Mots du traducteur/futur auteur par intérim :

Un grand remerciement à tous ceux ayant pensé à commenter cette fiction. Cela fait toujours chaud au cœur de voir son travail apprécier par la communauté. Vous me voyez néanmoins désolé de ne respecter un rythme de publication convenable, mais ma vie actuelle ne me permet d'allouer plus de temps à l'oeuvre qu'est cette fiction. Pour répondre à certaines personnes ; non, je ne compte pas abandonner la traduction, toutefois, d'autres difficultés viennent s'ajouter au travail d'origine où entre autre, l'auteur originel n'ait donné signes de vie depuis trois ans (autant dire qu'originellement, la traduction de cette fiction n'est pas d'ordre licite).

Ainsi, en préparation à la suite de la fiction, je me dois d'intégrer certaines scènes pour que la suite de celle-ci soit assurée en bonne et due forme, et ce, selon le plan sous lequel je l'ai pensé. Beaucoup d'entre vous considéreront clichés certains passages que j'écrirais (et vous m'en voyez navré), mais ceux-ci sont nécessaires au bon déroulement de l'histoire. Je ne garantis pas non plus une "non baisse" de qualité de la fiction, étant donné que j'ajoute ma "pâte personnelle" à cet écrit. Toutefois, j'assurerai que tous les passages ayant été écris par l'auteur soient retransmis le plus fidèlement possible, et ce, dans leur intégralité, pour qu'ensuite, puisse se faire la transition sans interruption vers ce qui sera ma propre interprétation de cette histoire. J'essaierai de demeurer le plus proche possible de la pensée de l'auteur originel, et de ce qu'il/elle a voulu faire convier via cette fiction. Ce chapitre est de mon entière création (et non de la traduction), et il est peu dire que j'en suis fier ! C'est pourquoi je vous souhaite dorénavant une agréable lecture !


~ Chapitre 6 ~


La rivière des souvenirs coulait paisiblement. Là, avaient éclos de multiples fleurs aux resplendissantes pétales. Une main se tendait, se ployait, s'agençait sur des cordes jaunies. Des cordes, qui, par leur fluctuation grivoise, faisaient chatoyer la lumière solaire sur l'enceinte que représentait son esprit. Il les sentait passer entre ses mains ; ses délicieuses ficelles. Elle leva les yeux vers lui, des yeux d'un bleu si intense, qu'ils lui murmuraient la chamade de son coeur ébloui par tant de beauté... Elle, qui reposait à ses côtés : ses lèvres prêtes à croquer, sa poitrine s'emplissant d'air, mettant en relief ses doucereux valons sur lesquelles il avait tant fantasmé... Et ses mains... qui voguaient lascivement sur son visage... Elles étaient si douces... si chaudes... si vibrantes ! Il n'avait qu'à s'abaisser pour la prendre pleinement. Mûre... Si mûre... mûrs tous les deux... Il n'avait qu'à partager avec elle le fruit flamboyant de la vie.

Puis alors, soudain, elle se démultiplia. Son corps se subdivisa, le faisant se remémorant chaque scène, chaque vision qu'il avait entrevue d'elle... Elle, qui se distinguait toujours de la foule, avec sa natte virevoltant au gré du capricieux zéphyr lunaire, s'enfouissant ainsi dans les ombres...

Où était-elle déjà ?

De rougeâtres pupilles se diaphragmèrent alors à travers la brume dense. L'horizon s'ignifugea en une mer cramoisie. De ces prunelles, se réverbérait une machiavélique malice. Il les avait déjà aperçu dans le passé... Comme il s'en souvenait ; de ces orbes qui l'avaient tant envoûté... et qui lui murmuraient désormais :

Qui es-tu ?

Quoi ?

Qui es-tu... toi... qui ose me troubler dans mon repos... Recherches-tu toi aussi la puissance ? Toi... descendant de cette race maudite...

Je -

Oui... Je la sens désormais... ma haine envers vous... s'alimentant chaque jour... Toi... qui me haïra autant en retour... Tu me craindras, tu souffriras ! Je vous ferai souffrir intensément... terriblement... à toi... à mon réceptacle... la douleur ! Enfin...

Mais -

Il court... Il brûle ! Ce feu torride... Elle le recherchera aussi... Celui qui circule entre ses si fines et délicates veines... L'avenir s'ouvre pour nous trois... Nous serons les partisans de la gloire ! Les messagers du chaos ! de la destruction... de la haine... et de la discorde... Nous serons ceux qui resteront après la fin... douloureusement... mais certainement !

Une lumière divine perça alors le plafond ténébreux, donnant naissance à une lande désertique où tout avait été effacé. Des cratères, des kunais, partout... rien d'autre qu'un paysage dévasté... Il n'y avait qu'une épée qui dépassait du sol. Une épée, sur laquelle reposaient de moites mains voilées de sang... et des bras, recouverts de plaques, qui remontaient jusqu'à de familières épaules... elles aussi recouvertes de mailles. Une armure verte, partant d'un tronc vigoureux, solide, résistant au vent tourmenteur de la calomnie... Ses yeux saphirs perlant de rouge fixaient intensément le monstre hideux aux dix queues, surplombé par un homme masqué d'orange, où du centre, immergeait une fissure engloutissant tout, même sa présence...

Alors, la femme à la longue manne blonde cascadant son dos s'élança à corps perdu vers la bête. La matière se décomposait sous sa vélocité rubis. Épée brandie vers l'avant, elle tenta d'appliquer un coup d'estoc décisif à l'instigateur de ce gâchis, mais cet être putride tendit alors un doigt vers elle, d'où partit un éclair subit transperçant sa poitrine. Elle s'effondra alors, sans vie, dans ce désert d'existences qu'était cette contrée.

Non ! hurla-t-il à la vue de ce funeste spectacle.

Que désires-tu, jeune âme ? lui murmura la voix obscure provenant des abysses.

Je... oui... Je le ferai... Je ferai tout pour cela... Sa protection... je m'en assurerai...

Bien... Notre pacte est signé... Ainsi... ma confiance... t'est accordée...

Dans un profond soupir spectral, les immenses yeux rouges et fissurés se fermèrent, ne laissant place qu'à un unique écran uniformément noir...


Les rayons concentrés de chaleur s'infiltrèrent dans la clairière. Sasuke sentait ses muscles s'éveiller lentement de leur atrophiante torpeur. De la sueur suintait de son torse et de son front. Quelque chose de moelleux paraissait lui coller au corps - à tout son corps. C'était humide, bouillant... et pulsant. Il se demanda ce que pouvait dégager une telle sensation. Sa couverture ? Non, la texture n'y ressemblait pas apparemment. Qu'était-ce alors ? C'était rembourré... doux ? Sa main s'enfonça dedans avec aise. Il entendit alors un grommellement. Ah... Cette lumière... Elle lui brûlait la rétine... si seulement il pouvait ouvrir les yeux.

Soudainement, des doigts lui tapotèrent la tempe. Une fois, deux fois... Avec plus d'empressement alors. Sasuke hocha la tête, bien décidé à rester sur son coussin. Il entendit alors un soupir et quelqu'un s'éloigner. Le gêneur était parti, il pouvait se dédier pleinement à son sommeil. Que c'était bon de dormir tranquillement ! Paisiblement...

Il sentit alors se décalquer sur ses cheveux une substance humide... visqueuse... Désagréable ? Probablement... Il crut percevoir un rire alors, plusieurs hoquets de rire... C'était comme si quelqu'un se retenait d'exulter... Qu'y avait-il donc de si drôle ? Puis un autre ronchonnement se fit savoir. Énervé, le ténébreux jeune homme ouvrit les yeux.

« Alors Sasuke ? », remarqua une voix espiègle de derrière, « je ne savais pas que tu penchais de ce côté là ! »

Les yeux de l'insensible garçon s'écarquillèrent d'horreur.


Dans la tente, Naruto regardait péniblement Sakura et Ino se pouponnaient devant leur miroir respectif. Elles l'avaient réveillé tôt cette matinée, commençant immédiatement une futile bagarre sur qui allait remporter le pas sur Sasuke. Soupirant et ignorant leur manège, Naruto était sortie du chapiteau miniature pour aller se laver la figure à la rivière. En observant son reflet dans l'onde, elle nota que ses grosses cernes habituelles s'étaient légèrement estompées. Cela était probablement dû à l'air pur de la campagne, et à l'absence de stress du village. Gloussant, elle prit ses cheveux dans une main, eux aussi semblaient se revigorer au sein de la nature. Elle les emmêla dans sa coutumière natte blonde. Devant son reflet, elle se palpa le visage et toucha ses marques. Elles paraissaient s'être noircies durant la nuit ; elles étaient plus graves, sombres, et importantes. Elle pensa alors distraitement à Iruka s'occupant de Saru... Elle fallait qu'elle pense à lui ramener un cadeau au retour...

« UAAAAAAAAAAAARGH ! »

Naruto se retourna brusquement à ce cri. Celui-ci provenait de la tombe des garçons, et elle reconnaissait l'auteur de celui-ci. Elle accourut sur les lieux du crime et remarqua avec incidence ce qui avait causé un tel émoi :

Sasuke était positionné en califourchon sur un Choji torse nu (détail qu'elle n'omis pas), qui lui bavait avec délectation sur les cheveux (détail qu'elle n'omis pas non plus). Plusieurs postillons et résidus de chips s'étaient délicatement installés sur la tunique bleu nuit du fameux Uchiwa, ne paraissant alors plus aussi fameux... Les jambes de celui-ci s'ancraient confortablement dans le ventre proéminent de l'héritier des Akimichi. Naruto ne manqua bien entendu pas de noter le corps de Sasuke trépider comme s'il avait des spasmes. Shikamaru en arrière plan se fendait la poire, qu'il partagea affablement avec le discutable sensei aux cheveux blancs du garçon qu'ils moquaient ouvertement. Sakura et Ino ne manquèrent évidement pas de rappliquer avec la vitesse de deux taureaux enragés, plongeant à corps perdu sur les deux garçons, s'immisçant alors dans leur promiscuité rapprochée.

Il est inutile de rajouter qu'un second cri se réverbéra dans la clairière, auquel s'additionna de nombreux pleurs et rires, de même que le ronchonnement des impatients clients ne demandant qu'à partir d'ici.


« Je hais ma vie... », maugréa Sasuke les mains dans les poches après tous ces épisodes hasardeux et déplorables. Le râtelage continu de la charrette faisait étrangement et mélodieusement écho à son désespoir.

« Allons, allons ! Tout va s'arranger ! », répondit avec compassion Kakashi en lui tendant un mouchoir, que Sasuke déclina, morbide de voir que celui qui aurait dû le réconforter se réjouissait gaiement de son malheur. Les espiègles regards en coin de Naruto au loin n'arrangeaient en rien la situation. Celle-ci discutaillait d'ailleurs contentée avec Shikamaru, qui lui aussi, jetait quelques fois les yeux derrière pour l'observer dédaigneusement puis se retourner et s'esclaffer de rire. Leur discussion tournait autour de comment un certain Uchiwa avait pu finir dans une certaine situation. L'extrêmement studieux Nara avait bien sûr pris soin de prendre quelques clichés, qu'il avait librement fait partagé à tout le monde pour la modique somme de quelques yens. Pour empirer le tout, Sakura et Ino, après avoir réglé le compte à Choji désormais étendu sur la caravane, tentaient de sympathiser avec Sasuke... Sasuke qui se retenait alors d'exploser diablement de rage, d'étriper tout le monde, avant de se pendre au bord de la route.

Oui. Sa vie puait indubitablement.


Après de longues et de longues heures de marche...

« Sensei ! », cria Naruto en faisant les gros yeux et fauchant le fameux livre orange avec une prise de kunfu rudimentaire, que son sensei esquiva avec aise en levant simplement son livre. Ils s'étaient arrêtés durant pendant une heure et Kakashi en avait profité pour s'écarter dans un coin tranquille afin de se focaliser sur son petit loisir personnel.

— Qu'y a-t-il, chère disciple adorée et désirée ? répondit-il avec sa coutumière voix flegmatique en nettoyant son arrière train parsemé d'herbe mouillée.

La blonde le regarda avec suspicion le poing levé près de son visage.

— Que me vaut ce surnom ?

Il haussa les épaules.

— Oh, rien ! Juste une simple remarque en l'air.

Elle le foudroya du regard, tentant de deviner le sens de cette réplique.

— Quand est-ce qu'on arrivera à destination ? demanda-t-elle enfin à cran.

L'homme à la chevelure foisonnante et sauvage leva en réponse pensivement son œil gauche vers le ciel.

— À la fin de l'après-midi ? Peut-être... laissa-t-il voguer en l'air.

Elle lui frappa sèchement l'épaule.

— Vous ne connaissez même pas la longueur du parcours ?!

Il fut surpris au premier abord de son éclat, avant de paraître vouloir l'apitoyer du regard.

— M'en veux-tu ? quémanda-t-il les larmes aux yeux.

— Oui !

— Pourquoi ? poursuivit-il sincèrement curieux.

— Eh bien... Je vous en veux ! Je vous en veux que vous nous preniez pour vos esclaves, de faire retarder indéfiniment la mission alors qu'on aurait pu être de retour depuis longtemps ! Je vous en veux pour tout ce que vous nous faites endurer, je vous en...

— Les règles... Ce doit être ça, murmura-t-il sur un ton fataliste.

— Quoi ?!

— Mon maître m'avait conseillé à l'époque de ne pas s'approcher des femmes lorsqu'elles avaient leurs « Psch-Psch ».

— Vous voulez un poing sur la figure ?!

— Réfléchissons calmement Naruto, raisonna-t-il en mouvant hâtivement ses mains. Quelle serait la raison pour que tu te comportes comme Sakura ou Ino à cet instant précis ?

Et elle lui flanqua véritablement un poing, qu'il esquiva habilement.

— Serais-tu toi aussi... amoureuse ? sourcilla-t-il avec interrogation.

La blonde rougit furieusement et tenta de redécoller une rouste.

— Vraiment ?! parut s'estomaquer Kakashi.

— Arrêtez de vous foutre de moi !

— Mais je me moque pas de toi du tout ! Je m'intéresse juste à la santé mentale des mes fieffés apprentis.

—De un, je n'ai ni le temps, ni l'énergie d'être amoureuse, de deux, il n'y a aucun garçon dans mon entourage qui pourrait m'intéresser et de trois, mêlez vous de vos oignons !

L'argenté haussa les épaules, s'écarta légèrement, puis pensa indolent ; de toute façon je manque d'exercices...

— Mais ce sont mes oignons justement à éplucher ! Que mes apprentis aient leurs « Psch-Psch » ou leurs « Hnn Hnn » me concernent tout à fait !

Elle chargea le poing en avant.

Il se contenta en retour de sauter avec légèreté en prenant pour appui le dos élongé de Naruto à découvert, avant de l'écraser avec son postérieur. Ils atterrirent tout aussi tôt dans l'herbe rase dans une toute aussi familière position qui rappelait Naruto bien de ses cauchemars le soir.

— Eh voilà le chevalier servant qui arrive à ton secours, princesse, déclara Kakashi en faisant tournoyer deux kunais venant d'apparaître entre ses doigts.

Une sandale bleuté inonda le champs de vision de Naruto à la place où furent les mains de son précédent son sensei. Malencontreusement, ce fut son propre visage couturé qui réceptionna le tir.

— Grbmrl, je ne t'avais pas vu Dobe.

Naruto resta de marbre un moment, avant de fulminer petit à petit, toujours le pied de Sasuke enfouit obscènement dans ses cheveux.

Ses poings se serrèrent pour ainsi dire.

— Teme ! rugit Naruto enragée en se levant brutalement. Sasuke eut un mouvement de recul devant le regard courroucé de la blonde porté dans sa direction.

— Quoi, qu'est-ce que j'ai fait ? demanda-t-il écœuré devant la défroque maculée de terre de sa coéquipière.

— Qu'est-ce que t'as fait ?! Qu'est-ce que t'as fait ?! glapit Naruto deux fois avant de saisir les joues de Sasuke puis de les tirer en glapissant de multiples « Excuses-toi ! Excuses-toi ! »

« C'est vrai, tu devrais t'excuser, Sasuke ! », intervint la voix de Kakashi de loin.

— Pourquoi devrais-je m'excuser ?! hurla-t-il à tue-tête.

« Je ne sais pas, mais ça vaut le coup de lui demander ! », continua Kakashi toujours perché sur son arbre, avec un sourire dissimulé par son masque et les feuillages.

— Vous allez arrêter de m'exclure de la conversation ! mugit la seule présence féminine dans les environs.

Sasuke la regarda franchement.

— Pourquoi m'en veux-tu ?

Elle écarquilla les yeux comme abasourdie.

— Es-tu sérieux ?

— Non.

Agacé, il tenta de l'étourdir en lui cognant le crâne, mais de sa frappe ne résultat qu'un contre, le faisant en retour s'échouer sur le sol à trois pattes.

— Excuse-toi ! glapit Naruto.

— Pourquoi devrais-je m'excuser ?!

« Ne t'en fais pas Sasuke, je te soutiens de derrière ! Le plan fonctionne comme sur des roulettes ! »

— De quel plan parle-t-il ?! réquisitionna Naruto.

— J'en sais rien ! Je ne vois pas de quel plan il veut parler ! Je suis arrivé ici tout à fait fortuitement !

« Mentir c'est mal, Sasuke ! Ne t'a t'on pas enseigné ça à l'Académie ? »

— Parle Sasuke, ou meurs ! lui menaça Naruto en lui tordant le bras.

— Je ne vois pas de quoi il veut parler ! protesta Sasuke toujours le bras démis, tandis que son autre membre servait à maintenir le peu de semblant de dignité qu'il lui restait de ne se faire complètement dominé par une femelle.

« Le plan Sasuke ! Le plan ! Rappelle toi du plan ! Cantonne toi uniquement au plan ! »

« Ta gueule ! », rétorquèrent simultanément les deux adolescent qui se chevauchaient l'un et l'autre dans une situation précaire où chacun désirait avoir l'ascendant sur l'autre. Kakashi fut froissé sur son arbre de leur réponse et d'être tenu à l'écart de leurs ébats furieux. « Et dire que je fais tous ces efforts pour eux ! Bande de petits ingrats... Ils vont le payer cher ! », maugréa-t-il sombrement en conjurant comme par magie des éclairs noirs au-dessus de sa tête.

— J'arrive ! hurla-t-il.

Sasuke et Naruto rompirent soudainement leur formation lorsqu'il fut sorti de sa cachette pour se jeter corps et âme sur lui alors qu'il arrivait en voltige. Celui-ci fut surpris de voir un tel retournement de situation orchestré avec tant de coordination. Les deux jeunes adultes échouèrent néanmoins dans leur tentative de saisir le scélérat en plein vol, qui bondissait d'arbre en arbre. Ils s'écrasèrent ainsi la tête la première contre le tronc de l'arbre sur lequel s'était positionné l'instant d'avant Kakashi.

— C'est tout ? questionna-t-il d'ailleurs moqueur.

Il vit Sasuke faire le signe du tigre alors qu'il retournait sa bouche vers lui. Une langue de flammes dans un cri sourd surgit des lèvres du jeunot. Flammes, qui ne manquèrent pas d'atteindre quelque cheveux de la blonde. Blonde, qui se précipita alors dans la rivière pour tenter d'éteindre l'incendie dans sa chevelure. Dans un moment de panique de se retrouver seul face à l'ennemi, Sasuke tout à son honneur, fit un tourbillon sur lui-même. Dans sa rotation prestigieuse, son coup de pied retourné s'encocha malheureusement dans un clone de boue. Une main saisit son talon, et Sasuke se retrouva à son bien mauvais goût trop vite dans une position qui lui paraissait bien trop familière, avec Naruto se ramenant avec une cohorte de clones et lui enfoncé dans la terre. Alors qu'elle allait réengager le combat, Kakashi unit ses mains avec un sourire mesquin :

— Ah, je crois que c'est l'heure de m'éclipser. Vos coéquipières arrivent.

Il disparut dans un tourbillon de feuilles.

— De quelles coéquipières veut-il parler ?

— La raison de ma présence ici. Cache moi ! implora Sasuke qui blêmit soudainement.

— Quoi ? rétorqua Naruto perdue.

Des beuglements impromptus se déclarèrent dans la désastreuse clairière. Ces beuglements s'apparentaient à des « SA-SU-KE ! SA-SU-KE ! » diffus.

— Pourquoi devrais-je te cacher ?! questionna sèchement Naruto en dissipant ses clones les bras croisés.

Sasuke mesura la question quelque instant, son esprit faisant des gauches-droites gauches-droites entre son honneur de Uchiwa et sa survie. Cependant, l'honneur d'un Uchiwa ne pesait pas bien lourd devant la menace de deux banshee enragées, c'est pourquoi il ravala sa fierté et préféra la solution facile :

— Je t'en conjure ! gémit-il presque en pleurant.

La blonde le regarda sans merci.

— Excuse toi avant.

— Je m'excuse.

— Déjà ?! Mais c'est trop facile ! Tu ne sais même pas pourquoi en plus !

— Qu'est-ce tu veux que je fasse de plus ?!

— J'attendais à ce que tu protestes un minimum au moins !

— Vite ! Elles arrivent ! pressa-t-il à Naruto avec une voix étranglée.

— Bon d'accord ! rétorqua-t-elle la mine boudeuse.

Sakura et Ino arrivèrent immédiatement devant le terrain saccagé, où seul Naruto résidait assise en tailleur au milieu de celui-ci.

— Tu n'aurais pas vu Sasuke ? questionna le membre de son équipe.

Elle fit non de la tête.

— Est-ce un oui ou un non !?

Naruto tendit le bras dans la direction opposé à la rivière.

— Il est allé par là.

Les deux autres ne prirent même pas la peine de lui répondre qu'elles déguerpirent au galop.

— Grr, tu m'en dois une Teme.

— Sors moi de là au lieu de m'insulter.

Elle réalisa des clones, si bien que cinq minutes après, il était debout sain et sauf.

— Maintenant tu m'en dois deux, rajouta-t-elle passablement énervée vers son congénère masculin.

— Rouges ! s'exclama Sasuke étourdi.

— Rouge ?!

— Tes yeux ! À l'instant ! Ils sont devenus rouges !

Rouge sang

— Arrête de raconter des absurdités. Il faut qu'on se dépêche car elles ne vont pas tarder à revenir voyant que j'ai menti !

Ils décampèrent au pas de course.


— Vous revenez en même temps, remarqua les mains dans les poches Shikamaru avec suspicion devant Sasuke et Naruto haletants.

— On est allé s'entraîner. N'est-ce pas normal entre membres d'un même peloton ?

— Mué, c'est vrai que votre tenue rend tout ça crédible, même si ça m'étonne que le troisième membre du peloton ne s'est pas rappliqué, tiens ! M'enfin ! On va pas tarder à reprendre la route... Vous ferez mieux de vous changer, signala le fainéant après réflexion, ou j'en connais qui feront une crise d'apoplexie en vous voyant ainsi.

Dès que Sakura et Ino furent revenues, et que tout le monde fut paré à partir, ils embrayèrent leur marche sur le même train-train qu'ils avaient emprunté avant la "pause" qui avait été plus longue que prévue.

À la fin de la journée, ils furent arrivés au dojo familial du mari de Amaya, la future mariée, et ce, sous l'œil de multiples présences incongrues, y compris de celle d'un renard...