Chapitre 5
Kate s'approcha du quatuor en masquant par un sourire, le trouble que cette éventualité avait jeté en elle. Elle ne pourrait se résoudre à cette extrémité, elle se battrait, et ne s'avouerait pas vaincue. Elle savait qu'elle aurait à batailler pour se faire pardonner.
Mais elle n'avait pas le choix, c'était son bonheur potentiel qui était en jeu, et maintenant qu'elle osait entrevoir ne serait-ce qu'une petite opportunité pour qu'elle puisse l'atteindre, elle ne saurait renoncer.
Et c'est avec lui qu'elle voulait être, même si pour l'instant, elle n'était encore prête à lui avouer. Mais, à travers la réaction dont venait de faire montre l'écrivain, elle venait de comprendre qu'elle ne pourrait pas le faire attendre trop longtemps non plus, sa patience ayant apparemment déjà été mise à rude épreuve. Elle espérait juste qu'il n'avait pas encore jeté l'éponge.
Elle sortit de ses réflexions quand elle arriva à hauteur de ses collègues. Le latino et l'irlandais l'accueillirent avec chaleur. Jenny se contenta de lui sourire. Quant à Lanie, elle détourna la tête à son arrivée.
« Hey Boss, ravi de vous revoir ! » s'exclama en premier Ryan, « vous avez l'air en pleine forme ! »
« C'est vrai que vous semblez rétablie Beckett » renchérit Esposito.
« Contente de vous retrouver, Kate » ajouta Jenny
Avant de leur répondre, la jeune femme adressa un regard à sa meilleure amie, espérant une réaction de celle-ci. Mais la métisse ne daignait même pas la regarder. Un peu déçue, elle décida de n'en faire aucun cas pour le moment, et ignorant la légiste. Elle adressa un sourire de remerciement aux trois autres.
« Merci les gars et merci aussi à vous Jenny. Je suis moi-même très heureuse de vous revoir. »
Lanie, n'ayant pas été citée, et s'offusquant du dédain apparent que son attitude provoquait chez son amie, attitude qu'elle avait adoptée pour éveiller la culpabilité de la jeune femme, se retourna en toisant Beckett de ses yeux noirs.
C'était la seconde fois en quelques minutes, que la détective se faisait foudroyer du regard. Même si le trouble qu'il déclenchait n'était en aucune mesure comparable à celui provoqué par la réaction de Castle, Kate se sentit tout de même triste et décontenancée par le comportement de la métisse. C'est vrai qu'elle ne lui avait pas non plus donné de ses nouvelles ces trois derniers mois, mais elle pensait qu'elle au moins aurait compris. Force était de constater que ce n'était pas le cas.
« Bon, comme je me sens de trop, je vais me chercher à boire et à manger. » s'exclama la légiste sur un ton glacial, « Tu veux que je te rapporte quelque chose Bébé ? » demanda-t-elle avec une voix plus douce au latino.
Kate tenta d'adoucir la rancœur de sa meilleure amie, en lui jetant un regard bienveillant, mais ce fut en vain. Cette dernière détourna les yeux avec dédain, et se tourna vers son petit ami pour attendre sa réponse.
« Non, vas-y, je te rejoins » lui répondit Javier en lui faisant les gros yeux, voulant monter ainsi sa désapprobation quant au comportement de sa compagne.
Celle-ci leva les yeux au ciel. Elle n'en avait rien à faire des reproches de son homme. Elle se sentait blessée, et elle comptait bien le faire comprendre à la jeune détective. Elle se détourna de ses amis.
« Lanie… » tenta de la retenir Beckett.
Mais celle-ci sembla l'ignorer et continua à s'éloigner du groupe pour se diriger vers le bar. Kate voulut la suivre, mais fut retenue par le bras.
« Laissez-la partir Boss, le temps que la colère retombe… » intervint Esposito.
« Mais… » essaya d'argumenter la jeune femme.
Sur le regard insistant et implorant de son collègue, elle renonça finalement à poursuivre la légiste. Elle tenterait d'avoir une discussion avec elle plus tard.
Elle soupira intérieurement, cette soirée s'annonçait difficile.
Elle était venue pour revoir toutes les personnes qu'elle aimait, et le moins qu'on puisse dire, c'est que deux d'entre eux, et celles à laquelle elle tenait le plus, lui avaient réservé un accueil plutôt glacial. Elle s'était attendue à la réaction de Rick, même si celle-ci avait été pire que prévue, mais elle n'avait pas anticipé celle de sa meilleure amie.
Plus elle avançait dans cette soirée, plus elle se sentait envahir par le désespoir.
Elle se donna une gifle mentale, et se ressaisit. La tâche serait certes ardue, mais elle avait déjà eu à affronter des situations plus difficiles que celle-ci, et elle n'allait pas déposer les armes aussi facilement. Elle les affronterait l'un après l'autre avec courage. Elle jeta un rapide coup d'œil aux deux personnes qui étaient au centre de ses préoccupations, puis se tourna vers ses deux collègues.
En plus, finalement, elle avait quelques questions à poser aux deux compères.
« Alors les gars comment est l'ambiance au 12th ? Et comment est le nouveau capitaine ? » les interrogea-t-elle en leur adressant un sourire.
« Bah, ce n'est pas la même chose sans vous et sans le capitaine Montgomery » répondit en premier Ryan, l'air morose en prononçant le nom de leur ancien responsable.
« Oui, j'imagine… » susurra Kate elle-même perturbée par cette évocation, « rien ne sera jamais pareil sans lui… »
« Non, c'est sûr… » ajouta l'hispanique lui aussi gagné par l'amertume.
Les trois policiers eurent simultanément le regard triste et absent, se replongeant dans leurs souvenirs, se remémorant les bons moments qu'ils avaient passés avec leur capitaine trop prématurément disparu.
Jenny les observa compatissant à la douleur qu'à cet instant, ses trois compagnons partageaient. Elle n'avait pas eu le temps de bien connaître cet homme, mais elle avait toujours été impressionnée par le respect que lui vouaient les policiers du 12th, et particulièrement ces trois-là. Il avait été plus qu'un patron pour eux.
« Et alors, qui l'a remplacé à la tête du commissariat ? » demanda Kate qui fut la première à sortir de ses rêveries.
« Elle s'appelle Victoria Gates, » répondit le latino, « et elle nous vient des affaires internes. »
« Vous imaginez la réputation qu'elle traine avec elle » ajouta l'irlandais, « on la surnomme d'ailleurs Iron Gates, et le peu qu'on a vu, elle le mérite amplement »
« Ben, ça promet ! Et où en êtes-vous dans l'enquête sur le sniper qui m'a tiré dessus ? » les questionna-t-elle en bafouillant les derniers mots comme si elle avait du mal à les prononcer.
Les deux hommes semblèrent tout d'un coup mal à l'aise. Ils se regardèrent pour savoir lequel d'entre eux aurait le courage de lui répondre. La jeune femme remarqua le trouble qu'avait provoqué sa question, et devina tout de suite qu'elle n'allait pas aimer la réponse. Elle connaissait ses deux acolytes et quand ils avaient ce genre de comportement devant elle, c'est qu'ils avaient une mauvaise nouvelle à lui annoncer. Impatiente et énervée par leur attitude, elle les bouscula un peu.
« Bon les gars, ma question était simple, non ! Alors, j'attends » les houspilla-t-elle.
« L'affaire… est classée… en attendant de nouvelles preuves… » bredouilla Ryan prenant son courage à deux mains et s'attendant à recevoir les foudres de la jeune détective.
« QUOI ? » hurla la jeune femme si fort que les convives à proximité se retournèrent sur le quatuor. « Vous vous foutez de moi ! » ajouta-t-elle en baissant d'un ton, remarquant qu'elle avait attiré involontairement l'attention, « il suffit que je sois absente pour que vous soyez incapable de mener une investigation ! » les réprimanda-t-elle toujours avec une voix dure.
« Vous êtes injuste Beckett !» rétorqua Esposito furieux de se faire réprimander de la sorte, « on a tout fait avec l'aide de Castle pour avancer sur cette affaire, mais à un moment on a été coincé, et on ne pouvait continuer sans faire ressortir le passé de Montgomery, c'est ce que vous vouliez ? »
« Non, bien sûr que non ! » répondit la jeune femme se calmant un peu. « Avec Castle tu disais ? » demanda-t-elle curieuse.
Elle était tout d'un coup très intéressée de connaître le niveau d'implication de l'écrivain. Elle se doutait qu'après son agression, il avait continué à travailler sur l'enquête, mais elle avait hâte d'apprendre combien de temps il s'était investi. Comme-ci le fait de le savoir pourrait la rassurer, lui confirmer à quel point il tenait encore à elle. Kate avait besoin de se raccrocher au moindre détail qui lui permettait de continuer à espérer. Elle avait besoin de ça pour se donner du courage pour l'affronter.
« Oui, il a travaillé avec nous tant qu'il a pu… » Précisa l'irlandais
« Comment ça ? » l'interrompit Beckett inquiète à ce que cette réponse pouvait impliquer, « qu'est-ce qui l'a empêché de continuer ? »
« Gates, » répliqua Javier. « Quand elle a décidé de mettre l'affaire en suspens, elle a interdit à Castle de remettre les pieds au commissariat, prétextant que ce n'était pas un cirque, et qu'elle n'avait pas besoin, je cite 'd'un écrivain de pacotille dans les pattes pour faire avancer les enquêtes'. Depuis, il n'y est plus revenu, mais nous avons continué quand même nos investigations avec son aide, sur notre temps libre » expliqua le latino.
A cette nouvelle, Kate ne put retenir le sourire qui s'afficha sur ses lèvres, et ses trois compagnons purent noter aussi une lueur briller au fond des yeux de la jeune femme. Elle ne retenait qu'une seule chose de ce qu'avait dit l'hispanique, c'est que Rick avait passé beaucoup de temps à investiguer sur son affaire. Et pour elle cela ne pouvait avoir qu'une seule signification.
Il avait pensé à elle…
Pour la première fois de la soirée, elle avait une vraie raison d'espérer, il avait pensé à elle comme elle-même n'avait cessé de le faire à son sujet pendant ses trois mois d'absence. Elle sentit alors une partie du poids qui pesait sur son cœur s'envolait. Elle se sentit plus légère, pas totalement libérée bien sûr, mais tout de même un peu soulagée. Certes le plus dur restait à faire, elle devait encore l'affronter, mais maintenant elle le ferait avec cette certitude, il tenait encore à elle.
« Et on a trouvé quelques éléments supplémentaires » indiqua Kevin sortant la jeune détective de ses réflexions.
« C'est Castle qui a conservé le dossier » ajouta Esposito.
« Comment ça ? » s'inquiéta Beckett.
« On ne pouvait pas laisser ces informations à portée de mains de Gates ! » répondit Ryan.
« Oui, je comprends… » Approuva Kate.
« Mais dites-moi au fait, Castle ne vous en a rien dit ?» questionna Kevin, un peu surpris qu'elle ne soit pas au courant de ces événements.
« Non, mais c'est normal, puisque nous n'avons pas été en contact ces derniers temps » rétorqua-t-elle un peu perturbée par la question.
« Ah… » S'étonna le latino de la réponse de sa supérieure.
« Et vous revenez quand ? » demanda l'irlandais pour parler d'autre chose sentant un malaise s'installer.
« Demain matin » répondit Kate remerciant mentalement Ryan d'avoir dévié la conversation, ne voulant pas s'étaler sur ce sujet délicat avec ses collègues.
« Mais je croyais que vous ne deviez rentrer que la semaine prochaine ?» s'enquit le latino surpris.
« Oui, mais j'ai eu l'autorisation des médecins, je suis apte à reprendre. Finies les vacances, les gars !» ironisa-t-elle.
« Ouais, dites plutôt que vous vous ennuyiez de nous ! » renchérit Esposito.
« Si ça peut vous faire plaisir… » Leur sourit-elle.
Elle était effectivement ravie de revenir travailler et de les retrouver, ils étaient sa deuxième famille mais ça, elle n'était pas prête à leur dire.
Elle jeta un coup d'œil circulaire et son regard fut attiré par Martha qui l'observait avec un sourire qui apparemment lui était destiné. Elle lui retourna.
« Bon, je vais vous laisser, il faut que j'aille saluer la mère et la fille de Castle, on se voit plus tard » s'excusa-t-elle.
Elle quitta alors ses compagnons et se dirigea vers l'actrice qui avait remarqué que la jeune détective venait la rejoindre.
La rouquine était confortablement installée dans un fauteuil, un verre de vin de champagne à la main. Sa petite fille était assise sur le fauteuil voisin au sien et semblait absorbée par la lecture d'un classique de la littérature américaine.
A l'approche de la jeune femme, la plus âgée se leva pour l'accueillir, arborant un énorme sourire, semblant être ravie de la revoir.
La comédienne alla à la rencontre de la jeune femme, lui prit ses deux mains et lui déposa un baiser sur la joue. Puis toujours en conservant les deux mains de Kate dans les siennes, elle s'écarta en la détaillant des pieds à la tête.
« Bonsoir Kate, vous avez l'air resplendissante et je vous trouve ravissante dans cette superbe Robe ma chère, elle vous sied à ravir. Et laissez-moi vous dire que vous avez fait une entrée très remarquable et remarquée. Je suis enchantée de vous revoir. Vous nous avez beaucoup manqué. En tout cas vous semblez complètement rétablie et j'en suis rassurée» la complimenta l'actrice.
Beckett fut très surprise d'un tel accueil, surtout en repensant à celui que lui avait réservé son fils. Au moins, elle ne semblait pas lui reprocher l'état d'humeur dans lequel se trouvait celui-ci. Elle en fut heureuse, elle appréciait énormément cette femme qui lui avait toujours témoigné une certaine affection. Elle lui rendit son sourire.
« Bonsoir et merci pour le compliment Martha. Vous me flattez. Mais laissez-moi vous féliciter aussi pour votre mise, vous êtes vraiment splendide, comme d'habitude. Je suis moi-même très contente de vous revoir, vous aussi vous m'avez manquée. »
L'actrice libéra les mains de Beckett, et la remercia d'un hochement de tête et d'un sourire. La détective adressa alors un regard à la plus jeune des rouquines. Celle-ci n'avait pas quitté son livre des yeux et semblait ignorer la jeune femme. Kate fut surprise de ce comportement, mais peut-être était-elle si absorbée par sa lecture, qu'elle n'avait pas noté sa présence.
« Bonsoir Alexis » tenta-t-elle
« Bonsoir Détective Beckett…» lui répondit l'adolescente sans lever la tête sur un ton glacial.
Kate fut abasourdie et décontenancée par l'accueil de la jeune fille, et cela lui fit l'effet d'une douche écossaise. Elle ne s'attendait vraiment pas à ça de sa part. Et pour le coup, elle ne savait plus comment elle devait réagir. Elle était un peu perdue et désolée, voire affectée par le comportement de la jeune rouquine.
La seule raison qui pouvait expliquer cette attitude à son encontre, ne pouvait être qu'une rancœur induite par l'état d'esprit de son père. Et, le moins qu'on puisse dire, cela ne la rassurait pas du tout. Car si la jeune fille était affectée à ce point, cela n'impliquait qu'une seule chose, c'est que Castle devait être dans un état d'humeur pitoyable.
Parviendrait-elle à lui faire oublier cette colère ?
Elle n'avait pas le choix, mais la tâche lui apparaissait de plus en plus ardue. Quant à l'adolescente, elle hésitait sur le comportement qu'elle devait adopter. Elle se tourna alors vers la comédienne, cherchant dans ses yeux une aide providentielle.
Martha était très mécontente de l'attitude de sa petite fille, et elle était décidée à lui en faire le reproche dès qu'elle en aurait l'occasion. Pourtant, même son père lui avait interdit de se mêler de ses différends avec la jeune détective. Mais force était de constater qu'elle avait décidé de n'en faire qu'à sa tête. Elle pouvait se montrer aussi têtue que son père quand elle le voulait.
La rouquine revint vers Kate et vit le regard implorant qu'elle lui jetait. Elle fut navrée pour la jeune femme, qui avait déjà subi deux affronts dans la soirée. Elle avait évidemment noté le comportement de son fils qu'elle avait désapprouvé. Elle avait tenté de le lui faire comprendre, mais celui-ci s'était éloigné avant qu'elle ne parvienne à lui en parler. Elle avait aussi constaté le froid qui semblait régner entre la détective et le médecin légiste, en assistant de loin à la scène qui s'était déroulée entre les deux femmes.
Et là, Alexis en rajoutait une couche.
Elle prit Beckett par le bras et s'éloignèrent de la jeune fille. Quand elle estima être suffisamment loin pour ne pas être entendue par Alexis, elle s'arrêta et se tourna vers la policière.
« Kate, ne vous formalisez pas du comportement de ma petite-fille. Elle a vu son père très chamboulé ces derniers mois, et vous savez à quel point ils sont fusionnels tous les deux ! Dès que l'un d'entre eux est perturbé, l'autre en est affecté immédiatement. » Expliqua la comédienne.
« Pourquoi, Castle a eu des soucis pendant mon absence ? » questionna la jeune détective innocemment, cherchant par la même à faire parler la mère de son partenaire.
« Ne jouez pas à ça avec moi, ma chère ! Vous savez très bien pourquoi Richard a été perturbé pendant ces trois derniers mois. C'est parce que vous ne lui avez donné aucune nouvelle. J'ai bien vu votre réaction quand il vous a lancé ce regard à votre arrivée. Et vous n'avez pas été totalement surprise, n'est-ce pas ? Vous vous attendiez à cet accueil, même si vous ne vous étiez pas préparée à ce qu'elle soit aussi dure » la rabroua la rouquine.
Beckett était partagée entre deux sentiments après cette déclaration, la joie et la culpabilité. La joie de savoir que son écrivain s'était langui d'elle, la culpabilité de l'avoir plongé dans le désarroi pour ne pas lui avoir donné de ses nouvelles pendant sa période de convalescence. Ce n'est pas ce qu'elle avait voulu, mais à cette époque, elle ne se sentait pas encore capable de lui parler.
Elle avait dû se reconstruire.
Ella avait eu d'abord à se remettre de son agression, et cela aussi bien au niveau physique que psychologique. Sa rééducation avait été certes longue et difficile, mais elle s'y était attelée avec ferveur, et finalement, elle avait réussi à retrouver sa forme athlétique, plus rapidement d'ailleurs que ne l'avaient prévu son médecin et son kiné.
Pour ce qui était de son mental, elle savait que le chemin qui lui restait à parcourir pour guérir du traumatisme provoqué par cet attentat, était encore long. C'est pour cela qu'elle consultait un psy.
Et puis, il y avait la déclaration d'amour de Castle. Elle avait eu besoin de faire le point sur ses propres sentiments. Elle avait certes réglé le problème Josh, mais là encore, la jeune femme avait dû assumer cette séparation, même si elle venait de son fait. Elle avait fait du mal au cardiologue, et cela l'avait tout de même perturbé.
Elle avait enfin admis son amour pour l'écrivain.
Mais tout cela conjugué l'avait mis dans un état de fragilité qu'elle ne voulait pas dévoiler à son entourage, et certainement pas à son partenaire.
Oh il lui avait manqué, encore plus qu'il ne pourrait l'imaginer, et elle avait failli l'appeler à plusieurs reprises. Mais la peur qu'il la voit dans l'état dans lequel elle se trouvait à cette époque, l'en avait dissuadé.
« Oh Martha, ce n'est pas ce que je voulais… »
« Kate, ne vous excusez pas, je le sais très bien, ne vous inquiétez pas pour moi. Je sais par quoi vous êtes passée, et vous aviez besoin de vous retrouver. Je vous comprends parfaitement. Ce n'est pas avec moi que vous devez vous expliquer, moi je suis de votre côté. C'est Richard et votre amie qu'il faut convaincre maintenant. Et si je peux vous aider… » la rassura l'actrice
« Merci Martha, j'apprécie votre aide. Mais c'est à moi seule d'affronter ces deux-là !»
« Oui, je sais ! Quant à Alexis, réglez le problème avec son père et les choses s'arrangeront d'elle-même. Vous ne pourrez certes pas faire l'économie d'une mise au point avec elle, mais ce ne sera pas le plus difficile à accomplir. En tout cas je veux que sachiez que je serai toujours là pour vous Kate »
« Et j'apprécie à sa juste valeur » la remercia la jeune femme.
Elle se sentait rassérénée par ce soutien inespéré. Et au vu de ce qui lui restait à faire, elle se sentait du coup moins isolée. Même si elle devait les affronter seule, savoir qu'elle avait l'appui de la mère de l'écrivain, lui donnait du baume au cœur.
Elle jeta un coup d'œil circulaire dans la salle de réception et repéra sa meilleure amie. Il était temps de se mettre à l'ouvrage et de partir à la reconquête.
Elle salua la comédienne en lui désignant la légiste pour lui faire comprendre qu'elle allait accomplir sa première mission. La rouquine lui fit un signe d'acquiescement accompagné d'un sourire d'encouragement.
La jeune femme se dirigea d'un pas décidé vers la métisse qui se tenait seule près du bar un verre à la main. Cette dernière n'avait pas remarqué sa meilleure amie approcher et elle fut surprise de la découvrir à ses côtés quand elle sentit une main se poser sur son épaule.
« Lanie, tu ne crois pas qu'il serait temps que l'on ait une discussion toutes les deux ? »
La jeune métisse la regarda froidement, l'avisant avec dédain puis dans un soupir convint qu'elles devaient parler, mettre les choses à plat car son amie lui manquait. Mais elle ne pouvait pas pardonner comme cela alors que 3 mois étaient passés sans qu'elle n'ait aucune nouvelle d'elle …
