Chapitre 32 Dure journée
Domicile de Tony et Ziva. 5h00.
Dans la cuisine, la jeune femme préparait du café, dehors il faisait encore nuit, la pluie martelait les carreaux et l'orage était à deux doigts d'éclater. Elle avait passé la nuit avec Tony mais avait cauchemardé, peu avant que Jack ne lui saute dessus pour la réveiller. Abandonnant Tony, elle avait enfilé un jogging et était descendue à la cuisine avec l'animal. Soudain un mouvement dans le couloir la fit sursauter.
Ziva : Tony…
Tony : Shalom.
Il lui vola un baiser et prit la direction de la machine à café. Il prit le temps de se servir et se tourna vers elle.
Ziva : Je suis désolé si Jack t'a réveillé.
Tony : Ce n'est rien. Tu ne vas pas aller courir par ce temps ?
Ziva : Si…
Tony : Ziva… C'est dangereux.
Ziva : Je suis assez grande pour prendre soin de moi.
Tony : Ziva…
Ziva : Ne fais pas ça Tony.
La voix de la jeune femme était suppliante, et il ne put s'empêcher de détourner le regard pour regarder la pluie qui tombait drue. Et d'un coup l'orage éclata.
Tony : Tu n'iras pas courir Ziva !
Il l'avait dit, l'ordre était tombé comme un couperet, et il prit Ziva à la gorge. Elle ne pouvait pas désobéir à un ordre direct de Tony, mais elle n'en pensait pas moins. Brusquement elle lança sa tasse de colère dans l'évier et celle-ci se brisa en mille morceaux. Ce n'était pas tant la nature de l'ordre qui la gênait mais le fait qu'il y est eu recours. Quittant la pièce, elle se saisit de son sac à main et de son arme dans l'entrée et quitta la maison avec Jack. Il savait qu'elle n'irait pas courir, elle ne pouvait pas désobéir. Elle trouverait un endroit à l'abri, au travail ou chez Gibbs.
NCIS Office. 14h00.
Abby monta à l'étage et se positionna devant le bureau de Ziva, n'esquissant aucun mouvement pour attirer l'attention de Ziva. Pourtant celle-ci finit par relever la tête.
Ziva : Abby ?
Abby signa un désolé et Ziva fronça les sourcils.
Abby : Je suis désolé, je sais que je n'aurais pas du faire ça, mais le professeur Lambert aimerait te rencontrer, il nous a aidé…
Ziva : ABBY ! Stop ! Tu vas trop vite ! Je n'ai rien compris.
N'ayant pas le courage de se répéter, la jeune femme préféra utiliser le langage des signes. Et Tony put voir doucement la colère se peindre sur les traits de sa compagne. Pourtant il ne préféra pas intervenir pour ne pas compliquer les choses. Ziva était toujours fâchée contre lui pour ce qui s'était passé le matin. Il préféra donc la laisser se débrouiller.
Ziva : Non !
Abby : Mais c'est grâce à lui qu'on a compris le code. Il veut juste parler un peu mathématique avec toi.
Tony : Elle ne parle jamais mathématique avec personne.
Ziva : D'accord ! J'accepte de le rencontrer. Mais pas longtemps. Et il ne saura rien de mes travaux.
Abby : Oh ! Merci ! Merci ! Merci !
La jeune israélienne leva les yeux vers son mari et le mit au défi de le lui interdire.
Tony : Ziva, viens avec moi. Et ça n'est pas un ordre.
Pourtant la jeune femme s'exécuta et le suivit en silence jusqu'à la salle de repos. Par chance celle-ci était vide.
Tony : Tu vas m'en vouloir longtemps ?
Ziva : Oui ! Tu n'avais pas le droit de…
Tony : Je l'avais ! Je l'ai ! Tu me l'as donné ! Et je ne le fais jamais sauf pour te protéger. Alors maintenant tu as deux solutions, tu vois je te laisse le choix, alors soit tu cesses de bouder comme une enfant et on en parle plus, soit tu me dis, la vraie raison qui te pousse à bouder.
Ziva : Je ne boude pas !
Tony : Si !
Ziva : J'ai envie de te crier que je te déteste !
Tony : Mais tu es incapable de me détester. Je sais que c'est frustrant pour toi.
Il y eu un instant de silence, il lui laissait le temps de prendre ses propres décisions pour ne pas la contrôler plus qu'il ne le faisait déjà.
Ziva : J'ai peur de ne pas y arriver avec Louanne. J'ai peur que ça brise notre équilibre. On a si peu vécu ensemble. A peine deux ans sur un mariage de presque quatorze ans, et encore on ne partage même pas le même lit.
Tony : Ca, ça peut se négocier.
Ziva : Non je ne veux pas que ça change. Je ne veux plus de changement.
Tony : La vie est imprévisible, belle américaine.
Elle grimaça mais n'ajouta rien. Elle savait qu'il avait raison. La vie était imprévisible et elle le lui avait déjà prouvé plus d'une fois. Il esquissa un sourire, et la prit dans ses bras, la serrant contre lui. Juste assez pour sceller leur accord.
Tony : On devrait… Non tu dois aller voir ce professeur Lambert.
Ziva : Je regrette d'avoir accepté.
Tony : Ca pourrait peut être te faire du bien d'étudier un peu les mathématiques sous un autre angle.
Ziva : Je ne sais pas, je verrais.
Université. Département de mathématique. 15h30.
L'amphithéâtre était entrain de se remplir, un cours allait bientôt débuter, elle se sentait pas tellement à sa place, elle était là debout, son sac à l'épaule, son chien à ses pieds. Elle resserra sa prise sur sa laisse et prit une décision. Elle descendit les marches jusqu'en bas et s'installa au plus près de l'estrade.
Ziva : Jack ! Couché ! Ne bouge pas.
Ziva attendit que le chien se couche et elle lui retira sa laisse. Roulé en boule, le chien laissa échapper un gémissement avant de s'endormir. Quand l'amphithéâtre fut plein, Ziva sortit son cahier que Gibbs lui avait rendu avec toutes les affaires saisis chez eux puis attrapa un crayon. Un homme, le professeur, très certainement le dénommé Lambert, qu'elle devait rencontrer, entra dans la pièce et prit une craie pour écrire sur le tableau noir, une formule mathématique non résolue. Puis il se tourna vers son oratoire.
Lambert : Alors, voilà ce que je vous avais demandé de résoudre la semaine dernière. Quelqu'un a-t-il la solution ?
Ziva observa l'équation en penchant la tête intriguée, puis elle se tourna vers l'amphi. Personne ne semblait vouloir lever la main. Ziva hésita, puis leva la main.
Lambert : Mademoiselle ?
Ziva : Je crois… Je crois que je peux la résoudre.
Elle se leva et se tourna vers Jack lui donnant une nouvelle fois l'ordre en hébreu de ne pas bouger. Puis elle prit la craie que lui tendait le professeur. S'approchant du tableau, elle se mit à rédiger une série de chiffres et de lettres, solution de l'équation face à elle. Emporter dans son élan elle rédigea des caractères en hébreu avant de les effacer d'un mouvement de paume avant de recommencer en anglais. Elle se tourna ensuite vers le professeur.
Lambert : Bravo mademoiselle… ?
Ziva : Madame Ziva David-DiNozzo.
Lambert : Oh… euh… Attendez-moi à la fin du cours, s'il vous plait. Je ne vous attendais pas si tôt.
Ziva hocha la tête et rejoignit sa place, pour « écouter » le reste du cours. Peut-être que finalement Tony avait raison. Prendre quelques cours à l'université ne lui ferait pas de mal ou alors la changerait au moins d'air. Et puis non, ce qu'elle voyait l'ennuyait. Le cours se termina et Ziva rassembla ses affaires avant de se diriger vers le bureau du maitre de conférences avec Jack pendant que la pièce se vidait. L'homme se mit à s'exprimer à une vitesse folle. Et elle ferma les yeux.
Ziva : Doucement ! Regardez-moi !
Elle rouvrit les yeux et le regarda droit dans les yeux avant de redescendre vers ses lèvres.
Ziva : Professeur Lambert, je suis sourde. Si vous continuez à ce rythme sans me regarder, je ne vais pas comprendre.
Lambert : Pardonnez-moi. C'est juste qu'un tel travail pour isoler un algorithme à une suite aléatoire alphanumérique c'est juste…
Ziva : Stop ! Je n'ai aucune idée de quoi vous me parler !
Lambert : Vous plaisantez ?
Ziva : Non.
Lambert : Votre cahier, celui que mademoiselle Sciuto m'a apporté. C'est de ça que je vous parle. Votre théorie est absolument géniale. Comment avez-vous appris à faire ça ?
Ziva : Dans les livres.
Lambert : Impossible, personne ne traite de ce genre d'algorithme.
Ziva : Les bases sont dans les livres. Il suffisait juste de s'en servir.
Lambert : Juste ? Vous plaisantez ! C'est du génie à l'état pur, je donnerais n'importe quoi pour avoir une élève comme vous.
Ziva : Je regrette, j'ai déjà un travail, on peut même dire deux d'une certaine façon. J'ai aussi une petite fille et un mari. Je n'ai pas le temps.
Lambert : Permettez-moi, de discuter un peu avec vous alors.
Ziva : Une prochaine fois. Je n'ai pas fait attention à l'heure, Gibbs va me tuer. Jack !
TBC
