NA : Désolée, désolée, désolée, je sais que je vous avais dit que je mettrais à jour tous les vendredis soirs/samedis matins, mais j'avais oublié de vous mentionner que c'était mon anniversaire vendredi soir. Donc, avec ce week-end festif, j'ai dû remettre à dimanche/lundi la diffusion, mais j'étais tellement fatiguée que je n'arrivais pas à me tenir debout. C'est donc aujourd'hui que vous avez la suite de mon histoire! Bonne lecture!
NA2 : Merci, merci, merci pour les nombreux commentaires!
Précédemment : Brennan tombe littéralement sur un cadavre et doit se rendre à l'Institut pour faire soigner ses blessures. Cam remarque des marques à l'intérieur de son bras et confie à Booth qu'elle croit que Brennan se drogue.
Chapitre 4
Le voyage jusque chez moi s'était fait dans un silence inconfortable. Me retournant de temps à autre afin de l'observer dans sa conduite, je pouvais voir que c'était avec tension qu'il fixait la route devant lui. Je voyais les muscles de son cou se contracter et se relâcher, ses jointures serrant le volant si fort qu'elles blanchissaient à vue d'œil et j'entendais sa respiration haleter de frustration.
« Est-ce que j'ai fait quelque chose? Demandai-je finalement à bout de patience.
- Pardon?
- Est-ce que j'ai fait ou dit quelque chose d'inapproprié. Je sais que mon manque de qualités interpersonnelles est une lacune chez moi.
- Vos qualités interpersonnelles sont parfaites, Bones, avait-il répondu sans quitter la route des yeux.
- Alors pourquoi êtes-vous tendus?
- Je ne suis pas tendu.
- Est-ce en raison de mon métier? J'ai des dettes, je dois les rembourser. Je n'ai pas d'éducation, pas de qualification…
- Ce n'est pas votre métier, Bones.
- Alors quoi?
- Rien!
- Je ne vous crois pas », dis-je alors qu'il tournait le dernier coin de rue jusqu'à l'adresse que je lui avais donnée, à quelques pas de chez moi. D'un geste brusque, il se stationna et se tourna vers moi.
« Vous êtes une junkie, avoua-t-il enfin.
- Pardon?
- Vous êtes une junkie, vous prenez de l'héroïne.
- Vous ne savez pas de quoi vous parlez. Merci pour le retour, le remerciai-je avant de me retourner pour sortir du véhicule. Alors que mes mains agrippaient la poignée de la portière, je me sentis tirée vers le centre de la voiture. Sans aucun égard de mon opinion, il releva ma manche droite par delà le coude et laissa voir les marques qui se trouvaient à l'intérieur de son creux.
« Ça ne vous regarde pas!
- Je suis policier, ça me regarde!
- Vous n'avez pas le droit!
- Écoutez Bones, on peut vous aider, il y a des programmes. La première étape est d'avouer qu'on a un problème et ensuite…
- Je n'ai pas de problème de drogue, affirmai-je sans me soucier de lui avoir coupé la parole.
- Je sais ce que c'est d'être accro, Bones. Laissez-moi vous aider.
- Je suis capable de me contrôler…
- Et les 14 frissons que j'ai comptés entre l'Institut et ici, est-ce que vous les contrôlez?
- Je n'en ai que pour quelques jours; ensuite, tout ira bien. À cette affirmation, je vis son visage changer complètement.
- Ce n'est pas la première fois que vous passez par là!
- Avez-vous remarqué que ces marques sont sur mon bras droit, le même qui m'a servi à arrêté ma chute? Je suis droitière, je ne peux m'injecter moi-même de la drogue dans mon bras droit.
- On vous a forcé?
- Parfois des clients… veulent prendre un coup avant de passer à l'action. Ça ouvre leurs sens. Et des fois, ils veulent que j'en prenne aussi. Habituellement, je refuse, mais certains sont insistants. Quand j'ai de la chance, il y en a qui sont si pressés qu'ils prennent leur dose avant de commencer et oublient ensuite que je suis là. D'autres me plantent une aiguille carrément dans le bras, sans que je ne puisse dire qu'un mot.
- Ce n'est donc pas de votre faute si vous êtes accro.
- Je ne suis pas accro. Je n'en ai jamais pris par moi-même. Jamais! Ce n'est pas l'envie qui manque, mais je m'en suis toujours sortie. Cette semaine sera pareille, je levai les yeux vers les siens et il hocha de la tête.
- Tenez, dit-il en me glissant des gélules dans la main.
- Qu'est-ce que c'est?
- C'est de la méthadone. Ça aide à réduire les symptômes de sevrage.
- Oh!
- Cam vous en a prescrit quelques doses, si vous le voulez.
- Je n'ai pas d'argent.
- Allez à cette clinique. Ce sera gratuit, dit-il en me tendant une carte.
- Même sans carte d'identité? Je puis voir dans son visage ce qui aurait pu ressembler à de la pitié.
- Je vais les appeler pour les avertir de votre venue.
- Je vous, je vous remercie, Booth.
- Il n'y a pas de quoi, Bones ».
J'agrippai la poignée de la porte, lui lança un dernier regard reconnaissant et sortit pour retourner chez moi.
Je tournai le coin de la ruelle menant à mon miteux appartement. Depuis quelques années, après chaque nuit passée à l'extérieur, j'avais toujours réussi à effacer les mauvais souvenirs de la nuit précédente avant même d'avoir traversé le pas de ma porte. Pourtant, alors que le son familier de mes talons grimpant les trois marches du petit escalier de fer forgé qui menait à ma maison pouvait s'entendre à mes pieds, je n'arrivais pas à effacer de mon esprit le sourire calme que Booth m'avait lancé avant que je sorte du véhicule dans lequel il m'avait ramené à la maison.
Après qu'elle fut sortie de la voiture, il l'observa quelques instants traverser les deux pâtés de maison qui menaient à la ruelle où elle habitait, abasourdi de sa découverte.
Elle ne pouvait dire vrai. Il savait qu'il était pratiquement impossible de ne pas créer de dépendance à l'héroïne si on en prend à plus d'une reprise. Pourtant, il ne la sentait pas capable de mentir. Elle était si forte, si intelligente… et elle était fille de rue? Ces faits n'avaient pas de sens pour lui.
Alors qu'il était sur le point de redémarrer son véhicule pour prendre quelques heures de repos bien méritées, un homme capta son attention. Un homme grand, carré, qui n'avait pas très fière allure, mais qui marchait avec assurance, s'avançait vers la ruelle où habitait Brennan. Il aurait connu ce genre de type n'importe où. Ce visage ridés et grisâtre, sa chemise à fleurs ouverte sur une camisole blanche, ses cheveux peignés vers l'arrière comme un personnage d'une mauvaise série télé floridienne; tout en lui criait au mac.
« Merde », chuchota-t-il.
Elle était restée dehors toute la nuit, elle revenait tard dans la matinée et elle n'avait pas un sou à lui donner!
Sans attendre une seconde de plus, il sortit de son véhicule, bien décidé de ne pas rendre la vie de Brennan plus compliquée qu'elle ne l'était déjà.
J'entrai dans mon appartement pour la première fois depuis que je l'avais quitté hier soir. Moi qui croyais vivre une nuit sans histoire, me voilà au beau milieu d'une enquête fédérale avec un agent qui me fournit les drogues nécessaires pour passer la semaine sans traverser l'enfer à nouveau.
Je soupirai, lançai mon sac sur une des chaises de mon minuscule ensemble à dîner et je me dirigeai vers la chambre où ma colocataire, Kelly, dormait déjà à poing fermé comme j'aurais dû le faire depuis des heures déjà. Je soupirai. Elle avait réussi à se coucher en étoile et accaparait maintenant la majorité de l'espace du lit que nous devions partagé, les restes d'une seringue pendant au bout de ses doigts.
L'envie m'envahit.
Tous les jours, je m'ennuyais de cette douce sensation euphorisante de la première fois où l'on m'avait piquée. Je me souvenais d'avoir senti chacun de mes nerfs agréablement à vif, comme si je me baignais dans une piscine de ouate au son d'une mélodie délicieusement colorée. Pendant un bref instant, ce fut le paradis… puis le manque.
J'étais soudainement devenue folle. J'en voulais encore, plus, encore! Une autre fois! Encore! Encore! Encore! J'aurais tout fait pour ressentir encore une fois cette euphorie. Ce n'était pas logique, mais j'en tremblais de désir. Une autre fois… juste une petite fois. Puis, le cercle se dessina sous mes yeux. J'en voulais, je m'endettais, j'en prenais, j'en voulais plus. Un instant, tout avait l'air bien. J'en oubliais mon but. La drogue signifie des dettes, des dettes signifient plus de temps à servir. Et j'aurais tellement voulu partir tout de suite. Arrêter. Ne plus voir de sexagénaire bedonnant n'arrivant à soutenir qu'une demi-érection s'affaler de tout leur poids sur moi.
J'ai donc résisté, tous les jours. J'étais restée des semaines durant enfermée dans mon lit du bordel à frissonner et à suer mon manque. Des filles venaient et m'en offraient pour que je me sente mieux, mais je refusais. Je résistais constamment. On me forçait de temps à autre à en prendre, mais je réussissais toujours m'en sortir. Mais l'envie restait toujours en moi et je crains qu'elle restera pour toujours.
Un jour, on m'a invité à prendre mon propre appart avec une petite nouvelle qui n'avait pas fait une semaine dans le milieu avant d'être sur le bord de l'overdose. Ils voulaient me tenter; j'approchais rapidement du remboursement total de ma dette et ils ne pouvaient pas me laisser partir aussi facilement. Mais j'étais forte. Plus forte qu'eux. Et il n'était pas question que je ne réussisse pas à m'en sortir.
Avec plus de courage que je pensais en avoir, je ramassai la seringue au bout des doigts de Kelly et le reste de son héroïne. Je jetai la seringue dans un contenant hermétique que m'avait fournie une travailleuse sociale et envoyai la drogue flotter dans les toilettes.
Je la regardais, les petits flocons flottant au fond du bol et il me prit toute ma volonté afin que je tire enfin la chasse. Avec frénésie, je fouillai au fond de ma poche et retrouvai les comprimés que m'avait fournis Booth.
« Dieu Merci, me dis-je en moi-même en avalant une gorgée d'eau afin des faire passer.
- Dieu merci, quoi? » Une voix familière se permit de dire derrière moi.
Je relevai la tête horrifiée par une réalisation, mon verre d'eau glissant de mes doigts pour tomber d'un bruit grave et fort au fond de l'évier crasseux.
Je me retournai et le vit. Dans son habituel jeans, chemise hawaïenne ouverte et camisole blanche, il se tenait droit près de la porte. Grand, blond et souffrait vraisemblablement de calvitie, je pouvais voir les yeux gris ridés lancer des regards sévères vers moi. D'un teint toujours grisâtre et de traits durs, il me fixait droit dans les yeux pénétrant mon air à la fois surprise et horrifié. Il n'était pas dupe. Il savait que j'avais fait quelque chose de mal.
« Viktor!
- J'vois qu't'as eu un client finalement, cette nuit! Avait-il affirmé de sa voix rauque et grave qui laissait discerner très facilement son accent russe.
- Euh…
- Parce que t'as pas d'autrres bonnes rraisons d'être arrivée à cette heurrre avec un homme dans un VUS, non?
- Évidemment que non! Viktor!
- Combien t'as eu? » Il tendit la main.
J'étais en panique. Je n'avais pas d'argent. Pas un sou. Et de dire que j'avais passé la nuit avec le FBI n'était pas mieux que de me mettre un pistolet sur la tempe et d'appuyer sur la gâchette. Je cherchais une histoire à lui raconter lorsque soudainement, j'entendis cogner à ma porte.
« Mademoiselle Scallion? » Avait demandé d'un ton timide un homme à la porte que je ne pouvais voir derrière la carrure de Viktor. Lorsque celui si se tourna pour voir de qui il s'agissait, mes yeux ne purent que s'écarquiller de surprise à la vue de ce qui se trouvait à ma porte.
À suivre…
NA : Mais qui est cette mystérieuse personne à la porte de Brennan? Réussira-t-elle à la sauver du méchant Viktor? C'est ce que vous apprendrez dans la suite de Northwest Avenue!
N'hésitez pas à commenter!
