Chapitre 46 Jalousie

Gibbs entra dans l'open space accompagné d'Alaina et Louanne. Les deux enfants étaient tellement dissemblables. L'une blonde aux yeux bleus la peau pale, l'autre brune aux yeux verts et la peau halée. Apercevant Ziva, Louanne se débattit pour lâcher la main de Gibbs et fonça dans les bras de la jeune israélienne en scandant des « maman ». Ziva la réceptionna et la serra contre elle. Mais la suite se passa très vite, trop vite peut être. Rongé par la jalousie, Alaina se saisit du 9 mm de McGee qui revenait d'une mission, se décala pour se retrouver en sécurité assez loin de Gibbs et McGee et pointa l'arme sur Louanne, réagissant sur à la même rapidité, Ziva glissa Louanne dans son dos et se retrouva dans la ligne de tir de sa fille.

Ziva : Alaina ne fait pas ça. Gibbs n'avance pas.

Elle voyait clairement et arrivait à anticiper les réactions de sa fille. Comme elle vit le tremblement parcourir sa colonne vertébrale, signe de nervosité.

Alaina : Pousse-toi d'elle.

Ziva : Louanne ne t'a rien fait.

L'enfant dans le dos de Ziva sanglotait, Ziva ressentait les spasmes de son petit corps contre le sien. Et apparemment le bruit rendait Alaina un peu plus nerveuse.

Alaina : Pourquoi ?

Sa fille biologique semblait en colère et avait expulsé sa rage dans ce simple pourquoi.

Ziva : Pourquoi quoi ?

Alaina : Ne joue pas à ça avec moi, Ziva David ! Pourquoi elle ? Pourquoi elle, elle a le droit à tout ça et pas moi ?

La jalousie. Apparemment sa fille venait de découvrir la puissance des sentiments à commencer par la jalousie. Sentiment le plus dévastateur. Elle-même avait du mal à le contrôler. C'est cette jalousie qui avait failli lui faire perdre Tony, cette jalousie qui avait manqué de lui faire perdre la vie. Une jalousie qu'encore aujourd'hui elle avait du mal à contrôler.

Alaina : Pourquoi Tony et toi m'avez abandonné là-bas entre ses mains ? Vous vouliez faire de moi un agent c'est ça !

Ziva : Non ! Bien sur que non. Alaina… Tu es ma fille ce n'est pas ce que je voulais pour toi.

Alaina : Alors pourquoi m'avoir laissé en Israël ?

Ziva : Je te pensais morte, assassinée à la maternité. Je pensais t'avoir enterré à Be'er Sheva. Alaina je t'en prie pose cette arme.

Alaina : Tu m'as laissé là-bas !

Ziva : Quand Tony et moi avons découvert que tu avais survécue. On a immédiatement voulu venir te chercher. Tony a même lutté contre son contrôleur pour ça.

Alaina : Pourquoi elle ? Pourquoi tu la prends dans tes bras ?

La jalousie rendait sa fille incohérente. Et elle-même s'empêtrait dans ses sentiments, comment lui faire comprendre ce qu'elle ressentait.

Ziva : Je te serrais aussi dans mes bras si tu m'en laissais la possibilité. Je ne désire que ça depuis que je t'ai revu. Je prends Louanne dans mes bras, parce que je l'aime. Louanne est ma fille.

Alaina : Mais elle n'est pas… Je…

Ziva : Je t'aime aussi. Tu es mon bébé, je t'ai porté pendant neuf mois. Comment pourrais-je ne pas aimer l'enfant à qui j'ai donné la vie. Cette enfant que j'ai conçu dans l'amour.

Elle vit la chair de sa chair hésiter avant de fermer les yeux, signe qu'elle se rendait. Rapidement, Gibbs lui retira l'arme avant de la rendre à McGee qui le remercia d'un geste de la tête.

Alaina : C'est vrai ? Tu ne dis pas seulement ça pour…

Ziva : Viens là.

Alaina avança d'un pas. Puis un autre mais se stoppa. Gibbs fit le tour des deux femmes pour prendre Louanne et s'éloigner avec elle. Ziva croisa son regard avec reconnaissance. Elle avait maitrisé Alaina pour le moment, mais elle savait qu'elle n'en était qu'au début de ses expérimentations sentimentales. Les choses ne s'apprendraient pas en un jour pour la petite fille. Il y aurait encore bien des moments difficiles.

Ziva : On va rentrer à la maison et discuter. D'accord ?

Alaina hocha la tête consciente que si elle parlait sa mère ne l'entendrait pas. Oui Alaina voulait rentrer dans cet endroit qui ressemblait le plus à un foyer pour elle. Elle s'était souvent demandé ce que ça faisait d'être aimé et d'aimer. Mais en même temps, c'est le sentiment d'avoir trahis qui l'envahie.

Le lendemain.

Le soleil se leva et Alaina quitta sa chambre pour descendre à la cuisine, il savait que son père se levait rarement avant le levé du soleil quand il ne travaillait pas. A la différence de Ziva qui était debout comme elle dès cinq heure du matin. Elle guetta la personne présente dans la cuisine et fut soulagé de découvrir qu'il s'agissait de Tony DiNozzo.

Alaina : Aba…

Tony se tourna vers l'entrée de la pièce une tasse de café à la main et sourit à sa fille.

Tony : Oui ?

Alaina : Je peux te parler ?

Tony : Bien sûr.

Il la vit regarder en direction du Dojo pour vérifier que sa mère n'était pas dans les parages.

Alaina : Ailleurs.

Tony : Tu veux aller à l'étage ou manger un morceau en ville ?

Alaina : On peut aller dehors ?

Tony : Va chercher une veste, je préviens Ziva.

Alaina : Elle ne va pas m'en vouloir ?

Tony : Bien sûr que non.

La jeune fille esquissa un sourire avant de courir jusqu'à sa chambre pour récupérer une veste à se mettre sur le dos. Tony lui, descendit au Dojo, sachant pertinemment qu'il y trouverait sa femme. Quand il arriva en bas de l'escalier, le spectacle qui s'offrait à lui, lui plaisait. Ziva était là, assise sur un tabouret de bar devant un chevalet. La toile représentait la ville de Jérusalem vu du ciel. Il pouvait clairement reconnaitre le célèbre dôme d'or du Rocher. Cette dernière était magnifique. Il s'approcha de la jeune femme et lui posa une main sur l'épaule, ayant senti sa présence et reconnu son odeur, la jeune femme esquissa un sourire.

Ziva : Tony…

Tony : Salut ma douce…

Ziva : Un problème ?

Tony : Je sors avec Alaina. Ca ne te dérange pas ?

Ziva : Non bien sûr que non. Tu rentres pour déjeuner ?

Tony : Non. Ça t'ennuie de manger seule ?

Ziva : Pars tranquille je vais aller chez Gibbs.

Restaurant.

Installés tous les deux, au fond de la salle de restaurant, ils attendirent que leur petit déjeuné leur soit servit avant d'aborder les sujets plus sérieux afin de ne pas être déranger. Tony prit une gorgée de café et ferma les yeux, conscient que son regard pesait sur son enfant.

Alaina : Je voulais m'excuser. Aba, je suis désolé. Quand vous m'avez fait quitter Israël…

Tony : Alaina, si tu essayes de me dire que tu avais des ordres pour gagner ma confiance, dans le but de tuer Ziva, je le sais. Je sais également que c'est pour cette raison que la femme que tante Tali aimait est morte. Alaina, Ziva et moi sommes comme toi. Je connaissais tes intentions à la minute même où tu as rendu les armes dans ton combat face à Ziva, j'ai su.

Alaina : Je suis tellement désolé… Je ne savais pas que… Je ne savais pas ce que s'était d'avoir une famille. Vous ne vouliez que mon bien j'ai failli tout détruire… Et même si je ne comprends pas encore tout…

Tony : Du calme, Alaina. C'est du passé maintenant. Ziva ne t'en voudra pas, à condition que tu fasses un effort. Peux-tu essayer de considérer Ziva avec un peu plus de considération ? Elle t'aime, que tu le penses ou non. Elle était prête à venir te chercher seule quand mon contrôleur m'a interdit de venir te prendre.

Alaina : J'ai conscience de ne pas avoir été très juste avec elle. Mais on m'a tellement appris à la considérer comme une traitresse…

Tony : Je pense que du point de vue de son père elle l'est. Mais du mien, je pense qu'elle a le droit d'être maîtresse de sa vie et de son existence. Je suis heureux d'avoir croisé son chemin parce qu'avant la seule chose que je voulais s'était faire mon temps sur cette Terre et mourir. Aujourd'hui je veux vivre pour elle, pour ma famille.

Alaina : Je peux en faire partie ?

Tony : Tu en fais déjà partie, Alaina.

TBC

Attention ceci les le dernier chapitre avant l'épilogue…