CHAPITRE 2 : Circonvolutions

— Geary, eh oh Boss ! L'épais maton se retourna plissa les yeux que l'âge commençait à rendre myope et enfin sourit quand il reconnu l'origine de l'appel. Wes s'approcha de lui, finaud, il pouvait se targuer — si tant est qu'être apprécié du maton le plus corrompu d'une prison comprenant Bellick soit une qualité — de posséder une attention particulière du gros lard.

— Qu'est ce que t'as à me proposer 4-V ? fit il en se pourléchant les lèvres dans l'attente du pactole. Il faut dire que cette complaisance n'était pas fortuite, l'Anglais y avait mis le prix, chaque mois quelques généreuses largesses venaient alourdir le poids des objets dérobés et des chantages fallacieux dans la poche du ripou. Il sortit la bague en priant pour que la rapacité notoire du garde l'ait tout de même privé de l'observation du peu discret bijou de Bellick.

Les yeux de Geary s'écarquillèrent sous l'effet d'une vague de cupidité et il tendit la main pour s'en emparer. Ses doigts se refermèrent dans le vide la prestesse du détenu lui tirant une hargneuse grimace

— Cesse ce petit jeu Walker ! le susnommé ouvrit les doigts, lança la bague en l'air et la rattrapa habilement.

— Regardez comme elle est lourde et dorée, ce truc vaut au moins six cent dollars je veux un marché ou d'autre seront fort contents de se la procurer, il indiqua Bellick du menton et le gros gardien peu désireux de laisser passer l'affaire chercha le traquenard dans son petit cerveau de moineau en proie à la surchauffe, il revint cependant bredouille de l'âpre effort mental.

— Non, Wes Wes, son ton était redevenu doucereux comme celui du chasseur voulant calmer la bête avant de lui tordre le cou, tu sais que nous sommes alliés ici, tu veux que j'envoie quelqu'un au mitard ? Que j'en bastonne un… l'appât du gain faisait briller ses yeux renfoncés comme deux olives dans une boursoufflée pate à pain

— Oh non, non, boss, Walker employa toutes les ressources de son hypocrisie pour donner un semblant de complicité à l'homme qu'il exécrait puis notant qu'il ne lui restait que quelques minutes accéléra, elle est à vous sans contrepartie si vous faites appeler T Bag au parloir, ce soir.

— Et pourquoi ferais je ça ? Walker fit négligemment rouler la bague entre ses deux index en se contentant de faire moirer l'or au soleil déclinant du début d'hiver, la bise qui se refroidissait à l'approche du soir cinglait leurs joues de quelques gouttes et sifflait dans leurs oreilles charriant des odeurs de liberté perdue. Les rafales conspuaient leurs déviances respectives dans l'obscurité toute proche et si Walker accepta une soumission piaculaire face au sévère jugement des éléments, Geary lui se sentit soudain terriblement chétif et devant la sensation dérangeante se débarrassa du marché pour pouvoir retourner à l'abri dans son local.

— C'est d'accord passe la moi. Walker s'arracha à ses remords intestins et aux volutes nauséeuses que son introspection provoquait immanquablement et s'ébroua

— Si tu manques à notre marché, je trouverai un autre bénéficiaire à mes prodigalités.


Wes regardait le plafond, la morne alternance de taches et d'auréoles brunes sur le mur sali par des générations de taulards poisseux, des drogués, des pervers, des fous furieux… et lui. L'absurdité l'immergea, que pouvait il donc foutre ici ? Quel tortueux parcours de circonstances et de choix l'avait bien pu amener dans cette miteuse cellule, il fronça les sourcils peinant à retranscrire les vicissitudes de son existence chaotique, sa main fourragea nerveusement parmi les mèches brunes et les rejeta en arrière, il s'allongea, ce terrible besoin d'introspection le prenait de plus en plus souvent ces derniers temps et pesait sur les barrières qu'il avait laborieusement érigées pendant de longs mois.

Ça remontait à la surface, comme un prédateur sous marin débouche des profondeurs insondables pour vous déchiqueter.

Il sentit le vertige chronique commencer à lui retourner les sens, l'ensorcelant inexorablement, ce vertige et son vide intrinsèque qui avaient failli l'emporter autrefois.

Il se mordit violemment la lèvre et la fit saigner, unique signe de l'intensité de son combat intérieur, il ne pouvait y retourner pas encore, non, mais il avait vécu au bord du gouffre une fois et l'avait contemplé dans son immensité béante décuplant l'attrait d'y retourner toujours plus proche.

Face à ce dévorant néant, qui avait manqué de peu l'ingurgitation de sa conscience, il avait du lâcher prise, baisser les yeux qu'il gardait d'ordinaire rivés aux asymptotes de son existence pour se focaliser sur le temps qu'il avait sous les pieds. Vivre l'instant présent pour fuir cette éternelle lassitude d'avoir été contraint de vivre.

Mais combien de temps encore tiendrait il ? Quelques semaines ? Quelques mois ? Et pour quel résultat, celui de savoir qu'il allait un jour trébucher et se faire entrainer comme un fétu par les courants mortifères dans lesquels il se débattait.

Merde ! Une profonde entaille dans sa lèvre et le gout âcre de son propre sang le firent revenir à lui. Et un gémissement désespéré franchit ses lèvres lorsqu'il se rendit compte combien il était parti loin dans ses pérégrinations internes. Pourquoi fallait il qu'il en revienne perpétuellement à ça ! Il croyait en être sorti putain !

Walker passa une main fébrile sur ses yeux et tenta de calmer les battements erratiques de son cœur, il avait désespérément besoin d'une occupation pour ne pas sombrer à nouveau et seul dans cette putain de cellule il n'y avait pas foule de choses à faire. L'heure tardive avait amené le calme dans le couloir si l'on exceptait les ronflements bienheureux d'Avocado, d'une quinzaine d'autres types et les couinements incessants du jeune Tweener. À tous les coups T Bag était au mitard, il avait du larder le gros Bellick depuis le temps, peut être même l'avait il tué.

Si c'était le cas, le sudiste était assuré de repasser en cour d'assise, et Wes aurait mis sa main à couper qu'il écoperait cette fois ci de la chaise électrique…

Quel con se morigéna l'Anglais, y penser avant aurait été plus futé, et il n'aurait eu qu'à offrir au sudiste un codétenu au lieu d'un gardien, maintenant il allait se retrouver seul autrement dit, la porte ouverte aux chimères engraissées par l'ennui.

Il avait tout prévu pour se protéger, impliquant Geary dans l'affaire de manière à ce qu'il ne puisse faire éclater la vérité sans s'attirer les foudres de Bellick, mais quand à Bagwell… il l'avait livré à ses pulsions sans ménagements et… qu'est ce que ça pouvait bien lui foutre de toute manière, ils n'étaient pas marié et encore moins « liés par la poche ». Ses cheveux ébouriffés subirent encore une fois les conséquences des réflexions qui l'agitaient, lorsqu'il les agrippa à pleines mains et les entortillas.

Il n'empèche qu'une très légère pointe de culpabilité le titillait et qu'il ne se rendormirait pas avant quelques dizaines d'heure, il fallait qu'il sache.

— Andrews ! Andrews ! Le gardien lui jeta un regard en biais assis sur un tabouret au fond du hall et se replongea dans la lecture de son magazine de déco. L'Anglais envisagea un instant de brailler à travers le couloir afin de mettre en rogne un maximum de détenus possible puis opta pour une autre alternative qui laisserait en meilleur état ses cordes vocales

Il attrapa le petit meuble et le balança contre les barreaux de la cellule réveillant en sursaut les voisins qui maugréèrent de vagues menaces de mort et promesses de torture, il n'en fit cas, attrapa le bureau en prenant soin de poser radio et carnet en lieu sur et le levant bien droit au dessus de sa tête le fracassa en mille morceaux, bien décidé à faire autant de vacarme que possible jusqu'à ce qu'un garde s'amène. Sucre dans la cellule d'en face s'était redréssé bouffi de sommeil et son accent mexicain traversa la salle,

— eh oh qu'est ce qui se passe ça ne va pas 4 - V ?

— Eh le toubib ! Tu te couches gentiment et tu me laisses pioncer si tu veux avoir la chance de sortir de ta cellule autrement que les deux pieds devant. Wes brandit un majeur vulgaire à la menace d'Abruzzi et attrapa l'une des planches démembrées du bureau. Déjà l'abruti voisin de Scofield et Sucre commençait à s'échauffer contre eux croyant qu'ils étaient à l'origine du boucan et dans sa colère réveillait les cellules conjointes. Mais il manquait encore un peu d'ambiance de son côté et pour y remédier Walker entreprit de frapper méthodiquement sa planche sur les montants métalliques des lits leur tirant des horribles grincements, le ronflement d'Avocado s'était tut et le voile blanc était retombé linceul de malheur sur ce pauvre Tweener.

Par chance l'intellect profond de la clique a T-Bag, les poussait à renchérir sur le bruit qu'ils entendaient dans la logique simple de produire une émeute, ligne de conduite prônée par leur aimable leader et qu'ils honoraient royalement. Satisfait alors que le conflit noir/blanc se relançait dans une pluie d'inventives injures, l'Anglais leva les yeux vérifiant le comportement de Mack Andrews et un sourire sournois étira ses fines lèvres lorsqu'il le vit s'approcher, certes la matraque brandie mais s'approcher quand même. Sa face était blême sous les cheveux d'un sale roux jaunâtre et plissée de colère

— tu n'crois pas que j'ai autre chose à foutre que calmer tes petites crises de nerf connard ! Wes cessa de frapper la planche contre le lit et s'approcha de la grille

— Où est Bagwell ? Questionna t'il sur un ton autoritaire. Vicelard Mack fit un pas dans sa direction, et lorsque Wes comprit ses intentions malveillantes il était trop tard et son reflexe ne lui servit pas à grand chose quand il sentit la matraque défoncer son abdomen. Il hoqueta les mains pressées sur le diaphragme et se força à inspirer de l'air qui ne voulait plus passer. Andrews le regardait se débattre avec la douleur, un sourire satisfait sur le visage.

— Ta petite copine est au mitard et tu ferais bien de la fermer si tu veux pas la rejoindre.

— Qu'est ce qui s'est passé avec Bellick ?

— Je croyais t'avoir dit de la fermer ! Menaça le roux en se rapprochant encore, Wes se redressa en cherchant toujours son souffle et planta ses yeux bruns et verts dans ceux de son gardien

— Que s'est t'il passé avec Brad Bellick, articula t'il avec lenteur, l'erreur du gardien fut de vouloir retenter de lui assener un coup et si la première fois l'effet de surprise avait été de son côté la seconde malgré la douleur lancinant Wes se décala souplement comme il avait appris à le faire dans ses très selects cours d'art martiaux de Londres et saisit le poignet qu'il claqua avec force contre la barre transversale. Le garde glapit de douleur et laissa tomber la matraque que Walker récupéra d'une main.

Andrews se retrouvait dorénavant dans une position fort désavantageuse l'avant bras coincé dans la cellule d'un prisonnier mal intentionné et qui plus est armé d'une matraque

— fils de pute…

— que s'est il passé avec Brad Bellick ? Cette fois ci je veux une réponse ou je te brise le poignet. Tu cries, je te brises le poignet, tu essaye d'atteindre ton arme avec la main gauche, je te coupe un doigt crut bon de préciser Wes en sortant son surin fait maison de sa poche. Le garde abandonna toute vélléités de rébellion et baragouina à toute vitesse

— Il l'a planté à deux ou trois reprises des gars lui sont tombés dessus l'ont menotté et l'ont foutu au mitard, ça sent mauvais pour lui. Puis il se reprit, maintenant relâche moi ou je te promets que le juge si clément à ton égard re évaluera ton dossier et te colleras peut être une bonne dizaine d'années supplémentaires. Qu'en dis tu ?

— J'en dis que je pourrais à l'envie décider de te raccourcir l'intégralité de la main droite et que tu ne fais pas franchement preuve d'une émouvante sympathie tiendrais tu tes doigts en si basse estime ? Pourtant quelle utilité pour toi reclus aussi loin que nous autres prisonniers de la frivole compagnie féminine. J'ajouterais cependant que nous le somme par des barreaux hum… ma foi glaciaux et totalement infranchissables et toi par ton physique ingrat, mais que veux tu, chacun ses petits problèmes n'est ce pas ? Il tordit l'auriculaire doucement, je me demande quand même lequel de nous deux a le plus de chance d'attirer un peu de chaleur humaine à soi sans bien sur aller jusqu'à la passion torride que vit notre ami Tweener. Le garde eut une curieuse mimique mi révulsée mi perturbée en tendant une oreille attentive vers la cellule masquée d'où des gémissements s'écoulaient et espiègle Walker enlaça ses doigts secs et nerveux aux petites saucisses blanches et dodues parsemées d'éphélides

— lâche moi sale pédale. Mais la perturbation l'avait emporté sur le dégout et malgré l'envahissante obscurité Wes devina un subtil rosé qui égayait les joues laiteuses tout en jurant colossalement avec la tignasse rousse.

— Oh oh, susurra l'Anglais continuant les entortillements digitaux, peut être la chaleur est elle finalement plus proche que ce que j'aurais cru. Qu'en penses tu Mackie, l'hiver approche… Il se colla contre la grille et le roux perçut son souffle brulant et l'éclat de ses yeux changeants sous un rayon lunaire blafard.

Tout s'était passé très vite mais Andrews, finalement un peu moins empoté que prévu avait prestement tiré son flingue et le deuxième bras passé à travers les barreaux lui collait l'extrémité glaciale du canon juste au dessus de la pomme d'Adam.

— Lâche moi ou je te tue. Un rire cynique franchit les lèvres du psychiatre qui obéit, délaçant leurs doigts avec d'insistantes caresses.

De l'autre côté du couloir parmi le vacarme qui enflait de tous les cotés et à travers le papier qui volait en prémices de l'émeute, Sucre regardait ce qui se passait. Le mexicain était d'une rare prévenance, dénuée de cet écoeurant pathétique dont assez régulièrement son compagnon aux yeux cérulés faisait preuve. Wes et lui s'étaient parlés assez longuement dans ces moments où le petit géni disparaissait dans le bureau du directeur, et sans admirer l'esprit plutôt étroit et dénué de la moindre originalité de Fernando il l'appréciait, comme une sorte d'ami. Et cette affinité – platonique entendons nous bien - semblait réciproque car le Mexicain commença à s'inquiéter et en réaction tenta désespérément d'attirer l'attention du gardien.

— Hey Mack Maaack je suis sur qu'il a pas voulu faire le vilain vous le connaissez non ? eh bien moi oui et ce type est vraiment sage presque autant que Mickael c'est pas la peine de sortir l'attirail je vous assure. Puis constatant l'inefficacité de sa technique il changea d'angle et prit une voix caricaturalement affaiblie tout en restant suffisament puissante pour couvrir les vocifération de la clique raciste qui s'agitait de plus en plus

— Ohoo, clama t'il avec des tremolos dignes des plus grands ténors de l'opéra, je me sens au plus mal, je crois que j'ai besoin d'aller à l'infirmerie.

— Sucre, au prochain mot qui sort de ta bouche de Mexicos je me retourne et je t'en colle une entre les deux yeux, énonça Andrews juste assez fort pour que le destinataire entende. Gueule d'Ange qui était sortit de l'ombre, posa une main apaisante sur l'épaule de son compagnon. Il lui murmura une parole insaisissable au creux de l'oreille l'incitant sans doute au calme et Fernando se contenta d'observer en silence la scène se déroulant devant la cellule 14 un pli d'inquiétude barrant son front brun.

Wes empathique se décala légèrement de la masse obstruant sa vue et leva une main de la paix,

— ça va Sucre t'inquiètes tout est ok. Il s'assura que son ami ne commettrait pas d'imprudences et revint au roux. Levant le menton il lui offrit la vulnérabilité de son cou.

— Vas y tire, sa voix n'était plus qu'un sifflement reptilien, tire, tire ! Il avait fait ça une fois déjà, s'offrir aux griffes acérées et glaciales de la mort, la sentir toute proche rodant devant le seuil de sa vitalité s'apprêtant à surgir à la vitesse de la balle hors de cet Eagle pour l'emporter aussitôt. Mais là, rien. Pas le moindre petit frisson pas cette survoltante peur qui l'étranglait faisait affleurer par les milliers d'extrémités nerveuses la vie fébrile sous sa peau. Son souffle restait égal les battements de son cœur ne s'affolaient pas, aucun serrement si puissant qu'il menaçait de jaillir, qu'il voulait vomir l'intégralité de son être par l'embouchure ridiculement insignifiant de son oeusophage. Il remonta lentement sa main les yeux plantés dans ceux du gardien, enserra la queue de métal prête à défourailler et l'écarta avec une lenteur absolue chargeant son geste de l'inébranlable certitude qui s'était imposée en lui.

— Tu ne tireras pas. Le gardien arrêta de respirer, cessa le moindre mouvement oublia même de déglutir. Comment une vérité tellement pure pouvait elle couler aussi fluide entre eux ? Il rempocha l'Eagle indifférents aux quelques massacres qui se perpétraient dans les différentes cellules des prisonniers trop hargneux et excités par l'approche de l'hiver. La nuit enveloppait le vacarme l'étouffant pour ne laisser à ses oreilles que l'hypnotisant battement sourd et puissant du sang.


— 4V ramène ton cul Pope demande à te voir, Wes lâcha un soupir de fin du monde, plus pour la forme que pour le fond car la visite chez le directeur promettait d'être autrement plus intéressante que la morne activité de la cour à laquelle il n'échapperait pourtant pas avant la fin de la journée. L'heure de la promenade étant elle même un millier de fois plus intéressante que la solitude de sa cellule aucun besoin de décrire combien il s'y faisait chier. Il se sentait d'humeur massacrante après ses petits écarts de la veille d'abord seul puis avec le Mack qui avait paru tout chamboulé de leur court échange ensuite il avait fallu parlementer avec Abruzzi pendant de longues minutes afin de lui faire perdre l'envie de le tuer et ça s'était soldé par un « on verra bien demain ! » qui n'augurait rien de bon. Pour finir de peindre le tableau dans ses moindres détails il fallait ajouter le chaos monstre de la meute à T-Bag qui ne se maitrisait absolument plus sans son leader et passait son temps à chercher des noises aux blackos et la pointe grise dramatique en la personne de Tweener qui était au plus mal. Apparemment le gros Avocado n'avait pu retrouver le sommeil et le jeune homme semblait avoir quelques difficultés à marcher après une nuit… mouvementée.

Il suivit donc Geary, qui le menotta et l'entraina dans le dédale, l'homme arborait au doigt l'énorme chevalière en or et n'en semblait pas peu fier à la manière dont il remontait sans cesse sa manche pour en dégager la vue.

— Alors il ne m'a pas semblé apercevoir le boss Bellick aujourd'hui mes sensationnelles perceptions seraient elles étonnées ? Il avait parlé sur un ton badin mais le niveau de langage tira une petite mimique de perplexité au gardien.

— Putain mon salaud sur le coup là tu l'as pas raté le pauvre il pissait le sang. Le gras homme exultait, ses relations avec le chef ne devaient pas être au beau fixe, certainement des rivalités sur le degré de pourriture.

— Ah ouai, s'intéressa soudain Walker qui n'avait pas pour habitude d'écouter les discours hâbleurs du gardien. Et alors qu'est ce qui s'est passé ? Par chance tout jouasse il ne se fit pas prier et en se dandinant commença l'explication.

— Bah, tu vois Bagwell est sortit il triturait un truc dans sa poche Bellick savait pas trop ce que s'était ils ont avancé dans le couloir et à un moment le boss et bah il a craqué, il lui a demandé ce qui était dans sa poche, là Tee a sorti son espèce de couteau et lui a foutu deux coups sur le coté du bide, il était… l'homme frissonna au souvenir certainement marqué dans son esprit d'un T Bag déchainé par la captivité, brr terrifiant !

— Il l'a pas tué ?

— Apparemment non, mais dis moi c'est toi qui avait tout organisé pas vrai, et si moi maintenant… je décidais d'aller voir ce cher Brad et pour remettre de l'ordre entre nous, je lui livrais le vrai coupable.

— C'est Tee le vrai coupable, boss pas moi.

— fort bien disons responsable alors, para Geary avec un esprit qu'on ne lui connaissait pas, avec ton cerveau de toubib tu me comprends, responsable c'est pas un fou comme lui c'est toi. Le gardien se frotta les mains alors qu'ils arrivaient dans le bâtiment de la direction reparti dans ses petites gargarisassions, Wes sourit certain du tournant délicieusement ironique qu'allait prendre la situation. Sa démarche nonchalante et son visage neutre et même un peu amusé commencèrent à désarçonner le pauvre Geary.

— Mais boss… il doit en avoir après vous non vu que c'est vous qui lui avez menti…

— raison de plus pour que je lui raconte tout.

— Oh, il s'arrêta, nous sommes arrivés allez y frappez. Il essuya un regard de cochon agressif et attendit patiemment que Pope apparaisse et le fasse entrer.

À sa grande hilarité, Geary fut contraint de rester à la porte comme un malpropre et il entra seul tentant de faire preuve d'assurance malgré les entraves métalliques.

— Monsieur Wes Walker, peut être préférez vous que je vous appelle par votre vrai prénom.

— Wes sera parfait monsieur, dit il précipitamment quasiment certain que Geary écoutait derrière la porte. Le maton était tellement verreux que le danger était aussi grand si lui l'apprenait que si c'était un autre détenu, le gardien ayant en toute logique beaucoup plus de pouvoir sur lui que n'importe quel clampin, isolé. Forcément il espérait en tout cas que ce ne soit ni le clan d'Abruzzi, ni celui du pauvre gogol au chiffon sur la tête et à la carrure de rhinocéros, quand à la clique T-Bag tant que son leader était à l'ombre des cachots elle restait plus ou moins incapable d'organiser un truc concret. Non le véritable problème était le caractère latent de la menace, masquée qui risquait de surgir sous la forme d'un couteau glissé entre les omoplates et encore si c'était son seul problème

— Wes vous allez bien ? Le directeur lui claqua des doigts sous le nez et il se reprit brusquement.

Voilà pour un nouveau chapitre j'espère qu'il vous a plu n'hésitez pas à laisser une petite review ;)