Chapitre 27 Ceux qui sont invités à diner

Domicile de Tony et Ziva. 16h. Un mois plus tard.

On frappa à la porte. Il ne manquait que lui. Tony se dirigea vers la porte et l'ouvrit pour découvrir Gibbs, oui, il ne manquait que lui. Le plus jeune des deux agents invita l'autre à entrer. Gibbs se déchaussa avant de poser ses chaussures à coté des bottes compensés d'Abby.

Tony : Merci d'avoir accepté l'invitation boss. Je sais que la situation est difficile pour toi.

Gibbs : On verra ça plus tard d'accord.

Gibbs suivit Tony jusqu'à la cuisine, où ses pieds rencontrèrent du parquet ciré. La seule pièce de la maison qui n'était pas recouverte de tatami apparemment. Le vieux renard avait du mal à comprendre cette passion du Japon pour ses deux agents. Même si finalement il avait comprit que ses deux là n'étaient pas vraiment et ne seront jamais tout à fait ses agents. A bien y réfléchir, il se sentait parfois idiot quand il repensait à la formation qu'il leurs avait donné. Dans la cuisine, Ducky, McGee et Abby était déjà autour de la table, alors que Ziva semblait concentrer sur une préparation du thé.

Abby : Gibbs ! Tu es venu ! Je suis trop contente. Viens.

Il s'installa à coté de la jeune femme et observa la cuisine. Elle ressemblait à une cuisine traditionnelle américaine, si on faisait abstraction des deux jeux de casseroles, des deux séries de couteau et couverts. Ziva vint enfin prendre place à la table, avec un plateau de métal finement ouvragé sur lequel se tenait six petits verres et une théière en métal. Prenant place, Ziva servit le thé de très haut pour l'oxygéner un maximum et une fine corolle de mousse apparu sur chaque verre, qu'elle distribua à tous.

Abby : J'ai vraiment cru que tu allais nous servir le thé à la japonaise.

Ziva : Non, le thé c'est toujours selon les rîtes arabes.

Tony but son verre et grimaça.

Tony : Ziva, fais le moins fort à l'avenir ! Si le premier est ainsi, je plains les deux suivants !

Ziva esquissa un sourire. Elle semblait détendue, et caressa la tête de Jack posé sur ses genoux avant de prononcer quelques choses en arabe.

McGee : Qu'est ce qu'elle a dit ?

Tony : Le premier verre est aussi doux que la vie, le second est aussi fort que l'amour, le troisième est aussi amer que la mort.

Ducky : Je crois que c'est un proverbe marocain non ?

Tony : Oui. Le temps qu'on boive le premier, le thé continu d'infuser, du coup le thé continu de changer de couleur et de gout. Mais Ziva a tendance à faire le premier trop fort !

Ziva : Je l'aime fort ! Mince…

Elle se leva, posant sa main sur l'épaule de Tony d'un geste tendre avant de se diriger vers un placard, pour en revenir avec une boite en métal.

Ziva : Ca se sont des bâtisseries orientales.

Tony : Ceux sont des pâtisseries.

Ziva : Qu'est ce que j'ai dit encore ?

Tony signa quelques mots et pour simple réponse, elle lui tira la langue avant d'esquisser quelques gestes. Gibbs et Abby se mirent à rire.

McGee : Un problème ?

Gibbs : Je crois que ces deux là ont compris toute la finesse de la langue des signes.

Abby : C'est compliqué à traduire, mais ça parle de bâtir quelque chose à Tony là où elle pense.

McGee : Oh ! Aïe.

Tony : Un problème Mc-J'ai-pas-encore-assez-travaillé-mes-signes ?

McGee : Je te rappelle que je n'ai pas passé quatre mois avec Ziva dans une école pour l'apprendre. De plus je ne vis pas avec elle, moi.

Tony : Qu'est ce que tu veux, tout le monde n'a pas la plus belle des orientales pour femme, mais ne soit pas jaloux, Tim. Ziva et toi… Je ne suis pas sûr que ça aurait très bien fonctionné entre vous.

Ziva : Tu peux arrêter de te vanter gros malin !

Lui glissant une main sur la joue, il ne résista pas à lui voler un baiser. C'était la première fois qu'il se permettait un tel geste devant ceux qu'il considérait comme sa famille. Son histoire avec Ziva avait toujours été faite de non-dits, de tourments, de peurs et de combats mais surtout de discrétion.

Abby : J'ai entendu dire que vous aviez un dojo dans votre cave ! Ah et Ziva tes pâtisseries sont excellentes.

Ziva : Merci.

Tony : Tu as un peu trop parlé, McGee.

McGee : Tu as déjà essayé de résister à Abby toi ?

Tony : Oui, ça c'est soldé par un échec.

McGee : Tu vois !

Tony : Le dojo est par là.

Ziva : Finis ton thé !

Tony : Bien madame DiNozzo.

Ziva : David ! Et ne me cherche pas avec ça !... Chéri !

Tony prit son verre et le termina d'une traite, avant de se lever.

Tony : Aussi amer que la mort !

Ziva se leva à son tour et le défia du regard avant de lui passer devant pour aller ouvrir la porte fenêtre qui donnait sur le jardin.

Ziva : Jack ! Dehors.

Le chien détala glissant sur le parquet avant de sortir dans le jardin en poussant des jappements de joie. Ziva l'observa quelques instants jouer avec ses jouets, comme une mère observe son enfant, un sourire sur les lèvres. Les autres suivirent Tony jusqu'au sous sol. Au milieu de la pièce trônait un chevalet et un tabouret de bar, où séchait une toile qui semblait représenter des jardins orientaux. Tony s'en approcha afin de ranger le matériel de peinture.

Ducky : C'est en Israël ?

Tony : C'est une représentation des Jardins Bahaïs à Haïfa en Israël.

Abby : Ziva est douée.

Tony : Oui. La méditation n'est pas son truc, mais elle trouve une certaine sérénité dans la peinture.

Tony posa la toile dans un coin de la pièce, de manière à ne pas être vue et rangea le chevalet et le tabouret derrière une des portes coulissantes.

Abby : Cette pièce est absolument magnifique ! Les sabres servent vraiment ou ils sont juste la pour la décoration ?

La jeune gothique fronça les sourcils quand elle vit que Tony regardait derrière elle en signant, mais alors qu'elle allait se retourner la voix de Ziva la surprit.

Ziva : Ils servent, Abby. Nous avons même été obligé d'en faire reforger un parce que Tony avait cassé sa lame.

Tony : Dans un combat particulièrement violant qui a fini… En fait je crois qu'il vaut mieux garder ça pour moi.

Ziva : Oui vaut mieux.

Ziva s'éloigna pour se diriger vers les Katana, les décrochant tous les deux de leur présentoir.

McGee : J'ai quand même une question. Vous êtes mariés, vivez sous le même toit, et pourtant vous n'êtes pas un couple.

Gibbs : Ils le sont.

Ziva : Nous le sommes parfois.

Tony : Oui Gibbs pour le moment nous le sommes. Mais pas forcement pour longtemps.

Ziva : C'est comme ça depuis le début.

Tony : Il est compliqué de se redécouvrir quand un passé commun aussi douloureux existe déjà. En même temps, vu comment Ziva ronfle, il est préférable de faire chambre à part.

S'approchant de Tony, Ziva lui mit un coup de poing dans l'épaule.

Tony : Aïe.

Puis il lui prit un des deux Katana des mains.

Ziva : Non.

Tony : Désolé.

Ils échangèrent les Katana, de manière à ce que chacun est le sien. Le prenant à la limite du tsuba, Tony fit sortir l'arme de son Saya, avant d'apprécier la beauté de la lame. Ziva traversa la pièce et récupéra un élastique à cheveux sur une petite table dissimilée par l'escalier. Elle hésita avant d'attacher ses cheveux, révélant ainsi sa cicatrice. Mais tant pis, ses cheveux ne devaient pas la gêner pendant la passe d'armes, cela pouvant se révéler dangereux, elle se libéra également de ses armes, retirant son holster, puis son arme de secours avant de retirer son couteau, elle posa le tout sur la table sous le regard amusé de Gibbs. Puis se fut à son tour de sortir sa lame, la tenant plus bas sur le Tsuka que Tony. Se défiant une nouvelle fois du regard, Tony et Ziva arpentèrent la pièce pour se positionner avant de se saluer. Gibbs, Ducky, Abby et McGee s'éloignèrent au plus près du mur pour assister au spectacle. Ziva hocha la tête pour lui signifier qu'elle était prête, et Tony et elle engagèrent un salut rituel avant que le choc des lames rapide et puissant ne surprenne les spectateurs. Le couple se battait avec une aisance naturelle, et le sourire mi figue mi raison sur leurs visages montrait qu'ils y prenaient du plaisir. Tours, demi-tours, sauts, parfois les jeunes gens en venaient aux mains avant de se repousser et reprendre à la lame. Soudain un coup plus violent fit perdre à Tony son Katana qui se planta dans le tatami, saisissant le plat de la lame de Ziva avec ses deux mains, il l'empêcha de frapper et la repoussa assez loin pour récupérer son arme. De sa main libre, il signa pour lui demander si elle abandonnait, elle lui répondit par un non de la tête.

Ziva : C'est toi qui es en mauvaise passe, mon nounours tout poilu.

Elle avança rapidement vers lui et frappa, Tony évita de justesse le coup et le métal frappa sa lame violement en faisant des étincelles. Exécutant une pirouette, il se retrouva face au dos de Ziva, pourtant il hésita, il ne pouvait pas risquer de la blesser pour un jeu. Surtout qu'elle ne l'entendait pas arriver, bien qu'il sache qu'elle sentait sa présence. Ziva se retourna brusquement une lueur dans le regard et d'un geste rapide et soudain, elle bloqua le bras de Tony sous le sien, le fit tomber à terre, avant de glisser sa propre lame sous sa gorge. Agenouillée au dessus de lui, elle le regardait avec un air de défi, et ce sourire qui signifiait qu'elle venait de clairement démontrer sa supériorité.

Ziva : J'ai gagné, mon amour.

Tony : Ce n'est pas toujours le cas.

Elle lui vola un baiser. Distraite, il fit voler les lames à travers la pièce et renversa Ziva pour se retrouver au dessus d'elle.

Tony : Tu n'aurais pas du baisser ta garde.

Ziva : (Chuchotant) Et si tu comptes dormir dans mon lit, je te conseille de me relâcher.

Tony : Là tu frappes bas, c'est injuste.

Ziva : L'amour n'est pas toujours juste.

Tony : Je t'aime aussi.

Ziva : J'ai un dîner à préparer.

Tony : Dis le.

Ziva : J'ai un dîner à préparer.

Tony : Pas ça.

Ziva : Quoi alors ?

Tony : Ziva…

Ziva : Je t'aime. Tu es content, je l'ai dit devant spectateurs.

Relevant la tête, il pouvait apercevoir qu'ils étaient observés avec attention. Avec notamment une Abby qui sautait de joie, tant par la beauté du combat que part l'échange qu'ils venaient d'avoir. Il la libéra et l'aida à se relever. La regardant il prononça une phrase en hébreu, Ziva explosa de rire sous les regards intrigués.

McGee : Tu parles l'hébreu maintenant ?

Tony : Je ne le pratique pas régulièrement mais ce n'est pas nouveau.

Ziva : Il fait des fautes de grammaire à chaque phrase et après il se permet de me reprendre sur mon anglais. J'y vais. Essaye de ne pas lui faire du mal.

McGee : De quoi elle parle ?

Ziva s'éclipsa à l'étage en laissant échapper un nouveau rire.

Tony : Tu veux essayer McSamouraï ?

Mais sans attendre sa réponse, Tony traversa la pièce pour récupérer les Katana avant de les remettre dans leur Saya.

McGee : Quoi avec les lames ? Hors de question.

Abby : Tim ne fait pas le peureux !

Tony : Je ne te laisserais pas toucher un des Katana, je ne suis pas encore fou.

Reposant les lames sur leur présentoir, Tony ralluma l'encens au passage. Puis se dirigea vers une des portes coulissantes pour en sortir deux imitations de Katana en bois.

Ducky : Il y a beaucoup de choses derrière ses oshiires ?

Gibbs : Toute leur vie.

Tony : Gibbs fabrique des bateaux dans sa cave, Ziva et moi y conservons ce qui peut nous être utiles. En revanche, la télé est à l'étage.

Ducky : Je ne l'ai pas vu dans le salon.

Gibbs : Parce qu'elle est dans sa chambre.

Tony : Y'a rien de mieux qu'un écran plat et un bon film pour attirer les filles.

Ducky : Tu devrais dire la fille.

Tony lui fit un clin d'œil avant de lancer le bokuto à McGee.

Tony : Aller McFroussard, si tu veux aller manger, ensuite. Ma Ziva prépare un truc du tonnerre.

TBC