Chapitre 14 Révélations

Quelque part en forêt…

Mangeant ses racines cuites au feu de bois, il grimaça mais ne se plaignit pas, le fait d'avoir quelque chose à manger était une bénédiction en soit. Une idée lui trottait dans la tête depuis quelques jours déjà, elle avait germé dans son esprit ici, loin des considérations de la vie de tous les jours. Il toucha l'épaule de Ziva pour qu'elle relève la tête vers lui.

Tony : J'ai bien réfléchie Ziva.

Ziva : Je dois avoir peur ?

Tony : Je suis sérieux.

Ziva : Je t'écoute, enfin façon de parler.

Tony : Quand on rentrera à la maison, j'ai envie qu'on fonde une famille toi et moi.

Ziva : Tu plaisantes ?

Tony : Non. Un bébé de toi et moi, il serait magnifique.

Ziva : Elle l'a été.

Tony : Ziva ?

Ziva : Je ne veux pas en parler.

Tony : Trop tard. Ziva parle. Tu l'as promis comme moi, plus de secret entre nous.

Il vit clairement le cheminement de pensées douloureuses dans son esprit et les larmes qui lui montaient aux yeux, mais il ne fit pas un pas vers elle, quelque peu aveuglé par sa propre colère et sa déception. Elle lui avait menti, elle n'avait pas tout dit et ça le mettait en colère. Pourtant il n'esquissa pas un seul mouvement. Il voulait savoir et ne voulait pas la braquer. Alors il attendit ses explications.

Ziva : Quand tu as quitté Israël avec l'agent Todd… Eli David avait lancé des tueurs contre toi, parce qu'il savait qu'il ne te ferait pas plier, et il ne voulait pas prendre le risque de me perdre à cause de l'enfant que je portais.

Tony : Tu te fous de moi là ?

Ziva : Laisse-moi finir… Tu voulais savoir alors maintenant tais toi !

Puis elle baissa le regard, et dégluti essayant de faire passer la boule d'angoisse qui s'était logé dans sa gorge.

Ziva : Après ton départ, je me suis sentie perdu, j'ai voulu mourir mais je ne voulais pas tuer ton enfant. Alors je me suis battue pour notre bébé, j'ai quitté le Mossad, mais l'isolement a été terrible, hormis toi et le Mossad je n'avais personne, pas d'ami, rien. J'ai mené ma grossesse à terme. Elle était tellement belle Tony, elle avait tes yeux.

Elle releva la tête vers lui, le visage ruisselant de larmes.

Tony : Où est le bébé ? Pas au Mossad ?

Ziva : Au cimetière de Be'er Sheva. Mon père l'a fait assassiner, on l'a étouffé dans son berceau à la maternité trois jours après sa naissance. J'ai aussi appris plus tard qu'on m'avait retiré mon utérus pour ne pas que j'ai d'autre enfant. Deux semaines plus tard, je suis retourné au travail, et j'ai fait mon service militaire. Je n'étais plus une jeune maman, je n'étais plus une femme mariée, je ne t'avais plus toi, je n'avais plus cette enfant à qui je voulais offrir ce que tu m'avais appris à connaitre. J'ai enterré mon alliance avec notre fille, mais je n'ai pas pu retirer mon étoile, pourtant je suis devenu la mort dans l'âme ce que mon père voulait. Un parfait petit agent Athéna.

Tony : Elle avait un nom ?

Ziva : Oui. Alaina. Elle était un véritable rayon de soleil, elle ne pleurait presque pas et avait un esprit vif.

Tony : Avec deux parents comme nous pas étonnant. Vaut peut-être mieux qu'elle soit morte, ton père l'aurait détruite aussi…

Ziva : Je l'aurais protégé !

Elle n'avait pas pu retenir son cri de colère, comment pouvait-il dire ça ? La douleur lui ravageait le cœur, elle n'avait pratiquement pas pensé à son bébé depuis des années. Mais la douleur avait toujours été là quelque part en sourdine et là elle resurgissait de la même manière que lorsque l'on lui avait interdit de voir le petit corps à la morgue son père le lui ayant directement interdit. Cette enfant qu'elle n'avait pas pleuré à l'époque, elle le pleurait maintenant, serrer dans les bras de Tony qui la retenait avec force, la laissant aller de tout son saoul. Il était le seul avec qui elle s'autorisait à montrer ses faiblesses. Sachant pertinemment, qu'il ne lui en voudrait pas longtemps pour le mensonge et qu'il finirait par comprendre.

**Flashback**

Elle n'avait jamais roulé aussi vite dans Tel Aviv mais elle n'avait pas le choix, elle remerciait dans son fort intérieur l'arrogance de Yossef, et le fait qu'il n'ait jamais aimé Tony. Sans cela, à son retour elle l'aurait surement retrouvé mort, lui qui passait la soirée dans un club du coin en compagnie de Kate Todd. Son cœur se sera à cette idée et elle porta la main à son ventre. Non il ne devait pas savoir, il fallait le faire quitter le pays pour lui sauver la vie, quitte à ne jamais le revoir, à cette pensée une douleur sourde lui écartela les derniers morceaux de son cœur. Décidément elle n'aurait jamais du apprendre à aimer. Se garant en double file devant le bar où ils prenaient un café, elle ouvrit sa porte pendant que Tony relevait les yeux vers elle, intrigué.

Tony : Ziva ?

Ziva : En voiture, tous les deux ! Vite !

Les deux agents réagirent au quart de tour, par instinct de survie, et Kate monta à l'arrière alors que Tony prenait place sur le siège passager. Les portes furent à peine fermées que Ziva démarra faisant griser les pneus sur l'asphalte.

Tony : Qu'est ce qui se passe ?

Ziva : Une minute, laisse-moi réfléchir.

Tony : Pourquoi tu prends la route de Jérusalem ?

Ziva : Pour vous faire quitter le pays.

Tony : Ziva ?

Elle roulait vite. Bien trop vite. Elle semblait vouloir encore accélérer mais le moteur n'appréciait pas vraiment.

Tony : Pour l'amour du ciel ! Ziva qu'est ce qui te prend ? Arrête la voiture !

Ziva : Non ! Je ne te laisserais pas mourir. Hors de question !

Kate : Officier David, du calme. Je t'avais dit Tony que les émotions étaient un poison pour vos esprits.

Ziva : Fermez là agent Todd. Mes… émotions viennent de vous sauver la vie. On va à Jérusalem est. De là vous passerez en Palestine. Contactez une équipe d'extraction. Rentrez dans votre pays. Tony, ne reviens jamais en Israël !

Tony : Que se passe-t-il ?

Ziva : Aba vient de comprendre que tu ne rejoindras jamais ses rangs après ton dernier affront. Il a lancé un contrat sur ta tête. Et je peux te jurer que tu ne mourras pas aujourd'hui et pas ici.

Tony : Viens avec moi.

Ziva : Tu sais très bien que je ne peux pas.

Le reste de la route se fit en silence, une fois dans Jérusalem, Ziva arrêta la voiture et en sortie. Les deux agents américains en firent autant. Et Tony s'approcha de Ziva pour la prendre dans ses bras, la jeune femme recula d'un pas instinctivement. Pudiquement, mais méfiante, Kate recula pour leur laisser quelques minutes et demander une extraction d'urgence aux Services Secrets.

Tony : Ziva, je ne veux pas partir sans toi.

Ziva : Tu n'as pas le choix. Tu savais autant que moi que ce moment arriverait un jour. Maintenant pars.

Tony : Je t'aime.

Ziva : Je t'aime aussi.

Tony : Je reviendrais te chercher.

Ziva : Non ! Contente-toi de disparaitre. Vis ta vie et oublie moi, si je sais que tu es en sécurité ça m'ira.

Tony : Je ne t'oublierais jamais, Ziva.

Doucement il lui embrassa son visage ruissellent de larmes et la serra tendrement dans leur dernière étreinte.

Ziva : Maintenant va-t'en ! Ne reviens jamais… Prenez la voiture et partez.

Tony : Comment vas-tu rentrer à Tel Aviv ?

Ziva : Ne t'inquiète pas pour moi.

**Flashback end**