Chapitre 31 Une famille à vos yeux

Le groupe entra dans le restaurant, alors qu'un homme d'une soixantaine d'années, impeccable dans son costume de majordome.

Tony : Bonsoir Andrew.

Andrew : Bonsoir monsieur DiNozzo et madame David et leurs invités. Madame vous êtes en beauté comme toujours.

Ziva : Merci.

Andrew : Votre table est prête, mais voulez vous prendre un apéritif dans le salon d'honneur ?

Tony : Bien volontiers.

Tous suivirent le majordome vers une zone du restaurant marqué « privé » pour finalement arriver dans un petit salon. La pièce était magnifique. De lourds rideaux de velours rouges, une gigantesque cheminée, et des canapés autour d'une table basse de bois sombre. D'un geste de la main, Tony les invita à s'assoir. Un serveur, portant une veste rouge approcha.

Serveur : Puis-je prendre votre commande ?

Tony : Oui. Gibbs ?

Gibbs : Bourbon.

McGee, Abby et Ducky passèrent également commande.

Ziva : Pour moi ça sera un Mojito et pour Tony un Sunburn. Et toi Louanne, que veux-tu ?

Louanne : Je peux avoir un diabolo à la fraise ?

Ziva : Bien sûr.

Tony : Alors un diabolo fraise pour la jeune fille.

McGee : Alors on est là pour fêter quoi ?

Tony tourna la tête pour regarder Ziva assise à coté de lui. Elle restait assez distante, évitant comme toujours les marques d'affection entre eux.

Tony : L'entrée de Louanne dans notre famille et...

Ziva : Et nos quatorze ans de mariage. On voulait fêter ça avec vous cette fois.

Tony : La belle américaine qui est là voulait absolument vous faire participer. Elle…

Elle grimaça, en même temps que le serveur revenait avec leur commande.

Tony : Quoi ? Notre mariage validé, ça fait de toi une américaine.

Ziva : Israélo-américaine.

Tony : Alors tu fais des concessions sur ça mais pas sur mon nom.

Ziva : Ziva David-DiNozzo.

Tony : Ca sonne bien à mon oreille.

Ziva : Je ne peux pas en dire autant.

Tony : Ziva.

Ziva : Tony ! Ca ne sonne pas à mon oreille ! Mais je veux bien essayer.

Il esquissa un sourire, et lui prit la main, la pressant discrètement. Juste assez pour sceller leur accord.

Abby : Il y a d'autres choses que l'on ignore ?

Ziva : De quel genre ?

Abby : Je ne sais pas…

Ziva : Hum, des centaines. Des détails, certaines sans trop d'intérêt pour vous.

McGee : DiNozzo et David sont vos vrais noms ?

Tony : Affirmatif.

Abby : Tout ce que vous avez dit toutes ses années sont la vérité ?

Ziva : Oui, dans l'ensemble, on a toujours essayé de dire la vérité.

Ducky : Quelque chose qui pourrait nous surprendre ?

Ziva : Tony est juif !

Abby : Tu plaisantes ?

Tony : Non. Je me suis converti en épousant Ziva.

McGee : Mais… Mais je t'ai vu manger…

Tony : Du porc ? Jamais. Réfléchie bien.

Abby : Pourquoi n'avoir jamais rien dit ?

Tony : Parce que ça n'avait pas tellement d'importance. Je n'en partage les rites qu'avec elle. Elle aurait été musulmane que je me serais aussi converti.

McGee : Et dire que tout le monde te pensait plus ou moins égoïste. Tu parles toujours de toi.

Ziva : Ca ça n'a jamais changé. Il aime parler de lui.

Ducky observait le couple en silence. Par le passé, il avait rapidement remarqué qu'un lien s'était créé entre les deux agents, mais ce qu'ils voyaient là était différent. Bien qu'il ne voyait quasiment aucun signe de tendresse entre eux, leur corps étaient orientés vers l'autre, toutefois certains auraient put mettre ça sur le fait de la surdité de Ziva. Leurs regards en revanche étaient sans équivoque. Ils y avaient toujours eu tellement d'amour dans leurs regards. Mais soudain un mouvement attira son attention, Ziva venait de récupérer sa pochette et l'ouvrit avant d'en sortir quelque chose. Une petite boite blanche ornée d'un nœud rouge. Doucement elle la glissa dans les mains de Tony. Il lui jeta un regard curieux et elle esquissa un sourire peu rassuré. Hésitant, il l'ouvrit pour découvrir deux alliances en or, semblable à celles qu'ils avaient échangées il y a quatorze ans.

Tony : Ce ne sont pas…

Ziva : Non, j'ai enterré la mienne à Be'er Sheva…

Tony : Sur la tombe d'Alaina.

Ziva : Oui. Après ça, je suis entré au Tsahal pour faire mon service militaire.

Tony : Ziva, tu sais que l'alliance est un signe d'appartenance, comme le mariage.

Ziva : Tony ! Tu sais très bien que tu as déjà tout pouvoir sur moi, alors n'en rajoute pas.

Abby : Tu as vraiment tout pouvoir sur elle ?

Tony : Oui. Mais je n'aime pas le faire.

Ziva : Et je déteste qu'il le fasse.

McGee : Et qui a une autorité comme ça sur toi ?

Gibbs : (intervenant) Personne. Tony s'est séparé de celui qui le contrôlait.

Abby : Pourquoi ne le fais-tu pas Ziva ?

Ziva : Trop dure, pas assez de force.

Tony sortit les deux alliances de l'écrin et les observa. Assez épais pour résister en cas de bagarre, les anneaux d'or et de titane étaient absolument magnifiques. Donnant la plus grande des deux à Ziva, il prit le petit anneau et tendit la main à la jeune femme. Elle hésita dans un tremblement.

Tony : Tu ne me fais plus confiance ?

Elle releva les yeux vers son regard et y vit cette lueur de malice qui la fit rougir avant de poser le regard sur leurs mains jointes. Son cœur battait à cent à l'heure et la présence de ses amis la rendait nerveuse, encore plus que le jour où elle s'était présentée dans sa robe blanche le jour de son mariage. Glissant le bijou sur son annulaire, elle referma son doigt quand il eut atteint la première phalange.

Tony : Haré ate méqoudéchète li be tabaâte zo ké date Moché vé Israël.

Elle le laissa terminer de lui passer l'alliance avant d'en faire autant, sans un mot, sans une parole. Il hésita à son tour quelques instants. Il ne savait pas comment elle réagirait s'il l'embrassait. Il ne l'avait fait qu'une seule fois devant eux, se contentant de poser un baiser sur ses lèvres furtivement. Et il fut surpris quand elle prit l'initiative du baiser. Oh pas un baiser enflammé comme elle le lui en donnait parfois. Non juste un baiser plein de tendresse. Et ils furent interrompus par les applaudissements frénétiques d'Abby. Sans s'éloigner d'elle, Tony se tourna vers Gibbs. Celui si était entrain de finir son verre d'un trait.

Tony : Désolé boss. Je sais pour la règle numéro douze mais…

Gibbs : Dans votre situation elle peut difficilement s'appliquer.

Tony : Il n'empêche.

Pourtant il n'avait pas lâché la main de sa compagne. Gibbs devait bien prendre ça en compte maintenant, ses deux agents étaient en couple envers et contre tout. Il posa ensuite le regard sur l'enfant qui jouait sur le sol avec une petite poupée qu'elle avait dans son petit sac. Une petite princesse à laquelle Ziva tenait beaucoup. Il savait qu'elle avait créé des liens affectifs avec l'enfant au Centre et que Tony et Ziva la prenaient régulièrement depuis.

Tony : Autre chose. Ziva et moi avons adopté Louanne.

Mais alors que les félicitations fusèrent, Ziva se leva, s'excusa et s'éclipsa.

McGee : Vous deux parents. J'ai vraiment du mal à le concevoir.

Abby : Un problème avec Ziva ?

Tony : Elle va revenir. Elle n'a jamais été aussi exposée de toute sa vie. Moi non plus d'ailleurs. Mais pour elle c'est difficile. Elle aimait bien être juste un agent du NCIS. Et elle n'aime pas vraiment le changement.

Domicile de Tony et Ziva. 0h30.

Le ciel était couvert et un vent froid soufflait fortement. Ziva resserra autour de ses épaules la veste de Tony pendant qu'il sortait la petite de la voiture, l'enveloppant dans une couverture. Ziva déverrouilla la porte, et pendant qu'elle saluait Jack qui était resté à la maison, Tony monta l'enfant dans la chambre de Ziva. Puisque celle de l'enfant ne serait livrée que dans quelques jours. Il redescendit, Ziva était au salon, debout et regardait autour d'elle. Tony s'arrêta à l'entrée et attendit.

Ziva : Il va nous falloir un canapé et une télé au salon pour qu'elle puisse regarder des dessins animés.

Tony : En effet.

Ziva : Et un verrou pour la porte du dojo.

Tony : Ziva, il y a déjà un verrou à la porte du Dojo.

Ziva : Il va lui falloir des jouets aussi.

Il s'approcha d'elle alors qu'elle semblait perdue dans ses pensées. Doucement il lui prit le visage dans ses mains en coupe et lui captura les lèvres. Interrompant ainsi ses angoisses de nouvelle maman.

Tony : On verra ça demain mon amour.

S'avouant vaincue et emportée par les caresses de son amant, Ziva le suivit jusqu'à sa chambre, puis elle décida de prendre les commandes, le jeune italien décida de la laisser faire avec un plaisir non dissimulé.

TBC