Titre : Le Conteur

Genre: je suis pas très sûre…

Pairing: je suis pas très sûre non plus!! LOL Normalement RW/DM

Rating: M tardif

Disclaimer: Tous les persos présents dans cet OS sont à JKR exceptés Tom et sa femme, Robert, la libraire et les mioches…

PS: j'ai pris certaines libertés concernant Thorfinn et Laura qui appartiennent eux aussi à JKR.

Note de l'auteure 1 : C'est un cadeau pour Ham, un cadeau de Noël... très, très, très en retard (de presque deux années maintenant... J'ai honte!)... A la base c'est un OS mais finalement ce sera une fic courte. Les personnages principaux apparaissent relativement tardivement...

Note de l'auteure 2 : Pour les prénoms, veuillez prononcer Agnès : Ague Nesse et Loreen : Lorine . Merci.

Note de l'auteure 3 : Toutes mes excuses pour le retard effroyable. Merci à Paprika Star qui m'a récemment demandé si j'avais arrêté la fic. Je ne l'ai pas arrêtée du tout mais j'ai beaucoup moins de temps pour écrire que je ne le voudrais. Une chose est certaine chaque fic commencée sur ce site et les autres sera terminée, je ne peux pas vous donner de date précise mais un grand merci à vous de demander la suite, c'est très motivant pour moi et vos petits mots sont vraiment encourageants! Vivement l'été que je puisse me replonger sérieusement dans mes fics!

Encore toutes mes excuses...

Si vous en avez l'occasion, passez voir la fic que Hamelina et moi avons commencé (et que nous adorons!!!) Trouble-Personne, c'est un échange de mails entre Harry et Draco qui ne savent pas du tout qui est derrière l'écran. C'est un slash (rating M : what else?? lol) avec beaucoup de surprises...


La semaine passa rapidement et Harry eut du mal à croire qu'il était déjà à la veille du réveillon. Lorsque son réveil sonna, il s'extirpa doucement des bras de Ginny, restée pour la nuit, et se prépara pour une bien longue journée. Le gardien avait proposé à Harry de déposer Draco à Azkaban pour qu'il les rejoigne et s'épargne le trajet jusque chez Tom mais Harry n'en pouvait plus d'attendre, il n'avait eu aucune nouvelle de Tom de toute la semaine et cela l'avait poussé à imaginer toutes sortes de scénarii plus loufoques les uns que les autres. C'est pourquoi ce fut relativement nerveux qu'il frappa à la porte qui s'ouvrit sur une petite fille rousse à qui il tenta de se présenter avant d'être interrompu par un sonore :

« - PAPAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!! C'EST POUR TOI !!!! »

Puis la petite fille disparut aussi vite qu'elle était venue.

Le gardien surgit prestement sous les cris de sa fille dans l'encadrement de la porte un large sourire sur les lèvres.

« - Mr. Potter ? Je savais que vous ne résisteriez pas, Draco m'avait prévenu. s'exclama-t-il d'un ton enjoué. »

Harry écarquilla les yeux.

« - Dr… Draco… ? balbutia Harry.

- Oui il est encore dans la salle de bain, il sera là dans une minute, entrez, on prendra le petit déjeuner ensemble. invita-t-il chaleureusement.

- Euh… oui, merci. dit Harry non sans hésitation. »

Alors qu'Harry s'installait, il vit Draco sortir de la salle de bain et tout s'arrêta. Draco était splendide, rayonnant. Il portait un costume blanc, sous la veste, Harry pouvait voir son pull fin et près du corps épouser les courbes parfaites de son torse ni trop musclé, ni trop fin, un parfait équilibre de la nature. Il avait cette démarche gracieuse et nonchalante qui n'appartenait qu'à lui, une élégance et une distinction naturelle qui ne rendaient que justice à ses traits fins et aristocratiques bien que légèrement las. Il passa une main habile dans ses cheveux longs et repoussa une mèche qui lui barrait le regard, un regard glacé mais si doux lorsqu'il se posa sur la petite fille qu'Harry se surprit, non sans un profond dégoût, à penser qu'il était tout simplement magnifique.

Devant le regard insistant de Harry, Tom crut bon de préciser :

« - Draco n'avait rien à se mettre et il voulait être élégant pour aller voir ses parents alors ma femme a demandé à son frère de lui prêter un petit quelque chose et on l'a ajusté à sa taille.

- Ou… oui, bien… bien sûr. bégaya Harry. »

Il semblait que Draco se soit totalement fondu dans cette petite famille, Harry s'y sentait complètement étranger et l'incongruité de la situation le mettait très mal à l'aise.

« - Ah Potter ! Je ne suis même pas surpris. Vous voyez Tom… »

Tom lui adressa un large sourire tout en hochant la tête. Lorsqu'il vit une petite fusée rousse foncer sur la jambe de Draco.

« - Tu vas t'en aller ? »

Harry fut choqué de voir des larmes dans les grands yeux verts de cette petite. Elle avait levé un regard plein d'espoir vers Draco et elle n'attendait qu'une chose, qu'il réfute ce qu'elle pouvait pourtant constater de ses yeux.

Harry observa Draco s'accroupir près d'elle et passer son bras autour de sa taille, un bras plein de tendresse.

« - Je te l'avais dit Agnès que je ne resterais pas longtemps. »

Elle essuya de façon brouillonne ses yeux déjà rougis.

« - Mais qui va me lire une histoire ce soir… tu ne m'as pas raconté ce qu'il arriverait au Prince de Glace quand il retrouverait son papa et sa maman. »

Draco soupira et afficha un sourire triste et affecté.

« - Eh bien, peut-être que pour cette fois, tu pourras raconter l'histoire et inventer la fin et quand on se reverra, tu me diras si le Prince de Glace a finalement trouvé le bonheur qu'il cherchait.

- Oui mais… mais… hoqueta-t-elle… Papa il sait pas raconter les histoires… »

Draco se pencha à l'oreille et lui murmura quelque chose tout en remuant légèrement le poignet en direction de Tom, puis la petite fille leva ses grands yeux pétillants vers Draco :

« - C'est vrai ? »

Draco hocha la tête et le sourire ne quitta plus la fillette.

« - Allons Potter ! On ne veut pas faire attendre les dementors n'est-ce pas ? railla Draco.

- Toujours persuadé que je vais te vendre Malfoy ? répliqua Harry presque amèrement.

- Absolument ! »

Il lui adressa un sourire narquois et défiant.

A ce moment, Harry sut qu'il ne plaisantait pas et même si son air défiant et son sourire narquois transpiraient le sarcasme, il réalisa que Seamus avait peut-être raison et qu'il recherchait peut-être une certaine forme d'absolution, absolution qu'il pensait tapie au creux des êtres les plus purs qui puissent exister. Dans son esprit tourmenté, Harry était persuadé que Draco devait penser que si les enfants, vierges de tout, ses trésors de pureté, le reconnaissaient comme ayant une quelconque valeur alors il serait sinon absout du moins à moitié pardonné pour ses actions passées. Cette révélation prit Harry par surprise et son esprit se focalisa sur la question qui lui brûlait les lèvres et blessait son orgueil : Seamus et lui avaient-ils réellement trouvé Draco, ou le Prince de Glace s'était-il laissé trouver ? Harry n'était pas sûr de pouvoir affronter la réponse qui lui crevait pourtant les yeux.

« - Bien allons-y maintenant. enjoignit Harry. Vous transplanez avec nous Tom ?

- Nous sommes vendredi je ne suis pas de service aujourd'hui, ce sera Bob qui vous attendra je l'ai prévenu mais je vous conseille de lui jeter un sort d'oubliette en partant, je n'ai pas confiance en lui, il pourrait vous dénoncer pour rafler une quelconque récompense, vous valez cher Draco Malfoy !

- Je suis exceptionnel… commenta Draco et Harry sourit en levant les yeux au ciel, la suffisance de Draco ne lui avait définitivement pas manquée.

- Exceptionnellement arrogant, c'est juste Malfoy ! riposta Harry.

- Draco vous reviendrez ce soir ? interrompit la femme de Tom.

- Eh bien… commença Draco.

- Je vous en prie, vous nous rejoindrez pour le dîner ? insista-t-elle. Agnès serait tellement contente de vous avoir à dîner ce soir ! »

Draco jeta un œil vers Harry, il ne l'aurait jamais admis mais en acceptant ce marché insolite, il était devenu dépendant d'Harry.

« - En fait, hésita Harry, ce serait bien si vous pouviez lui offrir l'hospitalité une nuit de plus puisque la soirée de Noël n'est que demain soir et je ne peux pas le loger moi-même…

- Bien sûr ce sera avec plaisir voyons ! s'enthousiasma Tom. »

Il semblait que Draco avait conquis toute la petite famille.

« - Aller Malfoy, allons voir ton père avec un peu chance, la surprise lui provoquera une attaque ! plaisanta Harry mais il s'attira un regard noir de la part de Draco. »

Ils transplanèrent sur le champ et marchèrent d'un pas urgent jusqu'à la prison. Draco avait revêtu une longue cape et relevé le capuchon pour éviter que qui que ce soit le reconnaisse.

Ils rencontrèrent Bob à l'entrée de la prison et Harry n'hésita pas une seconde avant de lui lancer l'imperius.

« - Potter, en l'espace d'une semaine tu viens de briser un nombre incalculable de règles, est-ce que l'auror en toi n'a pas une once de remord ?

- La ferme Malfoy, je peux encore changer d'avis ! avertit Harry mais il savait pourtant que Draco avait raison si quelqu'un apprenait qu'il avait transgressé toutes ces règles, il perdrait probablement son travail tout Harry Potter Survivant qu'il soit. »

Robert les accompagna dans le dédale des sombres couloirs, Harry n'aimait pas cet endroit, il sentait le froid l'envahir lentement, traverser les pores de sa peau et se greffer à sa chair, il savait que bientôt il entendrait ses cris horribles et qu'il ne pourrait rien contre ça. Ses yeux se posèrent sur Draco et il ne put s'empêcher de remarquer à quel point Draco semblait lumineux dans ce sombre couloir.

Ils prirent rapidement congés de Robert et Harry stoppa Draco devant la cellule du prisonnier, agrippant son bras sans douceur.

« - Mal… Draco… »

Le dit Draco haussa un sourcil sceptique.

« - Draco ? demanda-t-il. Tu te sens bien Potter ?

- Ecoute, la soirée de demain est très importante pour moi. Il ignora complètement Draco. Alors juste pour aujourd'hui, je vais te faire confiance Draco. Il est dix heures, je te laisse jusqu'à seize heures avec tes parents. Je veux dire, continua-t-il gêné, je te laisse seul avec eux. Tu ne peux pas les voir dans la même cellule mais demande à Robert de te conduire dans la cellule de ta mère, l'imperius devrait durer jusque là. Je viendrais te chercher à seize heure pour te reconduire chez Tom. »

Draco était très ému, il ne sut que répondre et se contenta de hocher la tête. Et alors qu'Harry allait s'en aller, Draco le retint :

« - Pourquoi Potter ?

- Pourquoi quoi ?

- Qu'est-ce qu'elle a de si particulière pour toi cette soirée que tu te donnes tant de mal pour moi ?

- Ca n'a rien avoir avec toi Malfoy. Dis-toi bien que tout ce que je fais n'a rien à voir avec toi ! »

Et ce fut la seule réponse qu'obtint Draco avant qu'Harry ne le laisse seul devant la porte de la cellule.

Draco avait dès lors perdu toute sa belle assurance, la présence de Potter, il devait bien l'avouer, le rassurait quelque part, il avait ce charisme irréfragable qui donnait confiance. Il avança une main tremblante vers la poignée de la porte de la cellule derrière laquelle se trouvait Lucius Malfoy. Combien de temps déjà ? Depuis combien de temps n'avait-il pas vu son père ? Est-ce qu'il avait changé ? Est-ce qu'il avait maigri ? Avait-il toujours cette prestance qui imposait le respect au premier regard ? Avait-il toujours cette élégance héréditaire dont Draco avait bénéficiée ? Mais les questions qui taraudaient Draco étaient bien moins superficielles, il crevait de savoir si son père lui en voulait d'avoir fui. Est-ce qu'il aurait honte de ce que son fils était devenu, un lâche, un conteur, un homme respectable, un fils indigne ?

Il tourna la poignée et pénétra enfin dans la cellule. Les odeurs pestilentielles fouettèrent son nez délicat à peine eut-il franchi la porte de la geôle. Son regard se posa sur la petite table de bois à laquelle était installé Lucius, il semblait absorbé dans la contemplation des irrégularités du meuble.

Draco ne put que constater l'état déplorable de la cellule, aucune fenêtre, une odeur pestilentielle dont il ne voulait absolument pas connaître la provenance et son père, tout en grâce, rayonnait dans la pièce sombre, un joyau corrompu enseveli sous des tonnes de gravats insignifiants. Il se tenait droit et fier attablé, il n'avait rien à envier aux souvenirs assaillant l'esprit de Draco à cet instant. Il le revoyait derrière son bureau d'acajou, un cigare entre les doigts, imposant crainte et respect. Il revoyait les visages revêtir le masque d'humilité seyant à son rang, il revoyait les têtes se courber respectueusement devant la figure imposante du pouvoir.

Il fut détourné de ses pensées par le regard méprisant de son père qui se posa sur lui. Et il l'entendit ricaner froidement, libérant une vague de frissons surfant allégrement le long de sa colonne vertébrale, il ne connaissait que trop ce ricanement.

« - Finnigan, l'intimidation ne marche pas sur un Malfoy ! Alors rangez votre capuchon noir vous perdez votre temps ! »

Ce fut à cet instant que Draco se souvint qu'il avait conservé la cape. Il l'ôta brusquement dans un mouvement presque théâtral, exposant la splendeur de son costume immaculé à l'obscurité enivrante de la cellule.

Et il souffla en parfait contraste avec l'aplomb que dégageait sa présence :

« - Bonjour Père. »

Lucius se leva brusquement si bien que la chaise percuta bruyamment le sol et il s'approcha lentement de son fils, son corps s'était raidi et sa bouche n'était plus qu'une ligne fine et gracieuse fendant à peine son visage abîmé, à quelques centimètres de lui, Draco n'eut pas le temps de prévenir la gifle retentissante que lui administra le patriarche, de même qu'il n'eut pas le temps de riposter lorsque Lucius l'attira à lui pour lui briser les os en l'enserrant de ses bras.

Draco ne se souvenait pas d'avoir jamais vu son père aussi démonstratif et il profita tout son saoul de cette étreinte dont il avait si cruellement besoin. Lorsque Lucius le relâcha enfin, Draco n'osa pas croiser les yeux de son père, il craignait beaucoup trop ce qu'il pourrait y voir. Pourtant s'il avait levé les yeux un quart de seconde plus tôt il aurait pu observer les yeux brillants de Lucius exprimant tout le soulagement qu'il éprouvait de voir son fils sain et sauf mais il leva les yeux bien trop tard et il ne rencontra que des yeux inexpressifs et froids.

« - Comment allez-vous Père ? demanda-t-il.

- Je suis à Azkaban, fils, comment crois-tu que j'aille ? rétorqua Lucius, sardonique.

- Pardonnez-moi Père… souffla Draco.

- Te pardonner ? éructa Lucius. Et te pardonner pour quoi Draco ? Pour avoir fui ta famille ?

- Je…

- Pour n'avoir pas donné d'autres nouvelles que ces présents absurdes à ta pauvre mère qui se mourait de pas avoir de tes nouvelles ? »

Draco secouait la tête, il n'aurait jamais cru que cette visite serait si éprouvante. Lucius n'avait rien perdu de sa morgue seulement cette fois c'était Draco qui en faisait les frais. N'était-ce pas que justice après tout ? Ne l'avait-il pas mérité en fuyant comme un lâche laissant les siens à leur sort ? Quelques histoires pour enfants pouvaient-elles vraiment l'absoudre d'une telle trahison ? Espérait-il vraiment que son père lui pardonne d'avoir bafoué les restes d'honneur que le nom des Malfoy pouvait encore revendiquer ?

« - Est-ce que Mère est… ? osa-t-il à peine demander, retenant son souffle.

- Non Draco. rétorqua fermement Lucius.

- Pardon Père… souffla-t-il une fois de plus ne sachant que dire. »

Et cette fois il leva les yeux à temps...

« - Tu as agi comme il le fallait Draco. »

Et Draco dirigea des yeux pleins d'espoir vers son père, persuadé d'avoir imaginé cette dernière phrase. La scène était absolument irréelle : s'introduire avec l'aide de Potter à Azkaban pour voir ses parents, deatheaters condamnés, pour leur dire qu'il était à présent conteur pour enfants… Il avait une soudaine envie de rire, rire comme un fou qu'il croyait devenir.

« - N'en parlons plus ! ordonna-t-il presque en levant la main vers Draco qui avait ouvert la bouche pour parler. Dis-moi plutôt ce que tu fais là, comment as-tu réussi à franchir les dementors et les gardiens ? »

Draco hésita. Devait-il révéler à son père qu'il avait conclu cet absurde marché avec le Survivant ? Puis il décida qu'il avait assez caché, qu'il avait assez fui, ce qui ne l'empêcha pas de baisser les yeux lorsqu'il révéla :

« - J'ai conclu un marché avec Potter. »

Lucius ne sembla pas réagir à tel point que Draco se demanda s'il avait entendu. Dans le doute, il poursuivit :

« - Il me donne cette journée avec vous et je lui donne ma soirée de Noël…

- Ta soirée de Noël ? demanda Lucius d'une voix blanche. »

Draco l'air outré, hâta de clarifier les choses.

« - Il doit aller à une soirée de Noël et il veut que je sois là mais je n'en sais pas plus ensuite, il me rendra la liberté… »

Lucius émit un bruit étouffé avant de demander :

« - Tu ferais confiance à ce…

- Oui Père, je crois que je lui fais confiance, il m'a amené ici non ? coupa précipitamment Draco. »

La question de la confiance en Potter amenait bien trop de questions auxquelles il n'était pas prêt à répondre comme de savoir s'il voulait réellement que Potter la lui rende sa pseudo liberté ? N'en avait-il pas assez de fuir ? N'en avait-il pas assez de revivre les mêmes événements encore et encore dans le cœur des nuits sombres qu'il ne passait jamais au même endroit ? N'en avait-il pas assez de toutes ses questions sans réponses et du tumulte qu'elles provoquaient en lui et le retournaient jusque dans sa chair ? N'était-il pas temps de régler les comptes ?

La discussion se poursuivit et Draco relata à son père tout ce qu'il s'était passé ces deux dernières années, ses fuites, ses rencontres, ses aspirations, ses activités. Il ne cacha rien et fut surpris de trouver son père si attentif à son récit, il remarqua bien ses mâchoires se crisper à intervalle régulier pendant qu'il racontait mais il ne fut pas interrompu. Lorsqu'il eut terminé, il était bien conscient que plusieurs heures devraient s'être écoulées. Il n'osa pas lever les yeux pour rencontrer le regard pleins de reproches de Lucius.

« - Regarde-moi Draco. Je t'interdis de baisser les yeux devant moi. intima-t-il durement. »

Draco releva lentement la tête plantant ses yeux glacés dans leurs homonymes.

« - Tu n'as jamais été l'un d'entre nous Draco. Ta mère a toujours essayé de m'en convaincre mais je n'ai jamais voulu entendre. Pourtant elle avait raison. Tu n'avais pas l'étoffe, tu n'as jamais été un deatheater Draco.

- Mais j'ai la marque ! protesta-t-il dans une vaine tentative de rechercher un peu de fierté dans la voix de son père. »

Lucius ricana froidement.

« - Oui tu as la marque, fils. Mais que croyais-tu ? Que je ne remarquais pas l'écœurement sur ton visage lorsque que Le Seigneur des Ténèbres ordonnait un nouveau massacre ? Tu crois que je ne remarquais pas tes heures d'absence lorsque nous revenions enfin ? Les effluves acides de tes régurgitations dans la pièce ? J'ai ignoré Draco, je le concède mais tu n'as jamais été des nôtres. »

Draco baissa une nouvelle fois les yeux et Lucius se saisit brutalement de son menton, le tenant fermement entre ses doigts obligeant le petit garçon à regarder son père.

« - Dis-moi Draco, commença-t-il d'une voix doucereuse, dis-moi si tu ressens ces frémissements d'anticipation lorsque le Lord nous annonce une nouvelle mission, dis-moi fils, si l'adrénaline parcoure ton corps, ta colonne vertébrale, dis-moi si l'excitation s'empare de tes sens et si ta respiration s'accélère lorsque le premier sort de magie noir pulse à travers ton corps, lorsque tu sens le pouvoir cheminer le long de ton bras lorsqu'il s'érige pour lancer le sort et que la lumière éjacule du bout de ta baguette, dis-moi si ton sexe tressaille aux premiers craquellements de la chair de ta victime. Dis-moi Draco, je veux savoir, je veux savoir si tu aimes lorsqu'elle crie, si elle gémit quand tu lui parles, je veux savoir si tu jouis quand tu l'achèves, si chaque victime se dresse devant toi comme autant d'orgasmes qui t'emporteront au bout de la nuit te laissant satisfait et repu, je veux savoir si tes joues sont rouges et si tes mains tremblent sous le plaisir, je veux savoir si la lueur d'excitation persiste jusqu'au lendemain, je veux savoir si tu ne vis que dans l'attente du prochain massacre parce que c'est tellement bon Draco ! »

Draco regardait son père médusé, une nausée persistante lui secouait les entrailles pour les pousser à se déverser dans la cellule miteuse et il ne put la retenir plus longtemps, tombant à genou sur le sol crasseux il déversa ses tripes aux pieds de son père, jusqu'à ce qu'il n'eut plus rien à déverser.

Lucius s'était accroupi à ses côtés, sa main passait dans les cheveux blancs de son fils qu'il retenait dans un geste qui se voulait apaisant, protecteur.

« - Tu vois Draco, tu fais parti des gentils… glissa insidieusement Lucius. »

Draco ignora sciemment la réplique de Lucius.

« - Est-ce que vous... – Draco hésita un moment – Est-ce que vous ressentez vraiment tout ça Père ? »

Draco vit clairement la réflexion dans les traits de son père, Lucius tentait de jauger son fils : pouvait-il lui dire la vérité ? Pouvait-il l'entendre ? Il émit un petit rire perfide presque vicieux avant de répondre :

« - Et bien plus encore Draco, bien plus… »

Draco regarda son père comme s'il le voyait pour la toute première fois et Lucius lui sourit, un sourire franc, sincère, un sourire de père à fils.

« - Pourquoi es-tu venu Draco ?

- Je voulais…

- Tu l'as. J'ai renoncé il y a longtemps à faire de toi ce que je voulais. Tu crois que tu es un lâche parce que tu as fui. Je crois que tu as enfin grandi. »

Draco regardait à présent cet homme devant lui et il voyait de la fierté dans ce regard glacé, le même que le sien. Et Lucius lui tendit la main. Draco la serra fermement dans la sienne et inclina la tête légèrement en signe de respect.

« - Va voir ta mère maintenant et transmet-lui mes amitiés. »

Draco esquissa un léger sourire devant les salutations formelles de son père à sa mère et se dirigea vers la porte où le gardien l'attendait probablement pour le faire changer de cellule.

« - Et… Draco ? »

Le susnommé se retourna prestement.

« - Une lime ? railla Lucius un sourcil levé. »

Et Draco laissa échapper un rire libérateur.

ooOOoo

Lorsqu'Harry arriva à la prison, il jeta un coup d'œil à Robert s'assurant que l'imperius était toujours en place puis il lui demanda d'aller chercher Draco.

Harry regarda suspicieusement le jeune homme, quelque chose avait changé. Ses traits étaient bien plus détendus et il lui semblait que Malfoy affichait un faible sourire.

« - Tout s'est passé comme tu voulais ? ne put s'empêcher de demander Harry. »

La seule réponse qu'il obtint fut :

« - Tu savais qu'il n'y avait pas de barreaux à Azkaban ? »

Et Harry ne put retenir un large sourire alors qu'ils se dirigeaient vers l'aire de transplanage toujours suivi du geôlier.

« - Bon, maintenant, je vais te ramener chez Tom et on pourra discuter de demain là-bas je suppose. Il faut juste que j'annule l'imperius et que je lance un obliviate à ce cher Robert. »

Il fit comme il l'avait dit et ils transplanèrent jusque chez Tom.

Ce fut sa femme qui leur ouvrit la porte.

« - Draco ! accueillit-elle chaleureusement. Comment s'est passé votre journée ? Pas trop éprouvante ? Comment vont vos parents ? »

L'avalanche de questions prit Harry par surprise.

« - Tout s'est bien passé Loreen, mes parents vont bien. Merci. répondit simplement mais chaleureusement Draco. »

Harry se sentit très mal à l'aise au milieu de cette atmosphère pour le moins singulière.

« - Excusez-moi mais est-ce que Draco et moi pourrions parler en privé quelques instants ? demanda poliment Harry.

- Bien sûr Mr. Potter, vous n'avez qu'à utiliser la salle de jeu des enfants, ils sont dans le jardin, ils ne vous ennuieront pas. Je vais vous amener du thé.

- Oh non, c'est très gentil mais ce ne sera pas nécessaire. déclina Harry.

- Mais si voyons, ça ne m'ennuie pas du tout. insista Loreen en bonne maîtresse de maison. »

Draco mena Harry jusqu'à la salle de jeu, il shoota dans quelques jouets qui trainaient sur son passage et s'empara d'un mini firebolt, le faisant voler à travers la pièce. Le jouet était ensorcelé pour revenir à celui qui l'avait lancé, à la manière d'un boomerang en moins violent.

« - Bien. Malfoy, il faut qu'on parle.

- Quoi ? Tu vas me quitter ? Alors ce n'était que du sexe pour toi hein ? »

Harry regarda Malfoy, les yeux écarquillés prêts à bondir de leurs orbites à la moindre chance : est-ce que Malfoy plaisantait ? Harry put conclure que c'était bien le cas lorsqu'il le vit se projeter en arrière la tête sur le dossier du canapé, riant à gorge déployée.

Une image bien étrange de son point de vue, c'était la première fois qu'il voyait Malfoy rire de façon si détendue, ça n'avait plus rien avoir avec les rires méprisants qu'il connaissait bien, c'était autre chose qu'il ne parvenait pas à identifier et ça le dérangeait quelque part. Il attribua cet égarement au soulagement certain qu'avait dû ressentir Malfoy de voir que ses parents étaient bien en vie.

Il décida de capter l'attention du jeune de façon plus radicale.

« - Tu vas mourir demain Malfoy ! »

L'effet était amplement satisfaisant, Draco avait une telle stupeur dans les yeux qu'Harry eut finalement pitié de lui.

« - Si tu ne m'écoutes pas, tu vas probablement mourir ! A cette soirée il y aura beaucoup de monde et certains sorciers et sorcières seront bien trop puissants pour que je ne lance un quelconque sort contre eux pour te protéger. »

Draco avait son attention braquée sur Harry et buvait littéralement ses paroles, il brûlait de savoir ce que serait cette soirée exactement.

« - La soirée se passera au Burrow, poursuivit Harry, chez les Weasley… »

Harry ne manqua pas la grimace de dégoût de Draco mais ne releva pas.

« - Toute la famille Weasley sera là ainsi que nos amis proches et quelques relations…

- C'est-à dire ? ne put s'empêcher de demander Draco.

- C'est-à-dire Kingsley, l'actuel Ministre de la Magie, Blaize Zabini, le chef de la brigade d'aurors d'élite…

- Blaize est chef des aurors ??? Tu me fais marcher Potter ??

- Non et on ne rigole pas tous les jours avec lui ! »

Draco afficha un large sourire, il reconnaissait bien là son ami ! Cependant, il devait avouer qu'il n'aurait jamais pensé que Blaize pusse se diriger vers une voie si… honorable. Ils avaient fui ensemble après la guerre et lorsqu'ils s'étaient séparés, Draco n'avait plus jamais eu de nouvelles de son ami. Il semblerait que Blaize n'ait pas fui bien longtemps.

« - Ecoute Malfoy, toutes les personnes présentes à cette soirée voudront ta peau ! Et je ne peux pas les en blâmer !

- Trop aimable, Potter, surtout ne te retiens pas !

- LA FERME !!! TU NE COMPRENDS RIEN MALFOY !! TU CROIS QUE JE T'AI TRAQUE POUR FAIRE AMI-AMI HEIN ?? TU TE FOURRES LA BAGUETTE DANS L'ŒIL !! QUE CE SOIT CLAIR ENTRE NOUS, TU POURRAIS BIEN CREVER LA BOUCHE OUVERTE DEVANT MOI, CA M'EST COMPLETEMENT EGAL !!! »

Draco ne se départit pas de son calme légendaire et constata avec emphase :

« - Ca ne t'a pas empêché de me sauver auparavant Potter, deux fois… »

Harry prit une profonde inspiration avant d'en finir avec l'objet de toutes ses folies meurtrières.

« - On s'endurcit avec le temps, Malfoy !

- Tu me dois une explication Potter, qu'est-ce que c'est que ce stupide marché que tu me proposes ?

- Tu auras ton explication… demain soir. »

Harry regarda nerveusement autour de lui, il doutait de plus en plus d'avoir pris la bonne décision. Ron lui en voudrait probablement à mort et le bannirait de sa vie assurément.

« - Pour le moment, il faut que nous parlions de ta sécurité. »

Draco se cala plus confortablement dans le canapé mais sentait parfaitement cette tension incertaine lui parcourant l'échine. Se retrouver dans une pièce pleine d'anciens combattants amers et revanchards ne l'enchantait guère.

« - Je t'écoute Potter.

- Bien. Est-ce que tu es toujours ami avec Zabini ? »

Draco éclata de rire alors qu'Harry le fixait, interdit.

- Potter, tu peux être vraiment drôle quand tu te forces ! Nous étions amis quand nous nous sommes enfuis après la guerre mais il semblerait qu'il soit chef de l'unité d'élite des aurors alors honnêtement, qu'est-ce que tu crois ? »

Son ton était moqueur et suffisant mais si Harry avait prêté attention au jeune homme en face de lui, il aurait perçu la pointe de nostalgie dans la voix et le ton monocorde et résigné. Draco Malfoy n'avait confiance en personne, et il était persuadé que Potter le livrerait une fois la soirée terminée, peut-être même qu'il n'y aurait pas - qu'il n'y avait jamais eu - de soirée, juste un perfide stratagème de capture inventé par les nouveaux jouets du Ministère.

« - Je pense pouvoir compter sur Kingsley, j'irai le voir ce soir, je lui expliquerai le marché que j'ai passé avec toi et si un accord est possible.

- Un accord ? Je le savais Potter ! Tu es pas croyable ! s'écria Draco furieux.

- Un accord qui stipulerait, poursuivit Harry sans prêter attention à la remarque de Malfoy mais en haussant le ton pour se faire entendre, que nous classons l'affaire te concernant puisqu'il n'y a pas de charges directes retenues contre toi si tu quittes le pays et qu'on ne t'y revoit jamais. Pour le reste, nous aviserons.

- Quel reste ? »

Harry poussa un profond soupir, il n'avait envie que d'une seule chose à cette instant précis, les bras chaleureux et réconfortants de sa Ginny et sa voix persuasive qui lui affirmerait que tout se passerait bien.

« - Tu le sauras en temps voulu Malfoy ! Je te suggère de te reposer ce soir, la journée de demain sera très longue. Bien, comme je te disais, j'irai parler à Kingsley et je tenterai de jauger la situation avec Zabini. Ensuite je me rendrai chez les Weasley pour lancer quelques sorts de protections, ils ne seront probablement pas suffisants mais ils devraient pouvoir suffire jusqu'à ce que tout le monde se calme. Molly et Arthur ne poseront pas de difficulté, je m'en suis assuré. »

Draco eut une nouvelle moue dégoûtée à la mention de la famille Weasley.

« - Pour le reste, je te conseille de prier Malfoy ! Tu seras libre de partir aussitôt la soirée terminée. je nettoierai derrière toi à coup d'obliviate.

- Pourquoi je ne prendrais pas du polyjuice, ce serait plus simple non ?

- Parce que parfois on a besoin de voir pour croire Malfoy ! Crois-moi si ça ne tenait qu'à moi…

- Je sais je sais, je serai déjà en train de croupir à Azkaban avec mes parents ! »

Harry n'eut pas le temps de répondre que Loreen passait la tête dans l'entrebâillement de la porte.

« - Monsieur Potter, vous restez dîner avec nous bien sûr ? »

Harry afficha un sourire contrit.

« - Je suis désolée, mais j'ai encore beaucoup à faire en prévision de demain…

- Oh bien sûr je comprends, les enfants vont être terriblement déçus !

- Ce sera pour une autre fois c'est promis ! Il faut que j'y aille ! »

Harry se dirigea vers la porte puis sembla se souvenir de quelque chose.

« - Malfoy, prévois quelque chose d'élégant pour demain.

- Un Malfoy est toujours élégant par définition Potter ! »

Harry leva les yeux au ciel avec un demi-sourire pour l'hôtesse qui ne put s'empêcher de rire.

« - En fait nous avions prévu d'aller faire les magasins demain, vous n'avez qu'à venir avec nous Draco ! invita Loreen. »

Et sur cette invitation, Harry quitta les lieux pour se rendre chez Kingsley et Zabini.

Merci d'avoir lu jusque là...