Titre : Le Conteur

Genre : Je ne suis pas très sûre…

Pairing : RW/DM

Rating : M tardif

Disclaimer : Tous les persos présents dans cet OS sont à JKR exceptés Tom, Robert, la libraire et les mioches…

PS: J'ai pris certaines libertés concernant Thorfinn et Laura qui appartiennent eux aussi à JKR.

Avertissement : Le personnage de Draco peut paraître OOC (Out Of Character) dans ce chapitre mais les explications seront fournies dans le prochain chapitre. (déjà écrit mais nécessitant quelques modifications)

Je signale également que même si elles se font attendre, cette mini fic est un slash et comportera donc des relations sexuelles explicites entre messieurs, à bon entendeur...

Note de l'auteure 1 : Cet OS qui est devenue une petite fic (5 ou 6 chapitres maximum) est toujours un cadeau de Noël pour Hamelina (je sais je suis très en retard... lol c'est même plus du retard à ce niveau là... LOL). J'ai encore pas mal de pages d'avance mais malheureusement la fin me pose quelques soucis donc elle n'est pas encore terminée d'où l'irrégularité de la mise en ligne ceci dit elle sera achevée d'ici peu.

Note de l'auteure 2 : Je me réserve le droit d'éditer ce chapitre dont je ne suis absolument pas satisfaite. J'espère que vous ne serez pas trop déçus quant au déroulement de l'intrigue. (Gardez le titre en mémoire...) On approche du dénouement... (et surtout on commence à voir les protagonistes principaux... y'a du progrès... LOL)

Note de l'auteure 3 : Je remercie misou, et Paprika Star pour leurs reviews et m'excuse de ne pas pouvoir répondre mais si vous me laissez votre mail, je le ferai avec plaisir. Je remercie également AnthaRosa, Ggenamel et mangli de m'avoir mise dans leurs story alerts et Colonel Beta de m'avoir mise dans ses favoris.

Certains espéraient qu'on en sache un peu plus sur Dennis et Thorfinn, ce n'était pas vraiment prévu mais si vous le souhaitez, je pourrais inclure quelque chose vers la fin ou peut-être un chapitre bonus ou bien encore un OS en parallèle. Faîtes-moi savoir...

C'est un pairing relativement singulier alors ça me fait vraiment plaisir d'avoir quelques reviews! Merci à vous!

Bonne lecture!

Chapitre 3

- Non ! S'il te plaît… Harry ! Tiens-le, il va tomber ! Harry…

Le même cauchemar, les mêmes larmes roulant sur ses joues rougies par l'adrénaline. Il tremblait si fort que le grand lit semblait convulser avec lui. Harry regardait de nouveau son ami, et il aurait voulu sonder son esprit pour savoir quand est-ce qu'il en était arrivé là.

- Ne le lâche pas Harry ! Ne le lâche pas ! Harry… je dépose Hermione et j'arrive ! La porte est juste là… ne le lâche pas…

Il torturait si fort les draps entre ses doigts que Harry se demandait comment il était possible qu'il n'ait jamais de crampes le lendemain ou peut-être qu'il en avait mais qu'il ne les mentionnait pas. Harry se posait souvent la question de savoir s'il était conscient de tout cela, de la signification des cauchemars dont il ne semblait jamais se rappeler.

Il se disait que quelque part au fond de lui, il devait bien sentir qu'il y avait quelque chose, lui qui fut si vivant autrefois, il était mort de presque toutes les manières dont un homme pouvait mourir.

Il épongea une nouvelle fois le front trempé de son ami. Il n'osait même pas lui en parler, peut-être le devrait-il, peut-être un jour, peut-être à Noël lorsqu'il l'aurait retrouvé… peut-être…

En attendant il se pencha sur son ami pour le border et lui murmura des paroles apaisantes :

- Je le tiens bien Ron, je t'assure il ne tombera pas. Je te promets qu'il s'en sortira…

Mais Ron lui agrippa fermement le bras à tel point qu'Harry était persuadé qu'il en porterait les marques pendant plusieurs jours.

- Ne le lâche pas Harry ! J'ai tellement peur…

- Tout se passera bien Ron… shuuut.

Et il sortit de la chambre sur la pointe des pieds. Cette nuit-là Harry ne parvint pas à dormir.

ooOOoo

Au beau milieu de la même nuit, Cho Chang Finnigan fut réveillée brusquement par un bruit provenant de l'étage en dessous.

- Seamus chéri, réveille-toi ! Chuchota-t-elle.

- Nan m'man… dodo encore… Bredouilla Seamus depuis chez Morphée.

- Seamus debout ! Cria-t-elle presque.

Seamus émergea brutalement et regarda sa femme hébété.

- Cho ? Qu'est-ce qui se passe ? S'inquiéta-t-il dévisageant la jeune femme.

- J'ai entendu du bruit dans le salon ! Avoua-t-elle.

- Et c'est pour ça que tu m'as réveillé ? S'insurgea Seamus. Tu pouvais pas te lever et aller voir ?

- Tu sais que c'est ta galanterie qui m'a séduite la première fois ? Railla-t-elle.

- C'est bon, c'est bon, j'y vais ! Capitula-t-il.

Il s'empara de sa baguette et descendit, tanguant quelque peu sur ses jambes. Il alluma brusquement la lumière et eut la surprise de trouver un jeune homme inspectant son intérieur avec intérêt.



- Creevey ? Mais qu'est-ce que tu fiches dans mon salon au beau milieu de la nuit ?

Dennis ne répondit pas tout suite, il prit un soin presque chirurgical à détailler le corps du détective en boxer. Et la lueur lubrique qui flottait dans son regard n'inspira guère confiance à Seamus qui s'empara à la hâte d'un coussin pour protéger sa pudeur.

- Pas mal… Apprécia le photographe. Tu t'es étoffé depuis Hogwarts…

- Et je me suis marié aussi ! Contrattaqua Seamus en brandissant son alliance comme un bouclier protecteur.

- Dommage… Déplora Creevey l'œil mutin.

- Bon qu'est-ce qui t'amène Creevey ? Réorienta Seamus.

Dennis lui fit un sourire resplendissant lorsqu'il lui tendit un cliché provenant de toute évidence d'un polaroid.

- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Seamus.

- Cible localisée… Se contenta de répondre Dennis, particulièrement fier de lui.

- Quoi ? Fais-moi voir ça ! Intima Seamus en se saisissant sans douceur de la photographie.

Il examina attentivement avant de lever des yeux dévorés par la rage sur le jeune Creevey. Il pointa sa baguette droit sur sa poitrine.

- NON MAIS TU TE FICHES DE MOI !! Explosa-t-il. TOUT CE QUE JE VOIS SUR CE CLICHE C'EST UNE LONGUE CAPE NOIRE !!

Dennis ne se départit pas de son calme.

- Fais-moi confiance, cet homme est Draco Malfoy, je l'ai vu comme je te vois ! Insista-t-il baladant une nouvelle fois son regard de prédateur sur le corps du détective. Si tu regardes attentivement tu verras même une mèche blonde dépasser de son capuchon ! Assura-t-il.

- C'est ridicule, il n'est pas le seul homme blond de la planète ! Riposta le détective.

Mais Seamus avait vraiment envie que cet homme soit Draco Malfoy alors il cessa toute argumentation.

- Où est-ce que c'était ? S'enquerra-t-il abruptement.

- Chili.

- Quand ?

- Il y a une demi-heure environ mais quand j'ai pris la photo, il a transplané. Et malheureusement le ministère n'a plus le droit de filtrer les transplanages alors il est impossible de savoir où ! Précisa le photographe.

- Je vais me rendre sur place voir s'il est possible de questionner les habitants. Déclara Seamus, une lueur d'excitation dans le regard à la pensée qu'enfin il tenait un infime quelque chose.

- A ta guise !

- Bon boulot, Dennis, continue !

Après s'être habillé et avoir prévenu sa femme, Seamus transplana, direction le Chili. Il suivit les indications du photographe et se retrouva dans un minuscule village au fin fond de la campagne chilienne. Une vieille pompe à essence muggle bordait le chemin de terre faisant office de seule route praticable par temps clair.



- Hola. Tenta Seamus apercevant un vieil homme désœuvré guettant l'horizon pour une obscure raison.

- Hola.

- Avez-vous vu cet homme ? Demanda Seamus en brandissant la photo.

- Oui - lui répondit le vieil homme dans un anglais déplorable - il est parti il n'y a pas longtemps.

Le vieil homme secoua la tête. Seamus regarda autour de lui, il n'y avait qu'une vieille librairie d'où sortait quelques enfants mais personne pour le renseigner. Il fit quelques pas mais cet endroit désert ne pouvait en aucun cas abriter Draco Malfoy. Il renonça à poser des questions alors que tout ce qui se trouvait dans les environs était une librairie délabrée et une pompe à essence qui menaçait de s'effondrer d'une seconde à l'autre.

Il transplana chez lui furieux de l'avoir manqué de si peu si toutefois il s'était bien agi de Draco Malfoy.

Il trouva sa femme, allongé sur le canapé.

- Alors tu as trouvé ce que tu cherchais ? Questionna-t-elle attentivement.

- Non, soupira-t-il, ou plutôt oui mais je n'ai pas été assez rapide ! Il ricana de dérision.

- Neville a téléphoné. Pour une fois que tu dors ici et pas au bureau ! Ajouta-t-elle dans un ton de reproche. Il a dit que tu devais le rappeler que c'était urgent.

Seamus décrocha rapidement son téléphone. Plusieurs sonneries retentirent avant qu'il n'entende la voix de son ami.

- Neville ? C'est Seamus.

- Ah !

L'intonation déçue ne surprit Seamus que moyennement.

- Je suis désolé Seamus, un de mes contacts m'a dit qu'il tenait sûrement quelque chose mais il vient de me rappeler et ce n'était qu'une fausse alerte !

- C'est pas grave Neville. Rassura Seamus qui n'en pensait pas un mot.

- Et toi de ton côté ? Interrogea Potionman.

- Il a été vu au Chili il y a une heure environ mais quand je m'y suis rendu personne n'a pu me renseigner ou disons plutôt que l'endroit était désert, ça m'étonnerait que quelqu'un comme Malfoy fréquente ce genre de village. J'y retournerai peut-être demain. Répondit-il ignorant volontairement le vieil homme dont il doutait sérieusement de la fiabilité.

Cependant le lendemain et le surlendemain et le jour d'après ne donnèrent rien, pas un seul indice, pas une seule information. Draco Malfoy restait introuvable. Seamus avait soudoyé, corrompu, supplié, acheté, vendu aussi parfois, fait chanter aussi souvent mais rien, jamais rien ! La veille de Noël, il se résigna donc et appela Harry, il n'aurait pas Malfoy pour le réveillon.

Harry était déçu, lui et sa famille regardaient Ron dépérir jour après jour, il faisait toujours ses ignobles cauchemars que le Survivant calmait dans le secret de la nuit mais n'avait pas encore eu le courage d'aborder le sujet. Il passait régulièrement à Gringotts et avait mis quelques-uns de ses indics sur le coup mais un Malfoy, il devait le reconnaître, savait se cacher.

C'est donc dans un état d'esprit plus que maussade qu'il aborda le réveillon de Noël.

Le Burrow était magnifique, Arthur avait ensorcelé quelques vieilles guirlandes luminescentes muggles et Molly avait ajouté un sort pour que la neige tombe à gros flocons sur la petite maison, car 

malheureusement il ne neigeait pas ce soir là. George avait ensorcelé les gnomes du jardin pour qu'ils entonnent joyeusement les chants de Noël et lorsqu'ils franchirent la porte d'entrée, l'odeur de la dinde aux marrons ravit leurs narines et enivra leurs papilles. Un grand sapin trônait dans le petit salon richement décoré de guirlandes multicolores, de boules enchantées, de petits sujets en pain d'épice et de longues guirlandes de popcorn dont il ne resterait plus rien à la fin de la soirée puisque Ginny s'en était emparées.

Lorsqu'ils arrivèrent, ils ne purent déroger à la tradition. Molly l'avait instaurée juste après la bataille. A chaque Noël, chaque invité devait avoir préparé deux parchemins : un remerciement et une prière. Chacun devait inscrire sur le premier une raison pour laquelle il se sentait reconnaissant et envers qui s'il y avait lieu et sur le second devait figurer une prière, un souhait, un vœu inavouable. Chacun accrochait ses deux parchemins sur le sapin et lorsque minuit sonnait le soir de Noël, tous jetaient leurs deux parchemins dans la cheminée et les laissaient se consumer pour que les volutes de fumée atteignent les cieux et diffusent leurs précieux messages. Chacun pouvait alors profiter du feu de bois en grignotant quelques marrons chauds.

Une fois tous les parchemins évanouis, ils ouvraient les cadeaux.

Tout le monde en était donc aux cadeaux ce soir là et Harry rayonnait d'avoir toute sa famille avec lui, parce qu'il les aimait comme sa famille. La seule chose qu'il regrettait était que Ron ne participe pas à la fête, bien sûr il était présent de corps mais son esprit les avait quittés il y avait bien longtemps. Tous sentaient qu'ils étaient entrain de le perdre et ils l'avaient tous gâté cette année : Harry lui avait offert le prototype du dernier balai qui n'était pas encore sorti sous les conseils avisés de Oliver, qui lui avait offert des entrées back stage pour tous les matchs de la saison prochaine. Ses parents lui avaient payé une magnifique robe de gala verte qui lui seyait à ravir, George l'avait gratifié d'un échantillon de tous les produits qu'il avait reçus et inventés mais qu'il n'avait pas encore commercialisés (mais Ron le soupçonnait de ne pas avoir trouvé de cobaye…) quant à Ginny, elle faisait toujours mouche avec son traditionnel énorme sac rempli de friandises de chez HonneyDuke mais c'est Hermione qui surprit le plus la petite famille.

Elle avait gardé le cadeau de Ron contre son cœur toute la soirée, plutôt que de le déposer sous le sapin comme le voulait la tradition. Elle s'avança la dernière vers Ron, les yeux pleins de larmes qu'elle contenait à peine, elle tendit le paquet à Harry pour prendre le visage de Ron en coupe et déposa un léger baiser amical sur ses lèvres :

- Ron, tu sais que je t'aime n'est-ce pas ?

Ron ne put s'empêcher de rougir, il n'aimait pas les démonstrations d'affection. Il se contenta de hocher la tête, les yeux toujours tellement vides…

Puis Hermione reprit son paquet des mains de Harry et le tendit à Ron qui déglutit difficilement, il n'aimait pas les démonstrations d'affection mais cela ne voulait pas dire qu'il y était insensible.

Puis il déballa lentement le dernier paquet, prenant bien soin de ne pas déchirer le papier.

Un livre ! Une réelle surprise venant d'Hermione.

Il peina à lire le titre calligraphié :

- Les Contes de Perrault.

Il leva la tête et regarda Hermione interdit.

- Tu m'offres un livre de conte ? De contes pour les enfants ? Demanda-t-il abasourdi.

Elle s'approcha de lui et caressa sa joue puis elle murmura :



- Oui Ronald, ce sont des contes pour enfants muggles, parce quelque part entre ici et ailleurs, tu as perdu ton âme d'enfant… peut-être que si tu suis les contes, un jour on la retrouvera dans tes yeux…

Molly étouffa un sanglot et même Harry dut détourner les yeux. Ron lui, fixait le livre comme s'il était une chose aberrante comme s'il était un précieux trésor, une divine damnation, une infâme trahison. Il fixait les lettres d'or sur le grand livre brun et tout ce à quoi il pouvait penser, c'était qu'il ne voulait plus être un enfant, parce qu'il n'aimait pas les enfants, les enfants étaient naïfs, crédules, ils croyaient aux contes et, lui, il savait bien que croire, ça faisait trop mal. Finalement être adulte était bien mieux, moins douloureux.

ooOOoo

Les recherches se poursuivirent, personne n'avait abandonné. Mais tout s'accéléra un matin de février, le matin du 14 février pour être exact. Seamus était résolu à visiter quelques commerçants indiqués par ses contacts et il se retrouva devant chez George Weasley.

George avait quelques clients parmi les habitués de KnockTurn Alley, certaines de ses inventions avaient été détournées à des fins peu conventionnelles mais George fermait tout de même les yeux, ils étaient bons clients.

Personne n'avait revu Draco Malfoy depuis ce froid et venteux mois de Novembre.

- Finnigan ? Seamus Finnigan ? Demanda George ébahi.

- Lui-même… Répondit Seamus d'un sourire.

- Eh bien pour une surprise… Ca me fait plaisir de te revoir ! S'exclama-t-il en lui donnant une accolade.

- Moi aussi George, moi aussi, malheureusement ce sont les affaires qui m'amènent ici !

George le regarda perplexe. Ils connaissaient le genre d'affaire dont Seamus s'occupait et il n'était pas sûr de vouloir y tremper. Ses clients comptaient sur sa discrétion et il comptait sur leur générosité.

- Je t'écoute. Enjoignit-il prudemment.

- J'ai quelques contacts qui m'ont dit que tu savais des choses… Hésita Seamus.

George était méfiant à présent, les gadgets qu'il inventait avaient un énorme succès mais le public n'était pas nécessairement recommandable.

- Quel genre de chose ? George étudiait Seamus l'air soupçonneux.

- Je recherche Draco Malfoy. Lança brusquement le détective.

George s'autorisa un sourire.

- Comme la moitié de la planète j'imagine !

Mais Seamus était las et ne goûta pas la plaisanterie.

- Il me le faut George ! S'emporta-t-il.

- Très bien, soupira George, c'est vrai que certains de mes clients parlent mais je ne sais pas grand-chose. Juste que chaque jour, il se trouve dans un pays différent, je ne sais pas ce qu'il y fait, ni pour quelle raison, et je t'avoue que ça ne m'intéresse absolument pas mais sa devise semble être, un jour un pays.



- Est-ce que tu pourrais poser des questions pour moi… ? Demanda-t-il tout en consignant ce précieux détail dans son petit calepin noir.

George le considéra un instant. Il avait entendu certains de ses clients parler d'un détective qui recherchait le jeune homme, ils avaient même espéré que le détective s'en occuperait pour eux mais George n'avait pas fait la relation entre Seamus et cette histoire de deatheater. George avait toujours été très malin, d'autant plus lorsque sa clientèle avait commencé à se diversifier et il s'était effectivement renseigné sur le jeune Malfoy mais il n'avait pas appris grand-chose. Ses contacts à Gringotts l'avait informé qu'aucun compte en banque n'avait été ouvert par un dénommé Malfoy ni sous un autre nom pouvant se rapporter au jeune homme. Il avait simplement appris par hasard alors qu'il furetait dans une librairie muggle de Londres que le jeune Malfoy voyageait d'un pays à l'autre sans que personne ne puisse dire comment il parvenait à survivre.

- Je verrais ce que je peux faire. Dit-il simplement.

Seamus inclina la tête en signe de salut.

Lorsqu'il franchit la porte de son bureau, son téléphone sonnait déjà.

- Allo ?

- Monsieur Finnigan ? Fit la voix bourrue.

- Lui-même.

- Ici, Tom. Je voulais vous informer que ce matin, Madame Malfoy avait reçu un colis, vous savez pour la Saint Valentin. Annonça le gardien.

- Je transplane tout de suite Tom.

A la porte de la prison, Tom l'attendait en compagnie de Robert. Il salua les deux gardiens d'un signe de tête et ils se dirigèrent dans la salle des tiroirs.

Il contempla le contenu du colis étalé devant lui et explosa :

- UNE BOITE DE CHOCOLAT !! Hurla-t-il. UNE BOITE DE CHOCOLAT !!

Seamus était hors de lui, des mois qu'il piétinait sur cette affaire et tout ce qu'il avait c'était un morceau de papier kraft, de la ficelle de chanvre et une boîte de chocolat.

Il projeta la boîte sur le mur, précipitant la fuite de quelques hiboux et se dirigea rageusement vers la sortie sans même adresser un regard aux gardiens.

Il transplana directement chez lui, il avait vraiment besoin de vacances ! Il trouva Cho étendue sur le canapé lisant une revue médicale muggle. Elle leva les yeux, interrogeant Seamus silencieusement, elle voyait bien que son mari n'allait pas bien.

- Tu veux qu'on en parle ? Lui demanda-t-elle en lui massant doucement les épaules, le faisant s'installer entre ses jambes.

- Non ! Répondit-il simplement.

Alors elle décida de lui parler de tout et de rien pour détourner son attention. Elle savait qu'il ne l'écoutait que rarement lorsqu'elle faisait cela mais sa voix semblait le bercer et l'apaiser quelque part.

- J'étais entrain de lire cette revue médicale muggle, ils sont vraiment stupéfiants parfois, tu sais. C'est mon chef de service qui me l'a conseillée, il dit que c'est bien de se tenir au courant sur toutes 

les formes de médecine. Eh bien figure-toi, commença-t-elle très impressionnée, qu'un homme avait abusé de pas moins de quatorze jeune filles, qu'il emmenait chez lui sans que personne ne s'en aperçoive et personne n'avait réussi à l'identifier. Ils ont retrouvé la dernière dans une forêt, morte, c'est grâce à elle qu'ils ont pu attraper le criminel.

- Vraiment ? S'intéressa poliment Seamus qui n'écoutait que d'une oreille.

- Devine comment ! Tu ne devineras jamais ! Continua-t-elle enthousiaste.

- Alors pourquoi veux-tu que je perde mon temps à essayer ! Rétorqua Seamus agacé mais Cho n'y prêta aucune attention. Seamus était souvent grognon quand quelque chose lui résistait.

- Figure-toi que la jeune fille en tentant de s'échapper des mains de son agresseur, a raclé la terre avec ses ongles ! Et c'est grâce à ça qu'ils ont pu identifier le kidnappeur, parce que cette partie de la région était la seule à avoir un sol argileux. Tu te rends compte ?

Seamus se figea. Quel idiot ! Quel stupide, stupide, stupide, stupide imbécile ! Il n'y avait pas pensé ! Il se leva d'un bond, embrassa sa femme non sans la gratifier d'un :

- Tu es formidable chérie !

Et transplana directement jusqu'à la prison sous les yeux ébahis et ahuris de Cho. Il se rua dans les couloirs sombres jusqu'au bureau du gardien dont il défonça presque la porte.

- Monsieur Finnigan ? Vous allez bien ? Vous êtes parti tellement vite tout à l'heure.

Seamus ne releva pas le ton inquiet du gardien, bien trop préoccupé par la brillante illumination qu'il venait d'avoir.

- J'ai besoin de voir Bob et le colis que vous m'avez montré ce matin. Exigea-t-il précipitamment.

Tom hocha la tête.

- Suivez-moi…

Lorsqu'ils arrivèrent à la grande salle des tiroirs ressemblant plus à un hall de gare, Seamus ne se contenait plus. Il trépignait sur place tel un enfant capricieux la veille de Noël et Robert dut se mordre la langue pour ne pas lui intimer de se calmer sur le champ.

- Dépêchez-vous d'ouvrir ce maudit tiroir Bob ! Invectiva Seamus.

- Ca vient, ca vient Monsieur Finnigan ! Répondit le gardien tranquillement.

Tom eut la vague impression que Robert gardait un calme olympien dans le seul but d'asticoter le détective.

Pendant ce temps, Seamus s'expliqua.

- Je sais comment faire pour retrouver Malfoy ! Il faut se servir des hiboux, ils ont encore des particules de terre sur leurs serres ! Grâce à ça, on peut sûrement déterminer dans quel pays Malfoy se trouve.

Robert soupira longuement puis entreprit une nouvelle fois d'expliquer pourquoi cela n'était pas possible mais cette fois il le fit comme s'il s'adressait à un petit enfant.

- Monsieur Finnigan, il me semble vous avoir déjà dit que les oiseaux faisaient de nombreux voyages en une seule journée. L'irritation se lisait très clairement sur son visage.



- Je sais, je sais, s'impatienta Seamus, mais la ficelle, il doit forcément y avoir des résidus de terre sur la ficelle.

Dès que Robert eut ouvert le tiroir, Seamus s'empara de la ficelle du colis de Narcissa Malfoy et transplana directement jusqu'au magasin de potions de Neville.

- Neville ! Héla-t-il. Neville, il faut absolument que je te parle !

- Seamus ? S'étonna le commerçant.

- J'ai besoin d'une potion, aujourd'hui ça ne peut pas attendre, la méthode muggle serait trop longue ! S'énerva-t-il.

- D'accord, détend-toi et explique-toi. Calma Neville.

- Est-ce que tu pourrais créer une potion qui pourrait me dire de quelle partie d'un pays, avec précision, vient une particule de terre ?

- Je suppose ça ne doit pas être bien compliqué… Réfléchit-il. En tous cas pas plus qu'un sort de localisation ! Murmura-t-il pour lui-même. Oui c'est ça finalement ce n'est qu'un sort de localisation à l'état liquide ! Annonça-t-il d'un ton triomphant.

- Est-ce que tu pourrais le faire maintenant ? Insista Seamus. Il savait bien que si Malfoy appliquait le « un jour un pays » à la lettre, il ne lui restait que très peu de temps pour le débusquer.

Neville acquiesça et se mit au travail, une heure plus tard, le chaudron bouillonnait de la potion miracle.

- Voilà ! S'exclama Neville. Tu n'as plus qu'à jeter ton bout de ficelle dans le chaudron et le lieu et le nom de la ville devrait apparaître dans ce nuage rouge. Dit-il en désignant la fumée de la tête plutôt fier de lui.

Seamus s'exécuta, et une petite ville de Nouvelle Zélande apparut au cœur du nuage rouge. Le détective affichait un sourire extatique.

Il ne prit pas la peine de remercier son ami, il se saisit à la hâte de la photo de Malfoy dans son attaché case et transplana.

Il arriva dans un petit village aux abords plutôt déserts. La terre était rouge et le soleil cuisant. Il fit quelques pas et se retrouva en face d'une librairie de quartier qui semblait tomber en ruine. Il regardait partout autour de lui cherchant la silhouette de Malfoy. Son esprit ne cessait de lui répéter « un jour, un pays » Il devait forcément être ici !

Dans sa course vers la civilisation, il ne vit pas la petite fille blonde aux yeux clairs et la bouscula sans ménagement laissant tomber sa précieuse photo.

- Oh mon Dieu, je suis désolée, petite ! Est-ce que ça va ? Je ne t'avais pas vu ! S'excusa Seamus.

La petite fille, qui ne devait pas avoir plus de six ans, dévisagea la silhouette de l'homme qui venait de la bousculer et son regard fut attiré par le papier glacé luisant sous le soleil couchant.

Elle ramassa la photo, l'observa un long moment sous le regard surpris de Seamus, puis leva ses grands yeux bleus pour les planter droit dans ceux du détective :

- Toi aussi tu viens voir le Conteur ? Demanda-t-elle d'une petite voix fluette.

Seamus fronça les sourcils.

- Le… Conteur ? Répéta-t-il incrédule.

Puis la petite fille lui tendit la photo, pour lui montrer, tapotant son petit doigt sur le papier glacé.

- Nous aussi on est venu le voir ! Tout le monde aime ses histoires. Mais moi je n'aime pas le Monsieur tout en noir, Voldemort, il fait peur je trouve. Maman elle me dit que c'est des histoires mais il fait peur quand même. Tu le connais toi le Conteur ?

Seamus hocha lentement la tête. Des milliards de questions se bousculaient dans sa tête mais aucune ne semblaient vouloir franchir la barrière de ses lèvres.

- Est-ce que c'est ton ami ? Demanda la curieuse petite fille.

- Eh bien je ne sais pas si…

Mais la petite fille le coupa avant qu'il n'ait pu répondre.

- Est-ce que tu sais pourquoi il a toujours l'air triste ?

Seamus secoua la tête.

- J'espère qu'il sera content de te voir… Continua-t-elle. Est-ce que tu sais ce que c'est toi un hippogriffe ? Le Conteur en a parlé aujourd'hui.

- Dis-moi petite, il est là le… le… Conteur ? Hésita Seamus, interrompant la fillette.

- Non il part toujours après son histoire ! Vivement qu'il revienne ! S'exclama la petite un grand sourire dévoilant deux dents manquantes.

- Il va revenir ? Demanda Seamus un peu brusquement.

- Oui il revient toujours mais on ne sait jamais quand. Informa la petite. J'aime quand il vient à Noël, parce qu'il raconte son histoire avec le grand château sous la neige tout décoré et où tous les enfants sont heureux parce que à Hogwarts, Voldemort il peut pas rentrer ! Bon je dois y aller maman m'attend et puis j'ai pas le droit de parler aux inconnus !

Seamus se fit la réflexion que pour une petite fille qui n'avait pas le droit de parler aux inconnus, la fillette était bien bavarde et pas farouche pour deux mornilles !

Il eut juste le temps de la rattraper.

- Attend petite ! Est-ce que tu sais où il est parti ?

- Non on ne sait jamais où il va ! Affirma sombrement la petite.

Seamus était abasourdi par les informations que cette gamine de six ans à peine venait de lui fournir, c'était plus que tout ce qu'il avait récolté en quatre mois ! Maintenant il avait un nom, maintenant il avait des lieux où chercher et la machine se mit en place. Il se promit qu'Harry Potter aurait Draco Malfoy à Noël.

- Bonjour Seamus ! Je n'ai pas bien compris ton message je crois… C'était un peu confus… Commença Harry.

- Oui je suis désolé, je me suis un peu emballé ! Mais j'ai une piste ! Annonça-t-il fièrement en bombant le torse.

Harry avait envie de sauter partout dans la pièce et de crier par la fenêtre à quel point il était heureux. Si un jour on lui avait dit qu'il éprouverait ce genre de choses à la simple idée qu'il allait revoir Malfoy, il se serait probablement pendu.

- Explique-toi Seamus ! Pressa Harry impatient.

- Voilà, je l'ai repéré en Nouvelle-Zélande mais apparemment il ne reste jamais longtemps au même endroit, en fait jamais plus d'un jour au même endroit. Il se fait appeler le Conteur.

- Quoi ? Il a intégré la mafia ? Plaisanta Harry dans une vaine tentative pour relâcher la pression.

- Idiot ! Il semble, qu'il raconte les histoires de notre monde magique sous forme de contes pour les enfants, dans les librairies et les petites bibliothèques, enfin des petits coins assez discrets.

- Tu plaisantes Seamus ! Malfoy, conteur pour enfant ? Harry réprima un fou rire à l'idée d'un Malfoy dans toute sa splendeur puisse être entouré d'enfants, présents de leur plein grès qui plus est.

Seamus acquiesça sérieusement. Harry ne pouvait y croire ! Malfoy qui avait voulu le livrer à Voldemort le soir de la bataille, ce même Malfoy contait des histoires aux enfants…

- Bon qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Demanda Harry toujours pas remis de la surprise.

- Eh bien, je suppose que la traque va commencer. Dennis Creevey est déjà sur le coup et je vais demander à tous mes informateurs de diffuser le portrait de Malfoy le plus discrètement possible aux librairies et bibliothèques pour qu'on me prévienne dès qu'il apparait quelque part sans toutefois alerter les deatheaters en liberté. George Weasley semble avoir de bons indics !

- Tu en as parlé à George ? S'emporta Harry.

- Oui comme je te disais il a de précieux contacts…

- Noooooon ! Tu ne lui as pas dit que ça venait de moi ? Espéra Harry, une pointe de reproches dans la voix.

- Non, Harry, le secret professionnel voyons… Raisonna Seamus.

- Tu l'as brisé déjà deux fois je te signale ! Rétorqua froidement Harry. Il ne faut pas que George le sache ! Ordonna Harry.

- Il ne le saura pas ne t'inquiète pas. Rassura Seamus sans pouvoir s'empêcher de savoir en quoi cela pourrait être fâcheux si George était au courant.

- Très bien. Approuva Harry.

ooOOoo

Ce fut Dennis Creevey qui le repéra le premier et qui parvint à suivre sa trace pourtant il le manquait souvent, Draco avait l'habitude de brouiller les pistes et force était de constater qu'il faisait ça très bien, pourtant Dennis avait pu le retrouver un certain nombre de fois. C'était le seul susceptible de ne pas être reconnu par Malfoy et il avait eu l'occasion d'écouter une ou deux histoires du Conteur.

Seamus tentait de diffuser sa photo dans toutes les librairies et bibliothèques les plus reculées du monde mais le monde était vaste et il avait appris que certaines personnes semblaient incorruptibles, heureusement pour lui, d'autres étaient plus que promptes à briser le secret pour quelques galleons gracieusement fournis par Harry.

Comme dans cette petite librairie de l'état de Louisiane aux Etats-Unis, où Dennis avait pu repérer le Conteur. Dennis pour sa part élaborait un circuit des destinations empruntées par Malfoy espérant en déduire un parcourt logique mais pour le moment, il était évident que Malfoy choisissait ses destinations au hasard.

Draco Malfoy était assis sur un petit tabouret de bois, il avait ôté sa cape et contait son histoire devant les yeux émerveillés d'une dizaine d'enfants répartis autour de lui sur de moelleux coussins de couleur brune. Leurs grands yeux brillaient de mille éclats lorsqu'ils se posaient sur le Conteur et leurs visages rayonnaient à l'annonce d'une nouvelle histoire. Les enfants étaient un excellent public, tremblant de peur lorsqu'il le fallait, éclatant de rire si nécessaire, versant même quelques larmes 

parfois. Le Conteur ne narrait pas seulement ses histoires, il les vivait et les partageait avec son public et les enfants étaient captivés par sa fougue.

- … Mais le balafré devait encore détruire cet horcrux, il ne pouvait pas perdre de temps en sauvant ces deux camarades… Cruel dilemme, que devait-il faire ? Perdre l'horcrux et précipiter le monde sorcier dans les mains du Mage Noir en plongeant pour sauver ses camarades ou sacrifier deux âmes insignifiantes pour sauver le monde et instaurer la paix dans le royaume ?

- Oui, en plus que les caramades, ils étaient pas gentils… Observa un petit garçon qui ne devait pas avoir plus de quatre ans.

- C'est vrai, acquiesça Draco d'un sourire. Pourtant, au péril de sa vie et de celle du monde, le balafré fendit l'air bravant les flammes incandescentes, défiant le mal et ses propres démons, il plongea sur son magnifique balai volant pour récupérer les deux garçons suffoquant sur la pierre froide de cette salle maudite… Draco accompagnait chaque histoire d'amples gestes et de descriptions précises permettant aux enfants d'apprécier la scène, poussant même quelques halètements d'angoisse.

- Mais le balafré c'est le héros hein donc il peut pas mourir ? Demanda un petit garçon une lueur d'inquiétude dans les yeux.

- Oui, Draco se racla la gorge et ricana, c'est le héros mais il n'était pas seul, tu sais, le héros a toujours son meilleur ami près de lui, un peu comme le prince et son fidèle destrier.

- C'est quoi un desrier ? Demanda un jeune garçon depuis un angle reculé de la pièce.

Draco sourit.

- Un destrier. Corrigea-t-il d'une voix douce. C'est un cheval. Un grand et noble cheval, un de ceux qui n'appartiennent qu'au héros.

- Alors le meilleur ami du balafré c'est un cheval ? Demanda une autre petite voix.

Le regard du Conteur s'assombrit un instant et Malfoy fit une pause, les yeux un peu vides, légèrement brumeux comme s'il tentait de dissiper ce voile obscur de devant ses yeux vacants. Il fut sorti de ses songes par la main minuscule d'une petite fille qui se posa sur la sienne en lui murmurant :

- Comment il était son meilleur ami Monsieur le Conteur… ?

Les yeux de Draco transpercèrent cette petite fille si bien qu'elle dut baisser les yeux et que de petite perles translucides s'échappèrent et roulèrent sur ses joues. Persuadée d'avoir dit une bêtise, un mot de plus l'aurait probablement faite éclater en sanglot.

Draco soupira et lui prit la main. Il sécha ses larmes de ses pouces et consentit à lui répondre :

- Il était… - Il prit le temps de peser chaque mot, y réfléchit consciencieusement avant de se décider - trop grand, trop roux, trop impulsif, trop pauvre, trop timide, trop vantard, trop agressif, il avait des yeux trop bleus je crois… il hésita un instant… toujours trop présent, bien trop présent. Puis Draco se perdit dans ses souvenirs, bien trop loin lorsqu'une autre voix le ramena :

- Mais si il était trop tout ça, il était pas gentil… ?

Draco lui sourit.

- Je n'ai jamais su s'il était gentil mais il était fort et très courageux…

- Ben oui parce qu'il était le meilleur ami du héros alors c'était comme un héros aussi. Conclut la petite fille sans appel, sa minuscule main toujours sur celle pâle et fine du Conteur.

Draco hocha la tête. Mais avant qu'il ne puisse ouvrir la bouche, la voix d'une autre petite fille d'éleva :

- Pourquoi il n'y a pas de princesse dans tes histoires ?

Le regard de Draco était toujours perdu dans le néant lorsqu'il répondit :

- Il y avait une princesse, une magnifique princesse… Elle aimait si fort le prince qu'elle l'épousa et lui donna un fils, un prince, un Prince de Glace et elle devint reine de son château. Expliqua Draco.

-Est-ce qu'elle était belle ? Demanda-t-elle encore.

- La plus belle de toutes, elle avait de longs cheveux blonds et des yeux gris comme l'orage, ou bleu comme le ciel, tellement profonds, elle était la grâce incarnée, même les dieux s'inclinaient devant elle…

- Pourquoi le prince il était en glace ? Interrogea suspicieusement un petit garçon.

Draco retint un éclat de rire avant de répondre :

- Il n'était pas en glace mais, il avait les yeux presque translucides comme la glace et il était froid, inaccessible et impitoyable alors ses camarades l'avaient surnommé le Prince de Glace.

- Il avait des méchants caramades alors ! Trancha une petite voix ferme.

- Et qu'est-ce qui s'est passé avec la princesse ? Interrompit encore la petite fille.

Le conteur soupira profondément, il aurait dû raconter l'histoire de l'hippogriffe, il glissait irrépressiblement vers un terrain dangereux duquel il n'était pas certain de pouvoir revenir.

- La princesse a posé la main sur le cœur du balafré alors que tous les serviteurs de Lord Voldemort étaient persuadés qu'il était mort…

- Et est-ce qu'il était mort le balafré ? Demanda-t-elle encore d'une voix inquiète.

- Non, il n'était pas mort mais elle a dit au Mage Noir qu'il l'était… Continua Draco d'un ton angoissé.

- Pourquoi ? S'indigna la petite. Le Mage pouvait la punir pour avoir menti ! Comme il a puni le Maître des Potions quand il lui a désobéi ! Observa intelligemment une autre petite fille.

- Pour sauver le Prince de Glace, répondit-il encore, parce qu'elle l'aimait très fort… La gorge de Draco se serra impitoyablement.

- Alors la princesse est une héros aussi… ?

- Oui. Souffla Draco. Une grande héroïne…

- Et où est-ce qu'elle est la princesse maintenant ?

Les yeux de Draco se voilèrent une nouvelle fois. Ses yeux brillaient fort, il secoua la tête et reprit d'un ton plus enjoué.

- Elle vit très heureuse avec le roi et le prince dans un magnifique château surplombant la plus belle des collines. Voilà les enfants, l'histoire est terminée. Acheva-t-il plus brusquement qu'il ne l'aurait voulu.

A ce moment, peu lui importait de savoir qu'il avait modifié la fin de l'histoire et peu lui importait de savoir que la princesse croupissait dans la cellule d'une prison maudite, parce qu'à cet instant, il voulait juste croire que le Prince de Glace vivait heureux dans son château sur sa colline entouré du roi et de la reine qui l'aimaient tant, oui il voulait juste croire parce que c'était bon.

Un murmure de protestation s'éleva dans l'air mais le Conteur était déjà parti, pour une autre ville, un autre conte, une autre fuite.

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Plusieurs mois s'étaient écoulés et Dennis avait perdu la trace de Malfoy. Seamus désespérait de ne jamais plus entendre parler de lui, il avait même renoncé à rendre visite à Malfoy sénior, ses visites ne lui apportant plus rien, il arrivait toujours trop tard, le Conteur quoiqu'il fasse se volatilisait toujours et il commençait à douter fortement de l'intégrité de ses contacts, à mesure que le mois de décembre approchait, Harry se faisait plus pressant. Presqu'un an qu'il traquait le deatheater sans relâche. Harry souffrait les nuits sans sommeil pour son ennemi, les visites impromptues au bureau du détective ne lui apportaient rien et il commençait à s'impatienter.

Jusqu'à ce matin de décembre, une semaine avant Noël, Seamus avait reçu ce coup de téléphone salvateur.

De ce qu'il avait saisi de cet appel, Neville avait dirigé un de ses clients, un certain Thorfinn Rowle, vers la boutique de George parce qu'il ne possédait pas l'ingrédient nécessaire à la potion que désirait concocter le deatheater, ce même deatheater était, semble-t-il, le petit ami de Dennis Creevey, et ils vivaient tous deux dans le Londres muggle pour ne pas attirer l'attention sur eux, en faisant quelques recherches à la bibliothèque à deux pas de chez eux, Thorfinn avait surpris une conversation plus qu'intéressante entre la libraire et un certain « Conteur » et alors même que Thorfinn en discutait innocemment avec son petit ami, la libraire avertissait George que l'homme qu'il recherchait serait dans sa librairie l'après-midi même.

La libraire avait avoué à George que le Conteur lui avait promis de revenir à Noël parce qu'il aimait l'atmosphère de fête du Londres muggle mais elle ne savait jamais à l'avance quand le Conteur ferait son apparition.

Ce fut donc un George extatique qui appela Seamus aux premières heures de la matinée.

Seamus contacta sur l'instant Harry, qui ne croyait pas sa chance, une semaine avant Noël, il avait perdu l'espoir.

Et c'est ainsi que Seamus se trouvait actuellement dans son bureau, tentant vainement de raisonner le survivant.

- C'EST IMPOSSIBLE HARRY !! Beugla-t-il pour la troisième fois depuis trois minutes.

- Il faut que j'y aille ! Plaida Harry. C'est notre dernière chance avant Noël !

- C'est hors de question, c'est bien trop dangereux ! Contra Seamus.

- Je suis aurors Seamus ! Protesta Harry.

- Justement. Qu'est-ce que tu vas faire, Harry ? Demanda-t-il sur un ton de défi. Salut les enfants, ne bougez plus cet homme que vous adorez est un deatheater dangereux, expelliarmus, obliviate ? Ironisa Seamus. C'est ridicule Harry ! Tu vas mettre en danger notre monde et comment crois-tu que Malfoy réagira quand il te verra en face de lui ? Tu crois qu'il va t'asseoir sur ses genoux et te lire un merveilleux conte de noël ??

Harry eut un bref frisson de dégoût en pensant aux genoux de Malfoy mais se reprit rapidement.

- Sois sérieux Harry, il y a beaucoup de muggles là-bas et des enfants qui plus est. Et Draco n'attendra pas de savoir ce que tu auras à lui dire, il transplanera sur le champ ! Et cette fois on le perdra pour de bon, parce qu'il ne se fera plus avoir !

Harry inspira profondément.

- Il faut que j'essaie Seamus, je n'en peux plus…

Harry avait physiquement l'air épuisé mais Seamus gageait qu'il y avait plus qu'il ne lui disait pas.

- … et si j'utilisais du polyjuice ? Il ne me reconnaîtrait pas. Ou je le stupefixe et j'efface la mémoire des enfants ensuite…



- Harry… Raisonna Seamus. Tu es auror, tu sais que tu ne peux pas faire ça !

- Il faut que je fasse quelque chose, je suis désolé Seamus mais c'est important. Je t'ai engagé pour le retrouver, tu l'as fait, je te paierai ce que je te dois, ton travail est terminé… Annonça Harry laconiquement.

- Alors on en est là ? Questionna Seamus incrédule.

- Je suis désolé Seamus… Donne-moi l'adresse. Reprit-il plus fermement.

Seamus songea une seconde à ne pas lui donner mais il savait qu'Harry avait raison. Son travail était terminé désormais. Il tendit à Harry l'adresse de la petite librairie de quartier et Harry s'engouffra dans le couloir.

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