Chapitre 13 Une fin d'année comme on les aime
Maya était déjà prête, lorsque je me levai pour aller prendre mon petit-déjeuner, elle se trouvait dans la cuisine vêtue d'un chemisier couleur caramel composé d'une matière que je n'aurais su identifier ainsi qu'une jupe noire qui lui arrivait pile au dessus des genoux. A ses pieds, elle avait mis une paire de bottes presque de couleur identique à celle de son chemisier ce qui faisait ressortir la couleur doré de sa peau ; une tenue très classe pour une grande guerrière. Peter, lui, n'était pas encore prêt mais je me doutais bien qu'il ne lui faudrait pas longtemps pour se préparer, c'est un moment beaucoup moins délicat pour un homme.
- Bonjour Amanda.
- Bonjour Maya. Tu es magnifique.
- Merci. Je ne savais pas trop quoi mettre, alors je me suis dis qu'une tenue féminine qui faisait habillée serait de rigueur.
- Tu as très bien choisi.
Contente de mon approbation, elle sourit satisfaite de ne pas s'être trompée.
- Mais, tu sais, on va juste chez les parents de Mickael, dans tous les cas, ta tenue aurait été parfaite.
- Et toi, que vas-tu mettre ?
- J'hésite encore, j'ai le choix entre deux tenues, je verrai bien au moment de m'habiller.
- En parlant de s'habiller, je vais profiter de la salle de bain, tant qu'elle est encore libre, intervint Peter.
- Ensuite, c'est mon tour.
- Je me dépêche.
Sans que je m'y attende, il m'embrassa le front, geste tendre et attentionné qui, cependant, me surprit, ce n'était pas dans ses habitudes. Aussi vite que j'étais apparue dans la cuisine, il disparut de mon champ de vision pour se retrouver dans la douche.
- Quoi ? Demandai-je à Maya qui ne cessait de me fixer.
- Tu as l'air surprise par ce geste.
- C'est que d'habitude, il... nous ne sommes si démonstratifs, au cas où...
Je levai les yeux vers le ciel, façon pour moi de lui indiquer que je parlais de son peuple, en particulier des membres du Conseil. Cela la fit rire aux éclats.
- Amanda, cesse de te biler comme ça.
- Oui, mais nous savons que...
- Vous ne devriez pas être amoureux l'un de l'autre au risque de mettre en péril la mission etc., on sait tout ça, sauf que l'on ne peut contrôler ses sentiments et, jusque-là, pas une seule fois, vous n'avez mis de côté les entraînements et tout ce qui a rapport avec votre mission.
- C'est vrai mais pourquoi aujourd'hui ?
- C'est un jour particulier chez vous et c'est aussi une journée que tu ne pourras pas partager avec tes parents, c'est une façon de dire, je suis là pour toi.
- Oh !
Je compris la subtilité de ses propos, je réalisai alors que ce à quoi je n'avais pas encore pensé depuis mon réveil, Peter y avait songé, c'était tellement prévenant de sa part mais aussi déroutant, car pas une seule fois, je n'avais pensé à mes parents, alors qu'en temps normal, mes pensées seraient directement allées vers eux. Comme si elle avait lu dans mes pensées, Maya continua à me parler.
- Tu as vécu beaucoup de bouleversements dans ta vie, ces derniers temps, Amanda, tu ne peux pas t'en vouloir de ne pas avoir songé à tes parents plus que d'habitude, quand tout sera rentré dans l'ordre, sans t'en rendre compte, tu penseras à eux mais, tu sais, ce n'est pas parce que ton esprit n'a pas de pensée directe pour eux, qu'ils ne sont pas là, en toi.
Ses paroles m'avaient mis les larmes aux yeux, c'étaient de belles paroles, tellement vraies d'ailleurs et cela me toucha plus que nécessaire car je savais qu'elle parlait en connaissance de cause, elle l'avait déjà vécu et le vivait chaque jour où elle continuait de respirer, pendant que sa mère veillait sur elle, quelque part dans un autre monde différent du leur.
Se levant de sa chaise et passant tout près de moi, elle posa sa main sur mon épaule, geste d'amitié pour me témoigner son affection et me dire qu'elle comprenait fort bien mon ressentit, j'en fus vraiment touchée me faisant remonter les larmes aux yeux. Elle revint avec une assiette de bacon frit accompagné d'une tartine grillée et beurrée, avec juste à côté un verre de jus d'orange, un repas digne d'un combattant.
- Voilà un petit déj' digne d'une guerrière...
- Ou d'une Elue.
Peter embrassa le seuil de la cuisine, habillé de sa chemise accompagnée de la veste que je lui avais offertes la veille ; il portait un jean noir avec des chaussures de ville noires qu'il mettait souvent pour venir au lycée, il était vraiment classe dans cette tenue, autant que sa sœur.
- Merci. Je mange et je vais dans la salle de bain.
- Prends ton temps, nous devons y être dans une heure et demie, tu as le temps.
- Le temps ?
Avec Maya, nous nous regardâmes avant de rire.
- Quoi ?
- Ignores-tu donc le temps qu'une vraie fille met dans sa salle de bain pour une telle occasion ?
- Euh oui, sœurette, je suis navré mais je l'ignore, je te rappelle que c'est notre tout premier évènement de la sorte.
- C'est vrai.
- Eh bien, pour ton information mon cher, il me faudra à peu près une heure. Me doucher, m'habiller...
- Te coiffer !
- Oui, me coiffer et me maquiller.
- En effet, c'est un vrai défi.
- On ne se moque pas.
- Vas-y, monte, je viendrai te coiffer à la sortie de ta douche.
- Merci.
Je sortis de la cuisine sans perdre de temps pour aller me préparer en vue de ce repas festif en compagnie de mes amis les plus proches.
POV Peter
Je n'avais pas très bien dormi, sûrement le stress de ce repas dont je ne connaissais pas les coutumes. Heureusement, cette planète est dotée d'une technologie me permettant de m'informer convenablement. J'ai dû essayer quatre fois la chemise avec la veste qu'Amanda m'avait offerte, de façon à m'habituer à me vêtir de la sorte, ma tenue habituelle étant certes habillée, tout en restant décontractée, hors là, j'étais habillé mais pas décontracté, j'étais paniqué. Pour me calmer, je m'étais rendu dans la bibliothèque, histoire de me défouler physiquement, ce qui, au bout d'une heure, me suffit, alors je pensai aux cadeaux que j'avais offert à tout le monde et réalisai que j'en avais oublié la personne ma plus importante : Amanda.
Je lui avais dit que j'avais son cadeau, hors c'était faux, enfin, il était dans un coin de ma tête mais je n'avais pas eu le temps de réaliser ce que je voulais lui offrir, par conséquent, je profitai de mon insomnie pour mettre à bien mon projet. Au final, je du dormir à peu près quatre heures. En me levant le matin, je découvris ma sœur vêtue d'un chemisier couleur caramel avec une jupe noire accompagnées d'une paire de bottes noires, pratiquement de la même couleur que son chemisier, installée dans la cuisine servant une assiette de bacon accompagné d'une tartine grillée avec un jus d'orange.
- Tu es levée depuis longtemps ?
- A peu près une heure.
- Une heure ?
- Oui, il fallait que je me prépare et que je fasse le petit-déjeuner. D'ailleurs, ma tenue est assez... appropriée ?
- Amanda va te dire ça, elle arrive.
Je l'entendis descendre les escaliers sans se presser, sûrement encore endormie.
- Bonjour Amanda.
- Bonjour Maya. Tu es magnifique.
- Merci. Je ne savais pas trop quoi mettre, alors je me suis dit qu'une tenue féminine qui faisait habillée serait de rigueur.
- Tu as très bien choisi.
Contente de son approbation, elle sourit, satisfaite de ne pas s'être trompée sur sa tenue vestimentaire pour ce repas.
- Mais tu sais, on va juste chez les parents de Mickael, dans tous les cas, ta tenue aurait été parfaite.
- Et toi, que vas-tu mettre ?
- J'hésite encore, j'ai le choix entre deux tenues, je verrai bien au moment de m'habiller.
- En parlant de s'habiller, je vais profiter de la salle de bain, tant qu'elle est encore libre, intervint Peter.
- Ensuite, c'est mon tour.
- Je me dépêche.
Avant de quitter la pièce, je vins déposer sur son front un doux baiser qui la surprit. Une attention que je ne pus contrôler, sachant qu'aujourd'hui était un jour particulièrement difficile pour elle, avec la perte de ses parents il y a quelques années. Qui plus est, qu'elle ne pourrait s'empêcher d'y penser et donc de penser au meurtrier, même si elle le cacherait très bien pour ne pas gâcher la journée. Sans perdre de temps, je me dirigeai vers la salle de bain, mettant mon ouïe développée en mode pause, de façon à ne pas espionner leur conversation.
Je ne mis pas longtemps à prendre ma douche, lorsque je sortis de la salle de bain, vêtu d'une seule serviette de bain autour de ma taille, je me rendis dans ma chambre pour me vêtir, sauf que cette fois, par manque d'attention, mes oreilles ne purent s'empêcher d'entendre une partie de leur conversation.
- Tu as vécu beaucoup de bouleversements dans ta vie ces derniers temps Amanda, tu ne peux pas t'en vouloir de ne pas avoir songé à tes parents plus que d'habitude, quand tout sera rentré dans l'ordre, sans t'en rendre compte, tu penseras à eux mais tu sais, ce n'est pas parce que ton esprit n'a pas de pensée directe pour eux, qu'ils ne sont pas là, en toi.
Je me doutais que ces paroles, aussi compatissantes soient elles, toucheraient au plus profond de son âme, Amanda. Ne voulant pas perdre de temps et ne me laissant pas distraire, je filai dans ma chambre et, en moins de dix minutes, je fus habillé entièrement et prêt à me rendre chez les parents de mon ami, Michael. Je descendis les escaliers me rendant dans la cuisine, sentant la bonne odeur de bacon grillé.
- Voilà un petit déj' digne d'une guerrière...
- Ou d'une Elue.
Je m'arrêtai net à l'embouchure de la porte, voyant les deux filles autour de la table.
- Merci. Je mange et je vais dans la salle de bain.
- Prends ton temps, nous devons y être dans une heure et demie, tu as le temps.
- Le temps ?
Avec Maya, elles se regardèrent, avant de rire.
- Quoi ? Demandai-je, sans comprendre.
- Ignores-tu donc le temps qu'une vraie fille met dans sa salle de bain pour une telle occasion ?
- Euh oui, sœurette, je suis navré mais je l'ignore, je te rappelle que c'est notre tout premier évènement de la sorte.
- C'est vrai.
- Eh bien, pour ton information mon cher, il me faudra à peu près une heure. Me doucher, m'habiller...
- Te coiffer !
- Oui, me coiffer et me maquiller.
- En effet, c'est un vrai défi.
- On ne se moque pas.
- Vas-y, monte, je viendrai te coiffer à la sortie de ta douche.
- Merci.
Elle sortit de la cuisine, sans perdre de temps, pour aller se préparer en vue de ce repas festif en compagnie de ses amis les plus proches.
- Tu es magnifique, frangin.
- Ca n'a pas du la choquer.
- Oh crois-moi, vu comment elle t'a dévisagé, tu es plus qu'à la hauteur.
Je souris. C'est vrai que son regard n'avait fait que de me détailler de la tête aux pieds, cela me rassurait, je n'avais pas l'air ridicule dans ce style de vêtement qui n'était certes pas à mon habitude mais qui ne me déplaisait pas pour autant.
- Je vais préparer ce qu'il faut pour la coiffer. A tout à l'heure.
Je me retrouvai alors seul dans la cuisine, profitant de ma solitude pour rêvasser.
POV Amanda
Une fois sortie de la douche, je rejoignis Maya dans la chambre rose pour qu'elle fasse ma coiffure. Je ne voulais rien d'extravagant, juste quelque chose de sophistiqué, s'accommodant avec ma tenue, montrant qu'il s'agissait d'un jour très particulier. Et puis, ma mère me coiffait toujours cette journée-là, je ne sortais jamais de la salle de bain avec des cheveux mal coiffés ou détaché, non, il fallait toujours une coiffure qui se démarque des autres et je voulais garder cette tradition. Je savais que, par sollicitude, Emy ferait la même chose et cela me réchauffait le cœur. J'étais tellement pressée de retrouver mes amis qui me manquaient depuis que je les avais vus, il y a presque deux jours. Je pensais surtout à Mickael, Shannon m'avait certifié, par message qu'il allait beaucoup mieux mais je ne savais pas pourquoi, ce sentiment de culpabilité ne voulait s'en aller, je n'arrivais pas à comprendre pourquoi mon tatouage ne s'était pas animé plus que cela, face à mon ennemi sous une forme humaine, cela m'intriguait au plus au point.
- Amanda, ça va pas ?
- Si.
- Tu sembles ailleurs...
- Je ne cesse d'essayer de comprendre, pourquoi mon tatouage ne s'est pas plus manifesté plus que cela, le jour de l'agression.
- Nous en avons parlé avec Peter et tu veux connaître notre avis ?
- Bien sûr.
- Nous pensons que le Destroyer qui vous a agressés et qui est allé à l'encontre de leur Maître...
J'aimais sa subtilité de faire exprès de ne pas citer le nom de mon ex-petit-ami, c'était très prévenant de sa part.
- Est ou était l'un des plus forts du Royaume.
- Pourquoi était ?
- Personnellement, je pense qu'il a été exécuté pour avoir désobéi à un ordre.
- Oh ! Donc l'un des plus forts... ?
Elle m'expliqua leurs pensées, tout en me coiffant.
- Oui, il devait pratiquer ce pouvoir depuis des décennie et l'employer sans aucune brèche, qui plus est, tu voulais absolument passer ce moment avec tes amis, ce qui est très compréhensible, donc je pense que, comme tu l'avais argumenté auprès de Peter, tu étais persuadée qu'aucun danger ne surviendrait ce jour-là et, étant heureuse de ce moment d'amitié, tes sens n'ont rien senti venir. Et ce n'est pas grave Amanda, tu es novices depuis des mois, laisse-toi le temps.
- Je ne peux pas me laisser le temps Maya, j'ai failli perdre mes amis ce jour-là parce que je n'ai pas voulu écouter Peter.
- Amanda, ne remets jamais en cause ton humanité, c'est ce qui fait ta force. Tu ne peux t'empêcher de vivre.
- Comme je ne peux m'empêcher de m'en vouloir.
- Cela prouve que ta conscience fonctionne. Promets-moi de profiter de cette journée, comme il se doit.
- Je te le promets.
- Regarde comme tu es belle.
- Merci beaucoup, elle est superbe.
- Je t'en prie.
J'adorais ma coiffure, certes, c'était un peu simple mais suffisamment élégant pour passer avec n'importe quelle tenue : un petit chignon qui se trouvait presque au sommet de ma tête qui en son centre faisait ressortir le reste de cheveux qui me restait, donnant le style d'une queue de cheval. Elle avait laissé échappé, sur chaque côté, deux fines petites mèches qui s'ondulaient toutes seules.
- Vraiment, j'adore.
- Contente que ca te plaise. Allez place à la tenue.
- Je vais me maquiller d'abord, je préfère.
- Comme tu veux.
Se munissant d'un pinceau à poudre, elle étala sur mon visage une légère dose de fond de teint, afin de laisser son naturel à ma peau, puis, sur mes yeux, elle appliqua une légère touche de fard à paupière d'un gris très clair pour faire ressortir la couleur de mes yeux, du mascara, un peu de rose sur mes joues et, pour finir, une fine touche de rouge à lèvres ou, plutôt, devrai-je dire de rose à lèvre, un rose très pâle pour donner un effet nacré.
- Je te laisse t'habiller, je t'attends en bas.
- D'accord. Je vais pas tarder.
- On part dans dix minutes, tu as le temps. Moi, je vais m'assurer que mon frère ne fasse pas de crise cardiaque.
- Ne dis pas de bêtise.
- Je le connais Amanda.
Elle me sourit et me fit un clin d'œil, avant de disparaître dans le couloir. Je l'entendis crier à son frère.
- Prépare-toi Peter, ton cœur ne va pas supporter.
"Merci pour le coup de stress, Maya."
Je pris ma tenue disposée sur le lit, une tunique de couleur anthracite, cintrée des épaules jusqu'au niveau de la taille puis un peu évasée jusqu'aux cuisses. Je mis mes collants noirs qui laissaient apparaître les traits de ma peau, suivis de mes bottes noires en cuir que j'avais eues au Noël de l'année passé. Jetant un dernier coup dans le miroir, je notai que cela manquait d'un accessoire que je trouvai directement dans mon sac, une chaîne en argent dont le pendentif qui représentait un trèfle à quatre feuilles descendait légèrement jusqu'au creux de ma poitrine. Cette fois, tout me convenait, il ne restait plus qu'à descendre et prendre la route pour passer un super moment entre amis.
Descendant les escaliers normalement, je me rendis dans la cuisine où j'entendis les voix de Peter et Maya qui parlaient d'un sujet qui m'échappait, toutefois, lorsqu'elle me vit arriver, elle cessa de parler, montrant d'un signe de tête à Peter que j'étais là. Il se retourna et me contempla de la tête aux pieds, sans rien dire pendant quelques secondes qui me parurent des heures, tant j'étais pressée de retrouver mes amis. Puis, un léger sourire apparut sur ses lèvres et je vis dans son regard que ma tenue lui plaisait, il est vrai que je ne m'habillais pas comme ça pour aller en cours, au grand dam de ma meilleure amie, aujourd'hui étant exceptionnel, je voulais faire honneur à ma fashion victime préférée.
- Tu es superbe.
- Merci beaucoup. On peut y aller ?
- Oui. C'est moi qui conduis. Et on ne proteste pas, frangin.
Me saisissant de mon manteau noir qui m'arrivait au dessus des genoux et de mon écharpe, je pris mon sac à main en bandoulière et la suivis jusque la voiture. Peter ferma la porte du manoir et nous rejoignis sans tarder.
Nous passâmes devant le cimetière ce qui me serra le cœur en pensant à mes parents et au jour où j'avais découvert que tout est mensonge au sujet de la mort de celui que j'avais toujours aimé jusque-là. Je regardai les rangées infinies de tombes aussi différentes les unes des autres, recouvertes d'une fine couche blanche de neige et vit, près de la stèle qui se trouvait être celle de Slevin, une ombre, non pas une ombre, une forme qui se tenait debout et qui me regardait. La voiture continua de rouler, mon tatouage ne me chatouillait pas mais je savais que cette personne n'était pas un ami, s'étant transformé il y a peu de temps, pourtant il ne broncha pas pour arrêter la voiture, il ne cessa juste de me regarder jusqu'à disparaître de mon sillage. Je reposai ma tête sur le dossier et regardai de l'autre côté de la route, pour ne plus y penser.
- Nos tatouages se seraient manifestés, s'il avait voulu nous attaquer.
Ainsi Peter avait vu la même chose que moi mais ne l'avait pas relevé...jusque-là.
- Malgré sa transformation, il a encore quelques brèches humaines en lui et certains souvenirs en font partie. Ce cimetière est visiblement un lieu important pour lui, étant donné que c'est là qu'il fut enterré et que tes parents, ses premiers meurtres démoniaques, s'y trouvent.
- Pourquoi il n'a pas attaqué ?
- Je pense qu'il a été beaucoup contrarié du fait qu'un de ses sbires attaque sans que ce soit lui qui en donne l'ordre, du coup, cela a changé ses plans. Il va te laisser tranquille aujourd'hui mais cette manifestation est un rappel à l'ordre, il ne t'oublie pas.
- Oh, moi non plus je ne l'oublie pas !
- Je sais...
- Non, je veux dire que je n'oublie pas que je dois le combattre.
- J'avais compris, me répondit-il avec son sourire si parfait, angélique.
- Nous sommes arrivés, intervint Maya.
Ce fut le père de Mickaël qui nous ouvrit la porte, nous accueillant très chaleureusement, habillé d'un jean noir accompagné d'une chemise blanche, cela faisait ressortir le marron de ses yeux.
- Rentrez vite, il fait très froid dehors.
- Les joies de l'hiver, répondis-je.
- Comment vas-tu, Amanda ?
- Très bien et vous ?
- Pareil que toi.
- Et Mickaël ?
- Va voir par toi-même.
Je ne perdis pas de temps pour retrouver, dans le living room où une table superbe était dressée, mes amis ainsi que la mère de mon ami. Tous nous accueillirent avec un grand sourire, qui me fit chaud au cœur. Me débarrassant de mon manteau, je vis mes amis stupéfaits de ma tenue, si bien que je crus qu'Emy allait s'évanouir sur le divan.
- Alors ? Demandai-je à mon amie tout en tournant sur moi-même.
- Je suis fière de toi. Tu auras le droit à ton cadeau de noël.
- Merci très chère.
Mon meilleur ami allait beaucoup mieux, son dos lui faisait encore mal par moment mais, comparé à il y a deux jours, j'étais rassurée et heureuse de voir qu'il pouvait se lever et marcher normalement. Les biens-faits des tisanes miracles de mon protecteur, bien sûr, chaque fois que lui ou Emy pensaient boire du café, il y avait en fait dans la main de ma meilleure amie du café mais dans la tasse de Mickaël, c'était de la tisane, un subterfuge visuel dont Peter s'est servi. Bien sûr, avec ma paranoïa habituelle, je pensais que les membres du Conseil ne le laisseraient pas faire or, Maya m'avait expliqué que, lorsqu'il s'agissait de blessures provoquées par un être démoniaque, ils se devaient de soulager au mieux la personne blessée, ainsi donc la tisane avait fait son effet. Shannon n'avait plus rien, encore quelques petites douleurs mais rien de méchant, quand à Emilie, elle était en forme comme jamais ; alors je compris que cette journée serait juste parfaite.
Le repas s'était déroulé dans une ambiance bon enfant, tout en dégustant les mets que nous avaient préparés la notre hôtesse. Nous avions fait une pause, juste avant le dessert, de façon à ce que nous puissions digérer un minimum, pour en apprécier le dernier plat de ce délicieux repas familial. Nous nous retrouvions tous sans exception, les fumeurs avaient fait preuve de beaucoup de respect en allant respirer aucune bouffé de nicotine, sur le canapé du living room non loin du grand sapin où se trouvaient tous les cadeaux.
- Eh bien, je propose que nous ouvrions les cadeaux, en attendant le dessert.
- Très bonne idée, maman.
Mickaël ouvrit en premier tous ses cadeaux et fut très content, lorsqu'il vit que Peter lui avait offert l'un de ses films préférés, mais, quand il vit le cadeau que nous lui offrions toutes les quatre, il se transforma en un gamin tout excité par son nouveau jouet.
- C'est plus qu'une encyclopédie là ce que vous m'offrez. Il y a pratiquement, à quelques détails près, toute l'histoire de la France, c'est tout simplement génial. Déjà que le dvd c'était extra mais là c'est le top du top, merci les filles.
- Contente que cela te plaise, répondit Emy.
- Au tour de Shannon.
Shannon fut moins expressive que son compagnon mais ses sourires et l'éclat que l'on reconnaissait dans ses yeux nous garantit pleinement que tous les cadeaux qu'elle avait reçus lui plaisaient. Son petit-ami lui avait offert un portrait de ses parents dessiné par un peintre qui était resté, pendant toute la période de décembre, dans la galerie marchande du centre commercial où nous avions était la veille avec Emy.
- Il est magnifique.
Elle l'embrassa en guise de récompense. Nous, un simple câlin furtif nous suffit.
Emy était la plus heureuse de toute, lorsqu'elle ouvrit chacun de ses paquets, bien sûr, il ne fut pas difficile de savoir de quoi il s'agissait à chaque fois, étant donné que chaque boite de forme différente garantissait le contenu.
- Je suis tant prévisible que cela ? Demanda-t-elle à l'intention de tous.
- Disons que l'on te connaît mieux que tu le crois.
- Peter, tes bottes sont de pures merveilles.
Merveilles qu'elle ne mit pas longtemps à mettre aux pieds. Je fis un clin d'oeil en direction de Peter qui était soulagé que chacun de ses cadeaux plaisent à chaque personne. Nous offrîmes nos présents aux parents de Mickaël qui furent émus du geste et ne trouvèrent pas les mots pendant quelques secondes.
- Vous avez fait une folie, vous n'auriez pas du.
- C'est le moins qu'on pouvait faire.
- Merci à tous.
Maya fut plus qu'émue de son cadeau, l'épée qu'on lui avait achetée avait forcément créé des questions dans l'esprit de monsieur et madame Winters. Elle remercia chacun de nous, touchée par ce geste et surprise que nous ayons trouvé un objet de la sorte. Peter, quant à lui, fut surpris que mes amis lui offrent un robot de cuisine.
- Je dois comprendre...
- Amanda nous a parlé de tes talents culinaires, on a espoir de pouvoir y goûter un jour.
Oops...
- A toi maintenant, me dit Shannon.
Evidemment, je n'échapperai pas, moi non plus, à l'ouverture des paquets qui m'attendaient sous le sapin. Les parents de mon meilleur ami m'offrirent le coffret dvd de la dernière saison de ma série préférée, autant vous dire que je ne compte pas attendre des mois pour la regarder une nouvelle fois ; par mes amis, j'eus le bonheur de découvrir une magnifique paire de boucles d'oreille argent en forme d'étoile.
- Elles sont vraiment sublimes, les copains.
- Tu aimes ?
- Oh oui, elles sont magnifiques, vous avez fait une folie.
- Tant mieux parce que pour être honnête, on a beaucoup hésité sur quoi t'offrir et en nous disant ton cadeau, Peter nous a donné une idée.
- Content de vous avoir aidés.
- Il y a du complot dans l'air...
- Tiens, celui-là, c'est de ma part, me dit Maya en me tendant le paquet bleu.
Je pris le paquet qu'elle me tendait tout en déchirant le papier qui l'enveloppait. En voyant la boîte, je compris que c'était un vêtement venant d'une des boutiques du centre commercial de Vancouver, en l'ouvrant, je pus y découvrir pour le plus grand plaisir de mes yeux une magnifique veste en cuir noir pile à ma taille, que je mis pas longtemps à essayer.
- Elle est sublime.
- Maya, tu as bien choisi, lui dit Emilie.
- Un peu qu'elle a bien choisi.
- Je suis contente que ça te plaise.
- Je l'adore.
- Il faudra faire attention à ne pas l'abîmer, me dit Peter.
Je compris très bien le message et , bien entendu, il était hors de question que j'abîme ce magnifique cadeau. Comme quoi, la téléportation a ses avantages.
- C'est à mon tour.
- D'ailleurs, c'est quoi le cadeau que tu lui as fait ? Me demanda Shannon.
- Ce qu'il porte aujourd'hui, répondit Emilie.
- La classe mon pote, lui dit Mickaël.
- Tiens, ce n'est pas grand chose.
Les filles toussèrent, une façon de dire que Peter minimisait la chose. Le paquet était tout petit, une minuscule petite boîte noire qui tenait parfaitement dans mes petites mains. Je le regardai et son regard impatient me brusqua pour ouvrir le contenant.
Je me figeai sur place, je ne savais quoi penser ni comment réagir, j'étais bloquée, subjuguée par la beauté de ce présent, irréel, c'était impossible qu'une telle beauté puisse exister. Du coin de l'œil, je vis que mes amis aussi étaient éblouis par cet objet, Emy s'approcha un peu plus de moi, pour être sure qu'elle ne rêvait pas. C'est elle qui prononça les premiers mots.
- C'est toi qui l'as fait, Peter ?
- Oui.
Elle ne répondit pas. Pour mieux l'observer, je sortis le bijou de son écrin pour y laisser la chaine argentée glisser entre mes doigts, laissant alors le pendentif pendre dans les airs, laissant ses reflets couleur ambre jouer avec la lumière du soleil. Ambre, comme l'une des couleurs des yeux de Peter, une étoile argenté avec des reflets ambre, voilà mon cadeau et je savais fort bien ce que cela représentait aux yeux de Peter, voilà pourquoi cela me touchait autant.
- Tu aimes ? Me demanda-t-il.
Il était juste en face de moi, je n'avais pas fait attention jusque-là mais il était seulement à quelques centimètres de mon corps.
- C'est incroyablement magnifique.
C'était beaucoup plus qu'un cadeau de noël, cela représentait ce que nous étions depuis le début de cette histoire : un tout. Désormais, je ne pouvais l'éviter, ni le nier, notre lien était bien réel, mettant à tout épreuve ces lois que nous défions.
Comme si nous étions seuls au monde, je mis mes boucles d'oreille, puis après m'avoir enlevé mon collier actuel, il fit le tour de moi-même pour me prendre ce bijou qu'il m'avait offert afin de l'attacher autour de mon cou à nouveau nu. Une fois le pendentif attaché, je me retournai pour lui faire face et, comme à notre habitude, on plongea dans les yeux l'un de l'autre, plus rien n'exista autour de nous, Emy nous rappela tout de même à l'ordre en faisant semblant de tousser, ce qui rompit la connexion.
- Désolée de vous déranger les amoureux, mais tout le monde vous attend pour le dessert.
Plus personne ne se trouvait autour de nous, ils étaient tous assis autour de la table. Peter partit le premier, suivit d'Emy et moi.
- Son cadeau est vraiment magnifique.
- Je trouve aussi, en fait, je ne réalise pas à quel point c'est tout simplement stupéfiant qu'il ait fait ça de lui même, lui répondis-je.
- Moi, ce qui m'intrigue, c'est la façon dont il a pu intégrer l'ambre à l'intérieur.
- Il y a vraiment quelque chose de très fort entre vous.
- Si tu le répètes, je serai forcée de te tuer.
- Arrête, tu me fais peur.
Nous rîmes de bon cœur.
- Tout à l'heure, quand je suis intervenue, c'était comme si vous étiez seuls au monde, même avec Slevin, ce n'était pas comme ça.
- Chaque histoire est différente.
- Amanda, sérieusement, je suis contente pour toi, tu mérites vraiment ce bonheur.
Ils n'attendaient plus que nous pour se servir. Nous restâmes quelques heures après le repas à parler de tout et de rien. Nous évoquions la rentrée scolaire qui aurait lieu dans quelques jours, dernière ligne droite pour la suite. Je ne savais plus si je voulais poursuivre mon cursus universitaire suite aux derniers évènements, un doute énorme s'était installé en moi depuis quelques jours.
Je repartis avec Peter et Maya, sauf qu'au lieu de rentrer avec eux au manoir, je décidai de rentrer chez moi, histoire de me retrouver, pas une seule minute ne passe sans que je pense à mes parents. Une fois arrivée devant chez moi, je les remerciai de m'avoir raccompagnée. J'ouvris la porte du hall puis, je pris l'ascenseur. Arrivée chez moi, je déposai mon sac et tous mes cadeaux sur la table du living room, avant d'aller dans ma chambre ranger correctement ma magnifique veste en cuir, je me dirigeai vers la cuisine pour mettre au réfrigérateur les deux boîtes contenant une partie des restes de notre repas festif.
Mise sur un cintre, j'accrochai celui-ci à la barre de ma penderie puis, je fermai la porte de cette dernière, me retrouvant face à mon reflet dans le miroir. Après mettre changée, jogging et débardeur, pour être plus à l'aise. Je me dirigeai vers la porte de ma chambre, quand mes yeux se posèrent sur mon lit, quelque chose s'y trouvait. De là où je me trouvais, on aurait dit un bout de papier, mais plus je m'en approchais, plus je voyais autre chose qu'un bout de feuille blanche. Arrivée au pied de mon lit, je compris alors que c'était en réalité une carte. Un frisson me parcourut, je ne mis pas longtemps à comprendre de qui cela venait.
