Chapitre 23 Celle qui ne l'abandonnera pas
Quelques jours plus tard…
Ziva était inquiète. Tony avait vraiment du mal à respirer, et elle-même souffrait à chaque fois qu'il prenait appuis sur elle. Mais elle aurait préféré mourir que de le lui dire. L'infection respiratoire avait commencé à la gagner, et ses poumons la brulaient à chaque inspiration. Pourtant elle luttait et gardait la tête droite. Elle n'était pas du genre à abandonner, jamais ! Pas plus qu'elle ne le sacrifierait pour se sauver. Parce que vivre sans lui, n'était pas vivre. Elle n'était même pas sur que ce soit possible. Pour rester concentrer, elle essayait de résoudre les équations de Yang-Mills. Ca lui occupait l'esprit puisqu'elle se moquait royalement du prix de un million de dollars qui accompagnait sa résolution. Soudain Tony la stoppa dans sa lancée et se posa sur le sol.
Tony : Je ne peux plus Ziva… Je n'ai plus la force.
Ziva : Il faut continuer.
Tony : Je ne peux plus.
Ziva : D'accord, on fait une pause.
Elle aussi était épuisée, trainer Tony avec elle en pleine forêt devenait extrêmement fatiguant au fur et à mesure qu'il faiblissait. Ses quintes de toux étaient de plus en plus violentes, ses lèvres et ses doigts bleus par le manque d'oxygène. Bien souvent, il marchait mécaniquement entre semi conscience et délire.
Tony : Je t'aime…. Ton père ne détruira pas ça… Va-t'en. Gibbs laisse moi…
Ziva : Tony, regarde-moi.
Le jeune homme releva la tête et la secoua pour essayer de reprendre ses esprits. Ziva… Il fallait qu'il se concentre, pour elle.
Tony : Qu'est ce qu'il s'est passé dans le désert du Néguev ? Comment as-tu survécu ? Ziva, réponds moi !
Ziva : Je ne te sacrifierais pas ! Pas même pour sauver ma vie… C'est hors de question !
Tony : Ca n'est pas la question !
Ziva : Au contraire. Je les ai sacrifiés pour vivre. Ils me ralentissaient, on avait à peine de quoi boire. Et ils avaient perdu la tête à cause de la chaleur. Je les ai tués pour m'en sortir. Je devais survivre, j'avais été formé pour survivre.
Tony : Ziva ! Tu n'avais que seize ans et tu venais de passer trois semaines dans le désert !
Ziva : Mais je ne délirais pas. Tony. J'avais toute ma tête. Je les ai tués sciemment. Pour vivre.
Tony : Comment n'as-tu pas perdu la tête ?
Ziva : Les mathématiques. Leurs logiques sont absolument divines pour se concentrer. Tony, je sais à quoi tu penses ! Je ne te laisserais pas derrière.
Tony : Tu n'as pas le choix. Tu as aussi de la fièvre. J'arrive à entendre ta respiration, tu es malade aussi.
Ziva : Je ne te laisserais pas Tony ! Jamais ! Jamais ! Jamais !
Tony : Chut… Du calme.
Il se leva et la prit dans ses bras, la serrant contre lui.
Tony : Je serais toujours avec toi. Mais je ne peux plus avancer Ziva. Il faut que tu ailles chercher du secours. Il faut que tu le fasses pour nous deux.
Elle savait qu'elle n'avait pas le choix, il ne pouvait plus marcher. Elle avait survécue à la torture pendant plusieurs mois avec l'espoir qu'il viendrait la chercher. Il pouvait tenir à son tour. Il n'avait pas le choix.
Ziva : D'accord. Mais je t'interdis de mourir, Tony. La fin ça sera ensemble.
Tony : Je te le promets. Mais maintenant il faut que tu partes.
De ses doigts malhabiles, il lui saisit le visage et posa ses lèvres sur les siennes.
Tony : Ensemble ou rien du tout.
La jeune femme détacha les écorces molles qui leur servaient de lit depuis des jours maintenant et les étala au creux d'un arbre, à l'abri du vent. Puis elle aida Tony à s'allonger dessus, le couvrant avec du mieux qu'elle pouvait. Allumant un feu, elle posa une dernière fois son regard sur lui avant de se mettre à marcher la mort dans l'âme.
**Flashback**
Institut pour sourds.
Obéir, elle avait appris, faire confiance non. Mais avec du temps et beaucoup de travail sur elle-même, elle avait finit par laisser le docteur Russo la toucher. Les débuts cela avait été difficile, elle esquissait inconsciemment chaque fois que la femme rousse posait la main sur elle. Mais Ziva voulait absolument oraliser et s'était donc fait violence. Et aujourd'hui les efforts payaient. Anna Russo venait de lui dire qu'elle pouvait enfin parler à quelqu'un d'autre qu'elle, et elle avait demandé à faire appeler Tony. Il était celui à qui elle voulait parler en premier. Elle voulait que ce soit lui et personne d'autre même si elle ne savait pas quoi lui dire. Elle était nerveuse et tentait de le cacher. Pourtant elle comprit qu'elle le faisait très mal quand la doctoresse la rassura en langage des signes. Quelque chose attira l'attention du docteur Russo, quelqu'un venait de frapper à la porte, et Tony entra dans la pièce. La première chose qu'il remarqua fut l'agitation de Ziva, il la connaissait assez pour savoir qu'elle était nerveuse et ça l'inquiétait.
Russo : Prenez place avec nous, agent DiNozzo.
Et c'est ce qu'il fit, s'installant dans le fauteuil à coté de Ziva sans la lâcher des yeux. Ziva tenta de sourire pour le rassurer, mais son sourire était crispé.
Tony : Un problème ?
Russo : Non… Rassurez-vous, aucun problème. Dans quelques jours vous pourrez rentrer chez vous, Ziva est enfin prête, et vous maitrisez suffisamment la langue des signe pour compléter, j'aimerais quand même vous voir une fois par semaine pendant les prochains mois pour m'assurer que tout se passe à merveille. Vivre dans le monde des entendants peut parfois se révéler difficile. Même si votre amie est forte.
Tony : Alors Ziva parle ?
Russo : Laissez la faire, contentez vous d'écouter.
Tony se tourna vers Ziva, observant la jeune femme.
Tony : Alors comme ça tu parles, princesse.
Le sourire de la jeune femme s'agrandit mais elle ne prononça pas un mot, le défiant d'un air malicieux. Elle savait que le son de sa voix lui manquait, il le lui avait dit et elle voulait le faire attendre un peu, d'autant qu'elle ne savait pas quoi lui dire. Elle avait tellement de choses à lui dire, elle ne savait pas par où commencer.
Ziva : Je… t'aime, mon… nounours… tout poilu.
Elle avait voulu dire l'essentiel et l'essentiel pour elle s'était ça, pour le reste, elle avait largement le temps. Tony fut heureux en réentendant enfin la voix de sa compagne, fou de joie du sens de ses mots, mais alors que les larmes aux yeux, il allait la serrer dans ses bras, il arrêta son geste et tourna la tête vers la doctoresse.
Russo : Tout ce qui est dit dans cette pièce est tenu au secret professionnel.
Tony se tourna vers Ziva et lui dit également « Je t'aime » en langue des signes et à haute voix. La jeune femme sentit son cœur faire un bon dans sa poitrine, s'ils avaient été seuls, elle l'aurait probablement serré dans ses bras avec une infinie tendresse, mais ils étaient incapable de marque de tendresse en publique. D'autant plus qu'ils n'étaient pas vraiment ensemble en ce moment, même si elle savait qu'il serait sien pour toujours. Il lui esquissa un magnifique sourire, pour lui, la belle orientale était la constante dans sa vie, l'amour de sa vie, celle qui lui donnait l'envie de se lever le matin, et encore plus les matins où il avait dormi serré contre son corps chaud.
**Flashback end**
Non, elle ne flancherait pas, elle n'avait pas cessé de marcher depuis quarante huit heures, son corps était au bout du rouleau, elle avait déjà chuté une bonne dizaine de fois s'égratignant les mains et les genoux. Elle le sentait, la fièvre commençait à lui donner des hallucinations, son cœur battait trop vite pour palier au manque d'oxygène, et elle avait l'impression d'être épier. Elle savait que s'était faux, elle était désespérément seule. Encore plus seule que lorsqu'il avait du fuir Israël. Non elle ne devait pas penser à ça, il fallait qu'elle trouve du secours, elle priait pour trouver du secours. Elle n'avait pas d'autre choix, elle n'abandonnerait pas, même si elle devait pour ça mourir d'épuisement. Au matin alors que l'aube pointait le bout de son nez et qu'elle avait avancé toute la nuit à la lueur de sa torche enflammée, elle aperçue un petit chalet de bois. Elle hésita de peur que son esprit ne lui joue encore un tour, et pourtant non, il semblait bien là. Son cœur s'accéléra une nouvelle fois, sa fièvre rendait ses pensées incohérentes, elle n'était même pas sûre d'être capable de s'exprimer.
TBC
