Le Conteur
Genre: je suis pas très sûre…
Pairing: je suis pas très sûre non plus!! LOL Normalement RW/DM
Rating: M tardif
Disclaimer: Tous les persos présents dans cet OS sont à JKR exceptés Tom, Robert, la libraire et les mioches…
PS: j'ai pris certaines libertés concernant Thorfinn et Laura qui appartiennent eux aussi à JKR.
Note de l'auteure 1 : C'est un cadeau pour Ham, un cadeau de Noël... très, très, très en retard... A la base c'est un OS mais finalement ce sera une fic courte. Les personnages principaux apparaissent relativement tardivement...
Note de l'auteure 2 : Pour les prénoms, veuillez prononcer Agnès : Ague Nesse. Merci.
Note de l'auteure 3 : J'ai mis la traduction de certains mots entre parenthèses.
Note de l'auteure 4 : Merci pour toutes vos reviews, ce n'est pas un pairing courant et c'est un bonheur d'avoir vos impressions. J'espère que ce chapitre vous plaira…
Chapitre 4
Il guettait depuis le coin de la rue depuis quelques minutes déjà, ses réflexes d'aurors aux aguets, il n'avait eu aucun mal à repérer la petite librairie isolée, une pancarte de taille généreuse indiquait à l'entrée que le Conteur les gratifiait d'une visite exceptionnelle.
Le cœur d'Harry n'avait jamais battu si vite en mission, il était pourtant si familier avec les décharges d'adrénaline pulsant dans ses veines envoyant de sourdes décharges à son cœur alors qu'il s'approchait sans bruit de sa proie mais aujourd'hui, il sentait bien que c'était un autre type de mission qu'il effectuait, il se disait qu'il fallait absolument que son stratagème fonctionne, il le devait à son ami, il n'avait pas réellement songé à ce qu'il allait dire à Malfoy mais uniquement à un moyen de pression. C'était la manière dont il fallait procéder avec ce genre d'individu, constata-t-il sombrement.
Il avança jusqu'à l'entrée de la boutique, revêtu d'une longue cape à capuchon, ironisant intérieurement qu'il n'avait jamais autant ressemblé à un deatheater en mission qu'aujourd'hui.
Il fut légèrement irrité par le tintement de la petite clochette lorsqu'il franchit la porte mais personne ne se retourna.
La scène était surréaliste. Draco Malfoy, Prince de Glace, slytherin et deatheater à la marque aussi sombre que l'âme qui la lui avait gravée à même la chair, était assis sur le sol de la vieille bibliothèque entouré d'enfant aux yeux brillants d'admiration, ses longs cheveux blonds chatouillaient ses épaules et sa voix douce se répercutait fièrement sur les murs peu solides du local exiguë, pas une once d'arrogance dans cette voix s'adressant aux petits si ce n'est cette allure aristocratique qui ne l'avait pas quittée.
Et le Conteur ouvrit la bouche, dans un silence sépulcral.
- Hogwarts était toujours merveilleux à Noël. La neige recouvrait le parc et sa pelouse, les tourelles du château et les manteaux des élèves mais aussi la cabane du vieux garde chasse.
- Le garde chasse, c'est Hagrid ! Interrompit la voix d'une petite fille aux longs cheveux bruns.
- Oui même que c'est un géant ! Affirma un autre garçon.
Draco sourit, les enfants aimaient toujours ses histoires. Ils en connaissaient chaque personnage à présent que ce soit aux confins des villages les plus retirés du Chili ou en pleins cœur des ruelles crasseuses du Londres muggle. Il ne pouvait s'empêcher de penser que grâce à ces têtes blondes, il avait enfin une place, une place à lui, qu'il s'était créée seul, pas une place imposée d'autorité, pas une place qu'il devait à sa réputation, pas une place achetée par ses biens, mais quelque chose qu'il avait fabriqué, construit, forgé, lui, pour lui et c'était en quelques sortes sa pénitence.
Harry de son côté eut un pincement au cœur en repensant au demi-géant qu'il ne visitait plus très souvent, il se fit alors la promesse que dès que toute cette histoire aurait pris fin, il passerait chez Hagrid.
- Tout est magique à Noël à Hogwarts et les sapins aussi… les petits sujets chantent toujours ses chants de Noël, les boules changent de couleur selon l'humeur des étudiants qui passent devant, parfois l'ange et l'étoile sur la cime des sapins se rejoignent et dansent sur une mélodie que personne ne connait avant de reprendre leur place sur la pointe épineuse. Et le repas est toujours merveilleux. Pleins de desserts et de surprises. Et à la lueur des bougies, le regard du vieux directeur s'illumine et devient un brin malicieux. Et ça ne présage jamais rien de bon… surtout lorsqu'il a son chapeau en papier sur la tête, celui qu'on trouve dans les crackers de Noël enchantés.
- Est-ce que c'est toujours le Nain qui décore les sapins ? Demanda un garçon d'une dizaine d'année un poil arrogant.
Draco sourit. Il reconnaissait bien ce ton, c'était celui qu'il employait lorsqu'il parlait du Professeur Flitwik, un peu supérieur, un peu hautain…
Décidément, Malfoy n'avait pas changé, il affublait toujours les gens qui l'entouraient de misérables surnoms, pourtant Harry avait l'étrange sensation que ce surnom raisonnait presqu'affectueusement et avait perdu tout le mépris et l'arrogance avec lesquels il avait jadis été employé.
Puis la nostalgie s'empara de tout son être alors qu'il revivait les Noëls à Hogwarts à travers les histoires de Malfoy, sa maison, son foyer, il n'avait découvert le sens magique de cette fête qu'à Hogwarts au cœur de ses lumières et de ses banquets somptueux, il avait aimé Noël pour la première fois entre les vieux murs de pierre de cette impressionnante bâtisse. Et la magie avait alors revêtu un tout autre sens.
- Le professeur Flitwik décore toujours le sapin du grand Hall. Ajouta Draco. Et il fait voltiger les décorations d'un seul et même sort alors que Peeves essaie toujours désespérément d'exploser les décorations de petits cailloux avant qu'elles n'ornent le majestueux sapin du Grand Hall. Et puis Peeves a toujours de mauvais tours à jouer à Noël !
- Dîtes, Monsieur le Conteur, qu'est-ce que tu voudrais pour Noël ? Demanda une toute petite fille d'une voix timide.
Le regard de Draco s'assombrit considérablement et tous les enfants, même s'ils ne firent aucun commentaire, ne purent que noter que les yeux du Conteur brillaient anormalement fort.
Harry attendit la réponse avec une certaine impatience mêlée d'appréhension et sur l'instant il se demandait ce que pouvait bien souhaiter Malfoy dans sa présente situation.
- Remonter le temps… Avoua-t-il dans un souffle.
- Comme le balafré quand il a sauvé le…
Le petit garçon hésita un instant, semblant chercher les mots exacts employés par le Conteur lors d'une précédente histoire.
- … sale chien traître à son sang de Black…
Harry émit un hoquet étranglé sous le choc d'entendre une telle insulte dans la bouche d'un innocent petit garçon puis se surprit à sourire, ignorant complètement comment Malfoy avait pu avoir connaissance de ses agissements en troisième année, pensant que certaines choses resteraient immuables, il devait bien avouer qu'au milieu de tous ces enfants, racontant ce qui avait été une partie de sa vie, les insultes de Draco n'avaient plus la même signification, elles devenaient, s'avoua-t-il à contre cœur alors que Draco s'installait plus confortablement sur le sol, attendrissantes.
Draco ricana puis fut prit d'une légère quinte de toux. Il rougit imperceptiblement.
- Oui, en fait c'était le parrain du balafré. Annonça-t-il plus sobrement.
La bouche d'Harry s'ouvrit une nouvelle fois indigné à l'emploi du surnom honni et pourtant si familier. Ce qu'il ne nota pas pourtant c'était que le surnom avait tout perdu de sa morgue et de son mépris, il ne restait qu'un mot parmi d'autres, il n'était presque que son nom…
Draco fit une brève pause et continua son histoire.
- Ce que je n'ai jamais dit c'est que parfois, le Prince de Glace enviait le balafré…
- Ca veut dire quoi envier ? Interrogea un petit garçon roux d'à peine six ans.
- Ca veut dire qu'il était jaloux… Lui répondit une autre petite fille d'un air qui assurait l'assistance qu'elle savait tout des mystères de la vie.
- Parce qu'il avait un firebolt (éclair de feu) ? Questionna le rouquin.
Draco rit tendrement et l'attention d'Harry redoubla alors qu'il se souvenait avec précision de la réaction de Malfoy lorsque Sirius lui avait envoyé son firebolt.
- Non, parce qu'il avait des amis merveilleux. Souffla Draco comme s'il ne voulait pas qu'on l'entende.
- Oui le meilleur ami du héros, j'aime bien cette histoire ! Affirma une petite fille. Raconte-là encore s'il te plaît.
- Ce n'est pas vraiment une histoire de Noël… Observa Draco.
- Ben si quand le Prince de Glace l'a surpris avec Granger dans la neige ! Répliqua un autre garçon qui n'avait pas encore ouvert la bouche.
Draco soupira et Harry ricana lorsqu'il entendit le petit prononcer le nom de sa meilleure amie avec le même dédain qu'y mettait autrefois Malfoy puis rit de plus belle lorsqu'il se souvint de la tête que Malfoy avait tirée lorsqu'il lui avait joué ce tour dans la neige somme toute assez slytherin.
- D'accord. Accepta finalement Draco. Le Prince de Glace se trouvait sur un chemin perdu du parc, il pensait à Noël, il avait toujours aimé Noël, ce qu'il avait toujours préféré par-dessus tout, et même par-dessus les cadeaux, il fit un clin d'œil aux enfants, c'était les odeurs de noël…
- Comme l'odeur des marrons ? Proposa une petite brune.
- Oui et celle du pudding, du feu de bois, du sapin frais qui embaume son château la veille de Noël. Alors qu'il se promenait dans la forêt, ses deux amis l'avaient rejoint.
- C'était Crabbe et Goyle ! Je m'en rappelle parce que Crabbe il est mort pendant la bataille avec Voldemort quand le balafré il a pris le Prince de Glace sur son balai ! Observa une petite fille d'une huitaine d'année.
La mine de Draco s'assombrit lorsqu'il se remémora la douleur de perdre un ami, car quoiqu'il en pensât, Crabbe avait été un ami, audacieux et ambitieux le dernier jour mais loyal et fidèle sa vie durant.
Et Draco poursuivit alors qu'Harry suivait la scène avec intérêt. Il fut surpris d'entendre de la bouche de Malfoy les faits tels qu'ils s'étaient réellement déroulés alors qu'il s'était plutôt attendu à ce qu'il déforme la vérité pour en ressortir tel le héros qu'il n'avait jamais été mais les faits étaient là, dans la bouche de la fouine, sans aucun artifice exceptés ces surnoms qui raisonnaient presque tendrement dans la bouche de son ennemi.
- … il a trouvé Granger et le meilleur ami du héros. Poursuivit Draco.
- Comment il s'appelle ? Demanda un garçonnet.
- Ron… Souffla-t-il avec ce qui semblait être de la tendresse.
- Ben je croyais que c'était Weasle (la belette ou Weasmoche… mais littéralement la belette) ? Protesta la fille-qui-savait-tout-des-mystères-de-la-vie.
- Oui c'est Weasle… Rectifia-t-il précipitamment alors qu'Harry souriait d'entendre le nom de son meilleur ami pour la première fois dans cette bouche qui avait proféré tant d'horreur.
Et Harry l'écouta narrer ce morceau de leur vie dont il se rappelait chaque instant sans aucune honte ni embarras de la part de Malfoy, il conta la façon dont Harry l'avait humilié dans la neige devant ses deux meilleurs amis pour protéger les siens sous les rires joyeux des enfants dont les yeux brillaient d'excitation dès que Draco prononçait le mot neige, puis l'histoire touchant presque à sa fin, Harry se dit que l'instant était arrivé, il ôta théâtralement son capuchon et brandit sa baguette sans vaciller :
- Ne bouge plus Malfoy ! Intima-t-il gravement le tenant en respect de sa baguette du bout de la pièce.
Un hoquet de stupeur parcourut la petite assemblée et Draco leva les yeux et se figea, il se releva brusquement, se plaçant instinctivement devant les enfants, écartant légèrement les bras comme s'il érigeait une barrière protectrice.
Harry ne put s'empêcher de s'amuser de cette réaction, le monde avait basculé dans la folie : comme si lui, Harry Potter, aurait pu lever la main sur un quelconque enfant et comme si Draco Malfoy s'était fait un devoir de les protéger.
La porte d'entrée s'ouvrit dans un grand fracas et Seamus apparut.
- Harry ! Arrête ! C'est plein de muggles ici !
Draco restait figé, partagé entre son besoin de transplaner pour sauver sa peau, celui de protéger ces adorables enfants et celui de réduire le balafré en bouillie. Il sortit sa baguette et la brandit devant lui.
- Ecoute ton ami mudblood (sang-de-bourbe), Potter et retourne d'où tu viens ! Cracha-t-il méprisant.
Harry fut décontenancé l'espace d'un instant, le timbre de voix de Malfoy avait considérablement changé, il était dur et empli de mépris, tandis que la libraire s'extasiait :
- Monsieur le Conteur, c'est merveilleux ! Pourquoi ne pas m'avoir prévenu que vous projetiez cette représentation…
Draco voulant se faire rassurant pour les enfants entra dans le jeu :
- L'effet de surprise ma chère… Commenta-t-il avec une pointe d'arrogance.
Puis le murmure des enfants s'éleva dans la pièce alors que les deux ennemis se fusillaient du regard.
- Regarde, il a une cicatrice en forme d'éclair comme le balafré… Chuchota un petit garçon.
- Alors c'est un héros ! Lui répondit logiquement une petite fille.
- Mais il veut faire du mal au Conteur avec sa baguette alors c'est pas un héros… Murmura une autre petite fille.
- Et puis le Conteur il a dit que le meilleur ami du balafré, il est roux… observa un petit garçon très justement. Et lui, il est pas roux ! Constata-t-il en pointant Seamus du doigt.
Au cœur de ses intenses réflexions et des regards chargés d'une haine tenace et légendaire qu'échangeaient les deux jeunes hommes, l'atmosphère s'était gelée, et la scène se cristallisa d'elle-même lorsqu'une une petite fille d'à peine trois ans se leva et entoura fermement la jambe de Draco de ses deux minuscules petits bras et demanda d'une petite voix fluette :
- Est-ce que tu vas tuer le Conteur, Monsieur le balafré ?
Les yeux d'Harry s'écarquillèrent d'horreur lorsque la petite fille lâcha la jambe de Draco et vint se placer juste devant lui en écartant ses deux petits bras et en disant d'une voix ferme :
- Parce que je te laisserai pas faire !
Harry resta interdit et un long silence pesant s'installa dans la pièce, la libraire avait les yeux émerveillés croyant pertinemment qu'il s'agissait d'une représentation alors que le cœur de Seamus battait à tout rompre priant pour qu'Harry ne fasse rien de répréhensible. Harry, lui avait l'esprit vide, comment ce perfide petit imposteur pouvait générer tant d'admiration chez ces petits êtres innocents ?
Puis il se secoua finalement lorsque la voix de Malfoy s'éleva :
- Qu'est-ce que tu vas faire Potter ? Demanda-t-il en se replaçant devant la petite. Tu vas me tuer devant ces enfants ? Vas-y, lance-moi l'avada, le Ministère sera ravi d'avoir à couvrir un scandale médiatique la veille de Noël.
- Ca fait des mois qu'on te cherche Malfoy ! Esquiva Harry.
- Et bien, tu devras encore attendre quelques mois pour me faire la peau Potter ! Je n'ai pas l'intention de me rendre ! Affirma Draco.
- Et qu'est-ce que tu vas faire ? Transplaner devant tous les muggles ? Défia dangereusement Harry.
- Ne me tente pas ! Menaça froidement Malfoy.
Harry se reprit, il n'était pas là pour se battre avec son ennemi de toujours, il n'avait pas bravé tous ces mois de recherches pour voir ses efforts réduits à rien. Il inspira profondément puis se décida :
- Je suis là pour te proposer un marché.
- Vraiment ? Demanda ironiquement Draco. Quel genre de marché ? J'accepte de baisser ma baguette et tu me tueras sans me torturer ?
Le visage d'Harry se crispa.
- Non. Rétorqua-t-il fermement s'empêchant visiblement de perdre son calme. Mais je sais à quel point tu meurs d'envie de revoir tes parents…
Il laissa sa phrase en suspens pour en apprécier toutes les répercussions qui ne se firent pas attendre alors que le visage de Draco se décomposait.
- Je refuse d'aller à Azkaban ! S'emporta Draco.
- Je ne comptais pas t'y envoyer. Protesta encore Harry. Personne ne sait que je te recherche à part quelques rares amis… je n'ai pas fait tout ça pour te nuire, crois-le ou non !
- Non je ne le crois pas ! Asséna Malfoy sans surprise.
- N'abuse pas de ma patience Malfoy, mon offre a une durée limitée dans le temps ! Prévint Harry.
- Et qu'est-ce que tu voudras en échange hein ? Demanda hargneusement Draco.
- Je…
Et d'un coup, sa requête lui apparut bien stupide.
- Je voudrais que tu passes la soirée de Noël avec moi !
Un rire tonitruant retentit dans la petite librairie de Londres.
- Ne te fiche pas de moi Potter ! Tu vas me vendre aux aurors à la première occasion ! Contesta Draco une fois remis de son fou rire dément.
- Non ! Se défendit Harry. Ecoute Malfoy libre à toi de me croire ou non, mais voici les termes du marché : je t'emmène voir tes parents à Azkaban, tu passes la soirée de Noël avec moi et tu es libre, je te relâche.
Draco renifla avec dédain.
- Où est le piège ?
- Il n'y a pas de piège !
- Alors dis-moi le bala… Potter, se reprit-il en croisant le regard d'un enfant, pourquoi le grand Harry Potter voudrait passer la soirée de Noël avec moi ? Qu'est-ce que ton esprit pervers et dépravé a encore imaginé !
Harry écarquilla les yeux d'horreur au sous entendu.
- T'es un grand malade Malfoy ! S'exclama-t-il nauséeux. Sache que je ne passe jamais la soirée de Noël seul !
Cette fois ce fut Draco qui prit un air dégoûté.
- C'est toi le grand malade Potter !
- Ecoute Malfoy, tu viens à cette soirée de Noël et je t'emmène voir tes parents et tu n'entendras plus jamais parler de moi, décide-toi, maintenant ou je te conduis à Azkaban et tu auras tout le loisir de voir tes parents jusqu'à la fin de ta vie depuis l'intérieur d'une cellule ! S'emporta Harry.
Draco sentit une petite main tremblante se serrer très fort dans la sienne et ce fut ce qui l'incita à mettre fin à la petite joute verbale.
- Très bien Potter mais à une condition.
- Je t'écoute. Je garde ma baguette et à la moindre entourloupe de ta part, je n'hésiterai pas.
Harry soupira.
- Marché conclu !
Le moment était surréaliste, Malfoy avait accepté de passer Noël en compagnie d'Harry Potter.
- Maintenant Potter, remet ton capuchon et baisse ta baguette, je te suivrais.
Harry obtempéra, un peu nerveux. Puis Draco se tourna vers les enfants et la libraire levant sa baguette :
- Obliviate ! Lança-t-il rapidement avant de se rasseoir.
Les enfants se prirent la tête entre leurs petites mains un peu étourdis des suites du sort et Draco en profita :
- Et c'est ainsi que le Prince de Glace se précipita en courant vers le château, persuadé d'avoir été la victime d'un esprit malfaisant ! Voilà les enfants, l'histoire est terminée pour aujourd'hui.
Un murmure désapprobateur se fit entendre puis une petite voix timide s'éleva au dessus des autres :
- Quand est-ce que tu vas revenir Monsieur le Conteur ?
- Bientôt petite, bientôt.
Draco remit élégamment sa cape, remercia la libraire qui le paya généreusement et inclina la tête vers Harry, signal qu'ils pouvaient y aller.
- Met ton capuchon, avertit Harry, les aurors patrouillent ce coin aujourd'hui, je ne veux pas risquer qu'on se fasse prendre.
Malfoy eut un sourire ironique et Harry sut qu'il ne le croyait pas, il était persuadé qu'il allait le vendre aux aurors ou le transférer directement à Azkaban, alors pourquoi avait-il accepté de le suivre ?
Seamus leur emboîta le pas alors que Harry veillait à ce que Draco reste près de lui, il n'avait pas confiance non plus.
- Qu'est-ce que tu comptes en faire ? Demanda Seamus une pointe d'inquiétude dans la voix.
- Ne parle pas de moi comme si je n'étais pas là Finnigan ! Interpela Draco.
- Justement Seamus, je me disais que… enfin, je ne peux pas l'emmener chez moi tu comprends…
- Oui Ron le tuerait c'est sûr !
Harry eut un petit sourire énigmatique que Seamus n'interrogea pas.
- Eh bien, peut-être qu'il pourrait… tu sais… juste quelques jours… jusqu'à Noël… loger chez toi… ? Termina Harry dans un souffle qu'il espérait que Seamus n'aurait pas entendu.
- Pas question Harry ! Cho ne sera jamais d'accord ! Et puis c'est Malfoy bon sang ! Protesta vigoureusement le détective.
- Finnigan ! Je suis toujours là ! Répliqua férocement Draco.
- Mais peut-être Neville…
- QUOI ?? Plutôt crever Potter ! Je te préviens ! Eructa Draco.
Harry soupira, il ne voyait pas où le jeune homme pourrait loger…
- Attend ! Interrompit Seamus. Je crois que j'ai trouvé ! Mais il faut qu'on aille tout de suite à Azkaban !
Ni Harry et ses réflexes sur développés ni Seamus et ses talents de détective ne virent Draco dégainer sa baguette et la pointer sur eux sans merci.
- Je savais bien que ta proposition n'était pas nette Potter ! Tu ne m'auras pas ! S'écria Draco bondissant souplement en travers de leur chemin.
Harry, abasourdi, tenta tout de même de calmer Malfoy.
- Relaxe Malfoy ! Je ne sais même pas de quoi parle Seamus.
Le regard de Draco vacilla quelques instants alors que ses iris de mercure voyageaient de l'un à l'autre sans que toutefois il n'abaisse sa baguette.
- Explique-toi Finnigan ! Intima Draco.
Et Seamus poussa sa chance :
- Pas avec ce truc pointé sur moi dans une rue muggle ! Asséna-t-il.
Draco fit mine de réfléchir quelques secondes puis abaissa sa baguette de moitié, jetant un œil alentour, il n'obéirait jamais à un sang mêlé.
Seamus voulut protester mais Harry lui lança un regard lui signifiant qu'il ne devait pas aller trop loin.
- Bon, accepta Seamus, je connais relativement bien l'un des gardiens de Azkaban…
Le regard de Draco changea et des ridules s'imprimèrent sur son front sous l'intense concentration.
- … donc si Malfoy doit aller voir son père en douce, poursuivit Seamus pour Harry, ça peut servir et peut-être que si on lui expliquait la situation quelle qu'elle soit, adressa-t-il une fois à Harry, il accepterait de le loger quelques jours…
Puis Seamus se tourna vers Draco :
- Tom est quelqu'un de formidable et il a trois enfants, si jamais tu touches à un cheveu de sa famille Malfoy, je te traquerai pour t'exterminer en personne ! Menaça Seamus.
- Ooouuuh, J'en tremble déjà ! Se moqua Draco.
- Il n'a rien fait à ces enfants Seamus, je doute qu'il fasse quelque chose à ceux-là ! Reste à savoir si Tom acceptera…
- Et bien, il m'estime beaucoup… Draco émit un son ressemblant à se méprendre à une marque d'indignation… alors peut-être que si toi tu venais avec moi, il ne pourrait pas nous dire non…
- J'imagine que c'est faisable… Acquiesça Harry, une moue dubitative sur les lèvres.
- Bien, ne perdons pas de temps, Tom finit son service dans une heure…
- Finnigan, est-ce tu… tu n'aurais pas des… Argh ! C'est ridicule ! Se morigéna Draco.
Seamus afficha un sourire narquois qui ne lui ressemblait guère, Draco voyait bien qu'il jubilait mais Harry était persuadé qu'il ne céderait rien avant que les mots ne traversent les lèvres de Malfoy. Cependant c'était mal le connaître, Harry savait bien que l'orgueil de Malfoy dépassait toute
mesure : il ne le demanderait jamais même si l'envie lui brûlait littéralement la gorge, alors Harry donna un léger coup de coude à Seamus, il avait pitié quelque part et Seamus ouvrit donc la bouche.
- Tes parents vont bien Malfoy, ton père est plus méprisant que jamais et ta mère… et bien je dirais que même en prison elle se prend pour une princesse ! Assura Seamus.
Draco ne put réprimer un sourire. Il envoyait ces paquets à ses parents mais il n'avait jamais rien en retour, ses parents auraient très bien pu être morts sans qu'il n'en sache rien et le fait de les savoir en vie était un réel soulagement pour lui.
Ils trouvèrent une ruelle déserte et s'apprêtèrent à transplaner vers la prison quand Harry tendit son bras à Draco.
- Hors de question que je te touche Potter !
Les yeux d'Harry s'écarquillèrent.
- Ne fais pas l'enfant Malfoy ! Rabroua Harry. Je ne suis pas idiot ! Qu'est-ce qui me dit que c'est bien à Azkaban que tu transplaneras si je te laisse transplaner seul !
- Je t'ai donné ma parole non ? S'indigna Draco.
- Pour ce qu'elle vaut…
Draco fit volte face, Harry échappa de peu à un sort plus que douloureux. Seamus avait agrippé Draco et avait transplané sans ménagement.
Lorsqu'ils arrivèrent à la prison, Tom était encore là. Il semblait occupé à remplir un rapport et leva son regard étonné vers ses visiteurs.
- Monsieur Finnigan ? Son visage s'éclaira, il appréciait sincèrement le détective.
- Salut Tom. Répondit Seamus.
- Monsieur Potter, quel honneur ! S'exclama le gardien.
Il se leva promptement et serra chaleureusement la main d'Harry alors que Draco levait les yeux au ciel visiblement agacé. Harry avait toujours monopolisé l'attention, c'était indéniable.
Puis le regard de Tom se trouva attiré vers le troisième homme.
- Vous l'avez trouvé ? S'adressa-t-il à Seamus.
Draco soupira.
- Je suis juste là.
Harry ne put réprimer un sourire. Draco détestait vraiment être ignoré.
- Oui, nous l'avons retrouvé et c'est pour cela que je suis là, je voulais vous demander un service. Posa prudemment Seamus.
- Bien sûr, tout ce que vous voudrez Monsieur Finnigan.
- Et bien, nous n'avons nulle part où loger Malfoy jusqu'à Noël et nous avons besoin de quelqu'un de confiance…
- Eh bien nous avons bien quelques cellules de libres…
Le regard paniqué de Malfoy transperça Harry qui se sentit obligé de prendre la parole.
- Non, Tom, Malfoy n'ira pas en prison en fait, il va venir chez moi après Noël mais on se demandait si vous pouviez l'héberger jusque là.
Les yeux de Tom s'écarquillèrent et son visage se ferma. Il hésitait et Seamus craignait qu'il ne refuse lorsque le gardien ouvrit enfin la bouche.
- C'est que… vous voyez si ce n'était que moi mais… j'ai des enfants Monsieur Finnigan…
Draco était clairement offensé et ne se priva pas de le montrer.
- Qu'est-ce que vous croyez que je vais les égorger pendant leur sommeil ?! S'indigna-t-il.
Mais Tom ne goûta pas la presque plaisanterie et ne savait clairement pas comment prendre ces mots.
Ce fut Harry qui rassura le gardien.
- Malfoy est conteur pour enfant, je vous donne ma parole et la sienne qu'il ne touchera pas à un cheveu de vos enfants. De plus ce n'est que pour une semaine, je viendrai le chercher pour le réveillon de Noël… tout ce que vous aurez à faire c'est jeter un œil sur lui, il ne s'enfuira pas…
Tom dévisagea Draco, il ne faisait aucun doute qu'il avait de sérieuses interrogations sur le fait que cet homme d'apparence si froide et inaccessible puisse avoir quoique ce soit à faire avec des enfants.
Toutefois et comme l'avait prédit Seamus, il ne pouvait rien refuser à deux figures aussi imposantes et il acquiesça.
Harry toussota, il y avait deux ou trois détails qu'il hésitait à révéler…
- Tom, il faut que je vous dise que Malfoy conservera sa baguette…
Le regard du gardien se fit plus inquiet.
- Ne craignez rien, il ne l'utilisera pas… Assura Harry. N'est-ce pas Malfoy ? Prononça-t-il comme un avertissement.
Il se tourna vers le principal intéressé pour qu'il confirme sans détour ses dires. Le jeune homme afficha un sourire narquois avant d'ouvrir la bouche.
- Oui enfin sauf si…
Les yeux du gardien s'écarquillèrent de stupeur.
- Il ne fera rien Tom. Réitéra Harry fermement. Il… plaisante…
Harry se tut quelques instants, ces mots dans sa bouche lui semblaient bien incongrus, c'était quelques mots qu'il n'aurait jamais associé ensemble !
Tom jaugea Malfoy du regard quelques instants, puis consentit finalement. Toute la bande transplana donc chez le gardien. Lorsqu'il ouvrit la porte, des cris de joie l'accueillirent, leurs ainés étaient revenus de Hogwarts pour les vacances de Noël et la petite dernière sauta dans les bras de son père avant de remarquer la présence de Malfoy.
- Whoua ! S'exclama la fillette d'une dizaine d'année. Vous êtes le Conteur ?? Demanda-t-elle les yeux pleins d'étoiles.
Harry scruta Malfoy et crut bon de lui rappeler les dents serrées :
- Pas de bêtises Malfoy ou tu peux dire adieu à la visite à tes parents et à ta liberté !
Draco ne répondit pas mais Harry put observer sa mâchoire se contracter plus que d'ordinaire et il s'avança vers la petite fille non sans asséner un violent coup de coude dans les côtes de son ennemi intime.
Puis les trois hommes purent voir Draco s'agenouiller pour se mettre à la hauteur de la fillette.
- Oui c'est bien moi, petite. Tu es déjà venue écouter mes histoires ? Demanda-t-il d'une voix douce qu'Harry n'avait plus entendue depuis qu'ils avaient quitté la librairie.
La fillette hocha la tête.
- Oui, quand j'étais chez Tante Helda parce que maman avait encore été convoquée par le directeur Flitwick parce que Jimmy avait encore utilisé une invention des Weasley qu'il avait eue par Peeves parce qu'il a été privé de sorties à HogsMead parce qu'il avait inondé les trois derniers étages du château quand il avait jeté une des pilules dans les toilettes du 5e étage et qu'il avait…
- Euh, Agnès, interrompit sa mère depuis l'entrée, je crois qu'il est inutile que Monsieur le Conteur soit mis au courant des trois dernières années de notre vie !
- Est-ce que tu vas dormir ici, Monsieur le Conteur ? Demanda la fillette les yeux brillants.
- Eh bien, ton papa a dit que je pouvais rester quelques jours, jusqu'à Noël !
- OUAIS !! S'exclama la fillette.
Puis elle fit signe à Draco de s'approcher plus près de son doigt minuscule. Elle approcha sa bouche de l'oreille de l'ex-slytherin et chuchota :
- Je suis contente que tu sois là pour Noël parce que papa il sait pas raconter les histoires lui…
Et Draco prit sa mine la plus sérieuse bien qu'il essayât désespérément de masquer son sourire avant de chuchoter à son tour :
- C'est une chance alors, parce que je connais pleins d'histoires de Noël !
Les traits de la petite fille se contractèrent et elle fronça les sourcils avant de demander inquiète :
- Est-ce qu'il y a Voldemort dans tes histoires de Noël ?
Draco lui adressa un sourire rassurant.
- Est-ce que tu as déjà entendu l'histoire où le balafré parvient enfin à neutraliser Voldemort ?
Il jeta un coup d'œil nerveux en direction du dit balafré.
- Celle où il sauve le Prince de Glace des flammes de la Salle sur Demande ?
Draco hocha la tête.
- Oui, je l'ai déjà entendue. Affirma la fillette.
- Et bien, cette histoire est la dernière avec Voldemort. Ce jour-là, le balafré a vaincu Voldemort pour de bon et grâce à lui tous les sorciers sont heureux maintenant.
La fillette afficha un sourire satisfait et galopa jusqu'à la cuisine.
Harry, Seamus et le gardien étaient éberlués. Comment Draco pouvait-il être si bon avec les enfants ? Comment cet arrogant petit fils de Satan pouvait se montrer si tendre et compréhensif, comment pouvait-il être rassurant et plus important, depuis quand savait-il afficher autre chose que des sourires méprisants ?
- Vous voyez, nargua Draco, pas de massacre !
Il afficha un sourire suffisant qu'Harry lui aurait bien arraché avec ses ongles. Harry s'éloigna cependant de ses rêveries meurtrières et reprit d'un ton ferme.
- Tom, s'il ne fait que ne serait-ce cligner un œil de travers, contactez-moi sur le champ, et je ne plaisante pas Malfoy ! Il restera chez vous jusqu'à vendredi, vendredi matin, je viendrai le chercher et nous passerons la journée à la prison.
- Oh mais je peux l'amener si vous voulez Mr. Potter, je dois m'y rendre de toute manière, ça vous évitera le détour…
Harry observa Tom puis Draco mais demeurait relativement sceptique.
- Je ne sais pas si c'est très prudent. Objecta-t-il.
Draco s'approcha d'Harry et lorsqu'il ne fut qu'à quelques centimètres de son visage il souffla :
- On a peur que je te file entre les doigts Potter…
- Nous avons un accord Malfoy ! Ne me force pas à te mettre sous imperius ! Menaça l'auror.
Draco lui lança un regard noir et lui tourna le dos pour rejoindre la femme de Tom dans ce qui devait être la cuisine.
- Ne vous inquiétez pas Mr. Potter tout se passera bien, j'ai l'habitude des prisonniers.
Harry hocha la tête et serra chaleureusement la main du gardien. Il ne savait trop quoi penser, il avait vu Malfoy avec ces enfants mais il le connaissait aussi depuis tant d'années et il ne pouvait chasser le spectre du Deatheater en devenir qu'il avait connu, qu'il avait battu et qu'il avait même sauvé.
Puis il fit signe à Seamus qu'il était temps pour eux de s'en aller.
- Tu veux qu'on aille prendre un verre ? Proposa Seamus. Cho ne rentrera que très tard ce soir.
- Cho ? Cho Chang ? Tu es marié avec Cho ?
Seamus afficha un sourire goguenard et gêné. Il n'avait pas oublié qu'Harry et Cho avaient été proches à Hogwarts et même s'il ne doutait pas qu'Harry soit heureux avec Ginny, Cho avait tout de même été son premier flirt.
- Oui, on s'est rencontré par hasard alors que je bossais sur une affaire assez louche et puis on s'est revus et maintenant nous en sommes là. Crut-il bon de se justifier.
- Ca me fait plaisir pour toi Seamus. Ecoute je suis désolé de la façon dont je t'ai traité ces derniers jours, je n'aurais jamais revu Malfoy sans toi ! Tenta de s'excuser maladroitement Harry.
- Tu ne veux toujours pas me dire pourquoi tu voulais absolument le retrouver et quels sont les termes de ce stupide marché ?
- Je ne peux pas Seamus, je ne suis même pas sûr que ce soit une bonne idée.
Harry soupira et baissa la tête.
- C'est une histoire tellement étrange, complètement surréaliste ! Et malheureusement il y a peu de chance pour qu'elle se termine comme un conte de fée… Laissa échapper Harry malgré lui.
Seamus avait les yeux dans le vague lorsqu'ils franchirent la porte d'un minuscule pub muggle. L'endroit était plutôt glauque et les vitrines crasseuses n'inspiraient décidément pas confiance mais Seamus avait appris que dans ce genre d'endroit la discrétion était assurée. Le pub était désert, quelques fauteuils rouges étaient disposés ça et là autour de minuscules tables rondes à l'aspect douteux, les banquettes de sky étaient à vif et les craquelures devaient probablement blesser les cuisses des rares femmes qui osaient franchir la porte de ce bar.
Son regard se porta instinctivement sur le comptoir qui semblait collant et luisait de substances encore non définies. Le barman ne valait guère mieux, son tablier qu'on devinait avoir été blanc était maculé de la même crasse qui recouvrait la pièce et le morceau de tissu rapiécé qu'il utilisait pour essuyer les verres faisait peine à voir. Mais Seamus s'avança, bravant les émanations d'urines qui embaumaient la pièce.
- Un bourbon et…
Il se tourna vers Harry qui hocha la tête.
- Mettez-en deux ! Merci.
Une fois confortablement installés leur verre à la main, Harry posa la question qui le taraudait depuis longtemps.
- Est-ce que tu crois que c'est encore un coup fourré de sa part... ? Honnêtement, Malfoy, conteur pour enfant, c'est tout simplement inconcevable !
- Je ne sais pas Harry, tu sais que je n'ai jamais aimé Malfoy mais je ne sais pas si tu l'as observé avec ces enfants, il a quelque chose dans le regard…
Harry leva les yeux au ciel en riant :
- Oh je t'en prie pas toi aussi !
- Sérieusement Harry peut-être que tout ça l'a fait réfléchir, peut-être qu'il a voulu s'amender en choisissant de donner un peu de bonheur aux enfants…
- Malfoy, donner du bonheur aux enfants ? On a carrément franchi le miroir !
Seamus ricana puis redevint soudain très sérieux.
- Les gens changent Harry… J'ai vu pas mal d'horreur depuis que je suis dans le métier mais s'il y a bien une chose que j'ai retenue c'est celle-là, plus souvent en mal parfois en bien mais les gens changent.
Harry soupira profondément puis avala le reste de son verre d'un trait, peu désireux de s'attarder dans cet endroit, et fourra sa main dans sa poche d'où il tira une épaisse enveloppe qu'il tendit à Seamus.
- Je crois que ceci te revient, il y a suffisamment pour payer tes indics et tous les autres frais occasionnés par l'enquête ainsi qu'un supplément pour ton excellent travail, et… hum… j'ai entendu dire que tu préférais les coupures… Hésita Harry.
- C'est exact. Confirma Seamus.
Harry se leva brusquement et tendit la main à Seamus.
- Merci pour tout Seamus.
- Pas de problème, si tu as besoin, tu as mon numéro maintenant.
Harry hocha la tête et s'en alla.
Lorsqu'il rentra à son appartement, Harry trouva un Ron fou furieux vociférant d'incompréhensibles onomatopées lui étant de toute évidence destinées.
- MAIS ENFIN OU EST-CE QUE TU ETAIS PASSE ?? J'AI EU ZABINI SUR LE DOS TOUTE LA JOURNEE ! CET IMBECILE A VOULU AVERTIR LE MINISTRE DE TA DISPARITION ! JE LES AI EMPECHES DE JUSTESSE DE LANCER UNE ESCOUADE A TA RECHERCHE !
Harry haussa un sourcil.
- Une escouade ? Genre « il faut sauver l'auror Potter » ??
Ron afficha un demi-sourire avant de lui faire un geste de la main sans équivoque et de lui balancer un coussin dans la figure.
- Imbécile ! Une chance que ça ne soit pas parvenu aux oreilles d'Hermione j'aurais encore dû gérer une crise d'hystérie !
- Ne fais pas le modeste t'es devenu un pro, Ron ! Flatta faussement Harry.
Ron lui tendit son majeur avant de se diriger vers le téléphone qui sonnait avec insistance ; Il décrocha le combiné et leva les yeux au ciel, ça ne pouvait être qu'une seule personne :
- Oui Hermione… non… non… juste à côté de moi… QUOI ?? Non Hermione, il n'aurait jamais transplané dans la jungle amazonienne sans nous prévenir… des piranhas ?? Mais qui t'as raconté ça ? Un coéquipier d'Oliver ? Mais comment il… ? Non laisse tomber je ne veux pas savoir. Harry va bien…
Il éloigna le combiné de son oreille et le tendit à Harry qui fit de grands gestes pour signifier à Ron qu'il ne voulait pas lui parler et qu'il devait inventer une excuse mais il était trop tard, Ron avait vendu la mèche et en ajoutant, reprenant la parole un sourire sadique aux lèvres :
- Il est juste à côté de moi Hermione, je te le passe…
Harry mima allégrement son meurtre par strangulation et lui donna un violent coup de coude dans les côtes au passage.
- Hermione ? Oui, bien sûr que je vais bien mais non je ne suis pas mort ! Je n'ai pas non plus été en Amazonie, je t'aurais prévenu voyons ! Il leva les yeux au ciel, un sourire amusé au bord des lèvres.
Il entendit la petite voix fluette et paniquée d'Hermione à l'autre bout du fil s'atténuer quelque peu puis Hermione ajouta :
- Ah oui, j'ai aussi un message pour vous de la part de Molly, elle ne veut pas de cadeau cette année et elle insiste…
Harry roula des yeux, comme s'il n'allait pas trouver le plus beau cadeau pour cette femme merveilleuse !
- Oh et Ginny me fait dire que… Il y eut un blanc… ben en fait elle te le dira elle-même, de vive voix…
Harry entendit un ricanement derrière Hermione qui devait sans aucun doute être celui de sa petite-amie.
- Harry est-ce que Ron et toi avaient déjà acheté les cadeaux… ? S'enquit-elle.
- Hermione on est lundi pour qui tu nous prends ?? S'indigna Harry se frappant le front du plat de la main et se morigénant intérieurement pour ne pas y être allé.
- Bien, alors je te dis à samedi.
- A samedi Hermione !
- Oh et dis à Ron de ne pas mettre cette horrible chemise violette ça jure avec ses cheveux ! Retint Hermione.
- Je lui dirai Hermione…
- Oh et ne mets pas ton pantalon de velours tu risques d'avoir trop chaud… Prévint-elle encore.
Harry soupira d'un agacement profond mêlé à une tendresse indéniable.
- Et n'oublie le costume de père noël pour Arthur !
- A samedi Hermione !
Et Harry raccrocha brusquement alors que Ron était affalé sur le canapé et ne tentait même pas de dissimuler son hilarité.
- Faux frère ! Invectiva Harry, ce qui n'eut d'autre conséquence que de faire redoubler le fou rire de Ron.
Puis il s'assit aux côtés de son ami.
- Comment c'était aujourd'hui ? Le terrain ? Demanda soudain Harry avec curiosité.
- On a attrapé Selwyn et Jugson… Lâcha Ron sans enthousiasme.
- QUOI ?? S'étouffa presque Harry.
Ron soupira longuement.
- C'est pour ça que Zabini voulait savoir où tu étais ! Je crois qu'il est frustré que le Survivant n'ait pas participé à la joute…
Harry était atterré, ils avaient attrapé deux des quatre deatheaters restant et il n'avait même pas pu être présent.
- Il nous reste plus que Rowle et…
Ron s'arrêta brusquement et détourna la tête vers la fenêtre sur sa gauche, il poussa un soupir inaudible et passa maladroitement une main dans ses cheveux.
- Malfoy… Termina Harry pour lui.
Ron tourna lentement la tête vers Harry et eut un étrange sourire et Harry sans même penser aux conséquences, fonça tête baissée et chuchota presque :
- Tu peux dire son nom tu sais…
- De quoi tu parles ? Cracha Ron avec hargne.
Harry se rétracta aussitôt.
- De rien, je…
Mais il ne put finir sa phrase, Ron se leva brutalement et fonça vers la salle de bain prendre une douche.
C'est probablement ce qu'Harry détestait le plus chez ce nouveau Ron, une seconde il plaisantait comme les meilleurs amis qu'ils étaient et la seconde d'après, Ron le toisait de ce regard vide qu'Harry avait appris à reconnaître et à détester plus que tout. Ces mouvements d'humeur étaient difficilement supportables et même s'il aurait dû y être habitué, Harry avait toujours cette lancinante douleur qui lui fendillait le cœur lorsqu'il voyait son ami s'éloigner toujours plus de lui.
Lorsque Ron sortit de la douche, il avait retrouvé le sourire et Harry ne put rien d'autre que de faire comme si rien ne s'était passé, c'est ce qu'il faisait beaucoup depuis la fin de la guerre, en fait, c'est ce qu'il faisait toujours lorsque Ron était concerné.
- Tu veux qu'on aille fêter ça ce soir ? C'est moi qui invite ? Demanda Ron à peine sorti de la douche.
Harry détourna le regard.
- Hum… j'aimerais beaucoup mais j'ai déjà quelque chose pour ce soir…
Harry se mordit légèrement la lèvre lorsqu'il vit la déception dans les yeux de Ron. Son ami avait désespérément besoin de se changer les idées et il l'abandonnait. Il se rassura en pensant que ce n'était que pour son bien et il conservait dans un coin de son esprit l'espoir qu'il retrouverait son ami, celui avec lequel il avait un matin de septembre partagé un chariot entier de sucreries.
- Avec Ginny je suppose ?
- Euh… oui, avec Ginny, je dois passer la prendre au Burrow… Mentit Harry.
- Bon ben on remet ça à demain soir alors ? Proposa de nouveau Ron.
- Sans faute ! Accepta Harry avec enthousiasme.
- Aller Dom Juan, va te préparer ! Et t'auras intérêt à me raconter ce que t'as trafiqué toute l'après midi, je n'ai jamais vu Zabini aussi furieux !
- C'était hum… pour les cadeaux de Noël tu sais, enfin le tien plutôt…
Ce qui n'était pas un mensonge en soi…
- Oh ! Et qu'est-ce que tu m'as trouvé ? Quelque chose de spécial pour nos deux ans ? Minauda-t-il faussement.
- Oh oui ! Assura Harry. Quelque chose de vraiment spécial !
Et il se dirigea à son tour dans la salle de bain.
Un peu plus tard dans la soirée, il se retrouva à faire les cent pas devant la porte du Burrow lorsqu'elle s'ouvrit sans prévenir à la volée.
- Harry chéri, veux-tu bien arrêter de faire les cent pas devant cette porte ! Gronda gentiment Molly.
- Oh je suis désolé, je ne pensais pas que vous m'aviez entendu ! S'excusa platement Harry.
- Merlin, Harry tu es aussi discret qu'un dragon dans un désert de glace. Intervint Arthur.
Harry eut la décence de rougir.
- Allons chéri, entre donc et dis-nous ce qui te tracasse, il nous reste un peu de thé et tu ne diras pas non à une part de tarte à la citrouille ?
Molly s'affaira et une fois qu'Harry eut bien entamé sa tasse de thé, il se décida à parler.
- Voilà, je voudrais amener quelqu'un samedi à la fête de Noël. Annonça-t-il hésitant.
- Bien sûr chéri, tes amis sont les bienvenus, voyons ! Se hâta de rassurer Molly.
- Ce n'est pas exactement un… ami…
Arthur fronça les sourcils. Il n'osait comprendre.
- Ecoute Harry, je pense que tu devrais d'abord en parler à Ginny, nous ne sommes pas les… Commença prudemment Arthur sous le regard interrogateur de Molly.
- Quoi ? Interrompit Harry.
Puis ses yeux s'écarquillèrent démesurément lorsqu'il comprit de quoi voulait parler Arthur.
- Mais non ! Voyons ! Ce n'est pas ce que vous croyez ! J'aime Ginny ! Je ne la tromperai jamais ! Se défendit-il virulemment.
- Oh… Balbutia Arthur, je… suis désolé Harry, je ne voulais pas… S'excusa maladroitement Arthur, mort de honte.
- En fait, je voudrais juste vous demander de le traiter correctement, il ne sera pas le bienvenu à la soirée et ça m'aiderait beaucoup si…
- Et bien, et bien, que de mystère mon chéri. Ecoute si tu nous demandes de traiter correctement ton invité alors nous le ferons. Tu peux compter sur nous. Trancha Molly avec son éternel sourire bienveillant.
- Bien sur Harry. Ajouta Arthur.
Harry soupira de soulagement et savoura enfin sa part de tarte. La suite n'allait pas être des plus reposantes mais son instinct lui disait que c'était juste et il commençait à entrevoir une lueur d'espoir.
Merci d'avoir lu jusque là…
