Chapitre 3

Elle ouvrit la porte de son appartement. Elle était heureuse de revenir chez elle. Cela faisait plus de six semaines qu'elle n'y avait plus remis les pieds.

Après avoir quitté l'hôpital, elle avait séjourné chez son père qui avait pris soin d'elle avec amour. Il l'avait choyée comme quand elle était petite. Elle avait adoré retrouver cette complicité. Et puis, après les évènements, elle avait eu besoin de ce havre de paix qu'était le cocon familiale. Ensuite, elle était allée passer le reste de sa convalescence dans le chalet qu'avait acheté ses parents. Elle en revenait directement.

Elle déposa ses bagages à l'entrée et retira sa veste qu'elle alla pendre dans le placard. Elle ouvrit les fenêtres pour aérer un peu son appartement qui sentait un peu le renfermé. Puis elle se dirigea vers sa chambre en ayant préalablement repris sa valise qu'elle ouvrit sur son lit pour commencer à ranger ses affaires.

Tout en s'activant, elle se repassa le film des événements de ces derniers mois.

D'abord la mort de Roy Montgomery, son mentor qu'elle considérait comme un second père, et qui s'était sacrifié pour qu'elle reste en vie. Puis l'attentat dont elle avait été la victime. Cette douleur indescriptible, sa vie qui lui échappait et puis… La déclaration d'amour de son écrivain.

A ce souvenir, elle sentit un frisson lui traverser le corps…

Contrairement à ce qu'elle lui avait laissé croire, elle s'en souvenait parfaitement. Mais elle n'avait pas été capable de lui avouer, elle n'était pas encore prête à avoir cette discussion avec lui.

D'abord parce qu'elle devait faire le point sur ses propres sentiments. Et puis à cette époque, elle était en couple avec Josh. Elle ne pouvait pas, ne serait-ce que par respect pour lui, discuter d'amour avec un autre homme. Elle se devait d'abord d'éclaircir les choses avec le cardiologue.

Au moins de ce côté-là, les choses étaient réglées.

Flash back

Elle se réveilla difficilement. Elle mit quelques secondes à se remémorer l'endroit où elle se trouvait. Elle jeta un œil circulaire à sa chambre d'hôpital. Une douleur lancinante la contraignait à bouger le moins possible.

Sur ce coup, elle l'avait vraiment échappé belle !

Elle regarda toutes les fleurs qu'on lui avait fait livrer ou apporter, et s'attarda particulièrement sur celles que lui avait offertes son écrivain préféré. Elle repensa à sa visite et un détail qui lui avait échappé alors, lui revint en mémoire. Les regards plein d'animosité que Castle et Josh avaient échangés lorsque ce dernier avait quitté la chambre. Elle n'y avait guère prêté attention alors, mais avec un peu de recul, elle ne comprenait pas ce qui avait pu se passer entre les deux hommes.

Elle fut interrompue dans ses réflexions par son père qui pénétrait dans la chambre.

« Hey ma chérie, comment te sens-tu ? » l'interrogea-t-il

« Je viens de me réveiller papa, mais je me sens encore un peu groggy » lui répondit-elle en essayant de se relever un peu dans son lit

« Tu sais ma Katie, on t'a tiré dessus. Ça va prendre encore un peu de temps avant que tu ne te rétablisses complètement » la rassura-t-il en l'aidant à arranger ses oreillers.

« Je sais papa, mais tu connais ma patience légendaire » lui sourit-elle en s'installant le plus confortablement possible.

« Oh oui, j'imagine aisément ton état d'esprit. Dis-moi, » dit-il pour changer de sujet, « on peut dire que tu ne manques pas de fleurs. Tu comptes ouvrir une boutique ? » la nargua-t-il

« Très drôle papa ! » ria-t-elle, « D'ailleurs Castle m'a fait la même réflexion »

« Ah, il est passé te voir ? »

« Oui, juste avant que je ne m'endorme »

« Il était vraiment très inquiet dans la salle d'attente, tu sais. Il est vraiment très attaché à toi » lui fit-il remarquer en scrutant la réaction de sa fille.

Kate fut surprise par la réflexion de son père, et elle sentait bien qu'il cherchait à la sonder. Mais il n'était pas question qu'elle aborde ce sujet avec lui. Elle se composa un visage fermé pour lui répondre.

« Tu sais nous sommes partenaires, c'est normal qu'il s'inquiète pour moi. Je le serais tout autant si les rôles étaient inversés. »

Malgré l'air détaché que cherchait à adopter sa fille, Jim avait tout de même réussi à apercevoir fugitivement une petite lueur dans ses yeux, et la dernière fois qui l'avait pu la voir, c'était avant la mort de sa mère. Et sa Katie n'avait pas ce regard pour Josh. Cela ne faisait que confirmer ses soupçons.

Sa fille était amoureuse de l'écrivain !

Mais, la connaissant, réussirait-elle à l'admettre ? Arriverait-elle à surmonter ses craintes ? De ça, il en était moins sûr. Elle s'était tellement enfermée sur elle-même après la mort de Johanna. Pourtant, il serait tellement heureux qu'elle trouve enfin le bonheur ! Et il sentait que l'écrivain était certainement le seul homme à pouvoir le lui apporter. En tout cas, lui seul avait ranimé cette étincelle dans les yeux de sa fille. Rien que pour cela, il lui en était reconnaissant.

« Je suppose ma chérie. Mais dis-donc, ton petit ami et Castle n'ont pas l'air de beaucoup s'apprécier. »

« Qu'est-ce qui te faire dire ça ? » le questionna-t-elle perplexe

« Et bien j'ai assisté à une prise de becs entre les deux hommes pendant que tu étais sur la table d'opération. Josh reprochait à Castle ton agression, en l'accusant de t'avoir poussée à enquêter sur la mort de ta mère. Ils ont failli en venir aux mains. D'ailleurs Josh a un peu bousculé la fille de Castle. J'ai dû intervenir pour les séparer ».

Alors c'était donc ça l' ce regard qu'ils avaient échangé. Beckett sentit la colère monter en elle. Mais de quel droit Josh s'immisçait-il dans sa vie professionnelle ? Et pourquoi s'en prenait-il à son partenaire ? En plus il avait bousculé Alexis. Non, mais pour qui se prenait-il ? S'il y avait un problème, elle n'avait absolument pas besoin de lui pour le résoudre.

Mais de quoi se mêlait-il à la fin ?

Jim remarqua tout de suite l'état d'esprit dans lequel se trouvait sa fille. Elle avait le regard noir qu'elle arborait quand elle était furieuse, quand on touchait à ce qu'elle avait de plus cher. S'il avait encore besoin d'une preuve de son attachement pour l'écrivain, elle était entrain de la lui donner. Il avait narré cette altercation à dessein. Il voulait jauger ses sentiments pour le cardiologue. Pour le coup, il savait.

Il adressa un sourire à sa fille.

« Oh tu sais Katie, tout le monde était inquiet pour toi, et un peu sur les nerfs. Dans ces moments là, on ne peut pas toujours se contrôler »

« Oui, mais ça n'excuse pas tout papa… » répondit-elle en essayant de réprimer sa colère. « Tu sais, tu devrais rentrer. Il se fait tard et je crois que j'ai besoin de me reposer un peu. » ajouta-t-elle pour éviter que cette conversation se prolonge.

« Tu es sûre ? Tu sais, je peux rester le temps que tu dormes, ça ne me dérange pas »

« Non, rentre, tu es fatigué. Tu as eu aussi ton lot d'émotions. Et puis ce soir, Josh doit repasser me voir. Je ne serai donc pas seule » le rassura-t-elle en songeant déjà à la discussion qu'elle aurait avec le cardiologue et qu'elle préférait avoir en tête-à-tête.

« Bon, dans ce cas je vais te laisser te reposer. Je reviendrai demain. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu n'hésites pas à m'appeler quelle que soit l'heure, d'accord ? »

« Merci papa, je te le promets »

« Alors à demain ma chérie. Je t'aime » la salua-t-il en lui donnant un baiser sur le front.

« Moi aussi je t'aime papa. A demain »

Jim quitta la chambre en se retournant une dernière fois et lui adressa un dernier sourire que la jeune femme lui retourna. Une fois seule, elle se cala un peu plus dans les oreillers sentant la fatigue l'envahir. Il ne fallut que quelques secondes pour qu'elle sombre dans un sommeil agité.

Elle se réveilla plus de deux heures plus tard. Elle sut tout de suite qu'elle n'était pas seule. Sa main droite était emprisonnée dans celles d'un autre. Elle ouvrit les yeux sur son petit ami qui lui souriait.

« Hey Kate, bien dormi ?»

« Mouais… » lui répondit-elle en se relevant doucement et en retirant brusquement sa main.

Ce geste n'échappa pas au cardiologue. Il fronça les yeux perplexes et scruta le visage fermé de la jeune femme pour essayer d'y déceler le moindre sentiment, mais en vain.

« Quelque chose ne va pas Kate ? » questionna-t-il perplexe.

« Non, effectivement ça ne va pas ! » rétorqua-t-elle froidement.

« Tu veux que j'appelle un médecin ? » lui proposa-t-il glacé par le ton employé par sa petite amie.

« Tu es toi-même médecin, si je ne me trompe, et ce n'est pas de mes douleurs dont je veux me plaindre »

Le jeune homme recula sous le choc de cette phrase accompagnée du regard noir de la détective. Il sentit à ce moment-là que la discussion qui allait suivre serait rude, même s'il ne connaissait toujours pas le motif du grief que sa bien-aimée avait à son encontre. Il décida d'employer le même ton qu'elle.

« Tu peux m'expliquer pourquoi tu me parles sur ce ton ? Qu'ai-je donc fait de si terrible pour mériter un tel courroux ? »

« Tu n'en as aucune idée ? »

« Non, aucune… »

« Tu n'aurais pas, par exemple, agressé Castle ? »

Voilà donc la raison du conflit pensa-t-il. C'est encore cet écrivaillon qui se mettait en travers de sa route.

« Tiens, pourquoi ne suis-je pas étonné ? Et pourquoi le sujet récurrent de nos disputes, c'est toujours Castle ? Ton cher écrivain serait-il venu pleurer dans tes jupes par hasard ? » ironisa-t-il

La jeune femme sentit sa colère monter d'un cran. Comment osait-il lui reprocher de se quereller régulièrement à cause de Castle, alors que c'était lui qui revenait sans cesse sur le sujet, lui reprochant la proximité qu'elle avait avec son partenaire. Et puis elle détestait quand il arborait ce sourire moqueur.

« Tu ne manques pas d'air toi au moins ! Qui remet sans arrêt ce sujet sur la table ? Toi ou moi ? Mais là n'est pas le problème. Tu aurais eu une altercation avec Esposito ou Ryan, c'eût été la même chose. Et pour ton information, ce n'est pas Castle qui m'en a parlé, mais mon père. »

« Ah, j'aurai cru… »

« Qu'est-ce que tu aurais cru ?» le coupa-t-elle « Qu'il vienne se plaindre de ton comportement ? Contrairement à toi, ce n'est pas son genre. Mais assez parlé de lui. De quel droit te mêles-tu de ma vie professionnelle ? Qui t'a permis d'intervenir dans celle-ci ? Me suis-je, ne serait-ce qu'une seule fois, immiscée dans la tienne ? Non. Alors je te prierai d'en faire de même ! Tu ne connais pas les tenants et les aboutissants de cette enquête. Alors comment peux-tu te permettre de juger !»

« Mais Kate, c'est quand même Castle qui t'a poussé à rouvrir le dossier de ta mère ! Sans cela, tu ne serais pas allongée dans ce lit d'hôpital »

« Je te signale que suis entrée dans la police pour justement pouvoir résoudre le meurtre de ma mère. Ensuite, j'ai abandonné l'enquête faute de nouveaux éléments. Et puis c'est vrai que c'est Castle qui a trouvé de nouvelles preuves, et je lui en suis reconnaissante. Mais ce que tu ne sais pas, c'est, qu'il y a quelques jours, il est venu chez moi pour me supplier d'arrêter. Et, si tu peux encore me parler, c'est parce qu'au péril de sa vie, il s'est jeté sur moi au moment du tir. C'est grâce à lui si la balle n'a pas traversé mon cœur. Donc, tu vois, tu ne sais rien et tu juges. Tu devrais plutôt lui en être reconnaissant ! »

Le cardiologue se sentit tout d'un coup tout penaud. Il est vrai qu'il n'était pas au courant de tous ces éléments, et qu'il avait agi dans la précipitation. Mais sa petite amie avait raison. Quant il s'agissait de l'écrivain, il ne se maitrisait pas. Il était jaloux de cet homme, et il savait pourquoi.

« Bon, tu as raison, j'aurais dû me contrôler. Mais Kate tu étais entre la vie et la mort, j'étais furieux et j'avais trop peur de te perdre. Alors je m'en suis pris au premier venu, c'est vrai… »

« Et comme par hasard, c'est tombé sur Castle ! En plus tu t'en es pris à lui devant sa fille, en la bousculant même.»

« Oui, et j'en suis navré. Comme je te le disais, je ne me suis pas contrôlé, mort de peur de te perdre. Kate, je t'aime et je t'en prie, mets ça sur le comportement d'un homme follement amoureux qui était sur le point de perdre la femme à qui il tient le plus au monde. Alors, pardonne-moi. Et je te promets que j'irai m'excuser auprès de Castle et de sa fille.»

Kate se calma à ses paroles. Il est vrai, comme le disait son père, que cet événement avait été douloureux pour tout le monde, et que dans ces cas-là, les sentiments étaient exacerbés. Elle pouvait donc comprendre et pardonner son geste. Mais au fond d'elle-même, elle savait que c'était plus compliqué que ça.

Son partenaire lui avait avoué ses sentiments…

Et le moins qu'on puisse dire, c'est que ça la troublait. Oh, elle n'était pas dupe. Elle savait que leur relation allait au-delà de l'amitié ou du partenariat. Mais le fait qu'il énonce les trois mots à haute voix, ça avait été une surprise pour elle. Très agréable certes, mais troublante.

Et puis, s'il n'avait prononcé ces mots que sur le coup de l'émotion, de la peur de la perdre. Pouvait-elle vraiment apporter du crédit à une déclaration faite dans de telles conditions ?

Non, elle ne pouvait douter de sa sincérité, ses yeux parlaient pour lui, et ses mots étaient venus du cœur, elle en était sûre. Et elle devait se l'avouer, elle en était heureuse.

Mais était-elle prête à ça ?

Elle ne savait pas répondre à cette question. Elle avait surtout très peur. Une crainte irraisonnée quant à l'avenir d'une relation avec son écrivain. Elle ne pouvait oublier le passé sulfureux de celui-ci, même s'il est vrai qu'il avait beaucoup changé. Alors oui, elle était effrayée à l'idée de s'engager avec lui et de le perdre.

Elle n'y survivrait pas…

En même temps, elle savait qu'elle risquait la même chose en ne répondant pas à ses avances. Elle ne savait vraiment plus où elle en était. Elle était perdue.

Mais une chose était sûr, elle l'aimait.

Et un jour ou l'autre, elle serait amenée à faire face à ses sentiments. Mais d'abord, elle se devait d'être franche et sincère avec Josh.

« Ecoute, je peux comprendre ton comportement. Et je connais tes sentiments pour moi, les mêmes qui t'ont guidés à cette attitude. Mais Josh, à la lumière des récents événements, je me dois d'être honnête avec toi, et ces sentiments sont loin d'être partagés. Laisse-moi m'exprimer jusqu'au bout s'il te plait » l'interrompit-elle voyant qu'il voulait intervenir. « J'ai vraiment beaucoup d'affection pour toi. Tu es un homme formidable, plus que séduisant et vraiment très attachant. Mais je ne t'aime pas comme toi tu m'aimes. Et si tu es honnête avec toi-même, tu le sais aussi bien que moi. Alors, il est temps que nous mettions fin à notre relation. Tu mérites de trouver une femme qui te rendra l'amour que tu lui porteras. Mais cette femme ce ne peut pas être moi. Je suis désolée de te faire autant de peine, ce n'est pas ce que je voulais »

Josh était abasourdi par la déclaration de la jeune femme. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il ne s'était pas préparé à ça. Oh, il n'avait pas été dupe, il avait bien senti que ses sentiments n'étaient pas complètement partagés. Mais il avait voulu croire qu'avec le temps, elle aurait appris à l'aimer comme lui l'aimait. Pourtant, elle avait raison. Ces derniers temps, il l'avait sentie s'éloigner. Il avait mis cela sur le compte d'une surcharge de travail, mais en fait il s'était volontairement masqué la vérité, peur de l'affronter. Et là, il n'avait plus le choix. Il sentit son cœur partir en miette.

« Mais Kate, tu ne peux pas bazarder notre relation comme ça. Je t'aime et je ne suis pas prêt à laisser tomber. Tu apprendras à m'aimer, je te le promets. »

« Non Josh, c'est fini et j'aimerais que tu l'acceptes même si c'est difficile pour toi. Je ne pourrais jamais t'aimer, j'en suis sûre maintenant. »

« Oui, parce qu'en fait tu es amoureuse d'un autre homme. Tu crois que je n'ai jamais vu les regards que vous vous échangiez Castle et toi. Ce regard que tu n'as jamais eu pour moi, Kate ! En fait tu t'es jouée de moi ! » s'emporta Josh se sentant envahir par une fureur incontrôlable.

« Non Josh, je ne me suis jamais jouée de toi, et j'ai cru en notre relation. J'ai voulu lui donner une chance. Mais ce fut vain. Et arrête de toujours tout ramener à Castle. C'est entre toi et moi. Je suis désolée de te faire autant de peine, mais je dois être honnête avec toi et avec moi-même aussi. J'espère qu'un jour tu ne m'en porteras plus rigueur et que tu comprendras que c'était la meilleure décision à prendre. Et, même si ça peut faire cliché, j'espère sincèrement que nous pourrons rester amis.»

Le cardiologue toujours sous le coup de l'émotion, réfléchissait aux paroles de la jeune femme. Il devait se rendre à l'évidence et accepter l'inéluctable. Inconsciemment, il avait craint ce moment. Mais il se devait d'être lucide. Il ne pouvait continuer à avoir une relation avec une femme qui ne partageait pas ses sentiments. Certes il était encore jeune, mais il devait quand même songer à construire sa vie. Et visiblement, il ne pourrait le faire avec la jeune détective. Alors, même si cela lui faisait mal, il devait accepter la réalité. Par contre, toujours soucieux du bonheur de celle qui allait devenir son ex, et même si cela le rendait fou de jalousie, il devait lui faire prendre conscience de ses sentiments pour l'écrivain.

« Je n'y suis pas prêt pour l'instant. Mais pourquoi pas plus tard. Ecoutes, c'est vrai que je suis triste, car je t'aime vraiment. Je crois en ce que tu dis. J'ai confiance en toi. Et si tes sentiments pour moi sont ceux que tu me décris, alors tu as raison, il vaut mieux qu'on se sépare. Mais il y a une seule chose dont je voudrais que tu prennes conscience. Tu es amoureuse de Castle, comme lui l'est de toi. J'ai refusé de le voir, mais c'est tellement flagrant. Alors oui, je suis prêt à m'effacer, car je ne désire qu'une seule chose, ton bonheur. Mais toi, acceptes de faire face à tes sentiments Kate. Avant que nous nous quittions, fais-moi au moins cette promesse. Ne passes pas à côté du bonheur qui te tend les bras. »

« Tu es vraiment un type bien Josh. Je ne te méritais pas. Mais ok, je te promets au moins d'y réfléchir. » répondit-elle surprise qu'il lui tienne un tel discours.

« Merci Kate, tu te le dois à toi-même. Bon, si tu veux bien, je vais te laisser. J'ai un cœur à panser. Je ne pense pas que je pourrais revenir te voir. Ce serait trop dur dans l'immédiat. J'espère que tu peux le comprendre. »

« Bien-sûr Josh, je le comprends très bien. Prends soin de toi. »

« Merci Kate. Je te souhaite un prompt rétablissement. A un de ces jours » termina-t-il en se levant, et lui donnant un baiser sur le front.

« Oui, Josh, j'espère sincèrement qu'on se reverra un jour » le salua-t-elle à son tour avec un sourire triste

Le cardiologue quitta la chambre sans se retourner abandonnant à jamais la femme qu'il aimait. Kate le regarda partir le cœur lourd. Elle savait la peine qu'elle venait de lui causer. Mais avait-elle le choix ? Non, elle savait qu'elle avait prise la bonne décision.

Elle n'eut plus l'occasion de revoir le cardiologue.

Fin du flash back

Elle eut un pincement au cœur en repensant à ce moment difficile. Elle lui avait fait de la peine et s'en voulait encore. Mais c'est ce qu'elle avait de mieux à faire.

Elle termina de ranger ses affaires. Elle regarda l'heure sur son radio-réveil qui indiquait 11H32. Elle décida de commander une pizza pour son déjeuner. Elle retourna dans son séjour, attrapa son portable et appela son fournisseur habituel. Une fois la commande passée, elle raccrocha et s'installa dans son sofa.

Il lui restait maintenant quelques épreuves difficiles à passer.

La première serait de retourner au 12th. Elle n'y avait pas remis les pieds depuis son agression. Et elle avait un peu peur de ce qui l'attendait. D'abord elle aurait à s'habituer à l'absence de Roy Montgomery. Et cela, elle aurait du mal à s'y faire. Elle aurait de plus à apprendre à travailler avec un autre capitaine. Ce serait certainement cela le plus difficile, car personne n'arriverait à remplacer son mentor et protecteur.

La seconde, et celle qu'elle appréhendait le plus, reprendre contact avec Castle. Elle ne lui avait pas donné de nouvelles depuis trois mois. Certes, elle lui avait demandé de lui laisser du temps, mais elle n'était pas sûre qu'il s'attendait à attendre si longtemps.

Elle n'avait pensé qu'à lui pendant cette période. Il lui avait manqué tellement. Chaque jour, elle se demandait ce qu'il faisait, s'il pensait à elle. A plusieurs reprises, elle avait pris son portable pour l'appeler, mais y avait finalement renoncé. A chaque fois, la peur l'avait arrêtée.

Elle avait eu le temps de réfléchir à ses sentiments. Elle était sûre de l'aimer. Elle ne pouvait plus se passer de lui. Elle n'avait pas encore complètement vaincue ses craintes. Mais elle y travaillait.

Son manque de lui était trop fort. Il fallait qu'elle le revoie. Et quelle meilleure occasion que la soirée organisée pour le lancement de son dernier roman. Il lui avait envoyé une invitation. Elle avait été surprise de la recevoir, mais tellement heureuse.

Alors elle avait décidé qu'elle s'y rendrait. Elle ne pouvait plus attendre. Il était temps de lui faire face.

Elle fut interrompue dans ses réflexions par la sonnerie de la porte d'entrée.