Chapitre 38 Complot au sommet
Bureau d'Eli David.
Eli : Alors ?
Netanel : Votre plan à marcher parfaitement du début à la fin.
Eli : Je vous l'avais dit. Tali n'est qu'un agent de second ordre, et elle a la notion de famille, je savais qu'elle ferait passer l'information.
Netanel : Mais comment pouviez vous savoir que l'agent David et l'agent DiNozzo viendraient la chercher ? Ils sont des agents Athéna. Vous l'avez dit vous-même.
Eli : Parce que leur entrainement a foiré au moment où leurs routes se sont croisés.
Netanel : Vous voulez dire qu'ils éprouvent des sentiments ? C'est impossible !
Eli : Et pourtant…
Netanel : Des âmes sœurs…
Eli : Ne dites pas n'importe quoi…
Netanel : Alors qu'est ce qui s'est passé d'après vous ? On ne court-circuite pas un entrainement de cette teneur, avec un tel bridage émotionnel, juste par plaisir.
Eli : Contactez l'officier Cohen Solal à Washington, je la veux dans mon bureau demain matin.
Netanel : Tali est à Montréal, monsieur.
Eli : Faites là venir et envoyez un agent du Metsada pour s'occuper de Catherine Saint-Georges.
Netanel : Mais monsieur…
Eli : C'est un ordre.
Netanel : Bien monsieur.
Eli : Cette fois je vais reprendre la lignée de David en main. Et d'une manière ou d'une autre, le NCIS ne gardera pas Ziva.
Netanel : Pourtant votre agent est imparfait monsieur. Il faudrait la détruire.
Eli : Cet agent est mon sang, Netanel. Et elle peut être un atout quand Alaina reviendra avec elle.
Netanel : Et l'agent DiNozzo ?
Eli : Alaina a des ordres. Je sais qu'elle les respectera. C'est une David.
Netanel : Vos filles aussi sont des David, sans vouloir vous manquer de respect… Monsieur.
Eli : Vous aussi avez des ordres à ce que je sache !
Aérodrome privé.
Ziva gara brusquement le 4x4 noir sur le bas coté de la piste d'atterrissage et donna une nouvelle fois un ordre sec à ses collègues et amis. Les obligeant à rester dans le véhicule. Jetant un œil à l'arrière, elle vit que son enfant était toujours inconsciente sa tête reposant sur les genoux de Tony et ses jambes sur ceux de McGee. Hochant la tête pour se convaincre elle-même, elle stoppa la voiture, et rejoignit Netanel sur la piste qui l'attendait au pied d'un petit jet, dont les moteurs ronronnaient doucement.
Netanel : Ziva…
Ziva : On peut partir ?
Netanel : Oui. Le pilote à ses ordres. Vous serez parachuté en pleine mer méditerranée, j'espère que vous avez bien prévenu le navire américain qui va vous récupérer.
Ziva : Ne t'inquiète pas pour la suite. Merci pour l'aide.
Netanel : De rien. Faites bon voyage.
Pendant que Netanel s'éloignait après avoir embrassé Ziva sur les joues, la jeune femme attendit quelques instants avant de signer à l'italien qu'il pouvait venir avec les autres. Quelques instants plus tard, elle les vit quitter l'habitacle de la voiture, Tony portant dans ses bras, l'enfant comme si c'était la chose la plus précieuse qui soit. Montant à bord, il ne fallut ensuite que quelques minutes pour que le décollage se fasse.
Avion.
Assise contre le fuselage, Ziva regardait avec défiance l'enfant qui dormait non loin d'elle. Et la ressemblance entre sa femme et sa fille le frappa. Un carré de boucle brune, un visage en forme de cœur, Alaina était le portrait craché de sa mère hormis ses yeux clairs qu'elle avait hérité de lui. Se redressant il posa la main sur l'épaule de Ziva qui se tourna vers lui. Ses cheveux relevés en chignon, elle se moquait que Gibbs ou Tony puisse voir sa cicatrice, elle avait confiance en eux, elle laissait donc parfois ses faiblesses apparentes.
Tony : Qu'est ce que tu ressens ?
La question la surprit, d'habitude, il ne posait jamais ce genre de question. Il savait ce qu'elle ressentait, il la connaissait avec une profondeur parfois déconcertante. Elle l'observa à son tour, avant de poser son regard sur Gibbs assis à coté de son mari. Puis sur McGee qui semblait dormir aussi plus loin.
Ziva : Je suis angoissée... Je suis angoissée, mal à l'aise et soulagée. Alaina va avoir douze ans. A cet âge là, mon entrainement était bien avancé et ma dépendance à mon Contrôleur était grande, mais à la différence d'elle, j'avais Ari et Tali.
Elle le vit retenir une grimace. Ari Haswari était un sujet qui fâche entre eux, en général ils préféraient, tout simplement pas aborder le sujet. Elle préféra pourtant ignorer sa gestuelle, pour ne pas risquer un conflit qu'elle ne voulait pas. Elle avait trop manqué de le perdre ses derniers temps.
Ziva : Alaina n'avait personne d'autre qu'Eli David. J'ai peur que son réveil et son retour à la réalité soit difficile. J'ai peur d'une fracture psychologique.
La main de Tony posée sur son genou esquissa un mouvement avant de s'interrompre et Ziva lui répondit en hochant imperceptible la tête. Pourtant l'échange silencieux entre ses deux agents n'échappa pas à Gibbs. Bien que tous sachent maintenant pour eux, le couple avait gardé une certaine pudeur, ils avaient les mêmes réactions que par le passé, ne laissant apparaitre que les signes de leur amitié. Voilà ce qu'ils étaient pour un regard extérieur, des collègues, peut-être des amis, et parfois une certaine jalousie ou possession au détour d'un regard. La sensation d'un amour naissant pour certain comme l'avait pensé Abby, mais jamais ai qu'ils étaient mariés depuis tant d'années.
Tony : On va y arriver.
Ziva : Tu es toujours trop optimiste.
Tony : Et toi trop pessimiste.
Ziva : On fait la paire. Je ne veux pas qu'elle vive sans amour. C'est trop dur, mais vivre avec ça fait si mal… Tony, tu as pensé à Louanne ?
Tony : Louanne sera très contente d'avoir une sœur ainée.
Ziva : Et si elle lui faisait du mal. Tony, notre fille est une tueuse.
Tony : Je le sais figure toi.
Cette fois, l'italien était irrité. Il était agacé face aux certitudes que lui renvoyait la jeune femme. Ziva s'en rendit compte et se renfonça dans le fond de son siège. Gardant pour elle ses inquiétudes. Quand la voix du pilote résonna dans l'habitacle.
Pilote : Nous serons dans sept minutes au dessus de l'espace de largage. Préparez vous.
Comme un seul homme, Tony et Gibbs se levèrent pour distribuer les parachutes, mais alors que Ziva, Tony et McGee s'équipèrent, Gibbs attendit afin de pouvoir parler à son agent.
Gibbs : Tu es sûr de toi ?
Tony : Et toi ? Tu crois vraiment que j'ai le choix ? C'est mon enfant. Mon ADN, elle est ce qu'elle est par ma faute et celle de Ziva. Elle n'aurait pas du naitre. Une enfant comme elle ne devrait pas exister. Et quand on voir ce que des agents surdoués peuvent faire, je n'ose imaginer sa puissance.
Sur ses quelques mots, il attacha Alaina à lui et se prépara à sauter.
TBC
