Chapitre 44 Réveil douloureux

Je suis une âme généreuse aujourd'hui, je vous mets deux chapitres, je peux me le permettre maintenant que j'ai terminé d'écrire cette fanfic qui me tenait tant à cœur.

Le lendemain.

Tony installé dans le fauteuil regardait sa compagne essayer de sortir de son sommeil médicamenteux. Il lui fallut encore une bonne demi heure avant d'ouvrir les yeux une bonne fois pour toute. Elle tourna la tête sentant sa présence. Et elle ne put que tomber sur son regard contrarié. Tony contractait la mâchoire d'agacement.

Tony : Ne me refait jamais ça Zi.

Ziva : Je suis désolé. Je ne voulais pas…

Tony : Je sais. C'est juste que j'ai eu si peur. Je crois que toi et moi, on a besoin de vacances.

Ziva : Alaina… et Louanne…

Tony : Je vais voir avec Gibbs. Mais il est clair que tu as besoin de vacances.

Ziva : Laisse Gibbs en dehors de nos affaires.

Tony : Tu sais très bien que c'est impossible. Tu es toi-même incapable de me laisser en dehors de tes problèmes.

Ziva : Ca c'est parce que tu es mon mari.

Tony : Et ton Contrôleur.

Ziva : Etrange relation que nous avons.

Tony : Je sais mais c'est la notre.

Ziva : Tu crois qu'un jour, ils comprendront ce que nous sommes ?

Tony : Je ne sais pas. C'est peut-être mieux comme ça. Ils ne comprendraient pas.

Elle sortie doucement de son lit et se hissa sur les genoux de son compagnon pour lui voler un baiser. L'échange était intense et Ziva passa ses bras autour du cou de Tony, mais celui-ci stoppa sa course en lui attrapant le poignet bandé. Observant le long bandage blanc, il posa ensuite ses yeux sur la jeune femme qui rougit violement face à son acte.

Ziva : Je ne voulais pas mourir, je te le promets. C'est juste que…

Tony : Tu ne le sais même pas toi-même.

Ziva : Ma vie est un désastre, Tony. Comment peux-tu encore me désirer ?

Tony : Tu es très belle. Il n'est pas difficile de te désirer.

Ziva : Ne dis pas n'importe quoi.

Tony : Si tu savais à quel point je te désire. Je me fiche de tes cicatrices, de ta surdité, tu pourrais être dans siège roulant que ça ne changerait rien au fait que tu es ma femme et que je t'aime. Je t'aime depuis le jour où j'ai croisé ton regard alors que tu n'avais que 17ans et je t'aimerais jusqu'à la fin.

Il se saisit du corps de la jeune femme, et l'attira à lui, collant son corps contre sien, lui volant un baiser.

Ziva : Je t'aime aussi Tony.

Tony : On est à l'hôpital.

Ziva : Et alors ?

Morgue. NCIS. Quelques jours plus tard…

Ziva faisait les cent pas, nerveuse. Elle n'aimait pas la tournure qu'avait prit cette convocation, seule, sans Tony. Elle savait que ça avait à voir avec les derniers évènements. A ce souvenir, elle passa une main le long de son bandage et posa les yeux sur Jack qui était couché près de la sortie. Il n'aimait pas particulièrement être à la morgue. L'odeur des corps le rendait nerveux. Et pourtant il avait refusé de rester à l'étage avec Tony, comme s'il avait sentit que sa maitresse avait besoin de soutien moral. Ducky entra dans la pièce avec un support contenant de gobelets de café en carton, il fit un geste pour essayer d'attirer l'attention de la jeune femme, mais celle-ci l'avait clairement vu, elle se contentait juste de l'ignorer. Il s'approcha d'elle, mais au moment où il allait poser la main sur son épaule pour la faire stopper, elle recula instinctivement, refusant d'être touché. Ce n'était pas la première fois qu'elle avait ce genre de reflexe, mais elle préféra ne pas y penser pour ne pas faire remonter de mauvais souvenirs de son séjour dans le désert du Sahara.

Ducky : Ziva assied toi, s'il te plait.

De mauvais gré, elle accepta la chaise qui lui proposait.

Ziva : Je suppose que je suis là pour parler de ça !

Elle lui montra son pansement qui recouvrait une bonne partie de son avant bras.

Ziva : Je n'ai pas essayé de me suicider !

Ducky : Alors pourquoi l'avoir fait ?

Ziva : Je voulais juste faire taire la douleur ! Et non je ne veux pas en parler. Je veux juste retourner travailler !

Ducky : Mais tu n'as pas le choix, sinon tu n'auras pas le droit de reprendre du service alors autant le faire et on en parle plus. Parle-moi de Tony.

Ziva : Quoi Tony ? Tu le connais aussi bien que moi.

Ducky : Je n'en suis pas si sûr, mais ce que je veux savoir c'est qu'est ce qu'il représente pour toi.

Ziva : (toujours sur la défensive) C'est mon mari ! Depuis 14 ans et le père de mes enfants !

Ducky : Et est ce qu'il te traite bien ?

Ziva : Il me traite comme une reine, maintenant on peut parler d'autre chose.

Ducky : Alors parle-moi de ta douleur.

Il la mettait au pied du mur, elle n'avait pas le choix que de parler sur un de ses deux jardins secrets, et elle semblait détester ça au vu de comment elle se trémoussait sur sa chaise, tordant ses doigts nerveusement. C'était Ducky, elle ne pouvait pas lui mentir comme elle avait menti aux autres psychologues qu'elle avait vus par le passé. Non elle lui devait la vérité, peut être pas toute la vérité mais la vérité quand même.

Ziva : La douleur physique et émotionnelle est présente constamment, tu es médecin, tu as vu mon corps et mon dossier médical.

Ducky : Pour la douleur physique oui.

Ziva : Je ne peux pas prendre des antidouleurs, je perdrais mon travail et ma faculté de raisonnement. Et j'ai besoin d'avoir les idées claires, il faut que je puisse faire mon travail et aussi assumer mon rôle à la maison.

Ducky : Et en quoi consiste ton rôle ?

Ziva : Tu le sais très bien.

Ducky : Mais je veux te l'entendre dire.

Ziva : Je dois être une mère, une bonne mère mais je ne suis pas sûre déjà d'être une bonne épouse, alors une mère… Je les aime, Ducky, mais je suis incapable de leur dire. Et Alaina qui me déteste. Je ne sais plus quoi faire.

Ducky : Tu en as parlé avec Tony ?

Ziva : Je ne peux pas lui dire ça. Je ne peux pas lui dire que je suis incapable d'assurer. Je suis déjà une charge pour lui. Je suis incapable de prendre une décision seule. J'ai besoin de son approbation constante et j'en suis malheureuse. Pourquoi lui arrive-t-il à prendre ses propres décisions malgré son Contrôleur et pas moi. Au lieu de ça, je suis juste un boulet. Je suis sourde, dépendante et mauvaise mère. Je ne suis plus vraiment un agent Athéna, et je ne suis pas non plus une femme normale. Je dois être quoi dans le schéma du monde ? Tu peux me le dire ?

Ducky : Tu es Ziva David. C'est déjà quelque chose.

Ziva : Tu parles ! Plus je lutte pour trouver un sens à ma vie et plus je suis perdue.

Ducky : Alors essaye de prendre ta vie en main. Deviens qui tu veux être.

Ziva : Je veux être la Ziva d'avant, mais c'est impossible.

Ducky : Je suis sûr que tu ne veux pas être cette femme là. Regarde le chemin que tu as fait depuis ton arrivé au NCIS quand tu voulais sauver Ari. Tu étais tellement dépendante de ton Contrôleur de l'époque, tout en voulant sauver ton frère parce qu'il était un de tes seuls repères dans ce monde. Et puis tu as choisi de devenir libre. De rester en Amérique, de devenir un agent du NCIS, et tout ça tu l'as réussi.

Ziva : Et en contre partie je n'en suis que plus dépendante. J'ai simplement changé un Contrôleur par un autre.

Ducky : Moi je trouve que tu as gagné en autonomie. Qui a fait le choix de rester en Amérique ?

Ziva : Moi.

Ducky : Celui de devenir un agent du NCIS ?

Ziva : Moi.

Ducky : Et celui de devenir la mère de Louanne ?

Ziva : Moi, mais…

Ducky : Tu vois que tu es capable d'autonomie. Tony se contente juste d'appuyer tes choix. Est-ce qu'il te donne souvent des ordres ?

Ziva : Non, je déteste ça. Il le fait parfois pour ma sécurité quand je fais n'importe quoi.

Ducky : Je te trouve plutôt libre pour quelqu'un de dépendant.

Ziva : Merci Ducky. Je… Je dois y aller. Je te promets de revenir pour finir cette discussion.

Elle se leva brusquement et lui posa un baiser sonore sur la joue.

Ziva : Et apprend la langue des signes elle est plus riche pour communiquer.

Puis elle détala, s'engouffrant dans l'ascenseur avec Jack. Avec une joie de vivre qu'il n'avait pas vu sur son visage depuis longtemps.

TBC