Chapitre 4 Nouvelle identité

Je n'arrivais pas à déterminer depuis combien de temps j'étais endormie, mes paupières étaient lourdes comme si des pierres étaient posées dessus pour ne pas que je les ouvre; pourtant, il fallait que je me réveille, même si j'avais peur de me retrouver de nouveau face à ce policier qui voulait, je ne sais pourquoi, me tuer. Je souhaitais surtout revoir mes amis pour leur parler de ce que j'avais vu, bien qu'ils me prendraient probablement pour une folle mais à qui d'autre pourrais-je en parler ? Je trouvai enfin la force de me battre contre ces petites pierres qui écrasaient la peau fine protectrice de mes yeux et fut éblouie par la lumière des néons, je déduisis alors que je me trouvais dans une chambre d'hôpital, en même temps, vu le plongeon contre le mur que j'ai fait, je ne pourrais sûrement pas rentrer sagement chez moi tant qu'ils ne seraient pas sûrs que je n'avais pas de traumatisme crânien.

- Elle se réveille.

Je fus heureuse d'entendre la voix de mon amie qui se trouvait à mes côtés.

- Emilie ?

- Oui, je suis là. Doucement, tu risques d'aggraver ton mal de crâne à cause de la lumière.

- Attends, on va allumer celle au-dessus du lit, ce sera sûrement plus agréable.

- Merci Mickael.

En effet, c'était beaucoup mieux et je pus ouvrir correctement les yeux et être soulagée de voir les visages de mes amis qui ne devaient pas avoir beaucoup dormi au vue des cernes sous leurs yeux.

- Comment tu te sens ?

- Je ne sais pas, bizarre. Je devrais avoir mal à la tête mais ça va.

- Vu comment ils t'ont shootés c'est normal.

- Je dors depuis combien de temps ?

- Deux jours.

- Quoi ? M'écriai-je.

- Panique pas, les médecins ont dit que c'était normal après le coup que tu as reçu sur la tête. Tu as eu de la chance que Peter soit juste à côté, il a eu le bon réflexe de courir au réfectoire prendre de la glace pour te la mettre sur l'arrière du crâne.

- Peter...

Rien que de prononcer son prénom me donna des frissons dans le dos. Je ne savais pas du tout comment j'allais réagir lorsque je le reverrais, pourtant mon instinct me disait que, si j'étais encore en vie, des neurones en moins sûrement vu le coup que je me suis prise, c'était grâce à lui.

- Le flic...

- Ils l'ont interrogé et il ne se souvient pas du tout d'être venu à l'école, il prétend même avoir était assommé par un homme étrange à la couleur de peau inhabituellement dorée.

Je regardais mes amis essayant de comprendre s'ils ne se moquaient pas de moi ou s'ils étaient sérieux mais, indubitablement, ce n'était pas une plaisanterie.

Le médecin entra dans ma chambre et fit quelques contrôle de base pour s'assurer que j'allais bien. Visiblement, il était plutôt satisfait.

- Bien, je vous garde encore toute la journée mais, si tout va bien d'ici ce soir, vous pourrez rentrer chez vous.

- Je vais péter le feu toute la journée, vous verrez.

- N'en faites pas trop non plus, ça aurait pu être beaucoup plus grave.

Il sortit de la chambre, me laissant avec mes amis.

- Il a raison, tu as eu beaucoup de chance.

- Je n'arrive toujours pas à comprendre ce qui s'est passé, fit Emilie.

Je décidais alors de tout leur raconter et, pas un seul instant, ils ne me coupèrent dans mon récit ou ne me regardèrent avec des yeux qui disaient "mon dieu ce coup sur la tête ne l'a pas arrangée", bien au contraire, ils écoutaient comme si tout cela leur paraissait logique.

- Que vas-tu faire ?

- Je ne sais pas.

- On va aller chercher quelque chose à boire, tu veux un truc ? Me demanda Mickael.

- Non merci.

Je me retrouvais seule dans ma chambre avec comme bruit, le silence, c'en était pesant, limite étouffant, j'étais pressée que mes amis reviennent.

Lorsque je les vis revenir, ils avaient le sourire aux lèvres comme si il venait de se passer quelque chose de drôle or, je venais de leur raconter ce qui s'était réellement passé au lycée et je savais que ça ne pouvait pas être ça qui provoquait leur hilarité.

- Vous riez de quoi ?

- Mickael se moquait du mec au distributeur qui parlait à sa canette qui était resté coincée.

- Oh !

- On ne va pas tarder, Amanda, y'a cours cet aprè'm. En plus, chaque élève de cet après-midi du vendredi a rendez-vous avec le psy du lycée et, comme nous sommes proches de toi, nous sommes forcément les premiers à y passer.

- Vous allez lui dire quoi ?

- Ba la vérité, on n'était pas là, on fumait quand ça s'est passé. Allez bisous. Préviens dès que tu sors.

Alors là, c'était vraiment bizarre, je venais de leur raconter mot pour mot l'incident dont j'avais été victime et on aurait dit qu'ils agissaient comme si je ne leur avais rien dit. Au même moment, une silhouette que je connaissais trop bien et que je voulais à tout prix éviter, se figea sur le seuil de ma chambre d'hôpital. Mon cœur se mit alors à battre à cent à l'heure comme si il allait exploser.

Peter.

Je me redressai, histoire de me mettre à une hauteur à peu près égale à la sienne mais, surtout, pour être plus confortablement installée dans le lit, je venais d'y passer deux jours à roupiller, autant vous dire que j'en avais un peu marre de cette position. Une fois assise, j'attendais qu'il dise ou fasse quelque chose mais rien, il me regardait, peut-être que lui aussi attendait que je parle ou je ne sais quoi mais aucun son ne sortit de ma bouche, j'étais comme paralysée. Pourtant, dans son regard, tout me disait que j'avais tort d'être méfiante

Une infirmière s'immisça alors entre nous pour mon plus grand soulagement. Elle venait vérifier mes constantes, tout en m'apportant un mini plateau-repas, Peter, lui, n'avait pas bougé.

- Le médecin a dit que vous devez manger un peu. La perf', c'est efficace que quelque temps. A présent, vous devez reprendre des forces, après tout, c'est un sacré coup sur la tête qu'on vous a fait

- Hum, à qui le dites-vous, répondis-je en fixant le regard de Peter qui, pour la première fois, depuis environ dix minutes vacilla vers le sol comme si il essayait, par ce geste, de s'excuser.

- Si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous sonnez. Bon appétit.

- Merci.

Il s'écarta un peu de la porte pour laisser sortir l'infirmière et retourna à son emplacement d'origine. Je n'arrivais pas à manger, sa présence me gênait, du moins, ce silence pesant me gênait car lui, à vrai dire, j'avais l'impression qu'il était là pour mon bien. Je ne sais comment vous l'expliquer mais mon instinct me certifiait que je ne risquais rien, aucun frisson, aucun vent glacial ; pourtant, aucun mot ne réussit à franchir le barrage de mes lèvres. Il bougea à peine et, pourtant, il était entré dans la chambre avant de s'arrêter net, attenant sûrement une réaction quelconque, mais je ne fis rien.

C'est lui qui finit par briser le silence.

- Mange. Tu dois reprendre des force. L'infirmière a raison, après ce coup sur la tête, tu dois reprendre du poil de la bête.

Je voulus répondre mais je n'arrivais pas à sortir quoi que ce soit dans ma bouche. Je ne comprenais plus rien. J'avalais alors la compote de pommes qui se trouvait sur le plateau puis je bus un grand verre d'eau et repoussais le plateau, pour le moment, ce mini festin était suffisant et mon ventre me fit comprendre qu'il était bien d'accord.

- Amanda, parle. Je suis venu pour savoir comment tu allais mais si tu ne dis rien...

- Je... j'arrive pas.

- Il va pourtant falloir que nous parlions.

Je hochai la tête incapable de lui répondre oralement, quelque chose bloquait mais je ne saurais le définir, c'était vraiment étrange, pourtant je me sentais en sécurité à côté de lui, comme si tous ces doutes - qui au final furent fondés - avaient disparu. Mais pouvais-je vraiment lui faire confiance.

- Tu as parlé à Emilie et Mickael mais à moi c'est trop demander ?

- Co... comment tu sais que j'ai parlé à mes amis.

- J'étais à côté, j'allais entrer quand je t'ai entendue leur expliquer ce que tu as vu.

- Mais ils ne se souviennent pas de ce que...

Et là, ce fut aussi clair que de l'eau de roche, ils n'avaient pas oublié ni occulté ce que je leur avais dit, on leur avait effacé de la mémoire, Peter leur avait enlever le moindre petit détail de ce que j'avais vu et donc de ce que je leur avais raconté. Voilà pourquoi, à leur retour du distributeur, ils n'avaient pas essayé d'en savoir plus, ce qui, il faut être honnête ne leur ressemble pas, ce sont tous deux de vrais commères.

Une sorte de volcan naissait en moi voulant laisser couler sur Peter la lave qui le brûlerait jusqu'à ce que ma colère se dissipe mais, à tout bien y réfléchir, peut-être cela était-il mieux qu'ils ne sachent rien, ça éviterait leur regard compatissant qui dit "c'est normal, elle a subit un tel choc, qui plus est ce n'est pas la meilleure des périodes pour elle", mais je n'étais pas sûre de vouloir ça, je voulais pouvoir en parler avec mes amis, savoir ce qu'ils pensaient, qu'ils me conseillent sauf que monsieur le schtroumpf en a décidé autrement.

- Bien, tes yeux parlent pour toi. Tu es en colère.

- Tu as bidouillé le cerveau de mes meilleurs amis.

- Bidouillé ? Je me suis contenté d'appuyer sur le bouton reset de ces dernières minutes.

- Pourquoi ?

- Parce que c'est mieux comme ça.

Il commença à s'avancer vers moi mais mon recul lui fit comprendre que je ne désirais pas cette proximité, pas pour le moment en tout cas.

- Je me doute que tu dois avoir peur et que tu dois te poser des dizaines de questions et j'y répondrai, je te le promets mais crois-moi, Emilie et Mickael doivent tout ignorer, pour leur bien. C'est une question de vie ou de mort.

- Il est actuellement en train de lui révéler ce qu'elle aurait dû savoir dans quelques mois.

- Maître, je ne comprends pas pourquoi les Destroyers ont à tout prix voulu la tuer maintenant, elle ne savait même pas qui elle était.

- Justement, ça leur facilitait grandement la tâche. A présent, Peter va devoir tout lui apprendre plus tôt que prévu.

- Vous êtes sûr ?

- C'est l'un de mes meilleurs protecteurs, il saura la guider comme il se doit, même si le manque de préparation sera un obstacle, il saura le contourner, il a mon entière confiance.

- Qu'en pense le conseil ?

- Douterais-tu de moi Maya ?

- Non Maître, bien sûr que non.

- Ecoute ma petite, tu es plus que nécessaire et la meilleure sur le terrain. Je ne peux te confier d'Elue à proprement parler de risque de te faire tuer. Tu es plus forte lorsque tu te combats seule.

- Je sais.

- Alors sois patiente, une nouvelle mission te sera bientôt donnée.

L'infirmière était revenue prendre le plateau que j'avais mis de côté puis sortit de la chambre sans prêter la moindre intention à Peter, comme si il était transparent. Moi, par contre, je ne pouvais l'ignorer, il était toujours là un peu plus près du lit qu'il y a quelques minutes, habillé d'un pantalon noir qui avait l'air assez léger et d'un débardeur blanc qui lui moulait le torse à merveille. Son regard n'avait pas changé, il était toujours en train de me fixer, attendant je ne sais quoi de ma part. Seulement, j'étais incapable de quoi que ce soit, je n'étais même pas sûre que tout cela soit vrai et, pourtant, la réalité des mouvements de chaque personne dans le couloir me prouvait bien que c'était réel, que ce que j'avais vu il y a deux jours n'était pas un cauchemar, je n'avais pas rêvé ! Pourtant, Dieu sait à quel point j'aimerais qu'en ce moment, à cet instant précis, tout ça ne soit dû qu'à mon imagination.

- Est-ce que... est-ce que c'est réel ? Je veux dire tout ça, tout ce que j'ai vu ? Insistai-je malgré tout.

- Oui, ça l'est.

De nouveau, un silence lourd et pesant s'installa, je ne savais vraiment pas comment réagir, ni même quoi dire en sa présence, c'était vraiment bizarre. Cependant, une question me brûlait les lèvres depuis que j'avais aperçu la couleur de ses yeux et je me décidais à l'interroger.

- J'ai une question à te poser.

- Je t'écoute.

- Es-tu humain ?

Il sourit. C'est vrai que c'est très drôle, ah ah ah je me marre aussi tiens, pourquoi souriait-il ?

- Génétiquement, oui.

- Comment ça, génétiquement ?

- Amanda, je ne pense pas que ce soit le meilleur lieu pour parler de ça.

- Je crois qu'il n'y a aucun lieu pour dire la vérité. Alors, soit tu effaces ma mémoire, soit tu réponds à mes questions. Après tout, c'est toi qui voulais que je parle.

Et toc, tu l'as bien cherchée celle-là.

- Ce n'est pas que je ne veuille pas répondre à la moindre de tes questions, seulement, ici, je ne peux pas le faire correctement.

Je soutins son regard et je pense qu'il dut comprendre que je ne comptais pas en rester là, je voulais savoir et, je ne sais pourquoi, il ne voulait pas effacer ma mémoire.

- Je pourrais effacer ta mémoire et te faire oublier tout cela, car il est encore trop tôt mais je ne peux pas. Désormais, le processus est enclenché. Toutes questions auront leurs réponses, le seul mort d'ordre est la patience.

- Processus ? Mais de quoi tu parles ? Je ne comprends rien.

- En sortant de l'hôpital, passe au manoir et, là, je répondrai à tes questions.

- Je n'ai posé qu'une seule question, le reste je m'en fiche.

- Je t'ai déjà répondu et je ne crois pas que tu te fiches de ce qu'il peut y avoir derrière tout ça.

Sans même que je puisse commencer une réplique, il tourna les talons et disparu de ma vue, comme si il s'était téléporté. Je me retrouvai alors de nouveau seule dans ma chambre, retournant à mes pensées car je n'avais plus envie de dormir.

- Tu crois qu'elle sortira aujourd'hui ?

- Le médecin avait l'air plutôt confiant, répondit Mickael.

- Oui, je sais mais elle a quand même prit un sacré coup sur la tête.

- De toute façon, tu la connais, elle ne peut pas tenir en place, donc elle sortira dans tous les cas et puis, rater les cours ne lui ressemble pas du tout. D'ailleurs, tu as pris des notes pour elle ?

- Oui chef, j'y ai pensé.

- Ah ! Quand on parle du loup.

- Pourquoi j'ai pas de texto moi ?

- Peut-être parce que ta voiture est en réparation alors que la mienne non.

- Elle sort ?

- Oui, on doit aller la chercher. C'est parti.

- Allons libérer notre copine de sa blouse blanche.

J'étais déjà habillée, ne voulant pas perdre de temps lorsque mes amis arriveraient pour me prendre et me libérer de cet endroit. J'avais mis une tenue basic qu'Emilie avait apportée pendant mon profond sommeil de ces deux jours, enfin, je le supposais. Un jogging léger et un débardeur, il faisait encore bon à cette période de l'année. Jusqu'à l'arrivée du médecin, j'avais pas arrêté de penser à ma micro conversation avec Peter et ce regard qu'il avait eu pendant tout cet échange, on aurait dit que je représentais une petite chose fragile qu'il fallait absolument protéger, c'était vraiment bizarre. Depuis, j'étais tellement occupée par la préparation de mes affaires que je n'y avais pas repensé une seule fois… Jusqu'à maintenant mais, fort heureusement, mes amis me sortirent vite de mes sombres réflexions.

- Allez la belle au bois dormant, on se casse d'ici, fit mon amie, pressée que je rentre chez moi.

- Avec plaisir. Hâte de retrouver mon lit. Me regardez pas comme ça, c'est juste pour le plaisir de me faire un bon petit plateau repas et poser mes fesses sur mon matelas tant confortable et mater la nouvelle saison de Supernatural.

- Madame a prévu de passer sa soirée avec Dean, ben voyons, on ne se refuse rien.

- En effet.

- Comment va ta tête ? Tout le monde a pris de tes nouvelles au bahut.

- Ah bon ?

- Oui, même Peter, répondit Mickael. Il était vraiment inquiet. D'ailleurs, il a raté les cours cet après-midi. Enfin, je crois qu'il avait cours.

- Bizarre.

Je n'aimais pas ça, devoir leur mentir, faire comme si de rien n'était, comme si je n'avais pas vu Peter cet après-midi, comme si ce coup à la tête était seulement un coup de mal chance mais je n'arrêtais pas de me remettre en tête ses paroles "Emilie et Mickael doivent tout ignorer pour leur bien. C'est une question de vie ou de mort." Cette phrase m'avait vraiment fait flipper.

- Dans quoi est-ce que je me suis fourrée ? Soufflai-je à moi-même.

- Tu as dit quelque chose ? Me demanda Emilie.

- Juste, que j'ai envie de prendre l'air.

- Alors allons-y.

C'est ainsi que nous sortîmes de la chambre en direction le hall d'entrée où les rayons du soleil me donnèrent le sourire. Ca faisait du bien de revoir de la vraie lumière.

Une fois chez moi, je pris une bonne douche qui me fit le plus grand bien et, surtout, je réussis à enlever ses bouts de sparadrap qui avaient laissé des traces sur ma peau. Ensuite, la faim étant présente, je me fis un énorme plateau repas puis je m'installais dans mon lit pour enfin rattraper mon retard dans la saison 6 de ma série, surtout que la nouvelle saison allait bientôt débarquer sur nos écrans. Je n'avais pas été chez Peter, je ne voulais pas me retrouver là-bas toute seule, du moins, pas après ma sortie de l'hôpital. Mon portable vibra et me faisant sursauter.

"Tu ne dois pas être encore prête. J'attendrai que tu viennes..."

Sans même me poser la question, je ne savais que trop bien de qui provenait ce message, il avait dû demander mon numéro à l'un de mes deux compères. Je n'y répondis pas, voulant passer une soirée tranquille et sans prise de tête. Priorité à Dean que voulez-vous ?

- Elle viendra à toi quand elle sera prête Peter.

- Je le sais, mais je pensais qu'elle serait plus curieuse que ça.

- Tu seras toi-même étonné par sa vivacité d'esprit crois-moi. Laisse-lui juste un peu de temps, elle a vu quelque chose qu'elle n'était pas censée voir de suite même si elle n'en a pas conscience. Il va lui falloir du temps pour digérer certaines choses et puis, si j'ai bien cru comprendre, ce n'est pas la meilleure des périodes pour elle.

- Oui, Slevin fait encore partie d'elle. J'ai peur que cela nous pose problème dans son apprentissage ainsi que dans sa mission.

- Ne t'en fais pas Peter, elle est plus forte et plus intelligente que n'importe quelle Elue dans ce monde, je le sens.

- J'ai confiance en ton pouvoir Maya mais je ne peux me résoudre à ne pas douter. Et si c'était moi qui foirait tout...

- Impossible Peter, tu es l'un des descendants du membre du conseil, ce qui veut dire que tu as un pouvoir immense bien plus que le mien, ta mission sera parfaite, ton Elue sera parfaite mais fais attention à ne pas trop t'attacher. Ta vie de semi-humain ne doit pas être un obstacle à cette tâche. Tu as développé en peu de temps beaucoup d'affection pour elle et ses amis et j'ai pu sentir à quel point ce fut dur pour toi de leur effacer leur mémoire, rappelle-toi que, pour un Defender, n'importe quel sentiment est multiplié par dix dans son ressenti.

- Je le sais Maya et tu as raison, je me suis déjà attaché à eux mais quand elle saura que je ne suis pas que Humain...

- Je te l'ai dit, elle a une vivacité d'esprit étonnante, elle aura peur au début ou peut-être pas mais elle saura qu'elle peut te faire confiance.

- Peter, le Conseil veut te voir.

- J'arrive tout de suite Paul.

Après trois épisodes, je sentais que mes petits yeux n'en pouvaient plus. Alors, j'éteignis la télévision, puis je connectais rapidement à facebook pour voir les nouveautés, enfin, j'éteignis mon téléphone ne voulant pas recevoir de nouveaux messages de Peter ou de quiconque d'ailleurs ! Je voulais être tranquille et ne pas réfléchir. Du moins jusqu'à demain, après tout, ce serait une nouvelle journée et un tournant dans ma vie. Car il faut être honnête, je n'étais pas censé voir ce que j'ai vu et je ne savais absolument pas à quoi m'attendre… Peut-être que Peter serait-il obligé de me tuer ou je ne sais quoi. J'étais sûrement en plein délire mais vous qu'auriez-vous imaginé à ma place ?

Après une bonne douche et un bon brossage de dents intensif, je mis mon réveil puis m'allongeai dans mon lit, attendant de tomber dans les bras de Morphée.

POV Peter

La salle de réunion où les rencontres avec le Conseil avaient lieu était immense, aussi bien en superficie qu'en hauteur, elle était aussi grande qu'un des building d'une grande ville des Etats-Unis auquel on aurait ajouté d'un dôme magistral sur lequel se reflétait l'espace qui brillait grâce à des millions de petits étoiles qu'à cette distance peu d'humains aurait pu voir, même avec les meilleures lunettes données par leur ophtalmologue.

J'avançais dans l'allée centrale menant aux grands sièges des trois membres du Conseil. L'un d'eux, assis au centre, était celui qui avait le plus de pouvoir, tenant compte des avis des deux autres membres, il peut tout de même prendre lui-même des décisions sans concerter qui que ce soit, ce n'est pas pour rien qu'il est le fondateur des Defenders, mon père.

Les Defenders, sont avant tout des humains qui, à leur naissance, sont dotés d'un certain pouvoir que l'on appelle la magie. Ils vivent autant d'années que les humains "normaux" mais ne peuvent jamais être malades. Par contre, ils meurent aussi mais de vieillesse pour ensuite devenir un Defender entier qui lui sera immortel, sauf si il est tué par un Destroyer. Assez compliqué à suivre, je vous l'accorde mais les lois de la nature ne sont pas toujours logiques. Dans mon cas, c'est différent, étant le fils du Fondateur de notre univers, je ne suis pas cent pour cent humain, seulement à moitié, mais j'ai toutes les émotions d'un humain en moi cependant, elles sont multipliés par dix et croyez-moi pour les contrôler, ce n'est pas de tout repos. Mais j'ai un pouvoir qu'aucun être de mon espèce n'a : lorsque je serais protecteur d'une Elue ce qui, avec Amanda devrait être le cas, je vois ses rêves ce qui peut être très avantageux et très embêtant aussi car, par conséquent, rien ne peut m'être caché.

- Peter, te voilà.

- Oui Maître, je suis venu dès que Paul m'a annoncé votre désir de me voir. De quoi s'agit-il ?

Pourquoi Maître ? Parce que le respect est une chose important envers un membre du Conseil et mon père ne doit faire aucune différence entre moi et les autres, nous devons tous être considérés au même niveau.

- Désormais, Amanda doit savoir ce qui l'attend, tu devras l'en tenir informer. Bien sûr, il faut qu'elle vienne à toi de son propre gré.

- Oui, je sais et je ne compte pas la bousculer dans quoi que ce soit.

- Mène ta mission à bien Peter, il s'agit de la survie de notre monde.

- J'y compte bien.

- Tu peux te retirer.

Je sortis normalement de cette salle. Lorsque j'ouvris la porte, je me retrouvai dans ma chambre au manoir.

POV Amanda

La balle se dirigea vers moi sans que je ne puisse faire quoi que ce soit. Puis, d'un coup, sans y comprendre quoi que ce soit, je me retrouvai collé au mur du couloir avec une douleur horrible à la tête. Mon regard cherchait mes amis mais je ne les vis pas, alors je me mis à observer ce qui se passait autour de moi et je vis ce gros nuage se former au dessus nous, ne comprenant pas d'où il venait je regardais ailleurs et là, je me rendis comme que de, je ne sais qu'elle façon, ce nuage qui me paraissait irréel était créé par des yeux bleus. Ensuite, je vis aux vêtements de qui il s'agissait, c'était Peter. Ses iris bleus se posèrent alors sur moi.

Je me réveillai en sursaut. Moi qui ne voulais plus penser à ça, du moins pour cette nuit, j'étais gâté.

POV Peter

J'ouvris les yeux au moment même où elle se réveilla. Elle avait rêvé de ce qui s'était passé, cela la poussera à vouloir savoir et alors, je ne pourrais plus rien lui cacher.

Une nouvelle journée commençait, je devais me faire à l'idée qu'à mon retour au lycée tout le monde me scruterait du regard, cherchant le moindre petit détail qui leur permettrait de me traiter de folle ou d'avoir pitié de moi. En tout cas, j'étais décidée à surmonter cette journée et à faire face aux hypothétiques rumeurs qui viendraient à mes oreilles. Et, surtout, j'allais retrouver mes amis.

En voulant pas prendre ma voiture ce matin, je décidais d'y aller à pied, ça me ferait beaucoup de bien et puis, surtout, il fallait que je réfléchisse à quelle attitude adopter quand je le verrai. Pas besoin de vous préciser de qui je parle, vous l'avez fort bien compris. Si je conduisais, je serais trop obsédée par mes réflexions pour être concentrée sur la route et je risquerais de créer un accident, c'était bien la dernière chose que je souhaite. La marche s'imposa, elle était synonyme de prudence.

Après avoir pris mes affaires, mon sac et mes clés, je sortis dans le couloir avant de me diriger dans le hall où la lumière du soleil illuminait le sol, si bien que j'enlevai ma veste de peur d'avoir trop chaud. Et, en effet, j'avais raison, le soleil tapait fort et le ciel bleu annonçait une agréable journée. Bien sûr, nous n'étions qu'en début de matinée, alors, si déjà à cette heure-ci j'ai chaud, je n'ose pas imaginer ce que ça donnera au cours de la journée. Et le lundi, la piscine est fermée normalement, donc aucun risque que je puisse aller me baigner pour me rafraichir.

J'avançais tout doucement en direction du campus et je réalisais soudainement que, depuis hier soir, mon téléphone était éteint, alors je décidais de le rallumer, on en sait jamais, peut-être qu'Emilie ou Mickael m'avait envoyé un message, dans tous les cas, je préférais les avertir que je partais pour le lycée à pied, je savais qu'ils comprendraient et que je n'aurais pas besoin de détailler. Je composais mon code PIN puis mon écran de veille s'afficha et j'eus un petit pincement au cœur en voyant une photo de Slevin et moi lors de nos vacances à Los Angeles mais je n'eus à peine le temps d'y penser que la sonnerie de mon téléphone sonna pour m'avertir que j'avais reçu des textos. Comme je m'en doutais, mes deux amis voulaient savoir si je venais en cours aujourd'hui et si je souhaitais qu'on vienne me chercher. En faisant un message groupé pour les prévenir que je venais bien en cours mais que j'avais décidé de venir à pied car je ne me sentais pas prête à prendre le volant ; ils me répondirent pour le dire qu'ils m'attendraient à notre endroit habituel, c'est-à-dire la cafétéria pour un capuccino pour moi et leurs cafés clopes pour eux. Je continuais mon chemin avec le cœur léger et le sourire qui se dessinait sur mes lèvres.

- Ah voilà la plus belle. Comment tu te sens ? Me demanda Mickael.

- Ca va. Pas trop de regards bizarroïdes, donc je pense que je vais survivre.

- Tu es passée par les affichages ? Intervint Emilie.

- Non pourquoi ?

- Ce matin, on n'a pas histoire. En fait, nous n'avons pas nos cours habituels.

- Ah bon ?

- Oui, le prof de sport étant pas là vendredi, on rattrape son cours ce matin et, cet après-midi, nous n'avons pas cours.

- Grâce à toi d'ailleurs.

- Hein ?

- Séance chez le psy du bahut obligatoire pour tout ceux et celles qui étaient présents de ce qu'il t'est arrivé et qui n'y sont pas allé il y a quelques jours. Toi, étant donné que tu as eu un suivi hospitalier, tu es épargnée de la corvée. Peter devait y aller avant les cours.

- Ah bon, pourquoi ?

- Apparemment il devait s'absenter cet après-midi, même si il y avait eu cours.

- Donc là, nous allons en sport ?

- Euh oui, mais ca va aller ? Tu vas pouvoir...

- Solide comme un roc, t'inquiète.

- Bon ba, allons-y alors. Pas de capuccino ce matin ?

- Pas trop faim.

- Ok, me répondit mon amie.

- Tiens voilà Peter, nous fit remarquer Mickael.

Il arrivait de l'autre côté de la cafétéria comme si il avait fait exprès de prendre un autre chemin pour arriver au niveau du gymnase. Il jeta brièvement un regard vers nous que je fus ma seule à remarquer. Puis, il entra dans le gymnase. Je sentais que nos rapports allaient être tendus mais peut-être que je n'avais pas mesuré à quel point ! On avançait en direction de notre cours tout en discutant de ce que mes amis avaient fait pendant leur week-end. Arrivés dans le gymnase, Mickael ne put s'empêcher d'interpeller Peter qui sortait du vestiaire ; il portait un jogging noir qui le moulait très bien et un tee-shirt bleu ciel qui faisait ressortir parfaitement son teint légèrement bronzé. Il s'arrêta net tout en nous saluant comme s'il ne s'était rien passé ces trois derniers jours.

- Tu reviens de chez le psy ? Lui demanda Mickael.

- Oui. En fait, c'est très bref, elle te force à parler et, si tu joues son jeu, elle te laisse tranquille, sinon elle se pose beaucoup de questions et te refile un rendez-vous. J'ai échappé de peu au rendez-vous.

- Cool.

- Et vous, c'est pour quand ?

- Cet après-midi sauf pour Amanda qui ayant vu celui de l'hôpital est épargnée, répondit Emilie. Nous on a séché le truc quand Amanda était à l'hôpital on avait la tête ailleurs du coup aujourd'hui séance obligatoire.

- Bon courage alors. On se retrouve dans la salle.

- A tout de suite, répondit Mickael.

Avec Emilie, nous entrâmes dans le vestiaire pour nous changer. Heureusement, le bahut avait investit dans divers casiers qui nous permettaient de partager à deux et d'y laisser nos affaires, ce qui nous évitait de nous trainer avec un sac en plus le vendredi, jour normal du cours de sport. Nous mîmes à peine dix minutes pour nous changer, pourtant, nous n'avions pas arrêté de parler et croyez-moi quand deux filles se mettent à papoter, c'est dur de les arrêter, eh bien, je peux dire que je suis fière de cet exploit que nous venons d'accomplir car nous avons démontré que nous sommes capables de faire les deux. Et toc, à la gente masculine. Nous rejoignîmes alors les garçons qui étaient en train de parler, les voilà, les vrais filles. Sauf que je ne savais pas comment réagir avec Peter mais mes amis étant là, cela serait peut-être plus détendu… De toute façon, je n'avais pas le choix, nous avions cours ensemble et moi qui ne suis pas douée pour le sport, c'était le moment idéal pour me ridiculiser, quoique si on refait des barres comme la semaine dernière, je risque de m'étonner. Je ne comprenais toujours pas comment j'avais réussi cet exploit, oh croyez-moi c'en est un, à mon habitude niveau maladresse, je suis le sosie parfait de cette Isabella Swan de la saga Twilight et là, comme par magie, je suis devenue athlétique, hum bizarre. M'enfin, je fus contente de voir que mon corps empoté réussissait finalement quelques prouesses sportives sans aucun entrainement.

Le professeur d'éducation physique avait demandé pour que l'on fasse piscine mais, étant donné que nous avions été prévenus au dernier moment de ce changement, aucun de nous n'avait apporté son maillot de bain. Alors, il avait décidé que nous ferions du volley et c'est tant mieux car c'était soit ça, soit courir autour du stade pendant une heure, alors non mais merci, je tiens à garder mes poumons viables le plus longtemps possible sans les cracher. Nous étions donc divisés en deux équipes et je fus quelque peu soulagé de voir que je n'étais pas dans la même équipe que Peter mais ses regards en coin ne m'aidaient pas à me sentir mieux, bien au contraire, un profond malaise naissait en moi, je sentais qu'il m'en voulait de ne pas être passée la veille ou alors je me faisais des films mais j'avais ce nœud dans mon ventre qui me laissait croire que mon intuition était la bonne.

La partie commença dès de le coup de sifflet se fit entendre. Le prof nous avait expliqué les règles et le but de ce sport qui bien sûr était la sportivité, la collectivité et la stratégie. J'avais une dextérité qui me surprenait et qui visiblement étonnait mes amis aussi mais ils ne s'en plaignaient pas puisque nous gagnons, certes pas que parce que j'étais bizarrement devenu doué mais également parce que notre équipe savait faire preuve de cohérence dans son jeu et d'une concentration qui nous permettait de prendre largement le dessus. Peter avait comme la tête ailleurs mais il jouait quand même mais j'avais l'impression qu'il n'y mettait pas de bonne volonté, visiblement j'étais la seule à percevoir cela. Nous fîmes trois matchs, de façon à donner la revanche à l'équipe perdante qui gagna le deuxième mais nous remportâmes la troisième et dernière partie avant de filer sous la douche, ce qui nous fit le plus grand bien après tant de transpiration et d'essoufflement. Je n'avais même pas eu d'étourdissement pendant ces efforts physiques et j'en fus bien contente car le médecin avait peur que ce soit trop tôt que je retourne au lycée, mais je crois qu'il n'avait pas remarqué qu'il avait affaire à une dure à cuire. La preuve, je suis devenue une pro du volleyball ; comment je ne saurais l'expliquer mais je n'allais forcément pas m'en plaindre !

Ce midi, nous mangions, comme à notre habitude, à notre table et, à mon grand étonnement, je ne vis pas Peter, ça me paraissait vraiment bizarre mais peut-être que cela n'avait strictement rien à voir avec moi, après tout, il a sûrement d'autres problèmes qu'une simple humaine qui a découvert son secret, enfin plus une partie de sa personnalité car je ne sais toujours ce qu'il est, ce qu'il fait, etc. En fait, c'est de ma faute, j'aurais très bien pu le savoir hier soir si Dean ne m'avait pas détournée de mon chemin. Bon, je vous l'accorde, je me cherche des excuses mais, honnêtement, je n'avais pas eu le courage de l'affronter. D'ailleurs, je me demande même quand j'en serai capable. Puis, je me souvins que cet après-midi, il n'avait pas cours et que c'était pour cela qu'il avait eu son rendez-vous avec la psy de l'école ce matin. D'ailleurs moi, je n'avais aucune obligation de rester là cet après-midi puisque aucun rendez-vous ne m'étais destiné.

- Les copains, je vais y aller comme je n'ai pas cours.

- Tu as raison, tu ferais mieux d'aller te reposer.

- J'ai dormi quarante-huit heures Emy, tu crois pas que je suis assez reposée ?

- Si, et c'est bien pour cela que je suis jalouse, ton teint est nettement plus beau que le mien maintenant.

- Oh mille excuses, gente demoiselle, d'avoir piqué votre beauté.

- Pffff bécasse. Allez va, on sait fort bien que Dean te réclame.

- Même pas mauvaise langue. A demain.

- A demain, me répondirent mes deux amis en cœur.

Je marchais tout doucement, en direction du cimetière. Je ne sais pas pourquoi j'avais envie d'y passer. Bien sûr, comme je l'avais pressenti ce matin même, il faisait une chaleur étouffante mais supportable tout de même, disons que les coins d'ombre étaient quand même des plus agréables. Sans m'en rendre compte, je passai dans une rue qui se trouvait non loin du domicile de Peter mais je continuais tout de même mon chemin sans m'arrêter. Puis au fond de mon cerveau, je me dis que c'était l'occasion ou jamais de savoir, d'apporter des réponses à ces questions qui me brûlent les lèvres et que j'étais enfin prête à lui poser. Et surtout, je voulais cette réponse à ma question posée à l'hôpital. Je fis alors demi-tour et me dirigeais vers le manoir en espérant qu'il serait là car je n'étais pas sûre de retrouver ce courage une deuxième fois.

Je frappai à la porte, j'attendis quelques secondes, celles-ci se transforment presque en minute, je me retournai, m'apprêtant à partir quand la porte s'ouvrit. Je me retrouvais face à lui. Peter se tenait droit devant moi, son visage neutre ne faisant paraître aucune émotion, rien à voir avec le Peter des premiers jours.

- Entre Amanda.

Je passais le seuil de la porte et me retrouvais dans le manoir.