Chapitre 24 Quelques gouttes de sang (partie 1)
Allongée sur le ventre dans l'herbe fraîche, je rampais vers mon épée qui se trouvait au pied de l'arbre. Fort heureusement, il était encore tôt, il n'y avait personne dans le parc, l'aube se levait dans moins d'une heure. Ma chute avait rendu ma vue un peu floue, je saignais au niveau du front d'où les quelques gouttes qui coulaient sur l'herbe ainsi que le long de mon cou. Mon corps était lourd dû aux contusions, ma tête me lançait. Rester concentré était difficile seulement je devais faire un effort pour ne pas laisser l'avantage à mon adversaire qui était sonné lui aussi. Je réussis à me mettre sur mes deux jambes, pas certaine que ce soit une bonne idée tant ma tête me tournait mais c'était tout de même plus efficace que de ramper.
Difficilement, chancelante, j'arrivais au pied de mon épée qui continuait de s'illuminer de cette énergie bleue. Je me baissais doucement pour la ramasser, c'est alors qu'il me saisit par les épaules et me fit tomber en arrière ma tête se cognant sur le sol encore dur par les gelées de cet hiver. Des petites tâches sombres apparaissaient devant mes yeux, je voyais encore plus flou que tout à l'heure. Je sentais son haleine fétide entrer dans mes narines me donnant la nausée, il était au-dessus de moi sa main griffue me saisit par la gorge, me coupant légèrement la respiration. Mes jambes dans les airs, je n'arrivais pas à l'atteindre pour lui mettre un coup dans l'abdomen ; de mes deux mains, je saisis la sienne pour mettre à exécution mes cours de pratiques de ces derniers jours. Ma colère était apaisée me permettant désormais de mieux contrôler mon pouvoir sans qu'il prenne le dessus même en présence du père de Peter, un véritable pas en avant il faut se l'avouer. Mon corps se réchauffa, je sentais les flammes revenir à la surface plus légère pour ne pas gâcher l'effet de surprise. Mes mains toujours sur les siennes, devinrent bouillantes, provoquant des cloques sur sa peau rocailleuse. Il me regardait ahurit tout en essayant de se dégager, en vain. J'étais plus forte que lui à cet instant même. Les tâches qui obscurcissaient ma vue avaient disparu. La force de ses mains se diminua sous l'effet des flammes qui jaillirent de ses mains. Je sentais la chaleur sur mon cou, mais je n'avais pas mal ce qui l'énervais au plus au point.
- Abruti ! Tu croyais vraiment que mon pouvoir pourrait me blesser ?
Il était fou de colère, son ego démesuré se retournait contre lui. Il voulu serrer un peu plus son emprise autour de ma gorge, mais la douleur était telle qu'il lâchait prise au fur et à mesure.
- Pousses.
En moins de dix secondes, une rafale vint l'emporter contre l'arbre situé plus loin.
- Plante !
L'épée alla directement dans l'abdomen de mon ennemi qui ne comprenait plus rien à la situation. Se retrouvant à nouveau sur l'heure, elle continuait de briller malgré le sang visqueux qui collait sur la lame. Mon adversaire était furieux, il continuait de brûler, les flammes étaient entièrement sur son corps, j'eus alors une idée. Je souhaitais utiliser un autre de mes pouvoirs pour le tuer plutôt qu'une formule magique qui s'ajouterait au feu. Agenouillé et mon souffle retrouvé, je mis mes mains dans l'herbe pour entrer en contact avec la terre ; je ne devais pas tarder, car les premiers rayons du soleil caressaient ma peau, les joggers n'allaient pas tarder et je devais me préparer pour les cours. La fraicheur de la rosée imprégnait ma peau, mes ongles se plantaient dans la terre qui s'infiltrait dans ma chair, son odeur me chatouillait les narines, ma peau se colorait un peu de la couleur du caramel. De petites secousses lui firent perdre l'équilibre, il voulu s'échapper en vain, il était mon prisonnier. Un sourire des plus arrogant se dessinait sur mon visage. J'étais fière de moi.
- Tombes !
La terre trembla sous mes pieds créant un trou qui s'agrandissait pour l'y faire tomber. Il essayait de comprendre ce qui était en train de lui arriver, mais il était déjà trop tard. En moins de temps qu'il en fallu, il disparu sans pouvoir dire ni faire quoi que ce soit pour remédier à son sort. J'avais gagné, il avait perdu. Mon pouvoir se rendormi et ma tête me tournait à nouveau. Je dû m'asseoir pour ne pas tomber. Ma blessure saignait toujours. Les premiers joggers du matin arrivaient ; là où j'étais assise aux pieds d'un arbre dont le tronc était quatre fois plus gros que moi, ils ne pouvaient pas me voir. Peter n'était là pas loin à moins que mon esprit me jouait des tours à cause du coup que j'avais pris. Je sentis mes mains se poser là où ça saignait. À la chaleur qui se dégageait, je su que c'étais lui, aucun doute possible. Quelques tâches passèrent avant que ma vue redevienne normale.
Il me sourit.
- C'était une sacrée blessure.
- Il en a payé le prix.
- Je n'en doute pas.
- Merci.
- Pas de quoi. C'est dangereux de trainer le matin de bonne heure.
- Visiblement.
- On rentre ? Je pense que tu as envie d'une bonne douche avant d'aller en cours.
- Tu lis dans mes pensées, lui dis-je en souriant légèrement.
Je récupérais mon épée et sans plus attendre nous rentrions.
L'eau chaude coulait sur ma peau glacée réchauffant chacun de mes membres. J'appréciais ce délicieux moment de détente après ce combat. Mon tatouage s'animait, Peter n'était pas loin, il devait sûrement se rendre dans sa chambre ou à la bibliothèque, puis plus rien. Un léger pincement au cœur me fit comprendre que je voulais qu'il me rejoigne. Nous nous étions beaucoup rapprochés ces derniers jours, toute rancune oubliée. Je voulais qu'il m'embrasse à nouveau, qu'il me prenne dans ses bras, me touchant autrement que pour me guérir. J'avais envie de lui. Il me manquait. Mon désir était tellement fort que je l'imaginais mettre ses mains dans le bas de mon dos, sa langue jouant avec la mienne. Mon tatouage à nouveau s'animait de plus en plus, il était là tout près à l'intensité de ce que je ressentais dans le bas de mon dos.
Se pouvait-il qu'il ait senti mon désir ou qu'il a vu ce que j'imaginais comme si je rêvais ? Il frappa à la porte.
- Oui ?
- C'est pour te prévenir qu'il reste trente minutes avant le début des cours.
- Ah...
- Ça va ?
- Oui oui.
- Tu ne veux pas aller en cours ?
- Pas vraiment motivé, mais ai-je vraiment le choix ? Et puis, il fait si bon sous la douche...
Mais n'importe quoi, je disais vraiment n'importe quoi. Il m'avait prit de cours et ne semblait pas le moins du monde sentir ce désir qui m'habitait. Mais je sentais pourtant que c'était à moi de faire le premier pas, chose des plus logique vu mon attitude de ces dernières semaines envers lui.
Peut-être que je devrais faire semblant de glisser de la douche... ?
N'importe quoi ! Avais-je autant de fierté que ça ?
Il allait refermer la porte, je devais faire ou dire quel que chose maintenant sans plus attendre.
- Tu m'as manqué !
Voilà c'est dit et je n'en suis pas morte !
Il s'arrêta net, la porte à moitié fermée, il se retourna et je pus à nouveau croiser son regard. Pas n'importe quel regard. Il était abasourdi et à la fois heureux de m'entendre prononcer ces mots.
Allait-il pour autant venir jusqu'à moi ?
POV Amis
- Eh bien un bon café de ce temps, ça réchauffe, dit Michaël.
- Vivement que le printemps arrive.
- Encore quelques jours et adieux le froid, répondit Emily.
- Qu'il se dépêche le printemps, j'en ai marre de mettre 36 épaisseurs.
- Tu sais en France, c'est pareil l'hiver, le taquina son amie.
- On dirait qu'ils vont être ne retard, dit Shannon.
- Ou ils ne vont pas venir ce matin...
- Bagarre,
- Ou réconciliation, dit Emily avec un air coquin.
- Cela serait trop bien même s'il y a une meilleure entente que quelques semaines auparavant. Et puis ce soir, c'est les vacances, nos candidatures pour l'université sont faites, qu'ils soufflent un peu.
- Techniquement, nous ne sommes pas en vacances, lui rappela Emy.
- Nous allons passer une semaine à écouter des gens perler de leur métier, pas de devoir donc psychologiquement, nous sommes en vacances.
Les filles souriaient à cette réflexion. Michaël avait toujours une façon de voir les choses différentes de la leur la plupart du temps.
- On fait quoi pour son anniversaire ?, demanda-t-il changeant de sujet.
- Il faudrait voir avec Peter. Je pense que le faire au manoir serait judicieux.
- Je le pense aussi.
- Nous allons de voir sérieusement y penser, c'est dans moins de trois semaines.
- Quand exactement ?, demanda Shannon.
- Le 3 avril.
- En effet il va falloir y penser.
POV Slevin
Cette chose était enroulée autour de ma main et une partie de mon bras brûlant un peu ma peau qui réagissait à son contact. J'avais réussi à la retirer du ventre d'Amanda, non sans mal certes, mais je l'avais sauvé. Pas sûr qu'Oraïa apprécie le geste, enfin pour cela, il faudrait qu'il le sache. À présent, je devais me débarrasser de cette chose, il fallait la tuer.
Je quittais la pièce principale du manoir pour me rendre dans le jardin qui donnait sur la forêt. La créature se débattait, je luttais contre la douleur qu'elle me provoquait faisant naitre un sentiment de colère grandissant à chaque seconde. C'était comme si chaque muscle était grignoté par des centaines de petites fourmis, c'était une horrible sensation qui m'était ma patience à l'épreuve.
Je continuais d'avancer jusqu'au milieu du jardin puis je m'arrêtais. Il n'y avait pas qu'une seule façon de pouvoir tuer ce truc répugnant. Ma colère allait m'y aider, car elle favoriserait la venue de mon pouvoir. Elle essayait de remonter, mais je l'empêchais malgré ses espèces de dents pointues plantées dans ma chère.
- Tu commences sérieusement à m'agacer !
C'est à mes paroles qu'elle enleva ses crocs pour me fixer et me sourire comme si elle voulait tester ma réaction. C'était bien l'œuvre d'Oraïa, je n'eus aucun doute. Il ne me fallut moins de temps que je ne l'aurai cru pour faire appel à mon pouvoir qui d'un éclair déchira le ciel venant foudroyer la bestiole qui ressemblait à présent à un bout de charbon de bois.
De mon index, je vins la toucher, elle se réduisit en cendres.
Mon bras était marqué par les morsures et les brûlures qu'elle avait provoquées. Normalement, ce ne me gênerai pas outre mesure, sauf que mon état physique de ces derniers temps n'était pas génial et ma faculté à vite guérir n'est plus ce qu'elle fut auparavant.
Ne réussirai-je jamais à la tuer ?
J'arrivais dans mon espace où personne ne se trouvait pour rester dans mon coin et réfléchir à ce que je venais de faire. Par dépits et rancune, je venais de sauver mon ennemi alors que j'avais une occasion inespérée de n'en faire qu'une bouchée en prétextant ne pas arriver à retirer la créature de son ventre. Ses organes n'auraient pas survécu.
Cette infime partie d'humanité qu'il me reste aura ma mort...
- Voyez-vous ça, il t'arrive de réfléchir...
Mon "meilleur ami" démoniaque venait d'entrer dans la pièce où je me trouvais.
- Que veux-tu dire Sirk ?
- C'était l'occasion unique de la tuer et toi, tu as préféré la sauver. Comment crois-tu qu'Oraïa va réagir ?
- Comment sais-tu ? Est-il au courant ?
- Il ne le sait pas... Encore. Et je le sais parce que je me suis amusé à te suivre et que de la forêt que nous pouvons approcher, on peut tout voir ou presque. Et je t'ai vu agenouillé à ce canapé pour la sauver.
- Cesses de me suivre veux-tu ?! Et comment as-tu pu me suivre ?
- Je t'ai entendu crier au moment où je venais te voir et je t'ai vu disparaître dans ce vortex Par logique seule une personne pouvait te convoquer, je me suis donc rendu au manoir. Tu cherchais quoi au juste dans la pièce privée d'Oraïa ?
- Rien d'important, j'ai entendu une conversation et je voulais vérifier certains faits.
- Quoi qu'il en soit trouve une solution à cette humanité qu'il te reste où tu ne survivras pas. Fais attention à ton bras, il pourrait vite comprendre que tu l'as trahi.
- Ce n'est que le revers de la médaille.
- J'y vais, nous devons aller en Californie.
- Amuses toi bien.
- Une petite orgie de boyaux innocents ça va être fun. Elle n'est pas assez remise pour venir en Californie hein ?
- Tu en as peur ?
- Eh bien faut dire qu'elle a l'air vachement puissante avec tous ces trucs de magie...
- Elle devrait se reposer un peu, je suppose.
- Bien, je vais survivre à cette journée alors.
- Amuses toi bien.
- Comptes sur moi.
Il repartir aussi discrètement qu'il était venu. Il avait raison sur un point des plus importants, je devais cacher mon bras. Mais je devais aussi trouver cette formule pour me débarrasser de lui.
POV Amanda
- Si tu pouvais dire quelque chose, ce serait sympa parce que tu me fais flipper.
Je n'eus pas le temps de réaliser qu'il était déjà contre moi, mon dos sur la faïence à m'embrasser avec une telle fougue que j'en aurai pleuré de soulagement. C'était comme si je ressentais la moindre petite partie de son amour. Le jet de la douche nous mouillait tous les deux, ses vêtements collant sa peau. Il ralentit le rythme, enleva sa langue de ma bouche puis cessa de m'embrasser.
Il me regarda caressant ma joue.
Aucun de nous ne prononça le moindre mot. C'était juste parfait.
- Tu m'as manqué aussi, finit-il par dire.
Je ne pus me retenir de sourire.
Une telle béatitude s'emparait de moi, je me sentais bien pour la première fois depuis des semaines.
- Quoi ?, demandai-je amusé.
- Te voir sourire m'avait manqué.
Je souriais à nouveau.
- Je vais à nouveau t'embrasser.
- Mais il faut que nous allions en cours, dis-je mon air taquin.
- Nous sommes plus qu'en retard, on ira cet après-midi.
Et avant que je réplique, sa langue se retrouvait à nouveau dans ma bouche. Toujours plaquée contre le mur qui était froid à mon contact. Nos tatouages s'illuminaient, ma main droite prit sa main gauche joignant ses doigts aux miens, une décharge électrique nous parcouru. Ses vêtement collaient ma peau, je délaissais sa main pour lui enlever son pull bleu anthracite qui devait peser lourd ainsi que le tee-shirt noir qu'il avait mit en dessous. Son torse nu réveillait mon désir, sa peau se réchauffait au contact de l'eau chaude et de mes seins nus. Mes tétons se durcissaient à son contact et je retrouvais la sensation délicieuse des papillons dans le bas de mon ventre. Je ne sais pourquoi c'était plus intense que la première fois que nous avions fait l'amour mais je ne m'en plaignais pas. Mes mains tenaient fermement son dos de façon à ce qu'il reste collé à moi, bien que je n'eus aucun doute à ce sujet là. Il cessa encore une fois de m'embrasser, nos yeux se trouvèrent habités par l'appel du désir.
- Qu'est-ce qu'il y a ?, lui demandai-je.
- Je ne suis qu'à moitié humain, reprendre mon souffle n'est pas aussi vital que pour toi qui est humaine, avec des pouvoirs certes mais j'ai aps envie que tu me fasses une attaque, ej t'ai assez sauvé pour une décennie.
- C'est bon j'ai assez pris d'oxygène.
- Amanda...
- Peter...
- Je n'arriverai donc jamais à avoir le dernier mot ?
- Cette question est une peu mal venue étant donné qu'une certaine partie de toi est tr-s en forme, dis-je en souriant.
Il ne put s'empêcher de sourire, il m'embrassa à nouveau.
- Tu l'auras voulu !
Ce nouveau baiser se fit plus pressant et doux à la fois, sa langue se mélangeait encore une fois à la mienne, il me caressait le dos tout en laissant échapper du bout de ses doigts des petites décharges électriques qui me fit frissonner. Je défit la ceinture de son jean, puis le bouton et pour finir la fermeture. Je le fis glisser le long de ses jambes, il était lourd causé par le poids de l'eau. Il était désormais vêtu de son boxer qui le rendait particulièrement sexy. J'embrassais son torse me retenant de ne pas le mordre, puis son cou et à nouveau sa bouche si chaude, j'adorais cette sensation, je ne m'en lasserai jamais. Mes doigts se promenaient sur sa nuque puis son torse jusqu'à la ceinture de son boxer que je ne tardais pas à lui enlever. Son érection était chaude et douce, je le collais à moi pour en apprécier encore un peu plus le contact. Sa main gauche caressait mes seins, sensation des plus agréables, le bas de mon corps réagissait très bien à ce touché sensuel. Ma main droite jouait doucement avec sa partie intime, lui soutirant certains petits bruits qui venait chatouillait le creux de mon oreille amplifiant ainsi notre plaisir mutuel. Son baiser fut plus fort et sans vraiment réaliser il me souleva et pénétra en moi tout en continuant de s'amuser avec ma bouche.
- Trois fois ? Vous l'avez fait trois fois à la suite ?
- Oui ! Tu es traumatisé ou quoi ?
- Faut que je me trouve un Peter..., dit Emy.
- Le miens est prit.
- Clones le !
- Oh non, je garde mes privilèges.
- Non mais trois fois quoi !
- Je crois que je ne me confierais plus, tu es beaucoup trop sensible, me moquai-je.
- Tu veux que je te frappe ?
- Essaies toujours.
- En tout cas, c'était plus intéressant que les cours.
- J'appréhende un peu ces quelques jours de formation sur les métiers.
- Tu crois qu'ils pourraient venir ici ?
- Ils ont déjà tué dans l'enceinte du lycée, ils pourraient recommencer.
- Tu vas nous porter la poisse. -
Pas besoin, nous l'avons déjà. - De quoi parlez-vous ?, demanda Michaël qui nous retrouvait accompagné de Shannon.
- Du risque potentiel que nos ennemis profitent des jours de formation pour débarquer.
- Aah ! Et sinon avec Peter ? - Tout va bien.
Emy me regardait pétillante.
- Tout va bien... ou très bien ?
- Très très bien.
- Enfin une bonne nouvelle.
Les journées de formation étaient spécialement mises en place pour les élèves de terminale afin de leur donner un aperçu de ce qu'ils pourraient faire par la suite. Quand on avait une idée, il était facile de s'orienter, mais lorsque l'on était un peu perdu, c'était moins évident d'y trouver de l'intérêt.
Aucun incident n'était parvenu, aucune goutte de sang n'avait coulé dans l'enceinte du lycée mais je ne sais comment l'expliquer j'étais persuadé au plus profond de mes tripes qu'aujourd'hui serait différent, pour ce dernier jour.
À notre habitude, nous étions attablé à la même place parlant de ce que nous avait apporté cette formation. Nous avions tous des avis différents, mais nous nous écoutions l'un et l'autre. Maya était revenue auprès de nous pour le déjeuner nous évoquant comment s'était passé sa bataille.
- Ca t'a permit de te défouler, lui dit Emy.
- Oh oui et je pense qu'Oraïa doit être fou de rage.
- Oh oui c'est fort possible étant donné que tu as décimé un de ses quartiers qu'il pensait si bien protégé, répondit Peter.
- Ca va faire mal...
- Quoi ?
- Ils sont ici.
- De quoi tu parles ?, demanda Emy.
- Je savais que c'était trop beau pour durer.
- Amanda ?
- Les Destroyers. Il en a envoyé ici. Il faut évacuer le lycée.
- Non ! C'est trop risqué. Peter amènes le plus de gens ici. Vous restez ici. Maya tu viens avec moi.
- Pourquoi on ne les a pas senti ?
- Parce qu'il a fait en sorte que moi seule puis les sentir.
- Je pourrai aller chercher ceux qui sont derrières la cours, se proposa Emy.
- Non !
- Mais...
- Tu restes là. Tu ne seras pas capable de savoir si ce sont des humains ou non.
- C'est pas faux...
- Bloquez les portes de devant. Peter tu les feras entrer par les cuisines. Si on vous demande quoi que ce soit, ce sont ceux qui ont tués nos camarade il y a quelques semaines. Rien de plus.
Sans perdre, une minute, je sortis de la cafétéria suivit de Maya.
Peter partit de son côté.
- Tu prends le couloir de droite, je vais à gauche vers le parking.
- Fais attention.
- Toi aussi.
Ce côté du bâtiment était anormalement vide. Il était impossible que Peter soit intervenu aussi vite, c'est là que je vis une lumière bleue au bout du couloir à droite. J'y couru sans perdre une minute et je vis au milieu de cette salle de classe, les yeux bleus pâles récitant une formule faisant disparaître au fur et à mesure chaque élève. Il vint à moi laissant les derniers se volatiliser sans ne plus prononcer le moindre mot.
- Tu es en pleine forme Amanda.
- Je vous remercie. Vous vous êtes donc déplacé pour nous aider ?
- En effet, ainsi que mon frère, Charaïs. Ils sont venus beaucoup trop nombreux, si votre lycée survit ce sera de la chance.
- Vous lui avez fait quoi ?, demandai-je en désignant la classe vide.
- Ils sont chez eux à l'abri, une sorte d'évacuation du lycée en urgence. Je vais le faire avec tous si j'en ai le temps pendant que Charaïs, Peter et Maya vous aide à les combattre. Vos amis sont à l'abri au manoir.
- Merci pour votre aide.
- Merci pour la vôtre.
Je partis sans perdre un instant en suivant les cris. Je me retrouvais dans le gymnase où plusieurs Destroyers se tenaient debout devant une trentaine d'élèves qui avaient cours au moment du déjeuner. Ils étaient paniqués se demandant sûrement quel type de créature pouvaient se tenir devant eux. Je devais leur donner une chance de s'échapper, surtout qu'ils ne m'avaient pas encore vu. À moins qu'ils aient senti ma présence, que ceci fut un piège, dans tous les cas, je ne pouvais prendre le risque qu'ils tuent ces personnes innocentes. Je m'avançais vers eux pour retrouver presque au milieu du gymnase.
- C'est tellement pathétique de se servir de pauvres personnes innocentes pour essayer de m'attirer.
- Mais tellement facile en même temps, répondit l'un d'entre eux.
- Vous m'avez ! Laissez les partir.
- Et manquer de manger leur boyau juteux à souhait ?, dit-il faussement offensé. Hors de question !
Les voix paniquées des élèves s'élevaient de la tribune. Leur regard apeuré me fixait, me suppliant de les sauver.
- Je ne suis pas convaincu qu'avec tout ce qu'ils fument et boivent ils soient tant savoureux... - N'essaies pas de jouer avec nous ça ne fonctionne pas.
C'était toujours le même qui parlait. Mon échine fut parcouru par un frisson, je compris qu'il se passait quel que chose derrière mon dos. Alors ce fut comme si tout se passait au ralenti. Je me baissais pour éviter l'épée qui allait s'abattre sur ma tête et sentis la lame frôler de très près mes cheveux. Je remerciais silencieusement mon instinct d'avoie été méfiant. Profitant d'être agenouillé, je fis un mouvement circulaire avec ma jambe droite qui le fit tomber en arrière ; son épée touchait le sol non loin derrière lui à présent. Tout revenait à une vitesse normale dans mon esprit. A voix basse je prononçais ces quelques mots qui me permettais de lui transpercer à distance le crâne avec son épée. Tous étaient stupéfaits par ce spectacle. Une nouvelle formule me permit de le faire disparaitre sous leur regard choqués. Je venais de leur offrir une bonne année de psychanalyse. Derrière l'autre entrée de gymnase, je percevais une faible lueur bleue qui éclairait un visage que je connaissais que trop bien. Les Destroyers ne l'avaient pas vu ce qui nous laissait un avantage certain.
Soudain, les élèves se réveillaient d'une sorte de léthargie se demandant ce qu'ils faisaient là avant de disparaître comme par magie. C'était peu dire. Nos ennemis me regardaient tous, me tenant responsable de la perte de leur otage, leur point de pression. Ce petit retournement de situation me fit sourire au plus au point, satisfaite de ce petit avantage que venait de nous offrir Peter. L'autre point positif était qu'il ne se souviendraient plus de m'avoir vu planter une épée par la force des mots dans el crâne de cette vermine.
Je me relevais pour prendre la parole.
- Bien ! Que la fête commence...
Avant qu'ils ne réagissent, je brulais les deux gros molosses qui se trouvaient sur ma droite laissant à Peter, la joie de les transpercer de son épée et de les réduire en poussière.
- Plus que sept, me dit-il.
Je les regardais, réalisant qu'ils avaient clairement perdu leur avantage.
- Ne soyez pas tristes, vous devriez être habitués à être des loosers.
Je les titillais pour me venger de cette position délicate dans laquelle je m'étais trouvé quelques minutes plus tôt. Je réveillais leur colère. Peter me regardait incrédule. La danse commençait.
D'un saut périlleux avant je passais au-dessus de la tête du Destroyer qui se trouvait juste en face de moi, lui cognant le crâne par un coup de pied qui le fit tituber. Si j'avais eu mes patins à glace, je lui aurai tranché la gorge par la même occasion. Peter était occupé avec trois d'entre eux tandis qu'une fois que mes pieds touchaient le sol du gymnase, je me retrouvais encerclé par les quatre autres. Je levais légèrement les bras de mon corps et une minie rafale vint projeter les trois qui se trouvaient presque à moi contre le mut faisant tomber le panier de basket ainsi que le panneau sur lequel il était accroché. Sans attendre une seconde de plus, mon point traversa le thorax de celui qui se trouvait derrière moi. J'en saisi son cœur que j'écrasais dans ma main m'éclaboussant légèrement le visage. Son corps se désintégra sous mes yeux sans la moindre formule. Tous me regardèrent comme si j'étais prise de folie. J'imaginais que trop bien ma tête enduit de sang conforter leur sentiment de leur futur défaite. Peter profitait de ce léger instant d'inattention pour transpercer le crâne de celui qui avait fait l'erreur de lui tourner le dos. Un petit morceau vint avec l'épée quand celle-ci se retira du crâne de l'ennemi qui n'avait absolument pas comprit ce qui lui arrivait. Mon protecteur prononça quelques mots que je connaissais que trop bien désormais, et un nuage de poussière vont m'aveugler plusieurs secondes. Le nuage se dissipa.
Plus que cinq.
De nouveau encerclé, je devais tourner le dos à aucun d'entre eux. Je devais me méfiais comme la peste de leur esprit perfide et sadique. L'un d'eux prit son élan pour me sauter dessus, il fut propulser par mon pouvoir à l'autre bout du gymnase ce qui l'assommait un peu me laissant le loisir de m'occuper de ses compagnons. Ils venaient tous les deux vers moi avec cette lueur dans le regard qui en disait long. Je rassemblais mes forces pour donner un peu plus de puissance à mon pouvoir qui allait me permette de faire une pierre deux coups. La chaleur qui se dégageait de l'intérieur de mon corps devenait plus intense, brûlant chaque fibre de mes muscles sans me provoquer la moindre douleur. J'étais désormais habitué à cette sensation qui me donnait une telle confiance en moi que la crainte de perdre quittait mon corps. Cela me permettait d'afficher ce sourire arrogant sur mon visage. Mon moment préféré. Prétentieux, je vous l'accorde, mais fortement jouissif. Le bout de mes doigts s'enflammait, toute lueur d'agressivité dans leur regard avait disparu, remplacée par la peur. Ils savaient qu'il était impossible de fuir. Je jeter un léger coup d'œil vers Peter qui avait aussi recours à la magie. Dans la seconde qui suivait, ils trouvaient recouverts de flammes, je prononçais les mots de la formule et, ils disparurent dans les ténèbres ainsi que deux dont Peter s'occupait.
Reste deux...
- On fait moins les malins d'un coup !
Nous bloquions tous deux ceux qui restaient les empêchant ainsi de s'enfuir. C'est là que nous entendions la porte par laquelle j'étais arrivé.
- Joshua qu'est-ce que tu...
J'eus à peine le temps de finir ma phrase que son coeur fut arracher de son corps pour se retrouver dans la bouche du Destroyer qui avait profité de notre focalisation sur cet élève pour nous échapper. J'en avais la nausée. Le corps de Joshua tomba sur le sol avec un trou en plein de milieu de son thorax. Dévasté, je tombais sur le sol occultant tout ce qui m'entourait.
- Amanda relèves toi.
Je n'en fis rien.
- Amanda !
Sa voix n'était qu'in faible écho. Je n'avais pas réussi à le sauver, tout était allé tellement vite... J'étais en colère contre moi-même à présent, la vision de ce corps innocent baigné dans son propre sang me dégoûtait au plus au point.
Posées sur le sol du gymnase, mes deux mains entraient en contact avec la terre qui se trouvait sous le revêtement coloré. Mes ongles traversaient le sol se plantant un peu plus à chaque seconde, je sentais chaque particule de cette roche terreuse entrer sous mon ongle s'infiltrant dans ma peau atteignant les muscles puis les petites veines allant ronger mes os sans me provoquer la moindre douleur, j'étais de plus en plus habitué à ce ménage. Une fois en accord avec cet élément que je maitrisais de plus en plus, je laissais ma colère caresser mon pouvoir créant une harmonie parfaite. Leur corps ainsi que celui de Joshua disparurent sous ses vibrations rondes qui avaient pris formes sous chacun, un trou noir les appelant à rejoindre le néant, puis plus rien. Le calme revint, plongeant le gymnase dans une atmosphère fantomatique. J'eus l'impression d'être dans une autre dimension.
Toujours immobile, je ne cessais de voir le coeur de Joshua arraché pour finir dans la bouche de cet... animal. C'était la pire image que j'eus depuis cette nouvelle vie même le massacre du lycée ne m'avait pas autant paralysé. Peut-être parce que je n'étais pas présente, je ne saurai le dire. Lorsque je sentis la main sur mon épaule je ne réagissais pas. J'étais totalement ailleurs, à des milliers de kilomètres de ce lieu.
Comment expliquer la disparition de son corps à sa famille ?
Tout était insensé.
- Nous devons rejoindre ma sœur et mon oncle.
Toujours aucune réaction de ma pars. Mon corps était mou, mes muscles étaient détachés ramollis par le choc, mes os comme disloqués rendaient chacun de mes membres digne d'une boule de coton ou d'un chamallow. J'étais sûrement incapable de tenir sur mes jambes.
- Amanda ! - Sa...sa famille...
Je réussissais enfin un prononcer quelques mots.
- Désolé d'être brut, mais on n'a pas le temps. Debout.
Je le regardais horrifié par ce manque total de compassion. Il prit alors mon visage entre ses mains.
- Je suis vraiment désolé et, je te promets que je vais faire tout pour que personne ne se pose trop de question, mais je ne peux pas remonter le temps. Si je le pouvais, je le ferais crois moi, mais c'est impossible. Je comprends ta souffrance, mais si tu ne bouges pas, beaucoup d'autres comme lui mourront, me dit-il avec une telle rage que je reculais quittant l'emprise de ses mains sur mon visage.
Beaucoup d'autres mourront...
J'étais dans un état comateux, mais ces derniers mots avaient malgré tout eu l'effet d'un électrochoc, une bombe venait de s'abattre sur mon esprit me réveillant un peu de ma léthargie. Je me levais, tenant tant bien que mal sur mes deux jambes. Nous quittions le gymnase par l'entrée d'où Peter était arrivé quelques minutes plus tôt.
POVamis
- Si tu pouvais arrêter de piétiner chaque recoin du manoir ça serait super sympa. Tu me donnes le tournis, dit Michaël à Emily.
- Parce que tu n'es pas stressé, toi ?
- Si, mais user le sol ne va pas aider.
- Tu as raison.
Emily vint s'asseoir aux côtés de ses amis.
- Rien aux infos ?
- Non absolument rien, répondit Shannon dépité.
- Nous n'avons pas d'autre choix que d'attendre Emy.
- Mais nous ne sommes pas obligés de rester sans rien faire.
Elle se leva du canapé.
- Où tu vas ?, demanda Shannon.
- Leur faire un bon petit repas. Ils auront besoin de reprendre des forces après tout ça.
- Très bonne idée, fit Michaël. Nous allons t'aider ils repasseront ici avant de faire leur touristes à New York.
- J'espère bien oui.
Tous les trois se rendirent à la cuisine.
POV Amanda
Nous arrivions au bâtiment principal du lycée. Nous n'avions aucune difficulté à savoir où nous devions nous rendre, il suffisait de suivre les lumières bleues et els cris. Lorsque nous arrivions dans le hall principal, Charaïs, Maya et son père luttaient contre une dizaine de Destroyers. Les derniers à en croire notre radar magique. Les cris que nous avions entendu avaient cessés, l'un d'eux ayant fait le nécessaire je suppose. J'étais toujours enfermé dans mon silence, à notre arrivée je pouvais lire leur interrogation qui dura très brièvement n'ayant pas vraiment le temps pour cela. Peter se joignait à eux pour se battre. Je restais en retrait contre l'un des casiers. Le premier Destroyer qui s'approchait de moi fut prit d'une combustion dont j'étais fière, sauf que cette fois je ne fis apparaître aucun sourire arrogant, Peter fut le seul à le remarquer. Tout cela m'agaçait. Je ne me fis pas prier. Je voulais en finir et sortir de ce couloir. Dans la seconde qui suivit, une rafale vint coller contre les casiers en face de moi, les derniers monstres qui restaient un plus imposants que leur frère. Ils étaient dans l'incapacité tant ma rage puissante prenait le dessus.
Reflet de ma frustration plus que de ma colère, des casiers se mirent à trembler et les Destroyers se retrouvaient en flammes. Je prenais un certain plaisir à faire durer leur souffrance bien que cette odeur de carcasse brûlée était des plus répugnantes mais ce fut le moins que je pouvais faire pour venger un minimum la mort de Joshua. Mais je ne pouvais pas non plus m'éterniser, cela aurait été leur donner trop d'importance. Je les expédiais à l'état de poussière dans un dernier cri de souffrance.
Le calme revint.
- Tu nous expliques ?, demanda Maya méfiante.
- Ba quoi ,! Je les ai tués, répondis-je avec nonchalance.
- Oh oui, je l'ai vu, mais quand on est là évite de le faire avec tant de puissance, je n'ai pas envie de ressembler à un poulet rôti. Et sentir le cochon grillé n'est pas senteur préférée.
- D'accord, répondis-je sans grande conviction.
- Qu'est-ce qu'elle a Peter ?, demanda leur oncle.
Maya vint à moi se rendant compte que cette bataille l'avait rendu nerveuse et s'en excusa.
- Aucun souci, répondis-je tel un robot.
- Amanda, qu'est-ce qu'il y a ?
Je ne répondis pas, Peter leur expliqua.
- Où est le corps ?, demanda leur père.
- Parti avec eux, je répondis.
- Comment ?, demanda à son tour Maya.
- Amanda arrive à faire des espèces de puits quand son pouvoir entre en contact avec la terre. Sauf que celui de Joshua était aux pieds du Destroyer.
- Vous allez rentrer au manoir, nous allons nous charger de Joshua.
J'ouvris la porte et sortais sans le moindre mot, ni le moindre regard. Joshua avait été un ami, certes pas comme le sont Emy, Michaël et Shannon pour moi, mais au temps où j'étais avec Slevin, il avait eu pendant un moment une certaine place dans ma vie. Ce sentiment que j'éprouvais me paralysait presque. Si ça n'avait pas été Joshua, mais l'un de mes meilleurs amis, je supposais que mon état serait pire. Désastreux. Ce qui me faisait le plus mal était le fait que je n'ai pas eu le temps d'essayer quoi que ce soit pour le sauver.
- Surveilles la Peter.
Je n'entendis pas la réponse de ce dernier, la porte s'était refermée. Je continuais de marcher pour être le plus loin de ce lieu.
POV Peter
Voilà deux jours que la mort de Joshua avait eus lieu. Lorsque nous étions rentés au manoir, Amanda n'avait eu aucun regard ni aucun mot pour nos amis qui comprirent immédiatement que quelque chose n'allait pas. Elle s'était enfermée dans sa chambre faisant bien comprendre qu'elle voulait être seule.
Je leur expliquais donc ce qu'il s'était passé.
Ils étaient abattus par les détails de la scène. Emily couru jusque dans la chambre. Nous la suivîmes. Quand nous arrivions sur le seuil, Emily était allongé sur le lit, sa meilleure amie dans ses bras. En pleur.
Nous étions démunis face à sa peine, incapable de la soulager.
Au bout du troisième jour, elle sortit de sa chambre pour reprendre l'entraînement. Seule. Elle avait besoin de se défouler, d'expier cette frustration et cette peine qui la hantaient. Le soir, nous mangions tous les cinq et Amanda commençait à retrouver le sourire. Elle nous expliquait pourquoi elle avait réagi ainsi et qu'à présent, elle souhaitait passer à autre chose pour aller de l'avant. Je lui expliquais que mon père avait crée une fuite de gaz et que tout le lycée avait été évacué. Vive la magie.
- Et pour Joshua ?
Son regard était encore rempli de tristesse à l'énonciation de son prénom, mais le dosage était moins important.
- Charaïs a traversé certaines... barrières magiques pour retrouver son corps.
- Certaines barrières ?
- Le monde de la magie est composé de plusieurs états si tu préfères et il a du en traverser plusieurs pour le retrouver.
- D'accord. Il y est arrivé ?
- Il est revenu ce matin après trois jours de recherche. Il était très fatigué.
- Pourquoi ?
- Le temps ne défile pas pareil dans le monde magique... Enfin dans ces limbes du moins. Ce fut comme si il avait fait un mois de recherche.
- Oh ! C'est de ma faute...
- Non, il devait y aller dans tous les cas, il devait essayer de le ramener.
- Pourquoi trois jours ?
- Ramener une personne de là bas n'est pas aussi aisé même si Joshua n'avait pas dû s'y retrouvait, une fois que nous y sommes c'est presque impossible d'en sortir. Son âme se trouvait dans un lieu que l'on aurait pu qualifier de Paradis. Il faut une certaine volonté pour vouloir en partir.
Elle ne mangeait plus m'écoutant avec intérêt.
- Le but était de ramener Joshua sur terre pour que ses parents puissent l'enterrer et ne pas le chercher...
- Mais ?
- Mais son âme n'a jamais voulu quitter ce "paradis magique" ce qui est plutôt bien dans un sens.
- Sûrement. Donc...
- Donc nous avons ramené un Destroyer qui grâce à une formule a prit son apparence. Joshua est aux yeux de la communauté officiellement morte d'asphyxie.
- Son enterrement est demain à 14h30, lui dit Michaël.
- Et le lycée ?
- Le gymnase est fermé. Ils ont trifouillé le cerveau du principal qui a expliqué aux autorités qu'ils ont fait évacuer le lycée par précaution de peur que la tuyauterie du gymnase ne résiste pas. Il y a une enquête, en cours, il y aura sûrement des travaux à effectuer.
- Merci beaucoup à toi et les tiens pour avoir géré tout ça et de m'avoir laissé digérer.
- Je t'en prie.
- On devrait aller se coucher, demain ne va pas être une journée très simple.
- Le lycée est ouvert ?
- Fermé jusqu'à lundi, lui répondit sa meilleure amie.
Amanda prit une douche. Moi, j'étais dans mon lit à lire un livre de magie qui peut-être nous permettrait de trouver une solution sur la façon de tuer Oraïa.
Depuis ce moment érotique dans la douche, nous n'avions pas été seuls une seule fois excepté pendant la bataille au lycée. Peut-être qu'à ce moment là, elle avait besoin de tendresse et je fus le seul à pouvoir lui en procurer. Je ne savais plus quoi penser, mais je ne voulais en aucun cas la forcer à quoique ce soit avec moi si elle en avait pas envie. Je l'entendis ouvrir la porte de la salle de bain. J'espérais juste qu'elle me souhaitera au moins une bonne nuit. Elle ouvrit doucement ma porte pour y passer la tête. Mes yeux quittaient le livre pour regarder les siens. Elle était à présent debout sur le seuil vêtu d'un tee-shirt un peu trop grand pour elle et d'un short en tissu fin qui laissait voir la ligne magnifique de ses jambes.
- Tu lis quoi ?
- Un livre de magie. Je cherche une solution pour réussir à détruire Oraïa.
- Très passionnant, ironisa-t-elle.
- En effet.
Je lui souriais à mon tour.
D'un geste, elle ferma légèrement la porta et avança jusqu'au lit. Mon lit.
Elle soulevait la couette pour venir se blottir contre moi, sa tête au creux de mon cou, sa main gauche sur mon torse. Je fermais le livre le laissant tomber par terre. De ma main, droite je caressais ses cheveux tout en respirant son odeur sucrée.
- Tu n'es pas obligé de t'arrêter.
- C'est le cinquième que je lis en deux nuits. Il n'y a aucune réponse.
- Et moi qui pensait que ma simple présence te déconcentrait.
- C'est le cas mais j'avais peut de te faire fuir si je te le disait.
- Impossible, me dit-elle resserrant son étreinte.
Ses muscles se détendirent, sa respiration était plus lente. Elle venait de s'endormir. Je profitais de cet instant avant de fermer les yeux à mon tour. Elle m'avait tellement manqué.
