Note au passage : Salutations amicales à vous, lecteurs ! Avant que vous ne vous lanciez dans ce chapitre, je tenais à vous prévenir : je me suis lâchée à l'écriture de ce chapitre... Donc il se trouve qu'il va peut-être vous paraître décalé par rapport à l'ambiance originale d'un Harry Potter (heureusement, il est court). Est-ce vraiment comme ça qu'il faut le décrire ? Je ne sais pas trop à vrai dire... Je vous laisse seul juge. Mais ne vous en faites pas, je n'ai pas fait n'importe quoi non plus !

Je vous souhaite bonne lecture ! (J'espère que je ne vous ai pas fait fuir, il n'y a de raisons pour vous de partir si vous avez tenu jusqu'à maintenant. Le meilleur est encore à venir ! ^.^)


Black et les apôtres de la Rose

Chapitre 8 : Avril, ne te découvre pas d'un fil.

Sirius Black se tenait droit caché derrière l'écran de télévision et entouré de la cape d'invisibilité, mais pourtant trop près des apôtres de la Rose. Il était debout là, à la merci d'un Severus Rogue trop fidèle à celui que l'Animagus avait toujours connu.

Sirius sentait le Serpentard debout derrière lui. Il sentait ses hanches et son sexe contre ses fesses, ses mains se baladant sous son tee-shirt et sa ceinture. Il était si près que le Gryffondor entendait sa respiration calme contre son oreille, son souffle chaud traversant la cape pour venir effleurer son cou. Petit à petit, des bribes de leur soirée lui revenaient à l'esprit, soirée qu'il s'était appliqué à oublier et dont le souvenir lui était maintenant amer.

Bordel ! Pensa le rouge et or en se mordant la lèvre, se sentant comme une proie prise au piège, cherchant désespérément comment se sortir de ce mauvais pas.

Malgré toutes ses pensées qui se bousculaient dans son esprit et l'étrangeté de situation, il sentait que les mains du vert et argent faisaient leur effet. Il aurait de plus en plus de mal à se contrôler si les choses venaient à continuer ainsi. Heureusement pour l'Animagus, la torture s'arrêta sitôt la porte du cachot claquée derrière les derniers apôtres.

« Etonnamment silencieux, remarqua Rogue presque surpris. »

Il força Sirius à lui faire face et lui caressa la joue, découvrant son visage de sous la cape. Le Maraudeur resta immobile, le fixant droit dans les yeux. Le Gryffondor n'était pas en colère, il n'avait ni amour ni pitié pour le Serpentard à cet instant. Etrangement, il ne ressentait rien. Il était vide.

Le vert et argent finit par pousser un soupir et laissa retomber son bras le long de son corps. Il avait une expression partagée peinte sur le visage lorsqu'il quitta la pièce, laissant Sirius seul. Lui non plus, semblait ne plus savoir où il en était vraiment. Mais évidemment, dix-huit ans d'égoïsme n'aidaient pas Sirius à s'en apercevoir, il resta bien trop centré sur lui-même et ne remarqua rien de l'état de son partenaire. Comme toujours.

.o0°0o.

Plusieurs jours passèrent dans une espèce de silence quasi-religieux. Sirius était perdu dans des méandres inconnues de son propre esprit, n'osant toujours pas douter de ses préférences sexuelles. James de son côté était fermé, semblant lui aussi réfléchir profondément sur son incapacité à séduire la femme qu'il aimait et ne comprenant toujours pas son soudain excès de colère. Et Lily faisait la tête à un James définitivement aveugle. Quand à Remus, il avait fui lâchement le champ de bataille pour se réfugier dans la chambre de son petit copain à Serpentard (pour vous dire la gravité de la situation…).

Dans l'esprit de tous les élèves de l'Ecole, c'était officiel : c'était le calme avant la tempête… Ou devrait-on dire « le calme avant le 1er avril », ce qui en soi avait de quoi inquiéter encore plus.

Et en effet, ils avaient de quoi être inquiet…

« Rah, par les strings de Merlin tout puissant, ça m'énerve ! »

Ce fut Lily qui craqua la première. Ce matin encore elle avait vu Remus entrer dans la grande salle le profil bas, puis James arriver quelques minutes plus tard, la fixer et détourner lamentablement le regard lorsqu'elle croisa le sien et enfin Sirius fermait le cortège funéraire avec une mine de déterré. Et pour couronner le tout, les trois s'étaient installés à des endroits différents de la table des Gryffondors, ne fixant que leurs assiettes, sauf James qui lui jetait de brefs regards incertains.

Alors elle s'était exclamée en plein milieu de la grande salle, plaquant ses mains sur la table et se relevant brusquement. Ses amies apôtres sursautèrent et la regardèrent outrées alors qu'un silence relatif s'était installé autour d'elle.

« James Potter ! Reprit-elle sur le même ton en s'approchant du Maraudeur. »

James sursauta en entendant son nom et se ratatina un peu sur lui-même alors que Lily se plantait à côté de lui, les poings sur les hanches, définitivement énervée. Il fixa résolument son assiette un instant puis leva finalement des yeux inquiets vers elle. Lily l'attrapa alors par le bras et l'entraina hors de la grande salle.

Les deux autres Maraudeurs avaient suivi la scène sans dire un mot. Finalement, lorsque les deux jeunes furent sortis de leur champ de vision, Remus se détacha des apôtres et s'approcha de Sirius, cédant à sa curiosité.

« Et il se passe quoi au juste là, Padfoot ? Demanda-t-il en se penchant vers l'Animagus. »

Sirius abordait un léger sourire énigmatique alors qu'il racontait ce que Lily lui avait dit dans la bibliothèque quelques semaines auparavant et comment ils avaient mis au point leur plan pour séparer James de sa petite-amie d'apôtre.

« Ce n'est pas le plan le plus grandiose que j'ai jamais entendu, commenta le lycanthrope semblant réfléchir. Mais ça à l'air de fonctionner quand même. Par contre, t'as pas été tendre avec Prongs pour le coup.

- Je ne sais pas s'il se rend compte que c'est un service que je lui rends… Et puis, un donné pour un rendu, tu connais la politique de la maison, rit Sirius.

- « Un » quoi ? Un service ou une crasse ?! Répliqua Remus avec un sourire complice. »

Le lycanthrope se tut un instant, se demandant s'il ne valait pas mieux qu'il défende James dans cette situation.

« Il va quand même t'en vouloir, conclut-il finalement.

- Bof, Cupidon n'est pas le plus apprécié de tous les anges il me semble, répliqua Sirius en haussant les épaules.

- Et depuis quand t'es un ange toi ? »

L'Animagus fixa son ami un instant, ne s'étant pas attendu à une répartie aussi mordante, puis il éclata finalement de rire. Les deux Maraudeurs prirent alors un petit déjeuné enjoué, ce qu'ils n'avaient pas fait depuis une éternité semblait-il. Toutes traces de rancœur avaient soudainement disparu.

Lorsqu'ils quittèrent enfin la grande salle pour leur premier cours, ils inspectèrent rapidement les alentours et, ne trouvant aucune trace des deux tourtereaux, ils en conclurent qu'il ne valait mieux pas chercher à en savoir d'avantage.

« Les femmes sont bien les créatures les plus dangereuses que je connaisse, dit Sirius alors qu'ils se dirigeaient vers leur salle de cours.

- D'ailleurs, ça me fait penser que tu ne t'es pas trouvé de petite copine depuis un moment, remarqua alors Remus.

- Tu l'as dit, Soupira son ami. J'ai vraiment hâte que cette histoire d'apôtres de la Rose soit réglée !

- Je sais bien, mais on n'avance pas beaucoup… Le chef doit être au moins en six ou septième année étant donné le nombre incalculable de sortilèges compliqués qui le protègent à chaque rencontre. Ca réduit le champ des recherches, mais ça ne fait pas tout. »

Le lycanthrope détailla alors tous les indices qu'ils avaient récoltés avec Lily pendant un moment. A chaque phrase de plus, Sirius sentait comme une boule de former dans son estomac. Lui savait qui était derrière tout ce petit manège. Mais il l'avait appris à ses dépens.

Il déglutit difficilement alors qu'un nœud se formait dans sa gorge. Il garda finalement le silence sur toute cette affaire, se demandant au fond de lui ce qui pouvait bien le pousser à protéger ainsi Severus Rogue et jusqu'à quand se sentirait-il aussi mal à chaque fois qu'il repensait à leur dernier face à face.

.o0°0o.

Sirius ouvrit doucement les paupières. Que faisait-il devant la porte du bureau de Dumbledore à cette heure de la nuit ?! Il l'ignorait et s'en fichait par la même occasion, la seule chose qui importait à ce moment-là, c'était ce qui se trouvait derrière ladite porte. Une sorte d'excitation enfantine s'empara de lui alors qu'il posait la main sur la poignée. Il la poussa finalement et se retrouva alors face à la salle de torture sadomasochiste qu'il avait aperçue quelques mois plus tôt à la place du bureau du directeur. Mais contrairement à la dernière fois, il entra. Refermant la porte derrière lui, il s'autorisa un sourire.

Dans le silence de la nuit, un gémissement retentit sur sa droite. Surpris, il recula de quelques pas puis avisa les alentours d'un œil observateur. Finalement, il repéra d'où provenait cette respiration hachée, entrecoupée de soupirs. Il tira le tissu noir qui cachait une des planches à menottes et découvrit l'instrument et la personne qui y était attachée. Severus Rogue était là, lié à table de torture (nda : torture… vraiment ?) relevée à la verticale, les poignets rougis par les bracelets de fer qui le maintenaient fermement au bois et une expression tellement sexy au visage que l'Animagus ne put en détaché les yeux. Pourquoi était-il là, dans cet état ? Une question de plus restée sans réponse. Après tout, peu importaient les moyens maintenant que le résultat était là…

« Sirius, Sirius, appela le Serpentard haletant.

- Oui, mon amour ? Ricana le Gryffondor en s'approchant de lui.

- Je t'en supplie, implora le brun toujours à bout de souffle. Libère-moi ! »

Sirius s'agenouilla alors face au vert et argent et, avant même de comprendre ce qu'il faisait, il lui suçait le gland avec avidité. Pas que tailler une pipe au premier mec venu était un des passe-temps favoris de Sirius Black mais les réactions qu'il tirait à son partenaire étaient à proprement parler jouissives.

« Sirius ! Détache-moi…

- Il faudrait savoir, soupira le rouge et or. Je te soulage ou je te détache ?

- Détache-moi, reprit Severus avec plus de fermeté. »

Sirius se redressa avec un soupir de déception puis délivra les poignets du brun de l'étreinte des menottes d'un coup de baguette. A peine, le Serpentard était-il libéré qu'il attrapa l'Animagus et le souleva pour le plaquer à la planche. Le dos et la tête de Sirius frappèrent violement le bois, ses jambes s'enroulant inconsciemment autour de la taille du vert et argent pour ne pas tomber. Il déglutit difficilement lorsqu'il sentit l'érection de Severus pressée entre ses fesses, ses mains le maintenant fermement en place alors que ce dernier ne se penche en avant pour lui lécher la pomme d'Adam. Sirius ne put s'empêcher de glapir de surprise lorsqu'il sentit des s'enfoncer dans son cou jusqu'au sang. Et sans même avoir le temps de comprendre ce qui lui arrivait, il sentit son pantalon être glisser jusqu'en haut de ses cuisses, dénudant son postérieur et son érection naissante. Il n'eut pas le temps de s'indigner que le vert et argent l'attrapa fermement et le prit sans préparation.

Il sentit d'abord un blocage puis, dans un déchirement, il fut rempli. Son abdomen fut soudainement enserré par ce pénis érigé qui le pénétrait. Sans lui laisser le temps de protester le Serpentard se mit à bouger, le pénétrant plus loin à chaque coup. L'Animagus ne put retenir les frissons violents qui le parcourraient, ni les cris qu'il poussait, pris entre l'extase et la douleur.

« Putain, oui, Severus ! »

Oh putain, merde ! Songea Sirius alors qu'il se réveillait en sursaut. Cette fois-ci, à n'en pas douter, il avait rêvé de Severus Rogue. Son cerveau avait beau essayé de s'esquiver comme à chaque fois, le rêve était aussi clair que de l'eau de roche dans sa tête. Et Merlin sait que ce rêve était tout ce qu'il y a de plus explicite.

Le Maraudeur resta quelques minutes assis dans son lit, considérant l'érection douloureuse qui habitait son bas ventre. J'ai l'impression d'être de retour à mon état d'adolescent pré-pubère incapable d'assouvir ses pulsions… Songea-t-il avec un brin de nostalgie pour cette époque d'insouciance. Quoi que je n'ai pas le souvenir d'avoir fait des rêves aussi osés en ce temps-là.

Il rit seul dans la nuit noire à sa propre connerie, se trouvant face au mur, il était maintenant incapable de nier certains faits. Entre autres, il venait de fantasmer sur un gars qui le prenait par derrière… (Et que ça l'avait sérieusement excité entre parenthèses.)

.o0°0o.

Le lendemain matin, lorsque James se leva pour aller en cours, il eut l'étrange surprise de voir Sirius debout et déjà prêt, frais comme une fleur bien que ses yeux soient marqués par des cernes. Il lui sourit et s'exclama :

« Je réfléchis depuis quatre ou cinq heures ce matin et je me dis qu'il serait peut-être temps que je vous fasse des excuses. (Il marqua une courte pause.) Je te demande pardon, Prongs. Pardon pour la dernière fois, maintenant et pour toutes les prochaines… Pardon de ne pas t'avoir écouté l'autre fois alors que j'aurais dû le faire, je m'en veux vraiment. »

James se figea sur place, toutes traces de fatigue soudainement disparues de son esprit.

« Heu… Padfoot, ça va ? S'inquiéta-t-il alors qui vérifiait si son ami n'était pas tombé sur la tête.

- Mais oui, pourquoi ? S'étonna Sirius toujours tout sourire. »

Face à cette situation des plus déstabilisantes, il ne fallut que quelques minutes à l'autre Animagus pour se préparer et dévaler en courant la tour des Gryffondors jusqu'à la grande salle. Sans surprise, Remus était déjà prêt et mangeait tranquillement son petit déjeuné à la table des rouges et ors. Voyant James accourir comme si Voldemort était à ses trousses, il ne put s'empêcher de s'étonner :

« Bah Prongs, quelle mouche t'a piqué ?!

- Attends, tu vas voir, répondit-il au lycanthrope. »

L'Animagus se retourna et vit Sirius s'engouffrer en courant dans la grande salle. Le jeune Black arriva finalement à leur niveau, la respiration complètement saccadé. Il se laissa tomber sur un banc avant de reprendre, un sourire jusqu'aux oreilles :

« Tu coures toujours aussi vite, James ! Au fait, Remus, tu tombes à pic, il fallait que je te parle. »

Il s'arrêta quelques minutes pour reprendre son souffle.

« Je suis désolé, dit-il alors le plus sérieusement du monde. »

Le silence se fit soudainement autour d'eux et Remus fixa son ami avec des yeux ronds comme des soucoupes. Il se tourna ensuite vers James qui haussa les épaules avec une expression d'incompréhension peinte sur le visage.

« Et pour me faire pardonner, reprit Sirius tout bas, je vous propose pour le 1er avril un truc qui restera dans les annales de l'Histoire de Poudlard… »

Un sourire se dessina alors sur le visage des deux autres Maraudeurs. Comme quoi, il ne faut pas grand-chose pour les mettre d'accord ! Sirius allait donc reprendre les explications où il les avait laissées lorsque Lily entra dans la grande salle aux côtés de Severus Rogue, tous deux portant un nombre incalculable de livres dans leurs bras. James foudroya le Serpentard du regard, ce qui fit sourire Remus. Ah l'amour ! Mais aucun des deux Maraudeurs n'avait alors remarqué que Sirius s'était levé. Debout sur son banc et avec un grand geste théâtral en direction de la porte de la grande salle où se tenaient encore les deux arrivants Sirius s'écria :

« Severus ! »

L'interpellé roula des yeux et se tourna vers l'Animagus avec un soupir. Il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit que le jeune Black enchaina sur son ton toujours aussi enjoué :

« Je t'aime ! »

Le temps de percuter, James était tombé de son banc au bord de l'évanouissement, ledit Severus s'était lamentablement étalé de tout son long sur le sol de la grande salle, Lily en avait fait tomber ses livres et Remus semblait soudainement avoir été victime d'un Petrificus Totalus. Au moment où je vous conte cette histoire, personne, pas même Dumbledore, n'avait jamais réussi à obtenir le silence le plus total dans la grande salle aussi rapidement.

Le Serpentard se redressa finalement, sous les regards amusés, perdus, inquiets, choqués voire outrés de tous les autres élèves présents. Il laissa ses livres en plan sur le sol et se dirigea d'un pas rapide vers l'Animagus finalement descendu de son banc.

Severus avait le visage pâle, la gorge soudainement nouée, il avait trop peur que ce ne soit qu'une nouvelle blague des Maraudeurs. Il rassembla alors tout son courage et son sang-froid pour choisir la carte de l'indifférence et plaqua une main sur le front de Sirius avant de toucher le sien, comme pour s'assurer que le brun n'ait pas de fièvre.

« Il est malade votre pote, fit-il finalement remarqué. »

Cette dernière phrase redonna vie à Remus qui riait maintenant à gorge déployée, se tenant les côtes. Mais c'est qui l'a de l'humour en plus, songeait-il. Il n'était soudainement plus nerveux, bien que toujours perdu sur les intentions de Sirius.


Voilà, fini ! Comme mentionné au début, ce chapitre est court mais dense.

J'espère que vous avez réussi à vous accrocher à ce changement assez radical d'attitude pour que j'ai une chance de vous revoir. Et puis j'espère que ça vous à plu quand même un peu.

A plus !

Chapitre 9 : Dis-moi que tu m'aimes. (Et non, tout ne devient pas rose-guimauve-bisous-les-papillons ! C'est juste que le titre va de paire avec celui du ch.10 ^.^)