Vraiment vraiment désolé pour le retard, j'étais très fatiguée en ce moment et c'est assez dure à la maison. Sans parler que je suis debout a 5h pour aller à la fac et je ne rentre pas avant 20h donc… Mais c'est pas une excuse et voici donc le chapitre souvent.

Chapitre 16 Le monde des sourds

Assise en tailleur à même le sol, Ziva profitait de la chaleur du soleil qui filtrait à travers les arbres. La zone ressemblait presque à une clairière, elle ferma les yeux plongeant ainsi dans le silence le plus total, elle savait que Tony n'était pas loin, qu'elle ne risquait rien. Elle décida donc de se plonger dans quelques souvenirs, depuis l'explosion les choses n'étaient pas toujours simples. Les premiers jours, elle avait cru mourir, c'était si douloureux et ce sifflement dans son esprit l'empêchait ne serait ce que quelques heures de trouver le sommeil. Et cette terreur qui lui empoignait le cœur la rendait folle. Déstabilisée, elle s'était brusquement réveillée dans cet hôpital, dans une chambre plongée dans la pénombre.

**Flashback**

La peur, la douleur, le silence hormis cet incessant bourdonnement dans les oreilles. Elle ne savait pas vraiment où elle était, elle n'arrivait pas à ce souvenir de ce qu'il s'était passé. La douleur irradiait de ses oreilles, de son cou, de son épaule, de chacun de ses muscles mis à mal. Elle ne pu retenir un hurlement de terreur et ne pas l'entendre ne fit que le faire redoubler. Sa respiration était saccadée, brusquement elle arracha sa perfusion et les câbles du monitoring. Soudain une armée d'infirmières et de médecins entrèrent dans la pièce, mais pas la personne qu'elle cherchait du regard. Ils approchaient d'elle, et elle avait peur, elle ne voulait pas qu'il l'a touche et quand une infirmière posa la main sur elle, elle se débattit comme une démente. Elle ne les entendait pas, elle souffrait le martyr, la douleur, la Somalie, les coups, la privation, Saleem… Sautant du lit, pieds nus et à moitié dévêtue, elle prit la fuite, traversant la chambre, s'éloignant d'eux, prête à se débattre s'ils s'approchaient trop. Et soudain, elle le vit, les poussant, pourtant elle n'avait d'yeux que pour lui. Il était là, c'est tout ce qui comptait. Tony de son coté avait du faire des pieds et des mains pour entrer dans la chambre, il avait entendu sa compagne hurler, un son qui lui avait glacé le sang. Et ils étaient rentré dans la chambre, alors qu'on l'en empêchait. Pourtant il savait qu'il fallait qu'il rentre où alors ça risquait de mal finir. A l'intérieur, ce qu'il vit lui fit mal. Ziva avait l'air d'un petit animal blessé et terrifié pourtant réfugiée dans un coin de la pièce, elle était prête à bondir, elle avait arrêté de crier.

Tony : Bon sang vous êtes idiot ! Ne l'approchez pas !

Médecin : Sur un autre ton. On ne veut pas lui faire de mal !

Tony : Elle ne le sait pas.

Médecin : On doit s'assurer qu'elle va bien.

Tony : Vous ne savez pas à qui vous avez affaire. Faites les sortir.

Médecin : Agent DiNozzo…

Tony : L'officier David a passé plusieurs mois comme otage d'un terroriste, il y a peu. Elle a subit de graves maltraitances ! Merde vous avez pourtant vu ses lacérations, ou au moins lu son dossier médical ! Laissez-moi seul avec elle.

Le jeune agent qui ne l'avait pas fait sortir de son champ de vision reposa son regard sur la jeune israélienne et lui sourit doucement.

Médecin : Je dois refaire sa perfusion.

Tony : Restez mais faites sortir les autres et vite !

Il la voyait osciller, entre le besoin de se jeter dans ses bras et celui de se protéger. Il savait qu'il ne devait pas la laisser ainsi dans l'incertitude, d'autant plus que la douleur se lisait clairement dans ses traits. Le médecin recula de trois pas décidant de laisser faire l'italien. Celui-ci avança d'un pas dans sa direction puis s'arrêta avant de faire un quasi indétectable signe de tête. La jeune femme méfiante s'approcha avant de se glisser dans ses bras. Elle pouvait sentir les mouvements de son torse, il lui parlait, et même si elle n'entendait pas, cela l'apaisa doucement.

Tony : Je vais lui refaire sa perfusion. Et je vous conseille de mettre un calment léger dedans.

L'entrainant avec lui, il incita la jeune femme à prendre place sur le lit. Le médecin prépara la solution.

Médecin : Vous savez le faire ?

Tony : J'ai reçu une bonne formation médicale, ne vous en faite pas. Apportez lui ensuite du papier et des crayons, ça l'apaisera un moment.

Médecin : Vous semblez bien la connaitre.

Tony : C'est ma partenaire depuis plusieurs années.

**Flashback end**

Et puis le temps avait passé, enfermée dans son mutisme, elle ne savait plus quoi faire. Elle savait qu'à l'époque elle était devenue quasiment incontrôlable, ça devait d'ailleurs être pour ça que le directeur l'avait envoyé avec Tony dans cet institut. Et elle avait du avouer que même si au début elle était réticente, elle avait apprécié l'expérience. Renouer une nouvelle forme de contact avec Tony, avait approfondit leur relation, la plaçant sur un autre plan. Entre tendresse, travail, colère et douleur, la beauté de ses premiers échanges avec Tony fut comme une nouvelle rencontre.

**Flashback**

Institut pour sourds.

Tony posa sa main dans le bas du dos de Ziva et l'incita à avancer. Chacun son sac à la main, ils entrèrent dans le bâtiment. Pour Tony, l'endroit était trop silencieux, mais il savait que l'endroit était réputé pour sa méthode. Et puis Ziva avait besoin de réapprendre à communiquer. Voilà un mois qu'elle était littéralement plongée dans le silence. Entre l'hôpital et l'appartement de Tony, il n'avait pas entendu le son de sa voix depuis juste avant l'explosion. Tony remerciait intérieurement le directeur et Gibbs de l'avoir aussi envoyé là. Une jeune femme brune approcha un sourire aux lèvres. Tony serra la main qu'elle leur tendait, mais Ziva recula d'un pas, refusant le contact.

Femme : Je suis Rebecca McKenzie, la directrice de l'établissement, mais ici on m'appelle mademoiselle Rebecca. Bienvenue agent DiNozzo et agent David.

Tony : Appelez-moi Tony et elle c'est Ziva.

Miss Rebecca fit un pas en avant et Ziva recula.

Tony : Elle ne supporte pas les contacts en ce moment. C'est un des effets secondaires de l'hôpital sur Ziva.

Rebecca : D'accord. A-t-elle reçu des notions de langue des signes à l'hôpital ?

Tony : Non. Ils se sont plutôt occupés de ses tympans. Il y a eu des complications.

Rebecca : D'accord. Écoutez Tony, je dois partir très rapidement. Je vais vous montrer les lieux, vous lui expliquerez ensuite. D'habitude je prends un après midi entier avec les nouveaux arrivants, mais là, je dois absolument aller à cette réunion.

Tony : Quel est la moyenne d'âge de vos pensionnaires ?

Rebecca : Nous accueillons les enfants de trois à dix huit ans. Nous n'accueillons jamais d'adultes, mais je devais une fleur à Leon. Vous serez avec le groupe des petits, j'espère que vous aimez les enfants.

Tony : Je n'ai rien contre.

Le groupe parcourait les couloirs colorés suivant le rythme imposé par Rebecca. Puis soudain la jeune femme stoppa, et Ziva distraite rentra dans Tony. Rebecca observa du coin de l'œil l'échange non verbal entre les agents. Elle ouvrit une porte et alluma la lumière, les laissant découvrir une petite chambre contenant juste deux lits une personne, deux bureaux, deux armoires et deux tables de chevet. Les murs étaient de couleur bleu et au fond de la pièce, une fenêtre donnait sur la cour de récréation.

Rebecca : Le dîner est à 19h. Les douches sont communes avec les lavabos, par conséquent attendez que les enfants soient couchés pour votre toilette. Ici vous êtes dans la section des plus jeunes.

Tony : Bien.

Rebecca : J'aimerais que personne ne quitte l'enceinte de l'établissement après 21h à cause de l'alarme.

Tony : Ziva court tôt le matin.

Rebecca : Je vais voir ce que je peux faire avec le gardien.

Tony : Merci.

Rebecca : Je vais vous laisser vous installer.

Rebecca quitta la pièce et referma derrière elle. Tony se tourna vers Ziva et découvrit que celle-ci avait posé son sac et était entrain de rapprocher les deux lits, signe qu'elle ne se sentait pas en sécurité ici. Pourtant lui ça lui plaisait bien, prendre des vacances ne lui feraient pas de mal. Ziva avait besoin de calme pour se reconstruire et surtout de réapprendre à communiquer, recréer des liens avec le monde extérieur. Elle ne pouvait plus être uniquement tournée vers lui, même s'il savait qu'elle était tournée vers lui depuis qu'elle avait réussi à se libérer de son Contrôleur. Mais lui-même était un agent, il ne pouvait pas être son Contrôleur. Pourtant il n'avait pas le choix. Elle dépendait de lui, et il devait la contrôler.

**Flashback end**