Chapitre 3 Retour en Israël

Tony regarda par le hublot, la terre qui se rapprochait doucement. Il n'avait pas mis les pieds en Israël depuis son dernier affrontement avec Eli David, le père de celle avec qui il vivait. Il ne l'avait pas vu depuis pratiquement deux ans. Deux ans que Ziva avait tiré un trait sur son père, le Mossad et Israël. Il posa son regard sur sa partenaire, elle dormait. Elle dormait toujours avant le début d'une mission. Il lui avait déjà demandé pourquoi et elle lui avait répondu qu'elle ne savait pas qu'elle pourrait redormir alors autant se reposer avant. Lui ne pouvait pas. Préférant voir et revoir dans sa tête, toutes les possibilités. D'autant plus que s'infiltrer dans l'ambassade du Japon ne serait pas simple, ils n'avaient pas vraiment le profil local. Alors que l'avion privé amorçait sa décente, Tony reposa le livre qu'il feuilletait depuis une bonne heure, un livre de Ziva. Non décidément, l'hébreu ne lui manquait vraiment pas. Ziva s'éveilla doucement.

Ziva : Mon livre ne te plait pas ?

Tony : De la poésie dans ta langue, non pas trop. Et l'auteur a une conception assez fade de l'amour.

Ziva : Qu'est ce que tu en sais toi, de l'amour ?

Tony : Je crois que c'est un des sujets à éviter non ? Prêtes pour une mission sans aucun soutien technique ?

Ziva : C'est notre job. Ah et bon retour en Israël.

Tony : Espérons que cette fois, on ne veille pas encore me tuer. A chaque fois que je mets les pieds sur ce sol, on veut ma mort.

Ziva : Les fois précédentes le contexte était différent.

Les roues de l'avion touchèrent le sol. Récupérant leurs affaires, Tony et Ziva quittèrent l'appareil, mais alors que la jeune femme respirait un grand bol d'air, appréciant la chaleur sèche qui lui manquait parfois, Tony lui observait autour de lui sur ses gardes.

Ziva : Nous ne sommes pas épiés.

Rouvrant les yeux, elle se tourna vers le soleil qui commençait inexorablement sa course vers l'horizon.

Ziva : On est vendredi, Tony. Il faut louer une voiture rapidement. Sinon nous allons être coincés par le début du Shabbat.

Tony : On ne pourra intervenir que dimanche. Qu'est ce qu'on fait en attendant ? Du tourisme ?

Ziva : Tu as assez fait de tourisme à Tel Aviv.

Tony : Alors allons prier.

Ziva : Tu viens à la Synagogue ?

Tony : Oui.

Ziva : Une dernière chose. Évite la langue des signes, elle pourrait nous trahir.

Tony : A tes ordres Néssiha.

Il n'avait pas voulu la contredire mais des centaines de petits détails pouvaient les trahir, son accent américain, leur attitudes. Car oui son attitude à elle aussi pouvait les trahir, ses sept dernières années passés aux États-Unis l'avaient changé plus qu'elle ne voulait le croire. Mais surtout sa surdité, était repérable, bien qu'elle cachait sa cicatrice avec ses cheveux, et qu'elle avait travaillé des heures durant sur sa diction, elle gardait des traces de cet accent particulier qu'on les gens qui n'entendent pas leur propre voix. Oui des centaines de choses pouvaient les trahir et les conduire à une mort certaine, mais qu'importe, au moins il pouvait veiller sur elle.

Hôtel. 22h.

En entrant dans la chambre, Ziva prit le temps de tout visiter son arme à la main. Il la laissa faire, elle était loin d'avoir reçu le même type de formation que lui. Récupérant son ordinateur, Tony s'installa au bureau de la magnifique suite que leur avaient loué les Services Secrets.

Ziva : Si McGee te voyait.

Relâchant son écran des yeux, il chercha la jeune femme, pour la regarder en face pour lui répondre.

Tony : Il n'en serra jamais rien, Ziva.

Ziva : Tu as pourtant donné des indices à Gibbs avant de partir.

Tony : Je n'ai pas fait ça.

Ziva : Si tu l'as fait.

Tony : C'est juste que tout comme toi, j'ai un mauvais pressentiment.

Ziva : On va récupérer cette information et rentrer à la maison. Jack me manque.

Tony : Je croyais que tu ne voulais pas de ce chien.

Ziva : Je me suis faite à sa présence. Et je peux relâcher un peu mon attention avec lui.

Tony : Tant mieux. Votre première rencontre est un souvenir que j'affectionne particulièrement.

Ziva qui était assise sur le lit se saisit d'un oreiller pour l'envoyer sur Tony qui l'évita trop facilement. Ramassant le polochon il le renvoya sur la jeune femme qui éclata de rire. Amusé, Tony referma son ordinateur et rejoignit la jeune femme sur le lit, avec l'intention de la chatouiller. Il aimait l'entendre rire et ça n'arrivait que trop rarement à son gout. La jeune femme, riant tenta d'inverser leur position et fit rouler son compagnon sous elle. La maintenant par les hanches pour lui éviter la chute au pied du lit, les rires cessèrent. Leurs corps collés l'un à l'autre, ils s'observèrent avec une lueur de défi dans le regard.

Ziva : Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée.

Se dégageant de son étreinte, elle s'assit sur le bord du lit. Se positionnant à coté d'elle, il lui prit le visage entre les mains pour l'obliger à la regarder.

Tony : Ce qu'on avait avant me manque.

Ziva : A moi aussi. Merci d'être venu à la Synagogue, je sais que tu ne pratiques pas mais…

Tony : Chut…

Il lui posa un doigt sur la bouche avant de le remplacer par ses lèvres. La jeune femme semblait avoir besoin de réconfort, et ils se laissèrent prendre par leurs sens, et le désir qui les prenait au corps de temps à autre. Coincés dans un système qu'eux seuls pouvaient comprendre, ils ne pouvaient compter que l'un sur l'autre et la vie n'était pas tendre avec eux. Elle était sa compagne de jeu, sa compagne de galère, son âme sœur, ça il ne pouvait en douter. Enchainant caresses et baisers, profitant de l'autre comme si il s'agissait de la dernière fois. Ils prirent leur temps et pourtant une certaine urgence naissait et s'accroissait entre eux. Leurs peaux nues l'un contre l'autre, les faisaient se sentir vivant. Et quand finalement il mit fin à leur échange épuisé, il se contenta d'écouter la respiration saccadée de la jeune femme, ralentir jusqu'à devenir ce ronflement qui parfois l'agaçait royalement mais qui là semblait le rassurer. Tony posa les yeux sur la jeune femme endormit dans ses bras. Et se remémora la raison de leur corps à corps. Le souvenir de la rencontre entre Jack et Ziva. Oui une rencontre mémorable.

**Flashback**

Hôpital de Bethesda.

Une femme entra dans la salle de rééducation, Tony fronça les sourcils, il la connaissait, il avait déjà vu cette femme par le passé, ici même à Washington alors qu'il filait Ziva à la demande de Gibbs. Elle était la femme à l'étoile de David, qui avait remis la fausse identité à Ari Haswari.

Ziva : Tony, je te présente Tali Cohen Solal.

Tony : Ta sœur est…

Ziva : Ma sœur est morte, Tony.

Tali : Heureuse de vous revoir, agent DiNozzo.

Tony : Je ne sais pas si je peux en dire autant. Que fait un agent du Mossad dans un hôpital militaire américain ?

Tali : Je suis médecin avant d'être agent enfin presque je dois terminer mes études.

Tony : Ca je ne le crois pas. Un agent reste un agent.

Tali : C'est vrai. D'autant plus que c'est la condition sine qua non pour que le Mossad termine de payer mes études. Mais je travail bien plus souvent à soigner des gens. Ma fiancée travail dans un programme de dressage de chien guide au Canada. Le chien, Jack, celui qui si il t'est compatible sera à toi, fait partie d'un programme d'étude sur cette race. Pour Catherine, Jack est un échec, il a échoué sur les tests de comportement, mais il reste quand même apte. J'ai demandé à ce que nous terminions quand même son dressage quand j'ai appris pour l'incident.

Tony : Les nouvelles vont vite au Mossad apparemment.

Tali : Oui en général oui. Eli David avait l'intention de récupérer sa fille coute que coute, et cet incident l'a mit hors de lui. Enfin passons, terminer l'apprentissage m'a prit presque 18 mois supplémentaires. J'ai du l'habituer à l'hébreu et à l'anglais alors qu'il était dressé en français, et au bruit des armes à feu. Je sais que je ne t'en ai pas parlé avant, mais je sais aussi que tu aurais refusé à l'époque.

Tony : Ziva avec un chien ça je donnerais tout l'or du monde pour voir ça !

Ziva : Sheket Bevakasha, Tony !

Tali : Venez avec moi, agent DiNozzo.

Tony suivit la jeune brune jusqu'à un coin de la pièce, puis lui intima l'ordre de rester là. Puis le docteur Cohen Solal se dirigea vers la porte, l'ouvrant elle prit la laisse des mains à une jeune infirmière. Tony posa le regard sur Ziva, seule au milieu de la pièce, elle observait le chien intriguée et terrifiée. Tali approcha avec le chien d'un pas décidé vers son amie et s'arrêta à trois mètres d'elle, puis lui retira sa laisse. Le chien, un magnifique Husky à la robe rouge cuivré à la tête de rebelle et dont les yeux marron étaient aussi sombres que ceux de Ziva, défia la jeune femme du regard. Pourtant Ziva n'abaissa pas le regard se contentant de le regarder droit dans les yeux sans esquisser un seul mouvement. Et il se passa comme ça une bonne minute avant que Ziva face le premier pas, puis Jack le second.

Ziva : Shalom Jack.

Le chien s'assit sur son derrière et poussa un hurlement avant de s'approcher de la main de Ziva pour y passer la tête. La jeune israélienne lui gratouilla le sommet du crane avant de lui donner une caresse. Tali souriait, la rencontre s'était bien dérouler entre les deux, elle fit signe à Tony d'approcher pour terminer les présentations. Quand Tony croisa le regard de la jeune femme, il put y découvrir cette étincelle d'innocence qu'il n'avait pas vue sans ses yeux depuis tellement longtemps.

**Flashback end**

Il lui posa doucement un baiser sur la tempe, et l'observa dormir. Comment pouvait-elle dormir alors qu'elle avait passé le vol Washington Tel Aviv à dormir ? En même temps, il l'avait toujours vu s'endormir après l'amour, à l'exception d'une fois ou deux, au bureau ou appelés au dernier moment pour une enquête, ses fois là, il avait pu se rendre compte que privée de ses quelques heures de sommeil, elle pouvait être véritablement ronchon et agaçante mais terriblement sexy.

Tony : Laila Tov, Ma Ziva.