Petit retour dans le passé avec ce chapitre. Bonne lecture.

Chapitre 8 Premiers amours

Une cinquième journée dans le froid de cette forêt, où l'humidité leur glaçait les os. Une cinquième journée de marche qui se terminait avec la descente du soleil. Tony s'était éclipsé pour chasser pendant que Ziva étalait les écorces souples d'arbre qui leur servaient de couche et les préservait un peu du froid. Puis elle alluma un feu avant qu'ils soient dans l'obscurité. La température chuta rapidement, les quelques vingt degrés descendirent proche du zéro. La jeune femme frissonna et se rapprocha du feu, inquiète que Tony tarde à revenir. Il revient quelques minutes plus tard avec un animal mort dans les bras. S'installant près du feu, il commença à dépecer l'animal pour le faire cuire.

Tony : Bonne nouvelle on a un diner.

Ziva : Je meurs de faim.

Tony : Et je sais où nous sommes.

Ziva : Tu plaisantes ?

Tony : Non. L'animal, c'est une marmota olympus. Nous sommes dans le parc national d'Olympique, près de Seattle.

Ziva : Ca explique le froid en pleine été.

Tony : Oui.

Les deux compagnons de galère firent cuire leur diner et mangèrent en silence avant de s'allonger blottie, l'un contre l'autre assez proche du feu, dans l'espoir de conserver un maximum de chaleur.

**Flashback**

Eli David : Séduis-le !

Ziva : Qui ?

Eli : L'agent DiNozzo.

Ziva : Quoi ? Non !

Eli : Je sais qu'il ne te laisse pas indifférente. Et ne me prend pas pour un idiot. Ton travail est de faire ce que je te dis de faire, alors séduis le, épouse le, fais ce que tu dois faire ! Rentre chez toi. Téléphone-lui. C'est un ordre, officier David.

Ziva : Mais papa…

Eli : Tu oses me défier ?

Ziva : Non.

Croisant le regard déterminé de son père, Ziva eu la sensation d'être de nouveau une enfant. Cette enfant qu'on avait bien souvent malmenée pour l'endurcir. Mais surtout elle se sentait mise à nue, pourquoi son père lui faisait ça, elle avait déjà eu du mal à contrôler cette attirance qu'elle avait pour l'agent DiNozzo pour ne rien laisser paraitre, et d'un coup elle se sentait fragile et violée dans son intimité, même si elle savait qu'un agent comme elle, était entièrement à la merci du Mossad, et par conséquent à cet homme en face d'elle : Son père. Quittant le bureau, elle prit la direction de son appartement. Un minuscule studio en plein cœur de Tel Aviv, qu'elle possédait depuis deux ans déjà. Elle avait appris très jeune la solitude, et y trouvait un certain réconfort. Mais même ici, elle ne se sentait pas chez elle. Elle n'avait pas l'impression d'avoir sa place dans ce monde. Elle n'était qu'un pion qu'Eli David utilisait à son gré. Une boule se forma dans sa gorge pendant qu'elle posa son sac à dos sur son lit. Elle récupéra une boite dans le frigo, les restes d'hier et les mit dans le micro onde. Elle était trop fatiguée pour cuisiner et trop énervée pour dormir. Attrapant son portable, elle composa le numéro qu'il lui avait donné. Et attendit. Une sonnerie, deux, trois mais alors qu'elle allait raccrocher, une voix ensommeillée lui répondit.

Voix : Allo…

Ziva : Tony.

Tony : Ziva ? C'est toi ?

Ziva : Oui.

Tony : Ca va ? Tu as une drôle de voix…

Ziva : C'est rien, juste le boulot. Je suis désolé, je te réveille. Je n'ai pas pensé au décalage horaire.

Tony : Ce n'est pas grave. Le son de ta voix vaut bien un réveil à deux heure du mat'.

Elle entendit le bruit des draps de son lit, il devait s'être assis, son portable à l'oreille. Elle ne savait pas quoi dire, elle l'avait appelé parce qu'on le lui avait ordonné, mais surtout, le son de sa voix lui manquait, son charisme, sa présence.

Tony : Ah moi aussi, tu me manques.

Ziva : Je…

Son micro onde sonna.

Tony : Qu'est ce que c'est ?

Ziva : Mon diner.

Elle attrapa la boite dans le micro onde et prit une fourchette dans le tiroir avant de s'installer sur son lit.

Tony : Et que manges tu de bon, Miss David ?

Ziva : Couscous.

Tony : Oh ! Bonne appétit.

Ziva : Merci. Je devrais te laisser dormir.

Tony : Ne t'inquiète pas pour moi, mia bella.

Ziva : J'ai le droit à ton numéro de séducteur ?

Tony : Qu'est ce que tu veux on ne se refait pas.

Ziva : Tu me manques.

Tony : Ziva, je suis en congé la semaine prochaine. Veux tu que je passe ?

Ziva : Tu ferais 9000 km pour moi ?

Tony : 9443 pour être exact. Et oui, je les ferais.

Ziva : Je devrais pouvoir me libérer.

Tony : Génial. J'ai hâte d'y être.

Ziva : Bonne nuit Tony.

Tony : Et bonne soirée à toi.

Ziva : Merci.

Tony : Je t'embrasse.

Puis il raccrocha. Ziva se sentit mal. Elle mourrait d'envie de le voir mais en même temps, elle avait l'impression de sentir le piège se refermer sur eux. Elle savait que son père userait et abuserait de cette relation.

**Flashback end**

Ziva : Nooonnn !

Se réveillant en sursaut, Ziva paniqua avant de se rendre compte qu'elle avait réveillé Tony en même temps. Le soleil n'était pas encore levé, mais les faibles flammes de leur feu, donnait assez de lumière pour permettre à Tony de voir le visage paniqué de son amie. Se redressant, il se saisit de son visage et l'obligea à lever les yeux vers lui.

Tony : Ca va aller. Je suis là. Parle-moi. Ne garde pas tes démons pour toi.

Ziva : Je repensais à comment mon père m'a obligé à te piéger.

Tony : Cesse de t'angoisser avec ça Ziva. Je savais dans quoi je m'engageais, mais moi aussi j'avais envie de ta présence.

Tony remit du bois dans le feu pour tenter de se réchauffer un peu, avant de prendre Ziva dans ses bras pour profiter tout deux de leur chaleur corporel. Il ne devait pas faire plus de un ou deux degrés et l'air était vraiment humide. Bercé par la respiration de la jeune femme qu'il serrait dans ses bras, il se plongea dans ses souvenirs, n'ayant rien de mieux à faire en attendant l'aube.

**Flashback**

L'avion amorçait sa descente vers Tel Aviv, la voix de l'hôtesse de l'air annonça en hébreu, en arabe puis en anglais des instructions. Il se sentait nerveux comme un gamin de seize ans qui devait se rendre à son premier rendez-vous. Il n'avait vu Ziva qu'une seule semaine à Washington dans le cadre de son travail. Mais cette simple semaine avait fait des étincelles. Sa formation lui empêchait d'aimer, mais pas d'être attiré par une femme. Mais le caractère impétueux de la jeune femme l'avait attiré plus que de raison. Les sentiments et les raisonnements se bousculaient dans sa tête. « Aimer » Ce mot lui faisait peur et cruellement défaut. Saleté de programme qui détruisait des vies pour que certain est le pouvoir. Ziva. Les papillons qui naissaient dans son ventre quand il pensait à elle, lui vrillait le cœur, et pourtant il ne pouvait s'empêcher de penser à elle. Mais la discussion qu'il avait eux avec Keller son supérieur lui donnait envie de vomir. Il avait pour ordre d'utiliser Ziva pour se rapprocher du directeur adjoint du Mossad, Eli David. Il savait que s'il réussissait son coup, on lui affecterait une certaine Kate Todd comme agent de liaison, qui devrait se faire passer pour sa sœur. Au moins il n'aurait plus Keller sur le dos, c'était déjà ça. Mais au delà de ça, la seule véritable raison qui le rendait si nerveux est qu'il allait la revoir. Il s'essuya les mains sur son pantalon, nerveusement. Une hôtesse approcha de lui pensant qu'il était nerveux pour l'atterrissage, il laissa échapper un rire contenu.

Hôtesse : Ca va aller, monsieur ?

Tony : Oui, ça n'est pas la première fois que je prends l'avion.

Hôtesse : Oh, je vois, alors c'est une femme qui vous rend nerveux.

Tony : Qu'est ce qui vous fait dire ça ?

Hôtesse : (baissant la voix) Vous êtes le seul homme dans cette cabine qui n'est pas essayé de me draguer.

Tony posa machinalement le regard sur la jeune hôtesse, elle devait avoir 25 ou 30 ans. Grande, blonde et jolie. Elle était de ce genre de femmes qui ne laissait pas indifférent quand elle passe dans une pièce. Pourtant elle ne l'intéressait pas.

Hôtesse : Je ne la connaitrais jamais mais elle a de la chance. J'espère qu'elle en a conscience.

Tony : Si vous saviez.

L'hôtesse s'éclipsa pour aller s'attacher pour l'atterrissage.

Quittant l'appareil puis arrivant dans le terminal de l'aéroport international de Tel Aviv, sa besace à l'épaule. Elle était là, si jeune, si belle, au bout de l'allée. Son cœur s'emballa, sachant qu'elle ne serait pas comment se comporter, il lui ouvrit les bras. Un magnifique sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femme qui se jeta dans ses bras, avant d'échanger un baiser des plus passionnés.

Ziva : Bienvenue en Israël.

Tony : Et bien, si toutes les femmes sont aussi accueillantes dans ton pays, je devrais venir plus souvent ! Aïe.

Elle venait de lui mettre un coup de poing dans l'épaule, et il comprit qu'en plus d'expérimenter l'amour, la jeune femme expérimentait également la jalousie. Ca promettait d'être intéressant.

Ziva : Et si au lieu de t'écouter dire des banneries, on allait chercher tes bagages.

Tony : Âneries ! Ziva.

Lui passant un bras autour de la taille, ils prirent ensemble la direction des tapis à bagages.

**Flashback end**

Ziva : Le Soleil va bientôt se lever Tony, il va falloir reprendre la marche.

Tony : Je sais.

Ziva : Je suis gelée.

Tony : On va se remettre à marcher, ça ira mieux.

Ziva : Et c'est toi qui dis ça.

TBC…