Chapitre 34 Et un matin tout s'effondre

NCIS Office. Le lendemain.

McGee : Alors Ziva cette première réunion parent-prof ?

Ziva : Hum, c'est étrange. Les gens… Les parents… A croire qu'ils non jamais vu de parents agents fédéraux.

Gibbs : Ils n'ont surtout jamais vu de femmes comme toi, Ziva David DiNozzo.

McGee : Et pour ce qui est de la scolarité de Louanne ?

Un sourire se dessina sur les lèvres de l'israélienne à l'évocation de sa fille. La jeune femme était tellement fière de l'enfant.

Ziva : C'est une bonne élève.

Gibbs : Et si vous terminiez vos rapports !

Ziva : Oui patron.

Pourtant elle ne baissa pas les yeux, intriguée par le regard que Gibbs portait à l'ascenseur. La jeune femme se tourna et se leva brusquement de son fauteuil, envahis par une peur et une angoisse incontrôlable, et elle y répondit par la colère.

Ziva : Officier Tali David !

La petite femme accéléra le pas et se posta devant Ziva, droite comme un i.

Tali : Tu sais qui je suis…

Ziva : Bien sûr ! Depuis le début. Tu croyais vraiment que Eli David pouvais me cacher quelque chose comme ça ? Je ne suis pas idiote !

Tony : Qu'est ce que tu veux, Tali ?

La jeune femme fit un demi-tour pour faire face à Tony mais d'un signe de la main, il l'incita à se tourner vers Ziva, puis contourna son bureau pour rejoindre sa femme. Gibbs fit signe à McGee de rester en retrait, ce qui se passait semblait ne pas les concerner. Il s'agissait de l'autre facette de ses agents. Tony et Ziva étaient debout dans des postures très militaires et faisaient face à la jeune israélienne avec autorité.

Ziva : Le directeur David ne me récupérera pas.

Tali : Je ne suis pas là pour ça.

Tony : Parle.

Tali : J'ai fait une cruelle découverte en rentrant en Israël ! Alaina…

Ziva : Quoi Alaina ?

Tali : Alaina est toujours en vie. Le directeur David est entrain de parfaire son éducation de soldat Athéna… Je suis désolé Ziva…

Tony avait posé son regard sur sa compagne et l'avait vu brusquement pâlir. Leur fille… Celle que Ziva avait crue morte pendant treize ans était en vie… Subissant le plus difficile des entrainements sous la coupe du pire Contrôleur qu'il soit. Tony et Ziva croisèrent leurs regards et agirent comme un seul homme, rassemblant leurs affaires. Gibbs se leva à son tour et d'un signe de tête, Tony indiqua à Ziva que Gibbs semblait vouloir dire quelque chose.

Gibbs : Je peux savoir ce que vous faîtes ?

Ziva : Nous allons la chercher.

Gibbs : C'est hors de question ! Tu n'iras pas là-bas, Tony ! C'est un piège.

L'ordre était direct et Tony se figea.

Tony : On en a conscience Gibbs, nous ne sommes pas idiots.

Gibbs : C'est ce que j'ai cru comprendre ses derniers temps.

Ziva : Gibbs, c'est notre fille, notre sang. As-tu une idée de l'entrainement qu'elle est entrain de recevoir ?

Tony contourna son bureau et posa la main sur l'épaule de Ziva, la jeune femme releva la tête puis se tourna vers McGee.

Ziva : McGee, garde Jack pour moi quelques jours.

McGee : D'accord.

Tony : Tali, loi numéro cinq.

Tali : Je vous suis.

Elle avait répondu de mauvais gré. Elle qui voulait retourner au Canada avec Catherine se retrouvait coincé dans les lois qu'on lui avait enseigné depuis le début. Impossible de désobéir à une des règles en vigueur. Impossible pour elle de vivre sa vie comme elle l'aurait aimé. Si Ziva avait Tony, elle était désespérément seule.

Domicile de Tony et Ziva. Dojo. Deux heures plus tard.

Gibbs descendit les marches du Dojo avec une impression de déjà vu. Ziva et Tony étaient là, fouillant dans les placards, et Tali attendait un peu plus loin, mal à l'aise de se trouver là.

Gibbs : DiNozzo…

Tony : Je t'en prie Gibbs, c'est ma fille… Tu as bien vengé la mort de la tienne…

L'évocation de sa défunte fille fut comme un poignard dans le cœur du vieil agent, mais il ne dit rien, encaissant en silence.

Gibbs : J'ai bien réfléchit et nous irons chercher Alaina.

Tony : Nous ?

Gibbs : Oui nous. Toi, moi, Ziva et McGee, laisse Tali rentrer chez elle.

Tali : Non Gibbs… C'est mon devoir de…

Gibbs : C'est ton devoir d'être au coté de Catherine.

Tali hésita, et posa le regard du Tony. Elle savait que lui seul pouvait la défaire de ses devoirs.

Tony : Ta compagne…

Tali : La femme que j'aime, oui.

Tony : Parle-moi d'elle…

Tali : Elle est docteur, elle travail sur la surdité et forme sur son temps libre des chiens guide, c'est comme ça que Ziva a eu Jack. Elle est magnifique, et passionnée de cinéma. Je me demande d'ailleurs souvent comment elle fait pour regarder autant de film en travaillant 80 heures par semaine. Elle…

Tony : Je te libère de tes devoirs Tali David. Rentre chez toi.

Elle suivit son regard, celui-ci se posa sur Ziva qui fouillait dans le placard sans se soucier de la conversation en cours.

Tali : Je pars en paix, je sais qu'elle est en sécurité avec toi. Elle est tout ce qui me reste. Je peux demander une dernière chose.

Tony : Parle.

Tali : Trouvez ma nièce, sauvez la de cette vie cruelle. Qu'au moins un David est la chance d'avoir une vie heureuse et sereine.

Tony : Je le ferais. Maintenant file.

Tali David inclina la tête et quitta la demeure en courant, de peur que quelqu'un ne change d'avis. Elle voulait rentrer au Canada. Rejoindre sa compagne et se blottir contre elle, dans la chaleur de ses bras. Et puis elle devait réviser un peu ses examens étaient dans moins de deux semaines et elle n'avait pas encore ouvert un seul livre. C'est à ce moment que choisit Ziva pour faire face à Tony.

Ziva : Ou est partie Tali ?

Tony : Chez elle. Gibbs et McGee viennent avec nous.

Ziva : Je refuse…

Tony : Ils viennent !

Ziva : Comme tu le sens mais tu vas devoir créer deux nouvelles identités.

Tony : Tu as trouvé les nôtres ?

Ziva : Oui. Antoine et Lily De Beaumont. C'est la seule identité qui colle au voyage.

Tony : D'accord. Gibbs attend nous à l'étage, s'il te plait, et demande à McGee de confier Jack et Jethro à Abby.

Gibbs hocha la tête laissant la tête des opérations à ses deux agents qui semblaient être à leur place dans ce genre de mission.

Ziva : C'est de la folie douce ! On ne peut pas risquer leurs vies.

Tony : Ils ont fait leur choix. Et je ne veux pas avoir à faire avec un autre ordre direct. Grrr ! Je déteste ce que nous sommes.

Ziva : Nous sommes ce que nous sommes, et devons faire ce qui doit être fait.

Tony : Je le sais figure toi !

Ziva : On ne va pas commencer à se disputer !

Tony : Non tu as raison. C'est juste que ça m'énerve ! Rien que d'imaginer ce que la petite a vécu… Je tuerais volontiers ton père !

Ziva : Fait-le.

Elle avait dit ça avec un tel dédain. Et il comprit qu'elle avait définitivement coupé tout lien avec celui qui était son géniteur mais aussi son Contrôleur pendant la majorité de sa vie. Eli David devait définitivement avoir poussé le bouchon trop loin parce que lui-même gardait une forme de lien avec Keller contre son gré mais pour Ziva, il était désormais le seul à la contrôler totalement. Soudain une hausse brutale de tension, provoqua une surcharge électrique et l'ampoule explosa dans un éclair de lumière blanche. Dans un mouvement de terreur et de reflexe, Ziva se recroquevilla sur elle-même emportant Tony dans son élan. Pourtant après quelques secondes, il se rendit compte que Ziva ne se relevait pas, en boule sur le sol, les mains sur ses oreilles, elle tremblait comme une feuille, crispée, elle empêchait les cris de sortir de sa bouche pour ne pas que Tony la laisse en retrait. Pourtant elle se savait incapable de bouger, terrifiée, pétrifiée par la douleur qui venait de son subconscient. Soudain dans les méandres de ses souffrances, elle sentit une main chaude se poser sur sa nuque, et lui caresser la naissance des cheveux avant que deux bras musclés ne la serre. Elle se laissa aller dans les bras de Tony. Le corps de la jeune femme tressaillit dans quelques sanglots silencieux, il l'a laissa faire, elle en avait besoin. Il avait vu la douleur, la colère, la noirceur qui ternissaient sa vie dans ses quelques manières de l'exprimer. Comme certaines de ses toiles, parfois dans certains de ses symboles mathématiques qu'elle laissait sur son tableau…

TBC