Chansons du Chapitre 6 : All These Things That I've Done by The Killers - Trouble Is A Friend by Lenka
Bonjour ? Bonsoir ?
Y a-t-il toujours quelqu'un dans les parages ? Comme d'habitude, je ne peux faire qu'une seule chose pour cet incroyable retard : m'excuser. J'espère que vous serez tout de même restées fidèles à l'histoire et que ce chapitre que vous avez attendu pendant un sacré bout de temps ne vous décevra pas. Je dois avouer que j'ai beaucoup buté sur celui-là. Mais l'avantage -s'il y en a un- est que c'est le plus long chapitre que j'ai posté pour l'instant ! Héhé. Avec un peu de chance, ça vous calmera assez pour ne pas m'envoyer des colis piégés ou des tomates pourries en pleine figure. (L'espoir fait vivre comme on dit.)
Bon, je ne vais pas m'éterniser non plus et je vous laisse découvrir ce nouveau chapitre et on se retrouve en bas.
Bonne lecture !
Lorsqu'Isabella rentra finalement chez elle, elle fut heureuse de retrouver le silence paisible qui régnait dans son appartement et qui l'aidait à se calmer petit à petit, oubliant tout le stress qu'elle avait accumulé durant cette journée interminable et sa prise de bec avec l'un de ses associés.
En y repensant, elle s'en voulait encore de s'être emportée contre sa pauvre assistante, qui était pourtant des plus compétentes, mais cette dernière s'était trouvée sur son chemin juste après qu'elle soit sortie de son bureau et qu'elle ait mis fin à cette conversation téléphonique assez virulente.
Si elle se comparait à ses compères et comment ils pouvaient parfois traités leurs secrétaires, elle avait été gentille et jouait encore dans la cours des enfants. Mais elle n'aimait pas le fait d'avoir utilisé des termes trop durs à son goût envers une de ses employés et de lui avoir parlé d'un ton trop sec et distant, qui pouvait aisément passer pour de la méprise.
De son point de vue, ils étaient tous égaux et travaillaient tout aussi dur qu'elle, alors l'idée d'avoir manqué de respect à une personne qui ne lui avait rien fait et n'était absolument pas la raison de son énervement lui déplaisait et la rendait presque honteuse.
Ses parents lui avaient inculquée des valeurs qu'elle s'efforçait d'appliquer chaque jour et le respect envers autrui était l'une de ces règles fondamentales, encore plus pour une personne qui pourrait être sa mère et qui se montrait toujours compréhensive et attentive envers elle.
Son assistante ne lui en avait pas voulu et avait tout de suite répondu qu'elle n'avait pas à lui demander pardon, lorsqu'elle était venue lui présenter ses excuses. Mais même après cela, elle ne se sentait pas à l'aise à ses côtés et s'en voulait toujours autant de s'être comportée ainsi. Ce n'était absolument pas dans ses habitudes.
Elle ne souhaitait pas avoir une relation de dominant-dominé avec son assistante, mais plutôt une de confiance, vu que cette dernière était quelque part son second bras droit après Royce.
Bella se laissa tomber lourdement sur son canapé, avant d'inspirer profondément et de décider que demain, elle lui offrirait une boîte de chocolat et un café pour tenter de se faire pardonner, ou en tout cas se sentir un peu mieux. L'idée lui sembla totalement stupide et elle grogna à cette constatation, mais finit par se dire que c'était l'attention qui comptait et que ça devrait tout de même faire plaisir à sa secrétaire.
Elle se releva et se dirigea vers sa chambre pour enfiler des vêtements plus confortables que sa jupe de tailleur, tandis que son chat se décidait à finalement faire son apparition et commençait à se frotter à ses jambes pour lui souhaiter un bon retour.
Elle le caressa pendant quelques instants, avant de se rendre de nouveau à son canapé et d'allumer sa télé, pour trouver une bonne série ou un film qu'elle connaissait qui passait sur une chaîne.
Elle allait s'asseoir à nouveau lorsque quelqu'un frappa à sa porte à plusieurs reprises, faisant râler la petite brune qui jeta un coup d'oeil à son portable pour voir l'heure et qui lâcha un juron en voyant qu'il était plus de dix heures du soir.
« Isabella Marie Swan ! Ouvre cette putain de porte tout de suite, ou je te jure que je te la défonce dans les prochaines secondes ! » entendit-elle hurler sa meilleure amie de l'autre côté de sa porte d'entrée, alors que ses coups redoublaient d'intensité et qu'elle entendait faiblement Royce essayer de la calmer.
À peine eut-elle eu le temps d'ouvrir le verrou que sa porte claquait violemment contre le mur d'à côté et que Rosalie entrait en trombe dans son appartement, marmonnant comme une vieille femme enragée dans sa barbe inexistante.
« Période de crise ? » demanda discrètement la jeune héritière à son cousin, après avoir reculé de trois grands pas pour ne pas se prendre la porte dans la figure ou se trouver sur le chemin de son amie, qui l'aurait certainement envoyée à son tour s'écraser contre le mur.
« Période de crise ? Tu te fous de moi, Bella ! Ce n'est pas une de ses petites crises habituelles, là. C'est l'ouragan Katrina, le tsunami de 2004, Hiroshima et Nagasaki réunis ensemble en une seule et même personne ! Et en l'occurrence, en la grosse folle blonde qui te sert de meilleure amie et moi d'ancienne fiancée qui m'aurait castré si je l'avais laissée faire ! Y aura plus de victimes qu'à Pompéi lorsque leur volcan s'est réveillé et a cramé tout le monde, d'accord ?! » lui cria-t-il dans un murmure, pour ne pas se faire entendre par l'avocate qui était prête à exploser d'une minute à l'autre.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » demanda-t-elle d'une voix un peu trop forte qui capta l'attention de Hale.
« Tu veux savoir ce qu'il s'est passé ? Tu veux vraiment savoir ce qu'il s'est passé ?! Eh bah, je vais te le dire, moi, ce qu'il s'est passé ! » répliqua-t-elle avec rage, s'égosillant presque, faisant fuir le chat de la maîtresse de maison qui était encore à ses côtés. « Et après j'irai traqué ce balourd de mes deux, pour lui faire bouffer sa petite bite de merde de puceau de quatre centimètres et le dépecer entièrement ! Voilà ce que je ferai après, » continua-t-elle à hurler comme une hystérique.
Les deux cousins écarquillèrent simultanément leurs yeux, choqués de l'entendre autant jurer en si peu de phrases, alors que Royce lâcha malgré lui, « Putain, qu'est-ce que je suis heureux de ne plus être ton mec à l'instant. »
L'intéressée se retourna immédiatement vers lui avant d'assener d'une voix glaciale qui fit déglutir le jeune homme : « Tu devrais plutôt t'estimer chanceux que je ne m'énerve pas contre toi, alors que tu m'as laissée seule au bar avec ce connard. »
Bella resta quelques instants figée, ne sachant pas comment réagir, ayant peur de recevoir à son tour les foudres de la grande blonde, mais finit par se secouer intérieurement et proposa à ses deux invités surprises quelque chose à boire.
« Je vais me prendre une bière, » décréta Royce, trop heureux de pouvoir se défiler et de laisser l'hystérique avec qui il avait vécu pendant presque deux ans à sa cousine. « Ne bouge pas ! » se précipita-t-il d'ajouter lorsqu'il vit celle-ci se lever pour le suivre. « Je connais le chemin, » conclut-il en lui adressant un clin d'oeil, tandis qu'il les laissait seules le plus rapidement possible tout en essayant d'éviter le regard noir de Rosalie.
La petite brune attendit patiemment qu'il ne quitte la pièce et se prépara à désamorcer la bombe qui se trouvait dans son salon.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé cette fois ? » demanda-t-elle d'une voix douce, qui contrastait parfaitement avec le regard toujours haineux et horriblement distant de sa meilleure amie.
« N'essaye pas de te la jouer tendre avec moi, Swan ! Pas ce soir, compris ? Je suis bien trop énervée et hors de moi pour imaginer la possibilité de me calmer ! Quand je te dis que je vais aller buter ce putain de connard, je suis sérieuse ! » démarra-t-elle au quart de tour.
Isabella n'osa même pas lui dire que si elle continuait à crier ainsi, elle allait lui donner une atroce migraine, préférant encore un mal de tête à une Rosalie Hale en colère contre elle.
« Tu sais ce que cette fiote m'a fait ? Tu le sais ? Jamais de toute ma vie je n'ai eu l'impression qu'on m'avait manquée autant de respect que ce soir ! Tu comprends ça ? » continua-t-elle après avoir commencé à faire les cent pas dans le salon.
« Raconte-moi ce qu'il s'est passé, Rose, » répéta la petite brune, faisant preuve d'une patience absolue, malgré le fait qu'elle se sente d'ors et déjà désolée pour son amie.
« Avec Royce, on est allés prendre un café après le travail. Il m'a dit que vous aviez eu tous les deux une longue journée et moi, je venais de boucler un dossier qui était un pur casse-tête, alors je lui ai proposé qu'on se boive un petit verre avant de rentrer chez nous. Bref. Royce se barre pour aller fumer sa clope ou aller aux toilettes, je ne sais plus, et y a ce type qui se ramène au comptoir et commence à me faire des avances, » explique-t-elle à toute vitesse, prenant à peine le temps pour reprendre sa respiration. « Alors tu me connais, je le rembarre d'abord gentiment mais cet empaffé persiste ! Donc je lui sors que je suis accompagnée -ce qui n'était pas faux- et là, tu sais ce qu'il me sort ? Tu le sais ? Il me dit 'T'inquiète poupée, je te payerais le double de ce qu'il te donne pour pouvoir passer la soirée avec toi.' ! Et complètement calme ! Comme si tout était normal alors qu'il venait juste de me prendre pour une catin d'accord ? » continua-t-elle sur sa lancée, sa voix montant progressivement dans les aigus. « Mais comme la grosse conne que je suis, je me suis dit que j'avais mal entendu et je lui ai demandé de répéter. Et ce sombre idiot l'a fait ! Tu te rends compte, j'espère ? » s'emporta-t-elle encore un peu plus. « Alors j'ai commencé à m'énerver et je lui ai dit qu'il se trompait et qu'il devrait se barrer tout de suite avant que je ne pète réellement un câble, mais ce con, il continue ! Et tu sais ce qu'il m'a sortie ? Qu'une 'meuf aussi bien roulée que moi ne peut être qu'une pute' ! Je te jure Bella, je ne sais pas ce qu'il s'est passé, Gandhi a dû se réincarner en moi juste à cet instant, parce que je lui ai calmement et poliment dit que je n'étais pas une putain de péripatéticienne, mais une avocate ! » continua-t-elle.
« Tu ne l'as pas frappé ? Même pas insulté ? » s'étonna sa meilleure amie, presque déçue.
« Non ! Enfin pas à ce moment là, » rajouta-t-elle à voix basse, ce qui fit glousser la petite brune. « Bref. Je m'apprête à partir la tête haute et laisser ce connard derrière moi quand il me plaque contre lui et commence à me palper le cul ! J'ai même pas réagi sur le moment, je crois que j'étais trop choquée pour faire quoi que ce soit. Et là, il me dit, 'Normalement les meufs qui se la jouent difficiles m'excitent mais on sait tous les deux que t'es un coup assuré bébé.' ! » continua-t-elle. « Et là, je peux te dire que j'ai pété le câble de ma vie. D'où ce type s'est permis de toucher à mon cul sans ma permission et de continuer à m'insulter ?
-Qu'est-ce que t'as fait alors ? » la coupa-t-elle.
« Je l'ai frappé, évidemment ! Et à trois reprises en plus, » répliqua-t-elle comme si c'était tout à fait normal. Bella réussit à retenir son rire et lui demander où était passé Gandhi. « Un coup de genoux bien placé et un coup de poing dans sa face de porc, je te le promets, ça défoule ! Tu devrais essayer avec Jacob, je suis sûre que ça te ferait du bien, » rajouta-t-elle presque taquine.
Swan se permit de sourire, heureuse de voir que l'humeur de son amie commençait à s'éclaircir.
« Et la troisième fois ? » demanda la jeune héritière, après avoir pris une gorgée de son coca et attendu quelques minutes pour laisser la grande blonde reprendre sa respiration.
« Quoi la troisième fois ? » répéta-t-elle, plongée dans ses pensées.
« Tu m'as dit que tu l'as frappé trois fois, mais tu ne m'as racontée que deux de tes coups.
-Ah oui, je lui ai foutu deux coups de poing comme il ne s'était pas écrouler au sol avec le premier. Je crois même que je lui ai peut-être pété le nez, vu comment il saignait, » expliqua-t-elle avec contentement.
« Et Royce là-dedans ? Ça m'étonne qu'il n'ait rien fait et n'ait pas pris ta défense, » douta la cousine de ce dernier.
La jeune avocate poussa un long soupir, après s'être assurée que son ancien amant était toujours planqué dans la cuisine à attendre que la tempête passe, et alla s'asseoir aux côtés de Bella.
« Il n'était pas là quand ça s'est passé. Il est arrivé au moment où le mec tombait à terre après mon troisième coup, » expliqua-t-elle avec un petit sourire. « Et sans même savoir ce qu'il s'était passé, il a pris ce type par le col et lui a fait comprendre que s'il m'approchait encore une fois, il le lui ferait regretter. »
Bella ne put s'empêcher de rigoler doucement, imaginant parfaitement le tableau et ce pauvre inconnu victime de ce duo infernal, même si elle ne se sentait absolument pas désolée pour ce misogyne de première qui avait complètement mérité ce qu'il se passait.
« Je t'avais dit que ton honneur serait toujours sauf avec Royce, » lui rappela-t-elle. Rosalie sourit à nouveau, commençant à se calmer progressivement.
« N'empêche, j'étais tellement étonnée de le voir réagir comme ça. Il ne savait même pas ce qu'il se passait, qu'il prenait ma défense.
-Il a dû estimer que si tu avais frappé un homme, c'est qu'il y avait une bonne raison et qu'elle n'était pas tolérable pour qu'il la laisse passer, » expliqua Bella, avant de reprendre avec plus de dynamisme et d'entrain, sachant parfaitement comment elle devait agir dans ce genre de moment. La laisser seule un petit moment pour qu'elle se calme et la chouchouter autant qu'elle le pouvait sans que son amie ait l'impression d'avoir à nouveau cinq ans.
« Allez Hale, tu vas me faire le plaisir de bouger tes fesses. Va prendre une douche bien chaude et va te changer, y a certainement d'anciennes fringues à toi qui trainent quelque part dans ma penderie. Pendant ce temps, Royce et moi allons commander des pizzas, et après le repas on se regardera un film. »
Elle ne lui laissa même pas le temps de lui répondre qu'elle l'entrainait dans sa chambre et la poussait à l'intérieur, avant de refermer la porte derrière elle et de se rendre dans la cuisine où son cousin attendait toujours.
« Déjà ? » s'étonna-t-il dès qu'elle apparut dans son champs de vision.
« Elle avait seulement besoin d'extérioriser un peu.
-Tu veux plutôt dire qu'elle n'avait plus qu'à extérioriser. Elle a passé ses nerfs sur moi avant qu'on arrive chez toi. Ça, je peux te le garantir, » la corrigea-t-il. « Attends, elle s'est même excitée contre le pauvre capot d'une bagnole sur la cinquième avenue, » reprit-il en voyant le regard moqueur que la jeune femme lui lançait.
Elle ne chercha même pas à savoir pour quelles raisons elle avait pu s'énerver. Quand leur amie était lancée, elle démarrait au quart de tour pour n'importe quelle raison et on ne pouvait pas l'arrêter.
« Bref qu'est-ce qu'on mange ? » Bella leva les yeux au ciel, en voyant avec quelle facilité il pouvait changer de sujet et surtout comment il n'arrivait pas à réfléchir autrement que par son estomac.
« Pizzas. Ça te va ?
-Évidemment, » répliqua-t-il comme si c'était une évidence. « Où est passée Rose, d'ailleurs ?
-Elle est en train de prendre une douche et de se changer les idées. Une quatre fromages pour toi, c'est ça ? » répondit-elle, sa question étant purement rhétorique puisqu'elle savait bien ce qu'il prenait depuis le temps. « N'empêche, j'ai été surprise que tu n'aies rien fait de plus que de menacer ce mec, » continua-t-elle après avoir attrapé son portable et composé le numéro de téléphone de la pizzeria.
« Il est probable que j'ai envoyé un message à Jasper pour qu'il termine le travail, » dit King d'un ton désinvolte.
« Je suppose que je dois aussi commander pour Jazz' alors ? » le coupa-t-elle en attendant que quelqu'un réponde à l'autre bout du fil. Royce n'acquiesça que d'un mouvement de tête, avant de retirer sa veste et de boire au goulot de sa bière.
« J'aurais adoré m'occuper de ce type moi-même, mais si on était resté encore une minute dans ce bar, le videur et le gérant nous auraient foutu dehors et dénoncé à la police. En plus, Rosalie avait définitivement besoin d'une personne pour la calmer et l'empêcher de se faire renverser par une voiture. Et le fait de savoir que ce con va recevoir ce qu'il mérite m'aide à garder mon calme et à ne pas réagir comme l'autre folle tout à l'heure, » continua-t-il à lui expliquer, en lui faisant un petit clin d'oeil à la fin de sa phrase, ce qui fit sourire la petite brune de toutes ses dents.
« Je plains ce type tout de même, ça sera certainement la pire soirée de toute sa vie. D'accord il l'a mérité, mais tout le monde sait que Jasper est très protecteur envers sa soeur et qu'il fait froid dans le dos quand il est énervé.
-Il l'est aussi envers toi, » rétorqua son cousin. « Protecteur, je veux dire ; pas énervé. À vrai dire, on l'est tous avec toi. Je ne sais toujours pas comment tu as réussi à m'empêcher de frapper Jacob vu le nombre de fois où mon poing me démangeait. Mais si tu peux être certaine d'une chose, c'est que si un jour, un autre mec se permet de te blesser, Jasper, moi et sans aucun doute Rose seront là pour lui botter le cul et le lui faire regretter.
-Parfois je me demande si vous trois n'avez pas des problèmes de comportement. Tu sais à gérer votre colère ou votre agressivité, » lui dit-elle avec un petit sourire en coin qui flottait sur ses lèvres.
Elle l'entraina dans un bref câlin pour tout de même le remercier, qui mit fin lorsqu'un des livreurs répondit finalement et répéta le message de bienvenu de la société.
Après avoir ordonné les pizzas, Bella raccrocha et déposa son téléphone sur le comptoir de sa cuisine, tandis que son cousin lui servait un nouveau verre de coca.
Il attrapa le smartphone de la petite brune pour jouer à un de ces jeux stupides qu'elle avait mais qu'il adorait tant, jusqu'à ce qu'il allume l'écran, fasse une fausse manip' et tombe sur son répertoire et plus précisément sur le dernier numéro qu'on avait enregistré à l'intérieur.
« Edward Cullen ? Ce n'est pas le jeune homme que tu as rencontré à notre réception pour Marks compagny ? » s'étonna-t-il. « T'as revu ce type sans nous en parler ? » continua-t-il avec suspicion, plissant légèrement ses yeux.
Bella fut surprise de sa question, mais ne sembla pas gênée plus que d'habitude et répliqua même avec taquinerie. « Hop, hop, hop. King, rends-moi mon téléphone. Cette histoire est réservée à Rosalie.
-Et pourquoi pas à moi ?
-Parce que Rose a besoin de se changer les idées, si je ne veux pas que mon appartement se transforme en champ de bataille et que je sais que c'est ce genre de chose qui va lui faire complètement oublier l'incident de tout à l'heure.
-C'est l'excuse la plus pourrie que je n'ai jamais entendu de toute ma vie.
-Je sais, mais c'est la seule chose qui m'est venue en tête, » concéda-t-elle en grimaçant légèrement.
Il lui adressa un bref sourire moqueur, avant de crier à pleins poumons : « Rosalie ! Ramène-toi ici s'il te plaît ! » Royce King n'aimait pas attendre. Quand il voulait savoir quelque chose, il voulait le savoir tout de suite.
« Qu'est-ce que tu veux encore, Royce ? Laisse-moi m'habiller ! » hurla à son tour l'interpellée, juste après que les deux cousins aient entendu la porte de la chambre à coucher claquer contre un des murs.
« Bella a quelque chose à te raconter ! » L'intéressée lui fit les gros yeux et lui donna un léger coup de poing à l'épaule qui ne le fit même pas ciller.
« Ça peut attendre tout de même ! Il n'y a pas mort d'homme ! Arrête d'être aussi nerveux et impatient !
-Je peux te garantir que tu perdrais toute ta patience légendaire Hale, si tu savais de quoi elle veut parler ! » lança-t-il sarcastique.
« Mais oui, tout à fait, Roy-
-Deux mots : Edward Cullen ! » la coupa-t-il et en un temps record, la jeune femme blonde se trouvait dans la cuisine, uniquement vêtue d'un jean abîmé par le temps et son soutien-gorge noir, son haut se trouvant toujours dans sa main alors que Royce affichait un sourire triomphant. « Tu vois ? Je te l'avais dit.
-Edward Cullen ? » demanda-t-elle, toute son attention portée sur Bella alors qu'elle ignorait du jeune homme. « Quoi Edward Cullen ? Quel Edward Cullen ? Le Edward Cullen qu'on a rencontré ? Le Edward Cullen médecin ? Le Edward Cullen avec qui t'as passé toute ta soirée à la réception ? Le Edward Cullen qui te drague ? Le Edward Cullen qui pourrait être celui qui va te faire oublier Black ? Le Edward Cullen super sexy ? Le Edward Cullen qui ressemble plus à un mannequin qu'autre chose ? Ce Edward Cullen là ? » lâcha Rosalie à toute vitesse. « Tu parles bien de ce Edward Cullen, n'est-ce pas Bella ? » reprit-elle après quelques secondes en voyant sa meilleure amie cligner à plusieurs reprises des yeux, comme choquée par quelque chose.
À vrai dire, ça faisait trop de Edward Cullen à entendre en si peu de temps pour Isabella qui avait du mal à enregistrer ce que la grande blonde venait de lui dire.
« Ouais, ce Edward Cullen, » répondit Royce à la place de sa cousine. « Et elle ne veut pas en parler le temps que tu n'étais pas là.
-Eh bien, je suis là désormais, juste sous tes yeux, » s'empressa la jeune femme de répliquer. « Alors, qu'est-ce qui s'est passé ? Y a du nouveau ? Tu l'as revu ? » continua-t-elle avec toutes ses questions.
« Apparemment oui, puisque maintenant elle a son numéro de téléphone dans son répertoire, » répondit-il simplement, ce qui la fit lâcher un étrange bruit de surprise.
« Je n'arrive pas à croire que tu ne m'en aies pas parlé, Swan ! »
L'avocate enfila à toute vitesse son t-shirt et s'installa sur une des chaises hautes qui se trouvaient dans la cuisine, avant de tapoter sur le siège à côté d'elle pour que sa meilleure amie la rejoigne.
« Absolument pas lunatique comme fille, » marmonna ironiquement la petite brune, qui revenait à elle doucement et qui obtempéra tout de même à sa demande.
« Allez ! Dis-nous tout !
-Ouais, crache le morceau Bell's, » ajouta plus calmement leur ami, qui les avait rejoint en s'asseyant sur le comptoir qui leurs faisait face.
Et c'est ce qu'elle fit, n'ayant pas vraiment d'autres choix. Elle leurs raconta comment elle s'était encore ridiculisée en public et avait taché sa chemise. La ballade qu'ils avaient faite dans Central Park. La manière dont il l'avait faite rire et avait réussi à la mettre à l'aise -même lorsqu'ils avaient abordé le sujet de son mariage qui était en train de prendre fin. Et son étonnement de s'entendre si bien avec lui et de ne pas avoir réellement vu le temps passer.
À la fin de son récit, Rosalie affichait un sourire qui pouvait concourir avec celui du Chat du Cheshire d'Alice au pays des merveilles tandis que Royce haussait un sourcil interpellé, avant de se lever et de se précipiter une nouvelle fois sur le portable de sa cousine.
Bella n'arrivait pas à comprendre l'excitation de son amie, qui semblait être la fan numéro une d'Edward Cullen, mais elle ne préféra faire aucune réflexion pour l'instant.
« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda Hale, interpellée.
« Je regarde ce qu'elle lui a envoyé comme message.
-Oh oui ! Bonne idée ! » répliqua-t-elle, tout en se levant précipitamment pour le rejoindre, regardant avec difficulté par dessus l'épaule du jeune homme. « Qu'est-ce que tu lui as écrit, Bell's ?
-Rien, » avoua-t-elle après quelques secondes de silence, sentant ses joues commencer à lui chauffer.
Le sourire de Rosalie se crispa deux secondes avant qu'il ne s'élargisse encore un peu plus. « Tu l'as appelé, c'est ça ? Meilleure idée, tu as rai-
-Non plus... » la coupa Isabella, mal à l'aise, ayant l'horrible impression qu'elle allait se faire sermonner comme une petite fille de cinq ans ou comme sa conseillère d'éducation l'avait fait lorsqu'elle avait seize ans et s'était faite prendre la main dans le sac avec Angela quand elles avaient tenté de faire le mur de leur internat pour la soirée.
« Tu ne l'as pas relancé ? » demanda King après qu'un long silence pesant se soit installé entre eux, tandis que l'avocate venait de fermer les yeux, tentant vainement par tous les moyens de garder son calme et ne pas paraître brusque quand elle recommencerait à parler.
« Tu veux dire qu'un mec comme Edward Cullen, qui a l'air gentil, pas trop con et dont le physique n'est pas à cracher dessus, te laisse ses coordonnées pour que tu le recontactes, et toi ? Toi ! Toi, tu ne l'appelles pas, ne lui donnes aucun signe de vie. Tu pourrais aussi crever la bouche grande ouverte qu'il ne le saurait pas ! » lâcha la grande blonde incrédule, après que la petite brune ait répondu par la négative à la question de son cousin.
« Qu'est-ce que tu voulais que je fasse ? J'ai été avec Jacob pendant plus de trois ans. Je ne savais pas quoi répondre ou envoyer comme message à Edward, moi. Je préfère encore ne lui donner aucune nouvelle et qu'il m'oublie, plutôt que de passer pour la cruche de service, » expliqua-t-elle sur la défensive.
« Purée, elle est irrécupérable, » marmonna son amie en plaquant une main sur son visage.
« Et nous appeler pour qu'on te donne un conseil ? Ou que même Rosalie t'écrive complètement ce que tu aurais à lui dire quand tu lui téléphonerais ne t'est pas venu à l'esprit ?
-Le comble, c'est que je suis carrément prête à le faire, » répliqua l'interpellée.
« Mais ça ne serait absolument pas naturel ! On n'est pas dans une pièce de théâtre, il n'est pas idiot, il se doutera bien de quelque chose. Et ce serait bien pire s'il apprend que deux de mes amis ont été obligés de me coacher pour que je puisse lui parler sans me ridiculiser une nouvelle fois !
-Mon Dieu, venez-moi en aide, » supplia Hale désemparée. « Écoute Bella, tu sais que je t'adore, mais honnêtement, ce type doit vraiment être intéressé par toi s'il t'a donné son numéro de portable alors que tu t'es déjà ridiculisée bien trop de fois à mon goût en sachant le peu de temps que vous avez passé ensemble ! Alors une honte de plus ou une honte de moins, je peux t'assurer que tu n'es plus à ça de près ma vieille.
-Tu exagères un petit peu, là, tu ne penses pas ? » se vexa la petite brune, alors que Rosalie ne prit même pas la peine de lui répondre et ne fit que hausser un sourcil sceptique et presque moqueur.
Isabella repensa à toutes les gaffes qu'elle avait pu faire en la présence du jeune médecin et finit par pousser un long soupire, prenant un grand coup sur son égo quand elle se rendit compte qu'elle avait raison.
« Alors, je peux comprendre et j'encourage même le fait que tu veuilles rester la plus naturelle et honnête possible avec lui, mais tu ne peux pas non plus ne rien faire et le laisser attendre comme un idiot, » reprit sa meilleure amie plus calmement. « Comme tu l'as dit, tu es à l'aise avec lui et il te fait rire. Il ne faut pas chercher plus loin, Bell's. Surtout que c'est plutôt un bon début sachant que vous ne vous connaissez presque pas. Tu ne dois pas être trop exigeante avec les hommes, tu sais ? En plus, ce n'est pas comme si on te demandait de trouver l'amour de ta vie dans les jours qui suivent. Nous, on veut juste que tu sois heureuse et que tu rencontres un type bien qui te fasse oublier ce divorce complète pourri qui s'éternise. Tu dois t'amuser un peu. Et même si ce rendez-vous avec Edward ne marche pas, tu auras au moins essayé. »
Royce, qui se trouvait toujours aux côtés de son ancienne compagne, avait ponctué chacune de ses phrases par de vigoureux hochements de tête positif, approuvant complètement ce qu'elle disait.
« Puis, vous pourriez rester amis. Ou mieux, être amis mais avec quelques avantages, » lâcha-t-il avec un grand sourire et en hochant successivement ses sourcils de manière joueuse, ce qui lui valut un bon coup de poing à l'épaule de la part de Rosalie. « Quoi ?
-Pervers, » répondit-elle en levant les yeux au ciel.
« Tu ne peux vraiment penser qu'à ça, n'est-ce pas ? » demanda sa cousine avec taquinerie, après quelques instants.
« Tu me fais presque penser au vieux porc de tout à l'heure quand tu nous sors des stupidités pareilles, » ajouta leur amie.
« Ouais, ouais. Je connais la chanson, pas besoin de la répéter. Je suis un sale type, doublé d'un obsédé sexuel, triplé d'un goujat de première classe et vous ne savez toujours pas comment vous arrivez à me supporter, » rétorqua-t-il faussement vexé, en se dirigeant vers le balcon de la cuisine. « Et maintenant, si vous le permettez, le gros con va aller se fumer une clope dehors avant que la vielle mégère qui lui sert de cousine ne hurle comme une harpie parce que son appartement pue la cigarette, » finit-il de dire en envoyant un sourire en coin à l'intéressée.
Rosalie ne lui prêta aucune attention et avant qu'il n'ait eu le temps de refermer la double porte en verre, elle tendait à Bella son portable qui l'attrapa sans vraiment faire attention.
« Maintenant va dans ta chambre.
-Pardon ? » lui demanda-t-elle un peu perdue.
« Tu vas me faire le plaisir d'aller dans ta chambre et d'appeler Edward, pour que vous puissiez vous arranger un rendez-vous la semaine prochaine, ou encore mieux ce week-end, » expliqua-t-elle tout en laissant un air autoritaire apparaître sur son visage.
La petite brune laissa échapper un soupire las, ayant vainement espéré que le sujet serait clos pour la soirée, avant que son regard ne se porte que l'horloge de son four micro-ondes et qu'elle commence à protester.
« Rose ! Il est presque vingt-trois heures ! Je ne peux pas l'appeler, il est peut-être en train de dormir.
-Oh, arrête de te trouver des excuses Bella ! Personne ne dort si tôt, alors qu'il ne bosse pas le lendemain !
-Mais ce n'est pas correct ! C'est beaucoup trop tard. S'il ne dort pas, il doit certainement être avec des amis ou être occupé !
-Oui, à regarder une merde à la télé comme tu t'apprêtais à le faire avant qu'on arrive chez toi, » répliqua l'avocate. « Ok, ok, j'ai compris, » ajouta-t-elle quelques secondes plus tard en marmonnant, après avoir vu les gros yeux que lui faisait son amie.
Elle lui reprit des mains le téléphone et commença à taper rapidement sur le clavier, avant de reposer le portable sur le comptoir.
« Qu'est-ce que tu as fait ? » lui demanda la petite brune presque paniquée.
« Je lui ai envoyé un message en ton nom.
-Et ?
-Et je t'ai excusé de ne pas l'avoir contacté avant, » ce fut au tour de la grande blonde de faire les gros yeux à son amie, « et lui ai demandé de t'appeler s'il n'était pas occupé ou en train de dormir.
-Tu penses qu'il va appeler ?
-J'espère. Mais au pire, j'ai dit que tu l'appellerais demain en fin de matinée.
-Rosalie ! » s'énerva la petite brune.
« Quoi ? Il faudra bien que tu te jettes un moment ou l'autre dans la gueule du loup, Bella.
-Peut-être, mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi tu me pousses à moitié dans ses bras ! Ce n'est pas le premier qui a essayé de me draguer depuis que je me suis séparée de Jacob et jusqu'à maintenant, tu ne t'étais jamais permise d'interférer. Alors pourquoi lui ? Hein ? Peux-tu juste m'expliquer pourquoi tu es en train de devenir la plus grande fan d'Edward Cullen ?
-Honnêtement ? J'en sais rien. Je ne sais pas, je le sens bien ce type, c'est tout. Malgré tout ce que tu as pu faire ou dire pour le repousser, il persiste et semble vraiment intéressé par toi. Je te le jure, il m'a impressionnée au parc, quand tu ne faisais que rejeter ses propositions et qu'il ne se démontait pas. Il aurait dû vachement se refroidir, crois-moi. Puis, rien que le fait qu'il soit venu t'aider à te relever et se soit inquiété pour toi alors que tu t'étais ramassée devant tout le monde montre que c'est un chic type. Jacob n'aurait jamais fait ça, j'en mets ma main à couper. Et il semble assez gentil, drôle à ce que tu me dis et il a ce côté rassurant dont tu as besoin et que Black n'avait définitivement pas malgré ses tonnes de muscles. Alors, le temps que tu es à l'aise avec lui -ce qui est apparemment le cas- et qu'il te respecte, je ne vois pas pourquoi je serais contre l'idée que tu tentes quelque chose avec lui. Au contraire, même. »
Comme seule réponse, Isabella acquiesça d'un léger mouvement de tête et lui adressa un petit sourire, ne sachant pas quoi lui dire.
« Mais par contre, s'il dort à cette heure-là un début de week-end, ça ne risque pas de le faire entre vous deux. On est des couche-tard ici, » ajouta Rosalie, tout en fixant le téléphone et en fronçant les sourcils, juste avant que quelqu'un ne frappe à la porte d'entrée de l'appartement.
Bella attrapa son portable, le mit dans la poche arrière de son pantalon et alla accueillir le nouveau venu tout en continuant de rigoler à la remarque que sa meilleure amie venait de faire.
« Jazz' ! Comment tu vas ?
-Aussi bien que je pourrais aller après avoir fait comprendre à un misogyne qu'il valait mieux pour lui ne plus approcher ma soeur, » répondit-il d'un ton un peu sec. « Mais bon, ce n'était pas aussi drôle que ce que j'aurais cru, Rose l'avait déjà bien amoché, » expliqua-t-il, alors que ses yeux laissaient transparaître une certaine fierté, « et il nous a menacé de porter plainte pour agression.
-Qu'est-ce que tu lui a dit ?
-Que face à un harcèlement et des attouchements sexuels faits à une avocate, il se ferait lamentablement écraser. Et le coup qu'il s'est pris après en pleine figure le lui a fait bien comprendre. »
La petite brune afficha une petite grimace en voyant son poing droit amoché, lorsqu'elle le laissa entrer et l'entraîna dans la cuisine. Elle attrapa immédiatement des glaçons dans son congélateur, qu'elle entoura d'un torchon avant de le lui donner avec un petit sourire.
Jasper la remercia après s'être installé aux côtés de sa soeur et s'être assuré qu'elle allait bien, mais avant qu'il n'ait le temps de prendre ce qu'elle lui tendait, le téléphone d'Isabella commença à sonner dans sa poche.
« Cours dans ta chambre, » lui dit Rosalie, tout en attrapant les glaçons pour son frère. Swan se mordit la lèvre inférieure, mais acquiesça et se dirigea à grands pas vers sa chambre. « Bonne chance, chérie !
-Qu'est-ce qui se passe encore ici ? » demanda son jumeau complètement perdu, tandis que Bella décrochait finalement.
« Allô, oui ? » demanda-t-elle d'une voix incertaine.
« Isabella ?
-Edward ?
-Oui, bonsoir, j'espère que je ne vous dérange pas, » commença-t-il poliment.
« Non, non, ne vous inquiétez pas, si je vous ai demandé de m'appeler c'est que j'étais libre.
-Oh, très bien, vous me rassurez. Alors, comment allez-vous ? Heureuse d'être finalement en week-end ? À ce que j'ai compris de votre message, vous avez eu une semaine très chargée, » enchaîna-t-il alors que la jeune femme se reprochait de ne pas avoir lu ce que Rosalie avait bien pu lui envoyer.
« Oui, je suis d'ailleurs désolée de ne pas vous avoir téléphoné avant, ce n'est pas réellement correct de ma part mais j'ai terminé vraiment tard ces deux derniers jours, donc je ne voulais pas vous déranger ou vous réveiller ou je ne sais quoi. Mais on est Vendredi soir et je sais que vous n'avez pas encore commencé à travailler et comme c'est le début du week-end, je me suis permise de vous envoyer un message pour être sûre que vous ne dormiez pas.
-Aucun problème, » répondit-il, avant qu'un silence presque gêné s'installe aux deux bouts de la ligne. Aucun d'eux ne savant ce qu'ils étaient censés dire.
La petite brune alla s'installer sur son lit et finit par lâcher, après avoir pris une grande inspiration, « Je n'ai jamais été douée à parler au téléphone.
-Moi non plus, » avoua-t-il en rigolant doucement. « Enfin, je veux dire, par exemple, ce n'est pas un problème avec mes soeurs, mais c'est parce que je n'ai pas vraiment le choix. Sinon on ne se parlerait que deux fois par an, donc j'ai appris à faire avec. Mais je préfère clairement avoir les personnes en face de moi, plutôt qu'à l'autre bout d'un appareil électronique.
-Je suis tout à fait d'accord, » approuva-t-elle. « La plupart du temps, j'utilise mon téléphone uniquement pour parler brièvement avec mes proches ou donner rendez-vous avec mes amis -sauf quand ces derniers s'invitent chez moi sans me l'avoir demandé comme ce soir, » expliqua-t-elle.
« Vous n'êtes pas seule ? Vous auriez dû me le dire et on se serait rappelé demain.
-Oh non, ne vous inquiétez pas, ils sont certainement en train de dévaliser mon frigidaire à attendre que les pizzas arrivent, ils n'ont pas besoin de moi pour ça, » répliqua-t-elle en souriant.
« D'accord, comme vous le souhaitez... Alors, avez-vous une petite heure à libérer dans votre emploi du temps de ministre pour prendre ce café que je vous ai proposé ? » demanda-t-il, tandis que Bella commençait à rire, ne prenant absolument pas mal le fait qu'il ose la charrier gentiment.
« Je ne sais pas, êtes-vous libre Lundi soir ?
-Hum, non. Non, je ne vais pas pouvoir Lundi et Mardi, je commence mon internat cette semaine, vous vous souvenez ? Je vous en avais parlé.
-Oh oui ! Bien sûr, désolée, j'avais oublié. Au Presbyterian, c'est ça ?
-Exactement, oui. Et comme je commence avec une garde de quarante-huit heures, je-
-Quarante-huit heures ?! » le coupa-t-elle. « Vous voulez dire que vous allez travailler deux jours d'affilé sans repos ? Mais comment c'est possible ? Comment allez-vous faire ? » continua-t-elle, alors qu'Edward se retenait de rire en remarquant que sa réaction était très semblable à celle de sa soeur qui s'était emportée en apprenant la nouvelle et avait catalogué ces premiers jours de travail comme étant de la maltraitance, de la barbarie ou du bizutage et que cela ne devait certainement pas être légal.
« J'aurai certainement des pauses où je pourrais faire une sieste ou manger pendant ce temps, » expliqua-t-il. « Je ne suis qu'un interne pour l'instant, donc même quand il y aura des patients qui arrivent, je ne pourrais pas m'occuper d'eux. À moins qu'ils aient une petite brûlure ou qu'ils se soient coupé et que ça ne demande que deux ou trois points de suture.
-D'accord, d'accord, » marmonna la petite brune. « Heureusement pour vous tout de même, ça serait inhumain sinon. Enfin ! Quand auriez-vous voulu qu'on se voit ?
-J'avais pensé à ce week-end, mais si vous êtes prise, on pourra se faire ça un autre jour, c'est comme vous le voulez.
-Demain je suis libre.
-Ça vous va si on se retrouve vers le parc Battery Park Underpass, alors ? C'est vers la station de métro South Ferry, si vous connaissez.
-Pas vraiment, non... » avoua-t-elle.
« Alors, vous voyez Wall Street ?
-Plutôt oui, je dois parfois m'y rendre pour le travail, » répliqua-t-elle en rigolant doucement.
« Ah oui, c'est vrai, vous êtes une femme d'affaires, j'oubliais. Très bien, vous savez quoi ? On va se retrouver à la station de métro de Wall Street -disons à 15h ? Et depuis là-bas, je vous y emmènerai. Ça vous va ?
-Ça me semble parfait, » accepta-t-elle.
« Eh bien, je crois que nous avons réussi à se fixer ce rendez-vous, dîtes-moi.
-Et sans trop de silence gênant ! » ajouta-t-elle d'un ton enjoué, qui l'a surpris.
« Et sans trop de silence gênant, c'est vrai. Il ne faut pas l'oublier. Ce n'est pas n'importe quoi quand c'est avec deux personnes qui n'aiment pas parler au téléphone et qui ne se connaissent que depuis peu de temps, » souligna-t-il. « Enfin. Je crois que je vais vous laisser retourner auprès de vos amis.
-D'accord. Passez une bonne soirée Edward.
-Vous aussi, » dit-il, avant d'ajouter alors qu'elle s'apprêtait à mettre fin à cet appel. « Oh, et Isabella ?
-Oui ?
-À demain, » conclut-il, un sourire bien présent dans la voix, raccrochant immédiatement après, ne lui laissant même pas le temps de répondre.
~ EB ~
Isabella lissa une nouvelle fois les pans de sa robe d'été nerveusement devant sa glace. Elle ne comprenait pas pourquoi elle était si nerveuse, après tout ce n'était pas un rendez-vous galant n'est-ce pas ? Malgré que Royce ait affirmé le contraire ; lui, ne prendrait jamais la peine de faire en sorte de revoir une fille. La seule fois où il avait tenté d'en revoir une, c'était Rose et leur relation avait duré un peu plus de deux ans.
Mais un rendez-vous galant n'était-il pas censé inclure un dîner où les deux personnes apprennent à se connaître l'un l'autre ou quelque chose dans le genre ? Enfin, elle n'en était pas sûre puisqu'elle n'avait jamais eu de véritables rendez-vous galants, le type de relation qu'elle avait eu avec Jacob n'y prêtait pas vraiment. Edward et elle n'allaient que prendre un café ensemble.
Ce n'était pas grand chose -enfin, elle l'espérait.
Tout ce qu'elle savait c'est que l'attitude flirteuse et parfois taquine de Cullen lui plaisait bien et la séduisait légèrement, mais lui faisait un peu peur en même temps.
Rosalie s'était moquée d'elle de se prendre trop la tête pour ce rendez-vous, après avoir rouspété sur le fait qu'il fallait tout lui expliquer. « Ce n'est qu'un pauvre café ! » lui a-t-elle dit hier soir. « Si c'est réellement un rencard, tu ne le verras pas passer si ça tout va bien. Et si tu t'ennuies, c'est qu'il n'est pas bon pour toi... Mais peut-être pour moi, alors donne-lui mon numéro à l'occasion, » avait-elle réussi à rajouter avant de se prendre un oreiller en pleine figure de la part de la petite brune. « Plus sérieusement, le but principal est d'apprendre à le connaître un peu plus et voir si tu apprécies vraiment sa compagnie, tu n'as pas à te préoccuper de l'aspect officiel de ce rendez-vous ou du titre que tu peux lui donner. »
La jeune héritière n'avait pu qu'acquiescer et même si son amie avait réussi à la rassurer la veille, elle était désormais assez anxieuse à l'idée de ce café.
« Allez reprends-toi, Swan. Tu peux le faire, » s'encouragea-t-elle, avant de jeter un dernier regard au miroir qui lui faisait face pour être certaine qu'elle n'avait aucune tâche sur sa robe.
Elle finit par attraper son sac et sortir de chez elle, après avoir poussé un long soupire et passé une main lasse dans ses cheveux détachés.
La chaleur étouffante qui régnait dehors la surprit et la poussa à décider de prendre le métro, comme sa voiture devait certainement être un véritable sauna avec les températures externes, même s'il n'y avait pas une ligne direct depuis chez elle à Wall Street.
Après un peu plus de vingt minutes de trajet, elle arriva à destination et constata avec contentement qu'elle n'était pas en retard.
Elle alla s'appuyer contre le mur qui était à côté d'une vitrine d'une boutique, qui se trouvait à l'ombre et attrapa une pince dans son sac pour s'attacher les cheveux en un chignon désordonné.
« Isabella ? » entendit-elle l'appeler avant même qu'elle ne voit Edward, qui sortait à son tour de la bouche de métro, ses cheveux toujours autant en bataille et une paire de lunettes de soleil au nez.
Il retira ces dernières quand il arriva à sa hauteur pour la saluer, avant de lui faire la bise quelque peu hésitant.
« Comment allez-vous, aujourd'hui ? » lui demanda-t-elle avec un léger sourire qui flottait sur ses lèvres.
« Très bien, malgré le fait qu'il fasse si chaud ! C'est certainement une des seules choses que je n'aime pas à New York, il fait bien trop chaud en été, » répondit-il avec entrain, alors qu'elle ne pouvait qu'approuver ses dires.
Ils descendirent la grande avenue tout en échangeant quelques banalités, mais sans qu'aucun silence quelconque ne s'installe entre eux et après une petite dizaine de minutes de marches, elle finit par apercevoir le parc dont Cullen lui avait parlé au téléphone.
C'était un parc vraiment modeste comparé à celui qui se trouvait à un peu plus de deux cents mètres de lui, ne faisant pas plus de cent mètres de long et de large, mais la vue qu'il offrait sur Hudson River était vraiment belle. Surtout pour une grande ville comme la leur, pleine de grattes ciels et de grands bâtiments.
« Ne vous inquiétez pas, on ne va pas resté ici, ce n'était qu'un point de repère, » la rassura-t-il avant de l'entraîner à continuer à marcher.
Ils arrivèrent sur un long passage piéton, pris entre les arbres du grand parc qui se trouvait non loin du Battery Park Underpass et le bord de l'eau qui se trouvait à même pas deux mètres d'eux.
Un grand nombre de personnes se trouvait au début du chemin, tous attroupés autour d'un stand qui vendait les tickets pour le prochain ferry.
« C'est très touristique par ici, non ? » lui demanda-t-elle curieuse.
« Pas vraiment à vrai dire. Il y a juste toujours un monde fou ici car c'est le ferry qui mène à Liberty Island, alors il y a des touristes à n'importe quelle heure de la journée. Mais après quinze mètres, il y a peu de gens qui trainent ici, » expliqua-t-il tout en la guidant à travers la foule pour qu'ils puissent continuer leur chemin.
Et elle ne put que constater qu'il disait la vérité. Quelques enfants s'amusaient entre eux ou étaient sur leur vélo, pendant que leurs parents ou d'autres personnes étaient allongés sur la pelouse à parler entre eux.
C'était un endroit très beau, à la fois tranquille, presque paisible mais aussi sympathique, et l'air légèrement frais qui accompagnait la rivière était vraiment agréable comparé à l'air lourd qui régnait sur les avenues de la ville.
« Je sais que je vous avais proposé un café, mais avec ce temps-là, je me suis dit que ce n'était pas la chose la plus chouette à faire en pleine après-midi que de rester enfermés à l'intérieur.
-Oh, ne vous inquiétez pas. Ça me convient parfaitement. C'est très joli, je n'étais jamais venue ici auparavant.
-Même pas pour aller voir la Statue de la Liberté quand vous étiez enfant ? » s'étonna-t-il.
« Je ne suis jamais allée sur Liberty Island. Et les fois où j'ai vu la Statue de la Liberté vraiment distinctement sont sur les cartes postales qu'on trouve un peu partout en ville, » avoua-t-elle en souriant.
« Eh bien, il faudra changer ça un jour, » lança-t-il après avoir secoué sa tête de droit à gauche. « Même moi, j'y suis allé. C'est d'ailleurs une des premières choses que j'ai faite en arrivant ici. Je me disais que je ne pouvais pas vivre à New York sans avoir vu la Statue de la Liberté. »
Bella rigola légèrement et haussa ses épaules, alors qu'ils se dirigeaient vers un stand ambulant qui vendait des glaces ou des boissons fraîches.
Edward s'arrangea pour payer leurs consommations sous les protestations puis les négociations de la petite brune, qui estimait que c'était à son tour de payer, surtout que la dernière fois il ne l'avait pas laissée faire non plus.
« Je gagne ma vie, vous savez ?
-Oh, je ne m'en doute pas, » répliqua-t-il avec une certaine ironie.
« Ce que je veux dire, c'est que je peux m'acheter une glace. Vous n'êtes pas obligé de toujours payer pour nous deux. Que vous ne vouliez pas que je vous offre quelque chose, je peux essayer de comprendre. Mais j'aurais au moins pu prendre ma propre glace. »
Il ne lui répondit pas tout de suite, ne lui adressant que son habituel sourire en coin alors qu'elle devinait qu'il lui lançait un regard en biais même si elle ne pouvait pas être certaine à cause de ses lunettes de soleil.
« Vous pouvez m'expliquer qu'est-ce qui vous dérange tant à ce que je paye les choses ?
-Ce n'est pas que c'est dérangeant, » expliqua-t-elle. « J'estime juste que je suis une femme indépendante, qui peut s'acheter des choses toute seule. Et même si je trouve ça très gentil de votre part, si vous continuez à toujours tout payer, je peux vous assurer que je serai mal à l'aise. » L'air déterminé qu'elle affichait fit rire le jeune homme qui tenta de cacher son amusement, ne voulant pas la vexer.
Il finit par capituler et lui promit que la prochaine fois, il la laisserait payer sa propre consommation. Elle lui adressa un large sourire, contente d'avoir réussi à le faire changer d'avis pour cette fois, tandis que leur conversation bifurquait vers des sujets complètement différents les uns des autres.
La gêne qu'il y avait entre eux lors de leurs précédentes rencontres ou la veille lorsqu'ils étaient au téléphone, ne se faisait plus du tout ressentir.
Il n'aurait jamais cru qu'elle puisse être aussi bavarde qu'Alice, mais la différence était que chez sa meilleure amie, ce côté pouvait avoir tendance à l'agacer alors qu'avec Bella, ça l'amusait voir l'attendrissait.
Mais surtout, ils avaient tous les deux abandonnés le vouvoiement au fil de la conversation pour en venir à se tutoyer. Cela pouvait paraître bien stupide pour d'autres personnes, mais pour Cullen, c'était une preuve qu'il arrivait à avancer et qu'il pouvait avoir ses chances, ou en tout cas que rien n'était perdu.
« Je ne sais pas comment tu vas faire, » lâcha-t-elle, en parlant da la première garde du jeune médecin qui commençait dans moins de deux jours. « Moi, par exemple, je n'arrive pas à tenir debout si je n'ai pas eu mes sept heures de sommeil par nuit. Enfin si, je peux tenir debout mais je ressemble à une sorte de zombie qui est incapable de travailler et de parler ou marcher correctement. Alors si en plus je dois sauver des vies... Ça serait une véritable catastrophe si tu veux mon avis. Je ferais plutôt une sorte de remake de massacre à la tronçonneuse, mais cette fois avec un scalpel. » Elle marqua une pause où elle fronça les sourcils et secoua légèrement sa tête de droite à gauche, n'arrivant pas à croire qu'elle venait de dire ça. Edward, lui, rigola de bon coeur et lui adressa par la suite un sourire. « Enfin, tout ça pour savoir si c'était ta première garde et si tu avais déjà réussi à tenir deux jours entiers sans réellement dormir ? Tu t'es entraîné ? Parce que je trouve ça quand même très dur comme premier jour de travail.
-Non, je ne me suis pas entraîné à ne pas dormir, » répondit-il en riant. « Je suppose que je vais carburer à la caféine pour ces deux jours, » dit-il en haussant légèrement ses épaules.
« Et tu m'as dit que tu allais avoir des pauses, mais tu auras le temps de manger, dormir ou te reposer un minimum et fumer ? » demanda-t-elle en désignant du menton la cigarette allumée qui se trouvait entre les doigts de l'escort-boy.
« Je pense que j'arriverais à jongler entre les trois, enfin, j'espère, » répliqua-t-il avec un léger sourire, tout en prenant une nouvelle bouffée.
« C'est sûr que ça ne serait pas idéal pour toi sinon, entre la fatigue et le manque de nicotine, ça serait encore plus difficile de tenir, » continua-t-elle avant de s'arrêter et froncer à nouveau les sourcils. « Si je t'embêtes avec toutes mes questions, tu n'as qu'à le dire, je ne le prendrais pas mal. C'est juste que je suis curieuse. Le métier que tu t'apprêtes à commencer est tellement différent du mien et son système aussi, » expliqua-t-elle nerveusement. Elle n'avait pas envie de l'embêter ou de paraître intrusive à force de poser tout type de questions.
Mais ce n'était pas du tout comme ça que le jeune homme le prenait. Il était surpris, certes, qu'elle s'intéresse ainsi à ce qu'il faisait mais était aussi heureux de pouvoir parler de ce qui lui plaisait sans avoir trop peur de l'ennuyer.
À vrai dire, ils étaient plutôt sur la même longueur d'onde et s'entendaient très bien dès que cette gêne superficielle avait été surpassée. Si bien qu'ils passèrent le reste de leur après-midi ensemble à longer ce passage piéton qui menait jusqu'à Chelsea, faisant tout de même quelques arrêts parfois pour s'asseoir à l'ombre ou s'acheter autre chose à boire.
Et même si l'idée lui déplaisait, Edward tint sa parole et laissa la petite brune, qui en était très contente, payer sa propre consommation.
Alors ? Ça vous a plu ? Un léger rapprochement. Même si ça va sérieusement commencé à bouger à partir du prochain, ça, je peux vous le garantir ! D'ailleurs, ce dernier est déjà entamé alors je pense que je serai beaucoup plus rapide à le poster. Et Jacob sera de retour ! Haha.
Bon, sinon. Un peu plus sérieusement. J'envoie un appel aux lecteurs fantômes ! Que ce soit ceux qui n'ont pas de comptes FF ou ceux qui mettent juste l'histoire en alerte, voir favori mais ne laisse aucun avis alors qu'on en est au sixième chapitre, ça sera très aimable de votre part que vous vous la jouiez charitable sur le coup et me disiez ce que vous pensez de l'histoire. S'il le faut, je suis prête à jouer à la mendiante pour vos reviews. J'ai pas de soucis avec ça, moi.
Mais comme je l'ai dit dans le message précédent, sur ce site, les reviews sont pour nous notre motivation, notre rémunération, notre rétribution, notre salaire, bref un comme une récompense. Alors soyez gentils. Ça ne vous prend que deux minutes et nous, ça nous fait super plaisir.
Passez un bon Dimanche et à très bientôt !
Takenya xxx
