Note au passage : Salut, salut ! Voici le neuvième et avant-dernier chapitre (si on ne compte pas l'épilogue) de cette histoire ! Et petite dédicace pour toi, Dulanoire, qui m'avait demandé "du sucre, des Dragées surprises de Bertie Crochue et des grenouilles en chocolat" il y a un moment. ;) Les voici enfin ! Et pour les autres, j'espère sincèrement que vous aimez les bonbons et les sucreries.
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Black et les apôtres de la Rose
Chapitre 9 : Dis-moi que tu m'aimes.
Qu'est-ce que c'était que ça ?!
Sirius pensait, s'appliquant à déchiqueter méthodiquement le bout du stylo qu'il mâchonnait nerveusement, tuant du regard le pauvre fantôme de monsieur Binns qui, en fait, n'en avait pas grand-chose à faire.
« Il est malade votre pote » ?! Comment ça je suis malade ! Par Merlin tout puissant, tu sais parfaitement ce que j'ai ! Pourquoi faut-il toujours que tu ais les réactions que j'anticipe le moins ?! Merde Rogue ! Pourquoi t'es venu ?! Tu tremblais, je l'ai senti. T'avais peur, t'avais honte. A croire que t'avais même les larmes aux yeux. Alors pourquoi t'es venu ?! T'étais pas sensé venir, tu devais fuir… Partir loin de moi. Comme toujours. Bordel… Ça devrait être interdit d'être mignon comme t'étais. Ne me laisse pas l'occasion de tomber encore plus amour- !
On entendit résonner dans la salle de cours silencieuse un « pac » sonore. Les élèves sursautèrent, soudainement sortis de leur torpeur, et se tournèrent vers l'origine du son. Sirius était maintenant le front contre la table, se tapant la tête sur le bois. Le professeur ne sembla pas s'en soucier, continuant machinalement son cours avec une lenteur monotone. James, de corvée de prise de notes, était trop appliqué à écrire pour s'inquiéter de l'état de son ami mais Remus s'aperçut du désarroi de Sirius.
« Padfoot, appela-t-il tout bas. Padfoot ! »
Le jeune Black releva à peine la tête, fixant son ami au travers des mèches retombées sur ses yeux.
« Huummm ? Marmonna-t-il avec toute l'élégance d'un pachyderme en pleine confection d'un bouquet zen.
- Faudra qu'on parle, précisa alors le lycanthrope. »
Le jeune Black roula des yeux et laissa son front retomber sur la table avec un grognement. Et il continua de se lamenter ainsi pendant toute la matinée.
Sirius, mon bon Sirius… Tu connais pourtant les deux règles fondamentales en amour :
Règle n°1 : on ne parle pas d'amour.
Règle n°2 : on ne parle pas d'amour.
Pourquoi faut-il que tu transgresses les deux à la fois ?!
L'Animagus passa les deux-trois jours qui suivirent enfermé dans son dilemme Shakespearien : « Aimer ou ne pas aimer, telle est la question. », tout en s'appliquant à éviter Remus. Il en était certain, le lycanthrope s'était rendu compte de quelque chose et, avec sa fâcheuse tendance à lire en Sirius comme dans un livre ouvert, il s'apercevrait du fond du problème en un rien de temps. Finalement, ce fut James qui brisa la glace entre eux.
« Padfoot ! Padfoooot ! Reviens ici immédiatement ! Espèce de clébard galeux, reviens-là ! Par Merlin, Sirius, arrête de courir ! »
Le jeune Black s'était enfui une fois de plus en apercevant ses amis, mais James s'était lancé à sa poursuite, un brin à cran, et avait fini par le rattraper au détour d'un couloir, lui agrippant fermement le bras.
« Bon, tu vas arrêter tes caprices oui ?! S'emporta le jeune Potter en trainant son ami vers la tour Gryffondor. J'en ai marre moi que tu nous fasses languir sur ta superbe idée de poisson d'avril sans nous la dire au final ! Si ça continue comme ça, on n'aura même pas de temps de mettre au point ton plan génialissime ! »
Sirius se figea alors qu'ils arrivaient au pied de la tour où Remus se tenait à côté du portrait de la Grosse Dame. Il pâlit un instant face au regard accusateur du lycanthrope qui criait : « Tu n'y échapperas pas ! ». Puis finalement, il réalisa que James avait raison, le 1er avril était dans peu de temps, or il leur en fallait du temps pour appliquer son plan. Son visage s'illumina d'un sourire alors que James le lâchait enfin.
« Tu as parfaitement raison, Prongs ! Le monde n'attend pas ! S'exclama-t-il finalement avant de s'adresser au portrait. Passiflore !
- Oh ! S'indigna la peinture face au ton hautain du Maraudeur. En voilà des manières de parler à une dame ! Jeune homme, je-
- Et plus vite que ça ma vieille, tes boniments de toutes formes qu'ils soient nous incombent et nous ralentissent dans notre quête éternelle de la blague parfaite ! Alors je vous prierais de vous agiter votre grasse ! »
A ces mots, Sirius salua le portrait d'une révérence très théâtrale, agitant la main et se penchant aussi bas que possible. La Grosse Dame s'offusqua alors du comportement aussi irrespectueux que discourtois du jeune homme, tout en s'exécutant malgré tout. Finalement, ses plaintes furent étouffées par le mur alors que le passage s'ouvrait en grand. James et Remus se jetèrent un regard incertain alors que leur compère entrait tête la première dans la salle commune des rouges et ors.
Ce soir-là, le jeune Black dévoila enfin son plan aux autres Maraudeurs et ils approuvèrent l'idée à l'instant même où elle franchit les lèvres de leur ami. Ils y firent malgré tout quelques améliorations notoires, chacun apportant sa petite touche personnelle et émettant des suggestions quant aux sorts à utiliser.
.o0°0o.
« Waouh ! C'est finalement plus facile à dire qu'à faire ! Avoua Sirius après la consultation d'un nouvel ouvrage de Métamorphose avancée. Tu ne penses pas que modifier l'apparence suffirait, Moony ? Ces sorts sont sérieusement complexes !
- Faudrait savoir ! Soupira le lycanthrope. Tu veux que ça soit parfait ou pas ?
- Ouais, mais de là à reproduire la texture et l'odeur sur des volumes aussi énormes, ça risque d'être coton, concéda à son tour James. »
Remus les regarda tour à tour avec insistance au travers de ses lunettes.
« Oui, il le faut, insista-t-il. Padfoot, la Métamorphose : c'est ta spécialité, tu te charges de ça. Et je t'aiderai si nécessaire. Prongs, tu t'occupes de l'amélioration des sorts pour que personne ne puisse annuler les Métamorphoses trop facilement (sinon c'est pas drôle).
- Et toi ?
- Je ferais le guet.
- Ça te va bien, le gay… Pouffa James.
- Ah ah, répondit Lupin d'une voix blanche. Et je m'occuperai des plans. Je compte sur vous pour peaufiner vos sorts d'ici le 31 mars au soir. (Il marqua une courte pause solennelle.) Dois-je ajouter que vous avez intérêt à bien dormir d'ici là ? »
Et ce fut ainsi que les élèves et professeurs de l'Ecole se réveillèrent au matin du 1er avril dans un château qui embaumait le sucre à plein nez. En effet, les trois Maraudeurs avaient travaillés d'arrache-pied toute la nuit pour transformer Poudlard en un décor tiré tout droit d'Hansel et Gretel. La plupart du mobilier et décorations (excepté les tableaux) n'étaient plus que meubles de chocolats, glaçages, nappages et autres sucreries. Les pavés n'étaient plus que nuances de cacao, les vitraux s'étaient transformés en bonbons aux couleurs extravagantes laissant filtrer dans le hall une lumière douçâtre, les escaliers métamorphosés en spéculos, pains d'épices et boudoirs. Chaque pilier, chaque voûte jusqu'à la clef, tous n'était plus que douceurs et kilos pour les yeux. Même l'escalier principal conduisant à la grande salle était devenu une gigantesque pièce montée couverte de chantilly.
Et encore s'il n'y avait que cela, le professeur McGonagall se serait bien retenue de quelconques commentaires d'admiration mais les fauteuils en chou-à-la-crème, les fontaines café-au-lait, chaque pierres remplacées par des biscuits plus appétissants les uns que les autres, l'intégralité de l'argenterie de l'Ecole transformée en sucre d'orge, jusqu'aux poignées de portes en Ferrero Rochés, chaque détail avait été soigné et métamorphosé avec application. Tout, absolument tout, laissa le professeur tellement ébahie qu'elle ne se soucia même plus de le cacher.
Pour l'occasion, Remus était retourné dans leur dortoir de la tour Gryffondor. Les trois Maraudeurs quittèrent tard leur chambre ayant eu tous autant de mal à se lever malgré l'excitation, ils traversèrent ensuite tranquillement la salle commune volontairement intouchée puis sortirent sur les lieux du crime. Ils descendirent les escaliers devenus cookies ornés de crème fouettée, se faufilèrent dans un des couloirs plutôt neutres, entendant crier d'horreur les premiers élèves déjà tombés dans la mare de chocolat fondu où sautillaient des chocogrenouilles. Ils firent un léger détour pour admirer l'énorme statue au bonbon sorbet citron qu'ils avaient placée devant le bureau de Dumbledore. Ils arrivèrent finalement par le haut du hall d'entrée et contemplèrent en contre-bas les élèves émerveillés ou ceux qui tentaient de manger un morceau de statue ou ceux pestant alors qu'ils s'embourbaient dans les escaliers-pièce-montée ou encore ceux qui s'adonnaient tout bonnement à la bataille de bouffe. Pour tout dire, c'était un joyeux bordel.
Ils sourirent tous trois d'un de ces sourires fatigués mais infiniment satisfaits. Ils eurent ensuite droit à un de ses petits-déjeunés agités qui semblent annoncer le début des vacances, par ailleurs, les professeurs décrétèrent en urgence que les cours ne seraient pas dispensés de la journée pour diverses raisons. La cause principale de cette décision était de trouver rapidement une contre-mesure pour rendre au château son état d'origine.
Mais les enseignants durent rapidement se faire une raison et, au grand bonheur de McGonagall, le contre-sort tardait à être trouvé. Il fallait avouer que le professeur de Métamorphose ne les aidait pas beaucoup.
Le lendemain du 1er avril, les cours reprirent donc normalement à Poudlard, si on pouvait considérer normal que vos élèves arrivent en retard car ils ont dû contourner ou s'extirper d'une mare de chocolat, que l'un arrive avec un shampoing à base de chantilly sur la tête et qu'il faille décoller l'autre de la statue qu'il rongeait, qu'enfin votre salle de classe soit aussi sucrée d'un nounours en guimauve. Inutile de vous dire que seuls les Serpentards les plus courageux, soit presqu'aucun, osaient sortir de leur dortoir dans de telles conditions hostiles.
Finalement, au bout de quelques jours de siège, les verts et argents finirent par montrer le bout de leurs nez. Ils sortaient par petits groupes, se serrant les uns aux autres, avançant d'un pas rapide et jetant autour d'eux de brefs regards anxieux, telles des bêtes traquées par l'ennemi. Et ce qui devait arriver, arriva. Sirius croisa finalement Severus Rogue après plusieurs jours de silence radio de la part du Serpentard.
Les deux jeunes étaient chacun à un bout de couloir désert, rien ne bougeait, pas même eux. Tout était trop calme dans ce couloir perdu de Poudlard. Ils se fixaient, silencieux, ils jugeaient leur vis-à-vis comme s'ils cherchaient à savoir si c'était un allié ou un ennemi qui se tenait face à eux.
Sirius pestait intérieurement, il n'avait pas de temps à perdre ! Il devait rejoindre James et Remus à la bibliothèque, mais pour ça il devait se diriger vers Rogue. Et il ne voulait pas s'approcher de lui, il en avait bien trop peur, une de ces peurs que même un Gryffondor ne pouvait surmonter. Oui, il tremblait sachant pertinemment qu'il avait plus peur de lui-même que de Severus Rogue. Que devait-il dire, que devait-il faire ? Allait-il continuer à ignorer le Serpentard ? Continuer à le haïr et à l'aimer toujours plus en silence, attendant désespérément que toute la passion retombe…
Finalement, toutes ses pensées se noyèrent dans l'oubli à l'instant où Rogue lança un sort. Une des statues de crème fouettée du couloir s'effondra par magie sur Sirius, l'entrainant dans sa chute. Pour la première fois depuis le 1er avril, le jeune Black se retrouva couvert de sucre, ayant jusqu'à maintenant toujours su éviter de s'embourber dans un décor ou un autre.
« Hey ! Peut-on savoir ce que c'était que ça ?! S'exclama-t-il en se redressant sur les coudes, repoussant une montagne de chantilly d'un revers de main.
- Ce que j'estime être le juste retour des choses pour tout ça, répliqua le Serpentard en haussant les épaules.
- Ha ha. Et tu trouves ça drôle ? Soupira Sirius. »
L'Animagus se trouvait étrangement peu enclin à batailler avec son ennemi, semblant avoir perdu toute son énergie. Mais à cette phrase, l'expression de Severus sembla se figer dans un mélange de stupéfaction et de colère avant qu'un sourire déformé vienne se peindre sur son visage.
« Si je trouve ça drôle… Par Merlin, non Black ! Ça n'a rien de drôle ! Mais toi tu as l'air de bien t'amuser avec tes putains de Maraudeurs ! Superbe pièce maîtresse, s'exclama-t-il en désignant le château d'un geste de main. Est-ce qu'elle est là pour fêter votre dernier coup de pute ? Parce que oui, je dois te féliciter, jamais tu n'as aussi bien réussi à me ridiculiser ! (Il frappa ses mains bruyamment.) Heureux, n'est-ce pas ?
- Heureux ?! S'étrangla Sirius. Parce qu'en plus tu penses que je suis fier de ce qui s'est passé dans la grande salle l'autre jour ?!
- Oui ! Fier comme un paon d'avoir finalement maté ton ennemi ! Réduisant à néant jusqu'à ma volonté de combattre ! Ah que vous devez bien vous rire de moi avec tes petits copains !
- Non je n'en suis pas fier ! S'écria-t-il à son tour, se redressant finalement. Loin de moi cette idée. J'ai remis plus de principes en cause que tu ne l'imagines pour en arriver là. Merde mais mets-toi à ma place !
- Non ! Toi mets-toi à ma place ! J'ai reçu de mon pire ennemi officiel une charmante confession en plein milieu de la grande salle alors qu'on avait couché ensemble moins d'un mois auparavant, qu'est-ce que je suis sensé comprendre ?! Rien ! Je ne comprends plus rien !
- Et moi, tu crois que je suis moins perdu peut-être ?! Les apôtres de la Rose, c'est quoi ce délire ?! Depuis quand- ?! (Il s'interrompit soudainement, avant de reprendre d'une voix légèrement étranglée.) Quand je me suis réveillé dans ton lit ce matin-là, sans le moindre souvenir de la veille, j'ai d'abord cru à une autre ruse-
- Ah ! Si tu n'avais pas oublié, tu-
- Ne me coupe pas ! J'ai cru que je m'étais fait avoir. Mais rien, rien !, pas même le plus petit indice ne laisser supposer que tu te foutais de moi. Alors j'ai fini par y croire. Croire qu'un truc pouvait bouger entre nous, sans nécessairement aller aussi loin que ce soir-là. J'ai toujours été hétéro jusqu'au bout des ongles, alors essaye de comprendre merde ! Quand je me suis aperçu que c'était toi qui gérais les apôtres, j'ai tout perdu… Ma petite-copine, mes potes, la certitude de mon orientation, tout jusqu'à l'homme auquel je pouvais m'attacher. Tu ne m'as pas humilié, Rogue. Tu m'as trahi…
- Parce que tu ne m'as pas trahi peut-être ?! Ton réveil en lui-même était une trahison, Black ! Tu m'as oublié ! Tu ne t'es jamais demandé comment t'as pu te retrouver dans mon lit peut-être ?! Tu ne t'es jamais dit que je ne pouvais pas avoir le cran de m'en prendre à toi à ce point-là ? Tu ne t'es jamais dit que c'était peut-être toi qui m'avais séduit ce soir-là ? »
Il marqua une courte pause pour reprendre son souffle avant de reprendre tout bas.
« Et tu estimes être le seul à avoir été trahi ? »
Cette dernière remarque coupa court à toutes répliques de la part du Gryffondor qui resta interdit. Il fixa alors le vert et argent face à lui mais ses yeux noirs ne mentaient pas. Sirius rassembla alors tout son courage.
« Qu'est-ce qui s'est passé ce soir-là ? Demanda-t-il finalement.
- Oh, c'est simple, répliqua avec agressivité Severus. Tu m'as dit « Je t'aime. » et je t'ai cru. »
Sirius fixa alors dans le couloir sombre l'ombre que dessinait le Serpentard. Il lui sembla alors l'observer réellement pour la première fois, lisant sur son expression crispée un mélange de tristesse et de remords, il voyait soudain combien Severus s'en voulait aussi pour cette simple erreur. Et pour la première fois de sa vie, Sirius lut dans les traits de son partenaire un amour sincère, un amour déchirant pour lequel on se déteste avant même que l'histoire ne commence, un de ceux à sens unique qu'on ne lit que dans les livres.
« Dis-le, ordonna alors le Gryffondor. »
Severus fronça les sourcils ne comprenant d'abord pas à quoi l'Animagus faisait allusion.
« Dis-le, répéta le Gryffondor s'approchant dangereusement de son partenaire. »
Le Serpentard recula à son tour mais bientôt il se retrouva dos au mur. Sirius vint alors placer ses deux coudes de chaque côté de son visage, le fixant droit dans les yeux sans que le vert et argent ne puisse s'enfuir.
« Dis-le, continuait-il de plus en plus doucement. »
Le brun vint nicher son nez parmi les mèches noires qui retombaient dans le cou de son partenaire, embrassant tendrement sa peau tiède.
« Dis-le, répétait-il inlassablement dans un murmure. »
Lentement, Sirius laissait ses lèvres remonter dans le cou du brun jusqu'au lobe de son oreille, venant le mordiller tendrement.
« S'il te plaît. Severus, dis-le-moi… Dis-moi que tu m'aimes. »
Moi ! Moi ! Moi je t'aime, Sirius ! ... ... ... Hu-huuummm ! Pardon. -.-'
Voilà, le chapitre est fini pour aujourd'hui, comme toujours, j'espère que ça vous aura plus.
La suite au prochaine épisode, comme promis ! (Et il y aura encore des décors en sucre, promis aussi !) Chapitre 10 : Tout compte fait, baise-moi. (Je vous avais bien dit, qu'il allait de paire avec le ch.9 ! ^.^)
