m'avait semblé comprendre. Je te connais bien, tu sais, Harry ?
Un sourire mélancolique s'était formé sur ses traits et lui-même avait mal de savoir qu'il était responsable d'une telle expression sur son visage.
A bien y réfléchir – et lui aussi la connaissait bien finalement – il n'était pas très étonnant qu'elle l'ait deviné. Le gryffondor savait aussi qu'elle resterait forte devant lui, c'était sans doute aussi cette force qui l'avait attiré vers elle.
- Je suis désolé, ne put-il pourtant s'empêcher d'ajouter.
- Je sais. Mais il me faudra sans doute un certain temps pour m'y faire malgré tout.
Et cette fois toute sa tristesse se marquait sur ses traits.
- J'y… j'y croyais, tu sais ? reprit-elle, un léger tremblement dans la voix. J'étais certaine que nous pourrions surmonter cela, que malgré la guerre nous y arriverions.
Elle remit quelques mèches de ses cheveux derrière ses oreilles et releva la tête.
- Je suppose que nous n'étions tout simplement pas destinés à vivre ensemble, finit-elle avec un sourire faussement détaché.
Harry le lui rendit, mal à l'aise.
- Sans doute. Tu sais Ginny, si ma présence au souper de demain te…
- Allons, tu sais parfaitement que tu as ta place dans notre famille. Et ce n'est pas parce que nous ne sommes… plus ensemble, que cela changera.
Quand bien même, et malgré le ton un peu réprobateur que la rousse employait, l'idée de lui imposer sa présence alors qu'elle risquait d'en souffrir lui était plus que dérangeante.
Elle croisa son regard et son expression sembla soudain factice.
- Ne t'inquiète pas pour moi, Harry, tu me connais, je continuerai à avancer. Et tu sais aussi que je n'aimerais pas te voir malheureux par ma faute.
Le sorcier se dit qu'il en était de même pour lui mais que, malheureusement, pour elle, il était déjà trop tard.
- Oui, je sais. Tu es vraiment quelqu'un de formidable.
La dernière des Weasley lui répondit par un vague sourire puis se leva.
Il comprit qu'il était temps qu'il prenne congé. Arrivé au pas de la porte de sa chambre, elle attrapa sa main entre les siennes sans pour autant lui renvoyer le regard surpris qu'il lui lança.
- Elle a beaucoup de chance. La personne que tu aimes à vraiment beaucoup de chance. Et j'espère qu'elle saura te rendre heureuse.
Elle le relâcha.
- Au revoir, Harry, souffla-t-elle en se détournant de lui.
- A bientôt.
Le gryffondor ne suivit qu'un instant ses mouvements de ses yeux avant que la porte de sa chambre ne se referme sur lui.
- Merci, Ginny. Merci pour tout, murmura-t-il si bas qu'il était pratiquement sûr qu'elle ne l'entendrait pas.
Le survivant observa la porte close quelques secondes encore avant de quitter les lieux en saluant distraitement Molly Weasley qui n'avait pu s'empêcher de l'observer d'un air inquiet.
Il utilisa la poudre de cheminette et retourna au château.
Ce jour-là, cependant, à Poudlard, il ne quitta pas sa chambre de la journée.
Leur séparation avait eu beau être sans éclats et colère, Harry ne s'en sentait pas moins coupable envers celle qu'il avait vraiment aimée durant un temps. Il savait qu'il l'avait fait souffrir et, aussi égoïste que pouvait être cette pensée, il espérait qu'il n'aurait jamais à ressentir la douleur qui devait en ce moment habiter Ginny.
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Son malaise fut cependant moins présent qu'il l'aurait cru lorsqu'il se retrouva, le samedi soir, au Terrier. L'ambiance festive de la demeure familiale eut le don d'alléger la tension qui existait entre Harry et la rousse. Elle-même sembla d'ailleurs se laisser porter par l'atmosphère.
La soirée se déroula, pour tous, dans une joie qu'ils n'avaient pas connue depuis longtemps. Bien que, l'absence du vampire n'en resta pas moins un peu décevante aux yeux du jeune sorcier.
Si ce n'était cela, toute la famille Weasley profita de ce dîner avec beaucoup de plaisir et ses deux meilleurs amis ne firent pas exception. Ron, lui-même, alors qu'il leur avait confié sa séparation avec sa petite sœur, était aussi réjoui qu'il pouvait l'être – quelques jours passés au calme avec sa petite amie et les plats de Molly Weasley ne devaient pas y être tout à fait étrangers…
Ainsi donc, le survivant put une nouvelle fois réaliser à quel point ces combats n'avaient pas été inutiles et ce fût ce soir-là qu'il accepta, définitivement, l'idée qu'il ne s'était pas trompé dans ses choix.
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- Vous devriez songer à relier votre réseau de cheminette à celui de Poudlard, déclara-t-il en avançant bon gré mal gré dans la neige épaisse.
Pour un début de soirée, le vent était particulièrement vif et, en dépit de son écharpe et de sa lourde cape, il grelottait de froid. Le maître des potions, bien sûr, n'avait pas ce problème puisqu'il avançait, toujours aussi droit, vers la petite maison maintenant familière.
- J'y penserai, dit l'homme avec une pointe d'agacement dans la voix.
C'était ainsi depuis qu'il était venu le chercher au château. L'atmosphère restait lourde malgré ses efforts.
Rogue semblait à la fois nerveux et impatient, pas franchement ravi non plus. Le gryffondor était même certain, qu'à cet instant même, l'idée de faire marche arrière devait tourner dans son esprit. Mais sa simple présence en ces lieux prouvait qu'il n'allait plus le fuir.
Il ouvrit la porte et céda le passage à son cadet qui se réjouit de la douce chaleur qui se dégageait du feu ouvert. Il laissa tomber sa cape puis son écharpe et se rapprocha de la cheminée, passant distraitement une main dans ses cheveux humides pour en faire disparaître les derniers flocons de neige.
Après être revenu plusieurs fois dans ce salon, il pouvait maintenant dire que, loin d'une ambiance austère, les couleurs sombres du mobilier contrastant avec l'éclat du feu et de l'éclairage donnaient une chaleur certaine à la pièce.
Grisé par l'agréable sensation de sentir les flammes redonner vie à ses membres, Harry observa distraitement son aîné et il fut légèrement surpris par l'intensité du regard fixé sur lui. Il lui adressa un petit sourire. Le simple fait d'être en sa présence le faisait se sentir à sa place.
Rogue se détourna ; il fronça les sourcils.
La situation avait de quoi rendre mal à l'aise, certes, mais le gryffondor aurait pourtant pensé être le plus nerveux des deux.
- Peut-on commencer ? s'entendit-il demander.
L'ancien professeur lui jeta à nouveau un regard puis acquiesça simplement avant de se diriger vers son laboratoire.
Le survivant le suivit des yeux et sentit la légère angoisse qu'il avait refoulée le gagner. Il avait beau s'être fait à l'idée qu'il se préparait à abandonner une partie de lui-même, des craintes bien plus terre à terre ne l'avaient jamais tout à fait quitté. Peur que le vampire perde son contrôle. Peur que la douleur lancinante qu'il avait ressentie à la toute première morsure ne soit à nouveau présente.
Harry secoua la tête dans l'espoir de se vider l'esprit. Il devait penser à autre chose. A l'agréable sensation qui en suivrait, à Severus qui le serrerait contre lui…
Le jeune sorcier ferma les yeux et se concentrait sur ces moments particuliers lorsque la voix du plus âgé le ramena à la réalité.
- Tenez.
L'homme lui faisait face et lui tendait une potion à l'aspect orangé voire cuivré. Il paraissait impassible mais pourtant ses iris rougissants le trahissaient.
Plus que l'excitation de la bête en lui, le survivant espéra que du désir, de l'envie et, peut-être même, quelque chose de plus profond poussaient son aîné à rester devant lui.
Il prit la toute petite fiole – s'étonnant du léger tremblement qui le parcourait – et offrit un sourire un peu crispé à son vis-à-vis.
Non, malgré son appréhension, lui non plus n'allait pas faire marche arrière.
Harry but le breuvage et rendit son contenant à son propriétaire.
Un instant, il eut la sensation de gagner en puissance et en force, ses veines semblant presque irradier d'une nouvelle chaleur puis cela s'estompa et il sourit plus franchement au serpentard. Ce dernier, par contre, semblait encore un peu plus tendu qu'un instant auparavant.
Il hésitait encore, n'est-ce pas ? Et ce, même si ses yeux ne fixaient déjà plus les siens alors qu'il faisait disparaître la fiole vide dans l'une des poches de sa robe. Sa jugulaire, voilà ce dont il ne parvenait plus à détacher le regard. Le plus jeune ne put s'empêcher d'en frissonner – le sentiment d'être une proie devant son chasseur ne s'était toujours pas totalement effacé.
Il n'en avait pas moins décidé d'accepter l'homme dans son entièreté et n'hésita donc que peu à amorcer ce qui devait suivre.
Harry prit l'une de ses mains entre les siennes, inclina légèrement la tête et l'amena jusqu'à la veine de sa gorge. Les doigts froids restèrent quelques secondes à l'endroit où les battements de son cœur se répercutaient à un rythme rapide puis glissèrent d'eux-mêmes, lentement, vers son épaule, se faufilant à peine sous le vêtement, avant de s'y accrocher. Le vampire se rapprocha de son corps et se pencha doucement vers lui, ses lèvres effleurant d'abord la naissance de sa mâchoire avant de descendre vers le lieu que ses phalanges avaient caressé un instant plus tôt.
Les longs cheveux noirs qui effleuraient son visage avaient encore gardé la fraîcheur de l'extérieur, tout comme ses robes et sa peau trop blanche, mais Harry se sentait trop fébrile pour trouver cela désagréable. Le souffle qui effleurait sa nuque était quant à lui tiède et mesuré.
Le vampire posa un léger baiser sur sa carotide puis son bras vint enserrer sa taille et ses canines s'enfoncèrent profondément dans sa chair.
Un gémissement échappa au jeune homme.
Il eut l'impression que son cœur allait exploser tant la douleur fut fulgurante, et l'envie de le repousser de toutes ses forces fût un instant supérieure à tout autre.
Cependant, dès que le maître des potions commença à avaler de longues et profondes gorgées, celle-ci fit place à une sensation étrange puis tout simplement délicieuse. Le gryffondor entendait et sentait son sang lui échapper et ainsi, d'une certaine façon, il avait l'impression de ne plus former qu'un avec la créature. Ses doigts près de sa clavicule, sa pomme d'Adam vibrant à chaque gorgée un peu au-dessus de la sienne, son cœur au rythme puissant, son corps se réchauffant par cet échange… Il avait une conscience aiguë de leur position et de sa présence si forte à ses côtés.
A cet instant, il était persuadé qu'aucune autre sensation ne pouvait équivaloir celle-ci.
Lorsqu'une douce torpeur fût toutefois sur le point de s'emparer totalement de lui, Severus s'arrêta de lui-même et laissa sa langue recueillir les dernières gouttes de liquide carmin sur sa peau.
-… tellement… bon…, l'entendit-il soupirer d'une voix pratiquement inaudible, comme s'il n'avait su retenir son aveu.
L'expression du jeune sorcier se fit un peu plus réjouie qu'elle ne l'était déjà. Il n'avait pas l'esprit très clair mais il ne pouvait nier qu'il avait adoré ça – et cela dépassait de loin son souvenir, et peut-être plus encore de réaliser que le vampire en avait ressenti un effet similaire ; l'idée même qu'il jouait à un jeu dangereux et que cela n'avait rien de « sain » resta cloisonnée dans un recoin éloigné de son esprit.
C'était la première fois qu'il avait réellement une occasion de savourer à ce point le lien pouvant naître entre un vampire et sa proie et, plus loin encore, de goûter au plaisir simple d'être dans les bras de Severus en sachant que cela allait plus loin qu'un unique désir de protection.
Les minutes s'écoulaient et pourtant le plus âgé ne le relâchait pas, sa main était toujours accrochée à sa nuque et l'autre caressait distraitement son épaule. Il avait, semblait-il tout autant que lui, le désir de prolonger l'instant.
Les effets de la morsure s'atténuant, Harry avait ainsi l'occasion d'apprécier différemment la sensation de ses doigts sur sa peau, de ses cheveux effleurant sa joue ou de son corps contre le sien. Il se retenait presque de chercher à accentuer leur contact, il avait envie de…
- Vous désirez plus que cela de moi, n'est-ce pas ? demanda soudain le serpentard au creux de son oreille.
Il se sentit rougir tant parce qu'il avait deviné sa pensée que parce que sa voix avait pris une intonation terriblement séductrice.
Sans attendre sa réponse, la main qui était jusque là restée sur sa nuque se glissa sous les couches de vêtements et frôla le bas de son dos. Harry sentit sa respiration se bloquer au moment où ses lèvres tièdes se posèrent à nouveau sur sa peau pour descendre jusqu'à la naissance de son épaule. Il appréciait la sensation et se rendait à peine compte que ses canines égratignaient par moment sa peau avant que la langue ne passe sur les petites blessures.
Sans qu'il ne sache vraiment comment, le gryffondor se retrouva torse nu, les mains blanches posées de part et d'autre de ses hanches.
Et il sentait toujours ses dents contre sa peau.
Il réagit enfin lorsque ses doigts fins descendirent encore légèrement et qu'il fut persuadé que le vampire allait le mordre uneseconde fois.
- Nous devrions peut-être, tenta-t-il tandis que les phalanges pâles flattaient son nombril, peut-être… en rester là…
Il essaya de se dégager de ses attentions en douceur, voire même avec un certain manque de conviction dans ses gestes.
- Je crois, répondit la créature en raffermissant cependant sa prise sur son corps, que je ne peux plus nier que votre sang à décidément un étrange effet sur mes sens. Laissez-moi… encore un peu…
La voix était charmeuse, envoûtante ; même si quelque chose en lui lui disait de résister, cette voix et ces mains qui caressaient son corps lui arrachaient des frissons de bien-être. Il avait envie de se laisser aller.
Pour le mettre encore un peu plus en confiance, le vampire vint sceller un instant ses lèvres aux siennes. Le goût de son propre sang dans sa bouche le dérangea.
Pourtant, lorsqu'il rencontra une seconde son regard rubis, Harry se sentit véritablement sombrer.
Mais un souvenir ressurgit.
La toute première fois où Rogue s'était jeté sur lui ; ce jour-là, il était certain qu'il avait vraiment perdu le contrôle. Comme à présent, l'homme n'était plus tout à fait lui-même, tandis qu'il avait plongé vers sa gorge et maintenait à nouveau fermement sa nuque.
Alors que ses canines effleuraient une fois de plus ses premières profondes blessures, le gryffondor se sentit soudain gagner par la panique. Ce n'était pas normal ; l'ancien professeur s'était voulu le plus prudent possible jusqu'ici et, à présent, il paraissait simplement suivre son instinct.
Il ne devait pas le laisser faire, c'était la pensée qui venait clairement de s'imposer à lui.
Harry fit un pas en arrière mais toute retraite lui fût interdite par la jambe qui se plaça entre les siennes et la main qui emprisonna sa nuque avec plus de force.
Il commençait à trembler de sentir les canines froides toujours posées contre sa peau et, surtout, d'entendre le souffle rapide contre son oreille. Le survivant avait réellement l'impression de se retrouver à la merci d'une bête affamée. L'image était effrayante lorsqu'il songeait à tous les sentiments qu'il éprouvait pour cet homme mais c'était pourtant ce qu'il ressentait à cet instant précis. Et la culpabilité qui naissait en lui, en comprenant qu'il ne parvenait pas à totalement accepter cette nature, n'était pas suffisante pour étouffer la peur qui le gagnait.
- Lâchez-moi, dit le jeune homme en tentant de garder un peu d'assurance dans sa voix.
Du coin de l'œil, le gryffondor ne put voir qu'un léger rictus se former sur le visage pâle ; il sentit son sang se glacer dans ses veines.
Il essaya de se débattre et il fût certain de voir le sourire prédateur s'accentuer sur les traits du vampire. Sa crainte se transformait en terreur et Harry prenait pleinement conscience de sa vulnérabilité. Il était dans les bras d'une créature infiniment plus forte que lui, sa baguette perdue dans ses robes hors de sa portée et la partie humaine de Rogue semblait définitivement avoir cédé la place à son côté sauvage.
- Lâchez-moi, Rogue. Lâchez-moi immédiatement ! Lâch-
Harry sentit les mots se bloquer dans sa gorge tandis que les dents aiguës plongeaient en lui.
Cette fois, il n'avait plus mal. Non, simplement, il sentait ses forces le quitter terriblement vite, à chaque gorgée de sang tirée impatiemment hors de son corps. Trop vite, le jeune sorcier ne parvint plus à se tenir sur ses jambes et il se sentit glisser à genoux, maintenu par le plus âgé qui l'accompagna au sol.
Les sensations si uniques étaient toujours présentes, il entendait avec une étonnante acuité le crépitement du feu de bois tout comme le vent soufflant à l'extérieur, son corps à moitié nu se fondait contre les robes noires avec langueur et la texture du tissu, de la peau du visage d'albâtre, des cheveux soyeux, lui était douce et agréable.
Mais il se sentait faible. Soumis. Et, si une part de son esprit l'acceptait, une autre se rebellait contre cette morsure supplémentaire qu'il avait refusée – derrière le bien-être se cachait toujours la peur de ne plus pouvoir se libérer de cette étreinte.
Néanmoins, Rogue ralentit petit à petit son rythme et Harry se sentit lentement délivré. Ce n'avait plus rien de commun avec les précédents échanges où les sensations se dissipaient de manières abruptes, comme si la peur latente d'en faire trop était toujours présente. Et le gryffondor eut même la surprise de sentir plus de force dans son corps qu'il ne l'aurait imaginé – la potion, sans aucun doute.
Une fois de plus, son appétit assouvi, l'homme ne bougea pas. Il paraissait plus calme, toutefois.
Harry s'en voulut presque d'avoir paniqué si facilement, même si l'expérience continuait à lui laisser un arrière goût désagréable.
- Ce n'était pas une bonne idée, déclara le maître des potions.
Aucun d'eux ne chercha à changer de position mais le survivant prit la parole à son tour.
- Au contraire, et je suis toujours décidé à rester. Vous ne…
Le plus jeune essayait de trouver un argument suffisant pour appuyer ses mots. Cela était d'autant plus difficile qu'une part de lui refusait obstinément d'avoir à renouveler cette expérience. Mais était-il vraiment de ceux qui abandonnaient leurs objectifs dès qu'un événement se déroulait différemment de ce qu'ils l'auraient espéré ? Non, bien sûr que non.
- Vous ne vous étiez pas… nourri de mon sang depuis longtemps. C'est… compréhensible, j'imagine.
Il y eut un silence inconfortable.
Malgré tout, lorsque l'homme était lui-même… Non. Il ne fallait pas qu'il se voile la face, cette partie là aussi était une facette de son ancien professeur. Mais, aussi vrai qu'il avait vraiment sentit la peur s'insinuer en lui quelques minutes plutôt, il appréciait de sentir ses bras autour de son corps... quand bien même ils auraient été capables de le broyer.
Harry se dit, juste un instant, que sa réaction aurait dû être bien différente, qu'il aurait dû s'indigner de la façon dont il venait d'agir.
Le gryffondor s'écarta un peu pour observer son aîné qui lui rendit son regard.
Pourquoi aurait-il donc cherché à s'éloigner d'un homme aussi beau et attirant ? (Beau ? Etait-ce le terme qu'il aurait dû employer ? Pourquoi cela lui semblait-il soudain si déplacé et réel à la fois ?)
Non, vraiment, ce qu'il venait de se produire n'avait pas tant d'importance que cela.
Le maître des potions fronça un instant les sourcils puis revint à une expression neutre.
- Pouvez-vous vous lever ?
- Oui, je crois, acquiesça son cadet.
Harry essaya de se remettre sur ses jambes mais il vacilla ; le vampire passa un bras autour de sa taille pour l'aider à se mettre debout. Sa main était tiède sur son ventre nu.
Il ne sut s'empêcher de rougir en prenant conscience de sa tenue. Si le serpentard le remarqua, il n'en laissa rien paraître et il l'aida simplement à s'installer dans l'un des fauteuils. Il l'abandonna pour pénétrer dans son laboratoire puis revint en récupérant les vêtements de son invité au passage qu'il posa sur le bras du fauteuil. Rogue ouvrit ensuite le petit pot qu'il avait entre ses mains et appliqua le baume cicatrisant sur les petites morsures présentes dans le cou du jeune homme.
L'ancien professeur faisait tout cela dans le silence, ne relevant pas le regard plus que nécessaire vers Harry. L'atmosphère était assez lourde mais le gryffondor se laissait distraire par les mouvements du plus âgé, ses doigts sur sa peau, ses yeux redevenus aussi noirs qu'il les avait toujours connus. S'il n'avait pas craint de le voir s'éloigner de lui en agissant de la sorte, le survivant se serait volontiers laissé guider par son envie d'effleurer la peau pâle et de glisser ses doigts dans les fins cheveux noirs…
Au bout de longues minutes, le jeune sorcier remarqua finalement que Rogue avait terminé sa tâche et le fixait avec attention.
- Votre regard est différent.
Le serpentard semblait perplexe, comme-ci il cherchait lui-même à définir ce qu'il voulait exprimer dans ces mots. Il secoua finalement la tête en fermant les paupières.
- Je suppose que cela n'est pas très important. Par contre, j'aimerai que vous répondiez à ma question. Est-ce qu'en vous mordant, je vous ai… fait mal ?
Harry se souvint de la douleur lancinante qu'il avait ressentie au premier instant et ne retint que très difficilement une grimace.
- Un peu, avoua-t-il.
Rogue ne laissa apparaître aucune réaction face à cet aveu et continua.
- Et comment vous sentez-vous, à présent ?
- Mmh… Un peu faible mais j'ai l'esprit clair.
Enfin, aussi clair qu'il pouvait être après deux morsures de vampire successives, songea-t-il.
- La potion est donc tout aussi efficace que je l'avais prévue, murmura l'homme pour lui-même.
L'ancien professeur se redressa et agita sa baguette pour faire venir à eux un plateau où l'attendait déjà un repas.
- Je préfère éviter d'amputer le monde sorcier de son héros alors mangez ceci, déclara-t-il, avec un peu de dédain, en le lui posant sur les genoux après lui avoir donné le temps de se rhabiller.
Harry sentait que, malgré toutes les préparations du plus vieux, il n'était toujours pas satisfait et restait encore sur la défensive. Mais que pouvait-il faire de plus pour apporter de la « normalité » à cette situation ? Rien, sans doute. Il faudrait simplement encore un peu de temps pour que Severus Rogue accepte cet étrange marché.
Il préféra garder pour lui ses questions dont il craignait un peu les réponses, sur leurs futures rencontres, sur le fait que la douleur serait constamment présentes ou non, ou, même, s'il aurait toujours besoin d'une telle quantité de sang pour se rassasier. Il mangea simplement, appréciant le regard qu'il sentait fixer sur lui sans en être gêné. Finalement, il se sentait tout simplement bien.
- Il vous reste une semaine avant que les cours ne reprennent à Poudlard, n'est-ce pas ?
Harry sourit légèrement à l'idée que l'homme avait été le premier à entamer la conversation, et qu'il avait apparemment décidé de rester dans son fauteuil au lieu d'aller s'enfermer dans son laboratoire.
- Oui, et nous serons intégrés à la septième année en cours, répondit-il après avoir avalé la dernière bouchée de son repas puis en revoyant d'un sort le plateau sur la table au fond de la pièce.
Le gryffondor releva les yeux vers son vis-à-vis qui l'observait d'un air pensif. Il ne savait combien de fois il se l'était répété mais, décidément, il aimait ces yeux noirs.
- Et vous avez, je suppose, l'intention de revenir ici le plus souvent qu'il vous le sera permis, n'est-ce pas ? continua Rogue sans paraître se réjouir à outre mesure à cette idée.
- Eh bien, aussi souvent que vous l'accepterez, acquiesça-t-il avec un peu plus de prudence.
- Je vois. Je risque très certainement de regretter ce que je vais vous proposer mais je ne vois guère plus approprié pour convaincre Minerva de vous laisser venir me voir.
Le maître des potions soupira. Qu'il n'appréciait pas cette idée était visiblement plus qu'un euphémisme. Et Harry commençait à croire que lui, au contraire, aimerait beaucoup la proposition qu'il allait lui faire.
- Si cela vous convient, je vous servirai donc de professeur particulier durant le mois à venir. En vous aidant à rattraper votre retard dans certaines matières, il sera au moins certain que ces rencontres ne seront pas totalement une perte de temps.
Peut-être pas tant que cela, finalement. Que cet homme redevienne son professeur pendant un temps n'aurait certainement pas été la première chose qu'il aurait espéré. Même si leurs relations s'amélioraient, le souvenir des classes de potions avec « le bâtard graisseux » était loin de s'être effacé de sa mémoire. Et la façon dont il justifiait cette offre ne lui plaisait pas vraiment non plus. C'était pour apprendre à mieux le connaître – et accessoirement lui servir de pseudo-calice – que le survivant recherchait sa compagnie et non pour ses… qualités (quoiqu'il ne pouvait pas nier qu'il connaissait parfaitement les sujets qu'il enseignait) d'enseignant.
- Ne vous sentez pas oblig-
Rogue se renfrogna avant qu'il n'ait achevé sa phrase, son regard s'assombrissant légèrement.
- Si vous avez une façon plus plausible de faire passer la chose devant la communauté sorcière, je vous en prie, je vous écoute, Monsieur Potter. Je doute fort que cet « échange » que vous m'avez proposé soit du goût de vos pairs. Quand bien même vous êtes majeur, et ma situation restant assez… particulière, je doute que même votre cher Lupin ne cautionne un tel acte. Vous ne restez, après tout, qu'un jeune sorcier trop naïf sous le joug d'un vampire n'ayant pas moins de deux fois votre âge, termina-t-il dans un grognement irrité.
Son ton s'était fait assez froid et coupant mais Rogue ne venait pas moins de soulever là un aspect de la chose qui, jusque là, ne lui était pas apparu si clairement.
Le gryffondor baissa les yeux qui étaient restés sur le visage sombre de son aîné. Il n'avait pas eu l'intention, dans l'immédiat, de révéler ses arrangements à d'autres que Ron et Hermione mais il se demandait à présent, avec un peu plus de sérieux, ce qu'il se produirait si la directrice l'apprenait. N'avait-elle pas déjà donné une certaine liberté à Rogue alors qu'il aurait dû rester quelques temps encore sous surveillance ? Et si le monde sorcier… ou même simplement le ministère était mis au courant, est-ce que... ?
- Scrimgeour n'aurait pas le droit de tenter quelque chose contre vous, n'est-ce pas ?
L'ex-mangemort lui répondit dans un rictus sarcastique.
- Et de quel droit pourrait-on empêcher le ministre de la magie de défendre les intérêts de Celui-qui-a-survécu face à la bête que je suis ? Allons, réveillez-vous, Potter, continua-t-il devant le jeune sorcier qui pâlissait à vue d'œil, je vous l'ai plus d'une fois répété, je suis un vampire, la considération à laquelle j'ai droit est à peine plus élevée que celle accordée à un moldu ! Alors, quels scrupules pensez-vous que ces hommes et ces femmes auront à « protéger » leur héros contre moi ?
Le serpentard paraissait de plus en plus en colère, révélant par ses mots qu'il était loin d'y songer pour la première fois.
- S'ils devaient le découvrir, je leur expliquerai, affirma Harry avec toute la détermination dont il était capable.
Loin de rassurer l'homme qui lui faisait face, celui-ci ricana.
- Vous n'êtes qu'un enfant. Peu importe vos exploits, vous ne serez pas jugé autrement.
- Je ne suis pas un e-
- Si, vous l'êtes, le coupa-t-il une nouvelle fois. Vous avez agi sur un caprice, sans même songer aux conséquences.
La paix qu'il avait ressentie quelques instants plutôt encore s'était totalement dissipée, Ses mots le rendait furieux. Peut-être, effectivement, n'avait-il pas songé suffisamment à cette partie du problème mais il n'avait certainement pas agi sans réfléchir, et certainement pas pour un désir futile.
- C'est faux. Je savais très bien à quoi je m'engageais, reprit Harry en maîtrisant encore sa voix mais sans parvenir à s'empêcher de serrer les dents.
Rogue plissa les yeux puis lui lança un regard dédaigneux.
- Vraiment ? Alors, dîtes-moi, Potter, pensez-vous avoir prévu de réagir de cette façon lorsque je vous ai forcé à me laisser boire une seconde fois votre sang ? Est-ce dans votre nature de justifier mes actes les plus brutaux par de vagues excuses ? Je vous ai observé et cela est très clair à présent : depuis que je vous ai mordu ce soir, j'ai acquis un puissant ascendant sur vous. Et je sais parfaitement que vous n'êtes pas du genre à accepter une telle domination de votre plein gré. Osez maintenant, Monsieur Potter, osez donc ne serait-ce qu'une fois m'affirmer que vous aviez conscience de vos actes !
- J'ai toujours su à quoi je m'exposais ! explosa violemment le gryffondor en se levant sans plus vaciller. Mais je l'ai fait pour VOUS ! Même si je devais perdre certaines facultés à agir objectivement, je savais parfaitement que vous en aviez besoin… !
Il vit la colère qui s'était peinte sur les traits de Rogue s'évanouir et il se rendit soudain compte de son aveu. Cette fois, il lui avait sans doute donné l'un des meilleurs arguments pour qu'il le rejette pour de bon. Se sacrifier pour lui. Lui mettre sur les épaules une nouvelle dette, en quelque sorte. C'était très certainement la façon la plus sûre d'obtenir son mépris.
Harry baissa la tête et se réinstalla dans le fauteuil, remontant ses genoux contre son torse et les entourant de ses bras.
- Je l'ai fait pour moi, aussi. Parce que je voulais vous voir aller mieux, parce que je n'avais pas envie que vous disparaissiez. Parce que, aussi insensé que vous paraît cette pensée, je vous aime.
Il laissa son front reposer contre ses bras attendant, la mort dans l'âme, que le maître des potions quitte les lieux ou le chasse de rage.
De longues minutes s'étaient écoulées et, pourtant, le plus âgé n'avait entamé aucun geste de départ. Néanmoins, le jeune sorcier ne put se décider à relever la tête avant que Rogue n'ouvre enfin la bouche.
- Vous n'auriez pas dû.
Le visage était froid, bien que toujours sublimé par sa nature vampirique, et il ne pouvait, comme trop souvent, y lire aucune de ses émotions. Le survivant aurait, cependant, à cet instant, tout donné pour connaître les pensées qu'il masquait.
- Pour que les choses soient claires, reprit le serpentard d'un ton toujours aussi neutre, je vais mettre les choses au point une fois pour toutes. Je serai votre professeur et boirai votre sang durant un mois, vous viendrez me voir aussi souvent que vous le désirerez ou que l'on vous le permettra. Si vous tenez à ce que nous discutions ou à dormir à mes côtés, je vous l'accorderai. Mais, dans un mois à dater du jour où vous l'avez demandé, notre accord prendra fin. Et je partirai.
A suivre…
Ah ! C'est tellement bien de terminer un chapitre de cette façon XD
En tous cas, je trouve certains passages de ce chapitre très moyens... (Je ne suis vraiment pas certaine d'avoir bien géré la séparation entre Harry et Ginny pour quelle ne soit pas trop dure mais pas trop légère non plus... :'S)
Mais j'espère que ça vous a plu malgré tout :°)
Comme toujours j'attends vos avis !
Ps : Merci pour toutes les reviews que vous m'avez laissées sur "Anciennes blessures" j'y répondrai dans peu de temps, promis !
Et bonnes fêtes à tous !
