Chapitre 33 Proximité

Un mois plus tard…

Noël approchait à bon train et l'équipe avait pu voir une Ziva surexcitée par les préparatifs de la fête. Essayant d'en comprendre les tenants et les aboutissants pour sa fille. Cette enfant qui partageait la vie du couple dorénavant. Bien que juifs tous les deux, ils avaient décidé de ne pas déraciner l'enfant de ses rituels et habitudes. Mais si Tony était au courant de tout depuis l'enfance, elle ne connaissait absolument rien. Tony avait donc trainé la jeune femme dans les boutiques du centre ville. Tout était orné de décorations, et jusqu'ici elle ne s'y était pas vraiment attardée. Mais là tout semblait magique. Les lumières, les odeurs… elle regrettait de ne jamais avoir prit le temps par le passé d'écouter les chants de Noël. Mais qu'importe… Elle était heureuse… Elle avait Tony… elle avait une famille… Elle avait des amis… Tout semblait tellement parfait. Installé à son bureau, Tony la vit entrer dans la pièce avec Jack. La jeune femme secoua la tête pour se débarrasser des derniers flocons coincés dans sa crinière bouclée. Libérant le chien, elle retira son manteau rouge et esquissa un sourire à Tony. McGee les observa faire. Depuis la fête pour leurs quatorze ans de mariage et l'adoption de Louanne, il avait l'impression d'avoir retrouver ses collègues avec l'intensité de leur relation au retour de Somalie et leur complicité d'avant. Au boulot et même quand l'équipe sortait prendre un verre, ils ne semblaient être que des amis, si on ne prenait pas en compte le fait qu'ils partaient et rentraient du travail ensemble. Jack s'était bien accommodé de sa maitresse, et la suivait comme son ombre. Dans leurs enquêtes, celui-ci se montrait utile, il était les oreilles de Ziva et parfois même un membre de l'équipe. Quoi de mieux qu'un chien pour rattraper un suspect, et autant dire que l'animal y prenait un véritable plaisir. Ziva et lui avaient développé une complicité sans accro, qui rendait parfois Tony jaloux, tout au moins il le faisait remarquer. Mais maintenant que le jeune agent connaissait mieux ses collègues, il savait que ça n'en était rien. Il enviait même une telle relation fusionnelle. La sensation de ne jamais être seul, de toujours pouvoir compter sur quelqu'un que se soit au travail ou dans la vie de tous les jours, devait être quelque chose de particulièrement précieux, de beau. Ziva s'installa à son bureau, elle avait passé la matinée à l'université avec le professeur Lambert. Elle assistait régulièrement à des cours, elle avait même installé un tableau noir dans leur salon pour travailler tranquillement. Tony entendait d'ailleurs régulièrement pester le week-end quand Louanne effaçait une partie de ses calculs pour laisser un petit dessin ou un gentil mot, mais jamais Ziva n'avait puni l'enfant pour ça. D'autant que le tableau ne lui servait la plupart du temps que de support, puisqu'elle gardait les calculs en mémoire sans vraiment de difficulté. Il ne l'avait vu qu'une fois se prendre la tête avec les chiffres. Parce qu'il l'avait ouverte sur un domaine qu'elle ignorait.

**Flashback**

Appartement d'Anthony DiNozzo. Washington D.C.

La jeune femme avait tiré son tableau noir que Tony rangeait dans un de ses placards pour elle, au milieu du salon puis s'était assise sur le dossier du canapé, observant celui-ci avec perplexité. Tony la rejoignit et lui tendit une tasse de café.

Ziva : Toda.

Tony :Al-Lo-Davar.

Elle but une gorgée puis lui rendit la tasse. Se levant elle approcha du tableau, effaça ses calculs d'un revers de main. Puis s'essuya le reste de craie sur son pantalon noir.

Tony : Tu t'en sors ?

Ziva :Savlanout.

Tony : Je suis patient, Ziva.

Ziva : Tu es sûr que ça, ça nous mènera quelque part ?

Tony : Oui.

Ziva : Tu veux un algorithme pour pirater les ordinateurs la CIA, Le Mossad, et les autres… C'est de la folie. Qu'est ce que tu cherches DiNozzo ?

Tony : A faire une liste.

Ziva : Tu ne veux pas faire ce que je crois ?

Tony : Il le faut !

Ziva : Tu vas nous faire tuer.

Tony : Je fais ce que j'ai à faire pour nous protéger. Tu es ma femme, je n'ai pas le choix.

Ziva : C'est vrai ! Nous sommes mariés, mais je sais m'occuper de moi.

Tony : Vraiment ? Ziva, tu es incapable de t'occuper de toi.

Ziva : Je m'en suis très bien sortie sans toi en Israël !

Tony : Vraiment ? Je t'ai récupéré détruite.

Mal à l'aise, elle se leva et concentra de nouveau son attention sur le tableau noir. Elle fuyait cette discussion depuis longtemps, elle ne voulait pas avoir cette discussion alors elle se reporta sur le tableau, les chiffes, les nombres, les équations, la valse des nombres.

Ziva : Tony redonne moi les paramètres, et pas de langage informatique, je veux des mathématiques pures et dures.

Tony : Je ne suis pas mathématicien, moi !

Ziva : Tu en as des notions et je ne suis pas informaticienne moi !

Tony : Oui, je sais ça ! J'ai vu comment tu maltraites les ordinateurs au NCIS. Et surtout ce que tu as fais à mon portable !

Ziva : Je t'ai déjà proposé de t'en offrir un autre !

Tony : Alors on est quoi, Ziva ?

Ziva : Comment ça ?

Tony : On est complémentaire ou dans deux mondes différents ?

Ziva : Nous sommes ce que nous sommes, nous vivons dans le même monde par nos éducations, nous sommes des soldats Tony.

Tony : Et si pour une fois on pouvait enfin n'être que des êtres humains ?

Ziva : Nous ne le serons jamais.

Tony : Ziva David et son pragmatisme…

Ziva : Tu sais aussi bien que moi que ce n'est que la réalité des choses !

Tony : Je ne suis pas d'accord ! On a enfin une chance ici au NCIS !

Ziva : Une chance ! Tu parles ! Tout ça est bâtit sur des mensonges.

Leur froide dispute doucha Tony, plus que si les cris avaient fusés. Elle avait raison en un sens. Tout était bâtit sur des mensonges, le silence sur leur passé, le silence sur leur mariage, sur le fait même qu'ils se connaissaient depuis des années, et pourtant il voulait y croire. Il reposa une nouvelle fois le regard sur l'israélienne. Concentrée, elle semblait avoir trouvé une ébauche de solution si on prenait en compte sa vitesse de rédaction.

Tony : Oula doucement Ziva ! Repasse sur les chiffres normaux.

Elle se retourna et fronça des sourcils.

Tony : Tu sais les chiffres arabes ! Ceux utilisés par la plupart des gens sur cette planète.

Elle se retourna vers le tableau, puis une nouvelle fois vers lui.

Ziva : Tu connais l'hébreu !

Tony : Je parle l'hébreu, je l'écris très mal et de là à faire des mathématiques dans ta langue alors que j'ai déjà du mal à te suivre dans la mienne…

Ziva : D'accord, d'accord… Il n'empêche que tes paramètres sont tordus.

Tony : Je sais, mais on doit faire avec. Allez. Abandonne pour ce soir, je vois bien que tu es crevé.

Ziva : Oui. Je vais rentrer chez moi.

Tony : Il est trois heure du mat', tu vas te lever dans deux heures. Reste ici pour la nuit.

Ziva : Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée.

Tony : Crevée comme tu es, je ne profiterais pas de toi. Tu as besoin de repos, aller viens. Je vais te donner de quoi te changer.

Ziva : Comment tu peux te montrer aussi prévenant avec moi et aussi immature avec les femmes ?

Tony : Peut-être parce que les autres femmes ne sont pas toi.

Ziva : Nous ne sommes pas un couple…

Tony : Je sais. Mais tu es quand même ma Ziva.

**Flashback**

Ziva maltraitant son clavier, tira Tony de ses réflexions, et d'autant plus quand il entendit le flot de jurons hébraïques qui s'échappait de ses lèvres. Ce n'était pas du joli et ça le fit sourire. Il avait pourtant l'espoir qu'elle ne les apprenne pas à leur fille. Il quitta son bureau et le contourna pour se glisser derrière elle. L'encerclant de ses bras, il se mit à taper sur le clavier, le débloquant.

Ziva : Merci.

Et il s'éloigna d'elle à contrecœur pour reprendre sa place. La voir tous les jours, pratiquement vingt quatre heures sur vingt quatre n'avait fait qu'augmenter la dépendance entre eux deux, et là il ne l'avait pas vu de la matinée. Finalement ce n'était peut être pas un mal qu'elle reprenne les cours. Ce tel niveau de dépendance physique depuis des mois lui semblait un peu malsain.

Tony : McGee si Gibbs arrive, dit lui qu'on est partie déjeuner.

McGee : Mais…

Tony : C'est important.

Il se tourna vers son collègue de manière à être certain qu'elle soit incapable de lire sur ses lèvres.

Tony : Je dois parler avec elle d'un problème. Je ne peux pas le faire ici.

McGee : D'accord. Mais rapporte-moi un truc à manger.

Tony : Pas de problème. Merci.

Restaurant.

Ziva : Pourquoi on est là Tony ?

Tony : Tu ne trouve pas qu'il y a un problème ?

Ziva : Un problème ?

Tony : Entre nous.

Ziva : Tu ne vas pas partir ?

La détresse émotionnelle qu'il voyait dans ses yeux, lui fit mal. Il avait l'impression de la revoir à son retour de Somalie. A l'époque où quasiment plus rien ne la retenait sur Terre. Où elle avait été à deux doigts de tout lâcher. Où il avait failli la perdre pour toujours. Rien que cette idée lui révulsait le cœur et l'estomac. Et il ne put s'empêcher de lui prendre la main par-dessus la table. Elle mêla ses doigts aux siens.

Tony : Je t'aime Ziva, et je ne vais pas partir, mais il faut rectifier les choses entre nous. Ta présence est comme une drogue pour moi depuis Olympique. Tes absences sont douloureuses et si on ne reprend pas nos distances on va se faire du mal.

Ziva : Je… Je ne sais pas.

Tony : Ziva, si on ne change pas cet état de fait, Gibbs va nous séparer au travail.

Ziva : Je ne veux pas.

Tony : Moi non plus.

Ziva : Tony, on vit ensemble, on bosse ensemble, comment veux-tu qu'on s'éloigne ?

Tony : L'université c'est déjà un bon point.

Ziva : Finalement j'aime bien y aller.

Tony : Je sais.

Ziva : Sérieusement, le vieux Lambert est un peu dingue, mais j'aime bien travailler avec lui. Bon il a un peu de mal à me suivre mais il comprend déjà mieux les maths que toi.

Tony : Je suis heureux pour toi.

Ziva : Je sais. Il y a une réunion ce soir à l'école de Louanne. Tu viens ?

Tony : Vas-y sans moi. Le directeur…

Ziva : D'accord. Tu me feras un compte rendu.

Tony : Toi aussi.

Ziva : Tony, peu importe ce que tu essayes de faire, toi et moi on est indissociable.

TBC