Voilà, vous voyez que je sais tenir mes promesses. Je vous poste un chapitre de plus.

Oui, je sais ce n'est pas celui que vous attendiez...

Mais vous aurez cette partie à un moment ou un autre. Pour l'intrigue, je ne peux pas vous faire plaisir...

Surtout, j'adore le fait que vous soyez anxieux :p

Allez, amusez-vous bien quand même...


Chapitre 7

Judy se réveilla en sursaut. Une petite musique répétitive et persistante lui agressait les oreilles. Elle mit quelques secondes avant d'en déterminer la source. Elle tendit son bras droit, et récupéra son Smartphone dernier cri pour stopper la rengaine qu'il lui jouait. Il faudrait qu'elle pense à changer ce son. Mais force était de constater qu'il était efficace, cela avait tout de même réussi à la sortir de son sommeil.

Pourtant elle avait passé une nuit horrible, et n 'avait réussi à s'endormir qu'au petit matin.

Elle était obsédée par le contrat qu'on lui avait demandé d'exécuter…

Mais elle refusait d'y repenser pour le moment, ça l'avait déjà empêchée de dormir. Elle avait une longue journée devant elle, et surtout, un après-midi excitant…

Elle s'étira péniblement pour tenter de dégourdir ses muscles, et s'extirpa du lit. Elle fouilla dans les tiroirs de la commode où elle avait rangé ses vêtements, et en extrait un pantalon de jogging, un tee-shirt et un sweat. Elle ressentait le besoin d'un peu d'exercices pour enrayer la tension acquise ces dernières vingt quatre heures. C'était aussi son remède pour se relaxer d'une nuit agitée.

Une fois habillée, elle sortit et rejoignit la salle de Gym située au sous-sol. Elle y passa une bonne heure, et c'est détendue, du moins autant qu'elle pouvait l'être compte tenu des circonstances, qu'elle remonta dans sa chambre.

Une fois entrée, elle se défit de ses vêtements trempés de sueur, enfila sa robe de chambre et se dirigea vers la salle-de-bain pour se faire couler un bain bien chaud.

Cela fait, elle retourna dans la chambre pour appeler le room-service afin de se commander un bon petit-déjeuner, qu'elle demanda qu'on lui apporte dans une heure, le temps de son bain.

Elle retourna dans la salle-de-bain, se dévêtit complètement et entra dans l'énorme baignoire, dans laquelle elle avait préalablement déversé tous les sels qu'elle avait trouvés. Elle s'allongea, s'installa confortablement, et laissa son esprit voyager.

Depuis qu'elle avait pris connaissance du dossier qu'elle avait reçu la veille, elle ne pouvait s'empêcher de repenser à la cible désignée. Certes, son activité professionnelle, comme elle s'amusait à la nommer, réclamait sang-froid et absence de conscience, mais là…

Pourtant, avait-elle le choix ?

Elle avait accepté ce contrat, et la déontologie qu'elle se forçait d'appliquer, même si cela pouvait prêter à rire vu l'objectif de ses missions, ne lui permettait pas de renoncer. D'autant que le montant des honoraires, là encore une expression qu'elle avait décidé d'employer pour parler de ses gages, lui permettrait de mettre fin à cette carrière.

Sauf que, jusqu'à ce jour, elle n'avait exécuté que des truands, ou pire…

Et là, on lui demandait de trucider une personne clean. Mais ce qui la dérangeait encore plus, c'est le mode opératoire qu'on lui imposait.

Non seulement elle le trouvait pour le moins exubérant, mais cela impliquait surtout qu'elle adopte des méthodes qu'elle répugnait.

Tout cela la mettait mal à l'aise…

Elle préféra mettre fin à ses noires pensées, et se lava. Une fois terminé, elle s'extirpa de la baignoire, récupéra deux serviettes, une qu'elle noua autour de son corps, l'autre qu'elle utilisa pour sécher ses cheveux courts, tout en se dirigeant vers la chambre.

Elle ouvrit la porte de l'immense dressing que la chambre possédait, et choisit sa tenue pour son rendez-vous de la matinée.

Elle avait repris contact avec une amie New-yorkaise, française d'origine, et en qui elle avait une totale confiance. Au vu de ce qu'on lui demandait, un peu d'aide lui semblait nécessaire. Et même si son commanditaire lui avait proposé de lui apporter le soutien humain et logistique dont elle pourrait avoir besoin, elle préférait être autonome, et choisir elle-même les femmes ou les hommes qui auraient à l'accompagner dans ses missions.

Surtout, elle avait besoin de travailler en confiance, avec des gens qu'elle connaissait bien. Et comme elle voulait préserver son anonymat, Il n'était pas question qu'elle découvre son identité à de parfaits inconnus, même ses commanditaires ne l'avaient jamais vue.

Elle finissait de s'habiller quand on frappa à sa porte. Elle ouvrit au garçon d'étage qui lui livrait son petit-déjeuner. Elle le fit entrer, et lui indiqua qu'elle désirait prendre sa collation sur la superbe terrasse qui donnait sur Central Park. Elle le laissa installer le tout, et une fois qu'il eut terminé, elle lui octroya un généreux pourboire, ce qui déclencha un chaleureux sourire chez le jeune homme Elle lui rendit son sourire et le raccompagna à la porte de sa chambre.

Elle retourna sur la terrasse, profitant du soleil qui régnait sur la grande pomme, et savoura les mets qu'on lui avait servis. Une fois rassasiée, elle vérifia sa montre pour constater qu'il était temps qu'elle se rende à son rendez-vous. Elle se leva et se dirigea pour la troisième fois de la journée vers la salle-de-bain, où elle se lava rapidement les dents, se maquilla légèrement et recoiffa ses courts cheveux.

Elle en ressortit cinq minutes plus tard, enfila son manteau, récupéra son sac à main puis sa carte magnétique, et sortit de sa luxueuse chambre.

Elle appela l'ascenseur qui arriva à son étage quelques secondes plus tard. Celui-ci était déjà occupé par un couple âgé. Elle les salua en leur souriant, et pénétra dans la cabine. Elle n'eut pas à indiquer son étage de destination, le bouton de celui-ci ayant été préalablement sélectionné.

Arrivée au rez-de-chaussée, elle sortit de la cage en souhaitant une bonne journée au vieux couple, et se dirigea vers la sortie de l'hôtel.

A cette heure de la journée, la ville était en pleine effervescence, et dès que Judy mit un pied à l'extérieur, les bruits de la cité envahirent immédiatement ses oreilles. Elle avait l'habitude de ces grandes métropoles, et n'y prêta donc guère attention. D'un pas décidé, elle prit la direction de central Park, lieu de son rendez-vous.

Elle avait volontairement choisi un endroit fortement fréquenté, où sa rencontre passerait inaperçue et n'éveillerait pas les soupçons. Non qu'elle pensait être surveillée, mais elle s'entourait toujours de précautions. Et même si cela pouvait s'apparenter à de la paranoïa, elle préférait agir avec un surcroît de vigilance, c'était sa survie qui était en jeu.

Et puis dans ce genre de métier, rien ne devait être laissé au hasard…

Comme elle aimait à le dire, en détournant un vieil adage, « mieux vaut prévenir que mourir ».

Elle arriva à destination et s'assit sur un banc visiblement déjà occupé par une jeune femme blonde, qui semblait absorbée par le livre qu'elle avait en main.

Judy sourit quand elle reconnut le dernier tome de la saga Nikki Heat. Elle avait réussi en s'en procurer un exemplaire la veille, et elle l'avait littéralement dévoré en une soirée. C'était certainement un des meilleurs romans policiers qu'elle n'ait jamais lu.

D'ailleurs les critiques avaient été dithyrambiques.

« Ce livre est passionnant, n'est-ce pas ?» s'aventura-t-elle à demander à la jeune femme tellement passionnée par sa lecture qu'elle n'avait pas noté sa présence.

Elle leva la tête de son ouvrage et adressa un large sourire à la jeune belge.

« Ce n'est rien de le dire. Je l'ai entamé ce matin, et je n'arrive pas en m'en détacher » lui répondit la jolie blonde, « mais je crois savoir, que c'est aussi ton auteur préféré, ma chère Judy », ajouta-t-elle.

« Tu te souviens de cela, ma petite Milka ? Toi qui ne te rappelles même plus de mon numéro de téléphone !» la railla son amie en se levant pour la serrer dans ses bras.

« Toi en tout cas, tu n'as pas oublié le mien apparemment. Dommage que tu ne l'utilises que quand tu as besoin d'un service, » lui reprocha la jeune blonde avec la même ironie, « Mais moi aussi je suis contente de te revoir » continua-t-elle en serrant fermement Judy dans ses bras.

« Tu es injuste, je t'ai appelée il y a deux mois ! Et je te ferais remarquer, que c'est toujours moi qui prends contact avec toi. Mais je suis ravie de pouvoir te voir enfin, et même si c'est en prétextant un besoin de soutien » s'offusqua la tueuse en mettant fin à son étreinte.

« Je sais, et j'en suis moi aussi très heureuse ».

« Tu as pris les précautions d'usage ? »

« Tu sais bien que oui, tu me connais, je ne prendrais aucun risque, surtout quand il s'agit de toi » reprocha la jeune blonde, un peu vexée par la question de son amie.

« Tu sais à quel point je suis obsédée par ces détails, alors ne t'en offusques pas, c'est une question de survie » s'excusa la jeune belge.

« Oui, je sais, tu as raison. Mais sois en sûre, tout est clean. Bon, maintenant, si tu m'invitais à déjeuner. J'ai pris soin de réserver dans un restaurant hyper sympa que je fréquente régulièrement, et dont je connais les propriétaires. Ils ont une pièce privée où on pourra discuter de ton contrat en toute discrétion. » crut bon d'ajouter la new-yorkaise d'adoption.

« Ok, alors je te suis »

La jeune blonde prit le bras de son amie et elles se dirigèrent bras dessus, bras dessous vers la sortie du parc. Elles hélèrent un taxi. Un fois installées dans le véhicule, la plus jeune des blondes indiqua l'adresse du restaurant. Elles y arrivèrent en vingt minutes. Judy régla le taxi et rejoignit sa jeune amie qui l'attendait déjà à l'entrée d'un établissement qui effectivement, était des plus discrets.

Elles pénétrèrent dans le local, et Judy fut surprise de découvrir une salle décorée avec goût. Apparemment, il ne fallait pas se fier à la devanture, elle masquait un endroit qui semblait très prisé, toutes les tables étaient occupées.

Une femme, dans la cinquantaine, un sourire large sur les lèvres, et qui d'emblée inspirait une grande sympathie, s'approcha des jeunes femmes et prit Milka dans ses bras pour la saluer.

« Bonjour jeune fille, ravie de te voir parmi nous aujourd'hui ! »

« Merci Iza, j'ai toujours plaisir à venir me restaurer chez toi, surtout quand on reçoit un tel accueil. Mais laisse-moi te présenter une grande amie qui, comme nous, vient d'Europe »

« Ah, enchantée Mademoiselle, et vous venez d'où ? »

« Je suis française, et je viens de Paris » répondit Judy ne voulant pas révéler sa véritable identité, et appelez-moi Carine je vous en prie »

« Oh Paris, j'adore, et je suis ravie d'accueillir une compatriote ma chère Carine. Je suis originaire de Limoges pour ma part » répondit la dénommée Iza en français.

« Ah, je connais très bien cette ville pour y avoir séjourné à plusieurs reprises. J'ai eu à traiter quelques dossiers pour une grande entreprise de la région », informa la jeune belge dans la même langue.

« Vous voulez certainement parler de la société Legrand j'imagine »

« C'est cela en effet, vous connaissez ? »

« Quand on a vécu à Limoges, on ne connaît que ça. En tout cas, soyez la bienvenue dans mon établissement Carine. »

« Merci Madame pour cet accueil »

« Il n'y a pas de madame qui tienne quand on est une amie de Milka, appelez-moi Iza. »

« Alors merci Iza » rectifia la jeune belge.

« Bon, je vous ai réservé un endroit isolé, comme tu me l'avais demandée Milka, je vais vous y conduire », ajouta la quinquagénaire en leur indiquant le chemin.

Elle les mena à une petite salle fermée qui se révéla être charmante et cosy. Une table préalablement dressée et deux chaises trônaient au centre de la pièce, le tout arrangé avec un goût certain.

Iza invita les deux jeunes femmes à y pénétrer et à s'installer.

« Prenez vos aises, je reviendrai prendre la commande plus tard » leur indiqua la propriétaire.

« Ce n'est pas la peine », la stoppa Milka, « tu nous sers mon menu habituel, ce sera parfait. Je suis sûre que cela conviendra à mon amie », précisa-t-elle.

« Comme vous voudrez alors, le menu habituel de mademoiselle », rétorqua Iza en quittant la pièce en fermant derrière elle.

« Alors tu vois, nous ne serons pas dérangées ici, et personne pour surprendre notre conversation », déclara la plus jeune des blondes.

« Oui, cet endroit est parfait et l'accueil est des plus sympathique » confirma la jeune belge.

« Iza est comme une mère pour moi. Mais dis-moi, pourquoi lui as-tu caché ta véritable identité ? On peut lui faire confiance tu sais… »

« C'est un réflexe de survie, je ne la connais pas. Je préfère être toujours sur mes gardes. En plus, moins de gens connaissent mon vrai nom, moins ils sont susceptibles de le révéler », se défendit Judy.

« Tu as certainement raison, tu es dans ce métier depuis plus longtemps que moi. »

« Oui, et si tu comptes profiter de ta vieillesse, tu ferais mieux de t'appliquer les mêmes règles. »

La jeune new-yorkaise approuva d'un hochement de tête en s'emparant de la carafe d'eau qui se trouvait au centre de la table, et remplit deux verres.

« Bon, si on parlait de ce qui t'amène ici… », proposa Milka.

Judy passa les deux heures du déjeuner à expliquer à sa jeune amie les tenants et les aboutissants de son contrat, et du mode opératoire imposé par le commanditaire. Elles mirent au point les modalités de l'intervention de la plus jeune des blondes, puis une fois leur plan mis au point, elles profitèrent pleinement du repas que la propriétaire du restaurant leur avait servi, et du bon moment qu'elles passaient ensemble, jouissant de cet instant de répit avant que les choses ne deviennent sérieuses.

Judy avait vu sa jeune complice tiquait quand elle avait découvert la cible. Pourtant la jeune femme n'avait fait aucune remarque. Au moins, avait-elle, semble-t-il, moins de scrupules qu'elle. Par contre, tout comme elle quand elle avait découvert le dossier la veille au soir, elle avait fait montre de réserve quant au mode opératoire demandé, mais elle avait tout de même accepté de le respecter, à la lumière des explications complémentaires que lui avait apportées la jeune belge.

Une fois leur café consommé, Judy paya l'addition et les deux jeunes femmes quittèrent le restaurant. Elles hélèrent chacun un taxi et après avoir convenu de se rappeler le soir même pour faire le point sur les dispositions prises, elles prirent chacune une direction opposée.

Judy une fois montée dans le véhicule, donna l'adresse de sa prochaine destination au chauffeur.

Même si elle avait énormément apprécié le moment passé avec sa jeune complice, qu'elle considérait un peu comme sa petite sœur, et cela malgré l'objet de cette rencontre, elle éprouvait une véritable excitation à la pensée de son programme de l'après-midi.

Pourtant, elle ne réussissait pas à se départir du nœud d'angoisse qui la tiraillait depuis la veille, et qui était la cause de son insomnie.

Elle passa le temps du parcours à s'imprégner de tous les détails qu'elle avait mis au point pour l'accomplissement de sa tâche, et surtout ceux qu'elle n'avait pas pu dévoiler à Milka. Non qu'elle n'avait pas confiance en elle, bien au contraire, elle lui confierait sa vie sans hésitation, mais la complexité de cette affaire lui imposait des règles particulières. Et dans ce contexte très spécifique, elle devait aussi penser à protéger sa jeune amie.

Elle avait eu rarement à gérer des contrats aussi dangereux, et surtout, les personnalités impliquées dans cette histoire, la pousser à redoubler de prudence.

C'est pourquoi, elle n'avait dévoilé que la moitié du plan à la jeune blonde. Pour le reste, elle devrait assumer seule les risques encourus. Elle n'avait pas peur pour elle-même, mais elle refusait de mettre la vie de Milka en danger, elle ne pourrait se le pardonner.

Elle avait tout planifié dans les moindres détails, mais elle savait que tout plan peut avoir un accroc. Alors moins elle impliquait de gens, moins elle prenait de risque, et surtout moins elle en faisait prendre aux autres. D'autant, que beaucoup trop de personnes à son goût, étaient déjà impliquées.

Perdue dans ses pensées, c'est le chauffeur qui la ramena à la réalité en l'informant qu'elle était arrivée à destination. Elle lui paya la course en lui octroyant un bon pourboire, et sortit du taxi.

Une fois sur le trottoir, elle jeta un coup d'œil circulaire pour repérer l'établissement qu'elle recherchait. Quand elle vit une longue file de personnes patientant à l'entrée de l'un d'entre eux, elle sut qu'elle l'avait trouvé.

Elle se dirigea vers le bâtiment désigné, et rejoignit la longue queue qui s'était formée, prenant son mal en patience.

Elle était prête à faire ce sacrifice, si c'était pour rencontrer le beau Rick Castle et se faire dédicacer son dernier roman.

Mais il y avait tellement plus derrière tout cela…

Elle patienta une bonne heure avant de pouvoir approcher son écrivain préféré, et quand finalement elle réussit à atteindre la table qui lui avait été réservée, elle afficha un sourire charmeur en lui tendant son exemplaire.

« Bonjour Monsieur Castle, je m'appelle Carine Dumont, je suis française et je viens de loin pour me faire dédicacer le dernier opus de votre saga. » annonça-t-elle d'un ton suave.

Rick qui avait d'abord levé la tête en affichant le sourire commercial dédié à ses fans, fut cependant subjugué quand il croisa le regard émeraude de la jeune femme qui se tenait devant lui. Bien que ces yeux lui en rappellent d'autres, il leur trouva une profondeur qui le troubla. Ajoutez à cela une voix sensuelle, ce charme typiquement français, et notre cher écrivain se retrouva muet, du moins pendant quelques secondes.

Cette réaction n'avait pas échappé à notre jeune belge, qui accentua son sourire, ce qui produisit l'effet escompté sur notre Castle.

« Je me suis pourtant exprimé en anglais, monsieur Castle, ai-je un si mauvais accent que cela ? » le railla-t-elle.

Cette nouvelle intervention de la jeune femme, avec toujours autant de sensualité d'ailleurs, ramena notre écrivain sur terre.

« Non, mademoiselle Dumont… »

« Appelez-moi Carine, je vous en prie… » le coupa-t-elle.

« Bien, alors non Carine, votre accent est excellent » corrigea-t-il, « mais j'avoue que j'ai été surpris d'apprendre qu'on puisse venir de si loin pour obtenir une de mes dédicaces », mentit-il sans vergogne.

« A dire vrai, je suis ici pour le business, et j ai été forte heureuse que cela coïncide avec la sortie de votre dernier roman. C'est un pur hasard »

« Alors, laissez-moi vous dire que le hasard fait bien les choses, s'il nous a permis de nous rencontrer » admit-il

« Vous m'en voyez ravie, monsieur Castle »

« Appelez-moi Rick, je vous en prie… »

« Très bien Rick » murmura-t-elle avec un sourire entendu.

Cette femme impressionnait Castle, c'est le moins qu'on puisse dire. Il se dégageait d'elle une aura indéfinissable, qui à la fois le subjuguait, mais qui l'intriguait en même temps. Elle lui inspirait un sentiment mitigé, mais il était incapable de détacher ses yeux des siens. C'est encore une fois une de ses interventions qui le ramena à la réalité

« Vous devriez me dédicacer mon exemplaire Rick, je sens qu'on s'impatiente derrière moi » le railla-t-elle, fière de l'effet qu'elle sentait avoir provoqué chez lui.

« Oui, vous avez raison » s'excusa-t-il en écrivant quelques mots sur la première page intérieure du livre.

Une fois qu'il eut terminé, il tendit l'ouvrage à la jeune femme en lui adressant un sourire sincère cette fois. La jeune belge récupéra son roman le remercia chaleureusement en lui resservant son sourire entendu, le salua et quitta la librairie.

Rick fixa encore son attention sur elle le temps qu'il la perde de vue, et c'est une nouvelle fan impatiente qui le ramena à la réalité.

Une fois sortie de l'établissement, Judy ouvrit son livre pour consulter la dédicace de Castle. Un sourire de contentement s'afficha alors sur ses lèvres.

C'est rassérénée qu'elle prit la direction de son hôtel.

Le plan était en marche…