Disclaimer : les personnages apparaissant dans cette fic sont l'entière propriété de JK Rowling
Note : post tome 6
Salut :D
Merci beaucoup pour vos reviews, ça me soulage un peu de savoir que quelques personnes continuent encore à me suivre malgré ma longue absence (malgré que je ne m'étonne pas d'avoir perdu nombre de mes lecteurs :'/)
En revenant publier sur ce site, j'ai découvert un truc génial, le "Reader Traffic" ! Ca nous donne à nous, auteurs, l'occasion de connaître la provenance des visiteurs sur nos fics/chapitres, et j'avoue que j'ai été étonnée de me rendre compte de la diversité des origines o.O
Rien que sur le chapitre précédent j'ai eu droit à pas moins de douze pays différents wOw
Dans l'ordre du plus grand nombre de visiteurs (et non visites) : la France, le Canada, la Belgique (Ô Mère Patrie... XD), la Suisse, l'Italie, les USA, l'Espagne et la Réunion + des pays d'où ne proviennent qu'un seul visiteur (et j'aimerai beaucoup que ceux-ci se manifestent :p) comme la Martinique, la Guadeloupe, la Russie et le Japon (O.O) !
Arf, ok, j'arrête mon blabla inutile (mais j'aimerais beaucoup savoir d'où vous venez chers lecteurs qui osaient si généreusement me laisser des reviews :3), et je vous laisse lire le nouveau chapitre :')
Bonne lecture !
« Sacrifices et sacrifiés »
Chapitre 17 : Contrecoups
-…rry ! Harry ! Réveille-toi, vieux, on va être en retard au cours de Chourave !
Le brun se retourna dans son lit en grognant. La voix de Ron avait-elle toujours été aussi insupportable toutes ces fois où il avait dû le tirer du lit ? Sans doute, mais pour une fois il avait tout simplement décidé de l'ignorer ; il voulait encore dormir un peu.
Il se rappelait s'être réveillé en sueur et le cœur battant de peur en plein milieu de la nuit – preuve que ses cauchemars n'avaient pas encore tout à fait décidé de l'abandonner. Et il se sentait épuisé.
- Harry ! reprit la voix du roux alors que la lumière l'atteint au visage au moment où Ron commençait à s'impatienter et tirait son rideau.
- Ron… Va au déjeuner sans moi, je vais dormir encore un peu, grommela-t-il.
- Le déjeuner est déjà passé. Et on va être en retard ! Je n'ose pas imaginer la réaction d'Hermione si les gryffondors perdent déjà des points dès le troisième jour de cours par notre faute. Alors… lève-toi !
Des fois, il regrettait sérieusement que ses amis aient décidés de se mettre ensemble. Hermione pouvait vraiment avoir une mauvaise influence…
Harry sentit sa couverture lui échapper et se força à ouvrir les yeux avec l'envie de lancer un mauvais sort à l'inconscient qui avait osé le priver de la moitié de la chaleur de son lit.
Qu'avait-il dit déjà ? Ah oui, le déjeuner était passé et…
Le survivant se redressa d'un coup et il lui fallut quelques secondes avant que le monde arrête de tourner autour de lui.
- Dépêche-toi ! J'ai pris ton sac et je t'attends en bas, le pressa son meilleur ami.
Il n'avait de toute évidence pas envie de se retrouver à gérer leur chère Hermione s'ils arrivaient vraiment en retard, sinon Ron n'aurait sans doute pas l'air si pressé, et un peu en colère aussi.
Autant pour lui. Harry, malgré un bon mal de crâne, se sentait d'humeur généreuse et allait éviter que la brune ait des raisons de leur en vouloir.
- Ok, j'arrive tout de suite, répondit finalement le jeune homme en mettant ses lunettes sur son nez.
Ron acquiesça avec un certain soulagement puis quitta le dortoir en refermant la porte derrière lui.
Le survivant se prépara rapidement – enfin aussi rapidement qu'il le pouvait avec le vertige permanent qui semblait avoir décidé d'occuper son corps.
Ils couraient tous les deux vers les serres lorsque Ron se décida finalement à lui faire la remarque qui – il en était presque certain – devait trotter dans son cerveau depuis un moment.
- Franchement, commença-t-il malgré la course, si tu n'étais pas resté jusqu'à des heures impossibles avec lui, ce genre de plan ne nous arriverait pas.
Harry leva les yeux au ciel mais ne répondit rien. Il pouvait bien lui reprocher tout ce qu'il voulait, il avait parfaitement vu que son lit était vide la nuit dernière – Ron devait encore être sorti en douce avec Hermione, sans aucun doute. Et le roux n'avait visiblement pas remarqué que lui était déjà là lorsqu'il avait enfin décidé d'aller se coucher. Leur course lui demandait cependant bien trop d'énergie pour qu'il choisisse de relever la remarque.
Dès qu'ils pénétrèrent dans la serre, la porte se referma derrière eux et Chourave posait sur eux un regard désapprobateur.
- Monsieur Potter, Monsieur Weasley. Asseyez-vous, vous arrivez juste à temps.
Ce qui – il l'avait bien compris – signifiait qu'une minute de plus et elle n'aurait pas hésité à leur retirer des points.
Ils se dirigèrent tous deux vers Hermione qui leur jeta un regard exaspéré avant d'écouter studieusement le professeur de botanique qui entamait son cours.
Bien qu'il avait encore un peu de mal à récupérer son souffle, et qu'il avait l'impression qu'un marteau-piqueur s'était logé dans sa tête, Harry suivit son exemple en silence.
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- Harry ?
- Hmm ?
Ils quittaient tous les trois les serres et Hermione l'observait en fronçant les sourcils.
- Tu vas bien ? Tu m'as l'air plus pâle que d'habitude.
- Ne t'inquiète pas. Juste un peu mal à la tête.
Elle s'approcha un peu plus, ne semblant pas vraiment convaincue.
- Tout s'est bien passé hier soir ?
Certes, il s'était attendu à la question mais, puisqu'il n'avait pas encore pris le temps de penser à la manière dont s'était passé la veille, il ne savait pas tout à fait comment lui répondre. Et puis, malgré son silence, Ron semblait tout aussi attentif que la jeune femme à ce qu'il allait dire.
- Eh bien, en fait… Quand je suis arrivé, Remus était déjà là. Il nous a quittés assez vite mais le reste de la soirée a été assez tendu… En fin de compte, je suis rentré assez tôt au château.
Le roux eut un rictus agacé, comme ci il avait d'ore et déjà décidé que « tendu » était plus qu'un euphémisme, et Hermione lui jeta un regard compatissant.
- Assez tôt d'ailleurs pour voir que Ron n'était pas encore de retour dans notre dortoir, ajouta-t-il avec un sourire entendu parce qu'il était légèrement contrarié par le rictus du rouquin.
Ses deux amis prirent une jolie teinte rosée et Harry étouffa un ricanement.
- Et quelle potion avez-vous commencé à étudier ? demanda soudain Hermione avec son habituelle regard intéressé, comme quant elle avait une chance d'approfondir ses connaissances.
Evidemment, il était aussi clair qu'elle cherchait à diriger la conversation dans un autre sens.
- La potion de régénération sanguine, marmonna-t-il.
Le souvenir de ce premier 'cours' lui était assez désagréable. Il se rappela soudain la manière dont il avait tout abandonné et se demanda s'il avait même songé à atteindre le feu sous le chaudron… mais Rogue devait très certainement l'avoir fait avant de le rejoindre.
- C'est une potion difficile mais assez appropriée, déclara la brune en s'arrêtant.
Ron lui lança un regard désespéré. Lorsque la préfète prenait ce ton, ils pouvaient être certains qu'elle était partie pour développer le sujet durant de longues minutes.
- Saviez-vous que les huit dixièmes de ses ingrédients sont utilisés dans la plupart des potions au programme de la septième ? Par exemple, la…
Harry l'écoutait d'une oreille distraite. Il avait dit au maître des potions qu'il en apprendrait un peu plus sur cette décoction pour leur prochaine leçon mais il n'avait pas eu la force d'ouvrir ses livres lorsqu'il était revenu à son dortoir. Et si son mal de tête était encore aussi persistant après le souper, il se demandait vraiment comment il allait faire pour se concentrer sur ces bouquins.
- …mione, tu sais que le cours de Binns est sur le point de commencer ?
- Oh. Bien sûr, dépêchons-nous, s'excusa-t-elle en reprenant sa marche. Mais j'ai tellement hâte d'avoir notre prochain cours de potions ! Chaque matière est vraiment beaucoup plus intéressante cette année. D'ailleurs…
- Tu ne peux pas savoir à quel point je suis soulagé d'avoir raté les cinq premiers mois de cours, lui souffla Ron. Et je ne pourrai jamais comprendre comment elle peut être aussi enthousiaste pour ce genre de matière.
- Je vois très bien ce que tu veux dire, soupira-t-il.
Après tout, ils allaient avoir leur premier cours d'histoire de la magie et Hermione leur citait déjà les points qu'elle espérait voir aborder… des fois il se demandait vraiment comment elle parvenait à se passionner pour tant de choses.
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- T'as l'air d'un zombie.
- Hn.
- C'est vrai que tu m'as l'air vraiment fatigué aujourd'hui. Tu es sûr que ça va ? Tu ne veux pas aller à l'infirmerie ?
Harry avait la tête qui tournait et aurait très bien pu s'arrêter en plein milieu du couloir pour faire un somme. Mais il avait faim aussi et il lui semblait bien plus sensé de mettre un pied devant l'autre pour se rendre à la grande salle.
- Pourtant, après les deux heures d'histoire de la magie, je pensais que t'aurais récupéré.
Parce que, oui, dès qu'il s'était assis sur son siège, l'ancien attrapeur n'était pas parvenu à lutter plus de quelques minutes contre le sommeil.
Hermione avait levé les yeux au ciel.
- Si c'est pour dormir en cours, autant qu'il aille voir directement Madame Pomfresh.
- T'as une de ces têtes, se moqua un peu son meilleur ami. On pourrait presque croire que Rogue t'a vampirisé.
Il releva soudain la tête sans pouvoir s'en empêcher. Grave erreur. La brune le fixait en fronçant les sourcils.
- Ca… ça va aller. Je n'ai pas envie de déjà devoir aller à l'infirmerie. Ca va passer, il faut juste que je mange un peu j'imagine.
Hermione le regarda d'un air peu convaincu mais acquiesça.
- C'est vrai qu'on ne t'a pas vu au déjeuner ce matin…
Quelque chose sembla soudain lui revenir en mémoire.
- Et tu n'as pratiquement rien mangé non plus au souper d'hier !
Elle lança un regard de reproche à son petit ami. Oui, ils avaient rapidement quitté la grande salle pour essayer de le calmer.
- Quoi ? demanda le roux avant de rouler les yeux. Bon, ok, désolé. Ca te va ?
- Pas la peine, lui assura Harry, je ne vais pas tomber malade parce que j'ai manqué deux repas, insista-t-il comme ci il n'y avait pas idée plus absurde.
- Bah, on ne sait jamais.
Ron avait marmonné avec un petit air coupable. Il était difficile d'oublier toute l'importance qu'il accordait à pouvoir manger à sa faim lorsqu'il en avait besoin.
- Bon, alors raison de plus pour se dépêcher d'aller dîner, on doit être en forme pour l'entraînement de ce soir ! se reprit rapidement l'ancien gardien.
Harry lui accorda un sourire tout aussi enthousiaste que le sien et ils entrèrent tous les trois dans la grands salle. Il entendit néanmoins derrière lui la brune soupirer.
- Si seulement ils pouvaient être aussi motivés pour les cours…
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Il avait froid.
Certes, ils se trouvaient en hiver, sur le terrain de quidditch. Mais la fin d'après-midi était douce avec les rayons du soleil encore chauds qui inondaient l'herbe. Et il était chaudement habillé aussi.
Pourtant, il ne pouvait pas s'empêcher de trembler, et il avait toujours aussi mal à la tête.
Ca ne faisait que vingt minutes qu'ils coachaient leur équipe. Ron n'apprécierait certainement pas s'il lui déclarait qu'il l'abandonnait déjà.
En plus, il avait une assez bonne idée de la raison qui le faisait se sentir si mal. Hermione avait eu raison, il n'avait pas mangé assez mais, surtout, malgré cela, Rogue avait consommé autant de son sang que d'habitude – si ce n'était plus. Bien entendu, il n'avait pas eu assez de temps pour récupérer.
Voilà qu'il s'apprêtait déjà à faire faux bond à son meilleur ami alors qu'il avait dit que ça ne lui arriverait pas.
Harry s'assit sur les gradins pour observer leur équipe. Il y avait des joueurs doués, comme Ginny - à qui il avait eu du mal d'adresser plus que quelques mots depuis le début de l'entraînement. Mais leur attrapeur ne semblait pas très à l'aise à sa place et leur gardien manquait d'entraînement. C'était entre-autre pourquoi ils avaient pu battre Poufsouffle mais n'avait obtenu qu'une égalité contre Serdaigle. Ils n'étaient donc pas vraiment prêts à affronter Serpentard en avril…
Il ferma les yeux tout en frottant vigoureusement ses bras avec ses mains. Il ne se sentait vraiment pas bien, et il s'était promis de ne plus jamais oublier un dîner avant de se rendre chez Rogue.
- …ry, Harry !
Il ouvrit les yeux pour voir Ron debout en face de lui.
- Rentre au dortoir.
- Pardon ?
- On a fait le tour de l'équipe et je crois que je pourrai me débrouiller pour ce soir. Mais si tu restes plus longtemps ici, je crois que je vais devoir moi-même te conduire à l'infirmerie.
- Mais qu'est-ce que tu racontes ? Je vais très bien, assura-t-il en se levant.
Il vacilla et le roux le rattrapa par l'épaule.
- Effectivement, tu vas très bien. A part que tu ne tiens plus sur tes jambes et que tu as les lèvres aussi bleus que si t'étais un fantôme, tu es en pleine forme, ricana-t-il. Allez, j'suis sérieux, finit-il d'un ton inquiet. T'as vraiment besoin de te reposer.
L'insistance qu'il voyait dans les yeux bleus finit par le convaincre.
- Ok. Désolé de te laisser.
- T'inquiète, on aura encore bien le temps de les mettre au point d'ici avril. Et pour l'instant, j'aimerais éviter d'arriver pratiquement en retard à chacun de nos cours du matin ou sinon Hermione va finir par nous tuer, fit-il dans une grimace. Alors va te coucher, je viendrai te chercher pour le souper.
Le survivant lui accorda un sourire désolé et se dirigea lentement vers son dortoir. Il traversa la salle commune des gryffondors, se sentant assez vaseux, et s'effondra sur son lit. Quelques secondes plus tard, il dormait.
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Ron, comme promis, était venu le chercher pour le souper et le brun avait encore eu du mal à émerger. Il avait pris une longue douche avant de les rejoindre parce qu'il s'était réveillé en sueur, comme-ci son sommeil avait été peuplé de cauchemars. Il ne se rappelait cependant absolument pas du genre de rêve qu'il avait pu faire.
Et maintenant, il était de retour dans le dortoir.
Harry avait assuré ses amis qu'il se sentait mieux mais qu'il avait besoin d'encore un peu de sommeil et, dès qu'il avait eu fini ses devoirs, il était remonté dans son lit.
Les deux livres de potions étaient ouverts sur ses genoux et il avait pratiquement fini le dernier chapitre. Et il pouvait dire que cela avait été laborieux car, contrairement à ce qu'il leur avait dit, le survivant ne se sentait pas du tout mieux. Il avait très certainement bâclé la moitié de ses devoirs et il consacrait ses dernières forces à cette satanée potion.
La dernière phrase lue et assimilée – du moins, autant qu'il pouvait le faire dans son état, le gryffondor referma ses livres dans un soupir.
Tout ça à cause de cette foutue morsure (et un peu par la faute de son étourderie aussi…).
S'il parvenait à retenir Rogue avant la date de son départ, il devrait peut-être passer sa vie entière à nourrir le vampire, et il ne savait pas s'il se sentait prêt à ça. Malgré ce qu'il lui avait dit un jour, qu'il acceptait cet acte car boire du sang était aussi vital pour le maître des potions que pour lui manger de la nourriture – et il en avait une belle preuve aujourd'hui, la situation commençait déjà à lui peser.
Mais que pouvait-il faire pour y échapper ? Devenir un vampire à son tour ? Il aimait trop la lumière du jour, et sa vie actuelle, pour même y songer. Etre son calice alors ? Il l'était déjà, en quelque sorte, mais Harry savait parfaitement que s'il le devenait vraiment il perdrait une trop grande partie de lui-même et serait définitivement soumis au plus âgé. Beaucoup plus encore que lors des morsures occasionnelles qui avaient eu lieu avant qu'il ne prenne une quelconque potion. Les avantages, comme l'absence de souffrance ou de malaise à la morsure, n'étaient pas suffisants pour en contrebalancer tous les inconvénients.
Non, tout ce qu'il pouvait faire c'était s'y habituer. Tolérer cette douleur lorsque les dents s'enfonçaient dans sa chair, et surtout ne plus oublier un repas parce qu'il avait compris que cela accentuait la souffrance. Tenter de garder enfermé dans un coin de son esprit que le vampire était une créature dangereuse et qu'il était complètement sans défense lorsque ses canines étaient en lui. S'il l'aimait autant qu'il le pensait, il allait bien être capable d'y arriver. Il n'y avait de toute façon pas d'autre alternative acceptable.
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- Je continue à dire qu'il aurait dû aller à l'infirmerie.
- Tu pourras pas le forcer, tu sais.
- Eh bien, j'aurais dû essayer !
- Je suis toujours là et je vous entends, vous savez ? marmonna Harry en essayant d'échapper au brouillard qui l'entourait.
- Alors, écoute-nous et va voir Madame Pomfresh ! s'exclama Hermione. Tu as de la fièvre ! Tu n'es pas en état d'aller…
Elle baissa d'un ton et jeta un rapide coup d'œil autour d'elle et, comme personne ne leur prêtait attention dans la salle commune, elle continua.
- Tu n'es pas en état d'aller le voir.
- Sur ce point, je suis d'accord avec Hermione, ajouta Ron.
- Comme tu l'as si bien dit, ce n'est qu'une petite fièvre. J'ai déjà eu bien pire que ça, et je ne vais pas courir à l'infirmerie pour le moindre mal, cassa Harry d'un ton ferme.
Il vit l'inquiétude passer dans les yeux chocolat et il s'en voulut pour sa brusquerie. A ses côtés, Ron l'observait avec mécontentement.
- Désolé, je sais que vous vous inquiétez mais ce n'est vraiment rien. Et puis, Rogue est un maître des potions, il n'y a pas mieux que lui pour me donner de quoi aller mieux, mit-il en avant.
La brune sembla étudier son argument et puis hocha finalement la tête en signe de défaite.
- A condition bien sûr qu'il ne t'empoisonne pas à la place.
- Ron ! s'indigna-t-elle en lui frappant l'arrière de la tête.
- Eh ! Je ne faisais que plaisanter ! C'était une blague, juste une blague !
Harry sourit en essayant de suivre tant bien que mal la nouvelle conversation de ses amis. Il avait passé toute la journée du jeudi à se concentrer sur ses cours mais sa fièvre avait augmenté au fur et à mesure et, si ce n'était pour les repas, dès la fin des cours, il avait passé son temps dans son lit. Toutefois, bien qu'il en avait émis l'idée, il n'avait pas l'intention de demander quoi que ce soit à Rogue. Ce n'était qu'une petite fièvre et, en quelques jours, ça passerait. Il n'était pas toujours nécessaire de recourir à la magie et il n'était pas contre les méthodes moldues, surtout quant ça pouvait lui éviter de passer pour un imbécile incapable d'écouter le moindre conseil.
Et puis, il avait une potion à faire ce soir ; il n'allait pas laisser un stupide coup de froid l'empêcher de montrer qu'il n'était pas aussi incompétent en potions que son ancien professeur le prétendait.
Lorsqu'il les quitta enfin pour rejoindre la demeure de Rogue, le gryffondor ne se sentait pas vraiment mieux mais il était déterminé. Il était aussi impatient de voir le plus âgé. Peu importait comment s'était déroulée leur dernière rencontre, l'homme lui avait manqué, il avait envie d'entendre sa voix, de sentir sa présence autour de lui.
Au moment où il arriva chez Rogue, il s'étendit lamentablement au sol parce qu'il n'avait pas eu le réflexe de se retenir à la cheminée. Il grogna et se leva rapidement tout en vacillant encore dangereusement. Le maître des potions n'avait pas pu manquer son arrivée en fanfare – malgré toutes ses prières pour que ce soit le cas.
Etonnement, Merlin avait semblé être à l'écoute ce soir-là car le salon était vide.
- Monsieur Potter ? Venez me rejoindre dans le laboratoire, nous allons commencer la potion dans un instant.
La voix de Rogue lui était effectivement parvenue de la petite pièce en question et son ton avait été assez neutre. Harry prit une profonde inspiration avant de se concentrer pour paraître le plus naturel qu'il le pouvait tout comme pour garder l'esprit aussi clair que possible.
Il pénétra dans le laboratoire et observa le profil de l'homme, heureux d'être à nouveau en sa présence malgré sa nervosité et la difficulté qu'il éprouvait à ignorer son état. Lorsqu'il le vit se tourner vers lui, Harry évita son regard. Et, en dépit du fait que le serpentard ne faisait plus un mouvement, il garda le regard fixé sur le plan de travail feignant de ne pas sentir les yeux qui ne le quittaient pas tout en examinant les ingrédients.
- Très bien, Monsieur Potter, je vous laisse vous mettre au travail, déclara finalement Rogue après ce trop long silence.
Harry acquiesça sans chercher à voir l'expression du plus âgé et s'attela à la tâche.
Il remarqua seulement après avoir travaillé quelques minutes que la pièce paraissait légèrement différente par rapport à la dernière fois où il l'avait vue. C'était quelque chose avec les murs, le plan de travail et… Il ne savait pas vraiment en fait mais ça lui donnait une drôle d'impression…
Il manqua de s'écorcher le doigt en réduisant une racine en fines lamelles parce que son regard s'attarda plus que nécessaire sur ces détails. Harry essaya de se concentrer à nouveau sur sa tâche. Sa fièvre le rendait déjà plus maladroit, il n'avait pas besoin d'en plus laisser son esprit dériver si facilement.
Le jeune sorcier travailla longtemps de cette façon, essayant de ne pas commettre d'erreur en se référant aussi souvent que possible à ses notes et ses livres, se forçant à mettre plus d'assurance dans ses gestes lorsqu'il sentait qu'il perdait un peu prise et, étonnamment, en ne récoltant pas une seule remarque de Rogue.
Ce n'est que lorsqu'il eut accompli la dernière opération, le feu éteint, qu'il osa lever ses yeux vers le vampire.
Son visage était indéchiffrable. Il n'aurait pas su dire s'il était satisfait ou non, il se contentait simplement de le fixer de ses iris profondément noirs. Harry baissa les yeux, un peu mal à l'aise. Les choses ne semblaient jamais pouvoir être claires entre eux.
Revenant à sa potion, le gryffondor l'observa d'un œil critique. Elle était trop foncée, il le savait, mais elle semblait néanmoins passable. Son effet serait sans aucun doute plus lent et moins efficace mais elle n'empoisonnerait personne, au moins ce n'était pas un échec aussi cuisant qu'il avait pu en connaître. Et il pouvait dire qu'il en était soulagé, il y avait mis toute son énergie – d'ailleurs, il avait déjà hâte de retrouver son lit – et était satisfait de ne pas y avoir totalement perdu son temps.
- Bien, au moins cette fois vous n'avez pas fait exploser votre chaudron, s'éleva soudain la voix du serpentard à ses côtés. Il y a mieux mais c'est tolérable.
Harry avait tressailli lorsqu'il s'était rendu compte que l'homme en sombres robes parlait au-dessus de son épaule. Il n'avait tout simplement pas pris conscience qu'il s'était déjà déplacé à ses côtés. Et, si cela était possible, il avait eu l'impression que son corps avait encore pris quelques degrés – malgré la fièvre – lorsque son souffle avait effleuré sa tempe. Il dût même se retenir solidement au plan de travail pour supporter le nouveau vertige que cela entraîna.
Avoir Rogue si proche de lui n'arrangeait visiblement pas les choses car il se sentait encore plus désorienté qu'il ne l'aurait cru possible.
Il fallait qu'il retourne dans son lit, à Poudlard, avant de se laisser tenter par le simple fait de se reposer contre la poitrine de l'homme à quelques centimètres de lui et de ne plus s'en détacher.
- Je ferai mieux la prochaine fois, répondit finalement le plus jeune d'un ton distrait.
Cependant, avant qu'il ne lui propose de le laisser pour la soirée, Harry se rendit compte qu'il ne pouvait tout simplement pas dire une telle chose avant de…
- Voulez-vous… boire maintenant ?
Il entendit un profond soupir dans son dos.
- Potter, croyez-vous vraiment que je sois assez stupide pour ne pas avoir remarqué votre état ?
Le ton sonnait fatigué ; il était inutile de nier.
- Ce n'est rien d'autre qu'une légère fièvre, et j'irai voir madame Pomfresh dès que je serai de retour au château. Alors vous…
- Si vous comptiez réellement aller voir Poppy, vous l'auriez déjà fait. Maintenant, certes, votre condition n'est pas si dramatique puisque vous avez su arriver au bout de cette potion, toutefois je ne vous laisserai certainement pas quitter cette demeure dans un tel état.
Même si sa voix était calme, il pouvait sentir une légère colère dans son ton.
Malheureusement, loin de s'en sentir réconforté, Harry fût blessé par la note péremptoire qui y était présente. Il était parfaitement capable de prendre soin de lui-même et il n'appréciait pas l'idée d'obéir aux ordres de Rogue.
- Je retourne à Poudlard, affirma le survivant en faisant mine de quitter le giron de son aîné.
Au premier pas il vacilla puis il se retrouva, un instant plus tard, dans les bras du serpentard. Avant qu'il ne puisse protester, l'homme le portait déjà jusqu'à sa chambre habituelle.
- Ne songez même pas à quitter cette chambre, le prévint-il. Cette fois, je ne vous laisserai pas n'en faire qu'à votre tête ! Et s'il faut que je vous jette un sort pour que vous restiez tranquille, soyez sûr que je n'aurai aucun remords à le faire.
Le maître des potions le fixait d'un regard noir et menaçant alors qu'il le portait comme s'il n'était pas plus lourd qu'un fétu de paille. Mais Harry lui renvoya simplement son regard.
- Vous ne pouvez pas me forcer à rester ici ! protesta-t-il. Si vous n'avez pas l'intention de vous nourrir ce soir, je vais m'en aller. Lâchez-moi !
- N'y comptez pas, Monsieur Potter. Maintenant calmez-vous ou je ne me contenterai plus de mots pour que vous acceptiez d'agir comme vous le devez.
- Je…
Mais finalement, il renonça à continuer à protester, chaque fois qu'il parlait sa tête lui semblait plus douloureuse. Harry laissa sa tête retomber contre la poitrine du plus âgé. Même s'il se sentait bien reposant ainsi contre le torse froid, il avait l'impression d'avoir plus chaud encore que quelques instants auparavant.
Ils entrèrent dans la chambre familière et Rogue le glissa sous les draps froids ; il se sentit autant soulagé par leur fraîcheur qu'il fut déçu de perdre les bras du maître des potions.
- Je reviens dans un instant.
Le jeune homme ferma les yeux et soupira de frustration. Il lui donnait l'impression de ne pas être capable de se prendre en charge lui-même, il en était presque certain. Tout ça parce qu'il n'avait pas écouté ses amis et qu'il n'avait pas pu mettre sa fierté de côté pour aller voir Pomfresh…
Comment, dans ces circonstances, pouvait-il se targuer d'être un adulte responsable ?
Certes, il avait vaincu Voldemort mais cet argument n'était assurément pas suffisant pour son aîné. Se comporter comme un gamin ne pouvait entraîner que d'être traité comme un gamin. Et ça ne l'aiderait pas à prouver à Rogue qu'il était suffisamment mature pour prendre des décisions réfléchies le concernant. Ron ne s'en plaindrait sûrement pas. Hermione le lui reprocherait-elle ? Et Remus serait déçu, non ? Pourquoi… ? En tous cas, le ministère serait soulagé…
Le gryffondor ne sut pas vraiment quand il perdit le fil de ses pensées confuses mais, lorsqu'il reprit conscience, Rogue était penché sur lui et lui parlait.
- …tter. Monsieur Potter. Réveillez-vous.
- Hmm… ?
- Buvez ceci, l'incita-t-il en pressant le bord d'une fiole contre ses lèvres tout en lui soulevant légèrement la tête.
Il avala le liquide amer avec une grimace de dégoût puis l'homme lui présenta une seconde potion qu'il consomma avec encore plus de réticence.
- C'est infect…, s'entendit-il dire.
Le survivant crût que l'autre avez marmonné quelque chose mais la seule réaction qu'il eut lorsque Rogue se décida à s'éloigner ce fut d'attraper son bras.
- Restez.
Le serpentard se contenta de le fixer, impassible. Il sembla un instant qu'un fin cercle rouge entourait les iris noirs toutefois, lorsque sa vue se stabilisa, Harry vit qu'il n'en était rien, les yeux étaient toujours profondément noirs.
Il tint le poignet fin – malgré la stature de l'homme – aussi longtemps qu'il en eut la force avant que sa main ne l'abandonne d'elle-même. Après tout, le jeune sorcier en demandait sûrement trop. Ils s'étaient à peine parlé depuis leur dernière rencontre, et cette dernière s'était achevée sur un désagréable affrontement – dont, soit dit en passant, il n'en comprenait toujours pas vraiment l'origine. Et en plus il forçait le maître des potions à jouer les gardes-malades…
Harry passa une main fatiguée dans ses propres cheveux en désordre avant de fermer les yeux et de se retourner sur le côté.
Peu importait les raisons pour lesquelles il aimait Rogue – les élans de douceur et de gentillesse inattendus qu'il se permettait de dévoiler à l'occasion, la pertinence de certains de ses propos et son intelligence, quelques-uns de ses comportements enflammés, ses yeux ou encore l'aura particulière qui l'entourait… si son aîné ne voulait pas de lui, il lui semblait de plus en plus improbable d'espérer le garder à ses côtés.
Il sentit soudain le lit s'affaisser sous un poids et son dos fut étroitement calé contre le corps de l'homme, le bras l'ayant rapproché s'enroulant fermement autour de sa taille.
Les battements de son cœur eurent besoin d'un certain temps pour reprendre un rythme raisonnable et, sa première surprise passée, Harry clôt à nouveau ses paupières qui s'étaient ouvertes sous le coup de l'étonnement. Un léger sourire flotta sur son visage alors qu'il se laissait emporter par le sommeil.
Peut-être qu'après tout il restait plus d'espoir qu'il ne le croyait.
--
Il ouvrit les yeux sur l'obscurité.
Harry n'aurait pas su dire si l'aube était proche mais il n'avait pas l'impression d'avoir dormi plus de trois ou quatre. Bien qu'il ne se sentait plus aussi épuisé que lorsqu'il s'était allongé dans ce lit. D'ailleurs, sa fièvre semblait s'être également dissipée ; les potions étaient toujours aussi efficaces
Il bougea légèrement et referma les yeux. Le gryffondor avait un sommeil paisible lorsqu'il était enveloppé par les bras de Rogue. Enfin, Severus. Il ne savait pas vraiment pourquoi il n'avait plus pensé à lui en tant que 'Severus' ces derniers temps… Peut-être était-ce simplement parce que l'homme lui-même avait agi de manière distante avec lui. Peut-être… Mais ce n'était pas très important.
L'étreinte maintenue autour de lui le grisait et bientôt Harry se retrouva dans un demi-sommeil agréable. Il bougeait encore légèrement pour être au plus près possible de son aîné lorsqu'il sentit les longues jambes se replier légèrement derrière les siennes, amenant son dos plus franchement contre la poitrine du plus âgé.
Le survivant ouvrit à nouveau les yeux. L'avait-il réveillé ?
Il resta immobile un instant et sentit le bras autour de sa taille se desserrer tandis que la main tiède de sa propre chaleur s'animait sur son ventre en de légère caresse. Il se tendit sous le contact inattendu.
A présent, Harry était pleinement réveillé. Et il savait qu'il en était de même pour le maître des potions car sa respiration était plus irrégulière contre sa nuque.
Il sentit d'abord les cheveux fins contre sa peau puis les lèvres froides dériver sur sa gorge, effleurant juste, y laissant de temps à autre des baisers fantômes. Et Harry se sentait frissonner sous ce doux contact. Rogue remonta jusqu'à enfouir son nez dans ses cheveux pour quelques secondes puis sa main suréleva légèrement sa tête alors que l'autre rapprochait plus solidement son corps du sien.
Avant qu'il n'ait même pu y songer, les crocs pénétraient sa chair.
Le jeune homme ressentit à nouveau cette douleur familière d'un similaire à celle qu'il connaissait avant sa fièvre. Et puis le vampire but, lentement, très lentement. C'était étrange, pas désagréable pour autant, juste semblable à quelque chose qu'il semblait déjà avoir survolé parfois… Lentement, si lentement. Il sentait la chaleur l'envahir, au même rythme que son sang lui échappait, se répandant dans chaque partie de son corps.
C'était intolérable. C'était délicieux.
Peu à peu le vampire but avec plus d'empressement ; Harry entendait à peine sa propre respiration qui était devenue lourde et rauque tant la sensation était enivrante. Et Rogue le serrait étroitement, bien que pas au point de lui faire mal, comme-ci il aurait aimé absorber son corps même, le dévorer entièrement.
Mais le gryffondor avait confiance, il ne lui ferait pas de mal. C'était presque comme-ci cette pensée, ou cette certitude, venait du maître des potions lui-même et qu'elle l'enveloppait entièrement. A l'inverse de toutes les fois précédentes, aucune peur n'émanait plus de son aîné.
La créature se nourrissait de son sang comme-ci elle était affamée, mais en gorgées courtes et rapides maintenant, semblant consommer ce liquide avec parcimonie malgré sa faim. Et Harry continuait à sentir monter les sensations en lui, violentes, étourdissantes, il aurait même juré que son front était perlé de gouttes transparentes tant son corps et son esprit semblaient répondre au rythme qui lui était imposé.
Il sentait l'excitation du vampire dans chaque fibre de son être, ravageuse, animale mais, d'une certaine manière indéfinissable, humaine également. Pourtant, alors qu'il ne faisait que lui prendre son sang, Harry avait l'impression que ses veines se remplissaient toujours plus de cette chaleur épaisse et fluide à la fois.
Les canines acérées quittèrent soudainement leur place, et il gémit sous la perte, avant de se replanter durement dans les premières marques alors que le vampire mordait plus profondément. Il n'y eut aucune douleur, juste un incroyable plaisir qui s'intensifia au-delà de toute attente lorsque Rogue aspira son sang sans réserves pour deux puissantes gorgées, et dans un cri intense il se sentit plonger vers l'inconscience.
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Lorsqu'il se réveilla à nouveau, Harry était presque certain qu'il ne lui restait tout au plus qu'une heure avant de devoir retourner à Poudlard.
Ce n'était pas comme la première fois où… Il rougit fortement lorsque ce qu'il s'était produit plutôt dans la nuit lui revint en mémoire.
Il avait… Ils avaient… Certes, une version très « vampirique » de la chose mais il avait assez d'imagination pour… Rhaaa… Il ne savait même pas comment définir ce qu'il s'était passé.
Le gryffondor était, cette fois, certain que l'homme dormait encore puisque sa respiration était lente et régulière. Et ça tombait très bien puisqu'il sentait les questions affluer à un rythme effrayant dans son esprit.
Un fait qui était clair était qu'il se sentait en parfaite forme, pas plus désorienté qu'après une morsure… « normale » dans des conditions adéquates. Ce qui signifiait que le maître des potions avait su ce qu'il faisait – du moins, dans une certaine mesure.
Peut-être devait-il prendre le problème d'une autre façon.
Rogue avait réduit les contacts durant son abreuvement au strict minimum durant près de dix jours. Alors pourquoi avait-il soudain rendu cet échange si… sensuel ? Il n'était même pas certain d'utiliser le bon mot pour le décrire.
Harry laissa son esprit analyser les évènements quelques secondes.
Mais oui ! Bien sûr, quel imbécile il avait été…
Il avait demandé au serpentard de rester avec lui et, dans sa fièvre, il n'avait plus du tout pensé qu'il ne s'était pas nourri à cause de son état.Ca ne lui disait pourtant pas s'il avait vraiment voulu aller jusque-là, avait réellement eu une idée de ce qu'il faisait, s'il n'avait été guidé que par la faim ou seulement par son instinct de créature de la nuit.
Le survivant avait aimé, ça il ne pouvait pas le nier. Ca n'avait plus rien eu de commun avec ce souvenir pas très agréable où il l'avait mordu à deux reprises mais où il avait profondément ressenti la bestialité de l'acte. Et, cette fois, il s'était abandonné à lui non par inconscience mais par confiance.
Cependant, ce n'était pas tout à fait le problème.
Si Rogue n'avait pas fait ça de sa propre volonté, il s'imaginait facilement que leur relation allait encore se compliquer. Et il y avait de nombreuses choses qui pourraient se produire. Que le vampire choisisse de le fuir autant qu'il le pouvait, qu'il se montre exécrable et irritable au possible ou, pire encore, qu'il disparaisse sans laisser de trace à la première occasion.
Pourtant… Pourtant si, au contraire, cela avait été voulu, ça ne devait certainement pas être le genre de contact qu'il se permettait d'avoir avec la première personne venue. Parce que, après tout, il était parfaitement capable de donner aux morsures un aspect plus formel – s'il pouvait dire cela de cette façon. Et ça pouvait donc signifier que, d'une manière ou d'une autre, au-delà d'une simple proie un peu particulière, il était devenu un peu spécial à ses yeux…
Le gryffondor se força cependant à garder les pieds sur terre. Tout cela n'était qu'hypothèses. Ce qui l'était moins, par contre, c'était que le maître des potions avait, une nouvelle fois, choisi de prendre soin de lui lorsqu'il avait vu son état. Il aurait très bien pu le renvoyer à Poudlard et, même s'il n'était pas allé voir Pomfresh, il n'aurait eu besoin que de quelques jours pour se rétablir.
Harry ignora cette fois tout bonnement la petite voix traîtresse qui lui soufflait que seul son sang avait poussé son aîné à agir de la sorte. Il était persuadé que son désir de protection, au moins, n'était pas factice. Et que cela était une réaction toujours totalement humaine de sa part.
Il prit sa baguette posée sur ses robes juste sur la commode qui lui faisait face – malgré le manque de clarté, il se doutait qu'elle était là puisqu'il avait vu confusément Rogue l'y déposer avant qu'il ne s'endorme.
Le survivant souffla un faible sort pour connaître l'heure – et effectivement, il lui restait un peu plus de quarante minutes avant qu'il ne doive retourner au château – puis en murmura un second. Et se retourna avec précaution vers le dormeur.
Malgré la faible lumière, il pouvait voir son expression paisible et détendue.
Une chose attira vite son attention sur son visage et Harry ne sut retenir une grimace reflétant son malaise. Il y avait encore un fin filet de sang qui descendait de sa lèvre vers son menton. L'image n'était pas agréable. Même s'il s'agissait de son sang, d'une certaine façon, il trouvait ça malsain… Mais, en dépit de tout, cela – et son profond sommeil - ne prouvait-il pas que cette façon de se nourrir l'avait rassasié et satisfait ?
Harry approcha ses doigts de son visage pour effacer la trace rouge encore légèrement humide.
L'homme n'était pas sans charme, surtout lorsque le sang qu'il avait bu lui rendait une apparence plus humaine. Sa proximité lui laissait voir ce que certains, et même lui avant, auraient pu appeler des défauts de physionomie. Et ceux-ci étaient adoucis par sa nature vampirique. Pour la première fois, tout en ayant l'esprit clair, ces traits ne réveillèrent aucune peur en lui et il ne parvint plus à y trouver aucune laideur. Chaque courbe avait sa logique et avait la capacité de se mouvoir pour offrir tant d'expressions qu'il connaissait ou découvrirait…
Le gryffondor laissa ses doigts errer sur sa peau tiède, appréciant sa texture si particulière, cherchant à mémoriser chaque particularité de ce visage et, conscient de ce qu'il faisait, sa main sur sa joue, il se pencha pour embrasser doucement ses lèvres fines. Elles étaient soyeuses sous ses propres lèvres, dociles également puisque Severus dormait encore.
Harry s'éloigna à regret au bout de quelques secondes, il n'avait pas le droit de profiter de cette façon de son sommeil. Toutefois, en se détachant de lui, il entendit un soupir échapper au maître des potions, et il ne put résister à l'envie de reprendre là où il s'était arrêté.
Le survivant revint goûter les douces lèvres et elles lui répondirent avec la même lenteur. L'homme devait sans doute commencer à se réveiller mais Harry ne souhaitait plus s'écarter et perdre à nouveau ces agréables sensations. Avec le même calme, il fit se rejoindre leur langue et apprécia simplement le baiser.
C'était assez différent des fois précédentes. Bien qu'une des mains du plus âgé s'était accrochée à sa nuque pour le maintenir contre lui, le baiser n'était pas empressé et seulement empli de désir comme cela s'était déjà produit après leurs premières retrouvailles à Poudlard. Pas plus qu'il ne semblait juste chercher à lui plaire ou à le rassurer comme dans les cachots de Voldemort. Et il n'y avait aucune trace du léger désespoir ou du renoncement qu'il avait ressenti lorsqu'il l'avait embrassé sous la lune glacée de l'hiver en croyant – à tort - qu'il perdrait une partie de lui-même en se livrant de cette façon au vampire. Non, leur baiser était partagé, tendre, aimant.
Harry se détacha de lui un instant pour reprendre sa respiration, et juste le temps de voir les yeux noirs s'ouvrir une seconde, avant de poser à nouveau ses lèvres sur celles du maître des potions. Ce dernier y répondit à nouveau avec la même envie tout en le serrant un peu plus contre lui. En effleurant ses dents, la langue du jeune homme se blessa légèrement contre ses canines mais le goût de son propre sang dans sa bouche ne le dérangea pas autant qu'il l'aurait cru. De plus, le serpentard ne sembla pas s'en troubler – même si toute trace en disparut rapidement de leur échange – et ils poursuivirent cette danse si purement humaine sans le moindre inconfort.
Ils s'embrassèrent ainsi durant de longues minutes avant que finalement Harry ne pose son front contre le sien, les yeux fermés, pour reprendre son souffle. Il pouvait entendre la respiration rapide de son aîné, bien qu'il se demanda vaguement si ce n'était pas en contradiction avec la rumeur qui prétendait que les vampires n'avaient pas besoin de respirer…
Le survivant crût percevoir un faible murmure.
- … que je pourrais m'habituer à ce genre de réveil…
Il ouvrit les yeux se demandant s'il avait rêvé ces mots. Mais le maître des potions choisit de détourner le regard en se redressant contre les oreillers. Harry continua à l'observer bien qu'il avait refermé les yeux et avait légèrement penché la tête en arrière.
Un sourire se forma malgré lui sur ses lèvres. L'idée qu'il pouvait finir par arrêter de regretter chaque pas qu'il faisait vers lui était assez réconfortante.
- Qu'y a-t-il ? questionna finalement son aîné après qu'il l'ait fixé durant de longues minutes.
On aurait presque pu croire qu'il ne s'était rien produit tant le regard qu'il accepta enfin de poser sur le plus jeune semblait neutre. Enfin, peut-être pas tout à fait. Il semblait plus chaleureux qu'à bien d'autres moments.
- Rien. Hmm. En fait, si. Ce que… la manière dont vous m'avez… mordu… C'était… Vous aviez le contrôle de vous-même à ce moment-là ?
Harry n'avait même pas pensé poser cette question mais, dans la faible clarté qu'avait produit son précédent sort, assis de cette façon aux côtés de Rogue, l'interrogation lui avait semblé soudain plus légitime et moins gênante qu'à tout autre endroit et tout autre temps. Le plus âgé ne répondit pas immédiatement mais, si la chambre n'avait pas été si sombre, il aurait juré que les joues du sorcier avaient pris quelques couleurs supplémentaires.
- … Oui, j'ai agis de ma propre volonté. Et… je m'en excuse, ajouta-t-il, à la plus grande surprise du survivant, et semblant faire un grand effort pour ne pas détourner le regard.
- Je ne comprends pas pourquoi…
- Ce n'était pas… correct, le coupa le vampire.
- Mais enfin, protesta Harry, vous avez trouvé un moyen de vous rassasier sans me faire de mal, je ne vois pas en quoi cela mérite des excuses !
- Avez-vous réellement besoin que je vous explique dans quelle… catégorie ce genre d'acte peut-être classé ?
Cette fois ce fut au tour du gryffondor de rougir fortement. Alors il ne s'était pas fait d'idées sur la chose, c'était vraiment plus qu'une simple morsure.
- Je suppose à votre réaction que ce n'en sera pas la peine.
Il était déjà prêt à se lever, comme-ci la conversation était close, mais Harry le retint en plaçant une main sur son épaule et en s'agenouillant à ses côtés. Rogue leva sa main droite puis la laissa retomber sur le lit.
- Qu'y a-t-il encore, Monsieur Potter ? soupira-t-il.
- Je ne vois toujours pas où est le problème.
- Pardon ?
- Eh bien, vous vous nourrissez à votre faim et nous en sortons tous les deux satisfaits. Je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas continuer de cette manière.
Il s'arrêta de parler lorsqu'il vit le regard horrifié du plus âgé. Et c'était vraiment les mots justes car il pouvait sentir que ce n'était pas de la simple indignation ou d'autres sentiments de la sorte.
- Je ne vais pas continuer à... à profiter de vous de cette façon ! claqua-t-il soudain.
- Profiter de… Vous revenez encore avec ça ? Ca n'a rien eu d'un sacrifice pour moi ! Je vous dis que j'ai aimé ça ! répliqua le survivant avec frustration.
- Bien sûr que vous avez aimé ! La morsure d'un vampire procure toujours un certain plaisir factice à sa victime ! s'irrita-t-il en retour.
- Vous ne…
Il prit une grande inspiration pour répondre avec plus de calme.
- Vous ne comprenez pas. Je vous dis que j'ai réellement aimé cela. C'était à un niveau différent, et pas aussi particulier, que quand nous nous sommes… embrassés, c'est vrai, marmonna-t-il en essayant de ne pas rougir de nouveau. Mais, je n'ai rien senti de désagréable, vous comprenez ? Je veux dire, poursuit-il alors que Rogue fronçait les sourcils, que je n'avais pas… peur comme avec les morsures précédentes, s'avoua-t-il à lui-même en même temps qu'à l'autre homme.
L'expression du plus vieux était maintenant clairement inquiète.
- Non pas que c'était si horrible que ça, se rattrapa-t-il rapidement. C''est juste… juste qu'elles ont tendances à me rendre mal à l'aise et me donnent parfois l'impression d'être vide-
- Par Merlin, Potter, pourquoi ne m'en avez-vous rien dit ?
Et son ton sonnait cette fois alarmé.
- Je crois que je m'exprime mal, essaya-t-il de le rassurer, ce n'est aussi insupportable que vous semblez le croire. Ce ne sont que de vagues sentiments parce que de toute façon j'en ressors généralement un peu confus. Mais ce n'est pas le plus important…
Harry se rendait compte qu'il n'avait vraiment pas abordé le sujet de la bonne façon mais, maintenant qu'il y était, mieux valait qu'il aille au bout de sa pensée.
- Cette nuit c'était vraiment différent. Je n'ai à aucun moment eu l'impression d'être une proie, je me suis simplement senti entier. C'était… bien, acheva-t-il.
Et il préféra garder pour lui-même que sentir le réel bien-être du vampire en même temps que le sien avait rendu l'instant plus unique encore.
- C'était bien, répéta le maître des potions comme-ci la conclusion le laissait perplexe.
Le gryffondor hocha la tête sans rien ajouter de plus. Il devait sans doute le laisser méditer sur tout cela.
Au bout de quelques instants, Severus saisit sa baguette d'un air distrait pour réactiver un éclairage normal dans la chambre. Après son premier mouvement, il eut besoin d'un second pour parvenir au bon résultat. Harry fronça les sourcils sans vraiment savoir pourquoi. Après un troisième mouvement, l'heure actuelle flottait doucement au-dessus de leur tête. Il lui restait un petit quart d'heure.
Comme le survivant n'avait pas envie de le forcer à prendre une décision qu'il ne voulait pas, il décida qu'il était temps pour lui de retourner au château. Il s'avança vers le maître des potions, l'embrassa – et y obtint une légère réponse – puis se leva du lit pour aller récupérer ses affaires.
Son aîné se contenta de le suivre du regard et Harry le salua d'un petit sourire.
- A samedi soir. Bonne journée.
Il était déjà dans le salon, prêt à lancer la poudre de cheminette lorsque la réponse lui vint.
- Bonne journée, …Harry.
Et il quitta sa demeure, secrètement ravi que leurs baisers échangés, les instants qu'il avait réellement le plus apprécié de toute cette visite nocturne, n'avaient pas soulevé la moindre protestation chez l'homme et qu'il ne semblait pas, d'ailleurs, en éprouver le moindre regret.
A suivre…
Mmh... voilà une avancée capable de résoudre bien des problèmes, ne ?
En tous cas, je me suis bien amusée à écrire ce chapitre et j'espère qu'il vous a plu :)
J'ai laissé traîner certains indices sur le comportement un peu... spécial de Rogue à plusieurs endroits de la fic mais je suppose qu'ils sont trop minimes pour que vous puissiez découvrir la cause principal de ses accès de colère... enfin, la réponse (plus complète que précédemment) arrivera dans le prochain chapitre ! Bien que je ne sache pas exactement quand j'aurai fini de l'écrire :'S
En attendant, deux chapitres de "Si longtemps" sont déjà prêt et ne devrait plus tarder à être postés :')
(Je n'oublie pas mes autres fics mais je préfère continuer à laisser mijoter tout ça pour en sortir des suites correctes... - et n'oubliez pas, si vous êtes auteur, de jeter un oeil sur le second défi que j'ai posté :p)
Bon, et il faudrait aussi que je lise la suite de toutes ces fics que je n'ai même pas encore pris le temps de lire (et dire que certaines ont même été achevées durant ce temps-là... :'x) Mais en faisant ça j'aurai bien moins de temps pour écrire... cruel dilemme...
(...) 'suis trop bavardre aujourd'hui moi xD
Allez, j'espère que vous avez passez un bon moment et à la prochaine !
