Bonsoir !

Un petit OS plumien, qui m'a assez amusée...

Bonne lecture !


La paix ?

Amy regarda ses doigts taper la table. Dix minutes qu'elle l'attendait. Viendrait-elle ? Elle avait dit oui, mais…après tout, un imprévu du Mossad est toujours possible.

La jeune étudiante prit une nouvelle gorgée de coca. Son pied commença à frapper le sol. Elle était nerveuse. Quelle idée, aussi. Mais bon, Pline avait su trouver les mots pour la convaincre d'essayer. Et puis, Amy n'avait pas du tout envie de se retrouver encore à devoir aller au pressing pour son perfecto. Ni de se retrouver encore soupçonnée de meurtre. Ni d'être la cible favorite d'une ninja israélienne surentraînée chez qui tout avait l'air meurtrier, y compris les orteils. Enfin, peut-être pas les orteils, elle n'avait pas pu vérifier, mais même de dos l'Israélienne était impressionnante.

Elle finit son verre, et par la même occasion sa quatrième canette de coca. Il fallait se calmer.

Détends-toi Amy, après tout, on est dans un lieu public, elle ne va pas te tuer…en plus, elle n'est pas si effrayante que ça. Et puis, une Amy n'a jamais peur. Jamais. N'est-ce pas ? Bon, d'accord, si. Peut-être un peu, quelques fois. Parfois. Très rarement. Quasiment jamais, n'est-ce pas ?

Elle commanda une cinquième canette. Quelle idée elle avait eue de suivre l'avis de Pline…

.

Elen marchait dans la rue. Elle arrivait à son but. Qu'allait-elle y faire, déjà ? Ah, oui. Rencontrer le perfecto sur pattes. Elle ne savait pas trop ce que l'étudiante voulait, mais elle espérait que ce fût court. Après tout, un entraînement, ça ne se retarde pas. Et là, ça faisait presque vingt minutes qu'elle s'était – à peine – battue avec un homme pas clair. On ne pouvait même pas appeler ça «se battre», d'ailleurs.

Et là, sa cible favorite l'appelait. Si elle croyait en la providence…

Juste au moment où elle était énervée. Où elle avait besoin de se défouler. Une belle coïncidence, n'est-ce pas ?

Calme, Elen, calme…même si tu as envie de te battre, là elle n'est pas suspecte. Attends de voir ce qu'elle veut, et écoute ton instinct…

Elle s'arrêta devant la porte du bar. Elen souffla un bon coup et poussa la porte d'un air décidé.

Amy sentit sa fréquence cardiaque augmenter alors qu'elle voyait l'Israélienne entrer.

Du calme, Amy, du calme…la paix…

Elen repéra rapidement Amy ; elle s'assit en face d'elle, appelant le serveur d'un geste de la main.

«Un café noir, s'il vous plaît.»

Elle braqua son regard de tueuse sur Amy, qui ne trembla pas du tout.

«Vous vouliez me voir, mademoiselle DiNato ?

-Absolument.»

S'ensuivit un silence.

«Mais encore ? Je n'ai pas tout le soir, moi. Qu'est-ce que vous avez encore fait ?»

Amy soupira.

«C'est justement pour ça que je voulais vous voir. Vous ne croyez pas qu'on pourrait faire la paix ?

-Pour quoi faire ?

-Ben…j'ai cru comprendre que vous vous étiez un petit peu rapprochée de Fann', et puis vous lisez nos fictions maintenant, alors…»

Furieuse esquissa une grimace. Le serveur apporta son café.

«Mouais…d'accord. Je peux y aller, maintenant ? Ou il faut que je vous serre la main d'abord ?

-On a dit qu'on enterrait la hache de guerre, officier Taal.

-Quelle hache ? demanda l'Israélienne en plissant les yeux. Je croyais que vous vouliez une trêve ?

-C'est le cas» fit Amy en pouffant de rire.

L'Israélienne leva un sourcil devant le fou rire de l'adolescente.

«Vous vous moquez de moi, mademoiselle DiNato ? Je vous le déconseille.

-Non, ce n'est pas du tout ça. C'est juste que…non, rien.»

Elen grimaça, prenant une gorgée de café chaud.

«Je vous préviens, mademoiselle DiNato, ce «pacte de non-agression» ne m'empêchera pas de vous boulonner par terre si vous êtes de nouveau suspecte dans l'une de mes enquêtes.

-Sympathique. Il ne m'empêchera pas non plus de vous envoyer bouler» répliqua Amy avec un demi-sourire.

L'Israélienne lui renvoya un sourire faux avant de prendre une gorgée de café. Elle fixa de nouveau ses prunelles noires sur l'étudiante.

«Vous m'en voyez ravie. Pour sceller notre nouvelle réconciliation, que diriez-vous d'une sortie au stand de tir ? Au moins, la prochaine fois que vous vous attirez des ennuis, vous n'aurez peut-être pas besoin qu'on vienne vous tirer de là.

-Au stand de tir ? Vous ne préférez pas plutôt un cinéma ? Ou une pizza ?»

L'officier du Mossad posa sa tasse et croisa les bras, un sourire sur le visage.

«Pourquoi ? Vous avez quelque chose contre les stands de tir ? fit-elle en souriant de plus belle.

-Non, rien du tout ! Si ce n'est qu'il n'y a que les fous et les policiers qui vont au stand de tir.

-Et vous me classeriez dans quelle catégorie ?»

Amy se mordit la lèvre, pas très rassurée par le regard noir de sa nouvelle amie.

«F…agent du Mossad. Non, sérieusement, pourquoi vous voulez m'emmener là-bas ?

-Vous ne voulez pas apprendre à tirer ?

-Ben, honnêtement, je préférerais éviter les armes.»

Devant le regard étonné et amusé d'Elen, Amy ajouta :

«Quoi ? Je suis pacifiste, moi !

-Pourquoi ce «moi» ? Qu'est-ce que vous insinuez ?

-Ben, on ne peut pas vraiment dire que vous ne cherchez pas la bagarre, vous…

-Je ne «cherche pas la bagarre», comme vous dites. Mais il est vrai que j'aime me battre.

-Non, sans blague ! On ne s'en doutait pas une seconde !»

Elen leva les yeux vers le plafond. Non, non, on ne voyait pas le ciel.

«Un petit combat, ça vous tente ? proposa-t-elle à Amy. Je devrais être à l'entraînement, là.

-Non non, vraiment pas. Vous ne préférez pas aller au cinéma ? Ils passent un super bon film en ce moment ! Une comédie romantique, avec…

-Je n'aime pas les comédies romantiques, la coupa Elen. Je suis plutôt films d'action.

-Alors, venez chez moi, j'ai l'intégrale de JAG ! Maintenant que vous lisez nos fictions, il faut absolument que vous connaissiez JAG !

-Je connais déjà, sourit Elen. Que croyez-vous ? Je ne suis pas seulement officier du Mossad, j'ai des activités après le travail, même si elle est souvent…interrompue.

-Moi qui pensais que vos seuls loisirs étaient le combat et la course…» soupira Amy.

Elen leva un sourcil, amusée. Avant de regarder la veste que l'étudiante avait posé sur le dos de sa chaise.

«C'est nouveau ? demanda-t-elle en désignant le vêtement du menton.

-Oui, je me suis dit que c'était plus prudent de prendre cette veste que mon beau perfecto que vous aimez tellement attaquer.

-Ce n'est pas le perfecto que j'aime attaquer, répondit Elen avec un sourire presque carnassier.

-Ah bon ? Et qu'est-ce que c'est, alors ? répliqua Amy, provocatrice.

-Une petite étudiante fouineuse et suspecte qui adore me provoquer.

-Je ne vois pas du tout de qui vous parlez. Ça pourrait me correspondre s'il n'y avait pas l'adjectif «suspecte»…mais non. De qui parlez-vous ? Quel lien a-t-elle avec mon perfecto ?

-C'est la propriétaire, répondit Elen.

-On peut savoir ce qu'elle vous a fait ?

-Je ne sais pas…mon instinct me dit qu'elle a les chics pour être suspecte. Et je n'aime pas qu'on me suive, non plus.

-En même temps, elle n'aurait pas eu besoin de vous suivre si vous lui aviez dit ce qui se passait !

-En même temps, le secret professionnel, ça existe !

-Il s'agissait de sa vie ! Elle avait été arrêtée ! J'AVAIS été arrêtée ! Moi, alors que j'étais innocente !

-À ce moment-là, toutes les preuves étaient contre vous. Je n'avais aucun élément me montrant que vous étiez innocente.

-Si ! Un ! Moi ! Je vous ai DIT que j'étais innocente !

-Tous les coupables disent ça. Je n'ai fait que mon travail.

-Avec violence, quand même ! Mon pauvre perfecto…

-Je n'ai fait que ce qui était nécessaire. Et quand on me suit dans la rue, je n'ai pas envie d'être gentille après.

-Il n'empêche, vous êtes une dangereuse paranoïaque.

-Au Mossad, il vaut mieux être paranoïaque.

-Peut-être, mais vous me devez les deux notes de pressing.

-Certainement pas. C'est de votre faute, il ne fallait pas essayer de vous opposer à votre arrestation. Miryam ne vous aurait pas plaquée au sol.

-C'est de votre faute ! C'est vous qui m'avez détruit le bras !» fit Amy en se levant.

Elen finit son café et se leva également.

«Je n'aurais pas été obligée de vous «détruire le bras» si vous n'aviez pas tenté de vous échapper.

-En même temps, j'avais cours.

-Vous deviez nous suivre. Vous étiez suspecte.

-Et me plaquer par terre, c'était indispensable aussi ?

-Vous nous suiviez !

-Je voulais comprendre !

-Il fallait nous poser directement la question au lieu de nous suivre.

-Vous ne m'auriez rien dit !

-C'est vrai. Mais je ne vous aurais pas mise par terre.»

Amy fit quelques pas vers la porte. Un silence suivit.

«Je le savais. Il est impossible que nous nous entendions un jour.

-Il faut se rendre aux évidences, en effet…la paix est impossible.»

Impossible ?


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