Chapitre 18 Celle qu'il fallait protéger de la folie des politiques

**Flashback**

Elle n'aurait pas du être là. Et si Gibbs continuait à ne la laisser rien faire pour la tester, il se doutait qu'elle allait exploser. Gibbs n'avait pas conscience de qui elle était et ça lui faisait peur. Bon sang déjà la revoir juste après la mort de Kate avait été un choc, même si faire semblant n'avait pas été dur, ils ne se connaissaient plus vraiment, même si ce qu'il ressentait pour elle, existait toujours dans son cœur. Surement à cause de cela que Kate le taquinait bien souvent au sujet de ses nombreuses petites amies. Il n'avait jamais pu se fixer avec n'importe qui, l'ombre de Ziva pesait continuellement sur sa vie, il ne pouvait s'empêcher de toutes les comparer à la jeune femme qu'il avait du laisser derrière lui en quittant Israël. Et maintenant elle était là à coté de lui prenant la direction de l'appartement de la jeune femme. Tony se gara au pied de l'immeuble, et croisa le regard de la jeune femme. Vingt deux ans… Elle avait vingt deux ans. Elle avait tellement changé tant physiquement que mentalement. Elle avait gagné en humour et en profondeur. Pourtant ce qu'il lisait au fond de son regard lui faisait peur. La douleur, la colère… la mort…

Ziva : Tu veux boire un café ? Parce que je suppose que tu ne m'as pas raccompagné pour simplement me déposer.

Tony : J'accepte l'invitation parce que tu as raison. Il faut que je te parle.

Ils quittèrent la voiture puis parcoururent les couloirs de l'immeuble avant d'attendre qu'elle l'invite à entrer. L'appartement était meublé, mais rien de personnel ne s'y trouvait, elle l'avait dit, ses affaires n'arrivaient pas avant la semaine prochaine.

Tony : Combien de temps vas-tu rester ?

Ziva : Je ne sais pas, Tony. Tu sais comme moi que rien ne dépend de notre volonté.

Tony : Tu n'es pas un investigatrice Ziva !

Ziva : Ca merci ! Je le sais ! Gibbs n'a pas arrêté de me le répéter toute la journée. Il m'a prit mes armes !

Tony : Tu n'es jamais totalement désarmé, Ziva David-DiNozzo.

Ziva : D'accord il m'a laissé mon couteau. Et c'est Ziva David !

Tony : Tu n'en es pas moins une arme. Nous sommes des armes. C'est pour ça que Jenny t'a fait venir ici. Pour t'utiliser pour m'atteindre.

Ziva : Va te faire foutre Tony ! Bien sûr que je le sais que Jenny va m'utiliser ! Mais il fallait que je m'éloigne de mon père.

Tony : À cause d'Ari ?

Ziva : Oui entre autre ! Tony, j'ai tué mon frère !

Tony : Mais le rapport de Gibbs…

Ziva : Le rapport de Gibbs est faux ! J'ai tué mon propre frère pour sauver la peau de ton patron, mais surtout pour te sauver toi. Ari a menti, son but ce n'était pas de torturer Gibbs mais toi. Disons que Gibbs a juste été la fraise sur le gâteau ! Ari te rendait responsable de la mort de Tali, te rend responsable de ma déchéance au sein du Mossad.

Tony : Il n'empêche tu es en danger si près de moi, ton père…

Ziva : Mon père sait que tu es ici. Tu lui as échappé pendant cinq ans, tu croyais que ça allait durer éternellement ?

Tony : Ton corps a changé, ton esprit a changé, tu n'es plus vraiment celle que j'ai épousée.

Ziva : Tu regrettes ?

Tony : Je ne sais pas. Je sais juste que je ne t'en aime pas moins pour autant.

Ziva : Et qu'est ce qu'on fait maintenant ?

Tony : Je ne sais pas. Gibbs a une règle, c'est la numéro douze : Ne jamais sortir avec un collègue. Et je ne veux pas que Jenny se rende compte qu'on est capable de vrais sentiments, sinon elle t'utilisera et je ne le veux pas.

Ziva : Alors tachons d'apprendre à devenir au moins des collègues et peut être des amis.

Tony : Tu as toujours ton magen David.

Elle porta sa main au bijou qui ornait son cou et le caressa du bout du doigt.

Ziva : Je ne l'ai jamais quitté. Il me permet de savoir qui je suis, ce dont je suis capable. Et me permet de ne pas perdre espoir. La preuve, je t'ai là, devant moi.

Tony : Tu as trouvé la foi…

Ziva : Tout comme toi, à une époque. Vas-tu encore à la Synagogue ?

Tony : Parfois. Un peu moins chaque année. Mais j'y vais chaque fois pour notre anniversaire de mariage.

Ziva : Est-ce que tu as aimé quelqu'un après moi ?

Tony : J'ai eu des petites amies…

Ziva : Ce n'est pas ce que je t'ai demandé.

Tony : Je peux te retourner la question…

Ziva : J'ai eu des petits amis…

Doucement, sans la brusquer, il lui prit la main et caressa son annulaire gauche.

Tony : Où est ton alliance ?

Ziva : A Be'er Sheva.

Tony : Je suis quand même heureux de te revoir.

Ziva : Moi aussi.

**Flashback end**

**Flashback**

Bureau de l'agent Keller. 2006.

Tony entra dans le bureau de son Contrôleur sans même prendre la peine de frapper. En fait, il ne s'était pas prit cette peine depuis l'âge de 21 ans. Quand Keller lui avait bien fait comprendre que pour lui, il n'était qu'un moyen pour se hisser dans les hautes sphères du gouvernement. C'est à partir de ce moment là, qu'il avait commencé à lutter contre lui-même avec violence pour se défaire de son Contrôleur. Et il avait commencé à gagner une certaine indépendance, mais pas vraiment un but dans sa vie hormis celui de mourir. Et un jour, sa route avait croisé celle de la belle orientale. Lui qui n'avait jamais totalement compris l'amour avait pris une douche froide. Lui qui croyait avoir appris les sentiments en même temps que la découverte de ses sentiments, là c'était le bouquet. Posant les yeux sur son Contrôleur, celui-ci lui fit signe d'attendre un moment et de s'assoir poursuivant sa conversation téléphonique. Tony s'installa dans le fauteuil qu'il trouvait confortable à défaut d'être beau et posa ses pieds sur le bureau de Keller. Celui-ci lui envoya un regard déplaisant puis raccrocha.

Keller : Agent DiNozzo…

Tony : Keller.

Keller : Un peu de respect !

Tony : Non, ça, ça ne fait pas partit de vos prérogatives.

Le jeune italien lui fit un sourire en coin qui avait le don d'agacer son Contrôleur.

Keller : Et pourquoi ai-je le droit à votre visite ? Nous n'avons pas de mission prévue pour le moment.

Tony : Ziva David.

Keller : Que viens-t-elle faire dans l'équation ?

Tony : C'est ma femme.

Keller : C'était une mission.

Tony : Elle n'en est pas moins ma femme. Et je veux qu'elle soit mise sous juridiction des Services Secrets.

Keller : Pourquoi ?

Tony : Pour la protéger gros nigaud ! A cause de vous, Jenny Sheppard m'a collé sur une mission dont je n'arrive pas à me dépatouiller. Et elle menace de renvoyer ma compagne en Israël.

Keller : L'officier David n'est pas votre compagne…

Tony : Bien sûr que si. Ca fait quoi de découvrir que son petit jouet est capable d'aimer ?

Keller : Mais c'est impossible !

Tony : C'est votre naïveté qui vous rend si faible, agent Keller. Vous êtes tellement concentré sur vos acquis que vous n'avez pas faits attention que j'ai été capable d'évoluer. Alors maintenant vous avez deux solutions. Et l'une d'entre eux est préférable pour nous deux. Alors soit vous mettez Ziva sous la protection des Services Secrets et vous gagnez les lauriers en soit disant contrôlant un deuxième agent Athéna. Soit vous nous dénoncez et vous perdez votre crédibilité et moi, ma femme et ma vie. Je vous conseil de faire le bon choix parce que je n'irais pas dans la tombe sans faire tomber quelques têtes.

Keller : Ziva David est un agent Athéna ?

Tony : Gagné ! Vous vous êtes gouré en beauté il y a sept ans. Et aujourd'hui, vous êtes probablement dans le pire merdier qui soit. Alors verdict ?

Keller : Je dois passer quelques coups de téléphone.

Tony : Je vous préviens n'essayer pas de me griller vous le regretterez. Vous n'avez aucune idée des capacités de Ziva alors combiné aux miennes…

Keller : C'est une menace ?

Tony : Prenez-le comme vous voulez.

**Flashback end**