~ Chapitre 3 ~
Naruto se précipita au centre de la garderie où elle y surprit une nurse présente qui s'occupait Saru. Celui-ci se débattit soudainement dans les mains de sa gardienne à la vue de sa mère, devant laquelle il gambada en retour en criant des « Ma ! » retentissants sous le regard troublé de la surveillante.
Lorsqu'il arriva à sa portée, Naruto le souleva par les épaules, puis le porta au-dessus de ses bras croisés, en amont de son opulente poitrine. Saru tenta de lui plaquer un gros bisous baveux sur la joue, mais Naruto esquiva en lui dédicaçant un sourire malicieux avant de lui pincer gentiment le nez et de le saluer :
— Salut ouji !
— Bah ! s'exclama Saru, Ma retard !
Naruto roula des yeux dramatiquement. « Vraiment ? Tu oses critiquer ta propre mère ?! Saru, tu dois être puni ! » Elle retourna ledit Saru à l'envers, ses cheveux blancs ocres tombant une torsade compliquée et il se rompit en hoquets de rire, la tête en bas, ce qui fit grandement élargir le sourire Naruto.
L'une des infirmières vint alors à eux en leur hurlant un « Attention ! Vous ne devez jamais prendre un enfant comme ça et le pendre par les pieds ! », devant lequel ils retournèrent simultanément la tête.
— Ecoutez Hanna, je le ramène juste à la maison, pas besoin de s'inquiéter hein ? Il aime ça en plus, lui répliqua Naruto décontenancée qui s'était baissée légèrement en avant pour lire la plaquette de la surveillante.
Considérant que Saru étant en train de rire et de brailler comme un fou des : « Bas ! Bas ! Mauvaise Maman ! », tout en appréciant continuellement le manège néanmoins, la nurse se relaxa, avant d'écarquiller les yeux devant la blonde.
— Oh, vous êtes Naruto Uzumaki, c'est ça ?
Naruto acquiesça en remettant Saru dans une position normale - soit assis sur son bras. Ils regardèrent tous deux la femme qui leur confia alors un sourire encourageant :
— Eh bien, c'est un plaisir de vous connaître. Saru s'est bien comporté, bien que je pense qu'il a avalé un insecte, finit-elle pensivement.
— Bel infecte ! s'exclama Saru en écorchant encore une fois le mot.
Naru lui pinça le nez.
— Toi, le menaça Naruto en lui faisant de gros yeux, espèce de gros trou noir ambulant ! Les insectes ne sont pas à manger !
— Mais... mais... infecte fi jolie ! protesta pitoyablement le bambin devant sa mère qui hocha vigoureusement la tête.
— Pas d'insectes, tu manges juste ce que je mets dans ton assiette !
Alors, Saru fit preuve d'ingéniosité en quémandant avec espoir ; « infecte fur affiette ? »
Naruto soupira, réalisant que cela allait lui prendre encore un bon moment pour expliquer à son fils certaines règles élémentaires à respecter impérativement.
Naruto se courba finalement devant la nurse en murmurant un « merci ». La femme tenta avec un sourire de répondre qu'il n'y avait pas de problème et qu'elle était toujours heureuse de servir les ninjas de la Feuille. Une grimace transparut néanmoins fugacement sur son visage, faisant soupirer intérieurement Naruto qui, de son côté, pouvait déduire ce que pouvait probablement penser son interlocutrice :
Comment une fille si jeune peut-elle avoir un enfant ? Comme c'est horrible ! Oh, pauvre, pauvre, pauvre petite chose ! Pourquoi ne l'envoie-t-elle donc pas à l'orphelinat ?
Naruto sourit donc affablement en retour avant de se retourner et de partir presque au pas de course de la garderie où elle ne pouvait supporter d'avantage cette pitié mal placée.
Durant ses premiers jours de missions, lorsque Naruto revenait à la garderie afin d'y déposer Saru pour la journée, elle tomba sur quelqu'un qu'elle ne voulait absolument pas tomber dessus. Elle ne l'avait pas vu puisque dans sa hâte de ne vouloir être en retard - et ne regardant pas où elle allait - elle cogna accidentellement une personne en maugréant une excuse. Il eût suffit que quelques pas pour qu'une voix l'interpelle alors qu'elle s'apprêtait à décamper :
— Eh, la Grosse, c'était grossier ! émergea la voix de Ino de la bouche étrangère.
La blonde à la queue de cheval grotesque toisa alors la forme de Naruto récalcitrante, avant d'apercevoir dans ses bras un enfant rayonnant. C'était Saru, qui encore une fois, récitait son usuelle salutation matinale :
« Jour' Lever de soleil ! » piailla-t-il en souriant, regardant par-dessus de l'épaule de sa mère pour savoir qui les avait appelé et arrêté. Ino se rapprocha curieuse d'eux et questionna à Naruto en lui tenant fermement son bras droit :
— Eh, qui c'est ça ?!
Naruto se tendit, enleva sèchement la main de l'autre blonde en la foudroyant du regard, et rapprocha son enfant d'elle dans une fervente attitude surprotectrice. Elle ne savait pas ce qu'elle était supposée faire. Iruka était passé chez elle plus tôt, et avec discuté avec elle de l'opportunité de révéler publique l'existence de Saru à ses coéquipiers, mais Naru avait vigoureusement refusé. Et maintenant, le pire, c'était que la dernière personne au monde que Naruto voulait rencontrer était désormais en face d'elle.
Ino se fondit devant l'absolue candeur du petit garçon.
— Aww ! Tu es si mignon !
— Mignon ! répéta Saru en levant un petit poing en l'air.
Avec réticence, Naruto se retourna, changeant légèrement la position de Saru par rapport à Ino alors que le bambin lui faisait face.
La fille que Naruto méprisait se tenait là, bras couverts de fleurs, et était tout juste en train de sourire à son fils. Son détournement, ainsi que sa grimace firent à froncer les sourcils à Ino :
— La Grosse ! Youhou ! Je suis en train de te parler ! l'assaillit-elle en gesticulant ses bras à toute vitesse devant elle, répandant du pollen partout autour d'eux, et faisant éternuer Naruto qui dut se rappeler qu'elle devait entretenir des rapports amicaux avec les membres du village, si bien qu'elle lui rétorqua poliment :
— Salut... Ino-chan.
Alors avec horreur, Naruto réalisa le bandeau frontal trônant derrière la mèche affriolante de l'autre blonde.
Ainsi, elle a également réussi l'épreuve...
— Je vais juste lâcher le gamin de mon voisin à la garderie, rajouta Naruto en mentant, espérant que cela ferait éloigner la vipère. Son effort ne résulta que par un rire provenant de Ino.
— Absurde ! Qui voudrait te confier la charge d'un bambin, vaurienne ?
Du sang perla du poing gauche camouflé de Naruto derrière son dos. Elle se retint de gifler l'autre jeune fille, connaissant très bien les conséquences d'un tel acte. Elle réussit finalement à répondre avec la fine dérision qui ficelait chacun de ses pas :
— C'est parce que j'ai l'air douée avec les enfants je présume... Alors, tu as réussi à devenir genin ? convia Naruto sur un ton plus tranquille, auquel Ino lui répondit avec un fier sourire.
— Ouais, bien que notre sensei nous a fait passer plein d'autres stupides tests extras ; mais je l'ai réussi et pas grâce à Shikamaru et Choji, même si je suis surprise que toi ais réussi à passer l'épreuve ! Je suppose Sasuke a tout fait, n'est-ce pas ?
Naruto rougit ; non pas d'embarras mais de rage :
— Je pense en avoir fait assez pour mon compte, rétorqua-t-elle les dents serrées.
— Quoi qu'il en soit ! répliqua Ino avec un haussement d'épaules.
Elle reprit alors un ton très doux en targuant un sourire à Saru qui avait contemplé leur échange les yeux grands ouverts : « Tu veux une fleur, mon mignon ? »
— Afore fleur ! sourit Saru.
Alors, une abeille émergea de l'une des fleurs pour se poser sur le nez du petit garçon qui commençait à loucher furieusement.
— Afore afeille !
— Pas afeille ! lui corrigea Ino en articulant lentement, A-b-eille.
— Ah ! Beh ! Elle ! s'exclama Saru.
Ino lui admonesta un sourire tolérant avant de se pencher et de récompenser Saru d'un lys. Naruto bouillonnait littéralement en voyant la fille qu'elle détestait tant avoir l'audace de parler à son fils, et surtout, d'offrir une fleur à son fils qui plus est, mais comme elle venait se rappeler qu'elle avait tout juste affirmé que Saru était le fils du voisin, Naruto devait de se calmer.
Saru prit ainsi gracieusement le lys en affûtant son petit chapeau de paille. Tout à son étude, il décida de le placer ensuite dans les cheveux de sa mère, trouvant que cela allait parfaitement bien avec le teint de sa mère ainsi que sa chevelure d'or. Ino grogna légèrement à son action, mais Naruto, quant à elle, ne put se retenir de sourire à son adoré bambin, à qui elle grattouilla affectueusement l'estomac, le faisant rire, et par ce biais, la faisant oublier tous ses soucis.
— Eh bien, je crois que je dois finir de livrer mes fleurs. À plus tard, la Grosse ! salua l'autre fille affligée que les deux l'ignoraient aussi superbement. Naruto ne releva même les yeux et répondit un « au-revoir » d'une voix distraite alors qu'elle pinçait le nez de Saru. Ino leva les yeux au ciel et partit l'instant d'après.
Dès qu'Ino eut disparu, Naruto soupira en murmurant ; « Bon garçon, Saru ».
— Ah ! Beh ! Elle ! Fleur pour Ma ! s'exclama Saru en fixant correctement le lys entre les mèches délicates de la jeune fille qui lui répondit avec un resplendissant sourire.
J'ai eu chaud...
— Eh ! Tu es en retard la Grosse ! l'accusa Sakura en la pointant dédaigneusement alors que Naruto venait d'apparaître de la clairière.
— Tu viens juste d'arriver aussi, tu es donc en retard également Sakura-san, lui rappela durement Sasuke.
Sakura lui lança un regard à faire transir la glace, mais elle se rappela alors qu'elle était censée être amoureuse de lui, alors elle s'assit juste à côté de Sasuke et tenta de lui saisir son bras. Au moment où sa main établit le contact avec la peau de Sasuke, celui-ci se leva immédiatement et offrit à Naruto sa propre place en s'asseyant sur une chaise en retrait aussi gracieusement qu'il aurait confié une pelotée de boue à une autre personne.
Naruto prit place entre eux deux sans la moindre hésitation, bien consciente de son statut de bouclier humain, et elle était très satisfaite avec ça.
Sasuke s'assit quant à lui à côté de Naruto sur le banc, en prenant soin que le corps de la blonde bloquait bien le champs visuel de Sakura disponible sur lui, et lui offrant également une vision complète du corps de cette même blonde. Il fut alors saisit du soudain désire de saisir le bras de Naruto comme Sakura avait tenté de le faire avec lui, mais il enfonça cette idée absurde bien loin derrière son crâne ; dans le fin fond recoin de son cerveau tordu et torturé.
Naruto requit alors soudainement : « Alors, nous avons à peu près une heure avant que le Sensei arrive ? »
Son optimisme flagrant laissa de marbre Sasuke qui ronchonna lourdement :
— Pff, je pense que l'on en a pour trois bonnes heures encore. Si tu avais été là autant de temps que je l'ai été, tu ne serais pas aussi prompte à établir de tels pronostiques, comme tu aurais déjà attendu une heure et demi comme moi !
Sakura rajouta sa sauce pour sa gouverne :
— Ma mère était en train de devenir folle. Elle m'a obligé à me bourrer d'une assiette pleine d'apéritifs avant que je ne parte ! Je lui ai pourtant dit que je devais partir, sans quoi j'arriverai en retard mais elle pleura en décriant qu'en allant en mission, c'était comme si j'allais mourir. Ce n'est donc pas ma faute si j'étais en retard !
Naruto et Sasuke se figèrent soudainement, le garçon brun bombardé de souvenirs de sa propre mère lui préparant un petit déjeuner et la fille blonde, parce qu'elle avait toujours désiré avoir une mère lui préparant un tel déjeuner, en prenant note qu'elle devrait faire des pancakes pour Saru très bientôt.
Devant l'évident trouble qu'elle avait juste causé chez ses deux coéquipiers orphelins, Sakura interrogea :
— Alors, pourquoi es-tu en retard toi, la Grosse ?
« Quand arrêteras-tu donc de l'appeler la Grosse ?! », hurla quelqu'un... et ce n'était pas Naruto.
Les deux filles regardèrent avec surprise le rougissant Uchiwa.
« Désolé... », admit Sakura enfin, fixant ses pieds, en maudissant intérieurement Naruto.
Naruto quant à elle s'assagit lentement, puis s'allongea à l'aise dans l'herbe baignée de soleil pour contempler le ciel bleu.
Sasuke regardait soudainement loin des deux autres, trouvant un soudain et fort intérêt pour un cafard en train d'escalader la branche traître de l'arbre les recouvrant de broussailles.
Naruto nota que l'un des nuages formait une grosse masse blanche où neufs queues immergeaient. Elle posa une main inconsciemment sur son estomac, où son sceau noir aurait pu attirer l'attention, comme s'il avait subitement apparu sur sa peau devant cette représentation.
Sasuke se demanda ô combien d'effort et de temps cela avait du prendre à l'insecte pour se retrouver là où il était, et qu'aurait-il fait s'il réalisait que le chemin qu'il empruntait ne l'emmènerait pas vers le ciel mais plutôt vers la cime de l'arbuste et comment il se sentirait une fois qu'il aurait achevé tout ça pour rien...
Sakura s'interrogea alors si elle devait acheter ou non une nouvelle paire de sandales.
« Salut mes chers élèves ! Êtes-vous prêts pour une palpitante journée remplie de missions rang D ? » demanda Kakashi en se matérialisant devant ses trois adolescents endormis qui étaient dans l'impossibilité de savoir, dans l'état où ils se trouvaient, qu'il était finalement apparu :
Sasuke était endormi contre un arbre, son bras enveloppant l'épaule de Naruto avec Naruto qui, elle-même, était allongée contre sa poitrine, et où Sakura reposait à son tour contre le bras de Naruto et la main de Sasuke.
Kakashi cligna légèrement des yeux à cette scène, notifiant que quelque chose n'allait certainement pas. Il supposa qu'il pourrait réfléchir plus tard de comment ces trois là réagiraient s'il les réveillait dès maintenant dans cette position. Il céda toutefois à l'envie d'élucider le mystère de cette délicieuse intrigue, tant qu'il invoqua alors rapidement l'un de ses chiens, Sairen. Ledit Sairen apparut dans une bouffée de fumée, aboyant sept fois vivement avant de se dissiper tout aussi rapidement qu'il était apparu.
Sasuke sursauta alors immédiatement, posant un autre bras protecteur autour de sa Naruto, causant ainsi la blonde s'éveiller brutalement et cogner sa tête contre le menton de Sasuke sans le vouloir, rendant sa tentative non seulement vaine pour sa part, mais aussi complètement infructueuse. Sakura se réveilla quelque part groggy avant d'avoir un mouvement de recul au moment où elle réalisa qu'elle s'était endormie contre Naruto, qui, qui plus est, s'était endormie contre Sasuke, le spot qui aurait dû être sien.
Elle tenta alors de frapper la blonde, qui lui montra de rageuses gencives pour avoir servi de coussin à cette peste rose - et Sasuke ne savait plus où donnait de la tête avec ses deux coéquipières qui allaient recommencer à se chamailler... Oh ! Il venait de découvrir que sa tête avait reposé sur le tronc d'un arbre un instant plus tôt, pourquoi ne pas donc s'en servir donc pour s'y fracasser le crâne ?
« Salut mes chers élèves ! Êtes-vous prêts pour une palpitante journée remplie de missions rang D ? » redemanda Kakashi à des adolescents bien réveillés cette fois, tout en tentant de moduler sa voix de sorte à ce qu'ils perçoivent son fou amusement face à leur excentricité.
Tous se retournèrent vers lui avec des regards haineux et leurs vives cernes sous les yeux préjugeaient déjà ce qu'allait être leur magnifique journée.
— Vous étiez supposé vous pointer quatre heures avant ! répliqua en se plaignant Sasuke qui avait fini son fracassage de crâne en règle contre l'arbre, de même les deux autres filles qui fusillaient de rancœur leur Jounin.
Kakashi prétendit rougir d'embarras en se massant la nuque, geste qu'il espérait passer comme une innocente action :
— Oh ! Ne vous ais-je dit qu'on se devait se rencontrer ici à cinq heures, euh... Je voulais dire neuf !
Les genin le fixèrent dangereusement, et Sakura craquela ses phalanges dans une manière qui rappelait bien étrangement à Kakashi la Sannin des limaces.
— Ne m'attaquez pas ; je suis le seul qui sait à propos de nos premières affectations à nos missions, leur prévint Kakashi en levant ses mains plus dans une posture de défense que dans une tentative de calmer le jeu.
— Je suis certain que nous pourrons toujours demander au Hokage quel était notre boulot après que nous vous ayons tués, gronda Sasuke.
Des flammes commençaient déjà à perler de sa bouche tel un dragon meurtrier...
— Ah ! inspira Kakashi sur un ton où ne perçait nul humour.
Comment faire pour détourner l'attention de deux filles en permanente concurrence ? Il leva nonchalamment un papier bien en évidence...
— Eh bien, j'ai justement récupéré cette adresse pour aider quelqu'un à aménager son jardin, quelqu'un se sent-il de mener le chemin ?
Les deux filles levèrent simultanément leurs bras vers Kakashi en s'assassinant du regard. Sasuke quant à lui désabusé, regardait toujours Kakashi.
Kakashi leur remit la feuille sur laquelle la fameuse adresse était imprimée - et Sakura s'encourut pour la saisir. Naruto ne le tendit pas la main estimant que s'engager reviendrait à se rompre en répliques inutiles avec Sakura, chose qu'elle voulait s'épargner, surtout pour un stupide bout de papier.
Le papier à la main, Sakura attesta fièrement : « Je sais où c'est ! » et commença à s'éloigner avec Naruto sur ses talons.
Sasuke continuait toujours de fixer son sensei qui le regardait méticuleusement en retour.
— Quoi ?! requit Sasuke toujours énervé devant l'œil gauche de cet homme qui ne cillait pas.
—Tu ne dormais pas, n'est-ce pas ? demanda innocemment Kakashi le sourire aux lèvres.
— Oui, je dormais, et alors ?! répondit Sasuke en rougissant furieusement.
Le sourcil de Kakashi tressaillit un moment.
— Vraiment ? Tu peux dormir comme ça en laissant vulnérables tes deux coéquipières en proie à n'importe quelle sorte d'attaque ?
— Je ne dorma— je veux dire ; qui nous attaquerait de toute façon au beau milieu du village ?
— Alors, dans quel état te trouvais-tu ; éveillé ou endormi ?
Sasuke ne prit pas la peine de répondre et commença déjà à courir.
— Fait chaud ! se plaignit Sakura.
— Ouais ! accorda franchement Naruto.
Les trois genin transpiraient profusément et avaient collecté à contre-cœur une énorme pile de mauvaises herbes, mais le jardin de la veille dame était immense — et ils en étaient seulement à la moitié.
« Vous ferrez mieux de vous dépêcher ! », leur conseilla Kakashi de loin, minutieux d'intervenir toujours au bon moment, tout en tournant par ailleurs une page de son bouquin orange avant de se remettre à l'aise sur sa chaise longue.
— Vous pouvez nous aider, vous savez !? Ça irait plus vite ! hurla la sulfureuse blonde aux proies avec des plantes vivantes.
— Ah... répliqua son sensei apparaissant désarçonné, qui rajouta pas un instant plus tard soucieux : « mais ceci est pour vous aider à... forger votre caractère... ou quelque chose comme ça... bien je ne me souviens plus très bien à vrai dire ! »
Voyant que cela ne mènerait à rien, Naruto se contenta de grommeler un « esclavagiste... », et retourna à sa forte intéressante et non rébarbative activité.
— Si vous vous dépêchez, je vous offrirai peut-être une meilleure mission ! proposa Kakashi, en gloussant un peu alors qu'il feuilletait une autre page de son livre.
— Pervers maudit... maugréa Naruto en ayant maille à partir avec une racine récalcitrante.
Ignorant sa comparse, Sakura demanda avec enthousiasme :
— Quelle est cette mission ? Allons-nous aller dans un autre pays ? Allons-nous battrons contre un bataillon de ninjas ennemis ? Allons nous secourir une princes—
— Nous allons pourchasser un renégat... l'interrompit Kakashi, de chat rajouta-t-il mentalement. Un rictus sadique se profilait derrière son masque, il était impatient de voir l'excitation bientôt éteinte de Sakura.
— G Un en position ! annonça une grave voix masculine.
— G Deux en position ! rétorqua une autre voix monotone.
— G Trois en position ! répliqua une voix perçante et désappointée.
— ... personne ne dit.
— G Quatre ? Êtes-vous en position ?!
— ...
— G Quatre ! Reportez-nous la situation !
— ... zzz ...
— Naruto ! réveille toi !
— ...zz-hein? Je... euh... oh ! G Quatre en position !
— Comment peux-tu être en position, tu étais en train de dormir !
— J'ai sept clones encerclant la cible, voilà comment je peux l'être, Sakura-peste !
— Sasuke-kun t'a dit d'arrêter de m'appeler comme ça !
— Pff, tu es une telle idiote si tu pen-
— Les ! Filles ! La ! Mission ! En ! Priorité !
— Oh, désolé Sasuke-kun !
— Bâtard pompeux...
— Sasuke a raison, vous deux devez vous concentrer sur la mission prime abord. Je peux vous assurer que vous aurez à loisir de vous massacrer l'une et l'autre plus tard.
— Désolé.
— Désolé, sensei.
— Bon ! Et maintenant, où se trouve donc ce satané chat ?!
Naruto grogna comme jamais lorsqu'elle déposa la cage au sol.
— Je suis sûre que c'est de la maltraitance d'animaux.
— Ce n'est pas de la maltraitance d'animaux si bien sûr ; le chat n'est pas blessé au cours de l'opération, répliqua Sakura en saisissant la boite qu'avait posée Naruto pour le placer sur un chariot à roues.
Sasuke poussa ladite charrette et ne médisa un mot alors qu'il déposait sa propre cage sur quelques autres déjà présentes.
— Je crois avoir entendu la nuque du chat se briser, informa-t-il d'un ton neutre.
— C'est bien de la maltraitance d'animaux, pronostiqua Naruto en hochant la tête. J'espère que nous devrons pas recommencer cette satanée mission.
— Je ne peux pas croire qu'on ait eu l'exacte même mission deux fois de suite dans la même journée, soupira Sakura, en saisissant une autre cage.
Sasuke acquiesça, agréant pour la première fois aux précédentes remarques de ses comparses.
— Est-ce vraiment de notre faute si le chat s'est enfui juste pendant notre pause déjeuné, râla Sakura, se remémorant comment la vieille peau les avait enguirlandé.
— C'était totalement ridicule ! surenchérit Sasuke, refusant de laisser échapper un « Hn » qu'il savait que Naruto se serait moqué. Il se pencha pour soulever une autre cage...
— Quand étions-nous supposés les amener de toute façon ? demanda Naruto.
Kakashi apparut soudainement derrière eux en riant avec éclat.
— Bien plus tard ! Ah en fait... J'avais oublié de préciser que vous étiez supposés décharger ce chariot et non justement le charger.
— Nani ?! hissa Sakura.
— Pourquoi ne nous l'avez-vous dit avant ?! se plaignit Naruto dans un gémissement. Sasuke s'allongea au sol, gémissant de douleur tant physique que mentale, devant lequel Kakashi haussa les épaules.
— Vous aviez l'air si enthousiastes pour une fois, et je suppose que les autres équipes ont de toute façon déjà pris les autres missions disponibles, et les clients ne sont pas réputés comme patients, donc—
— Vous nous avez rendu en retard sciemment, paresseux ?! argua Sakura en levant un poing en l'air.
Kakashi haussa les épaules encore une fois. Il leva un calepin et lut rapidement sur la liste :
— Maintenant, que diriez-vous qu'on aille aider un homme aveugle à vider ses poissons ?
— Pourquoi laverions-nous des poissons ? demanda sombrement Naruto.
— Ben, pour qu'ils soient propres bien entendu !
— Mais ce sont des poissons, ça vit dans l'eau ces bêtes là !
— Et alors ? rétorqua Kakashi avec un sourire ; en quoi ça me concerne ?
Naruto s'effondra sur sa couche, laissant presque tomber Saru au sol, comme elle avait insisté pour le porter jusqu'à la maison.
En vérité, le bambin propre à soi, une fois au sol, attaqua frénétiquement sa mère avec un coussin rembourré.
Naruto jeta le coussin en retour et Saru esquiva puis partit à la recherche du coussin perdu en riant. Une fois en sa possession, il le rejeta aussi fort qu'il le pouvait vers sa mère. Il mit trop de puissance dans le jet, et le coussin frappa de plein fouet le mur derrière le lit.
— Non ! gronda Saru en recherchant encore une fois le coussin.
— Pourquoi as-tu donc autant d'énergie ? se demanda une Naruto exaspérée.
Le bambin lui répondit en lui lançant encore une fois le coussin, pour la rater une fois encore. Apparemment, il réalisa que ce jeu était bien trop difficile, alors il opta pour ramasser tout ses jouets et les laisser tomber sur sa mère couchée un à un.
Enterrée vivante sous une nuée de livres de contes, de shuriken en plastique et de figurines de plomb, Naruto demeura immobile.
— Ma ? demanda Saru avec inquiétude, marchant lentement vers elle en enlevant de sa face un samouraï en bois.
— RARGH ! hurla Naruto en s'expulsant soudainement de la pile et en attrapant Saru, avant de le prendre au piège sur le lit entre ses reins.
Saru couina de terreur alors qu'il fut chatouillé sans merci.
Naruto se releva encore, après quatre jour d'avoir été une ninja-mère. Elle réalisa qu'elle était épuisée bien au delà qu'elle n'avait jamais été.
Il est temps de changer de rythme, pensa-t-elle dans un moment de lucidité.
— Stupides... Stupides missions... Stupides missions rang D, grogna Naruto de retour encore une fois avec son équipe devant le bureau du Sandaime pour recevoir une autre série de missions horribles.
— Eh bien, nous devons tous commencer quelque part, Naruto, lui réprimanda Kakashi.
Mais cette réplique lui traversa complètement les oreilles.
— Stupides... Stupides missions... Stupides missions rang D, continua-t-elle de grogner inlassablement.
— Elles seraient bien plus faciles si tu ne passais pas ton temps à te plaindre ! intervint Sakura.
Silencieusement, Sasuke acquiesça malgré lui.
Kakashi ouvrit la porte pour les laisser entrer dans l'office où de la fente, apparut le Hokage vieilli qui leur souriait à pleines dents, bien que sur son visage, lorsqu'il passa son regard sur Naruto, transparut une autre expression ; celle de la culpabilité...
— Ah l'équipe Sept... J'ai une autre liste de missions à vous fournir, leur informa-t-il platement en s'asseyant à son bureau.
— Stupides... Stupides missions... Stupides missions rang D...
— Naruto ! gronda Iruka qui était assis à côté du Hokage alors qu'il l'aidait à trier sa paperasse.
— Allons, allons, ce n'est pas grave... témoigna le Hokage en hochant la tête magnanime vers Naruto. Tu as été ninja pour seulement cent heures.
— Cent heures de débilitante monotonie, grommela-t-elle en retour.
Le Hokage parut pensif.
— J'ai bien une mission rang C que je n'ai pas encore attribuée. Si vous deux serez bien sûr d'accord pour partager la mission avec une autre équipe, je ne verrai d'inconvénient de vous la confier.
— Seigneur Hokage ! Vous ne pouvez avec raison penser envoyer des genin - commença à protester Iruka, regardant à l'évidence Naruto qui sifflait dangereusement face à son attitude surprotectrice.
— Oui je pense que cela serait même une bonne idée... L'équipe Sept et Dix ont complété un assez bon nombre de missions, et cette expérience pourrait leur être grandement profitable, l'interrompit Hiruzen d'un revers de main.
— Sire, avec tout le respect qui vous est dû, je ne pense vraiment pas que –
Sarutobi l'ignora.
— Alors Kakashi-san, qu'en penses-tu ?
Celui-ci haussa les épaules comme à son habitude.
— C'est une mission rang C, cela devrait être relativement facile avec deux équipes de genin, et je suis impatient de travailler encore en coordination avec Asuma-san.
Hiruzen afficha un sourire trompeur.
— Ah, Asuma-san a été blessé lorsque l'un de ses élèves s'est exercé à une technique des ombres, et comme il courrait vers un chariot pour éviter un autre disciple qui avait par mégarde laisser tomber son sac remplie de chips au milieu de la route, il eut une chute malencontreuse, le rendant inepte pour une bonne semaine, expliqua Sarutobi devant Kakashi qui commençait déjà à redouter le pire. « Mais je suis certain que tu ne verrais de problèmes à travailler avec Gai-san, hein, Kakashi ? »
Kakashi blêmit littéralement de terreur, mais il remercia mentalement son masque que personne n'ait pu voir sa présente expression. Il rétorqua alors docilement :
— Si vous le commandez, seigneur Hokage, je ne serai que grée d'accepter. Mais Gai-san n'a-t-il pas sa propre équipe de genin à s'occuper ? s'empressa-t-il de souligner.
— Ce sont des genin seniors et expérimentés ; ils pourront donc très bien se débrouiller dans leurs missions quotidiennes sans que leur sensei soit présent un jour ou deux. Et j'aimerai voir la nouvelle génération de InoShikaCho en action sans mentionner... Le combo du Sharigan/Jinchuuriki laissa traîner en l'air Hiruzen.
— Je ne le recommanderai pas, répliqua Iruka raide d'angoisse.
— Awh, ce sera une promenade de santé Iruka-nii-chan, ne t'inquiète pas ! lui sourit Naruto brillamment, bien qu'intérieurement, elle était affolée lorsqu'elle entendit INO-ShikaCho. Ino ? Ino ?!
—Je prends ton avis en considération, Iruka-san, mais rappelle toi que je suis le Hokage, et malgré combien tu es protecteur concernant Naruto-chan, j'ai le droit de prévaloir tes conseils dans ce genre d'affaires.
Iruka avec réticence transmit donc le profil de mission au Hokage, juste au moment où il était sur le point de l'envoyer "accidentellement" dans la déchiqueteuse.
— Dois-je en informer les trois autres genin ? demanda Kakashi.
— Tu peux envoyer les tiens les chercher, ils sont actuellement dans la bibliothèque en rangement...
Kakashi grimaça, se rappelant du terrible boulot que les jeunes genin étaient forcés de faire si leur sensei se retrouver dans une mystérieuse impossibilité d'exercer sa fonction.
— Trois étages plus bas, porte douze, renseigna à contre-cœur Iruka aux trois genin, fixant intensément Naruto qui lui répondit souriante au garde-à-vous.
— Hai !
Lorsqu'ils étaient sortis dehors, Sakura lui posa alors un défi :
— Eh, La Grosse, la course jusqu'à l'étage ?!
— Ouais, quand tu veux ! répliqua Naruto qui commençait déjà à s'accroupir.
— Un ! annonça l'autre.
Sasuke roula des yeux à l'attitude de ses coéquipières tandis qu'il marchait tranquillement vers la sortie.
— Deux ! hurla Sakura se préparant de la même manière que Naruto.
...
— Trois ! crièrent les deux filles ensemble.
Sakura démarra comme une fusée mais Naruto ne parcourut que quelques mètres avant d'abandonner, et de prendre retraite lentement auprès de Sasuke dont elle se rapprocha en souriant telle une psychopathe en puissance. Elle était heureuse d'en avoir fini avec ces missions rang D même si c'était pour passer la prochaine avec Ino. Au moins, il y aurait quelque amis de l'Académie ; Shikamaru et Choji.
— Pourquoi es-tu si contente ? requit Sasuke après qu'ils quittèrent les offices du Hokage laissant derrière leur Jounin.
Il explicita son point de vue à son visage interloqué ; « je pensais que tu détestais Ino. »
Naruto lui dévia un sourire machiavélique.
— Elle passera la totalité de son temps à te pourrir en compétition avec Sakura-chan, et si elle tente de me déranger, j'aurai juste à crier « Oh mon Dieu ! Sasuke est en train d'enlever son T-shirt ! », puis elles me laisseront tranquille.
Sasuke la fusilla du regard.
— Je n'enlèverai certainement pas ma tunique.
Le sourire de Naruto ne se défigea pas.
— Je sais, mais le temps qu'elle sera distraite, cela me laissera assez de marge pour faire un clone et de me faire remplacer par lui.
Sasuke soupira en regardant ailleurs.
— Alors, je suis juste une distraction ?
— Oh non !
Elle lui rendit son rictus en entourant ses bras autour de sa nuque dans une étreinte, et en le forçant à la regarder dans ses yeux bleutés.
— Tu es mon parfait appât à Ino-truie !
Sasuke rougit légèrement, mais ne tenta pas de s'extirper de ses bras comme il l'aurait fait avec Sakura ou Ino si elles avaient été à sa place.
— Appât à Ino-truie ? demanda-t-il confus.
— Ouais ! Et si jamais Ino-truie ne m'ennuiera pas de la mission, je t'embrasserai en retour ! annonça Naruto avec assurance.
Le regard de Sasuke se fixa sur ses lèves ;
— Vraiment ? lui railla Sasuke sceptique.
— Oui ! répliqua Naruto en le fixant dans les yeux.
Alors, Sasuke se pencha vers elle de quelque centimètres, mais Naruto tourna sa tête ailleurs, le laissant aller brusquement.
— La course jusqu'à l'étage ! cria-t-elle en fuyant joyeusement.
Sasuke demeura comme ça, figé durant un moment. Il ferma les yeux, se pencha encore un peu, en prétendant que Naruto était encore là. Maussade, il se reprit pour rattraper ses camarades.
— Eh ! Ino-pig, comment va !? lâcha Sakura en tombant sur la fille aux yeux pâles qui laissa tomber une pile précaire de dossier et la recouvrant ainsi de poussière.
— Long front ! cria de colère Ino, le mot Némésis flottant dans l'air. Ino frissonna, tentant désespérément d'expulser la crasse en dehors d'elle-même avec ses longs doigts qui s'incrustèrent dans sa peau.
— Pénible... soupira Shikamaru en regardant les deux filles qui étaient à l'évidence sur le point de se battre. Il était paisiblement en train de dormir dans son coin pour éviter de se confronter à sa collègue mais le bruit enragé de sa voix l'avait réveillé.
— Sais pas, répondit Choji, assis sur une chaise à côté de la boite où se cachait Shikamaru. Il recouvrait en permanence l'autre paresseux d'adolescent avec des chips et des postillons. Shikamaru qui était bien trop indolent pour bouger subit la pluie dégénérée tomber sur lui, puis entendit hurler au loin :
— Argh ! Tu as ruiné mon uniforme !
— Ta face a ruiné mon déjeuné ! l'insulta Sakura, en utilisant quelque chose que Naruto lui avait rétorqué quelque jour avant et qu'elle avait secrètement écris sur son bras pour l'utiliser plus tard lorsque la ninja orange vêtue serait absente.
— Oh ! Tu n'en as pas besoin, Front de Planche ! hurla en retour Ino, abandonnant définitivement ses dossiers et serrant les poings.
Sakura eut un rictus.
— Sasuke adoooooooore mon front, ai-je mentionné qu'il était mon coéquipier ?
— RARGH !
— Et je suis sûre que rugir comme ça te rendra certainement plus attractive auprès de lui, contra Sakura en pensant
Quatre jours de constantes jérémiades avec Naruto-chan en valurent vraiment le coup. Je devrais peut-être lui en remercier plus tard... peut-être pas au finale... hum...
— T'es juste chanceuse ! Tu as la Grosse dans ton équipe, alors il n'y pas de compétition ! ronchonna Ino.
Le visage de Sakura vacilla, mais elle recouvrit son désarroi en lui tirant la langue.
En fait, il y a bien plus de compétition de ce que tu puisses penser... même si je n'ai aucune idée de ce qu'il peut voir dans cette fille odieuse et de si mauvais goût.
Naruto entra dans la pièce, le visage légèrement rosie.
— Eh ! Qui est prêt pour une mission rang C ?! demanda-t-elle sourdement en levant son poing en l'air extatique.
Shikamaru lui fit signe de sa boite.
— Eh, Naruto-chan ! salua avec enthousiasme Choji.
— Salut Choji-kun, Shikamaru-kun ! Comment vont les affaires ?
Shikamaru bailla affreusement en réponse :
— Notre kunoichi de service est une vraie boulette.
Ino qui avait entendit siffla cyniquement :
— Oh ! Quelle merveilleuse assertion venant de mes coéquipiers sachant qu'eux deux ont presque réussi à estropier à vie Sensei !
— Presque est le mot clé... tu aurais pu nous aider au lieu de tenter d'établir la différence entre une "violette" et une "pensée" alors que nous tentions de le secourir, grogna Shikamaru.
— Eh les amis ! Arrêtez de vous chamailler ! intervint Choji en agitant les bras.
Mais refusant de l'écouter, Ino rentra en mode crise durant laquelle, Shikamaru, propre à son devoir, s'endormit.
Alors, Sasuke entra dans la pièce, apparaissant être extrêmement frustré à propos de quelque chose, mais Ino ignora son expression puis se colla à son bras.
Sasuke éternua et tenta se s'éloigner d'elle.
Ino se souvint alors qu'elle était couverte de poussière au grand merci de Sakura qu'elle jura de tuer plus tard pour lui avoir fait éternuer Sasuke.
Naruto s'approcha de la boite de Shikamaru, puis ferma le couvercle avant de s'asseoir dessus.
Choji offrit à Naruto une chips qu'elle prit avec un sourire vibrant.
Sasuke fusilla du regard Choji qui se demandait ce qu'il avait fait de mal.
Sakura fit trébucher Ino avec son fil en fer nouvellement peint qu'elle avait oublié de peindre avant le test d'admissibilité car elle avait été bien trop horrifiée du baiser entre Sasuke et Naruto dans l'amphithéâtre.
Les deux kunoichis commencèrent à se battre comme d'habitude.
Puis un moment plus tard, d'en haut des escalier, un grand homme muni d'un suit vert hideux beugla à propos de la Jeunesse et de combien il était honoré d'accompagner son éternel rival durant la mission rang C, auquel Kakashi tenta d'en ignorer la contenance alors qu'il descendait les marches en l'ignorant du mieux qu'il pouvait.
— Ah, êtes-vous tous prêts ? leur questionna le Hokage avec les commissures des lèvres qui s'affrichaient, trahissant son amusement lorsqu'il toisa les six genin dépités.
Ino était couverte d'une couche épaisse de poussière mêlée à des bleus alors qu'elle regardait Sakura avec haine que Sakura lui rendait pareillement étant dans la même situation qu'elle. Naruto se tenait près de Choji, qui lui souriait brillamment en s'entretenant avec elle alors qu'il aidait Shikamaru somnolant à se tenir de bout et qui était prêt à littéralement piquer du nez. Pendant ce temps, Sasuke avait ses yeux braqués sur Choji et semblait inhaler une fâcheuse envie de meurtre que le suffisant Akimichi ignora bien évidemment.
Ino après avoir répliqué une sèche diatribe à sa camarade demanda alors au Sandaime en pensant sur l'aspect pratique d'un Kimono pour gagner le coeur de Sasuke en même temps :
— Ce sera une mission de plusieurs jours n'est-ce pas ? Devons-nous emmener nos bagages ?
Le Hokage hocha la tête.
— Pour des fins d'entraînement, vous ne devrez emmener avec vous que le matériel nécessaire de survie, et la mission commence dans une heure, vous n'avez de toute façon le temps de vous préparer longuement mais assurez-vous de prendre une douche rapide avant de partir, dit-il en spécifiant le mot « douche » surtout à Ino et à Shikamaru, Ino pour être recouverte de poussière et Shikaru pour les bouts de chips mâchés mélangés à de la bave parsemant son survêtement.
— Le pouvoir de la Jeunesse vaincra toujours ! Vous, les jeunes, n'avez rien à craindre, car moi, Maito Gai, le puissant maitre de Taijutsu et un homme rempli de la force de la Jeunesse est là pour vous protéger ! s'exclama ledit Gai en attirant l'attention des six genin.
— Oh, vous existez vraiment ? Je pense que vous étiez ... quelque sorte d'hallucination, admit étourdiment Naruto.
Des larmes coulèrent comme deux fleuves des yeux du maître en Taijutsu ;
— Oh jeune fille ! Comment peux-tu être si blessante ?!
Naruto le fixa de terreur, et s'enfuit de l'homme fou, se cachant derrière Sasuke qui avait la bouche béante devant ce monstre hors du commun. Les autres genin avaient des expressions similaires sur leur visage, comme s'ils ne pouvaient croire ce qu'ils avaient devant leur yeux.
Kakashi commenta mécontent.
— Eh bien, ça promet...
Les ninjas furent congédiés et le Hokage quitta son office pour la pause déjeuné, laissant une jeune fille blonde discutant avec son tuteur d'école.
— Iruka-nii-chan ? supplia Naruto les yeux bleus rivés sur le grand homme en face d'elle.
Iruka lui sourit.
— Je vais prendre soin de Saru.
— Oh merci ! T'es sûr que cela ne te dérange pas ?
Il hocha la tête.
— Non, pas du tout, ça serait même amusant pour moi de m'occuper de lui.
— Veux-tu que j'empaquette toutes ses affaires au même endroit ?
— Non, je vais le faire, j'ai un double de clé - souviens toi, pour les cas nécessiteux... Je le récupérerai de la garderie aujourd'hui et lui expliquerai tout pendant que tu prendras ton pack de ninja et que tu liras le rapport de mission.
— Tu es le meilleur, Iruka-sensei ! s'exclama Naruto en entourant ses bras autour du cou de son ancien professeur qui hésitait entre s'enfuir au loin devant cette effrayante démonstration d'affection ou l'embrasser à plein joie. Il décida que poser une main sur son épaule serait une solution plus convenable au final :
— Prends soin de toi Naruto, et écoute bien les directives de tes sensei !
Elle fit un sourire et décolla ses bras de lui.
— Bien sûr, m'as-tu connu une fois étourdie ?
Iruka demeura coi et se contenta de contempler Naruto se diriger gaiement vers la porte. Elle paraissait presque voler de liberté à cette instant...
Lorsqu'elle fut définitivement partie, Iruka fronça les sourcils. Même s'il savait que la mission devrait être plus que sûre en raison de la formation de son équipe ; huit ninjas dont deux jounin, il ne pouvait s'empêcher de ressentir une inquiétude poindre dans sa poitrine.
Il soupira, sortit de la salle, en pensant à ses nouvelles responsabilités temporaires...
