NA : Rebonjour à tous. D'abord, j'aimerais vous remercier pour les commentaires, c'est extrêmement gentil de votre part.
Ensuite, j'aimerais vous signaler le nouveau rating T de cette histoire qui n'est que temporaire. Espérant joindre un peu plus de personnes, il est définitif que tôt ou tard, je devrai monter le rating à M, mais pas encore pour quelques chapitres.
Plusieurs personnes m'ont demandé quand j'allais mettre à jour : je mets à jour tous les vendredis soirs ou samedi matin. Les jeudis, habituellement, je tente de mettre un petit preview de 140 caractères sur mon compte Twitter dont l'adresse est dans mon profil.
Merci encore pour votre charmant enthousiasme et bonne lecture.
Chapitre 3
Où étais-je? Où étais-je? Je ne reconnaissais rien autour de moi. Sentant la panique m'envahir, ma respiration se saccader et mes paumes s'humidifier, je tentai de regarder autour de moi, trouver un point de repère, quelque chose, un endroit que je reconnaitrais. Rien, seul l'inconnu m'entourait.
Chose certaine, je me trouvais passagère d'un véhicule que je connaissais à peine. Dans un stationnement souterrain, je ne savais où, on m'y avait laissée seule, endormie. Regardant partout autour de moi, cherchant le moindre indice, il n'y avait rien, personne. Je ne connaissais pas cet endroit, cette voiture. Où j'étais? Qui m'avait emmenée là, puis abandonnée?
J'étais assise carrée dans le véhicule quand la portière du conducteur s'ouvrit et je fis la première chose qui me vint à l'esprit, j'empoignai mon pistolet et le pointai vers la personne qui venait de s'approcher de moi.
« Holà, Bones! S'était écrié Booth, surpris de se retrouver soudainement face-à-face avec le canon de mon pistolet.
- Booth? Demandai-je encore un peu confuse.
- Vous savez que c'est illégal de pointer une arme sur un agent fédéral? En fait, c'est illégal d'en pointer une sur quiconque, mais vous risquez plusieurs années dans une prison fédérale pour une telle offense.
- Booth? Demandai-je à nouveau, la confusion était toujours emparée de moi.
- Peut-être pourriez-vous baisser votre arme? Avait-il suggéré en plaçant sa main près de mon poignet pour l'abaisser. Un frisson parcourut mon corps, rapidement remplacé par une douleur atroce, je n'avais pas choisi la bonne main pour prendre mon arme. Ça doit être douloureux, dit-il en laissant son pouce caresser ma peau noire et enflée.
- Où étiez-vous?
- Je suis allé chercher les identifications pour entrer à l'Institut. J'ai un passe, mais vous avez besoin d'un laissez-passer pour visiteur. Vous dormiez, je ne voulais pas vous réveiller! Je ne souhaitais pas vous faire peur.
- Non! Non! J'aurais dû me souvenir que j'étais dans votre véhicule. Je dors déjà depuis quelques heures habituellement à ce moment-ci de la journée! Je suis désolée d'avoir pointé mon révolver vers vous!
- C'est ok, je vous comprends, avait-il dit en me regardant droit dans les yeux et je trouvai effrayant un instant qu'un homme puisse avoir le pouvoir de me faire fondre simplement en me regardant.
- Où allons-nous?
- Vous avez déjà vu un laboratoire de musée?
- Non, répondis-je en pensant amèrement à la dernière fois où on m'avait parlé de sciences.
- Eh bien, aujourd'hui est votre jour de chance, Bones ».
Il avait eu raison. Le mot émerveillement était un euphémisme par rapport à mon état d'esprit au moment où je traversai les portes coulissantes au côté de cet homme affable. Il m'avait refilé son manteau et emmitouflé dans son parfum rassurant, je me le laissais ahurir par la beauté étincelante de l'impressionnant laboratoire.
Partout, je pouvais voir des gens en sarrau se promener ici et là d'un pas rapide tenant dans leurs mains des dossiers importants, des éprouvettes et des plateaux de particules. Au centre de l'immense pièce, s'élevait une immense plateforme où travaillent des hommes et des femmes penchés sur des cadavres couchés sur des civières de métal.
L'endroit était merveilleux. Le laboratoire de mes naïfs rêves d'enfant.
Mon rêve d'enfance.
Je secouai la tête subtilement. Comment avais-je pu rêver à un tel avenir?
« Tout va bien, Bones? Me demanda Booth, me voyant songeuse un instant.
- Quand j'étais petite, je voulais devenir une scientifique, une chercheure.
- Vraiment?
- J'étais même plutôt douée en sciences. Mon père enseignait cette matière et enrichissait mon éducation.
-Si vous aimiez autant les sciences, vous deviez être heureuse!
- C'était le bon temps », souris-je en coin.
Il répondit à mon sourire, je pouvais voir dans son regard que ma confidence l'avait troublé, questionné. Il me dirigea jusqu'au bureau de son amie docteur et il me proposa de m'y assoir. Laissée à mes rêveries quelques temps, je m'imaginai dans cet édifice, étant celle hurlant des ordres à mes collègues dans une démarche scientifique rigoureuse et solide.
Observant la fourmilière qui s'activait sous mes yeux, je n'entendis pas la porte qui se ferma derrière moi…
« Angela, avez-vous vu Camille? »
Avait-il demandé en se glissant la tête dans l'embrasure de la porte. L'artiste s'était retournée et sourit au séduisant enquêteur.
« Oh! Bonjour Booth! Contente de vous voir aussi! Vous allez bien? Se moqua-t-elle alors que l'homme, qui lui avait semblé tendu, relaxa un moment avant de lui lancer un regard d'excuses.
- Désolé, Angela, vous êtes magnifique aujourd'hui, savez-vous où est Cam? Il y a quelqu'un qui l'attend dans son bureau.
- Oh! La prostituée qui a découvert le corps de la fille de la ruelle.
- Ne l'appelez pas comme ça! Protesta-t-il doucement.
- La fille de la ruelle?
- Prostituée.
- Ce n'est pas le métier qu'elle pratique? Répondit-elle de manière rhétorique.
- C'est juste que ce mot est tellement… vulgaire!
- Comment va-t-elle?
- Elle est forte, elle a probablement vécu plus de choses que vous et moi ne pourrions jamais imaginer, alors tomber nez-à-nez avec un cadavre ne figure probablement pas sur la liste des choses qui la traumatisent.
- Ça reste quand même un événement bouleversant!
- Elle était beaucoup plus inquiétée par le fait de devoir me suivre que par le cadavre.
- Je suppose que ce n'est pas en faisant affaire avec un flic qu'elle se bâtira une clientèle.
- Spécialement quand on a un mac sur le dos… et c'est exactement pourquoi je dois trouver Cam au plus vite histoire de lui faire un plâtre et de la ramener chez elle.
- Elle est dans le bureau d'Hodgins, une histoire de particules trouvées sur une victime des limbes.
- Merci, Angela. Je peux te demander de rester discrète à propos de cette conversation?
- Évidemment, bouche cousue! »
Avec un sourire amical, elle le salua de la main et se demanda un moment comment il était possible qu'un homme aussi séduisant soit encore seul.
C'était d'un pas rapide qu'il rejoignit le bureau d'Hodgins. Il ne connaissait que bien peu de choses de cet homme. Habituellement bien discret, il avait toujours ressenti venant de la part du petit homme barbu une certaine méfiance. Méfiance qui s'était confirmée lorsqu'il s'avoua fan de théories de la conspiration. Même si Booth savait qu'il n'avait rien à se reprocher, il pouvait comprendre les doutes à propos de l'intégrité du service pour lequel il travaillait. Les dernières semaines avaient été animées dans les bulletins télévisés par des histoires de brutalité de certains policiers et de corruption politique. La métropole américaine n'était définitivement plus le centre mondial de la démocratie.
Sans donner une outrageusement grande importance à cette méfiance, il s'avança à travers le bureau et aperçut rapidement les deux personnes qu'il cherchait.
« Eh Cam! Mademoiselle Brennan est dans ton bureau, commença-t-il avant de changer de sujet. Des nouvelles sur la victime?
- Rien d'exceptionnel, elle a été poignardée à plusieurs reprises probablement de dos. Elle n'a rien venu venir.
- Il n'y avait pas d'argent sur le corps. Le vol pourrait être le motif; c'est un quartier plutôt rude!
- Vous résolvez tous vos crimes de cette manière? Avait demandé Hodgins sans lever les yeux de son microscope pour daigner regarder son interlocuteur.
- Quoi?
- En conjonctures! Vous résolvez toutes vos enquêtes en spéculant sur de la bouillie de circonstances socioéconomiques et de clichés culturels?
- Pardon? Avait répondu Booth n'ayant peine à croire ce qu'il entendait.
- Tout ce qu'on sait pour l'instant, c'est qu'une grande femme dans la mi-vingtaine a été poignardée dans le Northwest, que son corps a été trouvé par une escorte professionnelle et qu'elle n'avait pas de monnaie sur elle. Il nous manque trop d'informations pour former des hypothèses sur ce qui lui est arrivé. On ne connaît même pas encore son nom!
- La manière dont on résout une enquête est justement en faisant des conjonctures sur le lieu et les circonstances du meurtre. C'est un moyen de diminuer le nombre de suspects possibles.
- Ah! C'est exactement ce que fait le FBI! Il est tellement pressé de fermer ses dossiers qu'il omet de prendre en compte des faits cruciaux dans leurs enquêtes dans le simple but de passer rapidement à autres choses.
- Je n'ai pas à entendre quoique ce soit de plus de vous! S'écria-t-il un peu insulté. Je suis un des meilleurs enquêteurs de cette ville! Il n'y en a pas un autre qui ait un meilleur taux de condamnation que moi de tout le bureau! Dans la dernière année, chacun de mes procès s'est soldé par un verdict de culpabilité! Alors, ne venez pas critiquer mes méthodes… Cam, peux-tu aller t'occuper du poignet de Bones que je puisse foutre le camp loin d'ici? »
Et avec un pas lourd assombri de colère, il se précipita en dehors du bureau.
« Bones? Questionna Hodgins.
- Vous aviez vraiment à critiquer ses méthodes de travail?
- Je voulais simplement m'assurer que ses enquêtes étaient faites de manière rigoureuse! Il est quand même du FBI!
- Booth est le seul agent qui accepte de travailler avec nous. Il sait ce que ce labo peut apporter à ses enquêtes et nous avons besoin de notre lien avec le FBI pour financer l'Institut! Nous avons plus besoin de lui que lui a besoin de nous! Alors, je vais vous demander d'éviter de telles paroles la prochaine fois! »
Avec un regard menaçant, elle se retourna et quitta à nouveau le bureau du petit rouquin qui regarda abasourdi sa patronne s'éloigner de lui.
Il était furieux, totalement en colère. Les poings serrés, il avançait sans regarder devant lui vers le bureau de Camille. Étrangement, la présence de Bones qui s'y trouvait était le seul réconfort qu'il pouvait trouver dans cette journée qui commençait bien mal. D'un pas rapide, il tourna le coin de la plateforme et fonça face-à-face dans le corps d'une petite femme.
« Agent Booth! S'était écrié une petite voix aiguë et agaçante.
- Daisy, je n'ai vraiment pas le temps de converser avec vous aujourd'hui.
- Vous avez entendu quel genre de femme se trouve dans le bureau du Dr. Saroyan présentement? Je dois vous dire, je ne crois pas qu'il soit adéquat que le docteur Saroyan panse ses blessures. Elle devrait aller à l'hôpital comme les autres. Vous imaginez ce qui pourrait arriver à l'Institut si les médias apprenaient qu'il donnait des soins privilégiés à une putain! La réputation de l'Institut serait à jamais souillée et…
- DAISY! Taisez-vous!
- Mais, mais…
- J'ai demandé à Cam de lui faire un plâtre parce que, pour l'instant, cette femme est le seul lien que nous avons avec la victime.
- Mais…
- Mais… mais… l'imita Booth en s'approchant dangereusement d'elle. Rien de cela ne vous regarde. Votre boulot consiste à nettoyer les os et de lécher les bottes de Stires. Tout ce qui est en dehors de ça ne vous regarde pas! Et dites-moi ici qui peut être davantage considérée comme une putain : une fille qui couche avec des hommes pour l'argent qui la nourrit ou la fille qui couche avec son patron afin d'être considérée la meilleure interne de l'Institut? Je vais vous laisser mijoter là-dessus! »
Il ne prit pas la peine de la contourner pour passer au-delà de la petite femme qui le regardait bouche bée. Il avança jusqu'au bureau de Cam, croisant au passage le regard de Stires qui y sortait, un air satisfait au visage. Se méfiant totalement du maigre anthropologue, il pénétra dans le bureau et me vit immédiatement. Il n'eut pas à m'observer longtemps pour apercevoir mon air troublé.
« Tout va bien, Bones?
- Oui, oui! Ça va! Feignis-je, mais je savais qu'il pouvait voir à travers mon jeu. J'ai toujours été une piètre menteuse.
- Vous êtes sûre?
- Oui, évidemment, dis-je en pouffant d'un petit rire.
- Parce que si Stires a dit quoique ce soit à votre sujet, je veux le savoir. Votre présence ici ne le regarde en rien.
- Non, non, il ne m'a pas adressé la parole, dis-je à nouveau.
- Je ne vous crois pas.
- C'est votre prérogative!
- Mais je ne vous pousserai pas; vous avez déjà assez de ma présence aujourd'hui, sourit-il.
- Alors miss Brennan, n'est-ce pas? Demanda Cam en pénétrant dans la pièce.
- Ouais.
- Voici ce qu'on va faire : nous allons vous faire passer une radio au rayon X afin de nous assurer que vos ossements aillent bien. Ensuite, s'il y a réellement une fracture et qu'elle n'est pas trop compliquée à replacer, nous allons vous faire un plâtre. Puis, nous prendrons un échantillon de votre ADN…
- Vous ne pouvez pas prendre mon ADN sans mon consentement, la coupai-je défensivement.
- Vous avez raison, mais vous savez, Booth ne veut que votre bien! Il n'est pas question ici de mettre vos informations dans nos bases de données.
- Écoutez, je vais mettre les choses au clair : je suis une pute. Pour gagner ma vie, je dois coucher avec des hommes. Certains sont répugnants, d'autres moins. Certains sont riches et ne veulent de moi que de la compagnie pour une soirée, d'autres ne sont que de pauvres mecs qui cherchent à se payer un peu de bon temps. Certains sont parfaitement gentils et d'autres ne sont que de criminels endurcis. Ce que je sais, c'est que si je vous donne mon consentement, mon ADN sera dans la banque du FBI et que si cela se sait, je vais perdre une bonne partie de ma clientèle. Qui veut avoir l'ADN d'une pute sur ses mains?
- Bones…
- Ne m'appelez pas, Bones. Je suis Roxie, Roxie Scallion.
- Tempérance, reprit-il avant de se pencher devant moi afin de se mettre à mon niveau et me regarder dans les yeux. Son regard brun chocolat pénétrant le mien, je ne puis que le fixer. Il était ensorcelant et le doux ton de sa voix ne m'aidait pas à sortir de cette espèce de transe dans laquelle il m'avait plongée. Tempérance, répéta-t-il mon nom avant de continuer, croyez-moi lorsque je vous dis que je ne vous veux aucun mal. Je ne veux pas m'imposer entre vous et votre profession, mais vous devez savoir que le recueil de votre ADN est essentiel pour qu'on puisse découvrir qui est le tueur. Je ne veux pas avoir à vous accuser de meurtre. Quelque chose me dit que vous n'êtes pas capable de meurtre.
- Qui vous dit ça?
- Disons simplement que je le sens dans mes trippes.
- Vous avez des problèmes digestifs? Je ne comprenais pas ce qu'il venait de dire, mais sans me répondre, il sortir son traditionnel sourire en coin et se redressa.
- Alors Bones, demanda-t-il avec son air charmant de gamin.
- Je veux être présente à chaque moment où quelqu'un manipulera mon ADN et je veux qu'elle soit détruite aussitôt que vous avez terminé votre enquête.
- Ok.
- Je veux aussi que les fichiers informatiques utilisés pour le traitement soit, eux aussi, éliminés.
- Ce sera chose faite.
- Je veux enfin de compte une preuve que mon ADN n'est pas dans vos banques de données.
- Considéré cela comme fait!
- Alors, c'est d'accord. Sous ces conditions, je vous donne le droit de prendre mon ADN.
- Merci, Bones.
- Bon, maintenant que tous les détails sont réglés, est-ce que je peux examiner le poignet de miss Brennan? » Demanda Cam qui, avec un regard sévère adressé à Booth se retourna vers moi afin de regarder mon poignet.
À suivre!
N'hésitez pas à commenter!
