Disclaimer : les personnages apparaissant dans cette fic sont l'entière propriété de JK Rowling

Note : post tome 6 - Slash Severus /Harry - Sujet principal déjà traité par d'autres auteurs mais que j'aime beaucoup même si je m'en tire sûrement avec beaucoup moins de dextérité...

Merci énormément pour vos reviews :°) (et aussi à Zmesmiiiile à qui je n'ai pas su répondre !)
Et bonne lecture !

« Sacrifices et sacrifiés »

Chapitre 18 : Orage

Il était dans la salle commune des gryffondors, rangeant rapidement ses dernières affaires, avant de pouvoir rejoindre ses deux amis qui l'attendaient pour qu'ils partent ensemble à Pré-au-lard, lorsque Dean l'arrêta en posant joyeusement une main sur son épaule.

- Alors, vieux, en route pour voir ta nouvelle petite amie ? demanda-t-il avec amusement.

Cependant, avant qu'ils ne puissent avoir un échange banal et qu'il ne lui rétorque avec un rictus que lui au moins avec quelqu'un, son regard se posa sur Ginny qui n'était qu'à quelques mètres d'eux et n'avait pas pu manquer les mots du garçon au teint foncé.

- Non, grommela-t-il. J'ai rendez-vous avec Remus Lupin, formula-t-il un peu plus fort.

Lorsqu'elle croisa son regard, elle se détourna rapidement et prit ses livres avant de quitter la salle.

- Non, mais vraiment, Dean Thomas, tu ne pouvais pas être plus stupide encore que cela ? sonna rapidement la voix d'Hermione dès qu'elle s'approcha à grands pas du garçon.

Même elle avait entendu, et Ron qui fronçait les sourcils derrière la préfète ne semblait pas faire exception. En somme, la moitié de la salle avait sans doute entendu la réflexion de Dean ; la plupart était au courant qu'ils avaient rompu.

-'pensais pas à mal, s'excusa rapidement le jeune sorcier.

La brune lui lança un regard fortement réprobateur et il sembla s'affaisser sous lui.

Seamus vint néanmoins à son secours en le tirant par le bras.

- Toi, t'as vraiment besoin de te trouver quelqu'un. Tu deviens un peu plus bête chaque jour qui passe et, si ça continue, plus personne ne voudra de toi !

- Eh ! protesta Dean tout en se laissant entraîner hors de la salle. C'est pas parce que tu sors avec Lavande que…

Et le blond disparût avec son ami derrière le portait de la Grosse Dame alors que Neville les suivait en jetant un regard d'excuse au trio.

- Ginny est partie, souffla Harry dépité.

Il n'aimait pas la voir souffrir à ce point. Même si parfois il avait l'impression de la retrouver aussi enjouée que dans ses souvenirs, il y avait aussi des moments où elle était plus fragile en sa présence.

- Peut-être…, commença Hermione.

- Elle doit juste rester seule un petit moment, affirma le roux. Vous la connaissez, elle est solide et forte. C'est une Weasley après tout.

Il se détourna pour les attendre près du grand portrait mais ils ne manquèrent pourtant pas son grognement.

- Crétin de Dean…

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Pré-au-lard était calme, ne grouillant que d'un peu plus de personnes qu'avant la chute de Voldemort. Et pour ça, encore une fois, ils devaient en remercier la nouvelle directrice de Poudlard. Elle avait suffisamment clairement fait comprendre à Scrimgeour que ses élèves n'avaient pas besoin d'une invasion de curieux, ou de journalistes, dans le seul lieu où ils pouvaient profiter le plus simplement de leur week-end. Harry ne savait pas exactement ce qu'elle avait fait mais ça avait fonctionné : depuis leur arrivée au Trois Balais, seuls un photographe était venu à sa rencontre et quatre sorciers assez communs avaient remercié le trio.

Ron et Hermione étaient finalement allés de leur propre côté, pour passer la fin d'après-midi en amoureux, et le survivant était maintenant attablé avec Remus Lupin, qui lui avait donné rendez-vous dans le pub la veille par simple hibou.

La pluie tombait violemment à l'extérieur depuis une petite demi-heure, le tonnerre grondant au loin, et l'ambiance chaleureuse n'y était que plus agréable. Ils en étaient à leurs secondes bièraubeurres et des sujets aussi variés que les cours, le succès grandissant de la boutique des jumeaux Weasley ou les quelques rares attaques de mangemorts encore en liberté, avaient traversé leur conversation. Ils n'avaient cependant qu'à peine fait référence au cours de DCFM car Harry avait vite détourné la discussion. Le professeur actuel semblait avoir des capacités appréciables mais là n'était pas vraiment le problème. Le jeune sorcier s'était montré compétent durant cette première leçon… et pourtant quelque chose l'avait dérangé… Il avait presque eu l'impression de ne pas y avoir mis toute l'énergie qu'il aurait pu… même s'il s'était étrangement senti au maximum de ses capacités. C'était assez confus pour lui et, bien qu'il en avait touché un mot à ses deux meilleurs amis, il avait préféré éviter d'inquiéter Remus avec cela.

La dernière matière qu'ils avaient abordée, bien que vaguement, concernait Tonks - et Harry avait difficilement caché son sourire devant les rougissements occasionnels du loup-garou. Si Hermione avait été là, elle aurait sans doute considéré ça comme « mignon », ou tout autre terme assez typiquement féminin, mais le jeune sorcier, lui, trouvait juste ça un peu amusant de voir l'homme un peu maladroit avec ce sujet. Il ne comprit pourtant jamais comment ils avaient pu passer de la jeune femme à Rogue.

- Je crois que je préfère apprendre à le connaître par moi-même, et découvrir ce qui le mine de la même façon.

Le jeune gryffondor lui avait répondu avec sincérité, c'était ce qu'il voulait, et il n'avait pas laissé son ami lui faire part de ce qu'il avait appelé sa récente « découverte » sur le maître des potions.

- Es-tu certain que c'est ce que tu veux, Harry ? Même s'il est possible qu'il choisisse de ne pas t'en parler et que le savoir pourrait faciliter votre future entente ? insista un Remus perplexe.

- Oui, certain, affirma-t-il en étouffant la curiosité à qui il ne laisserait cette fois pas de place.

Le survivant se rappelait encore trop bien de la manière dont le vampire lui avait reproché d'avoir prêté attention aux paroles de l'ancien professeur de défense contre les forces du mal. Même s'il avait une entière confiance en Remus, l'ex-espion s'était visiblement senti trahi, entre autres choses. Rien que pour ne plus voir le même genre de sentiments dans les yeux noirs, il était prêt à ne pas prêter attention aux paroles du Maraudeur. Même s'il risquait encore de se compliquer la vie, il n'était plus à ça prêt.

Le loup-garou se perdit dans ses pensées et Harry observa d'un air distrait les personnes qui entraient et sortaient du pub. Plusieurs d'entre elles étaient emmitouflées dans leur cape, capuche sur la tête, pour aller affronter le temps peu clément. Quelques-unes s'en débarrassaient en entrant avec un air fatigué sur le visage, d'autres – l'identité parfois totalement cachée dans l'ombre de leur vêtement, parfois un peu révélée - s'asseyaient quelques minutes au bar avant de repartir.

- J'imagine que je peux comprendre, et c'est tout à ton honneur, reprit finalement Remus avec un léger sourire. Toutefois, Harry, bien que cela ne me regarde pas vraiment… s'est-il produit quelque chose de particulier mardi, après que je vous aie laissé ?

- Vous voulez dire, après que vous ayez laissé Rogue dans une humeur noire ? dit-il s'en pouvoir s'en empêcher et en grognant légèrement.

Mais, quant il vit les yeux du sorcier s'assombrir de regret, il s'excusa rapidement.

- Enfin… Désolé, ce n'était pas ce que je voulais dire. Mais c'est vrai que la soirée n'a pas vraiment était génial ce jour-là, avoua-t-il toujours un peu coupable d'avoir était plus brusque avec le lycan.

- Oh, ne t'inquiète pas, je suis sans doute en partie responsable de cela et ce serait plutôt à moi de te faire des excuses, lui répondit l'homme d'un air compréhensif. Et à Severus aussi, j'imagine ; je ne devrais sans doute pas me mêler de sa vie comme je le fais.

Le survivant se sentit un peu mal à l'aise au sourire contrit de son aîné et, sur le coup, il en voulut même au serpentard pour être aussi borné lorsqu'il s'agissait de « Lupin » - alors que lui s'inquiétait vraiment pour lui. Et puis, certaines paroles de Rogue lui revinrent à l'esprit.

Bien qu'il savait qu'il allait s'avancer sur un terrain glissant, l'élève de Poudlard posa la question qui lui semblait la plus pertinente en cet instant.

- Est-ce qu'il y aurait une raison particulière, et valable j'entends, pour que Rogue continue à vous en vouloir ? Je veux dire, à part l'épisode de… la cabane hurlante, ajouta-t-il rapidement.

- M'en vouloir ? répéta le loup-garou, étonné. C'est ce qu'il t'a dit ? Qu'il m'en voulait pour une raison précise ?

- Eh bien, pas exactement, marmonna-t-il en essayant de se souvenir des mots pleins de fureurs qu'ils avaient échangés ce soir-là. Il semblait croire que vous cherchiez à le manipuler ou que vous n'agissiez que lorsque cela vous arrangeait, enfin, quelque chose comme ça, je n'ai pas trop compris ce qu'il voulait dire…

Harry n'aimait pas l'idée d'avoir à répéter ces paroles insultantes devant son aîné mais, en même temps, il imaginait mal le vampire se décider à lui fournir ce genre de réponse.

- Je vois. C'est assez… inattendu, je dois dire.

Mais malgré le très léger sourire qu'il y avait sur les lèvres du sorcier, il semblait vexé ou blessé.

- Il est vrai que dans notre jeunesse j'aurais pu faire d'autres choix. Ne pas intervenir uniquement lorsque Sirius et ton père risquaient d'en pâtir. Ou, peu après, ne pas choisir de devenir beaucoup plus agréable avec lui uniquement par peur qu'il ne révèle mon secret. Mais je pensais… je croyais qu'il avait su passer au-delà de ces erreurs de jeunesse.

L'homme soupira d'un air défait. Et Harry compris, qu'une fois de plus, le maître des potions ne s'était appuyé pratiquement que sur leur passé commun à Poudlard pour juger Remus. Bien qu'il y avait sans doute dû y avoir un élément déclencheur particulier à sa soudaine colère…

- Je n'aurais sans doute pas dû lui demander de me fournir à nouveau la potion Tue-Loup et me la procurer directement chez quelqu'un d'autre. Ma présence est loin de t'aider à le voir sous un meilleur jour. Et je n'ose imaginer de quelle manière il pense que je vais utiliser…

Les mots suivants furent cependant perdus pour le survivant dont le regard venait de s'accrocher à des yeux noirs fixés sur lui.

- Harry ? Quelque chose ne…

Remus s'était à son tour tourné vers le bar que son cadet fixait et devait certainement voir la même chose que lui. Severus Rogue, le visage en partie caché sous sa capuche, les observait tous les deux d'un regard neutre. Toutefois, le maître des potions fit rapidement volte-face et traversa la salle d'un pas vif pour quitter les Trois Balais.

Le survivant continua à observer la porte durant de longues secondes puis se releva d'un bond.

- Désolé Remus, je dois y aller.

Il entendit le loup-garou l'appeler mais il souhaita simplement qu'il lui pardonne et se lança sur les traces du vampire.

Le jeune sorcier n'avait pas aimé ce qu'il avait vu dans le regard sombre. Il avait reflété une colère sourde comme-ci il l'avait tout simplement trahi. Mais bon sang, il ne faisait que parler avec le lycan ! Qu'est-ce qu'il s'imaginait ? Qu'ils complotaient un terrible plan contre lui ?

Le pire, c'est que cela aurait tout à fait pu être le genre de l'homme.

Harry soupira de frustration en ne voyant personne susceptible de ressembler à Rogue marcher sous la pluie torrentielle. Il enleva distraitement ses lunettes pour les ensorceler, de manière à ce que sa vue ne soit plus dérangée par toute cette eau, puis les remit sur son nez. Il n'avait pas le choix, décida-t-il, en se dirigeant vers sa demeure, il finirait bien par le retrouver.

Le gryffondor avança rapidement, cherchant à distinguer la silhouette familière dans ses alentours, commençant seulement à se demander à quoi aller le mener une telle précipitation à le rejoindre. Il ne se voyait pas lui présenter des excuses pour être seulement resté quelques heures en la compagnie de Remus, ça aurait été ridicule.

Ouais. De toute façon, il préférait le rejoindre au plutôt et ne pas lui laisser le temps de trouver des excuses pour le repousser à nouveau, pas alors que l'avenir de leur relation avait enfin une chance de s'éclaircir.

- …findo !

- Expelliarmus !

- Ah ah ! Pathétique, Rogue, vraiment pathétique ! Endoloris !

Harry avait couru vers les formes se battant sous la pluie dès qu'il avait entendu les cris mais, lorsqu'il arriva à portée et lança son premier expelliarmus, Rogue se tordait déjà sous l'Impardonnable. Bien qu'il ne désarma pas le responsable, il réussit à briser le sort qui avait déjà duré plusieurs dizaines de secondes.

Il se dirigea ensuite vers l'homme recroquevillé au sol en évitant, tant bien que mal, les maléfices qu'on lui lançait ; le maître des potions se releva de lui-même alors qu'il était encore à quelques mètres de lui, lui jeta un vague coup d'œil, puis pointa à nouveau sa baguette sur leurs assaillants.

Ils étaient cinq, à moitié cachés sous leurs capuches, et il aurait pu jurer que la femme aux cheveux court, qui se trouvait au centre de la petite troupe, faisait partie de ceux qui l'avaient regardé se tordre aux pieds de Voldemort. Des mangemorts en fuite, c'était presque trop prévisible pour qu'il s'en étonne.

De nouveaux sorts fusèrent vers eux. Harry se protégea d'un bouclier avant de riposter ; Rogue fit de même. Le sort du survivant assomma l'un des mangemorts et l'Expelliarmus du serpentard… secoua à peine la baguette de sa cible.

- Expelliarmus ! tenta encore le maître des potions.

Mais l'effet fut identique, si ce n'était moins efficace encore. De nouveaux ricanements s'élevèrent dans les rangs de leurs ennemis.

- Tout ça n'était qu'une chance insensée ! cria soudain la femme au visage familier. Comment un homme pas plus doué qu'un cracmol et un gamin à peine capable de nous faire face auraient pu vaincre notre maître autrement ?

Elle s'adressait tant à eux qu'à ses compagnons, comme pour augmenter leur combativité.

- Le vœu du Seigneur des Ténèbres n'ait pas mort, et c'est à nous de veiller à son accomplissement !

Comme si cette phrase avait été un puissant ordre, les quatre mangemorts restant se jetèrent sur eux.

- Tss !

Dans un mouvement rageur, Rogue desserra sa prise sur sa baguette et la laissa tomber au sol. La seconde qui suivit, l'ancien espion les affrontait au corps à corps. Presque trop rapide pour que le gryffondor puisse suivre ses mouvements, laissant stagner dans l'air des traînées d'eau à son passage, il réduit au silence tous leurs adversaires.

Vampire. C'était un vampire et il avait tendance à oublier l'étendue de la force de ces créatures. C'en était effrayant. Cette vivacité, cette puissance, cela n'avait plus rien d'humain. En fait, Rogue aurait vraiment été capable de le briser comme une brindille. Et être témoin d'un tel étalage de pouvoir réveillait le sentiment de peur qu'il avait parfois en sa présence.

Pas humain. Pas humain, répétait une sombre partie de sa conscience.

Les yeux noirs le fixaient, lui et non les corps étendus au sol, et peut-être depuis de longues secondes. Et il se sentait presque honteux des pensées qui avaient traversé son esprit. Mais, lorsqu'il voulut dire quelque chose, c'est la voix de Remus qui l'arrêta.

Il tourna son visage vers les hommes qui courraient vers eux et remarqua une petite dizaine de sorciers qui approchaient, sans doute alarmés par les cris de la petite bataille qui avait eu lieu un peu avant la sortie du village.

- Harry ! Harry, que s'est-il passé ? le questionna un loup-garou inquiet, la voix forte pour se faire entendre malgré le crépitement de la pluie, et balayant rapidement la scène du regard.

- Des mangemorts. Une attaque contre Rogue et…

Lorsqu'il chercha l'homme pâle de ses yeux, il ne le vit que s'éloigner du lieu d'un pas soutenu.

- C'est pas vrai, grogna-t-il pour lui-même.

Il commençait à avoir une vague idée de ce qui n'allait pas avec lui et, cela, en plus du reste, poussait visiblement Rogue à vouloir refaire marche arrière avec lui. C'était ça, ou bien l'ancien maraudeur lui était devenu insupportable au point qu'il ne pouvait même plus tolérer sa présence.

- Nous allons contacter le Ministère, annonça justement le sorcier s'en paraître lui en vouloir de ne plus lui avoir prêté attention. Tu peux aller rejoindre Severus, je préviendrai tes amis.

Le lycan lui offrit un sourire apaisant et le plus jeune lui lança un regard reconnaissant.

- Merci. Je suis désolé de ne pas-

- Ne t'inquiète pas, Harry, je suis heureux de voir que tu te soucies de Severus alors que rien ne t'y obligeais. Je préfère le savoir avec toi que seul dans sa demeure en une telle période et en de telles circonstances.

Le survivant eut un sourire contrit puis prit congé pour se remettre sur les traces de Rogue.

Il se sentait de plus en plus mal à l'aise dans sa situation avec le loup-garou lorsqu'il songeait au jour où il lui parlerait de ses sentiments pour l'ancien espion. Harry espérait sérieusement qu'il ne se sentirait pas coupable de l'avoir, en quelque sorte, « poussé » dans les bras du vampire… Parce qu'il doutait sérieusement que c'était ce genre de rapprochement qu'il cherchait à encourager.

Le jeune homme atteint assez rapidement la demeure connue. La porte n'était pas fermée, puisqu'il était visiblement attendu, et il n'hésita pas à entrer avec aplomb.

Le maître des potions était debout prêt de la cheminée dont le feu était allumé, sa robe humide et un peu boueuse abandonnée au pied de l'un des fauteuils, et s'essuyant le visage avec une serviette.

Il releva les yeux vers son cadet. Plus tout à fait noir, les yeux. Encore marqués de cet étrange halo rougeâtre qui n'existait pas dans les premiers jours de leurs retrouvailles.

C'était ça. Harry venait de comprendre, ou du moins pensait comprendre. C'était encore une preuve de plus. Et même les détails qui l'avaient gêné l'autre jour, dans le laboratoire, prenaient un sens nouveau à présent.

Le survivant s'approcha de son aîné ; ce dernier lui tendit une serviette.

- Si vous êtes capable de vous souvenir d'utiliser l'Impervius sur vos lunettes, vous auriez au moins pu songer à le formuler sur vos vêtements et votre peau, dit-il presque d'un ton fatigué, bien qu'il sonnait aussi un peu sarcastique.

Il allait lui répliquer, avec un peu d'embarras et d'agacement, qu'il aurait pu faire pareil sur lui-même au lieu de se laisser tremper par la pluie mais se ravisa. Son cas n'était pas tout à fait identique au sien.

- Vous savez qu'il y a des cercles rouges autour de vos iris ? demanda-t-il à la place, en prenant l'essui qu'il lui tendait.

Rogue parût surpris mais choisit de se détourner simplement, comme-ci la question n'avait pas d'importance et qu'il avait plus intéressant à faire que de s'y attarder.

- Vous essayez de cacher les signes de votre soif sous un sort de dissimulation. Pourquoi ?

Il jura voir son dos se tendre sous la chemise sombre mais une réponse froide, et pas le moins du monde hésitante, lui parvint.

- J'étais fatigué que vous trembliez de peur chaque fois que vous croisiez ces yeux sanglants. Et j'ai estimé que cette solution nous serait bénéfique à tous les deux, termina-t-il d'un ton sans répliques.

- Vous ne pouvez pas ! protesta-t-il en lui attrapant le poignet avec un peu plus de brusquerie qu'il ne l'avait voulu.

Mais au moins le sorcier s'était à nouveau retourné vers lui… même s'il n'était pas sûr d'apprécier l'éclair menaçant qui était passé sur le visage de marbre après qu'il l'ait obligé à le relâcher.

- Je ne peux pas ? Et de quel droit, Monsieur Potter, pourriez-vous m'interdire quoi que ce soit ? Mes prouesses inhumaines ne vous font-elles pas assez peur pour qu'en plus vous vouliez savoir à quels moments je recommence à roder autour de vous comme un prédateur ?

- Je n'ai pas-

- Oh, non, n'osez pas nier ! s'irrita-t-il en se penchant vers lui. J'ai suffisamment souvent remarqué vos sursauts à mon approche, je vous ai assez vu craindre ma force surhumaine, et j'ai eu, encore une fois, un bel aperçu de ce fait il y a quelques minutes à peine à Pré-au-lard ! Je vous fais peur, Potter, c'est la réalité !

- Parfois, c'est vrai, puisque vous tenez à tous prix à ce que je vous le dise ! s'emporta le gryffondor devant la façon dont l'homme s'était décrit lui-même. Mais vous me faisiez peur lorsque je n'étais qu'un gamin de première année aussi, continua-t-il en se refusant à se laisser dominer par sa colère. Et j'étais terrifié devant Remus lorsqu'il s'est transformé en loup-garou mais je le considère pourtant comme faisant partie de ma famille-

- N'osez même pas me comparez à ce monstre, prévint-il d'un ton bas.

Un lourd silence s'installa entre eux, durant lequel ils s'affrontèrent du regard, le maître des potions sombre et Harry irrité par le fait qu'il insulte encore le lycan.

- C'est parce qu'il a découvert quelque chose que vous gardiez pour vous que votre rancune envers lui s'est à ce point amplifiée dernièrement ? Et, non, il ne m'a rien révélé à ce sujet, si c'est ce qui vous inquiète, ajouta-t-il en le voyant froncer les sourcils.

Il n'obtint pas pour autant de réponse et le silence s'étira à nouveau entre eux.

Le survivant finit par soupirer et laissa les traits de son visage se détendre. Ils étaient vraiment trop têtus, tant l'un que l'autre, mais s'était en se calmant, et en essayant de faire preuve d'un peu de maturité, qu'il avait su faire refluer les colères de Rogue jusqu'à présent.

- Ce que je voulais dire en affirmant que vous ne deviez pas utiliser ce sort sur votre visage…

Il vit un muscle de sa mâchoire se tendre et continua rapidement.

-… c'est que ce n'est pas honnête par rapport à notre accord. Vous ne me laissez pas une réelle chance de vous connaître en me cachant une part de vous-même.

- Je ne crois pas me souvenir que cet arrangement impliquait même le fait que je montre toute sorte d'amabilité envers vous, contra-t-il avec morgue. Pas plus qu'il ne comportait d'obligation de vous confier toute chose qui concernait ma vie, mes choix ou toute part de moi-même, finit-il d'un ton dur.

- Ce que vous pouvez être borné, marmonna le gryffondor entre ses dents.

Avant, cependant, de le laisser répliquer, et de prendre le risque que tout ceci se termine en échanges stériles, il reprit la parole.

- J'étais là, vous savez, j'ai assisté et participé à cette bataille à Pré-au-lard.

Et cela eu le don d'imposer le silence à Rogue. Il était certain que ce qu'il avait deviné ne devait pas être très éloigné de la vérité.

- Alors… Si je vous dis ce que je pense avoir compris, et que cela est assez proche de la réalité, accepterez-vous enfin de m'expliquer clairement pourquoi, en plus de tous les arguments que vous avez déjà mis en avant, bien sûr, vous continuez à être si lunatique et à me repousser presque directement chaque fois que nous avons une chance de nous rapprocher ?

Harry observa attentivement le serpentard qui avait repris son masque d'impassibilité au fur et à mesure de ses paroles. Il ne semblait plus en colère, presque comme-ci il avait su que ce moment aller finir par arriver et qu'il n'avait pas d'autre choix qu'y faire face. Ou bien que tout ça lui était complètement égal.

Finalement, il eut droit à un hochement de tête sec, qu'il prit pour une réponse positive, et Harry formula enfin sa supposition de ce qui semblait être l'une des bases du malaise de Severus Rogue depuis qu'ils avaient quitté les cachots de Voldemort.

A suivre…

Ah ben oui, je m'arrête là...
Bon, ça ne me semble pas trop difficile de deviner ce que notre cher survivant va dire (quoique, étant l'auteur, on oublie parfois que ce n'est pas toujours aussi simple pour les lecteurs :x), reste maintenant à savoir s'il aura raison... :p
Enfin, dans peu de chapitres (2 ou 3) l'histoire va arriver à un nouveau tournant... et je prie pour parvenir à ce point avant que la reprise des cours ne soit trop envahissante (-.-" je le sens assez mal avec cette foutue année de stages et de TFE... U.U)

Bref, j'espère que ce chapitre vous a plu et qu'il vous aura donné envie de connaître la suite :')

Je rappelle aussi, pour ceux qui ne le sauraient pas déjà, que j'ai entamé un nouveau Harry/Severus dans un genre beaucoup plus sombre. Le titre est "Brisé" et le lien vers le site où je la poste se trouve à la fin de mon profil ;)

Sur ce, je souhaite bon courage à ceux qui doivent bosser leurs examens de repêchage, ou qui travaillent, et une bonne fin de congé aux autres, à la prochaine !