Titre : Le Conteur

Genre: je suis pas très sûre…

Pairing: je suis pas très sûre non plus!! LOL Normalement RW/DM

Rating: M tardif

Disclaimer: Tous les persos présents dans cet OS sont à JKR exceptés Tom, Robert, la libraire et les mioches…

PS: J'ai pris certaines libertés concernant Thorfinn et Laura qui appartiennent eux aussi à JKR.

Note de l'auteure : Cet OS qui est devenue une petite fic (5 chapitres maximum) est toujours un cadeau de Noël pour Hamelina (je sais je suis très en retard... lol)

Je voulais également remercier lili et Anonyme pour leurs reviews. Je m'excuse de n'avoir pas répondu mais comme vous ne vous êtes pas logger, je n'ai pas pu.

Bonne lecture!

Chapitre 2

Seamus n'avait pas dormi de la nuit, il avait relu cet entretien tellement de fois qu'il en connaissait les moindres détails jusqu'aux intonations perfides de Malfoy sénior et c'est à huit heures du matin que le téléphone sonna dans son bureau que les lumières artificielles éclairaient bien trop fort. Il cligna des yeux et décrocha le combiné.

- Allo ? Interrogea-t-il d'une voix rauque.

- Chéri ? Je m'inquiétais, tu n'as pas prévenu hier soir ! Reprocha une petite voix fluette et légèrement paniquée.

- Je suis désolé Cho mais je suis sur une grosse affaire en ce moment ! Se défendit-il.

- Tu as passé toute la nuit au bureau ? Lui demanda sa femme.

- Oui, je suis désolé, j'aurais du prévenir. S'excusa Seamus.

- Mais tu as mangé au moins ?

- Oui chérie, j'ai commandé quelque chose chez le chinois au coin de la rue ! Rassura Seamus.

- Est-ce que tu vas rentrer ce soir ?

- Je ne sais pas, j'ai quelques rendez-vous pour cette affaire mais on peut déjeuner ensemble si tu veux ! A quelle heure prends-tu ta garde ?

- Quatorze heure mais il faudra qu'on déjeune à la cafétéria de l'hôpital… Seamus entendit parfaitement le sourire amusé de Cho dans sa voix.

Seamus grimaça de dégoût, la nourriture de la cafétéria de Sainte Mangouste était tout simplement infecte !

Il soupira, tout ce qu'il ne ferait pas pour sa femme.

- Très bien, alors ce sera Sainte Mangouste. Obtempéra-t-il résigné.

- Ne sois pas en retard ! Le prévint-elle.

- A tout à l'heure ma chérie ! Esquiva-t-il.

Il sourit en raccrochant. Depuis quelques temps Cho et lui essayaient d'avoir un bébé mais tout ne se passait pas si bien qu'ils l'avaient espéré et s'ils n'obtenaient aucun résultat, ils devraient faire des tests de fertilité. Cho avait un collègue médecin spécialiste des cas d'infertilité chez les sorciers, elle lui en avait parlé et il pensait que cela pouvait être dû aux conséquences d'un sort encaissé pendant la dernière bataille.

Seamus secoua la tête il devait se concentrer. Son rendez-vous serait là dans une heure et il avait encore pas mal de notes à rassembler.

A neuf heures son rendez-vous frappa à la porte. Il vit entrer le photographe, manifestement ravi de retrouver une de ses anciennes connaissances.

- Seamus Finnigan ! S'exclama-t-il d'une voix forte et rayonnante. Quel plaisir !

Il tendit sa main vers Seamus qui la prit et la serra chaleureusement.

- Dennis Creevey ! Le plaisir est partagé !

Dennis son appareil autour du cou, parcourut la pièce des yeux avant de s'asseoir dans l'un des fauteuils que lui désigna Seamus. Il avançait dans la pièce, fier et conquérant, le menton relevé et des gestes précis venaient accentuer cette impression exacerbée de confiance en soi, ce trop plein d'égotisme qui dressait ce mur invisible entre l'assurance et la suffisance. Il avait une allure à la fois concernée et dégagée que Seamus trouvait réellement envoûtante, s'il avait été gay, il aurait probablement statué sur le fait que Dennis Creevey était sexy en diable.

- Je n'en croyais pas mes oreilles quand ma secrétaire m'a dit que tu souhaitais me rencontrer !

Seamus le considéra d'un œil curieux, il n'appréciait que moyennement son regard malicieux et un peu trop angélique pour être honnête.

- Oh eh bien tu sais, les bons paparazzis se font rares de nos jours ! Ne plaisanta-t-il qu'à moitié.

Dennis, loin d'en prendre ombrage, éclata d'un rire sonore. Il semblait parfaitement détendu. Il croisa nonchalamment ses jambes, son bras reposant négligemment sur le fauteuil d'à côté avant de s'exclamer :

- Que veux-tu mon cher Seamus ! On va là où la paye est bonne ! Affirma-t-il comme une évidence.

- Je suppose. Répondit Seamus perplexe.

- Alors, poursuivit Dennis, que me vaut le plaisir ?

Il scrutait Seamus du regard, il semblait que la curiosité le dévorait et Seamus ne put s'empêcher d'avoir une pensée pour son frère Colin. Toujours à l'affut de la moindre information pertinente en dépit de l'angoisse qui lui rongeait les entrailles, Colin avait surpassé cette crainte le dernier jour et son courage était resté exemplaire.

- Eh bien, consentit à répondre Seamus, j'ai posé quelques questions et mes contacts m'ont dit que tu semblais être la personne la plus indiquée. Expliqua-t-il prudemment.

Dennis fit mine de réfléchir quelque instants.

- Tu as de bien étranges contacts… Observa-t-il pensivement.

- Je te retourne le compliment ! Rétorqua Seamus assez sèchement.

- Eh bien, commença-t-il songeur, je pense qu'on agrandit son cercle quand on aime un deatheater…

Seamus manqua de s'étouffer avec sa salive, alors qu'il répétait d'une voix étranglée :

- Tu aimes un deatheater ?

- Eh oui ! Soupira-t-il mélodramatiquement. Tu sais ce qu'on dit le cœur a ses raisons…

Seamus n'en croyait pas ses oreilles et il était persuadé que d'une seconde à l'autre ses yeux s'échapperaient de ses orbites.

- Mais comment tu peux… les deatheaters ont tué ton frère ! Cria-t-il scandalisé.

- Thorfinn ne l'a pas tué ! Rétorqua-t-il durement.

- Peu importe ! S'emporta Seamus. Il était l'un d'entre eux !

- Voldemort n'est plus maintenant il est temps de tourner la page ! Tenta de raisonner Dennis.

C'était plus que Seamus ne pouvait en supporter, il restait interdit devant le comportement de son ancien camarade.

- Ton petit-ami est recherché par tous les aurors d'Angleterre Dennis ! Observa-t-il comme s'il voulait lui faire entendre raison.



- Et je ferai en sorte qu'ils ne le trouvent pas ! Rétorqua-t-il sur le même ton avant de se radoucir. Ecoute Seamus, on ne fait de mal à personne ! D'accord il fait un peu de magie noire et oui il a tué pendant la bataille mais tous ceux qui étaient à la bataille ont tué, qu'ils aient été du côté d'Harry ou celui de Voldemort or, il n'y a que ceux qui tuaient sous les ordres de Voldemort qui sont recherchés, l'acte est pourtant le même non ?

Seamus était au bord de l'apoplexie, il ne croyait pas ce qui sortait de la bouche du photographe.

- Mais enfin Dennis ! Ils tuaient des gosses parce que leurs parents n'étaient pas sorciers ! S'indigna Seamus. Tu es muggle toi aussi, je ne comprends pas !

- De toute évidence tu ne comprends pas effectivement. Trancha Dennis sèchement. Je suis un muggle, Thorfinn est un deatheater et nous sommes ensemble. C'est tout ce qu'il y a à comprendre.

Seamus était abasourdi, l'information peinait à pénétrer son esprit embrumé.

Il secoua la tête pour chasser ses détails beaucoup trop encombrants.

- Ecoute Dennis, après ce que tu viens de me dire, je ne sais pas si je peux t'engager pour ce travail. Avoua Seamus.

- Si ça peut aider à te convaincre, sache que je ne mêle jamais ma vie professionnelle et ma vie privée, sous aucun prétexte. Affirma Dennis.

- Je suis désolé Dennis mais il va me falloir plus que ça ! Lança Seamus fermement.

- A quoi tu penses exactement ? S'enquit Dennis suspicieusement.

Seamus le regarda droit dans les yeux lorsqu'il répondit :

- Au serment inviolable !

Dennis fut pris d'une violente quinte de toux.

- Le quoi ? C'est une plaisanterie ! Eructa-t-il. Et pourquoi je ferai ça ?

- Pour Harry Potter. Répondit simplement Seamus.

- Harry ? Changea soudain de ton Dennis.

Seamus opina du chef.

- C'est pour lui cette mission. Déclara-t-il presque solennellement.

- Dans ce cas, il me semble que ça change la donne ! Après tout, on lui doit la vie ! Je peux bien faire ça pour lui. Qui sera notre enchaîneur ? Demanda le photographe soudain très excité.

- Mon prochain rendez-vous. Répondit simplement Seamus. Mais tu ne pourras pas y assister, du moins pas avant d'avoir fait le serment inviolable alors je te libère pour le moment et tu peux revenir dans une heure si ça te va !

- Ca me va ! Dit-il en se levant pour rejoindre la sortie. A dans une heure.

Seamus hocha sèchement la tête. Lorsque Dennis eut fermé la porte, il s'enfonça dans son fauteuil et se pressa l'arête du nez. Décidément cette affaire devenait de plus en plus complexe. Il sentait la migraine pointer son nez. Il se massa vigoureusement les tempes et sortit son petit carnet pour noter quelques informations concernant le jeune Creevey. Il lui fallait absolument en savoir plus sur le dénommé Thorfinn, il ne devait rien laisser au hasard, il risquait sa peau dans cette histoire. On ne posait aucune question sur les deatheaters sans en subir un jour ou l'autre les conséquences et Seamus était plutôt du genre à assurer ses arrières.



Quelques minutes plus tard, trois coups retentirent et cette fois, Seamus afficha un large sourire, sons rendez-vous suivant ouvrit la porte.

- Neville ! Accueillit-il chaleureusement en se levant pour enlacer son ami. Comment vas-tu ?

- Seamus ! Lui répondit Neville en répondant à son accolade. Ca me fait tellement plaisir !

- Moi aussi Neville, moi aussi ! Ca fait bien trop longtemps !

Leurs visages tristes semblaient unanimes, ils ne s'étaient pas revus depuis la bataille.

- Comment va Cho ? Demanda Neville.

- Très bien, on essaie d'avoir un bébé elle et moi ! Informa Seamus.

- C'est merveilleux, ça me fait vraiment plaisir ! S'extasia Neville.

- Oui ça fait un moment qu'on essaie mais pour le moment, ce n'est pas très concluant… Avoua-t-il tristement.

- Vraiment ? Demanda Neville. Mais peut-être que je pourrais voir ce que je peux faire… Proposa-t-il.

- Ah oui c'est vrai tu as ouvert ton propre magasin ! Commenta Seamus très enthousiaste.

- Oui c'est vrai, Hannah m'a beaucoup aidé ! C'est une petite boutique, j'y vends des potions et des ingrédients en tous genres et le fait que nous nous soyons installés sur KnockTurn Alley (Allée des Embrumes) augmente considérablement notre clientèle.

- Et comment va Hannah ? Demanda soudain Seamus.

- Eh bien, commença-t-il un sourire extatique aux lèvres, nous allons avoir des jumeaux !

- WOW !! J'en suis vraiment ravi pour vous. Mais assied-toi je t'en prie. Je te sers quelque chose ?

- Un thé, ce sera parfait merci. Accepta Neville en prenant place.

Seamus conjura un service à thé et commença.

- Si je t'ai fait venir Neville, c'est parce que je vais avoir besoin de toi… Annonça-t-il en remplissant les tasses.

- J'avais cru comprendre Seamus. Dis-moi simplement de quoi il retourne et je verrais si je peux t'être utile. Assura simplement Neville.

- J'ai fait quelques recherches sur toi… Commença nerveusement Seamus. Et… Il se racla la gorge… Je sais que tu ne fréquentes pas que du beau monde.

Neville fixait son ami sans ciller puis finit par répondre.

- Je travaille sur une potion qui pourrait rendre la raison à mes parents…

- Je sais. Interrompit Seamus d'un ton concerné.

- Et il se trouve que certains ingrédients ne sont pas très légaux et très difficiles à obtenir, parfois dépendants de certains sorts de magie noire alors j'ai du me faire quelques contacts, pas toujours très recommandables je te l'accorde…

- C'est de ces contacts que je pourrais avoir besoin justement… Coupa l'irlandais une nouvelle fois.

Neville eut l'air intrigué et Seamus poursuivit :

- Un client m'a chargé de retrouver Draco Malfoy.

Neville faillit tomber de sa chaise.

- Malfoy ? Mais pourquoi ? Interrogea Neville abasourdi.

- Je suis désolé mais je n'ai pas le droit de t'en dire plus. L'ennui est que personne n'a revu Malfoy depuis la fin de la guerre, il n'était même pas présent au procès de ses parents. Il a complètement 

disparu de la circulation et le peu de personne que j'ai interrogé ne sait absolument pas où il se trouve. A l'heure qu'il est Draco Malfoy pourrait être n'importe où.

Neville hocha la tête pour montrer qu'il comprenait son embarras.

- Le pire dans tout cela c'est que je me retrouve dans une situation particulièrement délicate, dos au mur je dirais même. Il ne fait pas bon de poser trop de question sur les Malfoy par les temps qui courent. Les aurors le recherchent pour l'emprisonner et les deatheater veulent lui faire payer de s'en être sorti ! J'ai appris que certains « colocataires » de Lucius Malfoy avaient mis sa tête à prix. Et il ne fait aucun doute que les deatheaters toujours en liberté vont sauter sur l'occasion ! Rafler la récompense et quitter le pays.

- Mais ton client, qu'est-ce qu'il lui veut à Malfoy ? Demanda Neville.

- Je ne sais pas mais j'ai confiance ! Affirma Seamus.

- D'accord… alors qu'est-ce que tu attends de moi exactement ? Hésita Neville, mais tout de même intrigué.

- Je sais que tu fréquentes quelques deatheaters… pour les potions…

Neville eut la décence de rougir.

- … Alors peut-être que tu pourrais poser quelques questions et voir si certains n'ont pas entendu parler de Malfoy. Poursuivit Seamus.

- Oui je suppose que ça ne coûte rien de demander… Acquiesça Neville.

- Super ! Et j'ai un autre service à te demander…

Neville afficha un large sourire.

- Dis donc Finnigan ! Deux ans qu'on s'est pas vu n'est pas une raison suffisante pour faire de moi ton esclave ! Plaisanta Neville.

- Je n'oserai pas ! Puis Seamus reprit son sérieux. J'ai besoin de Creevey !

- Quoi tu veux que je t'amène le photographe ? Le frère de Colin ? S'étonna Neville de la requête.

- Non je l'ai déjà rencontré mais j'ai besoin de ses talents, l'ennui c'est que… Il parut embarrassé… l'ennui c'est que son petit-ami est un deatheater…

Neville ouvrit des yeux ronds.

- … donc tu comprendras que je ne peux pas lui révéler certaines informations, il a accepté de faire le serment inviolable et ainsi de ne rien révéler à son amant et j'aimerai que tu sois l'enchaîneur…

Seamus avait parlé très rapidement comme pour extraire toutes ses informations de son corps. Il était assez difficile d'avouer à un ancien ami qu'il s'était copieusement renseigné sur ses agissements illicites, pour ensuite solliciter son aide.

- Je vois… répondit Neville. Mais avant j'aimerai que tu me dises pourquoi Harry veut retrouver Malfoy !

Seamus en garda la bouche béante quelques instants.

- Comment… ? Bégaya presque Seamus.

- Un Creevey ferait n'importe quoi pour Harry Potter et il n'y qu'Harry qui puisse lui faire accepter de faire une chose aussi stupide qu'un serment inviolable. Conclut Neville très logiquement.



Seamus soupira et se massa à nouveau les tempes, puis il se servit une autre tasse de thé pour finalement répondre.

- Je ne sais pas, il ne m'a rien dit de plus, il veut juste le retrouver.

- Tu ne crois tout de même pas qu'il voudrait… se venger ? Hésita Neville. Après deux ans ?

Seamus secoua la tête. Harry Potter était un mystère pour lui.

- Je ne pense pas, il lui a sauvé deux fois la vie pendant la dernière bataille de Hogwarts alors ce serait idiot de vouloir en finir maintenant tu ne crois pas ?

Neville haussa les épaules.

- Je ne sais pas… des remords peut-être ! Plaisanta-t-il.

Après un silence d'une longueur certaine Seamus demanda hésitant :

- Est-ce que tu acceptes ?

- D'accord. Acquiesça Neville.

- Bien, il ne devrait plus tarder maintenant.

Seamus resservit une tasse de thé à Neville puis reprit une conversation plus banale.

- Détective hein ? Demanda Neville.

- Eh oui, trop de roman muggle, j'imagine que ça m'est monté à la tête ! Rit Seamus.

- Ecoute, ça vous dirait à toi et Cho de venir dîner à la maison un de ces soirs, disons demain ? Ca me ferait vraiment plaisir ! Invita Neville.

- D'accord, j'en parlerai à Cho ce soir et je te rappelle dans la soirée. Ca me ferait plaisir aussi.

Les retrouvailles furent interrompues par le jeune Creevey qui frappa à la porte du bureau, un large sourire aux lèvres lorsqu'il reconnut Neville.

- Neville ! Ce sera donc toi notre enchaîneur ! Je suis ravi de te revoir ! Il serra chaleureusement la main de Neville tout comme il l'avait fait avec Seamus.

Puis sans plus de cérémonie, ils s'installèrent et accomplirent le serment. Une fois que Dennis eut juré qu'il ne soufflerait mot de toute l'affaire et de tout ce qu'il pouvait apprendre à quiconque, il s'assirent tous autour du bureau et purent enfin discuter de l'affaire.

En premier lieu, Seamus sortit d'un tiroir la chemise grise contenant la photo de « l'homme à abattre ». Et la tendit à Dennis qui s'en saisit rapidement.

- Ouh… commenta Dennis… sexy…

Il releva la tête pour voir deux mines mi-horrifiées mi-écœurées.

- Relaxe, les gars… je suis gay, vous vous souvenez ? Ajouta le jeune homme.

La plaisanterie n'eut pas l'effet escompté et leur visage ne parvenait plus à se séparer de cette expression dégoutée…

Puis Seamus prit la parole :

- Voilà, Dennis, comme je t'en avais informé un de mes clients m'a chargé de retrouver Draco Malfoy.

Dennis hocha simplement la tête avant de murmurer :

- Pas étonnant, ce gars est un Dieu ! Ceci dit, je me demande bien pourquoi Harry Potter voudrait retrouver Draco Malfoy… Marmonna-t-il pour lui-même.

Nouvelle moue de dégoût de la part des deux interlocuteurs… Draco Malfoy, un Dieu ? On s'égarait loin sur les sentiers de la perdition…

- Donc j'aurais besoin que tu en parles autour de toi à tes amis, à tes contacts mais il faut impérativement que tu restes discret. Malfoy est recherché par les deux camps et ils sont tous les deux plus ou moins sur la même longueur d'onde concernant ce qu'il adviendra de lui s'ils le retrouvent…

- Pour une fois qu'on est d'accord sur quelque chose ! Commenta Neville sarcastique.

- … Et il faut impérativement que je le trouve avant les aurors et les deatheaters encore en liberté. Le problème étant que je n'ai aucun indice sur où il pourrait bien être, il pourrait aussi bien se trouver au fin fond d'une grotte en Mongolie du Sud !

Dennis Creevey regarda Neville puis Seamus, l'air profondément sceptique.

- Finnigan, tu sais parfaitement qu'il est impossible de s'intéresser à un Malfoy sans attirer l'attention sur soi… Objecta-t-il à juste titre.

- Eh bien, continua Seamus d'un air entendu, je te charge de trouver les moyens de détourner l'attention dans ce cas… Autorisa-t-il mystérieusement. Pose aussi des questions à ton petit ami, il doit savoir des choses…

- Poser des questions à Thorfinn sans briser le serment ? Demanda-t-il incrédule. Et flirter avec la mort… comme c'est exaltant ! S'exclama Dennis une lueur d'excitation dans le regard.

Seamus et Neville échangèrent un regard, ce jeune homme était sérieusement perturbé. Il n'avait absolument rien en commun avec le jeune Colin.

- Si jamais tu parviens à le localiser, ne fais rien, préviens moi dans la seconde et prend le plus de clichés possible. N'oublie pas de noter l'heure et l'endroit précis où tu l'as vu.

Dennis reprit son sérieux avant d'élever la voix :

- Je connais mon métier. Tu n'es pas sans savoir que certains types de renseignement ne sont pas gratuits, Seamus. Indiqua Dennis, l'air peu scrupuleux.

- Mon client prendra tous les frais à sa charge, il veut juste Malfoy ! Tu seras bien entendu payé en fonction de la qualité de tes recherches et de ton efficacité. Informa Seamus, d'un ton détaché.

- Je veux une avance. Imposa fermement Dennis.

- Désolé, rétorqua Seamus sur le même ton, mais le client ne paiera qu'à la livraison !

- Bien ! Acheva Dennis. Dans ce cas, ne perdons pas de temps ! Capitula-t-il facilement. Je vous recontacte dès que j'ai quelque chose ! Affirma-t-il à l'adresse des deux hommes.

Lorsqu'il franchit enfin la porte, Seamus poussa un soupir de soulagement tandis que Neville secouait la tête incrédule. Dennis Creevey n'avait plus rien avoir avec ce jeune garçon que le Giant Squid avait repêché dans le lac lors de sa première année à Hogwarts.

- Bien, s'exclama Neville, je vais devoir y aller. Hannah s'occupe de la boutique en mon absence mais je n'aime pas trop la laisser seule, KnockTurn Alley n'est pas l'endroit rêvé pour une femme enceinte. Nous pouvons compter sur toi et Cho demain soir pour le dîner ? Attendit-il confirmation.

- Bien sûr Neville, sans problème ! Tiens-moi au courant, tu veux et salue Hannah de ma part.

Il lui serra amicalement la main et le raccompagna jusqu'à la sortie du bâtiment, donnant au passage quelques ordres à sa secrétaire.

Le reste de la journée se déroula sans encombre pour le détective, il prépara soigneusement les questions qu'il poserait au dénommé Robert le lendemain.

ooOOoo

Ce jeudi soir lorsqu'ils rentrèrent à leur appartement, Ron était furieux.

- J'étais à deux doigts de le coincer Harry ! S'emporta-t-il. Il s'en est fallu de ça, montra-t-il en rapprochant son pouce et son index, et Azkaban s'offrait un nouveau pensionnaire ! La prochaine fois, crois-moi Harry je ne le raterai pas !

Harry s'effondra lourdement sur le canapé. Leur journée avait été éreintante. Ils avaient poursuivi des deatheaters toute l'après-midi sur les renseignements d'un informateur anonyme pour finalement les voir transplaner juste devant leurs yeux. Ron, de rage, avait saccagé leur bureau et leur chef, Blaize Zabini réhabilité après la guerre ayant parfaitement joué son rôle d'espion, leur avait passé un sacré savon.

Harry devait bien admettre qu'il appréciait de voir Ron dans cet état, cela le rassurait quelque part. Pendant que la rage déformait ses traits et la fureur colorait ses yeux, ils n'étaient pas vides et cela regonflait un peu l'espoir du survivant.

Ce fut Ron qui le sortit de ses songes.

- Tu crois vraiment qu'on est les pires aurors du siècle ? Demanda-t-il échaudé.

- Mais non Ron, tu sais comment est Zabini quand il est en colère, il a toujours tendance à en faire trop ! Rassura Harry.

- Parce que je t'assure que j'ai bien failli l'avoir ! Lorsque je l'ai coincé contre le mur, si Jugson n'était pas arrivé, je l'aurais neutralisé en un clin d'œil !

Harry hocha vigoureusement la tête, le laissant terminer son laïus.

Une fois qu'il eut terminé, il se dirigea vers la salle de bain et Harry resta seul dans ses contemplations.

Il ne pouvait s'empêcher de penser à ces cauchemars que son ami avait presque toutes les nuits, c'était très souvent les mêmes et il savait pertinemment que la scène était un souvenir. Le souvenir du jour où tout s'est achevé, le souvenir de cette fameuse bataille à Hogwarts, lorsqu'il avait détruit le diadème.

Il se rappelait encore de la chaleur étouffante de ce feu maudit qu'il ne connaissait pas, le fiendfyre. Il se rappelait encore que ce jour là, dans la Salle sur Demande, il avait cru mourir, étouffé, brûlé, avalé par ces flammes envoyées par le diable en personne. Il se rappelait qu'ils n'avaient pas pu sauver Crabbe mais ils étaient parvenus à secourir Goyle et Malfoy.

Malfoy, ce même snobinard ingrat et arrogant que Ron le suppliait de sauver chaque nuit dans ses cauchemars. Ces mêmes cauchemars dont il n'osait parler à personne pas même au principal intéressé, qui semblait totalement ignorant de ce dont regorgeaient ses nuits, ces rêves absurdes qui l'avaient poussé à faire tout cela, ses obscurs souvenirs qui l'avaient poussé à contacter Seamus Finnigan pour rechercher qui ? Un deatheater, un criminel, un ennemi, un adversaire, un opposant. Il ne savait même pas ce qu'il ferait de lui si Seamus le retrouvait, il ne savait même pas pourquoi il 

avait entrepris ces ridicules démarches, mais Harry Potter avait toujours fonctionné à l'instinct et son instinct lui disait que c'était juste.

Pourtant une part de lui-même ne pouvait s'empêcher de se demander si Ron avait conscience de ce qu'il endurait chaque nuit. Il brûlait de l'interroger sur ses rêves troublants. Tous ces mots qui lui échappaient la nuit mais qu'il n'avait jamais réellement prononcés. Harry avait repassé des milliers de fois cette scène dans son esprit et jamais Ron ne lui avait demandé de sauver Malfoy. Il se demandait si c'était ce que Ron avait ressenti lorsqu'il avait vu Malfoy derrière Harry sur son balai, s'il avait crevé d'angoisse pour la sécurité de petit arrogant prétentieux tout en affirmant le contraire, lorsqu'ils avaient bravé les flammes. Harry était persuadé que Ron revivait la scène dans ses rêves telle qu'il l'avait vécue ce jour là sans jamais en avoir soufflé mot. Et Harry se demanda pourquoi, est-ce qu'il tremblait d'avouer la vérité à ses amis ? Qu'il était attiré par un homme ? Qu'il était attiré par Malfoy ? En avait-il seulement conscience ?

Toutes ses questions tournoyaient dans la tête d'Harry jusqu'à lui donner le vertige et il en tira deux conclusions : qu'il devait probablement être un bien piètre ami si son meilleur ami n'osait pas se confier à lui ou que Ron s'il avait conscience de son penchant pour la fouine, mourait probablement de honte à cette simple pensée. Puis il spécula sur le fait que son subconscient mettait certainement du cœur à l'ouvrage enfouissant profondément ce coupable sentiment dans le creux de ses nuits agitées.

Il secoua la tête et prit son petit carnet d'aurors, il détacha une feuille et commença une liste. La liste de toutes les personnes qu'il aimait et en face de chaque nom devait figurer un cadeau pour Noël. En face du nom de Ron, il n'inscrit que deux lettres : D.M. qu'il effaça bien vite lorsque Ron sortit de la salle de bain.

- Qu'est-ce que tu fais ? Lui demanda Ron enfouissant profondément la serviette dans son oreille gauche.

- J'essaie de faire une liste pour samedi. Tu sais, pour les cadeaux de Noël ! Répliqua-t-il d'un ton morne qui trahissait son enthousiasme.

- Oh pitié ! On a déjà eu une journée affreuse, on est vraiment obligé de faire ça aujourd'hui ? Implora Ron.

- Ca nous fera gagner du temps samedi ! Tu sais très bien que je déteste le shopping et il est hors de question que j'y aille avec Ginny, elle serait capable de me faire passer toute l'après-midi dans ces magasins ! Observa-t-il horrifié.

- C'est toujours mieux que d'y aller avec Hermione ! Renchérit Ron. Au moins tu changes de magasin avec Ginny ! Tandis qu'avec Hermione, tu passerais toute l'après-midi chez Fleury et Blotts !

Ils ricanèrent à cette pensée : décidément, ils avaient bien fait de convenir d'y aller ensemble cette année.

- Alors qu'est-ce que tu vas m'offrir cette année ? Demanda Ron en plaisantant.

- Je voulais quelque chose de spécial cette année ! Fit sérieusement Harry. Tu sais pour marquer nos deux ans de vie commune !

- Méfie-toi chéri ! Tu deviens sentimental !! S'esclaffa Ron à qui Harry lança un coussin en plein visage.

- Arrête de faire l'idiot ! Gronda Harry.

- Bon pour Hermione ça ira vite, ça fait des semaines qu'elle nous rabat les oreilles avec l'édition complète des œuvres de Ragnok Pattes-de-Poule ! Observa Ron un brun nostalgique.

- Pourquoi au fait ? Elle s'intéresse au goblins maintenant ? Questionna Harry.



- J'imagine que c'est dans la logique des choses chez Hermione, les elfes de maison et maintenant les goblins, ça m'étonne qu'elle n'ait pas encore créer un fond de libération des cognards, les pauvres qu'on retient prisonniers des chaînes dans leur mallette de cuir vernie !

Harry pouffa. Il aimait entendre Ron plaisanter, cela lui arrivait tellement peu souvent ces derniers temps.

- Ok, va pour Ragnok mais tu ne crois pas qu'Oliver va s'empresser de lui acheter ? S'inquiéta soudainement le Survivant.

Ron secoua la tête puis haussa négligemment les épaules.

- Difficile à dire, ce serait dommage de rien acheter d'autre qu'un livre à sa petite amie pour Noël non ? Observa brillamment Ron avant qu'Harry ne ruine son discours d'un pathétique :

- Ben c'est ce que tu faisais toi…

- La ferme Harry ! S'offusqua Ron.

Harry ricana et ils se mirent d'accord pour lui acheter la collection du goblin.

- Pour Oliver je suggère quelque chose en rapport avec le quidditch on devrait trouver plutôt facilement ! Admit Harry. Et pour ta sœur, je sais déjà ce que je vais lui acheter ! Un sourire carnassier lui parvint au bord des lèvres.

- Pitié, Harry je ne veux rien savoir ! Se lamenta Ron.

- Bon et pour tes parents ?

Ron prit le temps de réfléchir quelques instants, depuis la guerre Ron était beaucoup plus sensible à ce que pouvaient penser et ressentir ses parents.

- J'imagine que pour papa n'importe quel truc muggle devrait convenir ! Et pour maman… Il s'interrompit net : Harry tu es sûr que tu veux faire ça ? Je veux dire, tu sais que ma mère nous fera la peau si on lui achète un cadeau !

- C'est Noël Ron ! Contra Harry sur le ton de l'évidence.

Ron grommela quelque chose d'indistinct qu'Harry ne comprit pas et quitta la pièce. Harry se morigéna intérieurement. Quel idiot ! Il savait pourtant qu'il ne devait pas en faire trop à cette période mais lorsqu'il avait vu Ron si réceptif il n'avait pas pu s'empêcher.

Ron de son côté était étendu sur son lit avec cette curieuse douleur dans la poitrine qui ne le quittait plus. Le pire était probablement au cœur de la nuit, lorsqu'il s'éveillait le cœur battant et la poitrine se soulevant à un rythme frénétique avec l'impression d'avoir été confronté à la peur de vie sans pour autant se rappeler de quoi il s'agissait. Et il avait mal. Cette étrange sensation que son souffle basculait dans le néant, que son corps ne répondait plus aux appels sinistres et incessants de son esprit, que chacune de ses étoiles s'étaient éteintes une à une et qu'il était seul, désespérément seul dans son noir profond, il avançait à l'aveugle comme un petit garçon perdu, mais le petit garçon avait peur, il refusait d'avancer plus, et plus il était seul, plus il désirait être seul, recroquevillé comme une petite boule fragile dans le noir, dans son noir. La solitude parcourant ses veines comme le venin meurtrier d'un serpent, comme une drogue dure dont il était déjà accroc.

Trois coups retentirent sur la porte.

- Ron est-ce que ça va ? Demanda la voix étouffée d'Harry derrière la porte.

- Oui je suis épuisé, je vais dormir un peu. Répondit Ron.

Harry soupira, il savait qu'il ne le reverrait plus jusqu'au lendemain.

C'était vide, juste un grand vide, plein de rien, empli de néant mais c'est ce qu'il était, c'est tout ce qu'il avait. Cette douleur lancinante au côté gauche, vide lui aussi, elle ne signifiait rien comme lui, il avait toutes ces femmes dont ils profitaient, sa famille parfois trop présente, ses amis qu'on disait merveilleux mais lui, il était juste creux depuis tant de jours peut-être des années, il avait toujours cette sensation de manque qu'il ne parvenait jamais à identifier parce que finalement il avait tout. Peut-être que ce dont il manquait c'était ce vide, ce rien, pourtant n'était-ce pas tout ce qu'il y avait dans sa vie ? Et lorsqu'il pleurait, il pleurait ce rien n'est-ce pas ? Ce rien dont il ne manquait pas avant ? Mais avant quoi ? Il étouffait, sa tête était douloureuse et il refusait de penser, sa respiration se bloquait et il lui semblait qu'une vague odeur de fumée embrumait la pièce, pénétrait ses poumons, insufflait un peu de rien et beaucoup de flamme dans son corps, sa tête lui tournait et il avait chaud, très chaud. Et lorsqu'il lui arrivait de ne penser à rien, il se consumait et son érection devenait douloureuse. Ses yeux étaient obstrués par les volutes de fumée, ils s'embuaient progressivement alors qu'il cherchait son air, son oxygène, son rien.

ooOOoo

Le vendredi matin, Seamus arriva de lourds cernes sous les yeux. Il avait passé la nuit à imaginer toutes sortes d'indices que pourraient lui faire découvrir le gardien Robert, il se disait même que peut-être Draco Malfoy était plus proche qu'il ne pensait. Il s'était même surpris à penser que peut-être d'une façon ou d'une autre Malfoy sénior aurait convaincu son héritier de prendre sa place à Azkaban et le fournissait de manière illégale en polyjuice, puis il lâcha son stylo et se dit qu'il serait temps pour lui de reprendre un café, avec une larme de whiskey pur feu.

Il était prêt. Il attrapa son attaché case et transplana jusqu'à la prison. Il n'était pas encore dix heures mais il aurait l'occasion d'interroger une nouvelle fois le gardien Tom.

Ce fut justement Tom qui l'accueillit, comme la première fois. Seulement cette fois il ne dut pas déposer sa baguette à l'entrée.

- Comment allez-vous Tom ? Il gratifia le gardien d'une poignée de main amicale.

- Bien Monsieur Finnigan et vous-même ?

- Eh bien je suis fort pris par cette affaire, je dois admettre que je ne pensais pas qu'elle puisse faire l'objet d'un tel investissement. Une affaire bien complexe si vous voulez mon avis !

Tom hocha la tête.

- Dîtes-moi Tom, est-ce que Malfoy a reçu d'autres visites ces deux dernières années ? S'enquit Seamus.

Tom se gratta nerveusement le crâne comme si les mots qu'il allait prononcer étaient décisifs.

- Eh bien, avant le procès son avocat venait deux fois par semaine. Mais après le procès on ne l'a plus revu ! On n'a même plus jamais entendu parler de lui en fait. Il y a même certaines rumeurs qui circulaient disant que Malfoy avait engagé quelqu'un pour…

Seamus sortit nerveusement son petit carnet et son crayon et commença à griffonner quelques mots.

- Pour… ? Demanda-t-il en s'apercevant que le gardien s'était arrêté.

- Ben, vous savez, pour le supprimer… Termina-t-il dans un souffle.

- Et est-ce que vous pensez que ces rumeurs… Mais Seamus laissa sa phrase en suspens.

- Personnellement, je ne pense pas… je veux dire, Malfoy en a prit pour perpet' alors je ne pense pas qu'il serait assez fou pour tenter le baiser.

Seamus hocha la tête.

- Est-ce qu'il parle à quelqu'un parfois ? Un gardien peut-être ? S'enquit le détective.

- Eh bien comme je vous disais quand vous êtes venu, seuls les dementors sont autorisés à pénétrer dans cette section mais il y a aussi Robert qui leur apporte leurs gamelles. Mais Bob ne parle jamais avec les prisonniers, il ne supporte pas les deatheaters, ses parents étaient des muggles aussi.

J'ai posé des questions pour vous Monsieur Finnigan mais personne ne sait ce qu'il est advenu du fils Malfoy. La rumeur la plus courante c'est qu'il a été tué par des deatheaters en liberté et ils ont camouflé son corps quelque part dans une forêt ! On ne sait même pas s'il était en Angleterre.

Seamus soupira, trois jours qu'il planchait sur cette affaire et rien, pas un seul élément qui vaille la peine d'être exploité, pas une piste, le néant et Harry passerait sûrement le voir dans la soirée.

- Tenez, Monsieur Finnigan ! Voilà Bob ! Lui dit Tom en désignant un homme d'une quarantaine d'année assez rondouillard qui s'avançait vers eux.

L'homme avait l'air chaleureux, il était joufflu et l'image d'un bébé sumo s'était vaguement imposée à son esprit la première fois qu'il l'avait regardé. Ses joues étaient très rouges et il avait une couronne de cheveux bruns murant sa calvitie avancée. Il était de petite taille et ses yeux semblaient hilares comme sous l'effet d'un gaz euphorisant. Toutefois lorsqu'il ouvrit la bouche, Seamus fut saisi par le contraste de la voix si sérieuse et presque solennelle du gardien.

- Monsieur Finnigan, je présume. Devina-t-il en lui tendant une main pleine de doigts boudinés.

- Et vous devez être Robert, retourna Seamus.

- Bob tout le monde m'appelle Bob ici.

- Ravi de vous connaître Bob.

- Bien, il entra immédiatement dans le vif du sujet, Tom m'a dit que vous vouliez poser quelques questions sur le détenu Malfoy.

Seamus nota un changement considérable dans la voix du gardien à la mention du deatheater, il était convaincu que la pièce devait avoir perdu quelques degrés.

- C'est exact. Approuva Seamus.

- Dans ce cas, invita le gardien, allons plutôt dans la volière, c'est là où nous entreposons les hiboux mais aussi où nous stockons et étiquetons les paquets que reçoivent les détenus.

Seamus suivit le gardien dans le dédale des couloirs plus lugubres les uns que les autres et ils arrivèrent dans une immense pièce lumineuse.

Le toit pointait en un gigantesque dôme et l'espace était divisé en deux sections de même superficie, la partie où ils se trouvaient regorgeait d'un nombre incalculable de petits tiroirs recouvrant tout un pan du mur, si haut que des échelles coulissantes étaient disposées ça et là afin de permettre un meilleur accès, chacun des petits tiroirs étant soigneusement étiqueté du nom des détenus. Les tiroirs faisait partie d'une armoire immense en bois massif, travaillée semble-t-il par des experts en ébénisterie. Au centre de la pièce, une large paroi de verre fendait l'espace et de l'autre côté virevoltait une multitude d'oiseaux allant et venant à travers une large fenêtre donnant sur le toit.

- Nous sommes parvenus à dresser les hiboux spécialement pour Azkaban, expliqua Robert, comme nous devons fouiller chaque colis, les hiboux font la queue derrière la porte de verre là-bas. Dit-il en désignant une immense porte fenêtre. Généralement nous sommes cinq pour la fouille mais on s'occupe toujours des mêmes prisonniers…

- Donc, c'est vous qui vous vous occupez de Malfoy. En déduit Seamus.

- Absolument. Confirma Robert.

- Bien, j'aurais besoin de voir la liste des colis qu'il a reçus depuis deux ans, le contenu, la fréquence, l'emballage… En fait, tout ce que vous pourrez m'apprendre me serait utile.

- Je veux bien mais pour le contenu, ça va poser problème, si le contenu est en ordre, expliqua-t-il, il est directement acheminé au prisonnier. Mais on a toujours la liste.

- Et qu'en est-il des oiseaux ?

Robert le regarda interdit, de toute évidence il ne saisissait pas. Seamus reprit donc.

- Est-ce qu'il est possible de savoir depuis où il transporte les colis ? S'impatienta Seamus.

Le gros bonhomme éclata d'un rire gras et tonitruant, avant de répondre en s'essuyant le coin des yeux.

- Monsieur… Fit-il faisant mine de chercher le nom du détective.

- Finnigan ! Précisa Seamus.

- Monsieur Finnigan, certains de ces hiboux font jusqu'à soixante dix voyages par jour de plus ils se ressemblent tous comment voulez-vous qu'on puisse déterminer ça ! Exposa-t-il un rien suffisant.

Seamus eut l'air dépité, il attendait beaucoup des hiboux, ils avaient été, après tout, le seul contact direct avec Malfoy. Mais il se reprit très vite. Seamus n'était pas du genre à abandonner facilement et il pouvait se montrer extrêmement têtu s'il y avait lieu et Harry Potter le valait bien…

- Montrez-moi ce que vous avez Bob ! Intima Seamus en se pinçant l'arête du nez.

Robert sortit un énorme trousseau de clefs de son gros manteau noir et se dirigea vers un petit tiroir à la serrure d'étain. Seamus eut la surprise de constater que le tiroir s'étendait sur plusieurs mètres de sorte qu'une fois étiré à fond, il ressemblait plus à un comptoir de bar qu'à un tiroir de preuves.

Seamus sortit ses gants en latex sous le sourire amusé des deux gardiens et commença à examiner les objets emballés dans des sacs en plastiques transparents.

Seamus leva les yeux, son sourcil droit rejoignant déjà presque ses cheveux blonds.

- Une scie à métaux ? Demanda-t-il dubitatif.

Tom ricana avant d'expliquer :

- Le petit ne devait pas savoir qu'Azkaban n'a pas de barreaux.

Seamus secoua la tête, le manque de subtilité l'aurait presque fait sourire à moins que ce n'eut été un pied de nez d'un Malfoy Junior à un Malfoy Senior, ou un message caché... Son attention se focalisa sur un morceau de papier brun jauni et un long morceau de ficelle.

- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Seamus. Il y en a au moins six ou huit.

- Oh c'est juste du papier kraft et de la ficelle de chanvre, ses colis sont toujours emballés de la même manière. Signala le gardien. Il faudrait d'ailleurs les jeter ils commencent à s'accumuler !

- Vraiment ? S'intéressa Seamus.



- Oui mais si j'étais vous, je n'en ferais pas une affaire d'état, les colis de tous les prisonniers sont emballés de cette manière. Vous pouvez trouver ce type de papier et de ficelle dans n'importe quelle boutique de n'importe quelle partie du monde.

Et il avait raison le bougre ! Le gardien continua son explication.

- En général, le chanvre est assez résistant puisqu'il est composé de plusieurs ficelles emmêlées, les expéditeurs peuvent l'accrocher à la patte de l'animal ou le coincer dans les serres quand les colis sont trop lourds. Et puis ce type de ficelle est moins dangereux pour l'animal, moins coupant que certaines autres matières, vous verriez ce que certains sadiques font à ces pauvres bêtes ! S'indigna Robert. Enfin on confisque toujours la ficelle depuis que le vieux MacNair a essayé de se pendre…

Seamus fronça les sourcils. Puis un livre attira son attention, parmi la gamme impressionnante d'accessoires en tous genres envoyés par l'héritier Malfoy et il le désigna de la tête.

- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Seamus curieux.

- Ah juste un livre de contes sorciers de la même veine que « Contes de Crottes de Crapauds » mais celui-ci est légal… Ricana Robert.

- Et pourquoi vous l'avez confisqué ? Ensorcelé ? Demanda Seamus.

- Non, je me suis dit que ça ferait un beau cadeau de Noël pour ma petite fille.

Seamus ne sourcilla pas. Il ne s'attendait pas à ce que les gardiens soient blancs comme neige, comme tout un chacun leurs intérêts primaient incontestablement sur ceux des prisonniers de haute sécurité, pour la plupart de dangereux meurtriers.

- Vous l'avez testé ? Demanda-t-il.

- Comme absolument tous les objets de ce tiroir et tout est en règle.

Seamus n'y paraissait pas mais il était désespéré. Il avait fait tout ça pour rien, absolument rien. Pas un seul petit indice sur l'endroit où pouvait bien se trouver le dernier héritier des Malfoy.

- Est-ce que Malfoy a reçu la visite de cet homme ? Demanda-t-il en montrant la photo de Malfoy Junior.

- Malfoy n'a reçu aucune visite exceptées celles de son avocat jusqu'à ce qu'il perde le procès et ensuite même son avocat n'est plus venu, si vous voulez mon avis il lui a fait la peau ! Commenta intelligemment le gardien.

Le détective semblait perplexe et il était furieux, il y avait inévitablement quelque chose autour de ces colis, quelque part chez ces oiseaux de malheur ! Il pouvait le sentir ou peut-être qu'il s'en persuadait simplement mais après tout, cela restait la seule piste exploitable.

Il se tourna vers les gardiens.

- Bien, je vous remercie de m'avoir accordé un peu de temps. Pourriez-vous me contacter dès que Malfoy recevra un autre colis ?

- Bien sûr ! Répondit Robert.

- Merci. Il se peut que je repasse vous voir, si vous vous souvenez d'un détail ou de quoique ce soit que vous pensiez être utile, n'hésitez pas à me contacter, voici ma carte. Dit-il en tendant un petit bout de carton plastifié. Tom. Salua-t-il.

Et il transplana depuis dehors jusqu'à son bureau.

Il en aurait presque pleuré d'avoir perdu tant de temps pour rien ! Déjà, presque la fin d'après-midi, une journée à se balader dans cette maudite prison sans ramener ne serait-ce qu'une information 

utile ! Il passa rageusement une main dans ses cheveux ternes ! Il détestait qu'une affaire lui résiste ! Il mettait rarement plus de deux jours à collecter de précieuses informations. S'il ne trouvait pas d'indice en fouillant il devait absolument délier les langues, c'était le seul moyen d'atteindre Malfoy.

C'est sur ce genre de joyeuses pensées qu'Harry l'interrompit.

- Salut Seamus !

Le détective se leva de son fauteuil pour accueillir son camarade.

- Salut ! Assied-toi. Il faut qu'on parle. Asséna brusquement Seamus.

- Je suis désolé j'aurais du téléphoner mais je sortais du bureau et je me suis dit que je pourrais passer directement.

Seamus était las, il n'avait pas beaucoup dormi ces deux derniers jours.

- Ecoute Harry, je n'ai pas de très bonnes nouvelles… Soupira Seamus. Est-ce que tu n'aurais pas quelques informations pour me permettre de commencer quelque part ?

- Rien Seamus, je ne sais même pas s'il est encore en vie, c'est pour ça que je t'ai engagé ! Tout le monde dit que c'est toi le meilleur !

Seamus croisa les bras et s'enfonça dans son fauteuil.

- Bon pour le moment je suis allé voir Lucius Malfoy mais ça n'a rien donné. Tout ce que je peux te dire c'est que Malfoy est en vie, il envoie des colis à son père pour les grandes occasions.

- Je vois. Se contenta de répondre Harry.

- Mais pour autant que je sache, il pourrait être n'importe où. J'ai mis certains de mes contacts sur le coup qui ont eux-mêmes certains contacts. Est-ce que les aurors qui s'occupent des deatheaters n'auraient pas quelques tuyaux ?

- Ron et moi sommes ces aurors Seamus, il ne doit pas en rester tant que ça en liberté mais nous n'avons rien sur Malfoy. Il s'est évanoui, disparu c'est comme s'il n'avait jamais existé ! Il n'a même pas touché aux comptes de son paternel !

- Vous l'avez débusqué jusqu'à Gringotts ? Je n'y avais pas pensé ! S'indigna Seamus.

- Je n'ai rien débusqué du tout, il n'a rien touché ni dans son coffre ni dans celui de ses parents ! Et les goblins refusent de nous dirent s'il a ouvert un compte sous un nom d'emprunt !

- Tu as essayé le veritaserum ? S'informa Seamus.

- Je suis auror ! Il me faut une autorisation du ministre ! Signala Harry.

Seamus haussa les épaules.

- Très bien j'irai alors !

Harry écarquilla les yeux mais il savait que les manières de procéder du détective ne seraient pas des plus légales lorsqu'il avait frappé à sa porte.

- Comme je n'obtiens rien du côté matériel, je fais mon possible pour délier les langues mais c'est un cercle assez fermé dans lequel tu me demandes d'entrer ! Observa le détective les sourcils froncés.

- Tu as tes entrées partout Seamus ! Flatta Harry.

Seamus se leva précipitamment, levant les mains au ciel.

- Mais bon sang Harry ! Pourquoi tu fais ça ?!

- Pour aider un ami… Lâcha Harry sans même s'en apercevoir.



- Harry… commença Seamus une étrange intonation dans la voix… je ne savais pas que Malfoy et toi étiez amis !

- Quoi ? Ca va pas non ?! S'agita Harry. Malfoy est une ordure ! Il peut bien pourrir en enfer ça m'est égal !

Seamus avait furieusement besoin d'un verre et de préférence tout de suite. Harry poursuivit :

- C'est pour un ami, je pense que le sort de Malfoy ne lui est pas indifférent.

L'euphémisme était lancé.

- Et Zabini ? C'est bien ton supérieur ?

- Effectivement. Acquiesça Harry.

- C'était le meilleur ami de Malfoy à Hogwarts non ?

- Oui mais aujourd'hui il est le chef de la brigade d'élite des aurors alors à ça m'étonnerait qu'il nous dissimule ce genre d'information Seamus ! Rabroua Harry.

- Il a peut-être conservé quelques amis… Sous-entendit le détective.

- Non et puis je ne veux personne au courant ! Riposta Harry.

- Tu ne me facilites pas la tache Survivor ! Se révolta Seamus.

- Je sais, soupira Harry, je suis désolé ! Appelle-moi si tu as du nouveau d'accord.

Seamus hocha la tête. Il devait voir Neville ce soir peut-être que l'herboriste potionman aurait quelque chose pour lui.

Merci d'avoir lu jusque là, une petite review...?