Bonsoir, j'espère vous donner quelques raisons de suivre mes pérégrinations avec ce nouveau chapitre où vous "découvrirez" de nouvelles déclinaisons de la malveillance, légitimée ou non.
J'adhère totalement à cette proposition: faisons confiance à nos tourtereaux préférés car après tout, eux seuls savent où cette histoire nous mènera...
Richard me semble à moi aussi un bien beau personnage qui mérite toute notre attention.
Bien à vous, bonne lecture,
Calazzi.
Chapitre 9
Dans leurs yeux, veille ce désir de me punir.
De leurs bouches, les mots de la colère martèlent la même sentence.
Tristes confessions
Un aumônier... Quelles confessions d'épouvante pourrais- je bien offrir à un représentant du Bien? Un être entièrement dévoué à son message d'amour céleste... Moi, qui git dans ce cloaque infâme qu'est devenu mon existence. Je voudrais ne plus rien ressentir, ne plus penser, ne plus me mouvoir. Hélas, mon indignité me conduit sur des territoires où le désœuvrement de mon corps encourage le réveil de mon âme. L'anesthésie n'aura pas duré. Mon esprit s'égare dans les méandres d'une mémoire qui m'est pourtant odieuse, cruelle. Je n'éprouve d'intérêt que pour ce qui n'est plus, ce que j'ai perdu et je n'ai de cesse de chercher refuge dans cet enfer humain comme un besoin insensé d'entretenir les lacérations de mon âme, emprisonnée dans ce corps inutile, honni, maltraité. J'use de tous les subterfuges possible pour masquer cet ultime contrôle sur ma vie, je dissimule la nourriture que j'émiette, réduite à quelques débris faciles à faire disparaître. Je me satisfais chaque jour à m'affamer, comme si ce manque, ce besoin impérieux me permettait de me sentir vivante, jusqu'à pouvoir m'affliger moi- même le châtiment que je mérite. Je suis en guerre contre moi- même. J'ai besoin de me punir.
«L'enfer c'est les autres», peut- être... mais pour moi, dorénavant, l'enfer s'épanouit dans le feu de mon intimité, nourrit en son sein de cette extrême solitude à laquelle je me suis irrémédiablement condamnée. Chaque instant de vie contient une douleur immense, un insondable désespoir. Je n'aurais jamais fini de toucher le fond... Je n'entends plus que les clameurs d'une foule haineuse, avide de sang pour dessiner le visage de la vengeance. Je dois mourir pour racheter le mal commis. S'ils savaient combien je partage leur sentence... Et pourtant, persiste en moi, cette passion humaine qui hurle de douleur comme un vertige sans cesse renouvelé. La vie ne m'a pas quittée. Elle est tapie là, quelque part. Aucun mot ne peut recouvrir tout le mépris que je ressens pour cette flamme qui persévère, malgré l'incongruité de ma présence, malgré l'horreur que je porte en moi et sur moi.
Alors, je demeure enfermée dans l'instant, dans la pulsation du sang, celui de ceux que j'ai détruits mais aussi du mien, de cette évidence brutale qui m'a étreinte et accompagnée dans l'atrocité.
Je n'avais pas prévu de survivre. Mon geste n'a pas été fatal en ce qui me concerne. Même ma tentative de suicide a été une triste farce. Je m'étais allongée près de mon enfant... afin qu'il ne reste pas seul dans ce voyage définitif. Mais ils sont intervenus avant l'irrémédiable. Probablement pour pouvoir asséner une justice inébranlable, vindicative. Le miroir de ma bestialité a révélé leur propre animalité.
Pour reprendre possession de moi- même, enclose dans cette prison intérieure, ma mémoire s'efforce de me restituer un peu de cette humanité à laquelle j'avais cru renoncer; car la mémoire nous rend humain. Au- delà de mes crimes, je me perds dans ces images rafraîchies, sensations chaleureuses, expressions affectueuses, ambiguïtés et évidences d'un passé rappelé à la vie. Dois- je interpréter mon existence passée au travers d'un prisme transcendantal? Aurais- je été vaincue par la manifestation d'une fatalité? Les blessures de mon enfance ont- elles fané à jamais mes chances de bonheur? J'ai longtemps souffert de n'avoir pas su conserver une image précise du visage de ma mère, possible héroïne d'un roman de Zola, à moins que ce ne soit Hugo. A son évocation, seule une silhouette aux contours flous, une impression de sourire persistent. Mes mains sèches s'accrochent aux pages écornées de ce témoin que j'ai toujours conservé auprès de moi, comme un talisman. Mon cœur s'apaise à l'évocation de ces souvenirs, du tendre regard de cette jeune femme dont la mine radieuse illumine mes heures sombres.
Les quatre saisons
«Mieux vaut y mettre du cœur sans trouver de paroles,
que de trouver des mots sans y mettre son cœur».
Gandhi
Je suis absolument extatique ces derniers jours, mes nuits s'achèvent inévitablement avec un sentiment épuisant d'euphorie. Mon esprit s'emballe en une inépuisable sarabande et ne s'apaise qu'au moment où je pose les yeux sur les filles, aux prises avec une Mme Bellet virevoltante. Paradoxalement, observer la vie, s'épanouissant au milieu de rubans colorés, animée de courses frénétiques ou même secouée de fous rires gargantuesques, modère mon ardeur psychique. Après ces semaines étranges et si éprouvantes au chevet de Joséphine, j'avais perdu le goût de la quiétude et je retrouvais maintenant la sensation d'engourdissement propre au temps qui passe sans évènement extraordinaire, sans soubresaut. Lorsqu'elle s'endort les traits de ma fille me bouleversent tant que je ne peux me détourner avant de longues minutes: la quiétude de son souffle, la courbe de ses cils, ce total abandon, si fort de sa confiance en l'avenir valent pour une leçon de vie. Lorsqu'elle est éveillée, comme tout parent à peu près attentif, je décrypte chaque mouvement, chaque expression à l'aune de son héritage génétique. Une enfant sans père n'est pas dénuée de ressemblance avec l'absent. Le hasard qui préside à la conception a dévolu à l'ingénue quelques qualités significatives que possédait son ascendant. Malgré son jeune âge, elle sait déjà enchanter par sa force de vie chaque membre du genre humain qui croise son chemin. Pourvu qu'elle en fasse meilleur usage que son malheureux géniteur.
Le temps, miraculeusement clément ce matin- là, avait permis à Richard d'emmener ce concentré de substances féminines en excursion, à laquelle j'avais renoncé car j'avais prévu de m'atteler à certaine tâches administratives concernant ce projet d'association- fondation consacrée aux femmes en difficulté, jusqu'au moment où je reçus cette lettre de Lizzie:
«Très chère Georgie,
Le ciel de Paris ne s'affranchit pas de cette grisaille désespérante que nous sommes bien obligés de tolérer depuis de nombreux jours, pour ne pas dire quelques semaines. Nous avons bien reçu ta dernière lettre, qui nous a heureusement divertis de la lourdeur du quotidien. J'ai glissé dans cette enveloppe quelques mots pour ma mère ainsi que les filles et te laisse le soin de les leur transmettre.
William et moi- même partageons l'enthousiasme que vous affichez Richard et toi, nous envisageons également de participer à cette généreuse aventure de ce côté- ci de la Manche si vous en êtes d'accord. Nous aurons l'occasion d'en discuter dès ton retour parmi nous. Jane m'a écrit avec quel ravissement elle avait accueilli votre petite troupe tonitruante et surtout combien maman avait repris vie depuis qu'elle est (partiellement...) en charge des petites. J'en profite d'ailleurs pour m'associer aux chaleureux remerciements de ma sœur aînée. Aucun mot ne traduira assez justement toute notre gratitude envers une âme si talentueuse que la tienne mais je peux tout de même essayer d'en témoigner! J'imagine que les filles ont grandi, que leurs joues ont rosi, leur appétit décuplé... Myriam reprend- elle confiance en elle? S'est- elle extraite de ce silence assourdissant dans lequel elle s'était réfugiée avant votre départ? Prononce- t- elle quelques mots? Ses regards sont- ils toujours empreints de cette gravité si déconcertante? En bref, des changements se sont- ils opérés? J'ai rassemblé tous les objets, souvenirs que j'ai pu trouver au sujet de notre chère Joséphine afin qu'elle puisse les consulter dès qu'elle le souhaitera, avec ou sans nous. J'y ai glissé quelques uns des textes que nous avions écrits sur les fragments de sa vie dont elle nous avait fait les dépositaires, ainsi que l'expression de notre amitié sincère envers elle, pour compléter le «trousseau».
J'aurais aimé terminer cette missive sur de vagues considérations au sujet de certaines connaissances ou sur l'actualité mais une affaire d'importance croissante m'oblige à rendre compte de bien noires pensées. En effet, je n'en ai parlé à personne jusqu'ici car je désirais vous épargner par dessus tout et je pensais pouvoir résoudre mes difficultés seule, le temps passant. Malheureusement je sais aujourd'hui et cela avec certitude, que cela s'avère impossible. Voici un compte rendu, devenu nécessaire, de cette odieuse histoire dont je suis, bien malgré moi, la protagoniste:
Depuis le début de mes études, je suis devenue la cible de rumeurs malveillantes au sein de l'hôpital où j'effectue de nombreuses heures ainsi qu'à la faculté de médecine où je persiste à étudier la discipline représentée par tant d'hommes, dont la misogynie altère bien souvent la capacité de jugement. Cela a commencé par des commentaires désobligeants sur mon sexe et surtout sur son manque d'intelligence, puis cela a rapidement évolué vers des plaisanteries grivoises au sujet de ma sexualité. Tant qu'il ne s'agissait que de ce types d'attaques, je n'étais pas plus malmenée que les autres femmes qui osent braver la toute- puissance masculine des bans de l'université ou des mandarins sévissant largement dans les services hospitaliers. J'avais recours moi aussi à des répliques assassines, rarement imméritées il faut bien l'avouer. Les forces n'étaient pas équilibrées mais j'étais en capacité la majeure partie du temps, de riposter.
Cependant, il y a quelques mois, un changement a eu cours dans ce que je nommerais «la personnalisation» de ces dénigrements perfides et terriblement discriminatoires. Ces coups bas évoluèrent en menaces, jusqu'aux chantages qui m'étaient directement adressés sous la forme de billets anonymes dont les contenus offensants mettaient en cause mon intégrité professionnelle, ma capacité à conduire mes études, et m'accusaient même de pratiquer le mensonge, voire la dissimulation d'erreurs médicales. Heureusement j'ai toujours pris soin de laisser des témoignages écrits de mes actes et prescriptions, pour lesquels j'avais systématiquement demandé validation auprès de mes maîtres.
Malgré tout, ce travail de sape a fini par déboucher sur une attitude de défiance de la part de la direction de l'hôpital, qui visiblement recevait les copies des mots qu'une main malveillante et anonyme déposait régulièrement dans mon vestiaire.
Hier, la polémique avait pris une telle ampleur que je fus une nouvelle fois convoquée, non pour m'en expliquer mais pour prendre acte d'une suspension de mon activité au sein du service médical, le temps pour eux d'enquêter avant de donner suite à ces terribles accusations qui risqueraient d'entacher à terme la réputation de l'établissement. Tu sais à quel point je tiens à cette profession et donc à quel point je suis touchée au plus profond de mon être. Je suis littéralement désemparée, désarmée, pour affronter une telle cabale dont je ne comprends ni l'origine ni le motif. N'ayant aucun pouvoir particulier, je ne fais d'ombre à aucune ambition personnelle. Ma vie privée ne me semble guère susciter de convoitises délirantes... Qui aurait intérêt à anéantir mes velléités professionnelles de façon si violente et si personnelle?
Ton frère à qui je viens de raconter les mêmes faits, extrêmement révélateurs de la turpitude de leur(s) auteur(s), m'a confié son «intuition» concernant le choix de la victime (qui n'est autre que moi) dans le sens où il pourrait s'agir d'une attaque le visant lui indirectement. Il m'a demandé de «rester tranquille» afin de lui laisser le temps et la possibilité d'investiguer de son côté sur ce qui lui paraîtrait logiquement une sorte de représailles destinées à le punir ou à valoir réparation.
Je ne suis pas (encore) parvenue à en savoir davantage sur ses intentions, suspicions exactes. Tu n'ignores pas combien il peut être secret... «muet comme une tombe» selon l'expression consacrée.
J'espère toutefois que tu sauras apprécier la douce félicité du climat anglais, sachant que mes actuelles difficultés sont probablement en cours de résolution.
Bien affectueusement,
Lizzie».
Il me fallut d'interminables minutes pour canaliser le train de mes pensées induites par ces mots. La question qui me taraudait se heurtait sans cesse au mur de l' incrédulité... Qui pouvait lui en vouloir à ce point? La suggestion de William me paraissait judicieuse mais elle insinuait la même méchanceté, la même volonté destructrice, peut- être pire d'ailleurs car elle faisait état d'une perversité incroyable! Nuire à autrui en blessant mortellement un être cher. N'est- ce pas là le signe d'une âme scélérate? Le désir de punir celui ou celle qui nous a personnellement atteint n'a rien de condamnable en soi, c'est même l'apanage du genre humain mais la recherche évidente du supplice le plus douloureux sur personne interposée! J'oscillais entre les frissons et les accès de colère. Que n'aurais- je pas infliger à celui, ou celle, qui avait ourdi un piège si sophistiqué car il n'est rien de plus délicat, vulnérable qu'une réputation?
Une femme perdue l'est à jamais. Cela reste valable aujourd'hui comme cela l'a été hier, sous tous les cieux. J'ai fait récemment une rencontre à Londres qui donne tout son sens à cette vérité intemporelle. Alors que je m'évertuais à rendre visite à toutes sortes de dames de la bonne société anglaise, je fis la connaissance d'une jeune femme d'une grande timidité, dont la volonté de discrétion avait fortement retenu mon attention. Une fois rendu tous les hommages auxquels je devais sacrifier pour «ma cause», à l'égard des dames patronnesses susceptibles de m'apporter un soutien nécessaire, je m'étais approchée de celle qui tentait désespérément de se confondre avec cette hideuse tapisserie, abondamment chargée de motifs floraux. Je vous ferai grâce des différentes manœuvres auxquelles je m'étais livrée pour atteindre cette si énigmatique personne. Finalement, elle accepta de répondre à ma cordiale invitation.
Ce fut pour elle comme pour moi une rencontre troublante où chacune se raconta, mettant de côté cette pudeur qui emprisonnait insidieusement les gracieux sujets de sa Majesté (pour moi) et de leurs voisins (pour Maureen). Native d'Irlande, Maureen n'avait que 16 ans lorsqu'elle fut envoyée dans une institution catholique* renommée et dévolue à l'expiation des péchés commis par celles que la société bien pensante irlandaise souhaitait oublier ou «redresser». Cette adolescente fut contrainte d'effectuer le dur travail d'une blanchisseuse, dans le respect du silence le plus strict, sous peine de châtiments corporels prodigués par les sœurs en charge de ces «fallen women». Certaines jeunes filles parvenaient malgré tout à communiquer en profitant du relâchement de certaines nonnes, un peu moins cruelles sans doute... Ses compagnes d'infortune ignoraient bien souvent la raison de leur disgrâce infamante. Quel crime avait- elle bien pu commettre pour croupir dans une telle geôle? L'asservissement, les dures règles de fonctionnement, les punitions et surtout l'isolement extrême dans lequel ces pensionnaires, devenues anonymes, étaient impitoyablement maintenues, s'apparentaient aux caractéristiques de l'emprisonnement. Des femmes participaient à l'accomplissement d'une violence légitimée par toute une population se défaussant de toute responsabilité en se rangeant derrière une morale fallacieuse soi- disant religieuse. Décidément de Joséphine à Fantine, puis de Maureen à Tess d'Urberville**, le destin des femmes n'en finissait plus de les martyriser, de les jeter dans les pires épreuves dès leur plus jeune âge au nom de la suprématie masculine. Combien de femmes encore devraient souffrir de la nature de leur «genre» avant que l'on ne pourfende ces règles injustes où la victime est seule responsable de sa condition?
A suivre
* Les couvents de la Madeleine (Magdalene asylum) sont issus du «Rescue Movement» qui prit naissance en Grande Bretagne et en Irlande au cours du XIXe siècle, et qui avait pour but la réhabilitation de femmes dites «perdues» ( terme désignant celles qui avaient eu des relations sexuelles hors mariage: prostituées, victimes d'abus sexuels, ou encore dont la sexualité était jugée trop précoce ou même celle dont la joliesse menaçait la pudeur).
De même que Marie-Madeleine avait lavé les pieds du Christ en signe de pénitence, les pensionnaires devaient accomplir des travaux de blanchisserie, afin de laver symboliquement leurs péchés. Cette activité commerciale permettait bien évidemment des rentrées d'argent nécessaires à la bonne marche et à l'entretien des couvents.
On parla très peu de l'existence de ces foyers jusqu'à ce que, en 1993, un ordre de sœurs à Dublin vendit une partie de son couvent à un promoteur immobilier, où la découverte d'une centaine de tombes anonymes frappa l'opinion.
Les conditions qui régnaient dans les couvents et les traitements subis par les pensionnaires ont été dépeints de façon frappante dans le film de Peter Mullan, The Magdalene Sisters (2002), justement salué par la critique.
Petit résumé du début du film: En Irlande, dans le comté de Dublin, en 1964. Lors d'un mariage, Margaret est violée par son cousin. La honte s'abat sur toute la famille. Au petit matin, le curé de la paroisse vient chercher Margaret.
Bernadette est pensionnaire dans un orphelinat. En grandissant, devenue jolie, elle suscite la convoitise des jeunes gens du quartier devant lesquels elle ne baisse pas les yeux. Considérant que sa nature et son caractère la destinent au pire, la direction de l'orphelinat la confie alors à l'unique institution susceptible de la maintenir dans le droit chemin.
Rose, qui n'est pas mariée, vient de donner naissance à un petit garçon. Séparée de son bébé, elle est emmenée au couvent des sœurs de Marie-Madeleine.
** Roman de Thomas Hardy,écrit en 1891 dont l'héroïne est victime de la morale sexuelle conservatrice de son époque.
La quête, adaptée en français par Jacques Brel, Don Quichotte de la Mancha (comédie musicale adaptée du roman de Cervantés)
Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure,
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête,
Suivre l'étoile
Peu m'importent mes chances
Peu m'importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l'or d'un mot d´amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s'éclabousseraient de bleu
Parce qu´un malheureux
Brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s'en écarteler
Pour atteindre l'inaccessible étoile.
