Allez pour noël, je vous offre ce petit cadeau sous la forme du chapitre 4 de ma fic.
Je veux aussi vous remercier pour tous vos commentaires sympathiques qui nous encouragent nous auteurs à continuer à vous apporter ces petits moments d'évasion.
Je veux aussi remercier ma Beta, Madoka, que j'adore et qui a permis par ses conseils éclairés à ce que cette fic soit ce qu'elle est aujourd'hui. Pleins de bisous à elle.
Chapitre 4
Il arriva aux alentours de 19H00 dans la salle de réception du Ritz Carlton Central Park, où se tenait la soirée de lancement du dernier opus de sa saga. Sa mère et sa fille à chaque bras, il fut accueilli par les crépitements de flashs des paparazzis et journalistes présents à la cérémonie. Il leur adressa un sourire commercial convenu. Quiconque le connaissant un peu, aurait remarqué son regard terne.
Il n'était là que parce qu'il n'avait pas le choix, mais le cœur n'y était pas. Il ressentait encore ce sentiment de vide. Il n'avait plus goût à rien. Il savait mettre un mot, voire un nom sur ce manque, Kate Beckett. Pourtant, il avait décidé de l'oublier, la colère toujours présente en lui. Mais cette sensation ne le quittait pas et par le fait, transcendait sa rancœur.
Or il n'avait pas vraiment le choix. Comme elle l'avait apparemment fait, il devait mettre une croix sur leur relation, quelle qu'elle fut.
La plus âgée des rouquines le ramena à la réalité en le tirant par le bras, pour commencer à descendre les marches.
Il s'arrêta quelques minutes au bas des escaliers pour laisser aux photographes le temps de faire leur travail, puis, une fois qu'il eut estimé que cela suffisait, il s'avança dans la salle, toujours accompagné par les deux femmes de sa vie. Il y avait déjà un monde fou, et se dirigeant vers Gina et Paula qu'il avait repérées près du bar, il se fraya un passage en saluant les nombreux invités qui s'empressaient pour le congratuler.
Au bout de quelques minutes, il réussit enfin à rejoindre son agent et son éditrice qui l'attendaient avec un énorme sourire.
« Bonsoir mesdames, vous avez l'air ravi de me voir » dit-il en leur rendant leur sourire. « Qu'est-ce qui vous rend si heureuse ? »
« Les ventes de ton dernier roman ont explosé mon cher Rick » lui répondit Gina rayonnante, « Jamais un de tes livres n'avait atteint un tel record. Nous en sommes à nous demander si nous n'allons pas être obligés de réimprimer de nouveaux exemplaires beaucoup plus rapidement que nous l'avions imaginé ! Si ton roman s'écoule sur le même rythme qu'aujourd'hui, nous serons très rapidement en rupture de stock.»
« Oh, papa c'est fantastique !» s'exclama Alexis heureuse pour son paternel
« Oui, c'est en effet une bonne nouvelle » commenta l'actrice pas encore encline à se laisser aller à une joie qu'elle jugeait prématurée, « mais attendons quand même les critiques avant de se réjouir totalement »
« Je te reconnais bien là Mère ! » rétorqua l'écrivain, « mais permets-moi de goûter déjà à ce premier succès si tu le veux bien. »
« Soyez rassurée Martha, nous avons aussi reçu les premières critiques » renchérit Paula en sortant une liasse de papiers de son sac à main. « Je ne vous lirai que celle du New York Times. Michiko Kakutani* me l'a envoyée en exclusivité. Elle écrit, je cite : 'Jamais un roman policier n'a atteint un tel degré de perfection, que ce soit dans le style, le suspens ou dans les émotions. Richard Castle, dans le dernier opus de sa saga sur Nikki Heat, parvient à nous transporter dans son univers en nous donnant l'impression d'en être les acteurs, et non plus les simples lecteurs. Il a réussi le tour de force de nous faire sublimer nos propres sentiments. C'est sans conteste le meilleur roman policier de ce siècle.' Voilà pour l'essentiel, et les autres critiques sont de la même trempe » rajouta l'agent en montrant les autres feuillets à son auditoire.
« Oh Richard, c'est extraordinaire ! » s'exclama la plus âgée des rouquines la larme à l'œil, en s'approchant de son fils pour le serrer dans ses bras, et se sentant enfin libérée da tout le stress qui l'avait habité toute la journée.
« Je suis très fière de toi papa » se réjouit à son tour Alexis émue, en venant prendre la place de sa grand-mère dans las bras de son père.
« Merci Mère, et merci à toi aussi mon ange » leur répondit Castle, en déposant un baiser sur le haut de la tête de sa fille. « J'avoue que je suis très honoré mais surpris par une telle critique, surtout venant de Michiko. Elle n'est pas tendre généralement, même si elle est très juste dans ses analyses. »
« Elle a toujours été gentille avec toi, Rick. Elle n'a eu que des critiques sympathiques pour tes autres romans. Mais là, c'est vrai que de telles louanges sont assez rares de sa part, ce qui leurs donnent plus de valeur. En tout cas, je peux te dire que mon patron est aux anges. Il se frottait les mains quand je lui ai fait part de cette critique » se réjouit Gina.
« Ça je veux bien te croire Gina, et j'imagine que tu partages cette joie. Tu as les yeux qui s'allument comme des dollars… » la nargua l'écrivain.
« Oh eh Rick, tu vas en être le premier bénéficiaire, si je ne me trompe ! » répliqua l'éditrice un peu vexée par la remarque de son ex-mari.
« Bon, ça suffit vous deux ! Vous vous chamaillerez un autre jour. Ce soir, on est là pour fêter ton succès, Rick ! » les réprimanda Paula.
« Oui, tu as raison, et je me dois à mes… »
Il fut interrompu par un brouhaha insistant provenant de l'entrée de la salle. Dans un ensemble parfait, ils tournèrent tous la tête vers la source de ce vacarme.
Kate Beckett venait de faire son apparition en haut des escaliers.
Les photographes ayant reconnu la muse de l'écrivain à son entrée dans l'hôtel, l'avaient apostrophée en scandant son nom. C'est ce tumulte qui avait attiré l'attention des convives et de nos cinq interlocuteurs.
Castle était comme statufié par l'événement. Il n'arrivait pas à croire qu'il l'avait là, sous les yeux. Elle, Kate Beckett, sa partenaire, sa muse, l'amour de sa vie. C'est vrai qu'il lui avait envoyé une invitation, mais il n'avait jamais osé espérer qu'elle viendrait.
Et pourtant, elle était bien là…
Il ne pouvait détacher les yeux de la jeune femme. Elle était habillée d'une robe fourreau corsetée blanche, dont la longue jupe en plissée soleil lui tombait sur les pieds, laissant ses frêles épaules dénudées, et le tout mettant en valeur ses courbes voluptueuses. Elle était coiffée d'un chignon qui laissait échapper quelques boucles rebelles. Son maquillage était des plus légers, et mettait en exergue ses lèvres et ses yeux émeraudes.
Il eut le souffle coupé par la beauté de la jeune détective. Il ne se lassait pas de la regarder. Elle était là devant lui, encore plus belle que dans son souvenir. En plus, ce qui le rassurait, elle semblait s'être complètement remise de son agression.
Elle était radieuse, rayonnante…
Cette réflexion réveilla en lui son sentiment de colère. Apparemment, il n'y avait que lui qui avait souffert de la séparation. Elle, à l'évidence, ne semblait pas du tout affectée.
Ses pires frayeurs remontèrent alors à la surface. Elle semblait si heureuse, qu'il n'y avait qu'une seule explication plausible.
Elle avait trouvé le bonheur…
Et force était de constater que ce n'était pas dans ses bras. Son pire cauchemar était maintenant une réalité. Elle était bel et bien amoureuse du cardiologue. Son cœur se vrilla à cette idée. Un profond désespoir l'envahit. Il devint blême. Pendant un moment, il crut qu'il allait défaillir.
Mais dans un effort de volonté, il se reprit. Il était hors de question qu'il laisse transparaître ses sentiments En aucun cas, il ne se montrerait faible devant elle. Puisque ne pas le voir pendant ces trois derniers mois la laissait indifférente, et qu'elle faisait peu de cas de leur amitié ou de leur partenariat, il ne lui ferait pas le plaisir de se montrer affecté par la situation.
Sur le coup, il se sentit pour le moins ridicule. Il avait osé croire qu'elle aurait pu partager ses sentiments, qu'au moins elle attachait de l'importance à leur collaboration. Mais à l'évidence, il était le seul à y croire.
Il fut alors envahi par une rage indescriptible. Il était furieux. Il était furieux contre lui-même pour avoir été aussi naïf. Furieux contre elle pour faire si peu de cas da leur partenariat. Et bien soit, lui aussi jouerait les indifférents.
Une question le taraudait tout de même.
Pourquoi était-elle venue à cette soirée ?
En effet, la jeune détective n'était pas du genre à aimer être sous les feux de la rampe. Au contraire, elle détestait ça. Pourtant, elle avait bien dû s'imaginer qu'en se montrant à la cérémonie, elle ne pourrait pas y échapper. Il ne voulait pas croire non plus qu'elle soit venue pour le narguer ou lui jeter son bonheur en plein visage. Ce n'était pas dans son caractère, et il était sûr qu'elle était incapable d'agir ainsi.
Alors, pourquoi était-elle là ?
C'est alors que le regard de l'écrivain se porta sur un quatuor de personnes qu'il reconnut immédiatement. Il ne les avait pas encore remarquées depuis son arrivée, mais il est vrai qu'ils avaient été invités aussi. En effet les deux compères et collègues, Javier Esposito et Kevin Ryan, accompagnés de la légiste, le docteur Lanie Parish, et de Jenny la fiancée de l'irlandais, semblaient attendre la jeune femme au bas de l'escalier, les yeux tournés vers elle.
C'était donc cela l'explication. La jeune femme avait dû se laisser convaincre par sa meilleure amie et ses acolytes de venir les rejoindre. Elle n'était donc là que pour eux.
Martha avait observé les réactions de son fils à l'apparition de Kate. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle avait vu passer différentes émotions sur le visage et regard de sa progéniture. Elle y avait lu l'admiration, puis l'amour. Mais ce sentiment avait été très vite suivi par du désespoir. A ce moment-là, Elle l'avait vu pâlir, et elle s'était inquiétée, car elle avait cru qu'il allait faire un malaise.
Et puis, aussi soudainement, son visage avait repris des couleurs et s'était complètement fermé. Son regard était devenu dur et froid.
Elle n'avait pas besoin d'être devin pour comprendre ce que ressentait son fils. C'est vrai, qu'elle-même avait été surprise par l'arrivée de la jeune femme. Mais contrairement à son fils, elle y voyait une lueur d'espoir. Elle était sûre que Richard se méprenait sur les raisons de sa présence. Elle le connaissait. Il était parfois capable de se torturer inutilement, et de voir le mal là où il n'y avait aucune raison de le faire.
Comment pouvait-il être aussi perspicace dans l'analyse des émotions des autres quand ils étaient extérieurs à lui, et si peu à même de reconnaître les sentiments que les personnes, qui lui étaient chères, éprouvaient pour lui. En fait, elle connaissait la réponse. Il n'avait absolument pas confiance en lui.
Elle ne pouvait pas le laisser se fourvoyer à nouveau. Elle aurait une discussion sérieuse avec son fils.
Quant à Kate, malgré les apparences, elle n'en menait pas large.
En premier lieu, elle devait faire face avec de grands sourires à cette meute de journalistes. Et Dieu sait combien elle avait horreur de ça. Elle ne supportait pas de se retrouver sur les devants de la scène. Mais elle se devait de faire bonne figure pour son écrivain.
Ensuite, son émoi était évidemment lié à lui.
Elle allait le revoir…
Mais elle était partagée entre deux sentiments bien distincts.
D'un côté, un vrai bonheur de pouvoir à nouveau plonger dans son regard lagon, de sentir son odeur bien à lui, de rire, même sous couvert, de ses blagues. Elle adorait aussi quand il se confiait à elle pour tout ce qui concernait sa famille. Que ce soient les déboires qu'il rencontrait avec son adolescente de fille ou les extravagances de son actrice de mère. Cela lui donnait l'impression de faire un peu partie de la famille.
En clair, Il lui avait manqué.
Par contre, elle appréhendait aussi grandement cette rencontre.
Comment lui, avait-il vécu cette séparation ?
Si elle était vraiment honnête avec elle-même, elle craignait fortement sa réaction. Au cours de ces trois années passées à ses côtés sur des enquêtes, elle avait appris à bien le connaitre. Et c'est à la lumière de cette expérience, que ses craintes étaient exacerbées. Elle savait aujourd'hui quelle était la nature de ses sentiments pour elle, et à l'évidence, il avait dû très mal vivre de ne pas avoir de ses nouvelles. Elle espérait tout de même qu'il lui laisserait le temps de s'expliquer.
Elle n'était pas encore prête à lui dévoiler ses propres sentiments, mais elle lui demanderait de lui laisser du temps. Il lui fallait encore abattre les quelques murs restant qu'elle avait bâtis autour de son cœur, après la mort de sa mère. Mais pour cela, elle aurait besoin de lui. Voilà ce qu'elle allait lui dire, en espérant qu'il ne soit pas trop tard.
Cette éventualité la fit frissonner d'effroi.
Elle fut rappelée à la réalité par les paparazzis qui scandaient son nom.
Elle commença à descendre lentement en jetant un coup d'œil circulaire sur la salle tentant de repérer des têtes connues, et évidemment, particulièrement celle de l'homme de ses pensées. Pourtant la première qu'elle repéra, fut celle de son collègue irlandais. Elle reconnut immédiatement les personnes qui l'accompagnaient et qui lui adressaient un énorme sourire. Enfin sauf Lanie, qui ne la regardait pas en fait. Cette attitude intrigua la jeune femme.
Mais elle ne s'attarda pas à cela. Elle règlerait ce problème, si problème il y avait, en son temps. Là, elle était trop impatiente, mais à la fois très effrayée, de le revoir. Elle scruta plus intensément la foule de convives et c'est près du bar qu'elle trouva son bonheur.
Elle fut comme attirée par un regard bleu lagon qui la scrutait. Un frisson traversa alors son corps. Lui seul pouvait provoquer ce genre de sensation sur son anatomie. Il était là, aussi beau que dans son imagination. Il était habillé d'un complet gris anthracite avec de fines rayures bleues imprimées dans le tissu. Il arborait une chemise de la couleur de ses yeux. Une pochette bordeaux complétait le tout. Il avait le teint hâlé, certainement acquis lors d'un récent séjour dans sa villa des Hampton.
Par contre, elle remarqua que ses traits étaient tirés, accentués par des cernes sous les yeux. Elle en fut chagrinée. Le connaissant, elle redoutait d'être la cause de ses probables insomnies, et un sentiment de culpabilité l'envahit alors. Ce n'est pas ce qu'elle avait voulu.
Elle ancra ses yeux dans les siens, et comme à chaque fois, l'univers autour d'eux disparut, les enfermant dans une bulle qui les isolait du reste du monde. Ils n'entendaient plus le bruit des discussions des invités, ni même la musique ambiante. En fait, dans ces moments-là, plus rien n'avait d'importance, seuls eux deux existaient.
Castle se laissa transporter dans cet univers parallèle. A cet instant, il oublia tout ce qui n'était pas elle. Ses peurs, ses rancœurs avaient fait place à un seul sentiment, son amour pour elle.
Kate quant à elle, elle se laissait irradier par un sentiment de plénitude, pour ne pas dire de béatitude, que le regard de son partenaire lui procurait. A cet instant, elle oublia tout ce qui n'était pas lui. Un seul sentiment dominait et transcendait les autres, son amour pour lui.
Malgré la distance qui les séparait, chacun pouvait percevoir les battements de cœur de l'autre. Ils battaient à l'unisson.
Ce moment de pure magie fut interrompue par le bruit d'un verre qui venait de se fracasser sur le parquet.
Alors, à son corps défendant, Rick sentit ses angoisses et sa colère refaire surface. Pourtant, Il avait aimé ce qu'il avait lu dans les yeux de sa muse. Il pensait y avoir décelé de l'amour et de la joie de le revoir. Mais il ne faisait pas confiance en son jugement. Il manquait d'objectivité quand il s'agissait d'elle, et avait tendance à analyser les sentiments de la jeune femme à travers le prisme des siens.
Son visage se ferma et ses yeux se durcirent laissant transparaître toute la rancœur qu'il avait emmagasinée ces dernières semaines. Il hocha la tête légèrement pour la saluer et détourna son regard en se dirigeant vers un des ses invités qu'il n'avait pas encore vu.
Kate fut terrassée par ce regard plein d'animosité et de reproches que lui avait lancé l'écrivain. Son sang se glaça dans ses veines et elle chancela, se rattrapant de justesse à la rambarde sur laquelle elle avait posé sa main gauche. Elle s'était attendue à une réception plutôt fraîche de la part de Castle, mais certainement pas aussi glaciale. Pendant leur échange de regard, elle y avait pourtant trouvé l'expression de son amour pour elle. Mais finalement ce sentiment avait été fugace. Sa rancœur avait vite refait surface.
Elle reprit ses esprits et continua à descendre les marches en arborant un sourire forcé. Et elle se dirigea d'un pas qu'elle voulait assuré vers ses amis et collègues, et au vu de la tête de son amie légiste, une autre bataille l'attendait.
Celle-ci, elle était presque sûre de la gagner, même si cela ne se ferait pas simplement.
Par contre, l'autre, celle qui allait engager sa vie sentimentale, elle était loin de pouvoir en prédire l'issue.
Et si elle l'avait perdu à jamais…
* Michiko Kakutani, est une critique littéraire américaine pour le New York Times et lauréate du Prix Pulitzer de la critique. Elle est considérée comme une critique littéraire américaine de premier plan
J'espère que ce chapitre vous aura plu, même s'il se termine pas forcement comme vous l'auriez voulu. Je vous souhaoite un très joyeux noël, pour vous et tous les vôtres.
