Nda : Salut ! Me revoilà ! Désolé pour le retard et merci pour toutes ces reviews, qui je vous rassure, m'encouragent grandement à continuer ! Je suis hélas, enfermé dans le circuit de récompense... Comme d'habitude, petite ré-actualisation des chapitres précédents (amélioration de la fluidité, correction des fautes, agrémenter quelques dialogues, etc...).

Concernant la partie actuelle, je pensais vraiment pas qu'elle prendrait une telle ampleur. De ce qui partait de trois chapitres, je vais réussir à en développer six chapitres distincts, de taille plus ou moins longues. On peut aisément dire que j'ai rajouté une petite cinquantaine de pages :rire:


~ Chapitre 7 ~


« Bienvenue à vous, voyageurs de Konoha ! Et merci d'avoir accompagné ma belle-fille jusqu'à ma demeure ! »

Le tonitruant personnage à la barbe foisonnante et à la voix grave accueillit avec félicité la troupe de ninjas éreintés dans son hall. Une cohorte de servants envahirent la pièce, les soulageant de leurs bagages et montrant la direction de la chambre à la future mariée. Naruto remercia du fond du cœur le ciel de ne plus avoir à l'accompagner, et à entendre ses constantes jérémiades à propos de son futur, ayant déjà le sien à se préoccuper. Il était égal de dire qu'ils avaient tous été invités à rester jusqu'à la cérémonie qui aurait lieu dans trois jours, mais Naruto, malgré toutes les festivités apparemment déjà préparées pour leur arrivée, ne pensait qu'à une chose ; soit Saru.

Elle se demandait vaguement comment Iruka pouvait se débrouiller en son absence. Pas trop mal, supposa-t-elle, puisqu'un chérubin ne devait être trop différent d'une horde d'adolescents tumultueux à s'occuper. Et il y avait aussi Sasuke, qui ne planait jamais trop loin dans son esprit. Que trouvait-elle à ce garçon moribond ? Probablement la même chose que toutes les filles de son âge ; mignon, sans nul doute. Mais à part ça ? Son esprit mal tourné ? Son caractère de cochon ?

« Que vaut donc ce soupir ? », requit une voix calme à côté d'elle. C'était son sensei qui la fixait équivoque...

« Quand serons-nous rentrés ? », rétorqua Naruto d'une voix ballante devant laquelle il haussa les épaules.

— Tant qu'ils requièrent nos services, et ce, moyennent finance, nous ne sommes qu'obligés de rester. C'est quelque chose auquel il faudra t'habituer ; je veux dire, ces fréquentes excursions à rallonge en dehors du village.

— Je ne sais pas si j'aime vraiment ça... soupira-t-elle encore. Elle releva son regard vers le reste de la troupe qui se réjouissait d'être enfin arrivé et de ne plus avoir à marcher sans arrêt.

— Il fallait t'y attendre Naruto. Pourquoi aurais-tu choisi cette vocation sinon ?

— Je ne sais pas... Peut-être la pression du village ? Le fait que, quoi qu'il en soit, c'était ma seule chance d'être embauchée quelque part - à l'armée. Qui dans le village aurait voulu de moi ? Je suis certaine que vous voyez pourquoi... sous-entendit-elle alors qu'elle voyait Kakashi regarder son ventre émaillé de fils noirs qu'il lui avait offert pour son test d'admissibilité de genin.

— Naruto, estime-toi déjà chanceuse d'avoir un toit et de quoi te nourrir. Pas tout le monde peut en espérer autant, ça ; je te l'assure, pas tout le monde a cette chance... comme celle d'être sous la protection des doyens du village.

— Comme Sasuke n'est-ce pas ?

Il se retourna vers elle suspicieux, « Pourquoi Sasuke ? »

— Eh bien... je veux dire... il est orphelin comme moi, non ? répondit-elle embarrassée. Comment pourrait-il souscrire à l'Académie alors qu'il n'a pas de famille non plus. Je sais très bien comment est le mode de recrutement, et ce n'est certainement pas un recrutement sur la qualité des aspirants, vu le nombre d'entre eux qui n'hésitent pas à sécher les cours.

Elle avait réussi à extirper cette information d'Ino le concernant en grinçant les dents au fait qu'elle s'était presque pâmée d'extase devant le passé tragique de garçon. Elle fut réveillée de ses pensées par un commentaire songeur de Kakashi :

— Je n'ai jamais apprécié le système de l'académie, qui a mon avis a besoin d'être réformé. Il suffit de voir la quantité d'équipes formées qui sont renvoyées au bercail en tant qu'ineptes à la qualité de ninja... Quant à Sasuke, on peut dire qu'il est plus ou moins... spécial. C'est justement parce qu'il est orphelin que Konoha lui accorde... un tel égard. Il est après tout le dernier descendent valide de sa lignée, et le perdre ou gâcher son potentiel reviendrait à perdre un grand atout militaire pour notre Konoha.

— Je vois... murmura Naruto en baissant les yeux.

Elle n'aimait pas le regard que portait son sensei sur elle à ce moment. C'était comme s'il défrichait la moindre de ses pensées intimes. Celui-ci tourna la tête vers le reste du groupe. Ceux-ci folâtraient indignement sous la tutelle du "maître en taïjutsu" d'être enfin arrivés à destination. Sasuke était décidément mal à l'aise d'être pris dans effervescence de la troupe comme pas à sa place. Naruto remarqua que son regard ne la quittait que peu souvent, comme s'il désirait savoir ce qu'elle avait discuté avec sensei, qu'elle entendit d'ailleurs rajouter :

« Je pense qu'il est temps pour nous de revenir vers eux. Je dois après tout vous assigner vos chambres... »

Son air amusé ne présageait décidément rien de bon...


« Alors, Sasuke, comment ça se passe avec Naruto-chan ? », demanda Shikamaru à Sasuke qui déballait ses affaires, à l'inverse du paresseux affalé sur sa couchette.

— Mêle toi de ce qui te regarde, vermisseau ! siffla le garçon ténébreux avec hargne. Maudit soit Kakashi-sensei de ne pas lui avoir donné une chambre seule (ou avec Naruto) !

— Allons, allons ! Il faudrait vraiment être aveugle pour ne pas se rendre compte que tu es amoureux d'elle, Sasuke-kun. Je dois avouer que je suis bien jaloux ! déclara Shikamaru d'une voix tragique devant la face outragé de Sasuke ; « Et dire que ta prestation avec Chôji avant-hier avec attisé mes espoirs te concernant. Tu sais, j'ai tooooooujours rêvé de toi Sasuke. »

Celui-ci se figea momentanément.

— Tu viens de me rappeler que j'ai des comptes à régler avec toi, pour les photos que tu as prises, Nara !

— Hoho ! Mais je suis embarrassé par tant d'ardeur ! Que dirais-tu d'ailleurs d'une embrassade bien viril ? Autant profité que tu ais encore ta pureté pour passer une nuit de folie ! ronronna l'autre adolescent d'une voix moqueuse.

— Continues à miauler comme ça, face de concombre, et je t'assure que je me ferai un collier de tes dents !

— Tu m'aimes tant que ça Sasuke au point de me vouloir en permanence auprès de toi ? Je suis flatté !

Sasuke se cogna la tête contre le mur.


— Des chips ? questionna Chôji en tendant son paquet à Gaï-sensei.

— Volontiers ! répondit l'énergumène verte.


— Psst, Sakura ! murmura Ino assise.

— Quoi encore ! soupira la fille aux cheveux roses effondrée sur son lit.

—- Que dirais-tu d'aller espionner la chambre de Sasuke ?

— Laisse-moi dormir juste !

— Me dis pas que t'es déjà fatiguée après ce court trajet ! Si c'est le cas, tu ne vaux même pas la peine d'être ma rivale !

— Répète ! rétorqua Sakura, se levant immédiatement ressourcée.

Ino dévoila un sourire mesquin.

— On sort ?

— J'attendais que tu me le proposes.

Elles sortirent de la petite pièce, bras-dessus, bras-dessous.


— Ne t'approche pas de moi, chien fou ! hennit Sasuke en brandissant un traversin à l'encontre de l'indolent adolescent.

— Allons ! Allons ! Ne sois pas timide ! Chôji m'a tout raconté !

— Qu'est-ce que ce gros lard t'a dit ?!

Shikamaru fit la moue.

— C'est pas très gentil pour Chôji ça. Moi qui croyais -

— Ne crois rien du tout ! Meurs ! hurla Sasuke en tournoyant sa faux vers le Nara.

Celui-ci esquiva à juste titre.


Des hurlements, des glapissements de joie et de surprises, ainsi qu'une voix de stentor requérant la discipline retentissaient le long des couloirs du manoir. S'en suivait des continuels claquements de pas sur le marbre, des bousculades affolées.

« Eh bien, c'est qu'ils en font du bruit ces joyeux galopins... », soupira Kakashi en refermant son livre distraitement.

Paisiblement allongé sur son lit, il observait de l'autre côté de la chambre son élève blonde aux yeux bleus qui croisait les bras sur son coussin, porté contre sa poitrine et ses jambes repliées dans une position défensive. Les pupilles de la jeune fille ne quittaient pas une seconde Kakashi, qui était quelque peu embarrassé d'être la proie d'un tel regard. Il voyait sa natte pendre délicatement de sa nuque et se niveler derrière son dos en une cascade de fils dorés. Il se demandait vaguement comment ceux-ci se seraient-ils enroulés s'ils avaient été roux, quelque part...

— Si vous n'avez pas de pensées malsaines derrière la tête, je me demande maintenant si vous ne faites pas preuve d'un favoritisme envers moi.

— Ainsi donc, tu as appris à toujours te méfier de ton entourage ?

— Disons que j'ai élucidé le fait que les gens qui offrent trop de cadeaux en redemandent souvent plus à leur proie.De plus, connaissant vos hobbys de pervers, je ne vois pas comment je pourrais vous faire confiance !

Il la regarda d'un œil salace.

— Hmm... Je suppose que c'est juste, d'une certaine manière.

— Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ? le sous-pesa-t-elle soupçonneuse.

— Je suppose que tu as raison de ne faire confiance à personne. Après tout, c'est comme ça que tu as survécu jusqu'à présent, non ?

— C'est faux, je fais confiance à plein de monde ! À Iruka-nii-san, Sarutob-

— Tu ne te souviens pas...

À force de t'écarter des gens Kakashi, ils finiront par t'oublier... ne t'étonne pas alors le jour où tu réaliseras que tu es vraiment seul...

— Me souvenir de quoi ?!

Il lui fit la grimace.

— De toutes les missions qu'on a passé ensemble...

Elle ronchonna vulgairement à sa boutade, avant de s'ensevelir sous sa couverture.

— Eh sensei, pourquoi lisez-vous toujours ce même livre ?

— J'ai toujours été attiré par les belles formes.

— Pff pervers...

— Très drôle, Naruto...

— Bonne nuit sensei, résuma Naruto, ignorant le ton qu'il avait pris.

— Bonne nuit, princesse...

Elle renifla bruyamment à sa tirade vaseuse.


Naruto se réveilla en pleine nuit. Le comportement de Kakashi-sensei avait été plus qu'insolite pendant la soirée. C'était comme si ces longues nuits en dehors du village l'avaient changé. En mal, peut-être pas, mais changer, définitivement que oui. Il avait dans son regard un air plus profond, autre que son habituelle nonchalance.

En pyjamas bleus, elle se leva sur la pointe des pieds de son lit, puis marcha avec souplesse jusqu'au lit de Kakashi disposé en face du sien. Cela faisait seulement un mois qu'elle connaissait son sensei et elle trouvait toujours bizarre son comportement à son encontre. Soit il se comportait comme le véritable salaud qu'il était - son supérieur hiérarchique en titre - soit il se comportait comme un vieil ami qui l'avait connu depuis une éternité.

Et c'est ainsi, lorsqu'elle arriva à son chevet, qu'elle remarqua qu'il tenait convulsivement le livre "Icha Icha paradis" dans sa main. Elle le subtilisa avec un bloc-note vierge, puis sortit de la chambre, bien décidée à révéler en plein jour les secrets de son sensei pervers.

Dans le couloir, allumant une petite bougie qu'elle déposa à ses pieds, elle entreprit d'ouvrir le bouquin. La reliure paraissait craqueler au toucher de sa main, chose qu'elle n'aurait jamais imaginé avant de l'effleurer. Elle tourna les pages avec ennui, en voyant les scènes d'amour glauques produits par un quelconque cerveau déluré. Son regard s'arrêta quand les pages de couleur virèrent soudainement à un texte lugubre :

« Livre des comptes à rendre :

« 2 Mai 756, mort de Obito :

Je n'aurai jamais cru que la mort d'un être me toucherait et me troublerait autant. Avant lui, il n'y avait que moi. Mon œil saigne encore lorsque je pense à son image. Je ne sais pas pourquoi j'écris ces phrases que je sais que nul autre ne lira mis à part la réflexion de mon âme. Peut-être est-ce dans l'espoir - ou le désespoir - qu'un esprit miséricordieux vienne m'accorder le pardon pour ma stupidité ayant coûté la vie de mon plus proche ami. Ou peut-être pas... Ou peut être est-ce seulement le vide qui est mien, qui me force à écrire ces phrases. La déchéance de mon père, ainsi que sa mort, il n'y avait que ça avant lui... La raison de mon comportement... »

Naruto se frotta les yeux. Était-ce donc la raison pour laquelle il leur rabâchait sans cesse les oreilles sur l'importance du travail d'équipe. Elle continua sa lecture...

« 6 Novembre 758, mort de Rin :

Encore une fois, je pleurniche inutilement. Mon poignard transperçant sa poitrine... Désolé Obito de n'avoir pu tenir ma promesse ; tu as dû te faire un bien stupide ami. Pourquoi suis-je condamné à voir tous ceux que j'aime mourir ? Est-ce ma destiné d'être né meurtrier et de voir mes amis succomber avant que je ne succombe à mon tour ? Quel est le but, le sens de tout cela... la raison. La raison profonde... Je ne la connais pas... »

Naruto cligna les yeux. Elle regrettait d'avoir subtilisé ce livre à son sensei. Elle découvrait des pans entiers de sa vie privée qu'elle savait qu'il la tuerait s'il savait qu'elle les connaissait. Elle hésitait encore à continuer, mais une chose à l'intérieur d'elle lui soufflait de poursuivre malgré tout.

« 3 Février 761, jour de fête :

Stupide sensei et stupide sensei de mon sensei, m'obliger à boire ainsi... Vous savez bien à quel point je ne tiens pas à l'alcool... Et puis ce mal de tête qui refuse de s'en aller. Rah ! Pourquoi je reviens vers ce journal maudit ? Je dois vraiment être morose... Je ne vois pas de quoi ils peuvent se réjouir ! Et j'ai dû me confronter à cette tête de pioche de Fugaku Uchiwa, et de sa femme, enceinte également. Ils étaient de la fête avec le Troisième... Si jamais Kushina ne m'avait pas attrapé par la peau du cou, jamais je ne serai venu... Ahh Kushina... Elle était si magnifique cette nuit là... »

C'était bien la première fois pour Naruto qu'elle voyait son sensei complimenter quelqu'un d'une façon qui ne lui paraissait pas creuse... Elle se demandait qui pouvait être cette Kushina...

« 10 Octobre 761, ... :

Le Kyuubi... Je n'aurai jamais cru pouvoir le voir de mon vivant. J'ignorais moi-même "qu'elle" hébergeait un tel monstre en elle. Qu'est-ce qui a donc pu déclencher sa libération... Si seulement j'avais été plus attentif cette nuit là... Si seulement j'avais été présent à leurs côtés... Jamais ils ne seraient mort... Et maintenant m'incombe le devoir de m'occuper de ce qui leur reste... Ma petite princesse cramoisie... Elle se tient dans mes mains, papille, pleine de vie... Comment pourrais-je refuser un tel fardeau... Comment ? Cette vie... Ma vie... Elle ne m'appartient plus... »

Le reste du passage paraissait avoir été découpé avec un rasoir.

« Eh bien, qu'avons-nous à cette heure de la nuit, un chaton égaré ? »

Cette tirade fit sursauter Naruto, qui culbuta en arrière, laissant ses affaires sur place. Des ombres, se révéla la silhouette grisonnante et ténébreuse de son sensei, qui n'avait réellement non l'air commode...

« Haha sensei... Que faites-vous donc debout à cette même heure ? », rétorqua Naruto d'une voix vacillante, tentant de filtrer le peu de lumière qui subsistait encore dans ses yeux turquoises, en quête d'une issue pour s'enfuir. Kakashi s'abaissa, puis prit délicatement le livret dans sa main, le toisa un moment, avant de le remettre dans sa poche d'un haussement d'épaules.

— Alors, as-tu trouvé cette lecture inspirante ou insipide, Naruto, je me demande bien...

— Vous voulez dire que vous l'avez fait exprès, tout ça, tout ce manège ! M'obliger à dormir dans la même pièce que vous, et rester au près de moi tout au long du voyage !

Le ninja masqué lui convia un sourire désabusé. Il fit un pas vers elle, mais elle avança un kunai en évidence pour le mettre en retrait.

— Ne vous approchez de moi, sinon je crie !

— Qu'ai-je dit à propos de la confiance Naruto ?

Tu n'as besoin de personne Naruto. Personne d'autre que moi...

— Non, non, non ! mugit-elle contre cette voix du passé qui la poursuivait et tourmentait sans cesse dans ses rêves.

Une aura rouge émana de son petit corps, devant laquelle Kakashi s'épouvanta. Elle était pleine de malice, mêlée à de la haine concentrée et de la noirceur pure. Il n'attendit pas une seconde, il frappa son estomac, la faisant s'effondrer au sol et la plongeant dans un univers uniformément gris.


Naruto entendait des gouttes cloquer à côté d'elle, à la surface d'un liquide flasque et visqueux dans lequel elle paraissait embourbée. Le plafond s'élevait si haut, que lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle ne put en distinguer le bout. Tout autour d'elle, des murs placardés de viscères émanaient une odeur répugnante et putride qui se dilataient dans ses narines en une distillation des plus abominables. Il y avait, dans ce lieu, nulle ombre, ni entourage. Seuls deux orbes rouges émergeaient du brouillard, à travers les barreaux titanesques d'une cage invraisemblable, éclairée par d'innombrables chandelles, qui animaient ce lieu noir.

« Ainsi donc, l'enfant du démon s'est réveillé ! », vacilla une voix terriblement vibrante.

Naruto cligna des yeux. Elle regarda autour d'elle distinctement avant de bifurquer son regard vers la chose insoluble.

— Qui êtes-vous ? questionna-t-elle avec défiance, croisant ses bras sur sa poitrine.

Je peux être beaucoup de choses, mon enfant. Énormément de choses... Grandes, Fortes, Incommensurables... Pendant des années, j'ai essayé de joindre le contact, mais jamais, comme tes prédécesseurs, tu ne m'as répondu.

— Êtes-vous le Kyuubi ?

Le Kyuubi ? Qu'est-ce le Kyuubi ? N'est-ce cette entité, qui, avec ses innombrables queues, dévaste tout sur son passage ?

— Et aussi la cause de mon calvaire.

Non-non-non-non, mon enfant. Ceci est faux ! Je ne suis pas le Kyuubi. Mais qui suis-je en vérité ? Je me le demande... Familière, tu me parais être... Si seulement je pouvais te voir de plus près... Mais tu refuserais sans doute de t'approcher... Je suis si seul... J'ai besoin d'aide... D'aide...

Naruto hocha la tête. Les complaintes de la créatures faisaient écho dans ses oreilles.

— Vous êtes complètement cinglé, postula-t-elle franchement.

Cinglé ? Qui... Moi ? Possiblement fou ? C'est une hypothèse qui n'est à exclure... Mais qu'est-ce que la folie en soit ? N'est-ce qu'une forme autre d'intelligence qui demeure incomprise ? La folie, n'est après tout qu'un cas d'espèce fort intéressant à étudier...

— Pourquoi m'avez-vous amené ici, monstre ?!

Ah ! Quel mot haineux qu'est le "monstre". Je ne suis pas un monstre. Oh ! Mais chut ! Il arrive ! Doucement... Cache toi mon enfant, de sa présence...

— De qui et à qui parlez-vous ?

Mais de Lui, bien entendu ! Il me fait si peur ! Si seulement j'avais quelqu'un à mes côtés pour l'affronter... Cette peur...

— Vous n'avez toujours pas répondu à ma question !

La question ? Ah... Cette question. La raison de ta venue ! Je l'ignore... Pourquoi es-tu ici d'ailleurs ? Je ne sais pas...

Naruto soupira. La Bête paraissait si démunie, si solitaire, dans sa cellule.

Qu'elle avait tant envie d'ouvrir.

Ne touche pas à cette serrure, mon enfant. N'ouvre pas cette porte ! Tu t'y perdrais surement ! J'ai peur, que mon esprit te submergerait... Moi-même ne le contrôle parfois ! Surtout quand l'autre arrive.

— Qui est cet autre ?

Tu ne l'entends donc pas ? Parfois il me murmure - il nous murmure à tous les deux... Je suis si apeurée... Si effrayée...

— Pourquoi m'avez-vous appelé "enfant du démon ?"

N'est-ce pas le nom que l'on t'accorde parfois ? Dans ton village ? Et puis... L'autre t'appelle souvent "l'instrument de mon pouvoir"... Un instrument... Quel concept fascinant !

— À quoi ressemble cet autre ?

Je ne sais pas... Rares sont les fois où il me parle, et jamais, je ne m'ose m'approcher de lui... Ses griffes, ses dents, me mutileraient sans doute... Il suffit de voir son agressivité latente ! Oh mon enfant, comme il me fait peur, peur, peur...

Cela peinait à Naruto de voir cette forme informe fuir devant l'inconnue. Elle lui rappelait, lorsqu'elle errait encore dans l'ombre des pas de Mizuki.

— Voulez-vous que je vous aide à l'affronter ? demanda-t-elle soudainement.

Pour affronter qui ? répondit une voix sinistre.

La minuscule Bête qui avait été en face d'elle tout le long de la discussion parut se transformer, grandir. Neuf queues titanesques se transfigurèrent de son derrière, sa fourrure prit du volume, et son visage déformé par la crainte s'allongea en un fier et long museau. Ses yeux rouges, fissurés par le milieu, semblèrent transperçaient de milles aiguilles le corps spirituel de la jeune fille.

Le Renard, était revenu...

Cela fait une éternité que je n'avais vu un représentant de ta race, humaine.

— Vous êtes...

Oui, je suis ce que tu penses. Je suis la raison pour laquelle les villageois t'ont persécuté toutes ces années. Je suis l'objet de ta haine, de ta fureur, de ton courroux. Je suis la quintessence du chaos et du carnage. Je suis ce qui perdurera après que tous tes amis seront morts au combat. Je suis... l'incarnation du mal. N'est-ce pas ce que tu penses de moi ?

Naruto demeura silencieuse devant le spectacle de l'Absurdité.

Sache que les choses ne sont toujours pas ce qu'elles semblent être, Naruto... Les apparences sont trompeuses... Souviens toi de Lui qui était si doux ! De ce qu'il t'a fait subir ! Du fruit de ses actions... Méfie toi des autres ! La confiance, est une chose trop précieuse pour n'être accordée par diligence ! C'est pour te le rappeler que je t'ai invoqué. Tu ne dois, faire confiance, à personne... Ni à moi, ni aux autres, ni à toi-même...

Et ce n'est qu'ainsi, qu'à la toute fin, tu seras mienne.


Des roucoulements d'oiseaux parvinrent délicieusement jusqu'à ses oreilles. Elle se sentait enveloppée de draps soyeux et propres. Un cousin avait été placé sous sa nuque, et ses cheveux d'un naturel tressés s'étaient retrouvés décousus, épandues librement sur la couchette en éventail. Une couverture recouvrait son corps quasi-nu, n'était-ce que pour ses sous-vêtements. Elle ouvrit enfin les yeux, et observa le monde qui s'ouvrait à elle :

Elle se trouvait dans une serre à l'évidence. De multiple plantes exotiques habitaient ce lieu. Une éblouissante lumière traversaient les vitraux, et elle ne se souvenait s'être retrouvée sciemment en pareil endroit. Elle essaya de réintégré le fil des évènements, mais elle n'y parvint pas.

« Tu es enfin réveillée Naruto ? », demanda une voix qu'elle connaissait bien - celle de son sensei.

Elle ne répondit pas.

— J'ai toujours voulu te montrer cet espace, mais je n'en ai jamais eu l'occasion par le passé.

— C'est une illusion, n'est-ce pas ?

Kakashi souffla, surprit qu'elle ait pu distinguer - malgré sa carence notoire en la matière - son genjutsu magnifiquement élaboré dans les moindres détails.

— Comment as-tu deviné ?

— Je ne me souviens pas avoir vu une telle salle détenant de tels végétaux en arrivant dans ce dojo familial.

Kakashi soupira.

« En effet, c'était bien présomptueux de ma part, même pour moi, de te montrer ceci maintenant... »

D'un claquement de doigts, le paysage resplendissant s'effrita, s'évanouit, ne laissant à la place qu'un endroit sauvage et vide ; la nature brute du dehors en plein milieu de la nuit, avec ses plantes chétives et ses petits mammifères communs. Le baldaquin fut remplacé par un lit de paille, et les douces sensations qui s'étaient animés sur la peau de la blonde se retrouvèrent n'être que de rugueuses piqures moites.

— Que s'est-il passé ? questionna Naruto les yeux vides, allongée par terre.

— Tu n'as eu qu'une légère commotion. Mon arrivé saugrenue a dû provoquer un émoi trop fort pour une fragile jeune fille comme toi... ricana Kakashi.

Elle se souvenait maintenant ; le livre orange et les secrets qui y reposaient...

— Que représentez-vous pour moi ? demanda Naruto les yeux fermés. Elle ne voulait pas se donner de faux espoir, mais-

— Ce que j'aurai dû représenter pour toi plutôt...

Naruto ouvrit les yeux grands ouverts. Elle regardait, son sensei le dos allongé contre un arbre, observer le ciel remplis d'étoiles. Son œil gauche scintillait de larmes, tandis que l'autre, révélant trois faucilles noires marquées sur un fond rouge, renfermait un infini désarroi.

« Lorsque je contemple la lune, je me dis parfois au combien d'instants précieux j'ai pu raté au cours de cette existence. Tant de moments passés que j'ai pu laisser filer. Certains importants, d'autres moins, mais néanmoins tous chérissables à leur manière... Je peux voir tous ces fils conducteurs que je n'ai saisis, préférant me larmoyer auprès de la tombe de mon plus tendre ami. Il m'arrive de voir, au cœur de la nuit, les fantômes du passé, me demandant continuellement pourquoi. Ma défaillance, je leur réponds, a conduit mes pas jusque là. J'aurai tant voulu être présent au moment opportun... Comme j'aurai désiré les protéger... Mais ils ne sont plus désormais... Ton père... »

— Vous connaissiez mon père ?! s'exclama Naruto exorbitée en se relevant à demi.

— Bien sûr, j'étais l'un de ses plus proches amis...

Ne voyant qu'il en disait pas plus, comme perdu dans ses pensées, Naruto s'approcha à quatre patte de Kakashi avant de s'asseoir en tailleur devant lui.

— Comment était-il ?

— C'était un grand ninja. L'un des plus grands que le monde ait connu probablement — et ce n'est pas le fait qu'il était proche de moi qui me fait dire ça.

— Comment s'appelait-il ?

Elle le vit sourire pendant un court moment à travers son masque.

— Je ne suis pas autorisé à t'informer de son identité. Je ne pense pas que tu sois encore assez mûre pour l'apprendre d'ailleurs. Je préfère réserver ça pour une autre fois, pour un autre temps...

Naruto baissa la tête, déçue.

— Connaissiez-vous ma mère aussi ?

Kakashi soupira. Il se fendit dans un long silence durant lequel il ferma les yeux, le genou gauche rapproché contre sa poitrine.

— C'était une très belle femme. Rousse, virevoltante partout, flamboyante même. Tu as pris beaucoup de son caractère, comme celui de son père. Il n'y a pas un instant où je ne les regrette, surtout elle. Je pourrai te la décrire dans le moindre de ses traits, que cela soit petit nez fin ou ses yeux bleutés...

— Vous l'aimiez, pas vrai ? accusa Naruto les mains en dessous du menton.

— Ce serait mentir de dire non en effet, sourit brièvement Kakashi.

— Pourquoi vous me dites ça seulement maintenant. Pourquoi à cet instant précis ?

— Car il n'est jamais trop tard pour avouer la vérité, aussi difficile qu'elle soit à prononcer... Et puis, je sais que je n'aurai que rarement une autre opportunité de te révéler cette même vérité, en tête à tête, à l'écart de n'importe quel espion qui pourrait nous observer.

Naruto comprenait ce qu'il voulait dire. Après tout, son statut de jinchuuriki n'était pas à prendre à la légère, d'autant plus après l'accident avec Mizuki. Elle devina sans qu'il ne lui dise la façon dont ils étaient morts.

Le Kyuubi

— Plus que deux jours de mission ennuyeuse et nous pourrons enfin retourner au village, soupira Naruto en s'étirant et en se remettant debout, comme pour changer de sujet.

— Ne sous-estime jamais l'incongru Naruto, qui peut survenir à tout moment, rajouta Kakashi en se massant la nuque.

Naruto lui donna sa main, l'aidant ainsi à se relever. Il était bien plus grand qu'elle ; la dépassant d'au moins deux têtes.

— Que fait-on maintenant ?

— Se rendormir. Nous avons la sécurité du couple à assurer et nous sommes déjà censés nous lever à l'aube. Tes petits camarades, même s'ils se sont couchés bien tard cette nuit avec tout leur remue-ménage cumulé à la fatigue du voyage, ne presseront pas de se réveiller en début de mâtiné, et j'escompte pareil de toi...

Alors qu'il commençait à marcher vers le dojo, Naruto lui demanda de derrière :

— Pourquoi ne m'avez-vous jamais aidé pendant ma grossesse, ou même après - et avant ?

Kakashi s'arrêta dan sa marche puis se retourna vers elle. Son œil droit semblait la disséquer entièrement.

— Pourquoi ? J'avais perdu tous mes amis Naruto avec le cataclysme ayant touché Konoha il y a déjà treize ans. Sans aucun point de repère, penses-tu que j'aurai eu le cran, surtout à l'age que j'avais à cette époque, de m'occuper d'un petit enfant, moi qui n'avait aucune expérience et ayant perdu d'autant plus mon père très jeune ?

— Je l'aurai fait moi, rétorqua Naruto de façon implacable. Comme je l'ai fait avec Saru.

— Et c'est pour ça également que je t'admire Naruto, d'avoir ce même courage. Je ne l'ai pas eu et c'est pourquoi je ne suis qu'un lâche. Lâche encore maintenant de ne t'avoir tout avoué le moment même de notre première rencontre. Ma première visite de courtoisie fut initialement pour te dire qui j'étais, mais je n'en ai eu le courage en te voyant avec Saru, car cela m'a rappelé au combien j'avais failli auprès de ton père. Je fuis, je fuis en permanence, et mon masque d'indolence n'est qu'un bouclier qui me prémunit des reproches des autres... Maintenant, si tu vois pas d'inconvénients, j'ai fort envie de dormir.

« Attendez- »

Mais il était déjà parti...

Mais Naruto était contente toutefois. Pour la première fois depuis longtemps, elle se sentait complète, comme si les révélations de Kakashi lui avait rendu une partie d'elle-même. Comme des bouts de puzzle qui s'agglomèrent, elle arrivait à voir de plus en plus claire dans la ténébreuse vie qui était la sienne. Malgré tout, il y avait encore une partie d'elle qui était mal à l'aise. La confiance, n'est en effet pas une chose aisée à confier. Pouvait-elle faire confiance à son sensei ? Lui confiant ses plus profondes pensées à propos de tout ? Elle savait qu'elle n'oserait pas, comme elle n'avait jamais osé auparavant. Le traumatisme de Mizuki était trop profondément encrée en elle. Elle avait peur qu'on la trahisse encore, qu'on lui fasse du mal et elle savait qu'il n'y avait rien de plus douloureux, que de se faire trahir par les êtres qu'on aime le plus et à qui on accorde le plus de confiance.

Soupirant, elle marcha à son tour vers l'âtre du dojo, dans lequel tous ses camarades reposaient... Elle aurait du temps de toute façon, de repenser à cela plus tard.


AN : Les chapitres suivants suivront normalement dans les semaines à venir. J'ai déjà tout l'idée de comment je vais gérer cet arc. Ce qui me bloquait, était comme j'allais établir la transition. Tous les éléments sont en place désormais pour la suite de l'histoire. Il suffit juste que je trouve le temps...