Résumé des chapitres précédents : Brennan, fille de rue, tombe (littéralement) un cadavre en décomposition dans une ruelle et se blesse au poignet. Booth, qui fait enquête sur ce meurtre, l'amène au labo pour faire qu'elle se fasse soigner et pour faire récupérer son ADN. Brennan est fascinée par cet endroit qui lui rappelle ses rêves d'enfant, mais rencontre certains personnages qui lui sont plutôt hostiles.

NA : Merci pour les commentaires. Voici le dernier chapitre d'introduction. Bones lecture! ;)

Chapitre 3

Selon le docteur Saroyan, je n'avais pas le poignet brisé. Elle m'avait quand même fait prendre un rayon X pour s'assurer que tout aille bien. Ayant pansé mon poignet et mon genou déchiré, je ne pus que remarquer les regards ténébreux remplis de doute et de colère qu'elle lançait à Booth tout au long de ses procédures.

Alors qu'elle finissait ses derniers gestes, elle m'informa que je devrais probablement attendre une heure ou deux que mes rayons X soient prêts. J'acceptai avec autant de politesse possible cette information qui ne me plaisait pas du tout. Le plus rapidement je retournais chez moi, les meilleures étaient mes chances de garder ma collaboration avec le FBI secrète.

Cependant, aussitôt que Dr. Saroyan avait cessé de s'occuper de moi, malgré ma bonne volonté de rester éveillée, la fatigue s'emparait peu à peu de mon corps et bientôt, je ne pouvais plus empêcher quelques bâillements de se faire voir. Détail qui n'échappa pas à la vigilance de Booth qui aussitôt s'était informé de mon état d'éveil.

« Pas trop fatiguée, Bones? Avait-il sorti d'un ton léger.

- Non, je vais bien.

- Je peux vous trouver un endroit pour vous étendre si vous voulez dormir.

- Je vais bien.

- J'insiste, avait-il dit en me poussant à l'extérieur du bureau, sa main se plaçant dans le creux de mes reins, faisant parcourir un frisson inconnu le long de ma colonne vertébrale.

- Seeley, je peux te parler en privé une seconde, avait demandé le Dr. Saroyan au moment où nous franchissions le pas de la porte.

Me lançant un petit sourire, Booth se retourna et rentra à nouveau dans la pièce d'autopsie.


« Tu ne m'écoutes pas du tout, non?

- De quoi parles-tu, Camille? Il avait accentué son prénom, comme pour l'agacer.

- Tu n'es pas prudent du tout, tu te diriges tout droit vers un précipice et ce n'est définitivement pas moi qui vais t'en sortir.

- Au risque de me répéter, de quoi parles-tu, Camille?

- Tu en pinces pour elle.

- Quoi? Non!

- Oh! N'essaie pas de le nier mon ami, je te connais assez pour savoir quand tu as l'œil sur quelqu'un et tes yeux n'ont pas autant pétillé à la vue d'une femme depuis Rébecca!

- Tu rêves!

- Eh! Tout ce que je te dis, c'est d'être prudent! Tu sais combien ces filles sont dangereuses!

- Je sais faire mon boulot, avait-il dit en colère avant de me retourner pour sortir du bureau.

- Attends Seeley.

- Quoi!? Il se tourna à nouveau vers elle.

- Elle tombera en sevrage bientôt; donne-lui ça, dit-elle en glissant quelques gélules dans sa main.

- C'est quoi?

- Méthadone. Ça réduit les symptômes de sevrage et les envies.

- Tu crois vraiment que… qu'elle est accro.

- J'ai remarqué les marques à l'intérieur de son bras en examinant son poignet. Il soupira.

- Merde.

- Écoute, si tu veux l'aider, je vais te donner le nom d'une clinique et une prescription, mais je ne peux en faire davantage pour elle. »

Il hocha la tête, comprenant ce qu'elle disait. Il se retourna à nouveau vers la porte et arrêta une seconde avant d'en traverser le cadre.

« Merci Cam », dit-il d'une voix triste avant de quitter la pièce.


J'étais restée loin de la porte. Je savais d'expérience combien il pouvait être dangereux de connaître des choses qui ne me regardaient pas. Même si je n'étais pas une experte dans la lecture du langage non-verbal, je pouvais savoir que Booth était troublé juste à le voir sortir d'un pas lent et le regard fixé vers le sol.

« Tout va bien? M'enquis-je, mais ne reçut qu'à peine un petit regard en retour.

- Allons vous trouver un endroit pour dormir », avait-il dit sans réellement répondre à ma question.

Il me dirigea vers une grande pièce munie de très larges moniteurs informatiques et ornée de tableau et d'œuvres artistiques. Elle était fascinante. Sur chaque toile, on pouvait voir ressentir la douleur, la tristesse et la solitude. Les couleurs sombres et éclatantes, les textures déchirantes et il y avait un je-ne-sais-quoi, quelque chose, qui lui était familier… drôlement familier.

« Angela est une fille gentille, vous serez à l'abri ici. Personne ne vous importunera plus.

- Mais, personne ne m'avait dérangé ».

Il me lança un regard qui semblait me dire : ne me la faites pas, je sais bien que Stiles vous a dit quelque chose, mais je l'ignorai. Sous son œil presque paternel, je m'assis, mal-à-l'aise, sur le canapé et je retirai mes chaussures avant de m'y étendre. Je le sentis m'observer une seconde, puis je l'entendis sortir de la pièce.

Lorsqu'elle revint dans son bureau, Angela Monténégro soupira. Ces dernières semaines, elle roulait sur l'espoir d'accumuler assez d'argent pour aller en Europe l'été qui suivait, mais ressentait de plus en plus l'envie de quitter ce boulot et ses horribles collègues. Entre une insulte de l'insipide Daisy, l'arrogance du Dr. Stires et la froideur du Dr. Hodgins, elle se demandait s'il valait la peine de passer une année entière en compagnie de ces affreux personnages simplement pour se rendre en Europe. Le seul attrait qu'avait son boulot actuellement était le délicieux spécimen mâle qui faisait la liaison entre l'Institut et le FBI.

Se détachant un peu de la détestable conversation qu'elle venait d'avoir avec mademoiselle Wick, elle se rendit jusqu'à son sofa où elle s'affala de tout son poids, souhaitant pour quelques instants retrouver un semblant de paix intérieur qui lui permettrait de finir sa journée. Cependant, au moment où ses fesses auraient dû toucher le canapé, elle fut surprise de se sentir poussée au sol alors que je poussai un cri de panique.

« Ah! Cria-t-elle de surprise.

- Ne me fais pas de mal! M'étais-je écrié automatiquement, comme par réflexe.

- Holà! » Avait-elle répondu en levant les yeux sur son sofa sur moi.

Je la vis, en un seul regard, m'observer de la tête aux pieds, remarquant mes vêtements usés à outrance et mon épais maquillage qui avait probablement coulé dans mon sommeil.

« Qui êtes-vous? Demandais-je méfiante.

- Qui êtes-vous? Répéta-t-elle, craignant une sorte de mauvaise blague.

- Je vous ai posé la question en premier.

- … Et vous êtes dans mon bureau, dit-elle en se levant.

- Je m'appelle Roxie, Booth m'a dit que je pourrais dormir tranquillement ici sans ne déranger personne.

- Ah! Booth vous a dit cela!

- Apparemment, il a bien menti puisque je ne dors plus et que vous semblez être dérangée par ma présence, dis-je en me levant, cherchant à retrouver mon équilibre aussitôt debout alors qu'un frisson parcourait mon corps.

- Non! Attendez, s'écria-t-elle soudainement en me prenant les mains. Vous êtes le témoin qu'il a ramené de la scène de crime, celle qui a retrouvé le corps.

- Ouais?

- Mon Dieu. Assoyez-vous! Dit-elle soudainement très gentille à mon égard.

- Pas besoin, je vais me rendre au bureau de Cam, les résultats de mes rayons X doivent être prêts maintenant.

- Vous pouvez dormir ici le temps que vous voulez, me dit-elle gentiment.

- Non, je ne veux pas vous déranger. Mes yeux retrouvèrent le sol, j'étais soudainement bien gênée d'être là.

- Vous avez eu une dure nuit, vous pouvez dormir un instant.

- Ce n'est rien. Ce n'était pas le premier cadavre que je trouvais.

- Tout de même, vous venez de vivre un événement drôlement traumatisant.

- Je voulais seulement rattraper quelques heures de sommeil avant la tombée de la nuit.

- Vous êtes un oiseau de nuit?

- Je n'ai pas trop le choix, je ne pratique pas un métier qui me permette de faire mes propres horaires.

- Vous savez, j'ai peut-être quelques vêtements qui pourraient vous faire… »


Il attendait depuis déjà quelques heures en attendant les résultats des rayons X de Brennan. Travaillant à distance à partir du bureau de Cam, il savait sa protégée en sécurité tant physiquement que psychologiquement dans le bureau d'Angela. Elle était la seule personne de ce labo, à l'exception de Cam, en qui il avait la moindre confiance.

Lorsqu'il vit au loin la pathologiste tendre au Dr. Stires ce qui lui semblait être des exemplaires de rayons X, il comprit que le temps de retourner au boulot était arrivé. Il se leva donc et se dirigea vers le bureau d'Angela où tout semblait éteint. Au coin de la sombre pièce, il pouvait voir la lumière tamisée d'un écran d'ordinateur derrière lequel travaillait sa collègue. En l'entendant arriver, elle leva les yeux et plaça un doigt devant sa bouche en signe de silence avant de pointer son sofa. Tournant son regard vers le coin, il vit Brennan dormant à poing fermé sur le canapé.

S'approchant d'elle silencieusement, il s'agenouilla à ses côtés et l'observa un instant. Elle semblait si paisible. On aurait dit que tous ses problèmes s'étaient évanouis au moment où elle fermait les yeux et comme si sa main agissait de son propre gré, elle se plaça dans sa sienne.


J'ai déjà lu quelque part que lorsqu'un adolescent atteint l'âge de la puberté, son cycle de sommeil change radicalement. Avec les changements hormonaux qu'ils subissent à ce moment de leur vie, il devient normal pour eux de se coucher tard le soir et d'avoir de la difficulté à se lever le lendemain matin.

Depuis mon adolescence, j'ai toujours adoré dormir. C'était comme un moment de répit, un moment où je n'avais pas à travailler mon look, à marcher les trottoirs des quartiers malfamés de la ville avec des chaussures dont les talons me causaient de sérieux problèmes lombaires et où je n'avais pas à coucher avec un inconnu afin d'avoir assez d'argent pour manger.

Malheureusement, les moments de véritable sommeil devenaient rares depuis quelques mois. Vivant pour la première fois seule dans mon appartement et n'ayant personne pour me prévenir de l'arrivée de quelqu'un, je n'avais pas fermé véritablement l'œil depuis des semaines voire des mois.

J'ignore pourquoi je m'étais sentie si à l'aise dans ce laboratoire, mais sous l'œil attentif d'une femme que je ne connaissais pas et sachant que l'Agent Booth n'était pas très loin, je me suis laissé aller au sommeil que je retenais depuis si longtemps.

Ce n'est que quelques heures plus tard lorsque je ressentis une main pénétrer dans la mienne que la conscience me revint. J'ouvris les yeux et vis Booth se tenant à mes côtés son regard chocolat me fixant amicalement.

« Eh! Avait-il dit d'une voix douce. Vos rayons X sont prêts ». Il me sourit calmement, l'œil brillant et les traits de visages décontractés.

J'hochai de la tête et me levai doucement laissant mes membres se réveiller peu à peu.

« Vous vous êtes changée? Demanda-t-il d'un ton amusé.

- Ouais. Euhm… Miss Monténégro m'a prêté des vêtements.

- Vous pouvez m'appeler Angela, entendis-je du fond de la salle.

- Ils vous… sourit-il, ils vous vont bien ».

Et soudainement, je fixai le plancher. Jamais, une personne qui n'était pas un client ne m'avait fait une telle remarque.

Je plaçai une mèche de cheveux derrière mon oreille et murmurai un merci presque inaudible.

Il se leva, m'entrainant dans son mouvement et me dirigea calmement vers le bureau du docteur Saroyan qui nous attendait silencieusement.

« Eh bien, miss Brennan, comptez-vous chanceuse, vous n'avez qu'une petite foulure! Dit-elle en plaçant les originaux de mes rayons X dans leur enveloppe.

- Je peux voir? Demandai-je curieuse.

- Oui, oui, bien sûr, affirma-t-elle d'un air surpris avant de ressortir les images de l'enveloppe pour les afficher devant le panneau lumineux. Vous voyez ici? C'est votre scaphoïde. La majorité des fractures du poignet sont engendré à cet os, spécialement lorsqu'elles sont le résultat d'une chute comme la votre. Si votre scaphoïde était brisé, on pourrait voir des lignes sombres sur celui-ci.

- Je vois, alors s'il y avait des zones sombres, j'aurais une fracture.

- Ou une maladie osseuse comme de l'ostéoporose ou de l'arthrose.

- Je comprends.

- Alors mes recommandations : reposez-le quelques jours, gardez votre poignet dans une bande élastique et appliquez de la glace un maximum de 10 minutes à chaque heure. Ça devrait diminuer l'enflure. Vous devriez voir une différence d'ici deux ou trois jours.

- Je vous remercie beaucoup, dis-je au docteur Saroyan en lui tendant ma main libre. Votre gentillesse à mon égard est très appréciée.

- C'est mon devoir de médecin, dit-elle en lançant un regard confus à Booth. Elle semblait confuse par ma soudaine gentillesse.

- Je vous en suis très reconnaissante.

- Tout le plaisir est pour moi.

- Allez, Bones, je vous ramène chez vous », avait-il dit en plaçant sa main dans le creux de mon dos pour me guider vers la sortie et à nouveau, un frisson parcourut mon corps.

À suivre…


NA : Brennan est-elle véritablement accro à l'héroïne? Booth réussira-t-il à la ramener chez elle avant que son souteneur l'apprenne? Toutes des questions qui auront réponse dans le prochain chapitre!

Dites-moi ce que vous en pensez! Merci d'avoir lu!