Epilogue Dix ans plus tard…
Gibbs sonna à la porte et fut accueilli par un tonnerre d'aboiements, mais il ne s'en fit pas. Il commençait à avoir l'habitude. Cette étrange passion pour les chiens, qui avait pris la famille DiNozzo, il y a une dizaine d'années. La meute pouvait d'ailleurs impressionner. Pas moins de neuf chiens avaient envahis les lieux. Et pourtant à chaque fois qu'il venait, il était surpris par la propreté des lieux. Et la meute était aussi varié qu'improbable. Il y avait toujours eu Jack, qui bien qu'à un âge avancé avait maintenu une complicité avec Ziva impressionnante. Il s'était douté qu'il la suivrait jusqu'à la mort et qu'il serait difficile pour la jeune femme de prendre un nouveau chien guide. La meute comptait donc également Shadow, le golden retriever guide de Louanne. Vagabond, un berger allemand récupéré à la SPA de justesse, deux ans après l'arrivée de Jack, Belle, un énorme berger des Pyrénées blanc. Prune, un Terre neuve noir, Louanne l'avait ainsi prénommé, attirant les rires de pas mal de membre de l'équipe. Laïka le pitbull de Ziva. Zeus et Apollon deux dobermans. Et enfin Hatchi, un Akita inu roux qui avait noué avec Alaina une drôle de complicité. Gibbs était toujours surpris que l'animal accepte de vivre avec les autres lui qui normalement ne supportait pas vraiment ses congénères. Hatchi était à l'image d'Alaina, indépendant, inattendu, parfois un peu brutal. Il entendit à travers la porte la voix de Tony qui donnait des ordres à la meute en hébreu et se fut le silence. Puis la porte s'ouvrit.
Tony : Gibbs… Je ne t'attendais pas si tôt.
Gibbs : Comment va-t-elle ?
Tony : Entre, ne reste pas dehors.
Gibbs : Ziva ?
En entrant dans le corridor, il fut intrigué de découvrir qu'une nouvelle fois qu'aucun chien n'était présent. Puis il regarda la mine fatiguée de son agent avant de poser son regard sur Alaina qui descendait les marches de l'escalier suivis par Hatchi. La jeune femme marchait la tête haute et le visage fermé à toutes émotions. Il observa la jeune femme. Du haut de ses 23ans elle lui faisait penser à Ziva lors de son arrivée au NCIS, alors sûr d'elle et de son savoir. Seul son regard détonnait, ses yeux verts profonds pouvaient glacer le sang de pratiquement n'importe qui. Elle était plutôt grande et ses cheveux d'habitude bouclés étaient lisse et lui arrivaient aux épaules.
Alaina : Mère ne va pas très bien je le crains.
Gibbs : Alaina.
Alaina : Bonjour, oncle Gibbs.
Impeccable dans son jean et son chemisier de satin marron, Alaina attrapa son sac et ses chaussures à talon posés près de l'entrée et les enfila avant de quitter la maison, suivit par Hatchi.
Tony : Elle a des partiels aujourd'hui. Et détrompe toi, elle est beaucoup plus affectée que tu ne le penses.
Gibbs : Avec Alaina je ne me pose plus vraiment de questions.
Tony : Tu es injuste avec elle.
Gibbs : Ta femme ?
Tony : Elle est très affectée, mais elle refuse de montrer ses faiblesses comme toujours. Elle s'est enfermée dans le Dojo et a activé les verrous. Essaye de raisonner une personne sourde à travers une porte toi !
Gibbs : Le système de communication ?
Tony : Elle a éteint l'écran.
Gibbs : Mince tu as conçu ce système de sécurité ! Il doit bien y avoir une porte de secours ?
Tony : Oui il y en a une, mais Ziva le savait et elle a prit mon portable.
Gibbs : Tu es obligé de toujours tout partager avec elle ?
Tony : Oui.
Il avait dit ça avec un naturel et une logique, défiants toute possibilité de faire appel. Même après dix longues années, et de multiples discussions avec Ziva, Tony et/ou Ducky, il était encore surpris par la logique du couple. Ils étaient à la fois un et deux. Même en étant une famille, l'unité entre Tony et Ziva était surprenante.
Gibbs : Tu sais ouvrir la porte.
Tony : Bien sur. Tu me prends pour qui. Je bosse sur l'algorithme depuis des heures. Alaina m'a prêté son portable mais j'ai du m'adapter à son style. Elle a programmé elle-même son système d'exploitation.
Gibbs : C'est du chinois pour moi.
Tony : Okay, désolé.
Gibbs suivit Tony près de la porte du Dojo sous l'escalier. L'italien s'assit par terre et récupéra l'ordinateur portable posé sur le sol relié par un câble à la serrure électronique avant de se remettre à pianoter sur les touches du clavier.
Tony : J'avais peur que ce jour arrive un jour. Jack était important pour elle. Il était son confident.
**Flashback**
Le matin.
Ziva : Noooooooooooooooon !
Le cri réveilla brusquement Tony qui dormait dans sa chambre. Se levant, il entra dans la chambre de Ziva. La jeune femme était assise sur son lit, se balançant d'avant en arrière en serrant son chien dans ses bras. A en juger par la situation, Jack avait du rendre son dernier soupir dans la nuit, là où il aimait le plus se trouver. Dans le lit, au coté de sa maitresse avec qui il partageait tout depuis dix ans maintenant. Lui-même sentie les larmes lui monter aux yeux. Jack lui avait permit de faire un autre pas vers sa femme. Tony quitta la chambre et retourna dans la sienne pour attraper son téléphone portable, appuyant sur une touche de raccourci clavier.
Tony : Aller… Réponds.
Il laissa un message sur le répondeur de Gibbs et quitta de nouveau sa chambre pour découvrir Alaina dans le couloir, indécise. Elle ne savait pas quoi faire face aux pleures de sa mère. Elle qui l'avait toujours connu comme une femme forte et qu'elle avait appris à aimer envers et contre tout.
Tony : Réveille Louanne, fait en sorte qu'elle ne voit pas Zi et conduit là au lycée.
Alaina : Tu ne lui dis pas ?
Tony : Elle n'a pas besoin de voir votre mère comme ça. Arrête de discuter et fais ce que je te dis.
Alaina : Bien.
Et la jeune femme s'exécuta pendant qu'il rejoignait Ziva. Entrant dans la pièce il se glissa derrière elle et la serra dans ses bras, la laissant pleurer jusqu'à ce qu'elle soit trop faible. Mais alors qu'il tenta de lui desserrer doucement les bras du corps du Capitaine Jack, elle se perdit dans ses émotions dans une crise d'une rare violence. Il réajusta ses bras autour d'elle et la serra. Il aurait dû attendre.
**Flashback end**
La porte du Dojo s'ouvrit d'elle-même à leur plus grande surprise de Gibbs et Tony, mais la jeune femme passa à coté d'eux sans les regarder la tête baissée pour ne pas montrer son visage. Tony observa sa compagne monter les escaliers en silence et sentit son cœur se serrer. Cette femme était impressionnante, même malheureuse, elle essayait toujours de rester digne pourtant il sentait la douleur dans chacun de ses gestes.
Tony : Ça va, amour ?
Elle hocha la tête positivement. Elle tentait de se montrer forte, il le fallait pour elle, il s'agissait d'une condition sine qua none issue de sa formation d'agent Athéna.
Ziva : Je vais aller courir un peu pour faire le point. Je te promets que je ne ferai pas de bêtises mais j'ai besoin de solitude.
Il hocha la tête positivement, lui laissant le passage pour monter à l'étage, une poignée de minutes plus tard, elle quittait la maison en tenue pour courir.
Quelques heures plus tard.
Le froid, lui faisait du bien à mesure que ses muscles commençaient à se tétaniser sous l'effort. Voilà quatre bonne heures qu'elle courait, elle savait que Vagabond l'avait suivit au début mais l'animal avait lâché prise, de toute façon elle voulait courir seule, elle en avait besoin pour se sentir vivante, pour se dépêtrer de son chagrin. Jack… Il avait traversé tellement d'épreuve avec elle. Il avait toujours été là, ensemble ils avaient bien souvent agacé Tony, en général au moment du coucher. Et dire qu'après toutes ses années, ils faisaient encore chambre à part. Jack avec su prendre ses aises dans le lit de la jeune femme, et au milieu du couple quand ils partageaient le même lit.
**Flashback**
Dans le feu de la passion, la jeune femme repoussa son amant contre le mur de sa chambre avant de capturer ses lèvres une nouvelle fois. Comme chaque fois leurs échanges étaient enflammés. Elle devait bien s'avouer que leur relation de dépendance et leur découverte tardive des sentiments rendaient leur ébat d'une rare intensité. Elle n'avait jamais connu ça avec personne d'autre. Et l'absence de son audition rendait les choses nouvelles. Elle avait appris à développer ses autres sens. Mais soudain, alors qu'elle ne sentait plus Tony concentré, elle ouvrit les yeux. Il parlait, pourtant encore prise dans les méandres du plaisir, elle ne comprit pas ce qu'il disait avant que son regard se pose sur le lit de Tony où Jack avait élu domicile. Le chien ne semblait pas vraiment lui obéir et la jeune femme éclata de rire. Elle donna un ordre sec en hébreu et le chien détala. Ziva grogna de frustration quand son amant quitta l'étreinte de ses bras, mais il revient rapidement vers elle après avoir fermé la porte d'un tour de clef pour ne pas que Jack la rouvre. Il parlait, mais tous deux savaient que Ziva ne suivait pas le sens de ses paroles. Ne s'en souciant pas plus que ça, il reprit possession des lèvres de la jeune femme, l'entrainant avec lui sur son lit.
**Flashback end**
Hospital de Bethesda. Morgue. Dans la nuit.
Tony était là. Veillant ce corps selon les traditions juives. Il ne pouvait pas la laisser dans surveillance. Il n'en avait pas le droit et pas le cœur. Enfin le cœur était quelque chose qu'il n'avait plus vraiment. Le sien était brisé, en miette, saignant abondamment. Il sentait ses dernières heures filer avant de pouvoir la rejoindre en paix dans l'autre monde. Il n'aurait pas dû la laisser sortir, mais elle n'était pas sa prisonnière, et elle n'avait pas de pulsion suicidaire quand elle avait quitté la maison pour aller courir. Elle avait eu besoin d'évacuer, d'épuiser son corps pour vider sa tête.
**Flashback**
Perdue dans ses pensées, c'est à peine si elle se rendit compte que la voiture la percutait. Noyée dans son chagrin, elle sentit peu à peu son sang se rependre sur le sol, elle laissa la vie être drainé de son corps avec douceur sachant que les secours arriveraient bien trop tard pour elle. Ses pensées n'étaient tournées que vers une seule et unique personne : Tony. Elle avait peur de ce qui se passerait dans la vie quitterait son corps ne laissant qu'une enveloppe vide. Plus loin, Tony avait assisté à l'accident impuissant, courant vers elle, il avait tenté de la sauver. Gibbs en avait fait autant mais les deux savaient également qu'il était trop tard. Ziva ouvrit faiblement les yeux et croisa le regard de son compagnon.
Ziva : Ne pleure pas mon amour, nous avons eu une belle vie. Et bien plus longue et heureuse que si j'avais terminé ma vie en Israël. Je t'aime.
Tony : Je t'aime aussi… Ne me quitte pas.
Ziva : Je crois que c'est la fin pour nous. La vie n'est qu'équilibre et nous avons eu tellement de bonheur ensemble que ça devait finir un jour. Je t'aime Tony. Tu es ma vie. Tu es mien. On se retrouve bientôt.
Tony : Ziva…
Ziva : Je t'aime…
Les derniers mots murmurés alors qu'elle fermait les yeux définitivement sur la vie dans les bras de la seule personne qui avait vraiment compté dans la vie. Tony n'arrivait pas à réaliser, le corps encore chaud de sa compagne dans les bras. Il eu toute la peine à laisser les secours la lui prendre, il sentit à peine Gibbs le pousser dans l'ambulance tout ce qui importait était sur ce brancard et il ne résista pas à lui prendre la main pour ne plus la lâcher.
**Flashback end**
Gibbs : Tony ?
Mais le jeune homme ne pleurait pas, ses yeux secs, son esprit sous le choc de la perte de son âme sœur, il en était incapable, pas plus qu'il était capable d'ouvrir la bouche tentant de se retenir de hurler sa douleur. Il ne pouvait pas quitter des yeux le corps de Ziva, son attache dans le monde réel. Sans elle, il n'était qu'une coquille vide. Sans elle, rien de servait de vivre. Il aurait voulu lutter, tenir le coup pour Louanne et Alaina mais il ne pouvait pas, c'était beaucoup trop difficile. Ziva… Sa femme, son amie, son amante, sa compagne, son cœur. Elle qui était toute sa raison de vivre.
Gibbs : Tu vas en finir, n'est ce pas ? Tu ne vivras pas sans elle ?
Tony : Non. Pas sans elle.
Gibbs : Et je suppose qu'un ordre direct ne changerait rien.
Tony : Non. Elle était mon ancrage dans le monde.
Gibbs : Je ne peux rien faire, n'est ce pas ?
Tony : Non. Si… Tu dois prendre le contrôle d'Alaina. Elle a confiance en toi, elle te respecte et elle a besoin d'un guide pour avancer dans la vie. J'ai déjà prit les dispositions pour que mes filles te soient confiées.
Tony parlait sans le regarder, toujours le regard posé sur sa compagne.
Tony : J'aimerai que tu me laisses maintenant.
Gibbs : Adieu mon ami.
Tony : Merci pour tout Gibbs. Pour m'avoir permis de partager toutes ses merveilleuses années avec elle.
Gibbs : De rien.
L'agent senior lui posa une main sur l'épaule avant de quitter la pièce. Il savait qu'il ne pouvait rien faire pour changer le cours de l'histoire, Tony l'avait toujours prévenu de comment finirait les choses si l'un des deux mourraient. Et en passant la porte, il ferma les yeux en entendant le coup de feu qui résonna dans la morgue de l'hôpital. Il ne sait pas si une minute s'écoula ou une heure quand McGee apparu dans son champ de vision.
McGee : Boss, comment va Tony ?
Gibbs : Il l'a rejoint, Tim. Ils sont partis.
Suffocant, McGee se laissa glisser sur le sol, incapable de digérer la nouvelle, en quelques minutes les larmes envahirent ses joues pendant que Gibbs entrait avec le médecin légiste pour constater la mort de l'agent spécial Anthony DiNozzo. Le légiste, un homme d'une soixantaine d'années prit le pouls de Tony plus par acquis de conscience que par réelle nécessité avant de hocher négativement la tête.
Légiste : Vous avez des vœux à exprimer, agent Gibbs ?
Gibbs : Oui. Un seul. Je ne veux pas que leurs corps soient séparés une seule seconde. Je veux qu'ils soient comme ils ont toujours vécu pendant toutes ses années, ensemble, en attendant leur transfert à Arlington.
Légiste : Bien, je pense que je peux faire ça.
Gibbs : Merci.
Légiste : Pauvre enfant. Se donner la mort, après la perte de sa compagne… Il devait beaucoup l'aimer.
Gibbs : Plus qu'on ne pourra jamais l'imaginer je pense. Il a fait tant de sacrifices dans sa vie pour elle.
Gibbs décida de veiller leurs corps avec la tendresse d'un père et le respect de leurs croyances. Après avoir appelé Ducky et Abby pour leurs apprendre la funeste nouvelle et leur demander de prendre soin des filles en attendant son retour.
FIN
Et voilà, j'en ai terminé avec cette fic, et j'aimerai vraiment remercier tous ceux qui m'ont suivis. Vos reviews qui m'ont permises d'avoir le courage de la terminer.
Et même si je n'écrirai plus de fic aussi longue (je pense), cette fic a été une belle aventure…
