Chapitre 14 Une motivation sans précédent
Assise sur mon lit, après avoir senti mes jambes se dérober, j'attendis sans bouger que Peter arrive, mes yeux fixant la porte de ma chambre, en fait, inconsciemment, je ne quittai pas ma porte d'entrée des yeux, j'attendais qu'il sonne. Cela faisait à peu près dix minutes que je lui avais téléphoné avec ma voix chamboulée, lui disant de venir, ce qui l'avait inquiété. Je guettai les bruits de sa voiture mais n'entendis rien, pourtant je sentis mon tatouage dans le bas de mon dos, Peter était là, dans l'appartement, arrivé par son moyen magique le plus rapide, plus rapide qu'une voiture. Alors, je sentis un mouvement derrière moi, une main se posa sur mon épaule gauche, je savais que c'était lui mais j'étais incapable de bouger, de réagir.
Il fit le tour et vint se positionner, accroupi devant moi, cherchant une expression ou je ne sais quoi, je le voyais, il était inquiet ce qui me fit réagir.
- Ca va, je suis juste... choquée, je crois.
- De quoi s'agit-il ?
Du doigt, je lui montrai la carte qui se trouvait sur mon oreiller.
- Slevin, souffla-t-il.
- Je n'y ai pas touché, je me suis assise là et je t'ai attendu.
- Tu veux que je regarde ?
- Je devrais être plus forte surtout, mais il a le don de débarquer à un moment bien précis.
- Il connaît tes faiblesses mieux que quiconque mais tu es forte, bien plus que tu peux le penser. Sauf que, comme tu viens de le dire, ce n'est pas n'importe quel jour et ce n'est pas n'importe qui. N'oublies pas que...
- Je sais, il a fait partie de ma vie, bla bla bla. Arrête de me trouver des excuses.
- Désolé, mais je n'ai pas à te blâmer, je... quand ma mère...
Je compris ce qu'il voulait dire et me radoucis car, à la base, ma colère n'était pas dirigée contre lui mais contre moi.
- Pardonne-moi, je sais que tu veux me rassurer et je te remercie mais je trouve flippant de rentrer chez moi et d'y découvrir que mon ex-petit-ami devenu démonique peut venir à sa guise chez moi.
- Viens vivre au manoir, me dit-il spontanément.
Il me prit de court.
- Quoi ?
- Là-bas, au moins, tu seras tranquille et puis, c'est ce que tu fais depuis le début des vacances alors...
"Pas faux".
- Mais je vais finir obèse, avec tout ce que tu cuisines.
Il sourit à ma remarque.
- C'est un oui ?
Je lui fis un signe positif de la tête. Pas besoin de mot, je sus à son regard que ma réponse lui convenait.
- On devrait regarder, lui dis-je.
Je me levai et me saisis de la carte.
Dessus, était représenté un paysage qui paraissait tellement réel, comme une photographie. Un ciel bleu gris qui laissait échapper quelques flocons de neige qui venaient se fondre dans l'épaisse couverture blanche qui habillait un parc.
Notre parc.
Peter se rapprocha de moi, je n'eus nullement besoin de parler, il comprit de suite ce que représentait l'image de la carte.
- Pourquoi de la neige ?
- C'est le temps qu'il adore, quand nous étions petits, on adorait se rouler dedans et il m'a confié autrefois que c'était l'un de ses plus beaux souvenirs.
- Il te provoque.
- Je sais.
- Cette carte a donc une signification !
Sans attendre une seconde de plus, je l'ouvris, un seul mot y était écrit : bientôt.
- Au moins, je sais où aura lieu notre affrontement.
- Et quand !
- Il n'y a plus qu'à attendre qu'il reneige, dis-je crispée.
Ce moment que je redoutais tant allait arriver plus vite que je ne l'aurais pensé, et honnêtement, j'espérais de tout cœur être à la hauteur.
POV Peter
C'était le moment que chaque humain de cette planète préférait, ouvrir les cadeaux. Moi, je n'avais qu'une seule hâte, qu'Amanda ouvre le sien, je voulais voir l'expression de son visage, la lueur dans son regard et la rapidité des battements de son cœur, car je savais fortement que ce que je lui offrirais lui plairait à lui en faire perdre les mots et qu'elle en comprendrait la signification.
Mickaël ouvrit en premier tous ses cadeaux et fut très content, lorsqu'il vit ce que je lui avais offert l'un de ses films préférés, mais quand il vit le cadeau que les filles lui offraient, il se transforma en un gamin tout excité par son nouveau jouet.
- C'est plus qu'une encyclopédie là ce que vous m'offrez. Il y a pratiquement, à quelques détails près, toute l'histoire de la France, c'est tout simplement génial. Déjà que, le dvd, c'était extra mais là c'est le top du top, merci les filles.
- Contente que cela te plaise, répondit Emy.
- Au tour de Shannon.
Shannon fut moins expressive que son compagnon mais ses sourires et l'éclat que l'on reconnaissait dans ses yeux nous garantirent pleinement que tous les cadeaux qu'elle avait reçus lui plaisaient. Mickaël lui avait offert, un portrait de ses parents dessiné par un peintre qui était resté, pendant toute la période de décembre, dans la galerie marchande du centre commercial où Emilie et Amanda avaient passé le reste de la journée d'hier.
- Il est magnifique.
Elle l'embrassa en guise de récompense.
Emy était la plus heureuse de toute, lorsqu'elle ouvrit chacun de ses paquets, bien sûr, il ne fut pas difficile de savoir de quoi il s'agissait à chaque fois, étant donné que chaque boite de forme diverse en garantissait le contenu.
- Je suis tant prévisible que cela ? Demanda-t-elle à l'intention de tous.
- Disons que l'on te connaît mieux que tu le crois.
- Peter, tes bottes sont de pures merveilles.
Je fus contente de voir qu'elle ne mit pas longtemps à mettre les bottes que je lui avais offert, elle leur parlait comme un jardinier parlant à leur plante, s'en était hilarant. Vint alors le moment d'offrir le cadeau que nous avions acheté pour nos hôtes.
- Vous avez fait une folie, vous n'auriez pas dû.
- C'est le moins qu'on pouvait faire.
- Merci à tous.
Maya fut plus qu'émue de son cadeau, l'épée que les filles lui avait achetée dû forcément être créée pour elle et avait sans aucun doute engendré des questions dans l'esprit de monsieur et madame Winters. Je fus surpris mais, agréablement, du cadeau que l'on m'offrit : un robot de cuisine. Devais-je y avoir un message ?
- Je dois comprendre...
- Amanda nous a parlé de tes talents culinaires, on a espoir de pouvoir y goûter un jour.
Au moins, si j'en doutais, je suis sûr désormais qu'elle aime ma cuisine.
- A toi, maintenant, Amanda, lui dit Shannon.
Je me doutais que ma protégée aurait souhaité échapper à ce calvaire mais, il va de soit que non, chacun à notre tour, nous devions y passer, pourtant aucune joie ne se lut sur son visage, après tout il n'y avait aucune obligation à ce que noël soit la fête préférée de tous, surtout au vu des derniers évènements. Je me doutais bien qu'elle pensait, à ce moment même, à ses parents pourtant, elle n'en fit rien paraître.
Elle ouvrit le paquet de ses amis, un petit écrin qui contenait les boucles d'oreilles que je leur avais conseillées de leur offrir, quand il m'avait demandé mon avis, tout en leur expliquant pourquoi.
- Elles sont vraiment sublimes, les copains.
- Tu aimes ?
- Oh oui, elles sont magnifiques, vous avez fait une folie.
- Tant mieux parce que, pour être honnête, on a beaucoup hésité sur quoi t'offrir et en nous disant ton cadeau, Peter nous a donné une idée.
- Content de vous avoir aidés.
- Il y a du complot dans l'air...
- Tiens, celui-là c'est de ma part, me dit Maya en me tendant le paquet bleu.
Ce fut au tour de ma sœur de lui donner son cadeau. Amanda ne perdit pas de temps à déchirer le papier cadeau. En voyant la boîte, elle comprit que cela venait d'un magasin très côté du centre commercial de Vancouver et un sourire se dessina sur son visage ; elle ne mit pas longtemps à essayer sa belle veste en cuir noir.
- Elle est sublime.
- Maya, tu as bien choisi, lui dit Emilie.
- Un peu qu'elle a bien choisi.
- Je suis contente que ça te plaise.
- Je l'adore.
- Il faudra faire attention à ne pas l'abîmer, me dit Peter.
Elle comprit sans peine ce à quoi je faisais allusion, alors que pour les autres cette remarque était juste taquine.
- C'est à mon tour, dis-je aussi pressé que lorsque ce fut à leur tour de lui offrir ses cadeaux.
- D'ailleurs, c'est quoi le cadeau que tu lui as fait ? Me demanda Shannon.
- Ce qu'il porte aujourd'hui, répondit Emilie.
- La classe mon pote, lui dit Mickaël.
- Tiens, ce n'est pas grand chose.
Les filles toussèrent, une façon de dire que je minimisais la chose. Le paquet était tout petit, une minuscule petite boîte noire qui tenait parfaitement dans ses petites mains délicates. Je la voyais détailler la boîte puis, elle perçut mon regard et se pressa de l'ouvrir.
Sa réaction me surprit au départ car elle se figea et j'interprétai cela, au départ, comme de la déception puis, je vis à son regard qu'elle ne savait pas comment réagir, trouvant l'objet magnifique, elle était surprise mais du bon côté, ce qui me rassura. Emy s'approcha un peu plus d'Amanda pour regarder de plus près le bijou. Alors, elle me posa cette question qui, à la base, aurait du venir de la bouche d'Amanda encore fascinée par l'objet.
- C'est toi qui l'as fait Peter ?
- Oui, lui répondis-je.
Amanda sortit alors le bijou de son écrin, afin de mieux l'observer je présume, laissant la chaîne argentée glisser entre ses doigts, laissant alors le pendentif pendre dans les airs, produisant ses reflets couleur ambre qui jouaient avec la lumière du soleil dans la pièce. Elle dut comprendre ce que l'ambre représentait car son regard s'illumina alors, elle comprit que c'était en référence à l'une des couleurs de mes yeux. Son visage changea, et je lui demandai alors :
- Tu aimes ? Me demanda-t-il.
J'étais arrivé juste en face d'elle, à quelques centimètres de son corps.
- C'est incroyablement magnifique, me répondit-elle.
Je savais que cela lui plaisait mais l'entendre prononcer ses mots me soulagea d'un coup et je lui souris. Ce cadeau était un symbole de ce lien qui, depuis le début, nous unissait et je voulais le représenter d'une certaine façon : les reflets ambre pour moi en rapport avec la couleur de mes yeux, l'argent cristallisé pour elle car c'est une pierre aussi pure que son cœur à mes yeux.
Elle mit ses boucles d'oreilles assorties au collier bien évidemment, alors je vins lui retirer le pendentif actuel qu'elle portait et je fis le tour d'elle-même, pour venir y accrocher son nouveau bijou qu'elle tenait encore entre ses doigts, sans pouvoir en détacher son regard. Une fois la chaine attachée, elle se retourna vers moi et alors, ce fut comme si le monde disparaissait autour de nous, plus rien n'existait, notre regard était de la même intensité qu'à chaque fois. Ce fut Emy qui nous rappela discrètement à l'ordre, avec un toussement léger, ce qui rompit ce moment parfait.
- Désolée de vous déranger les amoureux, mais tout le monde vous attend pour le dessert.
Plus personne ne se trouvait autour de nous, ils étaient tous assis autour de la table. Je partis le premier, suivi d'Emy et Amanda. Je ne les avais pas distancées de beaucoup, ce qui me permit d'entendre les paroles d'Emy qui ne chuchotait pas vraiment.
- Son cadeau est vraiment magnifique, lui dit Emy.
- Je trouve aussi, en fait, je ne réalise pas à quel point c'est tout simplement stupéfiant qu'il ait fait ça de lui-même, lui répondit-elle.
- Moi, ce qui m'intrigue, c'est la façon dont il a pu intégrer l'ambre à l'intérieur.
- Il y a vraiment quelque chose de très fort entre vous.
- Si tu le répètes, je serai forcée de te tuer.
- Arrête, tu me fais peur.
Elles rirent de bon cœur.
- Tout à l'heure, quand je suis intervenue, c'était comme si vous étiez seuls au monde, même avec Slevin, ce n'était pas comme ça.
- Chaque histoire est différente.
- Amanda, sérieusement, je suis contente pour toi, tu mérites vraiment ce bonheur.
Ils n'attendaient plus que nous pour se servir. Nous restâmes quelques heures après le repas, à parler de tout et de rien. Je savais qu'Amanda ne savait plus où elle en était en ce qui concernait la poursuite ou non de ses études universitaires, elle doutait de continuer dans ce domaine ou en choisir un autre, sa mission était aussi l'une de ses raisons, pourtant je n'étais pas d'accord avec elle, elle devait et méritait d'avoir un minimum de vie normal et les cours étaient ce qui lui permettraient de passer des journées normales. Elle m'avait promis d'y réfléchir, tout en sachant que je ferais tout pour qu'elle y aille.
Elle repartit avec ma sœur et moi, sauf qu'au lieu de nous suivre au manoir, elle préféra rentrer chez elle pour se retrouver un peu seule, je savais qu'elle était nostalgique et que cela lui ferait du bien. Je la regardai ouvrir la porte du hall de son immeuble et nous reprimes la route en direction du manoir. Sur la route, je ne cessai de penser à cette journée qui fut vraiment parfaite, un repas en famille car au final nous étions une grande famille, malgré notre secret, mais j'avais vécu une journée cent pour cent humaine et j'avais vraiment aimé cela, cependant j'aimais tout autant mon côté magique que j'avais failli abandonner pour la sauver. Je repensai aussi au fait qu'elle était vraiment magnifique aujourd'hui dans cette tenue et à qu'elle point elle était heureuse de passer une journée avec ses amis qui étaient en très bonne santé.
Nous étions rentrés depuis cinq minutes et je me changeai, optant pour un jogging noir et un tee shit blanc car il faisait vraiment bon, dans cette immense demeure. Alors mon téléphone vibra, c'était un appel d'Amanda.
- Amanda ?
- Peter, il faut que tu viennes... vite, s'il te plaît.
- J'arrive.
Elle raccrocha sans aucun autre mot. Sa voix était bizarre, tremblante, ce qui ne me rassura pas le moins du monde. Je prévenais Maya de l'endroit où j'allais et, sans perdre un seul instant, je me téléportai grâce à une formule, pour arriver au plus près d'elle.
L'appartement était vraiment très calme cependant, je savais qu'elle y était, grâce à mon tatouage mais aussi parce que je percevais les battements de son cœur. Elle était assise sur son lit et je me trouvai derrière elle, son corps restait immobile, comme s'il était figé.
Mais que se passe-t-il ?
Je continuai de m'avancer doucement dans sa direction, je posai une de mes mains sur son épaule gauche, elle ne réagit pas, ce qui commença réellement à m'angoisser. Je fis alors le tour pour me retrouver face à elle et je ne vis aucune réaction, comme si son regard était éteint. Je ne pouvais pas rester sans rien faire.
- Ca va, je suis juste...choquée, je crois, me dit-elle.
- De quoi s'agit-il ?
Du doigt, elle me montra une espèce de bout de papier blanc qui se trouvait sur son oreiller.
- Slevin, soufflai-je, comprenant enfin ce qu'il se passait.
- Je n'y ai pas touché, je me suis assise là et je t'ai attendu.
- Tu veux que je regarde ?
- Je devrais être plus forte surtout, mais il a le don de débarquer à un moment bien précis.
- Il connaît tes faiblesses mieux que quiconque mais tu es forte, bien plus que tu peux le penser. Sauf que, comme tu viens de le dire, ce n'est pas n'importe quel jour et ce n'est pas n'importe qui. N'oublie pas que...
- Je sais, il a fait partie de ma vie, bla bla bla. Arrête de me trouver des excuses.
- Désolé mais je n'ai pas à te blâmer, je... quand ma mère...
Elle était sur les nerfs, je le compris à sa façon de me parler et au timbre de sa voix. Ce geste l'avait affectée mais, surtout mise en colère, si j'en interprétais correctement son expression. Cependant, elle se radoucit en lisant surement l'angoisse que trahissait mon visage.
- Pardonne-moi, je sais que tu veux me rassurer et je te remercie mais je trouve flippant de rentrer chez moi et d'y découvrir que mon ex-petit-ami devenu démonique peut venir à sa guise chez moi.
Alors une idée me vint soudainement qui me parut une excellente solution.
- Viens vivre au manoir, me dis-je spontanément.
Je savais que je la prenais de court.
- Quoi ?
- Là bas au moins, tu seras tranquille et puis, c'est ce que tu fais depuis le début des vacances, alors...
Elle hésite... Comment l'en blâmer, après tout ce qu'elle a vécu.
- Mais je vais finir obèse avec tout ce que tu cuisines.
Sa remarque me fit sourire.
- C'est un oui ?
Elle me fit signe de la tête, aucun mot n'eut besoin d'être dit car sa réponse était claire et me suffisait, j'étais vraiment content qu'elle accepte mon offre et soulagé aussi, car je serais moins angoissé, étant donné qu'au manoir, il ne peut y avoir accès.
- On devrait regarder, me dit-elle.
Elle se leva du lit et se dirigea vers sa tête de lit et se saisit de la carte.
Dessus était représenté un paysage qui paraissait tellement réel, comme une photographie. Un ciel bleu gris qui laissait échapper quelques flocons de neige qui venaient se fondre dans l'épaisse couverture blanche qui habillait un parc.
Leur parc. Très subtile comme attaque.
Je me rapprochai d'elle, tout en lui laissant une part d'intimité car je savais que cette carte la chamboulait au plus au point, je ne voulais pas me montrer oppressant. Cependant, un détail m'interpella.
- Pourquoi de la neige ?
- C'est le temps qu'il adore, quand nous étions petits, on adorait se rouler dedans et il m'a confié, autrefois, que c'était l'un de ses plus beaux souvenirs, me répondit-elle.
- Il te provoque.
- Je sais.
- Cette carte a donc une signification !
Sans attendre une seconde de plus, elle ouvrit la carte, un seul mot y était écrit : bientôt.
- Au moins, je sais où aura lieu notre affrontement.
- Et quand !
- Il n'y a plus qu'à attendre qu'il reneige, dis-je crispé.
Le moment qu'elle redoutait tant allait arriver, je savais que, physiquement, elle était prête et forte, plus que je ne le croyais mais, émotionnellement, je doutais un peu, je ne pouvais m'empêcher de penser que se battre contre lui ne lui serait pas si facile que ça. A sa place, je crois que n'importe quel être humain aurait ce genre de faiblesse, mais je me devais d'avoir une totale confiance en elle, après tout, elle avait failli perdre ses amis il y a quelques jours et il l'avait provoquée ce matin au cimetière et un peu plus maintenant, en s'étant introduit chez elle.
Laissant mes pensées de côté, je l'aidai à préparer ses affaires pour le manoir.
POV Amanda
Peter m'avait aidée à charger mes affaires dans la voiture. J'avais pris le strict minimum et, si besoin, je reviendrai prendre ce qui pourrait me manquer.
Une fois arrivée au manoir, Maya nous attendait à l'entrée, pour nous aider à décharger la voiture, c'était par politesse, je n'avais pas tout ramené de mon appartement. Mon protecteur lui avait laissé un message, pour l'avertir des évènements, par chance, elle était sur terre donc elle avait reçu le message.
- En fait, tu l'as fait exprès, parce que tu adores la chambre rose.
- Crois-moi, je m'en serais bien passée.
Après avoir déposé toutes mes affaires, je m'assis sur le lit.
Une idée me vint alors.
- Maya !
- Oui ?
- Apprends-moi à me déplacer comme toi.
Tous les deux surpris, ils me regardèrent et comprirent ma détermination.
- Tu n'aimes plus mes entrainements ? Me taquina-t-il.
Ce qui me fit sourire.
- Amanda, je me déplace ainsi parce que je suis née comme ça, cela fait partie de moi.
- Si vous voulez que je tienne face à lui, il me faudra plus que les bases de la magie ou des arts martiaux. Il faut que je sache parfaitement esquiver et maîtriser la lévitation, comme je maîtrise ne va pas m'aider beaucoup. Peter, tu m'apprends énormément, je ne remets absolument rien en question, c'est juste que...
- Ma sœur est plus agressive et que c'est ce qu'il te faut.
Une phrase, une seule et il comprit exactement ce que je voulais dire.
- Mais je veux qu'on travaille sur les éléments, je dois arriver à les contrôler et pas seulement les manipuler d'une façon ou d'une autre Je dois mettre mes atouts en avant, pour créer l'effet de surprise, ne pas être déstabilisé.
- Oui, je vois ce que tu veux dire, me répondit-il. Eh bien, y'a plus qu'à se mettre au travail.
- Maintenant ?
- Oui, maintenant. Il doit être dix-sept heures, donc vous avez à peu près trois heures avec Maya, ensuite, on mangera un morceau, toi plus que nous, et on travaillera sur la magie. Ensuite, tu dormiras longtemps pour récupérer car je te rappelle que, dans quelques jours, c'est la nouvelle année et bien que nous ayons décidé de faire quelque chose de tranquille, tu devras être en forme.
- Bien chef. Direction la bibliothèque alors !
- La bibliothèque ? Demanda Maya, surprise.
- Oui, pourquoi ?
- Ma chérie, si tu veux pouvoir te défendre, comme il se doit, il te faut être libre de tes mouvements et ce n'est pas dans une pièce avec des murs que je vais pouvoir t'enseigner mon art. Du moins, je le pourrais mais ce ne serait pas évident et nous perdrions du temps or, en ce moment, nous n'en n'avons pas à perdre.
- Bien, alors où ça ?
Elle regarda vers la fenêtre, m'indiquant le jardin. Ce qui, en fait, était logique.
- Bon ba, j'ai plus qu'à me couvrir.
- T'inquiète pas, tu auras vite chaud.
Sans plus attendre, nous nous retrouvions dans le jardin à l'arrière du manoir, cette vaste étendue de verdure donnant sur une gigantesque forêt.
Je savais que m'entraîner avec Maya serait intense, mais à ce point, je ne l'aurais pas deviné une seule seconde, ne l'ayant jamais vue se battre devant moi. Elle ne me laissait pas une minute pour souffler mais je devais faire avec car je savais très bien, au fond de moi, que Slevin ne me laisserait pas un seul moment de répit, lorsque nous nous confronterions. Je ne pouvais dire le contraire, j'étais en condition parfaite pour quand cela arrivera.
Cela faisait plus d'une heure que nous étions en plein exercice et je savais que Peter nous observait mais je ne me laissais pas déconcentrer pour autant, malgré mon tatouage qui ne cessait de me rappeler sa présence, quelque part dans le manoir, caché derrière une fenêtre, dans une des pièces.
- Voilà, c'est ça. Tu vois quand tu comprends que ton adversaire arrive sur ta gauche en marchant à une vitesse plus rapide qu'à son habitude, c'est qu'il prend son élan pour, soit te décrocher un coup de pied latéral ou...
- Me faire perdre l'équilibre, terminai-je.
- Exactement.
Nous reprenions là où nous en étions, cette fois, je maitrisais plus facilement les sauts périlleux ; je ne me faisais plus mal les chevilles lors de la réception de mes sauts, contrairement au trente dernières minutes. Désormais, grâce à mon amie je n'avais plus besoin de prendre d'élan pour passer au-dessus d'une personne. Je pouvais en remercier mon nouveau statut qui, depuis des mois, me permettait d'apprendre rapidement, de me mémoriser sans aucune difficulté les moindres capacités physiques dont j'allais avoir besoin pour vaincre mon ennemi.
Je me déplaçais pas aussi vite qu'elle certes, mais toujours plus vite que cette fois-là dans le parc où Mickaël s'est fait éventrer. Mon corps connut une facilité qui me donnait une plus grande confiance en moi, en espérant que cela continue de m'habiter le jour du grand combat. La nuit commençait à tomber mais je ne voulais pas m'arrêter en si bon chemin, je commençais à me sentir à l'aise dans certaines actions et je voulais perfectionner cela. Nous continuâmes encore pendant une demi-heure durant laquelle, Maya m'apprit à contrer les attaques provenant de coups de poing.
Cependant, je m'interrogeai sur la gestuelle des bras, en dehors des coups de poing.
- Quelque chose ne va pas ? Me demanda-t-elle.
- Et s'il pouvait faire sortir des choses de ses mains ?
- Comme de l'énergie ou des boules de feu ?
- Oui.
- Eh bien, c'est l'une des raisons pour laquelle Peter t'apprend à avoir un lien avec les éléments. Mais, franchement, Amanda, je ne pense pas qu'il utilise ce genre de pass pass contre toi, il a vu ce que tu pouvais en faire, quand il a tenté de t'empêcher de sauver Peter de sa transformation humaine.
- Tu crois ?
- J'en suis sûre à cent pour cent mais je ne pense pas qu'il tenterait le diable. Sans mauvais jeu de mot. Quand bien même il essaierait, tes pouvoirs t'aideront à le contrer.
Cela me rassura mais pas assez pour dissiper cette angoisse qui m'habitait, depuis ma lecture de la carte.
- Je pense que pour ma partie, ça suffit pour ce soir. Nous allons manger et tu iras avec Peter.
- Et toi ?
- Je dois aller voir le Conseil, pour les informer des dernières nouvelles, bien qu'ils voient tout de là où ils sont, enfin presque tout...
Je ne finis pas mon assiette, qui contenait ma part des restes du repas de ce midi. Mon angoisse m'empêchant de manger correctement et Peter n'insista pas, car il devait se douter de ce qui me chagrinait comme ça. Maya nous salua avant de disparaître de ma vision à une vitesse vertigineuse, pour passer par la porte secrète de la bibliothèque.
- Tu es prête ?
- Oui, c'est bon. Je bois un verre d'eau et nous pouvons y aller.
- Aucun souci.
POV Maya
Ils étaient tous assis sur leurs fauteuils, les uns à côté des autres, formant un cercle d'une taille moyennement important mais, suffisamment pour laisser la place à trois personnes de se trouver au milieu à leur disposition. Place que Maya occupa dès son arrivée, habituée à cela.
- Est-elle prête ?
- Elle est persuadée que non mais, au fond, elle est beaucoup plus forte que ce qu'elle ne le croit. L'agression dans le parc l'a rendue plus agressive et avide de vengeance, elle ne supporte pas d'avoir failli perdre ses amis.
- Quelque part, c'est un mal pour un bien, cela lui donne cette rage qu'elle n'avait pas auparavant.
- Oui, père.
- Cependant, elle reste très attachée à Slevin, elle espère encore, au fond d'elle, que sa partie humaine refasse surface.
- Il serait peut-être plus facile pour elle que cela n'arrive pas.
- En effet, mais c'est une chose que nous ne pouvons contrôler. Toutefois, nous apprécions de pouvoir constater que, malgré sa vie d'humaine et sa relation nouvelle avec Peter, elle ne perd pas ses objectifs.
- Là-dessus, elle est très sérieuse en effet.
- Ils tiennent énormément l'un à l'autre !
- C'est une chose que nous ne pouvons nier Père, vous l'avez bien vu à ce repas festif. Ce lien, c'est leur force pour affronter tout cela.
- Maya, tu vas partir en reconnaissance, au cas où Slevin ait la bonne idée de ne pas respecter sa carte.
- Très bien.
Elle quitta le cercle sans aucun autre mot à l'égard d'un des membres du Conseil et disparut sans passer par aucune porte.
POV Amanda
- Ne pensez à rien, inspirer, expirer, ne pensez à rien..., me dis-je à moi-même, tout bas.
- Ne te mets pas la pression, on va prendre notre temps et tu vas y arriver.
- On n'a pas le temps Peter, répondis-je sèchement.
Je me rendis compte du ton que j'avais employé et m'en voulut automatiquement.
- Désolée, lui dis-je tête baissé.
Son index vint se poser sur mon menton, afin de me faire relever la tête, pour que je le regarde et être sûr que je l'écoute.
- Moi, j'ai confiance en toi, tu y arriveras, tu en es plus que capable. Tu es douée Amanda, plus que tu ne peux l'imaginer et crois-moi, si Slevin ne t'a pas encore attaquée directement c'est que de son côté, il doit préparer quelque chose de façon à se protéger, il a peur, il sait ce dont tu es capable !
- J'y arriverai pas Peter !
- Démon, c'est un démon, plus aucune humanité, il n'aura aucune pitié, crois-moi. Si ça avait été lui dans le parc, il n'aurait pas raté son coup et Mickaël serait mort, tu le sais.
Il a raison !
Bizarrement, ce souvenir provoqua une rage en moi que je pus contrôler.
Feu !
Une flamme apparut dans le fond de la bibliothèque à quelques mètres de là où nous nous tenions avec Peter.
- Désolée.
- Non, au contraire. Contrôle-la.
- Comment ?
- Quand tu étais en colère contre lui, lorsque tu as su le marché qu'on avait fait lui et moi, tu t'es servie de cela pour faire appel au vent et au feu, pour qu'ils te viennent en aide or, tu pouvais juste les appeler pas les contrôler, là, je te demande de manipuler le feu comme lui le ferait, s'il voulait l'utiliser contre toi.
- Je suis pas Prue Halliwell !
- Prue qui ?
- Une sorcière d'une série télévisée.
- Je sais pas qui sait.
- Laisse tomber.
- La flamme derrière moi, fais-la bouger. Concentre-toi. Ne me regarde pas, regarde-la comme si elle t'appartenait, comme si tu voulais la prendre entre tes mains.
Je me concentrai, créant autour de moi une bulle que personne ne pouvait traverser 81470472 pas même Peter, je fixai cette flamme que je voulais toucher, caresser avec la paume de ma main, alors le visage ensanglanté de Mickael vint à mon esprit, presque mort dans le parc, le souffle court et ma colère augmenta.
Je peux y arriver ! Il faut que je te touche, il faut que je te contrôle, pitié...
J'avais tellement peu confiance en moi que je doutais de pouvoir réussir cependant, je sentis quelque chose de différent, une chaleur parcourut mon corps et lorsque je regardai mes mains une petite boule de feu s'y trouvait, cependant aucune brûlure ne se manifesta sur ma main, comme si nous ne faisions qu'un, alors je me rappelai ce que Peter m'avait dit, je devais la faire aller là où je le souhaitais. Je regardai le mannequin en mousse qui se trouvait au fond de la pièce et, d'un geste aussi simple qu'un batteur de baseball, je lançai la flamme contre cette gigantesque poupée en mousse qui s'embrasa, dès que la boule de feu l'eut atteinte. Je regardai Peter qui souriait, fier de cette première tentative.
- On dirait bien que j'ai réussi.
- En effet, je n'ai plus qu'à me racheter un mannequin.
- Désolée. Mais, pour ma défense, il fallait bien que je lance cette boule quelque part et je ne pense pas que tu aurais apprécié que celle-ci vienne, malencontreusement, calciner certains de tes livres...
- Vous avez entièrement raison, Mademoiselle Pierce.
- J'essaye de nouveau ?
- Vas-y au pire, cela me fera du charbon de bois pour cet été.
Je ne prêtai plus attention à ses paroles, me concentrant à nouveau, cette fois, j'essayai de faire en sorte que la colère ne m'habite pas, pour réussir à manipuler cette élément pourtant, je compris que je ne pouvais y arriver si je ne ressentais pas un minimum de colère en moi, peut-être était-ce dû au fait que le feu représente l'enfer et que l'enfer est un signe de colère d'un dieu déchu. Cette fois, ce ne fut pas Mickaël qui me vint à l'esprit mais Emilie, pourtant elle ne fut pas autant blessée que notre ami mais cela réussit tout de même à raviver ma colère. Une fois encore, je sentis dans le creux d'une de mes mains la chaleur des flammes vibrantes de ma colère qui ne demandaient qu'à exploser. Je portai alors mon regard sur ce pauvre mannequin qui n'avait presque plus d'apparence et lançai, pour la deuxième fois, avec plus de grâce cette fois, je ne faisais plus de mouvement tel un joueur de baseball, mon lancer se fit avec plus de délicatesse et de précision, atterrissant sur la tête de cette forme humaine.
- Le feu est un symbole de la colère, c'est pour cela que je n'arrive pas à le maîtriser en dehors de ce sentiment.
- C'est une théorie que je n'avais jamais exploitée mais qui me semble cohérente.
- Je saurai comment l'utiliser la prochaine fois.
- Continuons avec l'eau.
- En fait, je préfèrerais enchaîner avec le vent, étant donné que c'est cet élément là que j'ai eu le plus de mal à appeler, la dernière fois.
Je voulais à tout prix me défaire de cet obstacle, le vent pouvait m'être d'une grande utilité, d'ailleurs, lorsque j'avais fait appel à lui, la fois où Peter avait failli devenir totalement humain, je fus surprise de ma capacité à l'appeler et de ma totale réussite mais depuis, cela ne s'était pas reproduit, chaque fois que je l'appelais pour m'entrainer, je me confrontais à un mur comme s'il ignorait le moindre de mes appels. Peut-être que je n'utilisais pas la bonne technique, tout simplement. Prise d'une nouvelle crise de concentration, je m'imaginai en plein milieu d'une tempête, tel un mistral qui me décoiffait malgré la tonne de spray coiffant que j'avais appliqué sur mes cheveux. La pièce se mit alors à tourner autour de moi, tous les éléments qui la constituaient se déplacèrent un peu partout, passant même au-dessus de nos têtes, je mis quelques secondes à saisir que c'était l'image que j'avais dans ma tête qui avait créé ce mouvement dans la pièce, comme si j'étais Tornade dans X-men. Je ne savais pas ce que je devais faire, le diriger d'un simple geste comme le feu ou prononcer un mot précis, par conséquent, j'optai pour la deuxième solution qui me parut convenir à la situation.
- Dans le jardin, dis-je, à voix basse presque inaudible.
Le souffle se dirigea sans demander son reste à l'extérieur du manoir, ouvrant la fenêtre unique de la bibliothèque déchainant les arbres et les feuilles qui dormaient par terre. Je compris que la force de son mouvement dépendait en fait de ma volonté, alors d'un seul et unique mot, je stoppai cela avant d'attirer l'attention.
- Stop.
Tout s'arrêta, nous replongeant dans un calme olympien. Cela m'avait épuisé de manipuler deux éléments à la suite, je me retins à Peter, lorsque je me sentis vaciller.
- On va arrêter pour aujourd'hui et tu vas me faire le plaisir de manger quelque chose.
- D'accord.
Je ne perdis pas de temps à discuter car je savais que c'était peine perdue mais, surtout qu'il avait raison, j'en avais demandé de trop à mon corps et celui-ci me le fit comprendre. Sans plus attendre, je me dirigeai dans la cuisine, doucement certes mais, tant que j'y arrivais debout, je me moquais du temps que je mettais ; cependant, mon ange gardien ne parut pas penser comme moi car, sans que je puisse réaliser ce qui m'arrivait, je me retrouvai dans ses bras, la tête lourde m'appuyant contre son épaule. Avec une tendresse qui lui appartenait et dont on pouvait le jalouser, il me déposa doucement sur la chaise où je m'asseyais à chaque fois que je mangeais ici. Dans une assiette qu'il déposa sous mon nez, figurait une purée de patate douce maison accompagnée d'un morceau de blanc de poulet rôti que je ne me fis pas prier pour manger, tout en buvant.
- Ca va mieux ?
- Oui, merci.
- Maintenant, tu vas prendre un bon bain et tu te coucheras ensuite. Ne bouge pas.
Il me donna une coupelle avec trois boules de glace vanille aux noix de pécan caramélisées puis sortit de la pièce. Cinq bonnes minutes passèrent, avant qu'il ne revienne dans la cuisine.
- Ton bain est coulé.
- C'est ce que tu étais en train de faire ? Demandai-je surprise.
- Oui, pourquoi ?
- Comme ça.
Je finis ma glace pendant qu'il rangeait, dans le lave-vaisselle, mon assiette et mes couverts.
- C'était très bon, merci beaucoup.
- Je t'en prie. Maintenant, file dans la salle de bain.
Sans perdre un instant, je me levai, sauf que mon corps, lui, n'était pas d'accord.
- J'ai dû trop forcer sur l'entrainement.
- Tu n'as presque pas mangé ce soir et tu as sollicité ton corps plus que tu n'aurais dû.
- Je sais mais il fallait bien que je maîtrise certaines choses plus que d'autres...
- Amanda, je ne te fais aucun reproche, je rapporte juste les faits.
- Je sais, tu as raison, j'aurais dû faire une chose à la fois, plutôt que de tout vouloir savoir d'un coup. J'espère que mon corps ne réagira pas de la même façon le jour de l'affrontement.
- Ne t'inquiète pas pour cela, le simple fait que tu te sois entrainer des jours durant jusqu'ici t'aidera à tenir face. C'est juste qu'il faut que tu reposes.
De nouveau, il me prit dans ses bras et nous arrivâmes rapidement dans la salle de bain, où il me fit asseoir sur le rebord de la baignoire. Une odeur particulière embaumait la pièce, qui était fort agréable que je ne réussis pas à reconnaître.
- Hum... ça sent vraiment bon.
- J'ai mis dans l'eau de ton bain quelques gouttes d'huile essentielle de basilic.
- C'est ça que ça sent, le basilic ?
- En cuisine, ça sent différemment.
- J'adore l'odeur. Quelle en est la vertu ?
- Eh bien à la base, cette huile est connue pour ses vertus antibactériennes. Cette plante, aussi bien que son extrait, est très recommandée en Europe pour traiter des problèmes gastriques comme l'indigestion, l'aérophagie, la flatulence. En général, elle est beaucoup utilisée par les voyageurs qui vont visiter un pays étranger. D'autre part, elle est très réputée pour ses vertus apaisantes car en agissant sur le flux sanguin et lymphatique, elle contribue à l'évacuation de la fatigue et des tensions nerveuses, combattant ainsi les insomnies ou les crises d'angoisse.
- J'ai plus qu'à m'en souvenir.
- Oui car il est vrai que nous ne l'avons pas étudié la dernière fois. Maintenant, je vais te laisser, tu vas te détendre et te reposer. Si tu as besoin d'aide pour aller dans ta chambre, quand tu seras sortie; appelle-moi.
- D'accord. Et merci.
Sur ce, il ferma la porte derrière lui et j'en profitai pour me déshabiller et tremper mes pieds dans cette eau bien chaude qui n'attendait que moi. Une fois mon corps entré dans le bac blanc parfumé, je m'installai de façon confortable, profitant du petit coussin pour la tête à ma disposition, pour un confort encore plus agréable. Je fermai les yeux et ne pensai à rien, absolument rien du tout, ce qui me fit un bien fou. Mais mon tatouage s'anima et je rouvris les yeux, heureusement qu'il avait baissé la lumière, sinon cela m'aurait fait mal aux yeux. Il ne devait pas être très loin, car je pouvais sentir sa présence, soit il se trouvait dans sa chambre ou bien dans la bibliothèque. Je me repassai cette parfaite journée en tête, me remémorant chacun des cadeaux offerts, la tête de chaque personne, le moindre sourire et toute cette bonne ambiance qui effaçait les moindres maux, jusqu'à une certaine carte sur ma taie d'oreiller. Alors, je changeai de suite de souvenirs et me repensai à la journée avec Emilie au centre commercial puis plus rien, le calme plat dans ma tête, sentant mes muscles se détendre de plus en plus, comme si on me massait tout le corps ; mon corps était moins crispé, ma tête beaucoup moins lourde et mes souvenirs beaucoup plus lointains, j'étais dans un univers paisible ou rien ne pouvait m'arriver. On frappa à la porte de la salle de bain, ce qui me réveilla.
- Amanda, ça va ?
- Oui pourquoi ?
- Parce que ça fait plus d'une heure que tu es enfermée et que tu ne donnais pas signe de vie.
- Désolée, je m'étais endormie. Je vais sortir, l'eau est froide.
- D'accord, je suis dans ma chambre, si tu as besoin d'aide.
- Merci.
Je n'avais même pas fait attention à qu'il avait déposé sur le rebord du lavabo, un débardeur bleu foncé avec un jogging gris, mes affaires que je mettais pour dormir et qui avaient été lavées.
Maya.
Elle avait dû le faire à son retour du repas, avant que je vienne appeler à l'aide son frère.
Je m'empressai de me vêtir et me relevai tout doucement, de peur que mes jambes se mettent à trembler mais, bien au contraire, elles tenaient debout comme si de rien n'était et me permirent de sortir de la pièce, pour me rendre à la chambre de Peter, pièce que je n'avais vue qu'une fois en quelques mois, lors de la visite à laquelle j'avais eue le droit. Je ne prêtai pas attention à mon bas de dos qui me chatouillait.
- Je tiens debout, comme tu peux le voir.
- Je vois ça, le bain a été bénéfique, c'est une bonne nouvelle.
- Bonne nuit.
- Repose-toi bien.
- Promis.
Je tournai les talons pour me rendre dans la chambre rose mais il me retint par le bras. Doucement et toujours avec autant de tendresse, il vint déposer sur mes lèvres, un chaste baiser puis, d'un geste de la main, me fit signe d'y aller, tout en s'écartant de moi.
Cette nuit-là, je ne mis pas longtemps à trouver le sommeil, tant j'étais épuisée.
