Chapitre 13 La Vie au Mossad

Quelque part en forêt…

Tony avait pu remettre ses affaires avant la tombée de la nuit et autant dire qu'il n'avait jamais autant apprécié d'être vêtu de sa vie. Ziva était installée entrain de faire cuire des racines sur le feu faute d'avoir trouvé mieux pour le diner. Avec un repas par jour parfois moins, leurs santés allaient en pâtir.

Ziva : Tu te souviens du jour où Aba a demandé à discuter avec toi un mois avant notre mariage.

Tony : Tu appelle ton père « papa » ?

Ziva : Ca arrive encore parfois. Une habitude. Enfin bref, tu étais aussi pâle que maintenant.

**Flashback**

Bureau du Directeur David. Mossad.

Ziva lui fit un petit sourire en coin avant de l'introduire dans le bureau de son père et de fermer derrière lui. Elle savait qu'elle n'avait pas le droit de rester et décida d'aller en salle de pause en attendant. Dans le bureau Tony n'avait pas bougé, jaugeant du regard celui qui devait être plus que probablement le Contrôleur de Ziva. D'un geste de la main, Eli David désigna le siège en face de son bureau.

Eli David : Je vous en prie, agent DiNozzo, prenez place.

Tony s'installa, et attendit la suite des évènements. Conscient qu'au moindre faux pas, il pouvait tout détruire.

Eli David : Ca va faire une semaine que vous êtes en Israël, comment trouvez-vous notre pays ?

Tony : Absolument magnifique, un peu chaud mais magnifique.

Eli David : Et ma fille est-elle à votre gout ?

Tony : Et bien je…

Eli David : Pourtant la question est simple. Est-ce que ma fille vous plait ?

Tony : Oui, énormément.

Eli David : Elle est aussi très jeune, agent DiNozzo.

Tony : J'en ai conscience, monsieur. Mais mes intentions envers Ziva sont…

Eli David : Avez-vous l'intention de l'épouser ?

Tony : Directeur…

Eli David : Écoutez, je sais que vous couchez avec ma fille. Et les rumeurs vont bon train ici au Mossad. Rumeurs que je n'apprécie pas beaucoup. Alors vous avez deux solutions. Soit vous faites d'elle une femme honnête, soit vous retournez là-bas en Amérique. C'est bien clair ?

Tony : Oui, monsieur.

Eli David : Alors ?

Tony : Je tiens énormément à Ziva, c'est une jeune femme magnifique, belle et intelligente. Je l'aime, c'est certain, mais j'ai aussi une vie aux États-Unis, un travail…

Eli David : Pour votre travail, je peux m'arranger avec votre directeur. Et il s'avère qu'il me manque un agent dans l'équipe de Ziva.

Tony : Je vais y réfléchir, directeur David.

Eli David : Faites vite parce que ma patience à des limites.

Tony : Bien directeur.

Eli David : Ziva doit être en salle de repos.

Tony : Shalom directeur.

Eli David : Shalom, agent DiNozzo.

D'un pas raide, Tony se leva et quitta le bureau, il venait d'obtenir les éléments pour accomplir sa mission mais il se sentait mal à l'aise vis à vis de Ziva. Avait-il le droit de lui faire ça alors qu'elle découvrait à peine le sens des émotions qu'elle ressentait. Mais il devait faire face à la situation, s'il ne l'épousait pas, il la perdrait et il était trop égoïste pour la laisser s'échapper. Il voulait la posséder de tout son cœur et de toute son âme. Ses maudites émotions le rendaient dingues, parfois il s'en voulait d'avoir réussi à les débloquer, elles lui rendaient la vie impossible, lui provoquait des cauchemars et lui mettaient à mal sa conscience. Quand enfin il trouva la salle de repos au bout d'un autre couloir aussi identique et sinistre les uns les autres, il découvrit Ziva assise à une table en discussion avec deux hommes. La conversation semblait mouvementée, et il préféra rester en retrait jusqu'à ce que Ziva lui fasse signe d'approcher. Il se dirigea vers elle et lui posa une main sur l'épaule.

Ziva : Sheket bevakasha, Yossef ! On en parlera plus tard !

Yossef : Tu veux continuer en anglais pour ton amant ! D'accord ! Où est passé ton professionnalisme Ziva ?

Ziva : Je suis en vacances, Yossef !

Yossef : Tu ne prends jamais de vacances.

Ziva : Justement ! Ca fait trop d'années ! Il était enfin tant !

Yossef : Pas en pleine mission.

Ziva : Il y a toujours une mission quelque part avec le Mossad de toute façon. Tu peux très bien te débrouiller sans moi encore un jour. Maintenant je peux te le présenter ou tu veux continuer à me crier dessus.

Deuxième homme : Yossef…

Ziva : Bien. Alors les gars je vous présente l'agent Anthony DiNozzo. Tony, je te présente Ari Haswari et mon chef d'équipe Yossef Eytan, qui est sensé signifier stable et sage, ce qu'il est loin d'être en ce moment !

Ari : Ca suffit vous deux !

Ziva : Ne te mêle pas de ça, Ari !

Ari : Alors c'est vous, l'homme qui a fait prendre des congés à ma petite sœur, félicitations.

Tony : Merci.

Ari : Quand repartez vous ? Qu'on puisse aller boire un verre.

Ziva : Dans une heure.

Tony : Désolé.

Ari : Une autre fois.

Tony : Oui. Au plaisir.

Puis Ziva se leva et s'éloigna avec Tony non sans un regard noir à son chef, avant de l'entrainer à travers les couloirs du bâtiment.

Tony : Un problème avec ton chef d'équipe ?

Ziva : Non pas vraiment, il me reproche de me laisser distraire par toi. De ne pas être assez focalisé sur ma mission et d'autres choses que je ne traduirais pas.

Tony : Je suis désolé.

Ziva : Ne le soit pas. Ne le soit jamais. C'est une preuve de faiblesse.

**Flashback end**

Ziva : Tu te souviens de ton premier jour au Mossad ?

Tony : Oh oui ! Un souvenir particulier J'ai vu ma femme torturer un type pour des informations.

Ziva : Les risques du métier.

**Flashback**

Cinq heure ! Ca n'était pas une heure pour commencer à travailler ! Et pourtant il devait bien se faire à l'idée. Maintenant il travaillait pour le Mossad Israélien. Et autant dire qu'il avait déjà quelques ennemis dans cette agence. Mais tant pis, Ziva valait bien quelques sacrifices. Après un entretien dans le bureau d'Eli David… son beau père et maintenant patron, celui-ci le guida à travers les couloirs brutes et froid de l'agence. Eli David l'introduisit dans une salle de conférence où travaillait une dizaine d'hommes dont il en reconnaissait au moins deux, et Ziva se trouvait au fond de la pièce se faisant les ongles avec son couteau. Esquissant deux ou trois mots d'hébreu avec Yossef Eytan, Eli l'abandonna là.

Yossef : Présentations sommaires, ensuite on se remet au boulot. L'agent Tony DiNozzo, Services Secrets américains et comme vous le savez tous, le mari de la fille de notre chère directeur. Il va bosser avec nous au moins sur cette enquête. David le mettra au courant des détails. Prenez place… agent DiNozzo.

Tony parcourra la pièce pour se rendre à la seule place de libre près de Ziva qui lui fit glisser un dossier sur la table. Tony l'ouvrit s'attendant à n'y trouve que de l'hébreu mais il se rendit compte qu'il était traduis dans sa langue.

Ziva : (tout bas) Étudie-le, parce que tu ne vas plus entendre beaucoup d'anglais pour le reste de l'affaire.

Yossef : David, ferme là ! Si on te dérange, dis-le !

Ziva : Non monsieur.

Tony lui fit un signe de tête et décida d'examiner le dossier, d'autant plus que Yossef avait repris le briefing dans sa langue. Il s'agissait d'une affaire à grande échelle pour palier des possibles attentats à Jérusalem contre des intérêts israéliens et occidentaux. Plusieurs agents étaient en infiltration, d'autres se chargeaient des interrogatoires.

Yossef : David ! DiNozzo ! Avec moi.

Tony releva la tête surpris, mais suivis sans mot dire, l'homme qui allait être son chef d'équipe pour un moment. Ils s'arrêtèrent dans une petite pièce, derrière un miroir sans teint. Un jeune homme se trouvait attaché dans la salle d'interrogatoire, le visage apeuré. Yossef croisa le regard de Ziva, l'air malicieux et lui tendit un couteau, mais la jeune femme le refusa. Sans trop comprendre, Tony regarda l'homme dans la salle d'interrogatoire de l'autre coté du miroir sans teint. L'homme était grand, musclé, et apparemment bien entrainé. Pourquoi y envoyer la plus frêle de l'équipe.

Ziva : J'ai le mien. Et ne t'inquiète pas pour moi Tony.

Et elle lui fit un clin d'œil avant de sortir de la salle pour s'introduire dans l'autre.

Yossef : Ne vous en faites pas pour elle. Regarder plutôt le spectacle. Ca vous donnera peut-être l'idée de retourner dans votre pays.

Tony : Vous ne m'aimez pas, n'est ce pas ?

Yossef : Pas vraiment !

Tony : Pourquoi ? Parce que je suis américain ? Ou parce que j'ai réussi là où vous avez échoué avec Ziva ?

Yossef : Faites votre boulot et fermez là… DiNozzo. Le directeur David n'est pas très conciliant avec les grandes gueules, et que vous soyez le mari de sa fille n'y changera rien. Il ne laisse déjà rien passer à sa fille !

Tony préféra ne pas répondre et se contenta de regarder Ziva malmener le prisonnier, l'interrogeant avec violence.

**Flashback end**

TBC