Chapitre 1 :

Je suis en Italie depuis deux jours et j'en ai marre. Il fait trop chaud. Je viens d'un endroit où quand tu as plus de vingt-quatre degrés en été, c'est considéré comme une canicule ! Donc, l'Italie et ses trente-cinq degrés, ça va bien cinq minutes !

-Alyssa ! Dépêche toi d'avancer et de rejoindre le reste du groupe, nous allons finir par te perdre ! Et voilà ma charmante prof accompagnatrice, qui passe la majeure partie de son temps à crier.

-Oui, c'est bon, j'arrive !

J'accélère un peu pour rattraper les gens devant moi. Je me cale au rythme d'une fille, je crois qu'elle s'appelle Ginnie, quelque chose comme ça... Je regarde où nous allons. Un gros château. Il fera peut être un peu plus frais que dehors dans ce truc immonde ? En tout cas, je l'espère. Nous sommes au pied du château. Et nous attendons.. Quoi ? Je ne sais pas.

-Bon.. On attends quoi ? Parce que je commence à prendre racine là ! Et a me dessécher au passage ! Dis-je énervée.

-Nous attendons notre guide. Et puis baisse d'un ton quand tu me parles !

-D'accord, Madame, vous pourriez vous baisser s'il vous plaît ?

-Mais enfin pourquoi faire ?

-Bah vous venez de dire que quand je vous parlais, je devais baisser le thon ! Alors baissez vous madame !

Ses yeux sortent à moitié de sa tête et je lui fait un magnifique sourire, provoquant mais juste ce qu'il faut pour qu'elle s'énerve après moi un bon coup, comme ça j'ai une chance qu'elle me laisse tranquille jusqu'à ce soir :

-Non mais pour qui tu te prends ?! Dit-elle en criant, Tu es vraiment insolente, et range moi ce sourire sinon je vais...

Elle se coupe brusquement en plein de milieu de sa phrase et elle fixe quelque chose derrière moi. Je tourne la tête et je vois une femme, belle, je le reconnais, mais je lui trouve tout de suite un air hautain et supérieur et ça ne me plaît pas.

-Excusez moi, je suis un peu en retard, dit-elle d'une voix chantante, bien, nous allons pouvoir commencer la visite. Je vous prierais de ne pas vous éloigner du groupe, il serait bête de vous perdre dans cet immense édifice de pierre.

C'est ça Jacqueline, ce serait bête ! Suite à ça, nous entrons dans le château et nous commençons la visite. Je décroche aussitôt de ce que la guide raconte. Je déteste les musées, les châteaux et tout les trucs de ce genre. Nous sommes dans un immense couloir, au bout, je peux voir une immense double porte. On avance petit à petit vers cette porte. J'avoue que j'ai un mauvais pressentiment. La guide nous dit que nous allons entrer dans cette pièce, que c'est normalement interdit mais qu'elle va faire un exception car nous avons tous l'air intéressée par ce château. Elle m'a bien regardé ? J'ai l'air intéressée, moi, qui suis en train d'écouter de la musique grâce à mon portable et mon casque et qui joue aux casses têtes en même temps, franchement, j'ai l'air intéressée ? Nous continuons d'avancer vers cette porte, et je dois dire que plus je m'en approche, plus mon pressentiment est grand et mauvais. Elle ouvre la porte et nous laisse passer. Je les vois tous entrer dans cette pièce, j'hésite, j'ai vraiment pas envie de rentrer dans cette pièce. Je finis par rentrer, la guide rentre juste après moi et ferme la porte derrière nous. C'est calme. Il n'y a pas un bruit, je ne vois personne bouger.

- J'aime pas ça... Mon Dieu, ce que j'aime pas ça ! Ça pue cette histoire de droit exceptionnel ! Vous trouvez pas que c'est louche cette histoire ?

- Fais pas ta rabat-joie, me répondit Ginnie en se tournant vers moi.

- Je fais pas ma rabat-joie, je dis ce que je pense, c'est tout.

- Ce que tu penses est rabat-joie !

- Non, c'est juste réaliste !

Je regarde un peu le décor. Une immense peinture sur tout le plafond, des murs décorés richement, du gros carrelage au sol, au milieu de la salle se trouvent trois gros trônes. Je vais jusqu'au trône du milieu, la guide me fusille du regard :

- Je peut savoir ce que tu fait ?

- Bah je m'assois, j'ai mal aux jambes. Et vu qu'il n'y a que ça pour s'asseoir... Ginnie ! J'attends qu'elle se retourne, viens voir s'il te plaît.

- Quoi ? Marmonne-t-elle tout en venant jusqu'à moi.

- Tu trouves pas que c'est louche qu'on nous laisse venir ici ?

- Mais non ! Au fait, tu sais qu'on a pas le droit de toucher quoi que ce soit et encore moins de s'asseoir ?!

- Ouais mais comment dire... Je m'en fiche royalement.

- A part ça, comment tu trouves la pièce ?

- Je trouve que c'est moche, que c'est trop riche, que ça sent le vieux moisi et que...

Je suis coupée par l'ouverture des portes. Je regarde plusieurs personnes rentrer. Il y a beaucoup de garçons, je pense qu'ils ont entre 18 et 25 ans. Il y a un garçon et une fille qui rentrent, je leur donne 15 ans, 16 tout au plus. Ils sont suivis par trois vieux. Et enfin, il y a deux autres garçons, le premier je lui donne 23 ans et le deuxième, je ne sais pas trop en fait. Ils ont tous un point commun, leurs yeux. Ils sont rouges. Je regarde notre guide, ses yeux sont rouges aussi. Je me disais bien que quelque chose clochait ! Les trois vieux me dévisagent :

-Quoi ?! J'ai un truc sur le nez, je me frotte le bout du nez, mais quoi ? Pourquoi vous me regardez comme ça ?

-Lève toi immédiatement !

-Ah ! C'est parce que je suis sur le siège ?! Oui bah ça va, c'est pas comme si il y avait des rois qui allaient se pointer et demander leurs sièges, non plus ! Tout les gens qui viennent de rentrer ainsi que notre guide rigolent, je soupire, Quoi ?! Qu'est ce que j'ai dit encore ? En insistant bien sur le "encore".

-Nous nous occuperons de toi après, dit un des vieux, toujours un train de sourire, il me menace mais il sourit.

-Pourquoi nous ne la tuons pas maintenant ? Dit un autre vieux, mais là c'est le blond.

-J'ai bien envie de la connaître avant, puis s'adressant aux autres, vous pouvez vider, attaquer et tuer tout le monde dans cette pièce, sauf cette fille ! en parlant de moi.

-Vider ? Attaquer ? Tuer ? Putain, je savais bien qu'il il y avait une embrouille... Hein ? Tuer ! Non mais ça va pas la tête ! Je veux pas mourir, moi ! Même dans cinq minutes ! Je veux pas crever, moi ! Je suis trop jeune !

Je regarde ce qu'il se passe autour de moi. Ils tuent tout le monde. Ils sont tous occupés à tuer. Il ne reste que Ginnie près de la porte, elle est par terre. Je me lève et cours vers elle. Elle ne respire pas. Je remarque une marque de morsure sur son cou. C'est comme ça qu'ils tuent. C'est des vampires. Je délire là ! Des vampires ? Et puis quoi encore ? C'est un cauchemar, je vais me réveiller. J'entends un cri d'agonie pas très loin de moi. Je me lève et pars en courant. Je cours dans les couloirs en cherchant désespérément la sortie. Je sais qu'on me suis, punaise, il faut que je me sorte de là. J'accélère. On m'attrape par le bras, et sans comprendre comment, je me retrouve plaquée contre le mur, un bras dans le dos, la tête collé au mur, je ne vois pas qui m'a attrapée. Il serre fort mon bras, beaucoup trop fort, je laisse échapper un gémissement de douleur. Il a du m'entendre car la pression se relâche un peu. Je ferme les yeux. J'attends qu'il me tue. Je sens un léger vent. J'ouvre les yeux. Je suis dans la salle où il y a les trônes. Il ne reste que des cadavres, ils sont tous morts. Il y a du sang partout. Je sens les larmes monter. Je les empêche de sortir. Je déteste montrer mes faiblesses. Il y a beaucoup moins de monde qu'avant. Il y a un vieux dans le trône de gauche, il se fou complètement de ce qu'il se passe. Le trône de droite est occupé par le vieux blond nerveux. Le trône du milieu est vide, mais il y le troisième vieux qui est debout devant. Il me regarde avec un grand sourire.

-Démétri lâche là.

Je sens qu'il me lâche doucement, comme si il avait peur que je tombe. Mais qu'est ce que ça peut bien lui faire que je tombe. Il n'attend qu'une chose, c'est de pouvoir me tuer. Comme tous les autres. Il passe devant moi et va se mettre sur la gauche, un peu en arrière. Je le regarde. Il est habillé d'un cape sombre. Il est grand et il a l'air assez musclé. Il a la peau blanche. Je passe à son visage, il a les yeux rubis écarlate, il est blond/châtain. Il a un grand sourire sournois et sadique. Tout ce que je déteste :

-Tête à claques ! Je le regarde dans les yeux, dégage moi ce sourire ou je te le fait ravaler !

-Tu sais à qui tu t'adresses gamine ?

-Non, et je m'en fiche. T'es peut être dangereux, tu vas peut être me tuer, je m'en fiche. T'as une tête à claques, et j'aime pas le sourire que tu as là, donc je le dis. Il a un petit rire, je me tourne vers le vieux qui est debout, Vous pouvez me tuer maintenant ? Il a des yeux comme des soucoupes, pas que j'ai envie de mourir hein, mais c'est juste que l'autre là, il me rend suicidaire.

-Non, désolé, je pense te garder encore un peu.

Je lâche un gros soupir désespéré en baissant la tête. Démétri éclate de rire. Je relève la tête d'un coup et je le fusille du regard. Le vieux détourne mon intention en me demandant mon nom :

-Je m'appelle Alyssa.

-Bien. Moi c'est Aro, lui c'est Caïus et voilà Marcus, il me montre le blond puis le brun. Tu connais déjà Démétri.

-Malheureusement oui.

-La blonde qui te fusille du regard, c'est Jane. Celui qui essaye de s'empêcher de rigoler suite au portrait que j'ai fait de sa sœur, c'est Alec, je le regarde et Alec est très mignon, il faut l'avouer. Et l'espèce d'armoire à glace, c'est Félix.

-Pourquoi vous les avez décris comme ça ? Vous m'avez parler comme si j'avais 6 ans ! Je déteste ça !

-Je suis désolée, si je t'ai vexée.

-Ok. Je peux partir ? Il éclate de rire.

-Non.

-Je me disais aussi... Vous attendez quoi de moi ?

-Je souhaite te faire une proposition. Soit tu meurs, soit tu deviens un vampire.

-Je choisis la troisième option, qui est de me laisser partir en paix.

-Comment oses tu nous défier ! Caïus me pète un plomb dessus.

-Woah ! Ça va ! On se calme hein ! Faut pas s'énerver ! Putain...

-Calmes toi mon frère, dit Aro, heureusement qu'il est là pour calmer le jeu parce que je crois que Caïus ne m'aime pas beaucoup. Alors quelle est ta réponse ?

-Je ne veux pas mourir... Bah la transformation.

Un air ravi s'affiche sur son visage. Démétri pousse un gros soupir mais en même temps je le vois sourire. Alors lui, je l'attends au tournant. Il m'énerve. Que ce soit quand il parle, quand il sourit, ou quand il soupire. Même quand il est normal, il m'énerve ce gars ! Alec souris. Si les yeux de Jane pouvaient tuer, je serais déjà morte. Et Félix, bah lui, il s'en fou royalement. Marcus, je sais même pas si il a capté ce qu'il se passait. Il a l'air dans sa bulle. Caïus, bah lui, il est pas du tout content, je crois qu'il préférerait me voir morte. Petit détail technique : comment on fait pour se transformer en vampire ?

-Avant que tu sois transformée, pourrais-je te prendre la main ?

-Euh... si ça vous éclate.

Il s'avance et s'arrête un pas devant moi. Il tend une main, je pose la mienne dedans. Il met son autre main sur la mienne et ferme les yeux. Il a, à peine fermé les yeux que je vois des souvenirs revenir à la surface. Je me vois petite, quand je tombe d'un bateau alors que je ne sais pas nager. Quand j'ai dit à la copine de mon frère qu'il l'avait trompé alors que c'était pas vrai. Quand je suis au collège et que je me fait renvoyer de cours parce que je chantais bali balo. Je me revois quand je ne voulais pas rentrer dans le château, quand j'avais des doutes concernant le fait qu'on nous laisse entrer dans une pièce "exceptionnellement". Quand je vois Ginnie morte. Quand j'essaye de m'échapper. Quand Démétri me ramène ici. Quand je vois Alec. Je me sens rougir. Quand j'accepte de devenir vampire. Puis quelques secondes après, il lâche ma main. Il me regarde avec un grand sourire. Je sais qu'il a capté pour Alec. Je le regarde en le défiant.

-Si jamais vous parlez de ça à qui que ce soit, je vous promets que je vous fait la misère. Vous avez pus voir que j'ai beaucoup d'imagination quand il s'agit de faire chier le monde.

-Parler de quoi ?

-Vous savez très bien de quoi je parle !

-Ah ça !

-Bah oui, ça..

Il va s'asseoir dans son siège et il m'explique comment ça va se passer. Je vais être mordue, je vais souffrir mille morts pendant plusieurs jours et je vais renaître en vampire. Génial.

-Et qui va me transformer ?

-Ça sera Démétri.

-La misère, y a pas un autre volontaire ?

-Bah non ! Démétri lâche son petit commentaire inutile.

-Démétri ?

-Oui ?

-La ferme !

On me conduit dans la chambre de Démétri, c'est là qu'il va me transformer. Je m'allonge sur son lit. Il se met à califourchon sur moi. Je soupire. Comme si il était obligé de se mettre comme ça sur moi pour me transformer. Je sais qu'il fait ça pour me faire rager. Je chuchote "abruti", ce qui provoque un petit rire chez lui. Il se rapproche doucement de moi. Je ferme les yeux. Il me mord. Ça fait mal mais j'imagine que ce n'est rien comparé à ce que je vais subir. Je sens qu'il n'est plus sur moi. Mais je sens toujours une présence. J'essaye d'ouvrir les yeux mais je n'y arrive pas. Je sens la douleur arriver. J'entends un cri inhumain, déchirant et horrible, ce cri ne s'arrête pas.. Au bout d'un certain temps je me rends compte que c'est mon cri. J'essaye de me calmer. J'ai chaud et j'ai mal. La douleur est horrible. J'ai l'impression que mon corps brûle, j'ai l'impression que mon cœur cherche à sortir de ma poitrine, c'est horrible ! Ça fait trop mal. Je sens ma température monter en flèche. J'étouffe tellement j'ai chaud. La chaleur continue de m'envahir quand je sens une grande vague de froid qui m'aide un peu. Des bras autour de moi. Une nouvelle vague de douleur arrive. C'est comme du feu liquide qui passe dans mes veines. J'ai envie de crier mais ça servira à quoi ? Je vais me casser la voix plus qu'autre chose. Et si je ne peux plus parler, c'est la fin du monde, alors je préfère me taire. Je me demande qui peut être avec moi. La douleur ne me quitte pas mais je ne crie pas. Je refuse de crier. Depuis combien de temps je suis dans cet état là ? Je ne sais qu'une chose. C'est que depuis le début de ma transformation, il y a une personne avec moi et cette personne ne m'a pas quittée une fois. La douleur grandit d'un coup, elle n'a jamais été aussi forte. Je sens mon cœur qui lutte pour continuer de battre, il accélère. La douleur diminue puis me quitte au moment où mon cœur s'arrête de battre. J'ouvre les yeux. Je vois Alec assis à mes pieds et Démétri allongé à coté de moi. Si c'est lui qui est resté avec moi tout le temps, je lui en suis reconnaissante mais je ne lui dirais jamais, je vais juste lui lancer une pique. Je vais me lever, ah bah non je suis déjà debout.

-Génial, maintenant mon corps va plus vite que mon cerveau... Pff, j'arrivais déjà pas à suivre quand c'était mon cerveau qui allait plus vite que mon corps.

Démétri rigole et Alec a un petit sourire. Je souris à mon tour. Je sens ma gorge me brûler. Je vais devoir tuer quelqu'un, génial. Je perds mon sourire. Démétri a du remarquer mon changement d'humeur :

-Toi, t'as les crocs !

Je fait oui de la tête. Il me fait signe de le suivre. On descend jusque dans une pièce où attends une personne. Je vais devoir la tuer. Démétri ouvre la porte, je rentre et je sens aussitôt l'odeur de son sang. Je ne me pose même pas de questions et je saute sur le pauvre homme face à moi. Je plante mes crocs dans sa jugulaire et le vide de son sang. Une fois fini, je laisse tomber son corps et ressors de la pièce. Je suis horrible. J'ai tué quelqu'un. Je ne me sens pas bien. Démétri le voit :

-Qu'est ce que tu as ? T'as encore faim ?

-Non. J'ai plus.. Faim... C'est juste que j'ai tué quelqu'un. J'ai tué quelqu'un. Moi qui ne voulait pas aller à la pêche parce que je voulais pas tuer un poisson, et bah, j'ai tué quelqu'un ! C'est rien, je vais m'en remettre.

-Maintenant que tu t'es nourrie, tu dois aller voir les maîtres.

Je hoche la tête. On remonte dans la salle du trône. Démétri entre et s'agenouille. Et une fois que mon magnifique cerveau a compris que je devais faire la même chose, je fais pareil.