NA : Un peu plus et cette histoire s'arrête là, sans la suite. Le fait est que le fichier où se trouvait cette fanfiction s'est, on ne sait comment, corrompu et qu'il n'était plus accessible. Grâce à ce génie que j'appelle mon amoureux, nous avons réussi à récupérer une version précédente de l'histoire et je n'ai, en fait, que perdu un chapitre … ouff!
NA2 : J'en suis arrivée à un point où tous les chapitres en banque de mon histoire sont publiés. Ces possibles, donc, que les mises à jour soient dorénavant plus distancées! Désolée :).
Chapitre 7
Je m'étais réveillée en sursaut, m'assoyant carrée dans mon lit. De l'eau sortait de tous les orifices de mon visage. Crachant le liquide qui s'était faufilée jusqu'à l'intérieur de ma bouche, j'essuyais mes yeux évitant de les ouvrir pour ne pas que le surplus d'eau ne s'infiltre dans mes canaux lacrymaux et ainsi me soustraire à cette désagréable sensation de brûlement qui survient lorsqu'un fluide quelconque trouve son chemin jusqu'au nez. Le pinçant, je sentis les dernières gouttes se frayer leur route jusqu'à ma lèvre supérieure et pus enfin tenter d'ouvrir un œil dans l'ombre de ma chambre.
Évanescente, l'impression éphémère de me noyer disparaissait doucement alors que j'aperçus la silhouette de Viktor debout devant moi, une tasse vide dégoutant ces derniers millilitres d'eau au sol. Involontairement, je reculai un peu. La peur m'envahit qu'à nouveau un homme me plaque contre mon lit et fasse de moi sa marionnette.
De son regard sombre, il ne manqua pas ce léger mouvement, mais ne fit rien. S'avançant vers moi, il m'observa de son regard mesquin et leva son menton avant de se retourner pour me lancer un haut particulièrement chic au visage.
« Habille-toi, Dimitri veut te voir ».
Dimitri Kurbinsky avait toujours été un maître dans l'art du crime. Ayant fui l'URSS dans les années 80 dans un conteneur de meubles à assembler provenant de la Suède, il avait rapidement compris en arrivant au port de Houston au Texas, malgré son anglais qu'il maîtrisait très bien, que son accent pourrait lui être mortel dans ce contexte de Guerre froide et de chasse aux Communistes. C'est pourquoi qu'entre les deux milliers de kilomètres qui le séparaient de Washington, il se teignit les cheveux en brun et gomma son accent à un point tel qui pouvait facilement mentir et faire croire qu'il venait du Vermont ou du Massachussetts.
Souhaitant rejoindre son oncle favori qui vivait dans la capitale, il n'avait pas cogné deux coups à la porte de son appartement qu'il le trouva au sol, criblé de balles. Enquêtant sur les faits et gestes de cet homme qu'il admirait à un point tel qu'il avait fui l'Union soviétique pour le rejoindre, il avait appris qu'il avait été le chef d'une organisation qui contrôlait la drogue et la prostitution dans un quartier qu'on appelait – et qu'on appelle toujours – le Northwest et qu'il avait probablement été assassiné par un gang rival pour ce territoire.
Il s'était promis alors une chose : terminer le travail de son oncle.
Il avait donc reconstitué l'organisation depuis les racines changeant à jamais la manière de faire de la prostitution dans Washington. Il s'était bâti à partir de presque rien un des plus grands réseaux de drogues, prostitutions, de pari illégaux et de règlements de compte au monde. Et Dieu seul sait combien la capitale était un terrain fertile pour toutes ces activités!
Tout ça, évidemment, était fait sous le seuil du plus parfait anonymat. Il blanchissait ses profits dans des bars, des tavernes, des casinos, mais aussi dans des trucs un peu plus sophistiqués comme des restaurants gastronomiques, galeries d'arts impressionnistes et des musées.
Telle une pieuvre, il avait étendu les tentacules de réseau partout, sur les sites de construction, dans les médias, dans les bureaux d'avocats, dans la politique et certains mêmes soupçonnaient le FBI d'être sous son contrôle.
Mais toutes ces extravagances, tous ces contacts et ses faveurs dues, ne changeaient rien à son principe de base : occupe-toi de chaque personne qui travaille pour toi, assure-toi d'avoir leur confiance, de la plus basse prostituée à ton bras droit le plus fiable.
J'étais donc entré dans un de ses restaurants de la rue Massachussetts escorté par cet exécrable homme qui me servait de mac. De la pièce ressortait une douce mélodie de chambre qui provenait du quatuor à corde placé sur une estrade dans le coin de la salle à manger. Je pénétrais le restaurant et je pouvais voir des nappes de satin orner chaque table et des tissus blancs qui couvraient les chaises.
Vêtue de ma plus belle robe de soirée – ma seule robe de soirée – j'avançai jusqu'à l'hôtesse qui, d'un seul coup d'œil, avait compris qui j'étais.
« Bienvenue chez Agusto, comment puis-je vous aider? Avait-elle demandé avec un sourire hypocrite.
- On m'a dit que Dimitri m'attendait à sa table, avais-je dit poliment ignorant le ton hautain avec lequel elle s'était adressé à moi. Me regardant toujours du haut de son menton levé, elle pinça ses lèvres, retint visiblement un sourire mesquin et s'empara de deux menus.
- Si vous voulez me suivre », avait-elle demandé, un mouvement de tête peu subtil me suggérant ce qu'elle pensait de moi. Je n'y portai pas plus d'attention. Ce n'était pas la première fois qu'une autre femme me jugeait sur mon apparence.
Elle m'amena jusqu'à une porte qui était fermée. Assis à une table non loin de là, un homme que je soupçonnais être un garde du corps se leva et après avoir cogné à la porte, la traversa. Il ne lui prit pas dix secondes avant qu'on ne le revoit, cette fois en entrouvrant, m'indiquant silencieusement que je pouvais pénétrer dans la salle à manger privée de Dimitri.
« Tempérance, s'était-il levé pour m'accueillir chaleureusement. Il s'était avancé vers moi et plaça ses lèvres sur ma joue.
- Bonjour Dimitri ».
Dimitri était un bel homme. Habillé de la dernière mode, il ne laissait aucunement paraître ses origines grandement modestes. La seule chose qu'il laissait paraitre était un reste d'accent qu'il avait laissé échappé une fois qu'il avait atteint un statut suffisamment élevé pour que son entourage n'en fasse un plat, la plupart d'entre eux croyant probablement maintenant qu'il provenait simplement d'une famille fortunée de Russie.
« Assieds-toi, je t'en prie, avait-il dit en tirant une chaise afin que je m'y assois.
- Merci, avais-je répondu poliment.
- Tu vas bien? M'avait-il demandé. En guise de réponse, je le regardai froidement. Il savait que j'avais rien de pertinent à dire à ce sujet et qu'il en était la raison. Désolé, avait-il dit avec sincérité. J'ai un contrat pour toi, quelque chose de lucratif. Un juge a besoin d'une escorte pour une soirée importante. Tu devras être à ton plus chic. Une robe longue, coiffure, manucure, pédicure, maquillage.
- Des 2000$ que j'aie fait cette semaine, Viktor m'a permis de n'en garder que 100. Je n'ai pas les moyens de me payer tout ça, avais-je répliqué avec sincérité.
- Tu sais, Tempérance, tu es la seule qui ose me parler comme ça. J'aime ça. Tu es sincère. Tu dis ce que tu penses et ce que tu dis est toujours vrai. C'est pour ça que tu es ma préférée. Tu es une femme forte. C'est probablement pour ça que tu es la seule de ta… cohorte à être toujours vivante.
- Et vous êtes le seul qui vous adressez à moi par mon véritable prénom. Tous les autres m'appellent Roxie.
- Toi et moi, ça remonte à loin.
- Depuis presque le tout début, ajoutai-je en souriant en coin. Alors… commençai-je au moment où je le vis ouvrir sa mallette pour en sortir une carte de crédit.
- Dépense judicieusement, tout ce que tu ajouteras à cette carte sera ajouté à ta dette.
- Évidemment, je l'avais déduit. Je ferai donc mon possible pour éviter les dépenses inutiles.
- Fais attention, par contre, tu manques ce rendez-vous, tu auras les pertes potentielles des prochains contrats ajoutées sur ta dette. Et j'estime ce contrat à plusieurs centaines de milliers de dollars potentiels. Tu sais ce que ça signifie? »
Je dus avouer avoir été affreusement surprise par cette menace. Une centaine de milliers de dollars… c'était une condamnation à vie. Dans toute mon existence, même si je travaillais jusqu'à cent ans, je n'arriverais jamais à rembourser une telle dette. En entendant cette affirmation, mes yeux s'étaient écarquillés et pour la première fois depuis des années, Dimitri vit en moi une véritable peur.
« Est-ce une manière de vous assurer que je continue à travailler pour vous plus longtemps?
- Tempérance, tu sais que je ne fais pas de promesse que je ne peux pas tenir!
- Je cherche encore des preuves que cette affirmation est vraie.
- Au moment où ta dette est payée, tu es libre.
- Et c'est pour ça que vous continuez de trouver des prétextes pour l'augmenter?
- Tu me donnes de mauvaises intentions, Tempérance. N'ai-je pas, pendant des années, mis un toit sur ta tête et de la nourriture dans ton assiette?
- Vrai, mais…
- Je te trouve même plutôt ingrate. Je t'ai sauvé la vie.
- Je sais…
- Tu croyais vraiment que tu allais collaborer avec les policiers et t'en sortir comme cela? »
À cette question, je retins mon souffle. Il savait, il l'avait appris, je n'étais pas mieux que morte maintenant. Il savait pour Booth, il savait pour tout.
« Je n'ai rien dit, je vous jure.
- Je sais. Je le saurais si tu avais dit quelque chose qui aurait pu m'être défavorable.
- Je ne le ferai plus, je vous le promets.
- Au contraire, je veux que tu collabores si tu le peux. Réponds à leurs questions.
- Quoi? Mais…
- Je n'ai rien à voir avec la fille dans la ruelle. Rien du tout. Je ne sais pas qui est cette fille et je ne veux pas le savoir. Par contre, si tu refuses de collaborer, ça risque d'éveiller des soupçons et ce sont ces soupçons qui risquent de porter atteinte à l'organisation. Mais, tu as parlé avec le FBI sans ma permission, tu dois être punie.
- En me gardant comme esclave jusqu'à la fin de mes jours?
- Tu as de la chance, si je ne t'appréciais pas autant tu serais déjà morte! Accepte cette conséquence sans broncher. Je te donne une chance de t'en sortir. Tu réussis? Tu es au même point qu'aujourd'hui, à l'exception du prix d'une robe. Tu échoues? Tu paies, tu payeras longtemps ».
Je ne voulais laisser voir à ce moment-là à quel point j'étais en colère contre cet homme. Je l'avais toujours été. Il était celui qui était responsable de mon malheur, mais il était aussi celui qui tenait la clé de mon bonheur potentiel. La mâchoire serrée et le regardant froidement, j'hochai la tête, acceptant comme toujours ce qu'il m'imposait.
« D'accord, dis-je en m'emparant de la carte et la glissant dans ma poche. Comment s'appelle ce juge?
- Hasty. Juge Myles Hasty ».
À suivre…
NA : J'espère que vous avez apprécié ce « Boothless chapter ». Il réapparaîtra dans le prochain chapitre. Merci d'avoir lu!
