Note au passage : Bonjour, bonsoir ! Comme promis, me revoilà ! =) Vous m'excuserez (ou pas) mais je n'ai vraiment pas beaucoup d'idées pour cette intro, mon esprit est quelque peu brumeux à l'instant où je mets ce ch. en ligne... Quoi qu'il en soit, je tenais à vous remercier encore une fois pour toutes vos reviews parce que je ne pensais pas voir autant de monde en aussi peu de temps quand j'ai mis en ligne le prologue en ligne.

Donc inévitablement, voici pour vous en exclusivité : le réveil ! Bonne lecture !


Black et les apôtres de la Rose

Chapitre 7 : Black e(s)t le tripoteur.

Sirius fut tiré d'un sommeil profond par des lèvres tendres qui se posaient délicatement sur son échine, sentant le souffle tantôt tiède tantôt glacé de son partenaire au rythme de ses inspirations et expirations. Dans un gémissement endormi, il se tourna vers son amant du soir. Toujours dans un demi-sommeil, il sentit la pulpe de lèvres chaudes se poser sur les siennes. Puis finalement, il sentit le froid à côté de lui, l'autre s'était levé.

« Tu devrais de te lever si tu ne veux pas être à la bourre, lâcha le Serpentard entre deux bâillements. »

Sirius réfléchit inconsciemment à la remarque mais il ne distinguait encore aucune lumière sous ses paupières closes et décida de se rendormir. Les paroles avisées de Severus ne lui parvinrent que bien des heures après. L'Animagus se réveilla en sursaut, repoussant les couvertures à ses pieds. Il jugea le grand soleil qui filtrait par la petite fenêtre du cachot, l'hiver touchait à sa fin et il était déjà près de midi. Il put d'ailleurs entendre les exclamations de joies et des rires provenant de l'extérieur, les élèves semblaient bien s'amuser.

Il jeta un coup d'œil autour de lui et s'aperçut que le dortoir était vide. Il frissonna alors, avant de s'apercevoir qu'il était aussi nu qu'un ver. Ce dernier détail lui mis la puce à l'oreille.

Attends trente secondes, mon bon Padfoot, il y a quelque chose qui cloche là… Pensa-t-il. Depuis quand les rideaux de mon lit son vert ?!

Le brun s'assit alors en tailleur sur le lit cherchant à se souvenir comment il avait bien pu se retrouvé à poil dans un lit du dortoir des Serpentards. Mais à l'évidence, la réponse qu'il cherchait résidait dans les souvenirs brumeux de sa soirée de la veille. Et pourtant je n'ai pas l'impression d'avoir bu à en perdre la mémoire… Ce qui ne m'est par ailleurs encore jamais arrivé.

Et pour la première fois de sa vie, Sirius Black se retrouva assis comme un con dans le pieu d'une parfaite inconnue avec un mal de crâne énorme et le sentiment d'avoir oublié un détail d'importance capitale (nda : certes oui mon p'tit Siri, t'as oublié d'enlever un « -e » à la fin de chacun de tes mots dans « une parfaite inconnue »).

Un morceau de sa soirée lui revint plus ou moins à la mémoire alors qu'il se levait. Il réprima un haut-le-cœur ne sachant pas très bien s'il était dû au souvenir ou à l'alcool qui lui restait dans le sang.

Severus Rogue, mais putain, est-ce que tu te rends compte de la connerie que t'as faite par Merlin tout puissant ?! Pensa-t-il alors qu'il massait les tempes tentant de calmer sa nausée. Par les slips en dentelle d'Helga Poufsouffle, Sirius Black, comment t'as pu baiser un mec bordel ! Hein ?! Comment est-ce que j'ai pu ?! Je ne suis pas gay, je ne suis pas-

Soudainement, le Gryffondor se figea, se demandant tout à coup s'il n'avait pas été forcé. Il pâlit un instant avant de tenter de se raisonner en prenant de grandes inspirations. Il pouvait ternir debout sans aucun mal, il supposa donc qu'il n'avait pas été pris. Il poussa un premier soupir de soulagement. Aucune marque quelconque à ses poignets ou à ses chevilles, ni l'impression d'avoir pris une potion de quelque nature qu'elle soit, il douta alors un peu de sa théorie émise précédemment…

Mais avant même qu'il ne s'en rende compte, le Gryffondor s'était assis au bord du lit, prenant sa tête entre ses mains, tremblant dans l'ignorance de ce qu'il s'était réellement passé, parcouru parfois par de violents frissons alors que son esprit formulait des théories qui le répugnaient plus les unes que les autres. Ainsi, l'Animagus était vraiment semblable à sa forme animale : un clébard miteux.

Sans s'en rendre compte, Siruis s'était enfermé dans sa fureur contre lui et contre le Serpentard, ne faisant que l'attiser avec des complots qui n'avaient jamais eus lieu.

Tout ça c'est la faute de Snevillus.

Cette dernière pensée froide le calma soudainement. Il se leva, s'habilla rapidement et sortit discrètement de la chambre profitant que la salle commune des Serpentards soit vide. Le brun fila alors en direction du dortoir des Gryffondors, bouillant toujours de colère, il ne prêta pas attention à tout ce qui l'entourait. Il ne remarqua pas la manière dont les élèves s'écartaient sur son passage, ni comment ils murmuraient inquiets dans son dos car voir un Sirius Black débraillé n'était pas quelque chose de rare ou choquant, en revanche, voir Sirius Black aussi énervé avait de quoi inquiéter. Même Rusard n'osa pas lui barrer la route lorsqu'ils se croisèrent dans un des passages interdits aux élèves.

Ce midi-là, pas plus qu'un murmure ne s'éleva dans la grande salle, les discutions habituelles ne semblaient pas aussi bruyantes, tout le monde se contentant de parler à voix basse comme s'ils avaient peur que le regard de Sirius puisse sortir de quelques trous noirs pour les transpercer. Mais en réalité, c'était Severus qui avait été transpercé. Dévasté même, par ce regard qu'il n'avait aperçu que de loin, comprenant en un instant que Sirius ne se souviendrait pas de lui. Quelque part au fond de son coeur, le fait que l'Animagus ne soit pas partir en douce la nuit avait créé un espoir, un fol espoir, que peut-être il resterait. Il était maintenant évident que c'était impossible pour eux. Ce fut ce retour à la réalité qui fit l'effet d'un bain d'eau glacée au Serpentard : après tout, il était ni plus ni moins que Severus Rogue.

.o0°0o.

Sirius gravit la tour des Gryffondors jusqu'à sa chambre et se précipita dans sa salle de bain. Mais même après une bonne douche, il ne savait toujours pas bien où il en était, son cerveau refusant encore d'associer « une putain de bonne partie de jambe en l'air » et « avec un autre homme », préférant encore la réponse d) « forcé par un autre homme ». En revanche, sa colère semblait s'être quelque peu calmée.

Etant encore dans un état de choc assez profond et en pleine médiation sur lui-même (nda : oui, oui, vous avez bien lu et je vous assure qu'il en est capable), Sirius préféra soudoyer quelques elfes de Maison pour qu'ils lui préparent un repas aux cuisines du château avant d'aller se réfugier dans les tréfonds de la bibliothèque.

Alors que le Gryffondor déambulait entre les rayons des archives oubliés de toutes civilisations, il aperçut Lily assise seule à une table. Il s'approcha d'elle et constata alors qu'elle ne lisait pas, semblant perdue dans la contemplation de la poussière de l'étagère d'en face. Le brun s'assit alors à la table, elle ne bougea pas.

« Qu'est-ce que tu fais là ? Demanda finalement Sirius.

- Rien, bougonna-t-elle sans se tourner. »

L'Animagus, constatant qu'elle ne voulait pas parler, se tut. Après un moment de silence, ils soupirèrent en cœur. Cela sembla surprendre Lily qui se tourna finalement vers son ami.

« Tu en as une mine affreuse ! Constata-t-elle en voyant les traits tirés de Sirius. Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?

- Les apôtres de la Rose, mentit-il.

- Tu veux en parler ? Reprit alors la brunette sur un ton plus compatissant. »

Sirius secoua la tête en signe de négation et le silence revint entre eux. Après quelques instants, Lily soupira à nouveau.

« Je suis désolée, murmura-t-elle. »

Sirius fut surpris à son tour, la brune n'agissait vraiment pas comme à son habitude. Il la fixa alors avec des yeux ronds, Lily Evans qui s'excuse, on aura tout vu ! pensa-t-il avant de vérifier par la fenêtre qu'il ne pleuvait pas des dragons.

« Jamais je n'aurais dû insister pour… pour… Pour toute cette histoire d'apôtres ! Je n'aurais pas dû enquêter ! Si tu savais comme je m'en veux maintenant. Je suis désolée, vraiment et terriblement, désolée.

- Ne t'en fais pas Lily, ce n'est pas si grave, tenta de la réconforter Sirius de plus en plus perdu. Tu as fait ce que tu pensais juste.

- Oui mais regarde les Maraudeurs aujourd'hui ! Oh comme je m'en veux !

- Tu sais, ça n'est pas si rare que l'on se dispute avec les gars.

- S'il n'y avait que ça ! »

Sirius fronça les sourcils, ne voyant pas à quoi elle pouvait bien faire allusion. Lily soupira une énième fois.

« James s'est trouvé une copine, lâcha-t-elle amère.

- Et c'est bien, non ? Comme ça il va enfin te laisser tranquille.

- Mais je l'aime, bordel ! S'exclama la brune en plaquant sa main sur la table. »

Sirius sursauta et fixa son amie plus étonné que jamais.

« Mais… Mais ! James m'a toujours assuré que tu ne l'aimais pas, bredouilla-t-il.

- James ! Soupira-t-elle en levant les yeux au ciel avant de reprendre encore plus énervée. Mais qu'est-ce qu'il peut bien en savoir ?! Comment peut-il prétendre connaître mes sentiments sans jamais me les avoir demandés ?!

- Je te trouve quand même assez indifférente pour quelqu'un qui aime…

- Mais je suis comme ça justement parce que je l'aime ! S'emporta-t-elle avant de reprendre plus calmement. A une soirée, il était déjà bien bourré lorsqu'il m'a dit qu'il m'aimait et il m'a fait promettre d'attendre qu'il ait le courage pour me le dire sobre. »

La situation sembla étrangement familière à Sirius sans pour autant réussir à mettre le doigt dessus. La voix de Lily s'éleva à nouveau, le tirant de ses pensées.

« Et j'attends encore… Crois-moi, si cette histoire ne tenait qu'à moi, ça ferait longtemps que je lui aurais sauté dessus. »

Sirius regarda alors son amie surpris, découvrant une face cachée de la brune. Ses soucis semblaient soudainement envolés, étant bien plus passionné par ce nouvel aspect de l'histoire Potter-Evans. Une idée lui vint soudainement à l'esprit.

« La petite copine de James, c'est une des apôtres de la Rose ? Demanda-t-il un sourire aux coins des lèvres.

- Oui, répondit Lily soudainement perdue.

- Je veux bien te filer un coup de main mais, en échange, laisse-moi t'accompagner à la prochaine soirée des apôtres. »

Une expression partagée entre enthousiasme et réflexion se peignit sur le visage de la jeune Gryffondor l'espace d'un instant, puis elle approuva la requête. L'Animagus lui souriait toujours mystérieusement et elle ne put s'empêcher de frissonner, croisant les doigts pour ne rien avoir déclenché de trop dangereux.

Une semaine passa avant que Lily n'ait vent d'une nouvelle réunion des apôtres de la Rose. Semaine durant laquelle Sirius affina son plan, « simple mais efficace » était sa devise. Il pesa le pour et le contre, analysa toutes les éventualités, s'assurant de pouvoir entrer et sortir de la salle sans être repérer.

Finalement, lorsque le jour de la réunion arriva, tout était fin prêt. Sirius revenait de la bibliothèque où il avait discuté les derniers détails avec Lily lorsqu'il passa par la salle commune des Gryffondors où Remus lisait tranquillement avec des apôtres et où James discutait avec sa petite-amie, main dans la main. Il retint tant bien que mal un sourire en constatant que son meilleur ami ne semblait pas aussi attiré par cette fille qu'il l'était par Lily et qu'il ne pouvait s'empêcher de suivre la brune des yeux lorsqu'elle entra à son tour.

Tout allait marcher à merveille.

Il se glissa jusqu'à son dortoir et fit mine de se coucher. Peu de temps après, il entendit James et Remus monter à leur tour. James vérifia la présence de sa cape d'invisibilité et de la carte des Maraudeurs comme chaque soir, puis parla avec le lycanthrope à voix basse pendant un moment. Finalement, les deux jeunes quittèrent le dortoir pour la réunion des apôtres de la Rose.

Quelques instants plus tard, Sirius bondit hors de son lit et attrapa la cape magique de son ami. Il la manipula avec précaution et s'enroula dedans, avant de sortir de la chambre lui aussi. Lily l'attendait, assise dans la salle commune un peu plus vide qu'auparavant. Il s'approcha d'elle en silence et lui tapota discrètement l'épaule. La jeune femme retint un sursaut, jeta un regard noir dans la direction de son ami puis elle se leva et ils prirent à leur tour la route pour la salle de réunion.

Lily les conduisit alors dans l'école en silence, les élèves n'ayant pas vraiment le droit de sortir le soir. Sirius trouvait d'ailleurs assez illogique que des élèves modèles aient des réunions secrètes la nuit, ce qui n'était pas autorisé par le règlement. Mais bon, il n'était pas à une contradiction près… En revanche, il fut surpris lorsqu'ils arrivèrent dans les cachots, non loin des salles de potions.

Ils entrèrent finalement dans une salle qui était déjà pleine de monde. Pour pouvoir contenir tous les apôtres, la pièce avait même été agrandie par magie et chacun des élèves était assis à un bureau, faisant face à un écran de télévision immense. Même Lily, pourtant habituée aux produits moldus, avait affirmé à Sirius n'en avoir jamais vu de tels.

Le jeune Black se ressaisit, il n'était pas là pour cela. Il se mit donc à la recherche de James et sa petite-copine du regard. Mais avant d'avoir pu les apercevoir, il croisa les yeux orangés de Remus qui le fixait.

Sirius soupira, il se doutait bien que le lycanthrope allait le démasquer en un instant. Il s'approcha donc de lui en silence, vaillant à ne toucher personne. Finalement, il se pencha vers son ami et lui murmura à l'oreille si bas que personne d'autre ne pouvait entendre. Il expliqua rapidement qu'il était là pour Lily et qu'ils en reparleraient sûrement. Puis il se dépêcha de s'approcher de James et de la fille. De près, le brun fut forcé de constater que la copine de son meilleur ami ressemblait quelque peu à Lily.

Sirius rit intérieurement lorsqu'il s'aperçut que James et sa petit-amie étaient assis l'un à côté de l'autre mais maintenaient entre eux une distance raisonnablement grande étant donnée leur relation. Par-fait ! Songea-t-il, riant machiavéliquement dans sa tête. Il paraissait maintenant évident que James n'avait pas encore oublié la brunette.

Comme lui avait expliqué Lily, la séance commença par une courte introduction du leader des apôtres de la Rose caché derrière l'écran de la télévision. D'une certaine manière, la voix trafiquée du leader sembla familière à Sirius, mais il n'eut pas le temps de réfléchir à la question lorsque le film démarra.

Au bout qu'un quart d'heure à peine, Sirius se retint de soupirer pour une énième fois. Que ce film peut être chiant ! Pensait-il. Il avait d'abord était assez exciter à l'idée de voir un film moldu pour la première fois, mais il était maintenant extrêmement déçu. Au final, ce n'est qu'une suite de photographies qui racontent une histoire plate, se plaignait-il en son for intérieur. D'ailleurs, est-ce qu'il y a réellement une histoire ?! Même la page faits-divers de la Gazette des Sorciers est plus passionnante !

Heureusement pour lui, les choses devinrent vite bien plus intéressantes lorsque les acteurs commencèrent à réciter leurs répliques amoureuses sous un grand soleil couchant. Le Gryffondor décida alors de passer à l'action. Son plan était simple : faire croire à notre prude apôtre que son petit-copain (James en l'occurrence) la tripotait.

Oui, certes, ce n'était pas le plan le plus aimable qui soit de faire passer son meilleur ami pour un connard, mais Sirius estimait que ce n'était que le juste retour des choses. Ainsi, il faisait d'une pierre deux coups : il rendait service à deux de ses amis qui à l'évidence s'aimaient d'un amour réciproque et il se vengeait de James pour l'avoir abandonné aussi lâchement pour se joindre aux apôtres quelques mois plus tôt.

Aussitôt dit, aussitôt fait, il effleura une première fois le bras de la jeune femme. Elle ne sembla pas s'en formaliser mais lorsqu'il réitéra son geste un peu plus longtemps, elle commença à se tortiller mal à l'aise. Il s'arrêta, jubilant intérieurement, et se disait qu'il aurait bien séduit la demoiselle si elle n'avait pas été une des apôtres de la Rose. Finalement, après plusieurs minutes, il effleura ses doigts avant de glisser légèrement sa main contre sa cuisse, remontant lentement jusqu'à la lisière de sa jupe.

Il allait passer sous la jupe de la jeune femme lorsque celle-ci réagit enfin. Soudainement, elle se redressa au bord des larmes. Elle gifla James de façon tout à fait mémorable avant de s'enfuir en pleurant bruyamment. Lily qui n'était pas loin, se leva à son tour et la suivit précipitamment sous le regard étonné des autres. James quant à lui resta assis, une main sur sa joue, fixant le vide, complètement perdu.

Le film fut soudainement oublié alors que tous les apôtres se mettaient à murmurer entre eux, se demandant ce qui avait pu se passer. Remus s'approcha alors de son ami, jetant de rapides regards suspicieux dans la direction de Sirius. Quelques minutes plus tard, Lily rentra à nouveau dans la salle, mimant une colère noire.

« James ! S'exclama-t-elle en attrapant le sorcier par le col. Qu'est-ce que tu as encore fait ?!

- Mais… Mais ! J'en sais rien ! Se défendit le pauvre accusé.

- Ne fais pas l'innocent ! Elle refuse de me dire ce qui s'est passé !

- Calme-toi, Lily, pria Remus. »

C'était certain, tous les regards étaient maintenant braqués sur eux. La brune ne s'arrêta pas pour autant de s'emporter contre James. Finalement, le jeune Potter la coupa dans ses accusations :

« Stop ! J'aimerai qu'on m'explique à moi aussi ! Je ne sais absolument rien de ce qui a pu se passer ! Peut-on savoir pourquoi ça serait à moi de porter le chapeau, hein ?! »

Puis il attrapa le poignet de Lily et l'entraina hors de la salle. Voyant que Remus était sur le point de les suivre, Sirius rattrapa le lycanthrope par le bras.

« Attends, je crois qu'il est important pour eux de faire le point, Moony, murmura-t-il. Il faut qu'ils se parlent une bonne fois pour toutes.

- Entre nous, répondit Remus sur le même ton, je pense qu'ils vont surtout se servir de l'autre comme d'un punching-ball et se dire ce qu'ils ont sur le cœur avec un peu trop d'entrain et de formules magiques.

- Raison de plus pour ne pas y aller, frissonna Sirius n'osant imaginer l'état dans lequel on les retrouverait s'ils décidaient d'utiliser la magie pour se battre.

- Padfoot, ne méprends pas mon intention, reprit sérieusement le lycanthrope. Je ne m'inquiète ni pour James ni pour Lily, c'est pour les couloirs que je me fais du souci là. »

Sur ce, Remus se dégagea et sortit à son tour. Sirius poussa un soupir, il avait accompli sa partie du travail, c'était maintenant au tour de Lily de jouer. Il devait d'ailleurs avouer que la brunette avait rempli à merveille son rôle, mimant la colère avec un naturel certain. Peut-être parce qu'elle était réellement en colère…

Sirius s'apprêtait donc à partir lorsque la voix du leader s'éleva à nouveau. Intrigué, il décida de rester un peu plus longtemps, se doutant bien qu'il n'était pas pressé de retourner au dortoir, James n'allant sûrement pas rentrer de sitôt et Remus sachant déjà qu'il n'y était pas.

Voyant que l'attention du public avait considérablement diminué (voire même était réduite à néant), le film avait été stoppé et le leader des apôtres de la Rose avait repris le contrôle de son audience. Sirius fut forcé de l'admettre mais ce chef avait de certains talents d'orateur. En quelques phrases seulement, il avait capté l'attention de chacun. Mais au-delà de ces belles tournures et de ces jolis mots, et malgré la voix déformée magiquement, Sirius était persuadé de reconnaître cette manière de parler. Et plus le temps passait, plus ce sentiment grandissait chez l'Animagus.

Il finit par céder à sa curiosité gryffondoresque. Après tout, le leader était là, derrière cet écran… Et avec la cape d'invisibilité, jeter juste un œil serait si facile. Sirius parcourut la salle en silence, tâchant de ne frôler personne et d'avancer le plus vite possible. A chaque pas, il sentait une espèce d'excitation monter en lui, le rendant fébrile et l'essoufflant. Finalement, il arriva après ce qui lui semblait une éternité, face à l'écran de la télévision. Son cœur battait la chamade et il sentait sa gorge se nouer. Bientôt il pourrait dire adieu à ses problèmes, adieu apôtres de la Rose !

Si on lui avait dit que ça serait aussi facile…

Il fit le tour de la télé, prit une grande inspiration et avança d'un pas dans l'ombre où se tapissait le leader. Lorsqu'il aperçut enfin le visage de son ennemi, Sirius sentit quelque chose se briser en lui.

Mais qui avait dit que ça serait aussi facile ?

Severus Rogue était assis tranquillement dans un siège, la baguette posée sur la gorge pour déformer sa voix. Il parlait ces phrases perfides qui s'insinuaient dans chacun des apôtres les rendant tels des pantins à la merci de leur marionnettiste. Il semblait tellement à sa place là, à la tête d'un monde dressé contre Sirius Black que, oui, ça faisait mal.

L'Animagus aurait fui. En d'autres circonstances, il aurait filé à l'anglaise. Mais il restait pétrifié, debout, ne sachant pas très bien pourquoi tant d'émotions soudaines l'envahissaient. Il s'apprêtait finalement à repartir lorsque le Serpentard clôtura la rencontre des apôtres de la Rose. Sirius fit demi-tour le plus silencieusement possible, avant qu'il ne puisse faire un pas hors de l'ombre, il sentit Severus l'attraper par les hanches.

« Ca fait sept ans que je vous connais, vous les Maraudeurs, tu ne croyais quand même pas que je n'étais pas paré à cette éventualité ? Susurra-t-il à l'oreille du rouge et or. »

Sirius sentit les mains du brun se glisser sous la cape d'invisibilité, il déglutit difficilement, son cerveau fonctionnant à toute allure, cherchant comment se sortir de ce mauvais pas. Il ne pouvait pas parler, il y avait encore trop d'apôtres dans la salle qui rappliqueraient au moindre bruit suspect. Il ne pouvait pas jeter de sort pour la même raison. Il ne pouvait pas non plus se débattre au risque de faire tomber la cape d'invisibilité.

Il était à la merci de Severus Rogue.


Musique dramatique, je vous prie : "Papa Papaaaaaa !" Merci.

Bref ! -.-' Nous voilà déjà à la fin de ce chapitre (Mwahahahahah !), j'espère que ça vous a plu. Pour ce qui est de la suite, je ne me sens pas encore trop apte à vous donner une date précise mais ça sera dans la semaine... D'ici-là, une petite review peut-être... Non ? Pleeeaaaase ? ... Toujours pas ?

Chapitre 8 : Avril, ne te découvre pas d'un fil.